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Bienvenue dans le Grand Enjeu, ici France Info. Vous savez, votre... Rendez-vous politique du dimanche soir en partenariat avec le réseau des régions de France Télévisions. Bonsoir Dominique de Villepin. Merci d'avoir accepté notre invitation. A mes côtés ce soir, Céline Rousseau, journaliste ici Hauts-de-France. Bonsoir Myriam, bonsoir Monsieur de Villepin. Et Yelgoz, éditorialiste politique France Info.
Bonsoir Myriam, bonsoir Monsieur de Villepin.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Nous sommes ensemble jusqu'à 19h pour vous interroger sur votre programme, sur vos mesures concrètes, sur votre vision du pays dans le monde. Commence bien évidemment par l'actualité. Et l'actualité ce soir, c'est l'Allemagne qui votait à nouveau. Élections régionales. Et elles se ressemblent, ces élections, puisqu'à nouveau, le parti pro-russe d'extrême droite, l'AFD, sort vainqueur, notamment dans une région, la Pomeranie occidentale, largement en tête à 37%. Que pensez-vous de cette progression qui n'est donc plus uniquement cantonnée à une région, mais deux ce soir ? Que nous dit-elle cette avancée de ce parti pour nous Français, pour nous Européens ?
Cela confirme les derniers résultats que nous avions eus de Sachs à Nalt et cela confirme le rejet du pouvoir en place de Friedrich Merckx. Et cela confirme aussi, au-delà de la colère qui s'exprime un peu partout en Europe, nous le voyons au Royaume-Uni, nous le voyons dans d'autres pays, cela confirme la fuite en avant, la recherche désespérée de solutions qui pourraient répondre aux besoins et qui le font souvent avec un refus. des méthodes qui sont celles de la démocratie, puisque clairement l'AFD se situe en dehors de ce respect de la démocratie. Ça
n'est pas un parti démocratique pour vous ?
C'est un parti qui se situe clairement dans une tradition qui est l'héritage même de la Seconde Guerre mondiale. Mais il faudrait
quoi l'interdire ?
Ce débat existe en Allemagne. Ce débat existe en Allemagne. Ce qui est clair, c'est qu'il y a des relents de xénophobie, de racisme extrêmement puissants à l'intérieur de ce parti. où le recours aux signes nazis, par exemple, est permanent. Donc il faut être attentif à ces rejets. Est-ce que c'est la répétition générale de ce qui pourrait arriver l'an prochain en France ? Et c'est effectivement ce qui nous menace. Il n'y a plus la barrière, la retenue, le front républicain qui existe en France et la retenue historique qui existait en Allemagne face à l'histoire. Aujourd'hui, on sent ce mouvement qui ne se cache pas. qui est délibérément mis en avant, même revendiqué, dans le rejet du pouvoir en place. Même si le RN n'a pas d'alliance avec l'AFD, ils ont coupé les points. Oui, ils ont pris effectivement leur distance. Mais il y a ce même refus du réel, des contraintes du réel. Il y a la même volonté d'aller vers des solutions qui sont souvent très en décalage avec ce qui est possible. Le rejet de la règle de droit. Donc on voit malheureusement les mêmes types de manières. C'est un parti pro
-russe, l'AFD, très clairement,
soumis
à Vladimir Poutine. Est-ce que ça veut dire que le chef du Kremlin met un pied en Europe ? Est-ce que ça menace, y compris avec ces élections, une forme de sécurité des Européens ? On va parler de l'OTAN, on va parler des incursions de drones, mais la progression déjà dans les urnes d'un parti pro-russe, est-ce que ça veut dire qu'il prend des parts de marché dans notre continent ? Ça veut dire qu
'il y a une double menace, il y a une menace pour la démocratie, on ne doit pas se le cacher, et il y a une menace pour la souveraineté. Le choix au moment même où la guerre en Ukraine devient encore plus difficile, on le voit tous les jours avec les menaces hybrides de la Russie, on a un parti au cœur de l'Europe qui est ouvertement pro-russe. C'est dire à quel point il y a là un mouvement décomplexé et qui surfe sur le rejet de l'immigration, de la règle de droit, de la politique traditionnelle. Il y a donc là un mouvement extrêmement puissant qui peut avoir des conséquences un peu partout en Europe.
On va revenir à la Russie. parce qu'on votait aussi en Russie pour les élections législatives, le parlement de la Douma dans un instant, mais on avait aussi envie de vous montrer une image peut-être un tout petit peu plus... Vous allez nous le dire si vous utiliseriez ce mot. Regardez ces deux hommes, Emmanuel Macron et Mark Carney, le Premier ministre canadien, qui sont dans l'archipel, sur le tarmac de Saint-Pierre-et-Miquelon, pour réaffirmer la souveraineté française de ce territoire ultramarin. C'est une image qui est forte, d'abord parce qu'elle est symbolique. C'est un geste gaullien qu'accomplit ici Emmanuel Macron, qui foule le pied de ce territoire pour la première fois. France Libre a planté son drapeau en 1941. Qu'est-ce qu'elle vous inspire, cette image ?
'est le souvenir de l'amiral Muselier. C'est l'esprit de résistance, c'est l'esprit du général, avec un homme, Marc Carnet, qui incarne aujourd'hui ce que l'Europe peut espérer de mieux, c'est-à-dire la capacité à tenir tête, sans forfanterie, aux États-Unis. Et le discours qu'il avait prononcé... Il y a un an maintenant, et les discours répétés, celui qu'il vient de prononcer devant le Parlement européen, c'est bien la possibilité de s'affirmer sans trompette, mais avec beaucoup de fermeté et avec une ligne qui se dessine. Alors, Madame Ursula von der Leyen va jusqu'à proposer un État associé. Justement, j'allais vous
poser la question, Dominique de Villepin. L'Europe a proposé au Canada de devenir membre associé de l'Union européenne. C'est une alliance finalement anti-Trump qui est en route ?
Il ne faut pas que ce soit une alliance anti-Trump. C'est surtout l'alliance d'États qui veulent aujourd'hui affirmer une autre voie possible. Mark Carney a parlé de l'alliance des puissances moyennes. C'est entre la Chine d'un côté et les États-Unis de l'autre, alors que nous sommes pris les uns et les autres en étau devant la menace économique, technologique, devant la menace néo-impériale américaine. Eh bien, il y a la nécessité d'unir nos forces. Nous parlons le même langage. Nous sommes attachés aux mêmes valeurs. Donc pourquoi pas, effectivement, se rapprocher et essayer de dessiner un chemin.
