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Et voilà qui nous amène à notre feuilleton « Je peux pas, j'ai politique » qui fait sa rentrée. L'actualité politique alsacienne décortiquée ce samedi par Loïc Schaeffer et Emmanuel Gambette avec au menu des élections.
Je ne peux pas, j'ai politique, c'est reparti pour une troisième saison. Bienvenue, on est ravis de vous retrouver en cette rentrée qui démarre tambour battant avec des élections.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Mais je ne comprends pas, les élections c'était en mars dernier,
les municipales.
Et puis la présidentielle c'est au printemps prochain.
les sénatoriales alors ? Le Sénat et son bel écrin, le jardin du Luxembourg à Paris. On s'y croirait presque ici, à l'orangerie de Strasbourg. Sinon, on ne va pas se mentir, le fonctionnement de l'institution reste assez obscur. Pire que ça, on dit parfois que c'est un repère de planqués. Mais si je vous dis qu'en vertu de l'article 24 de la Constitution, la Chambre haute, comme on l'appelle, a pour mission d'assurer la représentation des collectivités territoriales. Autrement dit, au milieu du Grand Barnum parisien, les sénateurs sont censés être les défenseurs des territoires et de la décentralisation. Et ça, en tant qu'Alsacien, ça nous parle. En 2015, par exemple, l'institution obtient quelques victoires face au gouvernement dans le cadre de la loi... Notre, l'exécutif à l'époque, veut renforcer les compétences des grandes régions au détriment des départements, départements qui conserveront finalement entre autres la gestion des collèges grâce à la pression exercée par les sénateurs. Le point le plus important pour notre région, c'est qu'au Sénat, les majorités de droite ou de centre-droit qui se sont succédées depuis 12 ans ont régulièrement défendu l'idée d'une autonomie institutionnelle pour l'Alsace. A l'été 2014, par exemple, nous sommes en plein débat sur le projet de redécoupage des régions portées par le président François Hollande. Le Sénat s'oppose au gouvernement et propose une carte alternative à 15 régions, parmi elles l'Alsace, toute seule. Bon, vous me direz, ça n'a pas fonctionné, mais la petite graine est semée. En octobre 2014, cinq sénateurs, dont Fabienne Keller et André Reichardt, déposent un amendement pour créer une collectivité territoriale d'Alsace unique, hors du Grand Est. Ça ne vous rappelle rien ? Fabienne Keller, aujourd'hui députée européenne, s'en souvient bien.
Nous n'avions pas réussi à changer la loi. créatrice des nouvelles grandes régions, mais le débat est resté. Au Sénat, on peut travailler de manière peut-être un peu plus protégée de la vie politique au quotidien. Même si à l'Assemblée, ils font bien sûr aussi des travaux de fond, ils sont plus mobilisés sur des débats aujourd'hui très polarisés qui ne produisent pas toujours du résultat pour nos concitoyens.
L'amendement est rejeté, mais voilà qu'en 2021, la collectivité européenne d'Alsace Fusion des départements du Barin et du Haut-Rhin voit officiellement le jour. D'une certaine manière, tout le travail effectué en amont par les sénateurs a fini par porter ses fruits. Alors certes, on en connaît mal les rouages, mais si je résume, le Sénat contribue activement aux réformes, alimente les débats et reste un contre-pouvoir important au service des territoires dans notre démocratie. ultra centralisé. Et quoi de plus normal finalement pour des sénateurs élus par des élus. De terrain, dimanche prochain, les grands électeurs, maires, conseillers municipaux, régionaux et départementaux désigneront 9 sénateurs en Alsace. 7 listes dans le Bas-Rhin, 10 dans le Haut-Rhin. Un suffrage universel indirect auquel va participer notre invité puisqu'il est maire de Haït-Villers dans le Sungo et conseiller régional, c'est Gilles Fremiau. Gilles Fremiau,
bonjour. Bonjour. Qu'est-ce qui fait selon vous un bon élu ? Alors pour être un bon élu, pour moi il faut d'abord aimer les gens.
