Chargement...
Chargement...

Bonjour, bon réveil. 5h42, Alexandre Lemaire, votre invité, Bernard Pérez, président du comité régional des pêches d'Occitanie. Bonjour Bernard Pérez. Oui, bonjour. Les pêcheurs montrent leur colère, vous montrez votre colère contre la flambée des carburants. Alors ça a démarré de façon spectaculaire au début de la semaine. Plusieurs actions coup de poing, blocage des dépôts pétroliers de fosse sur mer près de Marseille et de Frontignan dans l'Hérault, blocage de navires, un bateau de Corsica-Férise a été bloqué dans le port de Sète. Ce mouvement de contestation des pêcheurs, il est en train de gagner tout le sud. Vous êtes étranglé, les pêcheurs, par cette crise des carburants. Bernard Pérez.
on est vraiment étranglé. Nous étions il y a quelques mois à 0,60 et aujourd'hui nous sommes à 1,20€. Il a quasiment doublé.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Le litre de gazole pour les pêcheurs a été multiplié par deux en l'espace de quelques mois. Il y a eu entre temps la guerre au Moyen-Orient, c'est ce qui a tout provoqué.
Oui, oui, ce qui a tout provoqué, mais ça ne cesse d'augmenter et ça nous étrangle. Et aujourd'hui, avec une réglementation qui n'est pas adaptée à la Méditerranée et qu'on n'a pas vue venir, qui nous fait déjà perdre 30% du chiffre d'affaires, aujourd'hui, une augmentation du gasoil à 50%. on est vraiment plus rentable.
Il y a bien des aides carburant que le gouvernement vient de prolonger. Il annonce la prolongation de ses aides pour la filière pêche, notamment jusqu'au 31 décembre. Vous allez avoir une remise de combien ? De 35 centimes par litre, désormais, Bernard Pérez ?
nous avions 0,25 et aujourd'hui, ça vient de passer à 0,35. Alors, je ne peux que dire que le gouvernement a pris en considération nos doléances, mais ce que je peux affirmer, c'est que ce n'est pas suffisant. Aujourd'hui, c'est 1,20. Aujourd'hui, avec ses 35 centimes. On va avoir un gazole à 0,85. On va être, on va dire, à la limite de la rentabilité.
Oui, ça veut dire, vous êtes en train de vous approcher du travail à perte, là, c'est ce que vous nous dites.
On n'approche pas, ça fait des mois que nous sommes à un travail à perte. Aujourd'hui, on a un plan de gestion Westmed qui n'est pas adapté à la Méditerranée, qui nous fait perdre 30 à 40% du chiffre d'affaires. Et aujourd'hui, cette hausse du gasoil, ça fait des mois qu'on tire la sonnette d'alarme, qu'on prévient la ministre, qu'on prévient la DGMPA et on n'est pas entendu. Qui que ce soit.
Vous parliez de rentabilité, justement, si l'on regarde le prix des carburants Bernard Pérez, il est où votre seuil de rentabilité ? Au-delà de quel prix il est plus rentable pour vous de sortir en mer
-delà de 70, entre 70 et 80 centimes. Au-delà, on n'est plus rentable.
Bon ben là, on est largement au-dessus. Alors, je dis sortir en mer, mais c'est une crise qui touche aussi tous les métiers de la pêche, vraiment
Vraiment, alors... Tous les métiers sont impactés par la hausse du prix du gasoil. Et suivant les métiers, c'est plus ou moins important.
Quelles conséquences pour les auditeurs d'Europe 1 qui nous écoutent sur le prix du poisson, Bernard Perez ? Dites-nous.
Pour nous, producteurs, ça n'a aucune incidence. On ne répercute pas la hausse du prix du gasoil sur la vente. C'est une vente aux enchères et on ne la répercute absolument pas.
parce que vous ne pouvez pas ? Parce que vous ne voulez pas
ben non, c'est une vente. Il y a un prix qui est défini. C'est une enchère et c'est les marailleurs, c'est ceux qui achètent le poisson, qui le revendent d'après,
qui
fixent le prix.
Autrement dit, vous n'avez pas d'autre choix que d'absorber cette flambée des prix du carburant vous-même et à 100%.
à 100%, oui, c'est ça.
Bon. Pour qu'on puisse bien se rendre compte, dites-nous combien un pêcheur, un artisan pêcheur, consomme en moyenne de litres de gazole en une semaine, tiens.
c'est variable suivant le métier. C'est variable suivant le métier. Mais je vais dire que les plus gros consommateurs, c'est entre 5 000 et 10 000 litres à la semaine.