Mais c'est aussi un constat qui fait mal. Parce que quand il dit « révolte des puissances moyennes », ça veut dire que nous sommes, nous, la France, une puissance moyenne. Il faut l'accepter comme telle.
Depuis le législateur d'Estaing, la formule est souvent reprise. Constatons aussi qu'aujourd'hui, les super grandes puissances mordent la poussière. Quand vous voyez... Dans le Golfe, les États-Unis faiblirent devant l'Iran. Quand vous voyez les États-Unis faire des courbettes devant la Corée du Nord, quand vous voyez la Russie en difficulté devant l'Ukraine, la hiérarchie des puissances est très largement remise en cause. Ce qui compte, c'est la détermination à défendre ce que l'on est et à défendre les valeurs qui sont les nôtres. Je pense que c'est cette détermination qui doit être au cœur des Européens. Et bien sûr au cœur de la France. Vous
avez dit la Russie mise en difficulté par l'Ukraine. C'est vrai que les Russes ont voté aujourd'hui sous les attaques de drones, même si la plupart sont interceptés. 1600 drones tirés par l'Ukraine jusqu'à Moscou aujourd'hui. Et en même temps, une forme peut-être de fuite en avant, je ne sais pas comment vous le qualifieriez, de Vladimir Poutine qui menace d'ouvrir un autre front. Jamais le niveau d'alerte des renseignements partout dans les pays de l'Alliance n'a été aussi. aux alertes maximales. Le Premier ministre polonais parle d'une possible attaque de missiles contre un pays qui soutient l'Ukraine. Est-ce que Poutine nous fait la guerre
Vladimir Poutine est mis en difficulté sur son propre territoire. Tant qu'il faisait la guerre en Ukraine, les Russes pouvaient totalement ignorer cette opération spéciale. Aujourd'hui, les frappes ukrainiennes vont très loin dans le territoire ukrainien, contre les centres énergétiques, contre un certain nombre de sites à l'intérieur des villes. Donc la menace, elle est maintenant présente. Donc Vladimir Poutine doit trouver une riposte. Donc c'est
une diversion. Et
il a besoin, non, il a besoin de surenchérir. Il a besoin d'engager un bras de fer avec les pays européens. en leur faisant peur. Donc ce qui est testé, c'est notre détermination. Et il le fait avec beaucoup d'habileté, puisqu'il le fait sous le seuil, et c'est pour cela que nous parlons de guerre hybride, même si les menaces sont très présentes.
– Mais justement, l'Aipsiche, Dominique de Villepart, c'est sous le seuil ou pas ? C'est un attentat raté ? –
C'est un attentat raté, manifestement, c'est l'avion de fret ukrainien qui était visé. Et nous voyons bien quand les trains… à l'arrivée en Pologne, ont été frappés, ils auraient pu faire de nombreuses victimes. Donc il s'agit pour nous de marquer assez clairement, il faut le faire avec la nécessité de l'ambiguïté stratégique, mais il faut le faire assez clairement, marquer nos lignes rouges. Il est évident qu'à partir du moment où il y aurait des morts, à partir du moment où on toucherait à des infrastructures très sensibles pour l'Europe… Article 5, on riposte ?
Solidarité de l'OTAN ?
Vous connaissez la hiérarchie des articles, l'article 4, l'article 5. C'est à la fois l'Union européenne et en même temps qui dispose de ses propres leviers. Et en même temps, c'est l'OTAN. Il faut, dans ce domaine-là, faire preuve de beaucoup de sang-froid. Mais en tout état de cause, nous ne pouvons pas laisser sans réponse des attaques sur le territoire européen. À nous de frapper avec suffisamment d'habileté dans la... capacité de choisir les cibles pour être dissuasif. Est-ce qu'il a
bien fait, Emmanuel Macron, de convoquer à l'Élysée, c'était jeudi matin, l'ensemble des chefs de partis politiques ou des candidats, selon la volonté des partis, pour leur faire cette espèce d'exposé général avec nos services de renseignement sur cette menace ? Il est
absolument nécessaire. À la fois d'informer la nation, et je regrette pour ma part qu'il n'y ait pas davantage de présentation aux Français de la situation générale sur le plan géopolitique. Ils sont directement concernés. Ce n'est pas de la dramatisation pour vous ? Mais ce n'est pas de la dramatisation. Le plein d'essence et l'assiette des Français avec l'automne qui arrive, ça va être la conséquence directe de la guerre du Golfe et directe de la guerre d'Ukraine. Tout ça affecte le marché économique mondial. Donc dans ce contexte, il a raison de mettre en œuvre et de mettre en œuvre. ces dispositifs, d'appliquer cette règle de la transparence et de l'information, d'ouvrir un certain nombre d'informations confidentielles, celles des services de renseignement, aux différents responsables de l'opposition. Chacun doit mesurer la gravité du moment. Il n'empêche que informer, c'est bien. Agir, c'est aussi nécessaire. Mais on est prêt,
Dominique de Villepin, est-ce qu'on est prêt ? Mais
nous devons… À la fois
moralement et matériellement.
Nous avons des capacités, ne sous-estimons pas nos moyens. Nous avons, nous, à la fois une armée puissante, à la fois une force de dissuasion. Nous avons considérablement renforcé nos moyens en matière de munitions. Nous sommes très loin encore du compte. Et c'est là où il faut que l'Europe franchisse une étape supplémentaire. À travers des investissements… Dans le domaine de la sécurité mutuelle, et moi je souhaite qu'on passe à la possibilité d'emprunts européens, comme on l'a fait dans d'autres cas, on l'a fait pour le Covid, mutualisons l'effort nécessaire, mais il faut changer d'étape, changer de niveau.
On va y revenir dans un instant quand vous allez nous présenter votre programme. Est-ce qu'on peut dire que la France est la première visée, quand on voit encore cette semaine, que d'un point de vue économique ? Le Kremlin a saisi tous les actifs de la filiale d'Auchan, de l'ancien groupe Leroy Merlin. Est-ce que la France est la première cible ?
