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Bonjour Fabien Roussel.
Bonjour à toutes et à tous.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. On va parler dans un instant bien sûr du prix des carburants et de la colère sociale qui gronde. Mais d'abord je voudrais revenir sur ce que vous avez dit vendredi en sortant de la réunion à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron sur la dégradation de la situation internationale et notamment la menace russe. Vous avez reproché au président de la République de ne pas dialoguer avec Vladimir Poutine. Deux jours avant chez nos confrères de RMC, vous avez déclaré, je cite, que l'OTAN veut nous emmener dans un conflit de haute intensité, expliquant aussi qu'il y a un état d'esprit. guerriers, là encore je vous cite, nous prive du gaz russe. Vous avez des relents de soviétisme, Fabien Roussel
êtes dans la caricature, monsieur Duhamel. Je vous ai cité Expressis Verdis. Est-ce que vous dites la même chose du pape qui fait partie de ceux, des rares, qui vont dialoguer et avec Poutine et avec Zelensky pour trouver les voies d'un cessez-le-feu et d'un règlement des conflits ?
J'entends pas le pape dire qu'il faut racheter du gaz russe.
est-ce que vous entendez le pape dire que le meilleur chemin vers la paix, c'est de ne pas alimenter la guerre ? Il l'a dit. Et j'espère qu'il va le redire samedi. quand il va venir dans sa visite en France. Et il y a de plus en plus de voix qui s'élèvent dans le monde. Justement, aujourd'hui, nous sommes le 21 septembre, c'est la journée internationale de la paix dans le monde qui a été lancée par l'ONU en 1945. Et on est aujourd'hui, plus de 80 ans après, dans un monde où il n'y a jamais eu autant de conflits. 130 guerres actuellement, 200 millions de personnes qui vivent sous la guerre ou sous occupation. Et ces guerres, beaucoup d'entre elles, elles sont liées à l'énergie. une guerre pour mettre la main sur les voies de circulation, sur des ressources énergétiques, sur des matières premières. Les peuples en souffrent. Et concernant la guerre en Ukraine, j'y viens puisque c'est ça qui vous préoccupe et qui préoccupe beaucoup nos concitoyens aujourd'hui. C'est qu'il y a eu une violation du droit international il y a plus de 4 ans par la Russie et qui a envahi l'Ukraine. Et nous avons dénoncé dès le début le fait qu'il y avait un agresseur et un agressé. 4 ans et demi après, on en est où ? Et c'est ça que j'interroge aujourd'hui. Mais c'est ça que vous interrogez, Fabien Roussel
? Simplement juste quand je vous entends bien. Si
je ne peux pas répondre à vos questions, parce que j'allais y venir, qui parle de guerre de haute intensité aujourd'hui ? Qui ? De guerre de haute intensité ? Entre l 'Ukraine et la Russie ? Oui, mais qui en parle aujourd'hui ? Tout le monde. — Ah ben oui, tout le monde. Et donc c'est pas moi qui met ce mot-là aujourd'hui dans ma bouche. Je cite les ministres de la Défense, des armées... — Vous dites, Fabien, que c'est l'OTAN qui veut
nous emmener dans une guerre de haute intensité. Vous voyez bien que vous reprenez exactement les éléments de langage de la Russie consistant à expliquer que la guerre en Ukraine est le résultat de l'agressivité de la part de l'OTAN. — Ce
que je veux dire, c'est que 4 ans et demi après, les choix qui ont été faits et compris par l'OTAN... de participer à une escalade guerrière. Je le dis. C'est l'OTAN qui participe à une escalade guerrière ? Oui parce que... dans un conflit qui dure aussi longtemps, pour que ça continue, il faut que les deux... — Mais allez vous les escalader derrière
l'OTAN. Parce que, pardon, et notamment, je crois que vous l'avez abordé à l'occasion de cette réunion à l'Élysée, quand un drone russe s'écrase sur l'aéroport de Leipzig en Allemagne et a failli faire des morts, si tant est que cet attentat avait réussi... Là, je crois pas que ce soit l'OTAN qui est derrière tout cela. Au fond, Fabien Roussel, ce qui est étonnant, c'est qu'à vous écouter... On a l'impression qu'il suffirait de dialoguer avec Vladimir Poutine pour que cette guerre s'arrête. Est-ce que vous avez eu le sentiment ces quatre dernières années que Vladimir Poutine a donné le moindre gage de volonté de discussion avec les pays européens et avec la France ?
