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Sébastien Lecornu peut-il tenir jusqu'à la présidentielle ? C'est la question que tout le monde se pose aujourd'hui. Est-ce que Sébastien Lecornu a les épouses suffisamment solides pour tenir dans un climat qui est on ne peut plus délétère ? Vous voulez mon avis ? L'homme est habile, l'homme est rusé, il pourrait très bien surmonter tous les obstacles. Oh, je sais, il est très impopulaire. Encore un sondage de l'IFOP pour l'opinion montre que 76% des Français ne sont pas satisfaits de lui. C'est vrai qu'aucun parti politique ne lui facilite la tâche. C'est vrai. Aussi que le président de la République est toujours là en embuscade pour lui couper l'herbe sous le pied. Et que les crises sont multiples, crise des carburants, crise sociale, crise de confiance, crise géopolitique, il est cerné le Premier ministre. Le test décisif, ça va évidemment être le vote du budget, du budget 2027. pas une partie de plaisir, avec des outils qu'il a quand même, le 49-3, vous savez, les ordonnances, il est dans les mains du Rassemblement National. C'est le Rassemblement National qui, d'après moi, dira si oui ou non ce budget peut passer et on verra ça assez rapidement, me semble-t-il. Et puis à côté de cette crise, il y a la possibilité d'une retour des gilets jaunes. Vous savez, comme en 2018, si une crise sociale s'ajoute à ce climat, avec des gens dans les rues, sur les ronds-points, la révolte populaire. Oui, oui, mais on n'est pas en 2018 précisément. En 2018, il y avait 2% de croissance. Les gens avaient le moyen de descendre dans la rue. Est-ce qu'ils ont les moyens aujourd'hui avec un litre d'essence qui frise les 2,50 euros ? Ce n'est pas évident. Eh bien, Sébastien Lecornu pourrait surmonter la crise du budget et la crise éventuellement des gilets jaunes. On verra. Et s'il arrive à surmonter toutes ces crises, eh bien, pourrait-il être candidat à la présidentielle ? Bonsoir à tous, avec Marie-Cécile Renaud, qui est au service politique, rédactrice en chef au service politique, avec Guillaume Roquette, directeur de la rédaction du Figaro Magazine, avec Pascal Perrineau. Bonsoir Pascal. Bonsoir. Merci d'être parmi nous. On est heureux de vous retrouver. Pour parler du Premier ministre, alors déjà comme ça, comment vous le trouvez ce Premier ministre ? Ça fait maintenant presque un an qu'il est aux affaires à Matignon. Il est habile ou il est sous la contrainte ?
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Non, je ne ferai pas de le cornu bashing. Quand vous le regardez, maintenant, ça fait un an.
Presque un an, oui.
Il a tenu, il a tenu plus que les autres, il a tenu beaucoup plus, bien sûr, que Michel Barnier, trois mois, que François Bayrou, huit mois. Et quand vous regardez déjà sur le budget de l'année précédente, la manière dont il s'y est pris, eh bien, voilà, il a réussi ce que les autres n'avaient pas réussi à faire. et en particulier en février 2026, il a fait, c'est vrai, avec l'article 49 aliné à 3, il a trouvé non pas une majorité positive, mais une majorité de gens qui ne voulaient pas faire tomber le gouvernement. Et en cela, il a montré son talent d'homme de compromis. C'est un homme qui sait faire des compromis, et quand vous n'avez pas de majorité absolue, et même de majorité relative. Vous êtes contraint, que vous appuyez le cornu ou d'un autre nom, vous êtes contraint à faire des compromis. Et là, il a montré un certain talent dans l'arc qui va, au fond, quand vous regardez les votes en février 2026, qui va du Parti socialiste à LR en passant par toutes les forces du Bloc central.
Sauf que ça se tend quand même. Regardez, on va écouter certains partis politiques et leurs représentants qui sortaient. non pas de Matignon, mais de l'Elysée, vendredi dernier, quand le président de la République les a reçus. Écoutez.
Il y a le prix de l'énergie, mais il y a tout le reste, tout ce qui aujourd'hui frappe nos concitoyens, le prix du logement qui doit être encadré pour les loyers, le prix de l'alimentation, faire en sorte que le pouvoir d'achat des Français, évidemment, ne diminue pas au fur et à mesure que la crise se prolonge.
Vous voyez qu'il y a des stations-service où on s'approche de 3 euros le litre et que s'il n'y a pas des mesures publiques qui sont mises en place pour bloquer les prix, pour encadrer les marges... pour augmenter les salaires, on va se retrouver dans une situation qui va être une situation sociale absolument explosive. Et je n'ai pas l'impression aujourd'hui que le gouvernement a pris conscience de cette situation. Et c'est ça le message que je suis venu leur porter
aujourd'hui. Cette vie chère, malheureusement, elle risque de continuer. Mais ce que je veux simplement dire, c'est que précisément parce que les conséquences risquent d'être durables, on ne peut pas tout subir. On ne peut pas rester sans ne rien faire et je pense qu'on doit pouvoir agir.
-Cécile, ils sont quand même cocasses parce qu'ils veulent qu'on dépense moins. Mais qu'est-ce qu'ils demandent, là ?
Qu'on
dépense. On aide les gens.
Des réformes.
Certes,
on ne va pas faire de le cornu bashing. Il y a eu d'abord, je pense, un a priori plutôt positif. C'était un homme que les Français ne connaissaient pas. Ils ont découvert un homme plutôt simple avec son pull en laine. On l'a brocardé avec son pull en laine et ses poireaux. Mais donc sans égo surdimensionné. Alors, il arrive, certes, dans une période où il n'y a pas de majorité à l'Assemblée, maintenant, on est en veille de présidentielle, donc c'est un Premier ministre empêché, il ne peut pas faire grand-chose, mais quand même, il y a eu une faute, pour moi, qui est lourde de conséquences, c'était la suspension de la réforme des retraites. Je sais bien que c'était le prix demandé par les socialistes pour faire passer le budget, mais enfin, cette réforme, elle était entrée en vigueur après ces 13 samedis de manifestation, mais ça y est, elle était appliquée. Tout détricoter, c'était quand même... Terrible. Terrible, et ça nous coûte très cher. Donc, oui, alors, les gens demandent des mesures, etc., mais ils demandent aussi des réformes. C'est des réformes qui permettraient de sortir de la nasse dans laquelle on se trouve.
