Chargement...
Chargement...

Nous sommes à Lille, alors ça correspond à la volonté de RCF de délocaliser, de décentraliser son interview politique. On va toute l'année aller à la rencontre des élus, qu'on entend parfois un petit peu moins sur les antennes nationales. Alors Christopher Zurek, avant de parler de la situation économique en France, de la crise sociale, juste un mot sur, ça vient de tomber, là, cette nuit, Donald Trump qui menace de rompre les échanges commerciaux avec l'Union européenne si le Canada devient le premier pays membre associé de l'Union. comme l'a proposé hier Ursula von der Leyen. Le président américain parle même d'un acte hostile. C'est quoi votre regard sur cette affaire ? Encore une sortie de Donald Trump ou encore une position peut-être maladroite de l'Europe
mais je pense que Donald Trump nous a habitués à une démocratie un peu brutale. On en a eu des preuves depuis maintenant quelques années. Ça peut être aussi... On peut le déplorer de notre côté, mais ça peut être aussi une manière de jouer parfois les effets de surprise, de neutraliser aussi un petit peu parfois les adversaires géopolitiques et diplomatiques. On est habitués maintenant. Après, encore une fois... On aimerait parfois que l'Union européenne se recentre un petit peu de manière générale sur ses missions, qu'elle se recentre aussi un petit peu sur son territoire, qu'elle arrête aussi de faire des partenariats à tout bout de champ, sans close miroir notamment, et qui ont eu tendance à déstabiliser nos industries, nos agriculteurs depuis maintenant plusieurs décennies. Encore une fois, en politique et surtout en géopolitique, tout n'est pas tout blanc, tout n'est pas tout noir. Pas de manichéisme en ce qui nous concerne, mais sur les méthodes de Donald Trump où on est maintenant habitués.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Alors, plus près de nous, plusieurs stations-services ont été volontairement dégradées dans le nord de la France en début de semaine. Les communes de La Lingue, alors excusez-moi pour la prononciation, Guénin, Pécancourt, Aniche, sont concernées des communes du département Limitrof au vôtre. Ça n'est pas votre circonscription, je le précise. Le mobile n'est pas connu, mais un tag avec inscrit « voleur » relevé sur l'une d'entre elles. laisse penser qu'il s'agit d'un acte de contestation face à... à la flambée des prix du carburant. Est-ce que vous comprenez ce geste, cette colère aujourd'hui des Français qui manifestent parfois un peu violemment ? Vous leur dites quoi aux
auteurs de ce geste ? La colère, on peut toujours la comprendre. En revanche, sur les méthodes, moi je m'en tiens aux méthodes légales, de manière générale. Ils ont cassé à coups de marteau les pompes. Oui, mais le problème, si vous voulez, c'est comme toujours avec ce type de méthode. Ceux qui finissent par trinquer, c'est souvent ceux qui sont déjà... plus précaires, c'est les ouvriers qui prennent leur voiture le matin pour aller au boulot, c'est les personnes dont les coûts généraux sur le transport impactent de manière générale la rentabilité, nos artisans, nos petits entrepreneurs. Voilà, il n'y a que qui trinquent, ce n'est pas finalement les grands...
Cette protestation face à la hausse des prix du carburant, ça nous renvoie à quelques années en arrière, au début de ce qu'on a appelé la crise des gilets jaunes. Dans un contexte électoral comme c'est le cas aujourd'hui, on va avoir les sénatoriales dans quelques jours, une présidentielle, des législatives dans la foulée. Ce contexte social est favorable au Rassemblement national
? Je ne sais pas s'il est favorable, mais en tout cas, il nous permet de remettre en lumière certaines de nos propositions de longue date, qui ne sont pas des propositions opportunistes. On sait qu'il y a près de 50 à 60% du prix des carburants qui est le fruit surtout du poids fiscal du carburant. Nous, on propose depuis longtemps de baisser la TVA sur le carburant de 20 à 5,5, ce qui permettrait de rendre du pouvoir d'achat immédiat aux Français. Mais surtout, encore une fois, les Gilets jaunes sont effectivement partis. Pour moins que ça en 2018, à l'époque où je crois qu'on était à 1,60 ou 1,70 du litre, aujourd'hui on s'y est habitué. Ça serait presque un bon rêve aujourd'hui. Aujourd'hui, on peut s'approcher un jour du tarif symbolique des 3 euros du litre. Encore une fois, j'ai
même connu le litre d'essence à 1 euro. Je
commence à vieillir, mais j'ai connu aussi. Mais effectivement, il y a des personnes qui n'ont pas d'autre choix que de prendre la voiture pour aller travailler, parce que généralement, les sites industriels ne sont pas desservis par les transports, par définition. Vous sentez
une montée en puissance dans votre circonscription, dans votre département
? Je la sens parce que les agriculteurs le sentent, parce que les ouvriers dont je suis quand même issu le sentent. Mais encore une fois, les gens privilégient toujours la voie légale électorale plutôt que la brutalité, la violence. On en a quand même eu beaucoup de preuves qu'elle n'apportait jamais grand chose.