Entre 5 000 et 10 000 litres à la semaine. Alors si je prends, je ne sais pas, 10 000 litres à la semaine, 60 centimes d'euros, c'était le prix avant la guerre au Moyen-Orient, ça vous faisait des dépenses de 6 000 euros la semaine, c'est étonnable. Là, ça veut dire que vous devez débourser 12 000, deux fois plus par semaine.
'est ça, 50% de plus.
Et
tout ça se répercute sur le salaire des marins. Et c'est ça qui est important. Aujourd'hui, chaque armement sort de sa poche, de sa trésorerie, pour justement maintenir, je vais dire, entre 10 et 15 000 euros par mois.
On vous a entendu saluer quand même, et compte tenu de l'état des finances publiques que l'on connaît tous, ce geste du gouvernement envers votre profession. Bernard Perez, l'aide, la ristourne portée à 35 centimes par litre de gazole. Qu'est-ce que vous demandez en plus ? Vous dites ça ne suffit pas. Il faudrait quoi ? Il faudrait, je ne sais pas, plafonner les prix du gazole pour les pêcheurs maintenant
En plus, dans les explications, par exemple, on va avoir ces 35 centimes, mais on doit monter des dossiers. C'est contraignant. Des fois, on a des bateaux, des patrons pêcheurs qui sont tout seuls. Ça veut dire qu'ils vont à la mer, qu'ils rentrent le soir, qu'il faut qu'ils montent des dossiers pendant des heures et des heures. La deuxième
journée de travail qui commence.
Voilà. Et ils ne sont payés. que 4, 5, 6 mois après. Et aujourd'hui, certains n'ont plus de trésorerie. C'est ça.
C'est un autre grief que vous avez, en effet. Vous n'êtes pas les seuls, d'ailleurs, les pêcheurs, Bernard Pérez, le chantier de la simplification. C'est la multiplication des contraintes administratives, réglementaires, en général, que vous dénoncez, vous aussi.
mais ça fait partie des oléances que nous avons faites. Et je vais dire ça, aujourd'hui, un pêcheur, lambda. Un petit métier artisan qui est sur sa barque. Avant, il pêchait 6 jours dans la semaine. Aujourd'hui, il pêche 3 jours et 2 jours à faire des papiers. C'est plus consommable.
vous a entendu parler du règlement WestMed. Expliquez-nous un petit peu ce que c'est en quelques mots. Il s'agit des quotas européens censés lutter contre la surpêche en Méditerranée, Bernard Perez.
il y a un plan de gestion qui a été mis en place, alors il a fallu travailler avec les scientifiques, et je vais dire que c'est une très bonne chose. Au début c'était un peu mal perçu, mais aujourd'hui c'est une très bonne chose. On veut travailler avec les scientifiques, puisque eux disent, si vous appliquez cette réglementation, alors nous étions... un maillage de 40 au carré, et nous sommes passés à 45 au carré.
Ça, c'est la taille des filets.
'est la taille des filets. Et c'est ce qu'on explique. On ne l'a pas vu venir. Aujourd'hui, avec ce maillage, c'est 30 à 40 % de pertes. De chiffre d'affaires. du chiffre d'affaires. Et c'est ce qu'on dit, et c'est là-dessus. Mais ça, on le crie depuis... Alors là, ça fait 2-3 ans qu'on le dit. Et on n'arrête pas. On demande à être accompagné. Les scientifiques nous disent, si vous mettez ce maillage pendant 2-3 ans, au bout de 2-3 ans, l'état des stocks se régénérera et vous pourrez pêcher normalement. Voilà. Et aujourd'hui, on demande à être accompagné et on n'a pas de réponse.
Et vous le demandez avec force. On vous a entendu dire, on a étranglé les pêcheurs au début de notre échange. Bernard Perez, on a vu aussi ces scènes de tension à fosse sur mer avec les CRS qui étaient venus débloquer le dépôt de pétrole. Vous êtes prêt à le durcir là, votre mouvement ?
Mais bien sûr, de ce que je vous parle, du moment où je vous parle jusqu'à 11h ce matin que nous avons le rendez-vous...
Avec la ministre de la Pêche tout à l'heure, en effet.
Avec la ministre de la Pêche, bien sûr que ça va se durcir, bien évidemment. Hier soir, j'étais à une émission sur BFM, sur le forum. Justement, il était question du prix du gazois, de protester. Mais tout le monde dit, on était tranglé, on n'en peut plus. Encore personne n'ose aller dans la rue. Nous, on y va contraint et forcé. Ce n'est pas un plaisir. On y va contraint et forcé parce qu'on ne
peut plus
rien payer.
On vous a entendu votre colère, votre détresse. Bernard Pérez, président, je le rappelle, du Comité Régional des Pêches d'Occitanie. Merci d'avoir été avec nous sur Europe 1 ce matin.