France est une des cibles, je ne dirais pas la première. L'Allemagne est une des cibles favorites de la Russie. Il y a une rancœur très profonde vis-à-vis de la position de l'Allemagne aujourd'hui. Il y a aussi bien sûr les Pays-Baltes avec des Russes halogènes, des populations russes. qui sont importantes, parfois jusqu'à 20% de minorités dans ces États. Il y a des cibles beaucoup plus directes qui pourraient exprimer la volonté d'aller de l'avant de la part de la Russie. Je pense à la Moldavie. La Moldavie a une enclave, la Transnistrie, et il y a par ailleurs la Gagoisie. Qui n'est ni dans l'OTAN ni dans l'Europe. La Russie, oui, absolument. Mais elle comporte environ 40% de la population qui a un passeport européen.
Il y a un débat qui remonte dans le pays à l'approche des élections. sur l'aide à l'Ukraine. Vous avez vu le communiqué de Marine Le Pen. Elle dit très très fermement son hostilité aux attaques russes. Et en même temps, elle dit que c'est légitime d'ouvrir le débat sur notre niveau de financement. Est-ce qu'on en a les moyens
nous en avons les moyens. Il y a 210 milliards d'avoirs russes qui sont gelés à l'échelle de l'Europe. Il faut les saisir, ces avoirs ? Sur le plan technique, saisir aujourd'hui ces avoirs, c'est extrêmement compliqué. Et on voit les réticences de la Belgique. On voit par ailleurs les réticences de la France dans des promotions bien moindres, puisque nous avons beaucoup moins d'avoirs. Mais pourrions parfaitement adosser. la détention de ces avoirs, à la mutualisation d'un emprunt européen qui nous permettrait de financer à hauteur de ce montant l'aide à l'Ukraine. Arrêter l'aide à l'Ukraine, c'est totalement irresponsable. En gros, ça veut dire à Moscou, continuez vos avancées et ne vous gênez pas. Donc je trouve cela complètement irresponsable. Est-ce que le RN est un parti pro-russe ? Est-ce que Marine Le Pen est pro-russe ? ne mettrai pas ce genre d'étiquettes qui peuvent paraître infamantes à beaucoup, ce qui est certain. c'est qu'elle ne prend pas la mesure de l'enjeu et qu'elle ne mesure pas à quel point les conséquences de ce geste de faiblesse changeraient la donne en Europe. Il faut mesurer aujourd'hui la stratégie russe. La Russie veut à la fois effacer l'Ukraine de la carte, l'identité ukrainienne. La Russie veut faire comprendre à l'Europe qu'elle ne s'arrêtera pas. Et la Russie veut en plus durcir considérablement ses positions vis-à-vis de la société russe parce que c'est la seule façon pour Vladimir Poutine de rester au pouvoir. Donc c'est un enjeu très considérable en termes de risque de stabilité pour l'Europe. Nous ne pouvons pas montrer de faiblesse dans la stratégie à mettre en place vis-à-vis de la société russe. Il
y a la crise liée à la Russie et il y a aussi la crise liée au Moyen-Orient. Vous l'avez évoqué, les conséquences sont vraiment violentes. Je parle du prix à la pompe, un nouveau record du prix moyen. D'ailleurs, est-ce que vous le connaissez, Dominique de Villepin ?
Je le connais, je peux vous le donner si vous le souhaitez. Je déteste les quiz, mais nous sommes au-dessus de 2,40.
Absolument, 2,41 le litre de gazole et 2,28 le litre. le sans plomb et la colère Céline la colère elle se transforme
en violence Dominique de Villepin on va voir un exemple dans le Douaisy qui est un territoire en souffrance entre l'île Arras un bassin minier voilà un territoire où on a besoin vraiment de sa voiture tous les jours quand la colère devient violence on va regarder un extrait du reportage de Ici Hauts-de-France Léo Marron Lorraine Godefroy
lettre rouge la mention voleurs référence directe à des prix du carburant jugé trop élevé Cette automobiliste découvre ces dégradations stupéfaites, mais elle comprend la colère.
peu d'accord quand même. Vu les taxes du gouvernement, un peu d'accord. même. Avec ce qui est écrit, oui. Et les dégradations ? Dégradations, pas d'accord.
week-end dernier, cinq stations-service des environs de Douai ont ainsi été vandalisées dans un périmètre d'une dizaine de kilomètres. Une enquête est ouverte.
dites-vous Dominique de Villepin, ces automobilistes qui sont à bout de nerfs et on les comprend ?
Je comprends également leur colère, mais il faut regarder la réalité en face. Est-ce qu'il y a aujourd'hui des recettes fiscales indues du côté de l'État ? Malheureusement, non. Non, parce que la consommation a considérablement baissé et donc les recettes fiscales de l'État ont baissé. Donc il n'y a pas de cagnotte, il n'y a pas de recette magique. Ce que nous pouvons faire et ce que le gouvernement essaye de faire, peut-être doit-il aller plus loin, c'est aider. Vous proposez un
prix plafond à regarder votre programme. Il faut d
'abord aider les personnes. les plus touchés, et je suis pour qu'il y ait une carte carburant et une carte chauffage pour cet hiver qui permettra d'aider ceux qui sont le plus en difficulté. Sur quel montant
?
Ce seraient des montants de 100 euros renouvelables qui permettraient d'aider ceux qui ont absolument besoin de leur voiture, une aide soignante. qui fait 50 km par jour, bien évidemment, elle ne peut pas subvenir. On sait que 20% des Français aujourd'hui consacrent plus d'un mois de leur salaire au plein d'essence. Donc c'est une situation difficile. Je pense qu'aujourd'hui, il faut prendre la mesure générale de notre situation économique. Et c'est pour cela que je propose un encadrement fiscal pour ce qui est de l'essence et du chauffage. Ça vaut aussi pour le gaz. C'est la possibilité d'un prix. plafond à partir de 2,50 euros, plafonnerait complètement les taxes. Donc nous n'aurions jamais, alors qu'on voit que le risque d'aller vers 3 euros, voire davantage, existe. Qui paie la
différence entre le prix plafond et le marché ? Dans
ce cas-là, nous aurions un prix plancher à 1,75 et quand le prix du pétrole descendrait, nous encaisserions alors un montant de taxes supérieur de façon à compenser la perte de revenus. Ça va coûter quand même. Oui, mais il y a un immense avantage. Un immense avantage, c'est que d'abord vous assurez une protection de nos compatriotes quand c'est au-dessus de 12,50 euros, et le risque existe, et vous avez une incitation quand ça descend. Vers 1,75, une incitation considérable à aller vers l'énergie décarbonée. Ceux qui ont fait le choix de la voiture électrique, c'est 1 000 euros par an qu'ils économisent. Ceux qui ont fait le choix de la pompe à chaleur, c'est 1 000 euros par an qu'ils économisent. Nous devons, et c'est peut-être cela la première leçon de ce qui se passe aujourd'hui, nous avons trop tardé par rapport à tous nos voisins, trop tardé à nous engager dans la voie de la décarbonation. Aujourd'hui, pouvoir d'achat, souveraineté. Compétitivité, c'est la même chose. Ça veut dire qu'il faut aller vers l'énergie électrique.