Sur l'homme, Guillaume. Sur
l'homme Premier ministre, d'ailleurs. C'est difficile. Il ne fait rien, mais il le fait bien. Voilà, c'est ça. objectivement, on n'est pas certain qu'un autre ferait mieux. Parce que ça a été très bien dit, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Sébastien Lecornu est obligé, il ne tient pas le pays. Il n'arrive pas à diminuer le déficit public, il n'arrive pas à maîtriser l'immigration. Il s'assoit sur la réforme des retraites, Marie-Cécile vient de le rappeler. Donc on ne peut pas dire que ce soit l'homme qui est à la hauteur de la crise qui est la nôtre. Mais en même temps, les Français ne lui ont pas donné de mandat pour cela. Et donc il se rattrape sur ce qui ont toujours été ses atouts, c'est-à-dire la sympathie, la proximité. C'est quelqu'un qui ne dit du mal de personne. D'abord parce que c'est son tempérament, en fait parce que ça lui permet de ne pas trop se fâcher avec les députés. Et donc il y a une petite musique comme ça chez les Français qui fait qu'il est relativement populaire, relativement seulement, dans le dernier baromètre du magazine, il est à 23% de code de confiance. C 'est quand même la zone très basse des
premiers ministres. 76% d'impopularité dans le sondage de l'IFOP pour l'opinion.
Exactement, donc effectivement. C'est pas flamboyant, mais quand on se compare, on se console, et Emmanuel Macron, lui, est à 17% de taux de confiance.
Mais il est là depuis longtemps aussi. C'est vrai. Alors, on va parler un peu du budget, parce que c'est quand même le plat de résistance, et c'est ça aussi qui va être déterminant pour lui, savoir s'il arrive à sauter cet obstacle qui est quand même capital. On va déjà écouter, vous allez voir, quelqu'un qui lui veut toujours du bien. vous allez le reconnaître très vite, ça n'arrive pas. Et alors, quelqu'un qui lui veut peut-être du bien, regardez, vous allez lire ça, c'est Marine Le Pen qui n'est pas définitive sur le vote du budget et qui dit qu'éventuellement elle ne s'interdit rien, c'est-à-dire qu'elle pourrait éventuellement, évidemment, voter la censure, mais qu'elle pourrait aussi éventuellement demander à sa troupe de s'abstenir. On a vu que dans l'interview qu'il a accordée au Figaro, vous étiez d'ailleurs avec lui, il lance quand même des perches au RN.
Vous me dites
dès que ça marche.
Marine Le Pen a dit qu'elle préférait un budget opérationnel à pas de budget du tout. Donc ça a été vu comme une porte entrebâillée. Mais bon, elle peut être conciliante et puis au final baisser le pouce au dernier moment comme elle l'avait fait avec François Béroud. Donc on n'est sûr de rien. Alors c'est sûr que dans les propositions qui sont faites, il y a quelques mesures par exemple. qui pourraient plaire au RN, comme ce délai de carence qui serait instauré pour les étrangers qui arrivent et pour accéder aux prestations sociales non contributives. C'est les APL, le RSA. Un
peu de ménage dans les agences de l'État.
Un peu de ménage. Le Corneau aussi a demandé...
Diminuer la contribution à l'Europe.
Voilà, en demandant le rapatriement de l'amende sur Google. Donc ça, c'est des petits signaux. Mais il y a quand même le problème des retraités que le gouvernement veut mettre à contribution, soit en leur supprimant leur abattement professionnel, enfin pour frais professionnels, mal nommés d'ailleurs. Les fameux 10%.
Les
fameux 10%, ou en le plafonnant à 3 000 euros alors qu'il est à 4 439 actuellement, et où, ça peut être aussi les deux mesures, en sous-indexant les pensions et en gelant même les pensions, 'allais dire élevées, mais... Très élevé, parce que c'est au-delà de 2 000 euros. On
n'y touche pas aux retraités.
On n'y touche pas, parce que politiquement, c'est explosif. Et effectivement, ça pourrait être un casus belli pour Marine Le Pen, comme ça vient d'être dit. Et en même temps, si on veut trouver de l'argent, comme les retraites sont le premier budget de dépenses de l'État, c'est là que c'est le plus facile. C'est un tiers des dépenses. Oui, absolument. Un tiers des dépenses, oui, oui. C'est la plus
grosse dépense. Mais c'est pas parce que c'est la plus grosse dépense.
Oui, mais
moi, je me fais l'avocat du diable. Je me fais l'avocat du diable. Et vous regardez...
Aujourd'hui, l'opinion notamment de beaucoup de jeunes qui disent, c'est à nous qu'on demande, c'est nous qui ne sommes pas favorisés aujourd'hui. On parle tout le temps des retraités, on veut toujours les protéger. Ils ont, pour beaucoup d'entre eux, ils n'ont pas une vie qui est trop désagréable quand même. Et est-ce que, justement, on ne pourrait pas, pour ceux qui gagnent le plus, est-ce qu'on ne pourrait pas les faire participer à l'effort de guerre, si je puis dire ? Il y a un peu un
fantasme sur les retraites géantes des boomers. La retraite moyenne, c'est 1 500 euros, donc il ne faut pas non plus fantasmer. Je ne me fais pas l'avocat de Marine Le Pen, mais les retraités, ils ont aussi en tête le risque de dépendance que les jeunes n'anticipent peut-être pas. Les retraités, ils se disent, si je dois aller en EHPAD, c'est 4 000 euros par mois, ma pension n'y suffira pas. Donc oui, ils épargnent et ils ont ce risque en tête. Ce n'est pas parce que c'est la première dépense. C'est vrai que c'est la première dépense, mais il y a d'autres dépenses moins efficientes, moins socialement importantes, sur lesquelles on pourrait aussi revenir.
Il y en a un que je vous annonçais tout à l'heure, il est au rendez-vous. Regardez.
tableau de la rentrée, hélas ! ne promet rien de bon. L'économie française était sur le fil du rasoir de la récession, elle va plonger. Car le Cornu prépare un nouveau budget de coupe-rages qui va aggraver tous les maux. Ne nous demandez pas je ne sais quelle bienveillance à son égard. Une fois de plus, nous le censurerons, j'en suis certain.