La loi Alsace pourrait passer bientôt devant le Sénat. Qu'est-ce que vous pensez de cette loi
Je comprends le sentiment de fierté alsacienne. Je suis moi-même alsacien, fier d'être alsacien, fier d'être soumouvien. Mais je pense qu'il ne faut pas confondre identité et efficacité. Nous avons aujourd'hui une région qui a 10 ans, qui fonctionne bien. Casser cela pour aller vers la... plus petite région de France, puisqu'avec 1,9 million d'habitants, l'Alsace serait la plus petite région de France. Je crois que ce n'est pas forcément le plus bel objectif pour les Alsaciens.
êtes président de la Comcom Sungo, c'est 64 communes, c'est la plus large d'Alsace. Comment on se met d'accord quand on est autant ? On
discute. On discute. Il y a des espaces, effectivement, de discussion. Ça commence par des tomtèches des maires, des conférences des maires. Nous avons vraiment des actions très concrètes, des actions de terrain. On construit des équipements qui servent à nos habitants directement. Est-ce que la politique peut encore changer les choses ? Oui. Oui, bien sûr. Je dis toujours aux jeunes, je dis, occupe-toi de politique, sinon la politique s'occupera de toi. Je crois effectivement qu'à notre niveau, oui, on peut agir et on peut faire en sorte que la vie soit plus belle pour les gens.
Alors, Fremio, je crois que c'est Lorrain. Comment vous avez atterri dans le Sungo
Fremiau, c'est Vosgien du côté de Dounou, pas très loin d'Épinal. Et en fin de compte, c'est mon grand-père qui est descendu en Alsace, mais depuis, toute la famille est en Alsace. Pourquoi ce territoire vous passionne-t-il ? Le Soungo ? Parce que c'est le plus beau du monde. Le Soungo, c'est the place to be parce qu'on a tous les services de la ville avec un environnement en plus. Les Barunois pensent que c'est un territoire où il y a beaucoup de personnes riches qui travaillent en Suisse. Vrai ou faux ? Effectivement, les frontaliers ont des ressources un peu supérieures à la moyenne. Maintenant, il faut faire attention parce que nous avons aussi des habitants qui ont des petits salaires français et il ne faut pas les oublier non plus. Vous êtes aussi le maire de Haït -Villers. Présentez-nous votre commune en quelques mots. Très belle commune. C'est une commune de 650 habitants. Ce sont les premiers contreforts du Jura. Sur les hauteurs de Haït-Villers, vous voyez la trouée de Belfort, vous voyez les Vosges, vous voyez la plaine d'Alsace. Un mot de la carpe frite, spécialité du sungo. Oui. Je dirais que qui n'a pas passé une soirée entre amis à déguster une carpe frite n'a rien vécu encore jusqu'à présent. Mais excusez-moi, c'est un peu chaud. Ça termine toujours autour d'une carpe frite dans le sungo. Merci. Merci à vous.
Pendant ce temps-là, la campagne pour l'élection présidentielle bat déjà son plein. Après les frites dans le nord, Edouard Philippe, leader du parti Horizon, a confectionné quelques tartes flambées lors d'un déplacement en Moselle. La carte du terroir, de la proximité pour casser son image de technocrate. Encore faudrait-il lui rappeler que la flamencuche, comme il l'appelle, est d'origine alsacienne. Plus authentique, sans fioriture, le passage de Charles Zitzenstuhl à Wittisheim dans le Barin pour la fête des Quetsch. Le député ne s'est pas fait prier pour goûter ses excellentes tartes. De son côté, rien de mieux que quelques autotamponneuses et des tours de manège pour se décontracter. Stéphane Leyenberger, maire de Saverne, a profité du passage du Mesti dans sa ville. La fête foraine se termine ce dimanche, mais c'est promis, ça va encore beaucoup secouer, notamment dans « Je peux pas, j'ai politique » ces prochains mois. A très bientôt