Alors Christopher Zurek, dans deux semaines, le Sénat renouvelle la moitié de ses membres. Vous n'êtes pas concerné car vous êtes élu jusqu'en 2029, c'est ça. Mais un petit peu quand même, car le Rassemblement national pourrait avoir les moyens de constituer un groupe parlementaire, c'est-à-dire 10 sénateurs. Ça change quoi d'avoir un groupe dans la vie d'un sénateur
? Alors c'est vrai que le Sénat ouvre déjà beaucoup de... de potentiel et de possibilité aux sénateurs qui siègent dans les non-inscrits. C'est-à-dire qu'on a effectivement un accès relativement facilité, on l'évoquera peut-être tout à l'heure, aux rapports d'information, aux commissions, aussi aux interventions en hémicycle, peut-être de manière plus facile qu'à l'Assemblée nationale si on était chez les non-inscrits. Mais c'est vrai que fondamentalement, le fait d'avoir un groupe va nous permettre d'avoir des niches parlementaires, va nous permettre d'avoir beaucoup plus de temps aussi en hémicycle sur les discussions générales. Évidemment, ça va nous donner encore un éventail de possibilités supplémentaires pour faire valoir nos idées et peser sur le débat législatif. Alors c
'est un suffrage indirect, c'est-à-dire que ce n'est pas Mme Tout-le-Monde qui vote pour vous comme pour un député ou un président de la République. Ça change quelque chose ? Vous êtes moins bien positionné avec ce qu'on appelle les grands électeurs
Ça a pu l'être par le passé, ça l'est quand même de moins en moins. Et mon élection dans un département jugé difficile de ce point de vue, parce qu'on l'a longtemps considéré qu'il était très acquis à la gauche, on a un peu l'illustration. Il y a trois sénateurs et reines. Il y a trois sénateurs. Moi, Joshua Auchard pour l'honneur et Emmerich Durocks pour la Seine-et-Marne. De manière très symbolique, je suis arrivé une fois devant le Parti Socialiste en 2023. Comment on fait compagne sur une sénatoriale, justement ? On fait les marchés aussi
en se disant « Tiens, t'es grand
électeur ou pas ? » Non, on prend rendez-vous directement avec les moins électeurs, on les sollicite. Alors on a aussi une ruralité extrêmement forte dans le Pas-de-Calais. Moi, je me suis rendu, et je continue de le faire, dans beaucoup de fêtes de villages où on a des tablés d'élus qui sont là pour discuter aussi chaque dimanche. Moi, j'ai fait, j'ai appliqué la méthode éninoise, j'ai envie de dire, à... À ma campagne sénatoriale, je suis allé partout. Je suis allé voir des gens qui, a priori, n'étaient pas pour moi, ou en tout cas qui pensaient ne pas être pour moi, qui se sont bien rendus compte au fur et à mesure des discussions que l'image qu'ils pouvaient avoir de nous, du Rassemblement National, était peut-être faussée, par exemple. C'est quoi vos perspectives
en termes de sièges, entre 6 et 10 sièges supplémentaires ? Quoi qu'il arrive, vous arriverez
à avoir un groupe. Je pense qu'on arrivera à faire le groupe, je pense que la fourchette que vous avancez me paraît être la bonne. On a des zones de force où on sait, je pense typiquement aux Alpes-Maritimes, il y en a d'autres, mais c'est avec les Alpes-Maritimes, avec Nice, Menton, Cagnes-sur-Mer qu'on a pu gagner, c'est un département qui peut nous envoyer. presque automatiquement, au moins, de sénateurs. Dans le Var, où on a beaucoup de députés et où on a des mairies, c'est la même chose. Le Vaucluse, il y a tout un tas d'autres départements, même plus proches de nous. Il ne faut pas avoir de bonnes surprises dans la Somme et dans l'Aisne, par exemple.
Alors, je ne sais pas si vous écoutez tous les jours RCF Notre-Dame. Christophe Barbier a rejoint notre antenne et il avait justement une question à vous poser.