Perrido, c'était son discours de rentrée dans la Drôme fin août. Bon, là, de toute manière, la France a soumis, c'est certain. Les autres, les autres, est-ce qu'ils ont intérêt à le censurer a priori, alors que la présidentielle approche et qu'aux yeux de beaucoup de Français... censurer ce gouvernement en pas de budget, c'est peut-être encore une situation pire que celle qu'on connaît aujourd'hui.
tout à fait. Si vous voulez, le patron de LFI peut jouer les prophètes de malheur. Il l'a fait il y a quelques mois, il continue à le faire. Pourquoi ? Parce que pour lui, il n'y a pas de recherche de respectabilité chez tous les autres acteurs. Du Rassemblement national jusqu'au Parti socialiste, il y a, à quelques encablures de l'élection présidentielle, une recherche de respectabilité. On ne veut pas être la force politique par laquelle le scandale... Le désordre. Le désordre. En effet, une nouvelle motion de censure qui mettrait à bas le gouvernement réussisse. On ne veut pas de ça. Tandis que la stratégie de LFI, c'est une stratégie de tension. De tension. Avant, certains disent, en effet, les filles, il faudrait qu'il y ait une espèce de gilet jaunisation qu'on pourrait récupérer. Sans quoi ils se mettent le doigt dans l'œil totalement. Ça ne s'est pas produit la dernière fois. Parce que ça ne s'est vraiment pas produit la dernière fois. Et que les forces qui sont derrière les gilets jaunes, ce sont des forces qui sont... extrêmement loin de LFI. On pourrait créer, en effet, la surprise dans un second tour d'élection présidentielle où on réinventerait, au profit de Jean-Luc Mélenchon, le plafond de verre. Et puis, même si on perd, eh bien, il y aura la stratégie de tension après, c'est-à-dire le chaos révolutionnaire. En effet, une France dans laquelle, à ce moment-là, LFI a plus, comment dire, de galons révolutionnaires que beaucoup d'autres forces politiques.
Bien sûr.
Guillaume, je pense.
Effectivement, par cette position radicale, Jean-Luc Mélenchon rend service à la fois à Sébastien Lecornu et à Marine Le Pen. Parce qu'en fait, Marine Le Pen, par contraste, voudra apparaître comme responsable et donc peut effectivement comporter en allié objectif de Sébastien Lecornu en ne faisant pas la politique du pire. Elle a un argument Marine Le Pen, c'est patience, on arrive. D'ailleurs, on arrive, il me semble que c'était une affiche électorale du RN. Oui, c'est vrai, c'est vrai. Donc elle dit, mais attendez... Tout ça joue le chaud et le froid. Exactement.
Elle dit jamais la même chose, en fait, on va dire la vérité. Non,
mais non, il me semble que c'est plutôt habile. Alors après, effectivement, à faire le grand écart, on risque toujours le claquage musculaire. Mais elle dit à la fois, ce budget ne nous convient pas, mais nous arrivons au pouvoir dans quelques mois, et comme nous ne sommes pas irresponsables, Nous ne voulons pas précipiter le risque d'une crise financière. Et donc, elle rassure l'électorat de droite qui, aujourd'hui, ne veut pas voter pour elle en disant qu'elle est totalement irresponsable d'un point de vue économique. Et en même temps, elle ne donne pas un blanc-seing à Sébastien Lecornu. C'est effectivement une ligne de crête qui n'est pas facile à tenir, mais qui est jouable peut-être.
Alors voilà ce qu'elle disait récemment, ça dépendra s'il utilise le 49.3, elle parlait évidemment de Sébastien Lecornu, si la censure est votée ou pas, moi je ne m'interdis rien. Alors Marie-Cécile, c'est quoi les hypothèses ? C'est qu'effectivement, ça peut se passer sans qu'il y ait d'accro, on n'imagine pas deux secondes, c'est ce que Lecornu a dit dans l'interview qu'il accorde au Figaro, on va voir la citation tout à l'heure, peut-être que par l'opération du Saint-Esprit, tout le monde se mette d'accord. ce qui ne sera pas le cas, il y aura toujours des accros. Sinon, il y a quoi ? Il y a le recours au 49-3 ?
Le recours au 49-3, mais du coup, si le 49-3 est appliqué et qu'il y a une motion... Les députés ont 24 heures ensuite, il y a une motion de censure en retour. Si la motion de censure est votée, le gouvernement tombe et le texte tombe aussi. C'est ça, le problème. autre solution, une autre voie de recours, ce serait de passer par ordonnance. Ça, ça serait
une première sous la 5e République. Pour le budget. Pour le budget.
Puisqu'on a vu Elisabeth Borne l'utiliser à maintes reprises sur la réforme des retraites. Mais sur le budget, ce serait une première, alors que ça existe depuis 1958. Il y a deux conditions. Il faut au moins laisser 70 jours de débat et il ne faut pas qu'il y ait de texte adopté ou rejeté. le gouvernement peut, dans ce cas, prendre le texte par ordonnance. Il y a une motion de censure, le gouvernement peut être renversé, mais l'avantage, c'est que le texte reste dans ce cas-là et que le texte reste dans sa version initiale. Donc, le gouvernement peut avoir un texte assez ambitieux et essayer de le faire passer ainsi.
Bien sûr. Alors, c'est ça qui est intéressant, c'est que si jamais il tombe, le gouvernement, le premier président de la République peut très bien renommer. Sébastien Lecornu. Bien sûr, il
pourrait renommer Sébastien Lecornu.
Il l'a déjà fait une fois. Il pourrait
recommencer, en effet, à nommer Sébastien Lecornu. Mais je me dis, quand j'écoute en particulier la patronne du RN, que ce n'est pas l'hypothèse la plus évidente. Pourquoi ? Parce qu'elle a parlé, je préfère, disait-elle, un budget imparfait. Tout à fait. un budget imparfait à la loi spéciale, en faisant référence à ce qui s'était passé. C'est-à-dire que quand il n'y a pas
de budget, on dépasse le 31 décembre, on reconduit le budget de l'année précédente, et puis, on est obligé quand même, à terme, de retrouver un budget.
Donc, si elle préfère l'imperfection, ça veut dire qu'elle peut participer à ce budget imparfait. La dernière fois, au fond, c'était le Parti Socialiste qui avait participé. à ce budget imparfait et la majorité avait acheté l'abstention des socialistes. Là, cette fois-ci, on le voit, on en parlait tout à l'heure, le gouvernement peut très bien acheter l'abstention de toute une partie des députés du Rassemblement national.
êtes d'accord avec ça ?
Vous pensez que ça va passer comme ça ? Moi, je pense que le pari peut être gagnant pour Marine Le Pen de s'acheter un brevet de responsabilité en votant le budget, bien sûr, mais en ne baissant pas le pouce et donc en ne faisant pas tomber le gouvernement. D'autant qu'il n'est pas exclu qu'on se retrouve dans une situation assez tendue. dans nos finances publiques, avant même l'élection présidentielle. Vous avez vu que les taux d'intérêt augmentent, ce qui est un signe
de
défiance vis-à-vis de la dette française. Ce qui serait catastrophique pour les Français. Absolument, ce serait catastrophique pour les Français. Et donc là, Marine Le Pen pourrait dire, regardez, je refuse de faire la politique du pire. Si la France est attaquée dans le cadre du... d'une crise de défiance vis-à-vis de la dette publique, là, elle apparaîtrait comme étant responsable en ne le faisant pas. Et pour autant, je pense qu'on connaît ces positions de fond. C'est-à-dire que, par exemple, sur les retraites, elle a déjà, entre guillemets, marqué les esprits en disant, moi, je suis pour la retraite à 62 ans, je suis même pour une retraite possible à 60 ans, quand on a commencé à travailler très tôt. Donc, les messages sur les retraites, elle l'a déjà envoyé. Donc, à mon avis, ça, c'est acquis pour elle. Et donc, elle ne donnerait pas le sentiment de se dédire, d'abandonner, entre guillemets, les retraités, si elle ne censurait pas le budget.