Alors à chaque fois que vous allez me couper, je vais vous laisser me couper. Voilà. Et si vous voulez faire des éditos au lieu de me poser des questions, vous me le dites.
D'accord. J'essaie juste d'obtenir des réponses, Fabien Roussel.
Laissez-moi y répondre. Alors allez-y. On est aujourd'hui dans une guerre qui dure depuis plus de 4 ans et demi et qui, semaine après semaine, fait de plus en plus de morts civiles des deux côtés. Semaine après semaine, s'attaque à des raffineries des deux côtés, à des oléoducs aussi au Moyen-Orient. Mais on va rester en Europe. Et cette guerre a donc des conséquences de plus en plus dures sur les deux peuples, russes et ukrainiens, mais aussi sur nos vies, à nous, en France. J'interroge et je demande à ce que l'on s'interroge sur les choix qui ont été ceux de l'Union européenne et de la France de ne pas avoir créé les conditions de dialoguer avec les deux parties. Et le choix qui a été fait, ça a été de ne dialoguer qu'avec Zinaski, de ne pas dialoguer avec M. Poutine.
Mais il a envie de dialoguer Vladimir Poutine ou pas Fabien Roussel -ce que vous avez le sentiment que Vladimir Poutine a envie de dialoguer donc
de créer des conditions,
de mettre autour de la table les deux parties. Vous pouvez arrêter là cette interview si à chaque fois que je vous pose une question, vous n'y répondez pas. Pardon, mais là je me mets à la place des auditeurs. J'essaye de façon tout à fait courtoise et loyale de vous poser des questions, vous n'y répondez pas. Est-ce que vous avez le sentiment que Vladimir Poutine a envie de dialoguer avec les pays européens ?
Et le Vatican font le choix de dialoguer avec lui. Avec
quel résultat
Justement, mais on fait quel autre choix ? Est-ce qu'aujourd'hui... Est-ce qu'aujourd'hui les choix qui ont été faits par la France et l'Union européenne fait que nous sommes aujourd'hui dans la diplomatie avec Poutine et Zinaski ? Non. Est-ce que les choix qui ont été faits jusqu'à maintenant, est-ce qu'ils ont contribué à ce que ce conflit se désamorce ? Non. Est-ce que les choix qui ont été faits jusqu'à maintenant ont fait que justement on parvient à une désescalade ? Non. Donc je pose la question. Jusqu'où cela va-t-il aller ? Et le fait que les choix qui ont été faits, y compris de fournir des armes offensives... — C'est quoi des armes offensives ? — Des armes qui peuvent aller jusqu'à Moscou, jusqu'à l'intérieur des terres, fait que de plus en plus, l'UE et la France deviennent... qu'aux belligérants dans ce conflit, et qu'en faisant ce choix-là, nous ne parvenons pas, nous ne faisons pas partie de la solution à ce conflit. Ce conflit a lieu chez nous, en Europe, nous en supportons les conséquences, et nous sommes même poussés par les États-Unis à faire cela, parce Les États-Unis profitent bien de ce conflit. Nous lui achetons les armes, nous lui achetons son gaz, très très cher. Les États-Unis gagnent de l'argent. Trump compte ses billets. Et nous, on souffre. Et on en souffre beaucoup.
Vous parlez, Fabien Roussel, des conséquences nationales pour nos concitoyens de ces conflits internationaux. Évidemment, c'est la flambée des prix du carburant. Vous proposez, ce sont vos propositions de candidats à l'élection présidentielle, de baisser la TVA sur l'essence de 20 à 5,5%. De baisser aussi ce qu'on appelle les certificats d'économie d'énergie pour faire baisser le... le prix à la pompe. Quand on voit des experts qui évoquent la perspective d'un prix du litre d'essence à 3 ou à 4 euros, est-ce qu'au fond, baisser les taxes, ce n'est pas une forme d'un côtaire sur une jambe de bois ? Est-ce que ça suffit, Fabien Roussel ?