Enfin, se sortir de nos dépendances. Aujourd'hui, nous payons
450 euros, cher Français, 450 euros par an. aux producteurs du Golfe, à la Russie et aux États-Unis. Et tout ça prendra
du temps. Il y a des urgences. Oui, mais
accélérons. Aujourd'hui, c'est 35 000 voitures électriques qui se vendent en France. C'est 35 % de voitures électriques qui se vendent en France. 35 % seulement, quand il y a des États comme la Norvège, c'est 98 %. Donc prenons la mesure de ce choc pétrolier.
On s'est penché sur le programme qu'on a trouvé sur votre site, la France humaniste. Demandez le programme tout de suite. Alors il y a beaucoup de choses sur ce site, le nombre de mouvements. Très honnêtement, c'est un programme, ça ressemble à un programme.
C'est même, je crois, le programme à ce jour le plus complet qui soit sur la table. Donc j'invite chacun à aller regarder. Si c'est complet, c'est que vous êtes prêts. Ça veut dire que je me prépare. Et que je me prépare sérieusement. Vous savez, l'élection présidentielle, vous l'avez compris, ce n'est pas un concours pour touristes sympathiques. Il s'agit de répondre à l'angoisse, l'inquiétude, voire au ras-le-bol des Français. Donc il s'agit de ne pas décevoir. J'ai connu la conquête du pouvoir. Je mesure à quel point, à chaque nouvelle élection... on se passionne pour la conquête du pouvoir et on sous-estime l'exercice du pouvoir. Vous savez, je me pose la question de ce que feraient Marine Le Pen ou M. Mélenchon le jour où ils seraient à l'Élysée, eh bien je pense qu'ils ne passeraient pas un bon quart d'heure.
Mais juste pour bien comprendre, parce que là vous vous préparez, d'autres le disent aussi, la question finalement c'est quand ? La déclaration. En fait, vous l'êtes candidat, Dominique de Villepin. La question, c'est quand ? Vous attendez quoi ? Des temps ?
La question, c'est quand ? Je n'attends pas une date. Je réunis des conditions. Et les conditions, vous les connaissez. Les parrainages. Mais vous en avez combien, Dominique
de Villepin ?
J'en ai à peu près 300. C'est des moyens financiers parce qu'une campagne... Ça demande des moyens. Vous avez
lancé une campagne d'ailleurs de financement. Et donc je
sollicite le soutien de ceux qui le peuvent et je suis moi-même de ma poche, croyez-le bien, dans cette aventure. Donc mis
à part ces contraintes, rien ne peut vous empêcher d'y aller.
Rien ne peut. C'est déjà ça,
mais ce que je veux dire, c'est que la volonté d'un politique vous en avait envie. Rien
ne peut que le réel et je veux le faire dans des conditions particulières. qui est ce contexte de rassemblement. Vous savez, être candidat tout seul pour le plaisir d'être candidat, ça n'a pas de sens. Aujourd'hui, il faut rassembler des forces, rassembler les Françaises et les Français. Tout simplement pour être en mesure de répondre aux besoins. – Je ne vais pas vous poser la question
le matin en vous rasant, mais là on a une envie. – Non, le
matin en vous rasant, non, ça ne fait pas partie des choses que je fais le matin en vous rasant. –
Quoi qu'il en soit, Yael, le prochain président aura face à lui un mur,
le mur de la dette. – Le mur de la dette, bien sûr, quelques chiffres effarants, 3 600 milliards d'euros et le compteur est en train de tourner au moment où on se parle encore, l'horloge de la dette. – De plus en plus on travaille pour rembourser cette dette. – La dette atteindra 100… 19,3% de notre PIB cette année, dit Bercy, et plus de 120% c'est inédit l'an prochain, sans compter les taux d'emprunt qui s'envolent à près de 4,5%. La Cour des comptes alerte dans le Parisien. Amélie de Montchalin disait ce matin, nous sommes à l'heure du choix. puisque le paiement des intérêts nous coûtera 80 milliards d'euros cette année. Qu'est-ce que vous faites face à cette dette ? Est-ce que vous avez, vous,
une solution ? D'abord, je suis très admiratif du constat que fait Amélie de Montchalin. Ça fait 10 ans qu'on devrait être à l'heure du choix. Quand j'ai été Premier ministre en 2005, la première chose que j'ai faite, c'est lancer une conférence des finances publiques et d'engager le redressement financier de la France. Donc il y a là, depuis 10 ans, une responsabilité majeure, plus de 1 300 milliards de dettes. Tout à fait franchement, c'est un scandale national. Donc ça fait 21
ans, à l'époque on était à combien ? À l'époque on était à 64%
de dette. Et on était à 2,5, 2,6 de déficit. Donc une situation qui n'avait absolument rien à voir, mais que nous avons obtenue au forceps avec Thierry Breton, Jean-François Copé et quelques autres. Ah ça c'est
le passé Dominique de Villeneuve. C
'est le passé, aujourd'hui. Aujourd'hui, la première chose à faire, et je ne vois pas aujourd'hui de proposition sur la scène politique qui soit à la mesure de l'enjeu, il faut engager un effort considérable dans la durée, c'est-à-dire les cinq prochaines années. Et je propose que d'ici à 2031, nous revenions en dessous de 3%, à 2,9%, ce qui veut dire un ajustement budgétaire de 125 milliards d'euros. C'est un effort très considérable. Et pour cela, j'organise une conférence fiscale pour mettre à plat… ouvrir le capot, ouvrir la boîte noire. C'est ce que vous
appelez la révolution fiscale ? Des
180 milliards de niches fiscales et sociales qui sont en parfaite opacité. Reconduite année après année.
Mais ce sont des impôts que vous allez devoir récupérer par ailleurs si vous les supprimez, Séné Chiscal ?