Alors, il y a deux autres... raisons pour lesquelles le Premier ministre pourrait éventuellement trébucher, ou même sauter, c'est une raison exogène, c'est évidemment une crise internationale qui dépasse alors là complètement ses compétences normalement, et puis une autre crise, une crise alors interne, qui est que l'hiver se passerait mal, comme l'a dit d'ailleurs une certaine Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, si on peut envoyer la phrase qu'elle dit, il y avait une grève mardi elle parlait la semaine dernière, dans le secteur de l'énergie, je conseille au gouvernement de l'écouter, sinon, sinon, l'hiver va mal se passer. Il y en a un autre qui, d'ailleurs, est un peu sur ce ton-là, c'est François Hollande qui n'exclut pas que si jamais ça se dégrade, c'est toujours un risque. Quand les Français vivent une situation, si ils cadent depuis des mois avec un prix de l'essence qui continue à monter, c'est toujours un risque qu'il y ait un retour des Gilets jaunes, c'est-à-dire d'une révolte dans la rue. Pascal Perrineau, c'est quelque chose que le Premier ministre doit avoir en tête.
Écoutez, les indicateurs sont tellement dégradés... qu'en effet, une crise sociale, cet hiver, dans quelques mois, est tout à fait envisageable, tout à fait possible. Le problème, c'est de savoir quelles pourraient être les conséquences de cette crise sociale sur l'élection présidentielle. Aucune force politique, sauf LFI. n'a intérêt à apparaître comme étant le porte-voix politique dans l'élection présidentielle d'un mouvement social qui se traduirait par des grèves durables, par des manifestations éventuellement extrêmement importantes. Il y aurait un véritable risque pour toutes les autres forces qui sont à la recherche, je le disais tout à l'heure, de respectabilité, d'accompagner un tel mouvement social. Donc, personnellement, la proximité... entre l'agenda social et l'agenda électoral est tel que je n'envisage pas, mais je me trompe certainement, ou peut-être, je n'envisage pas, si vous voulez, de mouvement social à très brève échéance.
En plus, il y a une donnée que je donnais en introduction, c'est qu'on s'est aperçu qu'à chaque fois qu'il y avait une crise importante, une révolte importante, ce n'est pas toujours les moments où la misère est la plus flagrante. Les Gilets jaunes, par exemple, la croissance était à 2% à l'époque. On en est loin aujourd'hui des 2% puisqu'on est en dessous de 1, très largement en dessous de 1. Et très souvent, c'est... Les gens, pour descendre dans la rue, il faut qu'ils aient les moyens d'y aller dans la rue.
Oui, alors le gouvernement avait... Ça nous a coûté très cher, cette crise des Gilets jaunes. Il y a eu des mesures... À hauteur de
20 milliards, 22 milliards.
Avec la prime d'activité, etc. Aujourd'hui, on peut... plus le permettent. Les caisses sont vides, tout le monde en a conscience. Et donc, on fait un parallèle avec le mouvement des Gilets jaunes, parce qu'il avait été déclenché par une hausse d'une taxe sur les carburants, mais comparaison n'est pas raison, la situation est différente. Alors c'est vrai qu'il y a tous les ingrédients pour une crise sociale. Le chômage remonte, le budget va mettre tout le monde à contribution, il y a l'explosion des prix du carburant, l'anxiété aussi qui est créée sur la crise, sur la situation géopolitique. aussi cette crise en toile de fond, cette crise sécuritaire avec tous ces Elias, Thomas, Philippines. Les Français ont peur aussi pour leurs enfants, ne se sentent pas protégés. Donc il y a des ingrédients qui créent un contexte explosif, mais en même temps, les Français ont pris conscience. de la situation dramatique des finances publiques. Ils savent que le nœud coulant de la dette se resserre avec des taux qui augmentent, des lignes de dette qui arrivent à échéance, qui ne coûtaient pas très cher et qui maintenant sont à 4,5 %. Donc il y a la conscience qu'il faut faire un effort. Et chez les politiques... est en période électorale, donc tous ont intérêt, à part LFI, à ce que la situation soit assainie et qu'ils arrivent avec des comptes en ordre, mais un peu moins détériorés. D'ailleurs, quand vous parliez tout à l'heure de loi spéciale, c'est vrai que Marine Le Pen a intérêt aussi à avoir une loi. quel que soit le candidat, à avoir un budget voté. Parce que sur un budget voté, on peut faire un budget rectificatif. Tout de suite, en arrivant dès l'élection, on n'est pas obligé d'attendre. Alors que s'il n'y a pas de budget, il faudra attendre la présidentielle, les législatives, un nouveau budget qui sera débattu, le marathon budgétaire, on sait que ça dure très longtemps. Nous voilà à nouveau en fin d'année. Et pendant ce temps-là, chaque mois qui passe, le déficit file. Amélie de Montchalin, dans une interview, la première présidente de la Cour des comptes. chaque mois qui passe, à ce que c'est encore plus le pays.
La révolte se fait maintenant... Peut-être... Plutôt dans les urnes d'ailleurs, on le voit d'ailleurs en Allemagne aussi.
Oui, effectivement, et je suis assez d'accord avec le consensus qu'il y a sur ce plateau. Moi non plus, je ne vois pas trois nouveaux mouvements des Gilets jaunes. J'appellerais ça à la jurisprudence mai 68. Point 1, le désordre survient quand personne ne s'y attend. Et là, tout le monde l'annonce. Point 2, il survient quand les gens ont entre guillemets les moyens. Ce qui était le cas en
68, c'est une révolte de croissance.
Parce que la France se portait très bien. Aujourd'hui, il y a cette peur qui a été très bien décrite, qui fait que, à mon avis, les Français n'iront pas, d'autant qu'ils ont... la possibilité d'exprimer dans les urnes leur colère, et d'autant que cette fois-ci, il est difficile d'accuser le gouvernement et le président de la République. Emmanuel Macron a d'ailleurs bien dit ce week-end, je vous jure, ce n'est pas de ma faute, je n'ai rien fait, ce n'est pas à cause de moi si le prix du carburant augmente à la pompe, ce qui est objectivement vrai. Donc c'est tout à fait différent de la mise en place de la taxe carbone, qui était un acte politique revendiqué par Emmanuel Macron et Edouard Philippe, son Premier ministre de l'époque.