Monsieur le Sénateur, beaucoup de candidats RN au Sénat, là, pour les prochaines sénatoriales, viennent de l'Assemblée nationale ou du Parlement européen. Vous déshabillez Pierre pour habiller Paul. Vous n'avez donc pas de cadre, de talent sur le terrain à faire surgir juste pour cette élection
Alors, je comprends la question, mais je ne partage pas l'analyse qu'elle sous-entend. C'est-à-dire que l'élection sénatoriale est une élection notable, pour ne pas se mentir. Les grands électeurs sont des électeurs qui sont assez exigeants, qui demandent une certaine connaissance, une certaine légitimité, une certaine expérience. Fatalement, un parlementaire est plutôt qualifié, a priori, pour être candidat aux élections sénatoriales. On a par ailleurs de très bons suppléants dont on n'a pas à rougir et qui prendront la relève, justement, dans le cas d'élection de ces députés. Moi, je pense aux députés que je connais, il y en a un certain nombre. Ils sont parfaitement qualifiés pour rejoindre le Sénat. Et surtout, par définition, vous n'ignorez pas que le cumul interdit à nos mères de devenir sénateurs. Il faut choisir. C'est ça. Voilà. Donc un député, par définition, ne nous priverait pas, si vous voulez... D'un maire. Voilà, c'est tout simplement ça, je pense. Mais encore une fois, je pense que nos députés, qui pour la plupart ont été très bien réélus au moment de la dissolution, ont fait leur preuve sur le terrain et donc sont particulièrement à même de parler aux grands électeurs. Christopher Zurek,
est-ce qu'un bon résultat au Sénat est un préalable nécessaire à une victoire présidentielle pour le RN ?
Est-ce que c'est un préalable ? Je ne sais pas. Mais est-ce que ça enverra des signaux positifs ? Évidemment. On est dans une élection dans l'élection parce que la campagne présidentielle est bien entamée. C'est difficile de gouverner sans existence réelle au Sénat quand même. mais encore que ça ne serait pas complètement impossible si ça ne devait pas être le cas. Honnêtement, ce n'est pas disqualifiant. Mais oui, évidemment, ça sera analysé. Est-ce qu'on est en dynamique ou pas ? Et puis ça va apporter un gage de crédibilité supplémentaire.
Alors en attendant, la campagne se poursuit. Vous étiez dimanche avec Marine Le Pen. Aïna Beaumont, alors je ne sais pas dans quel état d'esprit elle est, elle a fait quelques annonces et notamment à quelques jours du congrès des HLM, elle en a profité pour faire deux annonces qui font causer, comme on dit dans les chaumières, c'est-à-dire abroger la loi SRU sur les quotas HLM et réserver aux Français l'accès à ces HLM et aux APL. Est-ce que la préférence nationale revient au cœur du programme RN ?
elle l'a toujours été en vérité. D'ailleurs, on préfère nous parler de priorité nationale, parce que contrairement à ce qui est dit par nos adversaires, on ne parle pas de réservé, on parle bien de priorité. C'est-à-dire qu'on n'exclut pas évidemment des personnes de nationalité étrangère particulièrement méritantes ou particulièrement installées sur le territoire d'accéder à ces logements. On dit juste que... On a une pénurie de logements en France à laquelle il va bien falloir répondre à un moment donné. Et que par définition, ce qui commande l'urgence, c'est évidemment de prioriser l'accès de nos compatriotes à ces logements.
Vous serez dans l'équipe de campagne de Marine Le Pen. Vous y avez déjà été. Vous occupez de la communication. Est-ce que vous allez réintégrer cette équipe
? Je ne sais pas si ce sera de manière officielle ou si j'apporterai quelques coups de main, mais évidemment je suis sénateur, je suis élu local et proche de Marine Le Pen, en tout cas je l'estime, depuis maintenant près de 20 ans. J'ai évidemment vocation à l'aider de quelque manière que ce soit sur cette campagne.
Alors rapidement, j'aimerais qu'on parle de vos travaux en commission du Sénat, notamment des travaux sur le rapport sur le contrôleur général des lieux de privation de liberté, c'est-à-dire la prison. Face à la surpopulation carcérale, faut-il construire ? plus de prison ou réduire le recours aux incarcérations.
Je ne suis pas convaincu, même si je sais que ça fait partie des axes souvent défendus, qu'il faille réduire le recours à l'incarcération. Peut-être qu'il y a certains types de délits qui ne nécessitent pas d'incarcération, ça on peut évidemment en discuter. Pour autant, et j'ai aussi à titre personnel visité beaucoup d'établissements pénitentiaires depuis maintenant de longues années, je ne suis pas sûr, si vous voulez, que la fermeté s'oppose à la dignité des détenus. Je ne suis pas sûr qu'on corrige l'individu. En le faisant dormir dans des cellules de deux faites pour... Enfin, avec 20 co-détenus, avec des situations extrêmement précaires. La prison, elle est là pour surveiller et punir, comme dirait Foucault. Elle est aussi là pour corriger l'individu. Moi, je ne suis pas convaincu, si vous voulez, que tout cela s'oppose... Qu'être ferme, que ne pas vouloir de laxisme s'oppose à la dignité. Christopher Zurek,
sénateur du Pas-de-Calais, merci beaucoup de votre présence ce matin sur l'antenne de RCF Notre-Dame.