Ce sont des privilèges et des rentes. C'est un argent qui dort. C'est un argent dont nous ne savons pas exactement parfois à quoi il sert et qui pourrait être mieux employé. Et c'est pour ça que je ne fais pas les choses brutalement. Je fais les choses par cinquième, donc sur cinq ans, et par la règle des tiers. Trois tiers. Un premier tiers qui reconduira ce qui est absolument nécessaire. Un deuxième tiers, il y a les politiques essentielles. Le handicap, l'outre-mer, ce sont la politique de la famille.
Pour bien comprendre ce qui nous regarde, les niches fiscales, c'est des crédits d'impôt. Donc tous ceux qui ont ces crédits d'impôt,
les conserveront. Pour tous les autres,
vous les augmentez les impôts, ce n'est pas tabou. Vous augmentez les impôts. Quand on enlève une niche, on augmente les impôts. J'enlève
un avantage. J'enlève un avantage induit. Un avantage induit, un privilège induit qui ne devrait pas exister.
En
termes de comptabilité nationale, vous avez raison jusqu'en 2031. Nous aurons peut-être une augmentation légère des prélèvements. Mais dans la durée, nous rétablirons cet équilibre par la suite. Mais encore faut-il. notre dépense publique soit juste. On ne peut rien faire en matière de redressement financier sans justice. Moi je me propose d'ouvrir la boîte noire, de reprendre... Pardon ?
Les aides aux
entreprises. Ça,
vous conservez, ça c'est quelque chose qu'il y a commencé il y a plus dix ans. Les aides aux entreprises, quand elles
correspondent... à une véritable valorisation de l'activité, bien sûr, quand elles ne correspondent pas et quand elles ne sont pas avec les conditions indispensables. Nous avons apporté, certains parlaient de 200 milliards, je pense que c'est sans doute un peu moins, autour de 120 milliards. 120 milliards sans conditions, sans que ni l'État ni les entreprises ne connaissaient exactement le périmètre de ces aides. Ayons des aides conditionnelles de façon à ce qu'elles puissent conduire à plus d'emplois, plus de recherches. Plus d'innovation. Donc vous voyez, nous reprenons le contrôle de notre dette à un moment où la situation de la France est celle du tonneau des Danaïdes, c'est-à-dire un tonneau qui fuit de partout. Vous parlez
d'une nouvelle nuit du 4 août 1789. L'abolition
des privilèges. C'est l'abolition des privilèges. Vous avez le Duc d'Aiguillon et le Vicomte de Noailles qui monte à la tribune pour... renoncer à un certain nombre de privilèges. Finalement, la renonciation ne sera pas aussi forte que ce qui a été annoncé, mais nous avons besoin d'un effort de ceux qui sont aujourd
'hui les plus aisés. – Alors, et vous, le citoyen Gallozo de Villepin, vous leur dites, à ces plus riches, je vous taxe, je rétablis l'impôt sur la fortune, comme François Mitterrand au début de son mandat de 1940. – Une pression
déniche, l'impôt sur la fortune, vous taxez l'héritage. – Je rétablis,
je rétablis un impôt. – Vous êtes un homme
de gauche.
suis tout simplement un homme de justice. Vous savez, dans la difficulté, mesurons, vous avez aujourd'hui des gens qui se révoltent pour le prix de l'essence. Vous en avez qui n'arrivent même plus à terminer leur fin de mois. Vous avez des étudiants qui ne peuvent plus payer leur repas. Si vous ne prenez pas en compte cette situation explosive, les choses ne feront que se dégrader. Donc vous êtes assez des
plus riches de combien ?
C'est 8 milliards. Vous voyez, la taxe Zuckman, c'était de l'ordre de 20 milliards. Je reviens à ce qu'était l'impôt à l'époque avec les mêmes types de pourcentages, 1,5 et 2%, donc avec deux tranches. Et nous revenons donc à un impôt qui rapportera de l'ordre de 8 milliards d'euros. Et nous modifions aussi en profondeur l'impôt sur les successions. Là encore, exigence de justice. Aujourd'hui, l'impôt sur les successions, l'héritage, c'est 60% de ce qui est transmis dans notre société. C'était il y a 30% il y a un certain nombre de décennies. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'inégalité, elle est devenue consubstantielle à notre société. Alors
avant la révolution fiscale, Dominique de Villepin, il y a le budget. Et il
y a aussi dans la révolution fiscale une simplification, parce que je passe à 9 impôts. Aujourd'hui, nous avons 400 impôts. Je prends en compte le fait que les Français passent leur temps à remplir des formulaires CERFA, à remplir des documents qui sont de plus en plus complexes. Nous simplifions, nous… Créons de la transparence et nous agissons. –
Pour ça, il faut que la France ait un budget tout de suite. – 54 milliards d'euros d'économie, gel du point d'indice des fonctionnaires, des appels, on en reparlera tout à l'heure, coup de français sur les arrêts de travail et maladie, c'est un peu la potion de Sébastien Lecornu pour tenir les comptes. Vous, vous seriez député, Dominique de Villepin, vous le votez ce budget ?
– Alors, je ne suis pas député, mais je vous le dis très clairement et sans embâge. Il faut un budget à la France. Nous n'allons pas faire passer un budget par la loi spéciale, ce serait stupide. Donc la gauche est irresponsable
de ce point de vue-là ? Elle est
fille qui
censure, c'est irresponsable ou irresponsable ? Non, je pense qu'elle rentre
dans un cadre de négociation. Nous le verrons tout à l'heure en ce qui concerne le repas à 1 euro. Elle a obtenu dans une précédente négociation avec Sébastien Leur connu un certain nombre de choses. Elle peut espérer obtenir quelque chose dans le cadre de cette négociation. Personne n'a aujourd'hui intérêt à ce que la France n'ait pas de budget. Parce que le nouveau ou la nouvelle présidente de la République se trouverait alors dans une solution impossible, puisqu'elle n'aurait pas de marge de manœuvre pour revoir ce budget après l'élection. Vous
ne feriez pas partie des censeurs sur les bancs de l'hémicycle, on l'entend. Certainement
pas.