Par exemple, en Allemagne, Pascal Perrineau peuvent aussi inspirer certains électeurs en France en se disant « bon ben voilà, il faut… » Il faut évacuer, sortir les sortants, une vague de dégagisme qui a eu lieu d'ailleurs en Italie aussi d'une certaine façon.
Ça aide beaucoup parce qu'en effet, quel que soit le type d'élection, le type de pays, c'est le dégagisme qui l'emporte. Et les élections qui viennent d'avoir lieu dans deux lenders allemands sont tout à fait intéressantes. Parce qu'il y a le schéma habituel, que l'on avait vu il y a quelques semaines, de l'AFD, donc un populisme d'extrême droite qui l'emporte, etc. Mais à Berlin, c'est extrêmement intéressant ce qui s'est passé. Parce qu'à Berlin, c'est Die Linke, c'est d'ailleurs l'équivalent peu ou prou d'Elefi, qui l'emporte. Et au fond, ceux qui sont maris, ceux qui sont extrêmement tristes, c'est toutes les forces, j'allais dire, du bloc central allemand. C'est-à-dire ceux qui valent libéraux, le SPD, la CDU. C'est eux qui sont les dindons de la farce. Parce qu'on s'aperçoit en effet que la colère... la crise économique et sociale nourrissent les populistes, mais qu'elles affaiblissent, mois après mois, de manière inéluctable, les forces centrales et les forces de gouvernement. Donc, si on projette cas allemand sur le cas français, on peut être légitimement inquiet. Parce que qu'est-ce qui va rester bientôt ? si vous voulez, à ces forces qui vont du Parti socialiste à LR. Déjà, je regardais aux présidentielles de 2022, si vous faisiez ça aux inscrits, les gens qui avaient choisi les forces marginales, qui avaient choisi le blanc ou le nul et qui avaient choisi l'abstention, ça faisait 70% des
C'est-à-dire une majorité.
Et là, c'est encore en train de se restreindre.
C'est ça, effectivement. Alors, en plus, vous vouliez ajouter quelque chose, Guillaume ? Non, juste
un mot. Pascal Pernod nous parle de l'Allemagne. Vous avez vu la dernière décision du chancelier allemand ? Le 1er octobre, il baisse les droits d'assises sur le carburant. Ce qui va se traduire par une baisse de 17 centimes sur le litre. Ça va coûter 2 milliards et demi. Alors, certes, l'Allemagne est en... Situation bien plus favorable que la nôtre, mais je pense que ce que font les Allemands aujourd'hui... Ça va raisonner ici. Je ne vois pas comment le gouvernement pourrait faire autrement. Évidemment. Alors... On
demande l'ERN d'ailleurs, la baisse de la TVA, enfin des taxes, mais ça coûterait 12 à 15 milliards d'euros. Bon, LFI demande le blocage des prix. Ça, c'est une solution qui serait compliquée parce qu'on ne serait plus livrés et donc il y aurait une pénurie d'essence, de carburant. Alors, LR propose plutôt de supprimer les certificats d'économie d'énergie.
Oui, mais ça chagrine beaucoup de gens parce que beaucoup d'artisans qui disent mais nous, on vit de ces certificats d'économie d'énergie parce que tout ce qui est pompe à chaleur, tout ce qu'on installe justement pour faire face à la transition climatique, il vient de cet argent qui ne va pas d'ailleurs dans le budget de l'État. Les 17 centimes de la CE ne vont pas. dans le budget de l'État. Donc, la proposition de Bruno Retailleau, elle est diversement appréciée, je dirais. Mais la Cour
des comptes a dit que ce système était un peu une usine à gaz, quand même. Il y avait de la déperdition, et ça permettrait, certes, ça ne va pas dans les caisses du budget de l'État, mais ça permettrait de réduire le prix pour les consommateurs.
Bien sûr. Alors... Le Premier ministre est en place, mais il a quelqu'un qui souvent prend la parole, de plus en plus maintenant, pour dire « c'est pas moi, c'est eux ». On l'écoute.
'entends beaucoup de gens qui nous disent « faites ceci, faites cela, bloquez les prix, dépensez plus ». Ce sont les mêmes qui, il y a 15 jours, nous disaient « vous avez beaucoup trop fait de manière irresponsable ces dernières années, entre 2022 et 2024, pendant le Covid, pour nous-mêmes dans ces situations de finance. » donc il y a un moment donné, il faut juste être cohérent et honnête avec les Français. Moi je veux être honnête. avons énormément protégé les Français, beaucoup plus qu'ailleurs en Europe, face à la crise du Covid, comme face à la crise énergétique que nous avons subie, qui elle était aussi importée, qui étaient les conséquences de la guerre de son Ukraine. Aujourd'hui, on a une responsabilité aussi de finances publiques. Vous avez, à juste titre, largement relié. Donc il ne faut pas que les mêmes qui ont déploré les conséquences de mesures naguères viennent nous redemander de faire la même chose.
le Premier ministre avait fait son interview la veille au soir dans le Figaro. Mais le président estime qu'il était nécessaire pour lui de parler. Il recommence cette semaine, d'ailleurs, parce que jeudi soir, il sera sur les antennes de TF1 et de France 2. On ne peut pas dire qu'il facilite la tâche de son Premier ministre. Au passage,
ça supprime l'heure de vérité d'Edouard Philippe. Ça
supprime effectivement l'heure de vérité d'Edouard Philippe. Qu'est-ce qu'il peut faire, le président de la République, pour aider ou desservir son Premier ministre ?
crois qu'il veut l'aider. Quand on connaît la relation des deux hommes, je crois qu'il veut plutôt l'aider. Est-ce que le fait d'annuler la parole d'Edouard Philippe, ça aide une stratégie éventuellement tardive de Le Cordu ? Point d'interrogation. Moi, ce qui me frappe, c'est que le président... Vous me dites, qu'est-ce que le président de la République peut faire ? Faire ce qu'il fait, c'est-à-dire s'ériger en commentateur de la vie politique. Là, ce qu'il fait, c'est du commentaire de la vie politique. D'ailleurs, sur ce qu'il dit, ça n'est pas faux. La crise, oui, la crise est importée de l'extérieur. Oui, de multiples acteurs politiques demandent d'une main ce qu'ils voudraient reprendre de l'autre, etc. Donc ça, c'est au fond... Mais un président de la République, c'est aussi un acteur politique. Et c'est là-dessus que les Français, pour les sept mois qui nous restent, l'attendent. Et là, il est au fond, sans un président de la République, un peu angoissé. Quelle va être à la fois l'image que je vais laisser ? une fois que j'aurai quitté l'Elysée, et quel va être mon rôle au cours de ces sept mois ? Et là, j'avoue que pour l'instant, on n'a pas de réponse très claire.