Bon, d'abord, encore une fois, si les causes de ces hausses de prix de l'énergie, c'est les guerres. Il faut donc s'occuper de ces guerres et faire en sorte qu'elles cessent le plus rapidement possible. Donc je regrette le manque d'initiatives diplomatiques de la France et je l'ai dit au président de la République. La deuxième chose, vous constaterez que d'autres pays dans l'Union européenne ont fait le choix justement et l'Espagne. et l'Espagne. Et donc, c'est possible. Et donc, de la même manière, nous demandons, nous, à ce que la France prenne des mesures fortes, rapides, pour pouvoir baisser le prix de l'essence, de l'énergie, mais pas que. Il y a aussi, je pense au diesel pour nos agriculteurs, je pense au prix des loyers qui vont exploser cet hiver avec le gaz, je pense aussi au prix des fruits et légumes, puisque c'est un sujet pour la rentrée, je me suis rendu à Rungis, les prix... des fruits et légumes explosent. — Vous constatez, Fabien Roussel, que nous n'avons pas les
mêmes marges de manœuvre financière. Et on peut le regretter. Vous allez sans doute me dire que c'est le bilan de 10 ans du macronisme. — C'est bien. Donc en plus de faire les questions, vous faites la
réponse. Donc c'est parfait. Oui, je vous le confirme. Oui, je vous le confirme, oui. La France s'est mise dans une situation, dans une impasse budgétaire. Il y a un budget qui arrive à l'Assemblée nationale. Donc c'est possible de changer. C'est possible de changer de politique. Or, aujourd'hui, le budget qui est proposé par M. Lecornu, c'est d'aller taper... encore 6 milliards d'euros dans les poches des retraités. C'est d'aller prendre 2 milliards d'euros dans les poches des agents de la fonction publique, notamment les catégorisés. C'est d'aller taper dans les poches des gens malades, mais aussi des collectivités, des communes. Il va y avoir des sénatoriales dans une semaine. J'espère que les élus vont savoir pour qui voter parce qu'aujourd'hui, on a un gouvernement et des candidats de droite et d'extrême droite qui demandent de faire encore plus les poches des collectivités. Il va bien falloir réagir parce que les communes sont à l'os. Et donc ce budget, c'est le même principe que celui d'Emmanuel Macron en 2017 quand il est arrivé, c'est faire les poches des Français et continuer d'exonérer les plus riches, les grandes entreprises de leur contribution juste à la solidarité nationale. Ce qui fait que
vous appelez à la révolution dans la rue avant les urnes. Très concrètement, ça veut dire quoi ? Oui, c'est peut-être une forme de réminiscence.
Incroyable. Il y a des bonnes révolutions à faire. Même vous à France Terre, vous devriez vous interroger sur les révolutions que vous devriez faire dans votre radio. Ça commence d'ailleurs. Mais oui, je vais même vous faire une confidence. Hier, j'ai été déjeuner chez des amis à Maubeuge, dans le Nord, dans la Vénoie. Et sur un rond-point qui avait été occupé quelques heures auparavant, il y avait une pancarte où c'était écrit « Révoltons-nous ». Révoltons-nous en gros. Eh bien, oui, il y a aujourd'hui une envie de se révolter. Mais juste une chose, quand les gens ont du mal à se nourrir, quand les gens ont du mal à se chauffer, à se déplacer, quand aller à son travail coûte trop cher, quand aller voir ses amis, ses enfants, ses parents ne devient plus possible parce que l'essence est trop chère. Qu'est-ce que ça peut produire, à votre avis ? Qu'est-ce que ça peut produire comme sentiment d'humiliation et de colère chez chacun et chacune ? Eh bien, c'est ça que je ressens aujourd'hui. Et donc, cette envie de se révolter, elle est sincère
et elle est normale. Un tout dernier mot. Est-ce que quand on est candidat à l'élection présidentielle, la modération et la nuance, c'est important
Qu'est-ce que vous entendez par là ? J'attends la suite.
Des confrères de Marianne ont rapporté cette phrase que vous avez prononcée à la fête de l'UMA. Patrick Pouyanné, le patron de Total, je vais le mettre au même niveau que ceux qui ont collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Est-ce que c'est digne d'un candidat à l'élection présidentielle
C'est du niveau de la colère qu'expriment nos concitoyens aujourd'hui.
C'est du niveau
de la colère qu'expriment nos concitoyens quand ils voient que l'essence flirte avec les 3 euros le litre et que M. Pouyanné gagne 20 millions d'euros. Par an. Et ça fait lui l'équivalent d'un collaborant avec les nazis. Il gagne énormément d'argent. Son entreprise a fait 11 milliards d'euros de bénéfices en l'espace de 6 mois. Il va finir la fin de l'année à 20 milliards. Le coût de la baisse de la TVA, c'est entre 11 à 12 milliards d'euros. Et donc, il y a largement de quoi faire. Les profits qu'il fait sur la guerre sont illicites. Merci beaucoup, Fabien
Roussel. Pas évident d'obtenir des réponses aujourd'hui. Merci d'être venu au micro. Et
à tout à l'heure, Benjamin Diémen. On se retrouvera pour le grand temps.