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RTL Matin, Céline Landreau. L'invité d'RTL Matin à 7h43. Comment faire face ? C'est une journée spéciale sur RTL alors que cette question s'impose pour nombre d'entre vous face à la flambée des prix des carburants. Les oppositions, elles, rivalisent de propositions depuis des semaines pour tenter de faire baisser ses prix à la pompe. Bonjour Manuel Bonpin. Bonjour. Vous êtes le coordinateur national de la France Insoumise, député LFI des Bouches-du-Rhône. L'exécutif a déjà annoncé la prolongation des aides pour les agriculteurs, une partie des entreprises du BTP, les pêcheurs. Il devrait annoncer de nouvelles aides aujourd'hui, mais exclut toujours de plafonner les prises que vous réclamez vous. Pourquoi vous n'arrivez pas à les convaincre
'ai l'impression que le gouvernement est enfermé dans une forme de déni, ne se rend pas compte que la situation qu'on est en train de vivre, elle est juste... et qu'il faut passer de mesures qui sont des mesures spécifiques et qui ont un très faible impact à des mesures globales. Regardez, même... Il y a un déni
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de réalité, c'est ça que vous êtes en train de dire ? Ah, j'ai l
'impression qu'il y a un déni de réalité, ouais. En tout cas, je ne comprends pas sinon comment le gouvernement peut continuer à s'entêter sur des mesures qui concernent quelques centaines de milliers de personnes, alors que l'ensemble de la population est impacté. Quand le litre du carburant s'approche des 3 euros, tout le monde en mesure les conséquences dans sa vie quotidienne. et en particulier celles et ceux qui vivent dans des territoires dans lesquels il n'y a pas la possibilité de se déplacer en transport en commun, et où la voiture est indispensable pour amener les enfants à l'école, pour aller faire les courses, pour aller au travail. Donc il faut changer de braquet en termes de mesures. Et j'observe que même l'Allemagne, par exemple, a dit ces derniers jours qu'il envisageait de mettre en place une mesure de plafonnement des prix. Pourquoi ? Mais
vous venez d'entendre le constat de François Langlais, cet argent-là, on ne l'a plus ?
Oui, mais précisément, c'est précisément la raison pour laquelle... On ne peut pas se contenter d'une mesure de baisse des taxes et il faut avoir une mesure qui agit sur les marges et sur les prix. Parce que c'est ce que les gens... Vous
proposez quoi, vous, concrètement, pour les auditeurs ? Je vais
vous répondre, très simplement, mettre en place une mesure de blocage des prix, de fixation du prix. Il y a un article du Code du commerce qui permet de faire ça dans des situations extraordinaires et exceptionnelles. C'est ce qu'on connaît aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que ça permet non seulement que l'État fasse une part de l'effort, c'est-à-dire ne gagne pas davantage de taxes que ce qu'il gagne avant, mais ça permet de mettre à contribution. aussi, les pétroliers. Parce que ce que personne ne dit, c'est que depuis le début de cette situation, les marges de l'extraction et du raffinage du pétrole, monsieur Langlais, je parle sous votre contrôle, elles ont été multipliées par 7,5. C'est-à-dire que depuis le début de l'année, vous avez... Pas la crise pour tout le monde. Vous avez des grandes entreprises multinationales du pétrole qui, elles, sont en train de faire un jackpot pendant que tout le monde est en train de galérer dans sa vie quotidienne. Donc, c'est ces personnes-là qu'il faut mettre à contribution. Donc, vous
voulez bloquer, si on vous suit, les marges des raffineurs. Le problème, c'est qu'on n'est plus autonome en France pour le raffinage. Est-ce que vous ne craignez pas, dans ce cas, une pénurie sur le gasoil, notamment ? On en importe la moitié.
Écoutez, c'est souvent l'argument qu'on emploie, mais en vérité, il n'est pas vérifié par les faits. Quand on a mis en place une mesure de blocage des prix... Pendant la guerre du Golfe dans les années 90, il n'y a pas eu de pénurie. Il y a eu des grèves
des pompiers, ça n'a pas duré très longtemps parce qu'il y a eu des accords. Et on était à l'époque beaucoup plus autonomes en raffinage qu'on ne l'est aujourd'hui.
Ça c'est vrai d'ailleurs, il faudrait peut-être interroger pourquoi on a fermé des raffineries ces dernières années. Mais vous avez raison, mais moi je veux être précis sur un point. Il ne s'agit pas de contraindre les petits distributeurs, il s'agit de bloquer le prix du gros, le prix en amont. Parce qu'évidemment, l'essentiel des marges aujourd'hui, elles ne se font pas à la distribution, elles se font à l'extraction. Et elles se font au moment du raffinage. Donc la pénurie, pardon, mais en ce moment même, sur l'île de la Réunion par exemple, dans les départements et territoires d'outre-mer, il y a des mesures de blocage du prix qui sont mises en place. Il y a des mesures de
blocage, mais à la Réunion, puisque vous en parlez, ils subissent aussi l'augmentation des prix du carburant. Le gasoil a pris 8% en un mois à la Réunion.
Bien sûr, madame, mais si vous dites les choses jusqu'au bout, quel est le prix aujourd'hui du carburant à la Réunion ? C'est 30, 40, voire 50 centimes moins cher. C'est 1,68
pour le gasoil.