Pas de réponse. Alors, le Premier ministre a dit dans l'interview du Figaro, je ne serai pas candidat à la présidentielle, est-ce qu'il faut le croire ? Il démonte,
donc c'est vrai, disait Pierre Lazareff, qui est le plus grand des journalistes. Je pense que Sébastien Lecornu, il pense forcément, vous savez, on avait dit à Georges Pompidou, à quel moment avez-vous songé à succéder au général de Gaulle ? Il l'avait répondu, quand j'ai monté pour la première fois le perron de Matignon comme Premier ministre. Donc c'est assez naturel, d'autant que j'imaginerais bien Emmanuel Macron lui envoyer des messages plus ou moins explicites sur le thème, pourquoi pas vous, pourquoi pas toi ? Pince pour lui, plutôt. Oui, parce que Sébastien Lecornu a une grande qualité aux yeux du président de la République, c'est que c'est probablement la seule personne en France qui n'en dit pas de mal, avec son épouse sans doute. Donc c'est assez normal, regardez Édouard Philippe et Gabriel Attal qui exercent quotidiennement leurs droits d'inventaire, parce que pour eux, s'ils ne le font pas, ils ne seront jamais élus l'année prochaine. Je ne parle même pas de Bruno Retailleau, de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen. Il y en a un qui dit jamais de mal du président, c'est Sébastien Lecornu. Il se dit pourquoi pas moi, je peux être soutenu par le président, je ne suis pas trop impopulaire. Moi je pense que tout ça ce sont des plans sur la comète. La vérité c'est que si Sébastien Lecornu est plutôt apprécié des Français, c'est parce qu'il n'est pas. candidat à la présidente de la République, et que dès lors qu'il rentrerait dans le match, il serait jugé comme les autres, c'est-à-dire sur son bilan, qui n'est pas très glorieux. Ce n'est pas de sa faute, il est arrivé tardivement, mais quand même, il ne peut pas dire qu'il se distingue par des réussites politiques. budgétaire spectaculaire.
Néanmoins, il est quand même, si on en croit les sondages, il n'est pas très populaire quand même, parce que les sondages montrent qu'il n'est pas... Comment vous l'avez trouvé dans son bureau la semaine dernière ?
Au travail, mais c'est vrai qu'il dément systématiquement. Il a eu cette formule, je ne sais pas dans quelle langue il faut que je le dise, mais je ne suis pas candidat. Après, son nom continue à circuler, parce que... D'abord, il est Premier ministre, donc mécaniquement, ça peut être une solution... Sauf que ça n'a jamais
réussi aux autres. Une solution de
recours. Il a aussi un style... Il a affirmé son indépendance sur certains sujets, comme sur la fin de vie, il a des positions sur l'agriculture, sur le budget. Il est très loyal à Emmanuel Macron, il y a une vraie relation de confiance, mais c'est un loyal émancipé. C'est-à-dire qu'il y a à la fois une distance et une marge de manœuvre. Il a aussi une capacité peut-être à rassembler davantage les LR. Donc tous ces éléments font que son nom circule en dépit de ses démentis de candidature. De toute façon, si tel était le scénario, il n'a pas... intérêt à se dévoiler trop tôt, parce qu'il serait handicapé, il ne pourrait plus rien faire.
Il faudrait déjà qu'il passe l'étape du budget. Ce n
'est pas un dauphin adoubé, mais ça pourrait être un héritier de réserve, finalement, pour Emmanuel Macron.
Un héritier de réserve, d'ailleurs, il est dans la réserve de la France, parce qu'il est militaire de réserve. Il a comme modèle Pierre Mesmer, et vous savez ce que disait Pierre Mesmer en 1974, alors qu'il était Premier ministre, et qu'on lui disait, vous pouvez succéder peut-être à Jean... qui venait de mourir, il dit oui, mais j'ai conscience de mes limites et n'importe qui ne peut pas être président de la République. C'est une phrase que devraient méditer nombre des candidats d'aujourd'hui qui pourraient se poser la question de savoir s'ils ont vraiment le niveau. Alors nous, on va parler de vos coups de coeur et de vos coups de griffes. Alors, on commence par vous.
mon coup de griffe... Coup de griffe, d'abord. Coup de griffe pour Anne Hidalgo, a donc été auditionnée la semaine dernière dans le cadre de la commission au Sénat sur les violences sexuelles dans le cadre du périscolaire. 'est un scandale. Absolue. Ce dont on n'a pas suffisamment parlé. Non, on est d'accord. Et donc, Mme Hidalgo s'est dédouanée de ses responsabilités. On connaissait responsable mais pas coupable, et là, c'est ni responsable ni coupable. Elle a été 12 ans maire de Paris et elle n'était pas au courant, elle s'est dédouanée en... en disant qu'il y avait une responsabilité collective, mais en noyant le poisson. Donc, ce n'est pas vraiment grandi avec cette attitude, d'autant qu'il y avait eu un rapport, dès 2015, un rapport alarmant, mentionnant des faits et attirant l'attention. Elle n'endosse pas ses responsabilités et on a appris dans un très bon article de Richard Fleurin paru dans le Figaro qu'elle continue sa nouvelle vie, elle s'éclate dans sa nouvelle vie. Ce sont des paroles de ses collaborateurs puisqu'elle avait brigué un poste au HCR qu'elle n'a pas eu. Au commissariat
aux réfugiés, organisation des Nations Unies.
Mais elle a rebondi comme ambassadrice d'un groupement de villes. Donc elle s'occupe de la transition écologique d'un certain nombre de villes. Et donc en fait, elle est financée par Bruxelles et Bloomberg. Et elle voyage à travers le monde avec un chéquier bien garni.
Bruxelles, l'Union Européenne
? Tout à fait. Ah, ça va faire plaisir
à beaucoup de gens ça.
Voilà. Et donc, bon. Après un bilan qui est quand même négatif à la tête de la ville de Paris, qui est devenue une ville de plus en plus sale, de plus en plus endettée, elle ne se grandit pas. En plus, on a appris qu'elle voulait enfiler la robe d'avocate et qu'elle avait déposé un dossier au barreau de Paris.