Mieux vaut un budget imparfait que pas de budget du tout. C'est d'ailleurs ce qu'a dit Marine Le Pen, on verra ce qu'il en fera de son vote final. Ce qui irrite le plus dans ce budget, c'est les retraites. Le gel des pensions de retraite. Alors nos confrères du monde parlent même d'un seuil à 2034 euros à partir du... ces pensions seraient désindexées de l'inflation ? Est-ce que ce seuil est acceptable pour vous
? 2034
euros, je précise. Il y a
deux débats sur les retraites dans le cadre de ce budget. Faut-il désindexer les retraites ? Je comprends très bien que ceux qui soient les plus aisés soient mis à contribution, mais je le rappelle quand même. que la retraite fait partie d'un pacte national, d'un grand pacte républicain. Revenir sur ce pacte, c'est ruiner un peu plus la parole de l'État. Moi, je parle d'un principe simple. Il n'y aura pas de redressement français sans un redressement financier. Il n'y aura pas de redressement français sans une restauration d'un État fort, d'une autorité dans ce pays. Parce que c'est la condition pour que les choses puissent marcher. Donc, rompre un pacte qui a été décidé entre l'État... Et les Français, c'est un très mauvais signal. Et je pense qu'il vaut bien mieux jouer sur l'autre partie, qui représente également 6 milliards, qui est le forfait professionnel, l'abattement pour frais professionnels, qui lui ne correspond plus aujourd'hui à rien, qui pourrait être maintenu à titre d'incitation pour ceux qui ont... un cumul emploi-retraite, et pour ceux qui ont une activité de bénévoles, qui s'engagent au service de la société et qui méritent une compensation. Donc je suis là encore pour un effort de justice, mais les retraités ne doivent pas être la variable d'ajustement de ce budget, et je crois que ce serait donc une grande erreur, pas plus que les fonctionnaires. Le gel du point d'indice, qui est en fait gelé depuis 2010 à depuis 2023 à l'évidence, là aussi, est-ce que c'est juste ? Quand un État doit être mobilisé, de les placer dans une situation de perte de pouvoir d'achat aussi conséquente depuis autant d'années. Je pense qu'il y a une certaine logique de mépris et qu'il faut être attentif. on veut redresser un pays, à pouvoir embarquer tout le monde.
Oui, on entend ce mot de justice qui revient. Mais c'est la
clé. Est-ce qu'il y a un âge légal de départ avec Dominique de Villepin pour les retraités, si d'aventure vous êtes à l'Elysée ?
Vous le savez, je suis pour la réforme à point, je suis pour qu'on sorte du psychodrame, mais je suis surtout pour qu'on change la nature de notre démocratie et qu'on s'engage résolument dans une démocratie sociale. C'est pour cela que je suis pour une charte sociale. constitutionnalisé, qui reconnaîtra la nécessité de la négociation sociale et qui mettra les partenaires sociaux en responsabilité, que ce soit sur l'assurance chômage ou sur la retraite. Et je suis pour une retraite qui puisse être à la fois très simple, le système à points. Vous cumulez un certain nombre de points, vous faites le compte à la fin de votre carrière, au moment où vous souhaitez partir, du nombre de points que vous avez. Ces points, ils sont évalués en fonction de votre âge. Et en fonction de votre espérance de vie dans le secteur professionnel, c'est la réforme qui avait été proposée, mais profondément renouvelée et beaucoup plus juste, puisque je prends en compte ce qu'il avait refusé d'en prendre en compte, en particulier la pénibilité, le travail des femmes, le travail lié à l'éducation des enfants. On a là un système qui peut être très fortement incitatif. pour ceux qui veulent travailler plus longtemps, mais qui est aussi plus rémunérateur. Et donc je pense qu'il est beaucoup plus adapté à un temps où on souhaite à la fois de la liberté, de la flexibilité. Et en même temps, davantage de responsabilité dans sa vie individuelle. – Alors, on
avance. On voulait vous parler aussi de la jeunesse. C'est vrai que vous avez une histoire un peu contrariée avec la jeunesse. Il y a 20 ans, vous l'aviez mise dans la rue. – Je représente
le premier parti de Jeunes de France. – Eh bien, on va voir ça. – À votre table. –
Tout de suite, c'est vu d'ici avec nos partenaires du réseau des Régions de France Télévisions.
Alors Céline, vous parlez état d'urgence de la jeunesse, Dominique de Villepin, la détresse profonde des jeunes à tous les niveaux. On est en pleine rentrée universitaire. Deux chiffres, 37% des étudiants sont boursiers. Ça monte même à 45% dans l'Académie de Lille que je représente ce soir. Près d'un étudiant précaire sur deux ne mangerait pas sa faim. Vous en avez parlé il y a quelques instants. Depuis mai, c'est repas un euro pour tous, qu'on soit boursier, qu'on soit non boursier. Et c'est un engouement massif. On regarde ce reportage de Florent Turpin et Anaïs Guerra, ici Normandie.
10h30 ce matin, ils attendent déjà de pouvoir entrer. Cette file d'attente impressionnante n'a rien à voir avec le concert de Céline Dion. Si ses étudiants font la queue, c'est donc pour accéder à la cantine. Avec la mise en place du repas à 1 euro, ce restaurant universitaire est littéralement pris d'assaut. 35% d'étudiants en plus par rapport à l'an dernier. La mesure est victime de son succès. euro seulement pour un plat, une entrée et un dessert.
J'ai du riz, j'ai des betteraves, des carottes, de la salade, des haricots rouges.
Si forcément les étudiants sont ravis et rassasiés...
Même manger chez nous,
ça reviendra plus cher, je pense.
Le Crous, lui, commence à s'inquiéter pour son budget.
Pour le moment, on a un repas à 1 euro, effectivement. Un repas nous coûte 8 euros. Ça sous-entend que ça va être tendu. Ça pourrait l'être si nous n'avons pas de dotation complémentaire et qu'on continue à avoir ce flux très important.
Pour faire face à la demande, les Crous vont demander en urgence une rallonge budgétaire au ministère de l'Enseignement supérieur.
Comment réagissez-vous à ce reportage, Dominique de Villepin ? On ne parle pas de ce qu'il y a dans l'assiette, mais de ces files d'attente qui semblent quand même insensées dans la septième puissance mondiale.