Voilà. Pour le litre de
gasoil, mais avec des... Ça augmente. Il y a un pouvoir d'achat qui n'est pas le même qu'ici. C'est
vrai, mais c'est la preuve que mettre en place des mesures de blocage, des mesures pour comment ça fonctionne à la Réunion chaque mois, le préfet fixe un prix au regard, évidemment aussi, de l'évolution des prix du marché. Il ne s'agit pas de dire qu'on n'en tient pas compte, donc les prix ont légèrement augmenté, mais ils sont dans des proportions beaucoup moins importantes que ce qu'ils sont aujourd'hui dans l'Hexagone.
Vous avez parlé, vous, d'un état d'urgence sociale dans le pays. Qu'est-ce que recouvre cette expression ? Vous avez peur que ça explose demain ?
D'abord, la proposition de Jean-Luc Mélenchon d'état d'urgence sociale, c'est de dire que de la même manière qu'il existe un état d'urgence pour les questions de sécurité dans la Constitution, il devrait y avoir la possibilité de décréter un état d'urgence sociale quand on est dans une situation particulière et qui permettrait de débloquer de certaines nouvelles mesures qu'on pourrait mettre en place. Le blocage des prix, l'indexation des salaires sur l'inflation, l'augmentation du SMIC. Là, aujourd'hui, on devrait augmenter les salaires. Je n'étais pas d'accord avec tout ce qu'a dit M. Langlais tout à l'heure, notamment. question du pouvoir d'achat. Parce que la vérité, c'est que si on prend les salaires ces dernières années, globalement, ils ont baissé. On les rapporte à l'inflation, c'est-à-dire à l'augmentation des prix. Vous voulez
augmenter le SMIC, le porter à 1 700 euros net, si je vous suis bien. C'était 1 600 euros net dans votre projet de contre-budget l'an dernier. Ça fait 100 euros de plus sur un an, ça c'est beaucoup plus que l'inflation, par exemple.
D'abord, c'était 1 600 euros déjà dans l'élection présidentielle de 2022, dans le programme de... Jean-Luc Mélenchon, et que si on rapporte ça sur l'inflation depuis 5 ans, là, je peux vous dire qu'avec 1 700 euros net, on fait juste face à l'inflation. Aujourd'hui, je pense que vous conviendrez avec moi que vous ne pouvez pas vivre dans des bonnes conditions et dignement en France avec un SMIC au montant auquel il est aujourd'hui, c'est-à-dire faire 1 500 euros net.
100 euros de plus pour le SMIC net, par rapport à ce que vous proposiez l'an dernier, est-ce qu'un an plus tard, les entreprises françaises ont les reins ? plus solide qu'il y a un an pour assumer une telle hausse
? Ça, c'est la bonne question. C'est comment on fait en sorte que cette augmentation soit tenable pour les entreprises. Là, il faut distinguer deux choses. Vous avez des grands groupes, des grandes entreprises qui, pardonnez-moi, ont versé cette année encore des records de dividendes. tout à fait les capacités financières d'absorber une augmentation du SMIC. Et vous avez des petites et des moyennes entreprises qui peuvent être dans des situations plus difficiles. Donc moi, je suis pour qu'ils augmentent le SMIC, mais donc je suis pour qu'on mette en place des mesures pour les aider. Par exemple, encadrer les délais de paiement, par exemple, rétablir des tarifs réglementés de l'électricité, par exemple, faire en sorte qu'on sait des commerçants qu'ils ne se retrouvent pas face à des loyers qui explosent et donc d'avoir des réglementations sur les loyers. Voilà, des choses qu'on fait pour faire en sorte que les charges, les vraies charges, pas les cotisations, les vraies charges qui pèsent sur... les entreprises, leur pèsent moins pour permettre de leur libérer des capacités, des marges de manœuvre pour pouvoir augmenter le SMIC et les salaires.
Vous redoutez l'automne social, Manuel Bompard
En tout cas, je pense que la situation est durablement impactée, et que si le gouvernement n'est pas en capacité de comprendre, et donc d'avoir des mesures qui sont des mesures globales et qui permettent à tout le monde d'avoir une situation qui soit un peu plus facile, oui, les choses, à mon avis, vont se terminer par des mobilisations puissantes et une forme d'explosion de colère. Parce que c'est tout simplement impossible, en fait, de continuer à vivre avec un carburant qui a quasiment 3 euros le litre. Je pense que vous avez montré un certain nombre de témoignages, c'est des gens qui vont arrêter de faire... des choses qu'il faisait aujourd'hui. On parlait de clubs de football, par exemple, qui vont arrêter de se déplacer parce que ça coûte trop cher. Donc les loisirs vont être impactés. Donc d'aller voir sa famille pendant les moments où on a le week-end ou pendant les vacances scolaires, ça va être arrêté. Des choses très concrètes dans la vie quotidienne dont on a besoin. Et donc si on ne peut plus les faire, évidemment, il va y avoir une colère qui va s'exprimer d'une manière ou d'une autre.
Merci Manuel Bompard. Merci à vous et bonne journée. Vous restez encore quelques instants. Allez, je reste.