Il faut préciser qu'on peut être inscrit au barreau de Paris quand on a un nombre d'années certain d'expérience, même si on n'a pas les diplômes requis. pour passer le barreau de Paris. D'ailleurs, on ne passe pas le barreau de Paris parce qu'on devient directement avocat. Et nombre d'anciens ministres, je ne citerai pas de nom parce que ça serait désagréable pour eux, et bien nombre d'anciens ministres sont devenus avocats, ou députés d'ailleurs, sont devenus avocats de la sorte. Coup de cœur.
de cœur pour Sarah Knafo et son livre Le Caisse du siècle, qui fait un tabac en... En librairie, elle est déjà à plus de 120 000 exemplaires. C'est un ouvrage qui est simple, pédagogique. Elle a réussi à prendre des sujets assez compliqués et à leur donner une clarté. Vraiment, la qualité première, c'est la pédagogie. Par exemple, elle prend la fiche de paie, qui je mets au défi quiconque de savoir expliquer les petites lignes de la fiche de paie, et elle les traduit très simplement. en argent, en euros, ce qui va à l'hôpital, ce qui va à l'assurance chômage. Et elle prend le lecteur par la main, comme ça, et elle l'emmène sur tous les sujets, sur le mode d'une enquête policière. Et donc c'est très bien fait, c'est assez efficace. Alors on est d'accord ou pas d'accord avec les thèses qui sont développées, mais c'est un ouvrage qui a le mérite de faire exister des sujets, de mettre de la clarté, de faire de la pédagogie auprès des Français, c'est très important. et de poser les sujets.
Est-ce qu'elle donne des charges des robots
?
Non,
je ne crois pas. De souvenirs, je... C
'est vrai que c'est un fait politique, parce que jusqu'à présent, de ce côté-là, on va dire... dans la droite radicale, pour dire les choses simplement, on insistait beaucoup sur les enjeux régaliens, les enjeux de sécurité, les enjeux d'immigration. Et là, c'est par l'économie. Et là, elle rentre par l'économie, mais elle y rentre de façon originale, avec une sorte de... C'est pas désagréable dans ma bouche, de néopoujadisme, c'est-à-dire de réaction des Français qui, à juste titre, ne supportent plus que la moitié de ce qu'ils gagnent chaque mois leur soit pris par l'État. Sans savoir où ça va. Exactement, sans savoir où ça va. Ce n'est pas le libéralisme d'en haut, avec le pourcentage de dettes en part du PIB, parce que tout ça, ça ne parle pas beaucoup aux gens, mais c'est vraiment le libéralisme de la feuille de paye.
Vous l'avez lu, Pascal
?
Non. mais moi, ce qui me frappe toujours quand je lis, mais je n'ai pas lu celui-là, j'avais lu son programme pour Paris. Peut-être que vous en avez lu les extraits dans Figaro Magazine, son programme pour Paris. Je n'ai pas encore lu Figaro Magazine. Moi, je suis frappé à chaque fois par le fait que Sarah Knafou n'oublie jamais que la politique, c'est avant tout de la pédagogie. elle est incroyablement pédagogue.
Oui, elle est très claire.
Très, très claire.
Et elle le dit avec le sourire. Oui, elle le dit avec le sourire, donc ça aide. Ça va beaucoup mieux.
Guillaume, coup de griffe. Mon coup de griffe à la France insoumise, pour un des axes de sa campagne que je trouve vraiment inquiétant, sans aucun esprit polémique, c'est une défiance systématique vis-à-vis des forces de l'ordre de notre pays. Il y a eu hier une manifestation à Paris contre une proposition de loi qui donnerait aux policiers... une sorte de droit de légitime défense un petit peu plus élevé, et il défilait d'ailleurs une énorme pancarte « Non au permis de tuer ». Quand on sait la dangerosité du métier de policier aujourd'hui, dire que le fait que les policiers puissent se défendre est un permis de tuer, je trouve que c'est grave. Et on pourrait aussi citer leur réaction face aux émeutes qui ont eu lieu ce week-end à Saint-Pierre-des-Corps à côté de Tours, où en gros, parce qu'il y a eu un drame après un refus d'obtempérer, la France Insoumise a dit « c'est la faute de la police ». Je pense qu'il y avait déjà… Alors qu'il y avait un rodéo urbain. Mais absolument. Donc il y a déjà une… une antagonisation très forte. La France insoumise avec la nouvelle France contre l'ancienne. Il y a le sujet de Gaza. On a l'impression que tout est bon pour porter ce pays à un niveau d'incandescence que je trouve vraiment inquiétant.
C'est ce qu'on a appelé la présomption de légitime défense, je crois. C'est ça ? C'est un projet de loi qui est voté ou qui va être voté ? Non, qui est en cours d'examen. Effectivement, ça paraît assez... systématique chez eux de s'opposer à cela. Le coup de cœur ? Alors le coup de cœur, c'est Total. C'est rare que quelqu'un tire un coup de chapeau à Total. Peut-être comme
vous, surtout le week-end, je me promène pas mal en dehors de Paris. Et là, ce week-end, je suis allé dans l'Heure, donc on est à le département de Sébastien Lecornu. Vous n'êtes pas allé le voir, non ? Non, non, je ne suis pas allé le voir. Et je me suis aperçu que maintenant, Il n'y a plus la queue dans les stations Total. Vous savez pourquoi ? Parce qu'elles sont à vide. Parce qu'il n'y a plus de carburant. Pourquoi ? Parce que Total s'est engagé sur 1,99€ le prix maximum de l'essence, 2,25€ le prix maximum du diesel. Et les Français, ils ont voté avec leur volant. Alors effectivement, Total gagne beaucoup d'argent. avec cette crise pétrolière mondiale, parce que le raffinage qui est effectué à l'étranger, en revanche, c'est assez intéressant, je trouve, cette façon de faire de la politique, dans le sens large du terme, c'est-à-dire de dire, ok, nous, on gagne beaucoup d'argent, mais on en redonne une partie aux Français en étant les moins chers à la station service.
Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui veulent la nationalisation totale ?
Déjà, on n'a pas l'argent pour.
Ça coûterait 190 milliards d'euros.
Non, c'est... 'est pas dans mon logiciel, oui. Mais je pense que les Français, là, peuvent être fiers d'avoir... On dénigre souvent Total, Pollueur, etc. Là, les Français peuvent être fiers et reconnaissants d'avoir un grand, un géant,
leader mondial. Parce qu'il faut dire que c'est un géant parmi d'autres, parce qu'on l'oublie tout le temps. Mais c'est le seul qui fait le
geste pour les Français.
Et les autres ne sont pas Français, d'ailleurs. Les autres géants, ils sont britanniques, ils sont américains. Ils sont d'ailleurs sur le marché français, pour quelques-uns d'entre eux. Mais eux ne font pas la risque.
Les Français
peuvent
se féliciter d'avoir un champion mondial.