Insensées et très problématiques pour les étudiants qui ont des cours et qui ne peuvent pas attendre et faire la queue pendant 40 minutes ou une heure. Donc il faut prévoir des périodes plus longues d'ouverture du CRUS. Il faut prévoir aussi peut-être d'associer, parce qu'il y a des tas de régions où il n'y a pas de CRUS, d'associer. un certain nombre de restaurateurs qui pourraient apporter leur concours à ces étudiants, dans le cadre qui serait défini avec l'État, et surtout être capable de pérenniser l'effort qui doit être fait. Parce que, nous le voyons bien, l'État s'engage. 80
% à peu près. Oui,
l'État s'engage sur le handicap. Des assistants pour les enfants. Dans les écoles, il y a en gros 130 000 aujourd'hui assistants pour plus de 500 000 enfants en situation de handicap. Donc nous faisons des promesses et nous ne sommes pas capables de le tenir. C'est pareil pour les violences sexuelles. Attention, attention à ce que l'État ne s'engage pas sans pouvoir suivre avec les bons moyens. Donc là, il y a un principe de responsabilité. manifestement sur le besoin des étudiants. Quand on voit la pauvreté d'un certain nombre d'étudiants qui se retrouvent dans des situations impossibles, je ne parle même pas de ceux qui sont obligés de cumuler plusieurs emplois, mais dans des situations de pauvreté extrême, mettant en danger parfois leur santé, n'allant plus se faire soigner, il y a une vigilance que nous devons adresser. Et donc nous devons prendre en compte cette situation de précarité. Mais
tout l'été, on vous a vu sur Instagram, sur vos réseaux sociaux, donner des conseils de lecture aux plus jeunes. Vous avez développé un plan qui s'appelle la culture par tous, qui coûterait sans doute très cher, pour développer un maximum d'études dirigées le soir, de rendez-vous dans les bibliothèques. Est-ce que la priorité aujourd'hui, c'est celle
-là ou c'est de remplir son frigo ? Mais c'est bien là où il faut que nous soyons capables de faire de la politique autrement. Il faut redresser les comptes, c'est la condition de tout. C'est la condition de la souveraineté, c'est la condition de la crédibilité en Europe, c'est la condition de notre sécurité en Europe. Redresser, c'est bien, mais redresser, c'est la condition pour investir. Nous avons besoin de sortir de cette croissance qui est aujourd'hui quasiment à zéro. Il nous faut une croissance à 2%. Pour cela, il faut faire des investissements. Des investissements importants dans l'intelligence artificielle, dans la décarbonation, digitalisation. Pour ça, on a besoin des Européens. Il faut le faire ensemble. Ils ne feront rien. tant qu'on n'aura pas amélioré notre situation financière. Je vous parlais très basiquement
d'un étudiant qui n'a qu'un euro parfois pour acheter son repas, et vous vous donnez des conseils de lecture sur Cyrano de Bergerac. Eh bien,
il n'y a pas de séparation entre les deux. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, il faut prendre en compte la vulnérabilité de beaucoup de nos compatriotes qui n'ont pas aujourd'hui de moyens. personnel, humain, intellectuel, pour faire face aux difficultés qui sont les leurs. Et donc, leur apporter la culture, et contrairement à ce que vous dites, le programme culture que je propose, il ne coûte pas un euro en plus à l'État. Il est autofinancé, les grandes salles payent pour les petites salles, la diffusion des grandes machines permet de payer pour la diffusion d'un certain nombre d'œuvres théâtrales. Donc nous avons la possibilité aujourd'hui, mais à une condition, être plus solidaire, être plus imaginatif. Faire de la vulnérabilité, cette vulnérabilité qui s'exprime dans le handicap, cette vulnérabilité qui s'exprime aujourd'hui pour ces étudiants en difficulté, ne pas en faire un tabou. Et au contraire, en faire une force de notre société, parce que nous avons besoin d'une société ayant plus d'autorité de l'État, mais aussi plus de soins. Et plus de liens.
Qu'est-ce que vous avez compris de cet échec sur le contrat premier embauche il y a 20 ans ? Vous avez vu la jeunesse dans la rue. Là, vous parlez des vulnérabilités, vous parlez de la justice. Qu'est-ce que vous ne referiez plus aujourd'hui, vous candidat, les quasi-candidat à l'Élysée ?
D'abord que la concertation en matière sociale, ce n'est pas un temps perdu. C'est un temps absolument indispensable. Parce que la réforme... que j'avais proposé n'a pas été suffisamment préparé, je n'avais pas le temps nécessaire, parce que la réforme des retraites en 2023 n'a pas été concertée avec les partenaires sociaux, eh bien la sanction est venue. Et n'avoir jamais été
élu Dominique de Villepin, est-ce que ce n'est pas votre handicap Connaître
l'État, connaître l'État est un atout. Ni conseiller
municipal, ni député européen, pas une élection au suffrage universel dans votre carrière, longue carrière politique.
Croyez bien que depuis 20 ans… Je n'ai pas ménagé mes tours de France, ma rencontre avec les Français et au contact de ces réalités quotidiennes. Mais aujourd'hui, je le redis, retrouver le chemin d'un redressement… Ce n'est pas en faisant l'école buissonnière que vous serez capable d'obtenir les réponses. Ça implique de construire une stratégie qui nécessite de mettre en phase un État qui aujourd'hui est en grande difficulté, un système social qui prend l'eau de partout. une République qui est menacée à travers ses valeurs, une démocratie politique, une démocratie sociale, une démocratie économique qui ne vit plus dans les entreprises, eh bien tout ceci nécessite une refondation. Donc c'est un travail immense, ce n'est pas quelque chose qui s'improvise sur un coin de table, ce n'est pas quelque chose qui se fait entre deux TGV, c'est véritablement un travail au long cours. Et j'ai le sentiment que bien des programmes… sont un peu courts des pattes de dos. Alors,
il faut nous dire lesquelles.
Du temps long, c'est ce que vous venez de dire. Je voudrais qu'on regarde ces photos, si on peut les montrer. Vous allez voir Ségolène Royal, François Hollande, Michel Sapin. Et vous, vous étiez tous ensemble dans la primaire. Et beaucoup d'autres. Enfin, dans la primaire, pardon. La promotion Voltaire. Nous sommes à l'école nationale d'administration en 1980. étiez là déjà à l'époque. Comment vous expliquez aujourd'hui, en 2026, est-ce que les Français ont besoin de revenants
en politique ? Ils le diront. Moi, je ne m'impose en aucune façon. Ils le diront eux-mêmes. Constatons simplement que quand la France allait bien, il y avait des gens expérimentés au pouvoir. Quand s'est cassé le ressort ? En 2007. Auparavant... Je ne vous fais pas le nombre de tentatives de Jacques Chirac pour devenir président. François Mitterrand, je ne vous fais pas le nombre de tentatives. Valéry Giscard d'Etin n'était pas non plus un poulet de l'année, pas plus que Georges Pompidou et le général de Gaulle. Il appartenait à l'histoire de France. Mais il y a eu Emmanuel Macron. oui. Et est-ce qu'il faut s'en réjouir ? Est-ce que le problème n'est justement pas de cette inexpérience du monde, de l'État et des Français qui explique la tragédie que nous vivons maintenant depuis 20 ans ? J'ai le sentiment, même si un certain nombre de nos compatriotes peuvent avoir envie d'aller gambader avec de nouveaux venus, j'ai le sentiment que dans un monde complexe, dans un monde dur, on ne s'improvise pas candidat à la présidence de la République. Et si je ne suis pas candidat encore aujourd'hui, c'est bien parce que je ne veux pas être un amateur plongé dans le grand bain.