C'est un peu un discours qu'on n'entend pas souvent, puisque c'est plutôt le contraire. Pascal Perrineau, alors ?
Alors, le coup de griffe, mais là je prolonge ce que vient de dire Guillaume, c'est en effet le thème délétère, sans cesse répété, de la police tue. C'est très grave de dire cela, surtout quand on regarde ce qui s'est passé à Saint-Pierre-des-Corps. Pour l'instant, je crois, il y a dix policiers et gendarmes. qui sont à l'hôpital, dont un a le crâne défoncé. Donc voilà, on pourrait au moins s'abstenir de dérive. Et là, on avait en effet une manifestation avec Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, toujours là, et Assa Traoré, derrière ce thème de la polystu.
ça dit aussi quelque chose d'une certaine partie de la jeunesse qui suit justement la France Insoumise. Oui, bien sûr, une partie de la jeunesse seulement. Oui, bien sûr.
Une partie de la jeunesse. Et puis, ça dit aussi, si vous voulez, quelque chose. D'abord, on ignore la popularité de la police. Vous savez que dans toutes les enquêtes d'opinion, la police reste en France une institution extrêmement populaire. Même auprès des jeunes, mais ce n'est pas les jeunes que l'on a vus dans le rodéo urbain de Saint-Pierre-des-Cœurs. On ignore que la police, son travail fondamental, c'est de répondre à une violence sauvage, à une violence illégitime, par la violence légitime. Ce que Max Weber appelait en effet, l'État a le monopole de la violence physique légitime, et qui exerce la violence physique légitime ? L'armée, la police, la gendarmerie.
Bien sûr, bien sûr. Votre coup de cœur ?
Mon coup de cœur, c'est le Premier ministre canadien. J'étais aux États-Unis cet été. Je lisais attentivement la presse canadienne, parce que j'étais dans un État qui borde le Canada. Et ce Max Cernay est vraiment un personnage tout à fait intéressant. Parce que quand on l'écoute, c'est le seul qui sait se poser en s'opposant par rapport au frasque, au délire du président américain. Et là, à Saint-Pierre-et-Miquelon, avec le président Macron, en territoire français, ils ont remis à sa place le président américain Donald Trump, en lui rappelant qu'il vit avec des délires qui sont des délires expansionnistes. Et qu'à un moment, il faut tout de même qu'il y ait des hommes de poids, ce premier ministre canadien qui est directement exposé, et le président français pour lui dire « écoutez, ça suffit ».
Bien sûr.
Voilà. Jouez en interne. Nous, on n'a rien à vous dire sur ce qui se passe en interne aux États-Unis. Et Dieu sait s'il s'en passe. Mais en externe, il faut vous calmer, mon
où il a baissé de ton, d'ailleurs, c'est sur le Groenland, ces dernières heures, puisqu'il a accepté de partager avec la Danemark la protection de ce territoire ô combien vaste, et qui n'est pas très loin d'ailleurs de Saint-Pierre-et-Miquelon. C'était intéressant de le noter. Et lequel Premier ministre canadien a probablement fait ? Un des plus beaux discours, justement, pour marquer des limites, il y a quelques mois, à l'action du président américain. Alors moi, j'ai comme vous un coup de cœur et un coup de griffe. Je vais commencer par le coup de griffe, pour évidemment m'insurger contre l'attitude de Radio France, contre notre confrère Charles Sapin, qui était parfois d'ailleurs des nôtres dans ce club politique quand il était au Figaro, qui on a fermé et muselé, je dirais, la parole de façon absolument révoltante et scandaleuse sur les ondes d'une radio publique. Tout ça parce qu'il est réputé appartenir à un journal plutôt réputé, le journal réputé d'extrême droite, ce qui est absolument indécent, obscène et révoltant et il faut vraiment se... se dresser contre ce genre d'attitude de la part du service public. Et on aimerait bien que l'ARCOM, dont j'ai demandé plusieurs fois la suppression, et bien que l'ARCOM se prononce contre ce genre de pratiques des syndicats des services publics.
On aimerait bien aussi que la ministre de la Culture et de la Communauté réagisse aussi, qui a quand même la tutelle sur le service public audiovisuel, réagisse. Je rappelle que nous donne... nous les Français, quelles que soient nos opinions politiques, 4 milliards d'euros chaque année à l'audiovisuel, radio et télévision.
Exactement, et évidemment, elle a parlé beaucoup des vieilles pierres ce week-end, mais elle a oublié de parler. Eh bien, de la pierre qui est dans son jardin, qui s'appelle Radio France. Et puis, alors là, c'est pas Sapin, c'est Papin. Un coup de cœur pour Serge Papin, qui est le ministre du commerce, du commerce, je crois, qui est un personnage assez connu, parce qu'il était le patron d'une grande enseigne de distribution il n'y a pas longtemps, et qui a eu l'idée de créer le pacte. qui consiste à faciliter la transmission d'entreprises à des salariés qui sont déjà dans leur entreprise. Vous savez qu'aujourd'hui, la transmission, l'héritage est au cœur de tous les appétits et de toutes les démagogies dans notre pays. C'est là qu'on veut aller piller l'argent, c'est là qu'on veut les tondre, ceux qui sont riches ou ceux qui ont la richesse de pouvoir produire. Les grandes entreprises avaient été protégées d'une certaine façon par le pacte d'Utreil qui permettait la transmission intrafamiliale. Cette fois, c'est pour faciliter la vie des salariés et que dans ces petites entreprises, ils puissent éventuellement, s'ils se portent acquéreurs, prendre la direction de leur outil de travail, sachant que la plupart des entreprises qui ne trouvent pas acquéreurs, soit dans leur famille, soit parmi leurs salariés, souvent finissent dans des fonds. qui désoriente la politique de l'entreprise en question, très souvent la délocalise même. Ça peut arriver, c'est arrivé plusieurs fois en France. Et donc, bravo à Serge Papin, qui était pourtant accueilli avec des sourires. un peu rigolard d'ailleurs quand il est arrivé au gouvernement, il prouve là qu'il a le niveau de son emploi. Merci à vous, merci d'être toujours fidèle à ce club Figaro Politique où on aimerait vous présenter plus d'images pour illustrer nos propos et lancer les conversations et les polémiques. Mais malheureusement, on est un peu restreint pour ça par des obligations de droit télévisuel qui nous empêchent de reprendre les extraits des... interventions qui ont pu avoir lieu de la part des responsables politiques ou syndicaux dans les médias de notre pays, voire aussi à l'étranger. Merci de votre fidélité, merci à vous trois de la clairvoyance et de la qualité de vos commentaires et je vous dis à lundi prochain, 22h30. Merci à vous.