Il a une filiation commune avec la vôtre, Chirakienne, c'est Edouard Philippe. Il a travaillé avec le meilleur d'entre vous, on s'en souvient, Alain Juppé, pour reprendre sa formule.
Je ne l'ai pas beaucoup vu à l'époque avec Jacques Chirac, je ne l'avais même jamais rencontré, pour être franc avec vous. Mais il est un proche d'Alain Juppé, c'est autre chose.
Vous ne pourriez pas finalement le soutenir, ce n'est pas dans le programme.
Il a une difficulté, dont je ne suis pas sûr qu'il mesure à quel point c'est un problème. c'est qu'il est totalement lié à ce qui s'est fait depuis 10 ans, qu'il le veuille ou non. Soit qu'il ait été Premier ministre, soit qu'il ait voté toutes les mesures et toutes les réformes que nous vivons depuis 10 ans et qui nous situent aujourd'hui dans la tragédie française. Les 1 300 milliards de dettes, soit elles sont de son fait, soit elles sont liées au soutien politique qu'il a apporté à Emmanuel Macron. Alors on peut, à quelques encablures de la ligne d'arrivée, imaginer prendre quelques distances, mais enfin ça n'a pas beaucoup de crédibilité. Et surtout... Je vois à quel point il essaye de pianoter. délicatement pour prendre mesures et demi-mesures, ça ne fait pas un programme.
Ça fait des mesurettes,
ça fait des mesurettes. Le
vilpinisme, c'est pas aussi un peu et de droite et de gauche comme un certain macronisme ?
Vous l'avez vu, quand j'ouvre la boîte noire, je l'ouvre vraiment. Et je l'ouvre pas comme une boîte de chocolat, de façon tranchante. Et je crois que la France a besoin aujourd'hui d'une radicalité mesurée, mais d'une radicalité quand même, et sortir surtout. vous me parliez d'élection, sortir surtout de ce bain politicien et partisan qui nous enferme et nous aveugle.
Allez, c'est l'heure de votre carte blanche, c'est la dernière séquence de l'émission et ça s'appelle l'Info en Plus, tout de suite. L'Info en Plus, c'est une info de la semaine dont on a peu parlé dans les médias et sur laquelle notre invité souhaitait revenir. Quel est votre choix, Dominique de Villepin
sont les violences sexuelles dont sont victimes les femmes et les enfants. Quand on regarde le bilan de notre pays, 160 000 victimes d'enfants victimes de violences sexuelles, féminicides plus de 100 pour cette année, un enfant sur trois qui est victime de harcèlement ou de violences. Tout ceci crée une situation. tragique pour notre pays. Et je pense qu'on ne peut pas rétablir l'équilibre national sans traiter ces situations de vulnérabilité, sans apporter cette protection, sans créer cette solidarité au sein de la nation. On a un devoir vis-à-vis de ceux qui sont aujourd'hui les plus exposés, les plus en sous-prance. avons une loi intégrale qui arrive. La semaine prochaine.
1,5 milliard d'euros, Dominique de Villepin. 1
,5 milliard pour une estimation
est faite
de 3 milliards d'euros. Je dis attention à ne pas prendre des engagements que nous ne pourrions pas tenir. Et essayons d'être à la mesure de la tâche. Je ne propose pas, je n'estime pas avoir forcément la science infuse. Mais je crois que nous devons... comprendre ce qui s'est passé dans notre pays, qui explique une certaine forme de domination masculine, un masculinisme qui est extrêmement puissant et qui pèse aujourd'hui sur la société française et qui explique peut-être la lenteur que nous avons mis, les années que nous avons mis à mesurer ce qu'il y avait d'anormal dans le comportement de certains dans notre pays. Donc c'est un véritable changement qu'il faut engager. Je prends un exemple, beaucoup de femmes. Beaucoup de familles sont aujourd'hui sous emprise de ce qu'on appelle le contrôle coercitif. C'est une réalité que nous n'arrivons pas encore à appréhender sur le plan judiciaire et qui pourtant... crée des souffrances et des injustices gigantesques.
Quel genre de féministe êtes-vous ? Moi, je suis très frappée par les mots que vous employez. Ce sont des mots de la jeunesse. Vous nous parlez d'emprise, de domination, et là, de ce que c'est que cette question de la coercition, même de masculinisme. Vous êtes néo-féministe comme Adèle Haenel ou vous êtes MLF comme dans les années 70 ? J'ai trois
enfants, j'ai deux filles, je vis au contact de ce qu'elles vivent et je mesure parfois le désarroi, l'inquiétude qui est la leur, le sentiment de colère. devant une société qui n'est pas capable de corriger ses erreurs. J'estime que ce rendez-vous ne peut pas être raté. Vous voyez le drame de la petite Liana. On l'a vécu au début de l'été. Et puis on a découvert qu'il y avait 70 000 dossiers qui devaient être traités en urgence. 15 000 se sont rajoutés, ça fait 85 000. Et bien décidons chaque année d'avoir un rendez-vous avec la justice pour analyser le point. de la justice française face à ces violences. Donnons-nous des instruments. Et c'est pour cela que je suis pour la création d'un parquet national face aux violences sexuelles. Parce que nous devons nous doter d'instruments pour nous obliger à voir. Et c'est cela qui compte aujourd'hui. Ouvrons les yeux sur le malheur d'une grande partie de notre société.
Dominique de Villepin, quasi-candidat à l'élection présidentielle. Merci. Ou
bien plus que candidat.
Plus que candidat ? Ben oui. Ça veut dire quoi, ça ? Ça
veut dire qu'on y met la main, le coude et le reste.
Allez, vous pouvez nous le dire, là,
pour terminer. Non,
allez, merci à vous.