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Vous évoquez à l'instant l'action du gouvernement. Sa porte-parole est l'invité d'Amélie Carouer ce matin. Maude Bréjon est à votre micro. Bonjour Amélie.
Bonjour Jean-Baptiste, bonjour à tous. Bonjour Maude Bréjon. Bonjour. Merci d'avoir accepté l'invitation ce matin sur LCI. Le prix du gazole à près de 2,41 euros en moyenne. C'est un nouveau accord qui a été validé, analysé par l'AFP sur la base de données publiques. Emmanuel Macron lui-même, il alerte sur un marché mondial sous très haute tension. Je parle des prix et uniquement des prix. à quel point la situation peut encore s'aggraver ?
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'abord, c'est une situation qui est extrêmement difficile pour beaucoup de Français. Je ne l'ignore pas. Beaucoup de gens ont du mal à faire le plein quand ils le font encore, à aller faire leurs courses, à mener leurs enfants à l'école, aller au travail. Donc ça impacte considérablement le quotidien de nos concitoyens. Ça s'explique de par la situation. Je pense que c'est important de le rappeler, c'est une situation qui n'est pas tombée du ciel. Ce qui se passe aujourd'hui au Moyen-Orient, c'est 10 millions de barils par jour qui manquent sur le marché mondial. Il y a une action à l'international qui est menée par le président de la République pour diversifier nos approvisionnements, travailler à la réouverture du détroit d'Hormuz. Je vous le dis,
nos téléspectateurs sont très sensibles. Ils nous demandent par exemple, est-ce que demain il y aura deux centimes de plus ? Ils sont dans un niveau de prévision maintenant. Il y a l
'action sur le plan national, mais les deux sont liées. Et ce qu'on fait sur l'international, c'est ce qui doit permettre sur le long terme de faire revenir les prix à un niveau normal. Et ce qu'on fait au niveau national, c'est d'abord l'aide à toutes les entreprises en difficulté. Parce que derrière ces entreprises, ce sont des employés, ce sont des salaires. Vous avez parlé probablement des pêcheurs la semaine dernière, 35 cents par litre, pour leur permettre de continuer à travailler. Et on travaille. On travaille à de nouvelles aides pour les Français qui travaillent, qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture, ce sera annoncé. dans les prochains jours, tout au plus. On l'avait fait avec le chèque gros rouleur, vous le savez, 100 euros pour 3 millions de Français. Ça court jusqu'au 30 septembre. Et donc le Premier ministre a chargé, le gouvernement nous a chargés d'avancer, encore une fois, pour ne laisser tomber personne.
On va continuer d'avancer. On va y revenir très précisément sur chacun de ces points. Je précise mon beau téléspectateur que cette interview, elle leur appartient aussi. Ils ont un QR code qui est à leur disposition. Donc vous flashez, vous scannez, vous posez vos questions. Elles seront relayées dans quelques instants en direct à la porte-parole. gouvernement j'insiste lourdement parce que je vous assure qu'on a des questions de français qui nous disent est ce que demain on sera deux centimes trois centimes quatre centimes de plus est ce que les trois euros c'est un tabou qui est en train de tomber le président n'a pas démenti la barre des deux euros 50
parce que ni le président ni vous ni moi n'avons de boule le cristal moi je ne suis pas en capacité de vous dire ce que sera l'évolution du conflit au moyen orient dans les semaines à venir Or, ce qui se passe au Moyen-Orient, ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz, ce qui se passe sur le pipeline de contournement en Arabie Saoudite, par exemple, ça impacte directement, c'est ce qui impacte aujourd'hui directement les prix du carburant. C'est aussi pour ça que je dis que lorsque le président de la République, avec ses homologues, travaille un retour à la normale dans la région au Moyen-Orient, il travaille directement pour le pouvoir d
'achat des Français. Et la question des pénuries, je donne un autre chiffre, mais il est important, c'est une citation. sur 6 en situation de pénurie pour au moins un carburant manquant. Des exportations de pétrole au plus bas, c'est pas nous qui le disons, c'est encore Emmanuel Macron lui-même qui le dit, moins de la moitié de ce qui est produit sort. Et il nous parle de l'hiver qui arrive avec des pays qui sont en train d'acheter beaucoup plus. Quels sont les risques de pétrole dans notre pays ? Il y a
deux choses. Sur le plan international, je le disais, il manque 10 millions de barils par jour. C'est pour ça qu'on travaille avec certains de nos partenaires, avec le Canada, le président de la République l'a fait avec l'Irak, pour sécuriser des stocks. On a demandé à l'échelle européenne davantage de flexibilité, là encore, pour détendre le marché. On a nos stocks stratégiques. Vous vous souvenez, on en parlait il y a quelques semaines, trois mois de stocks stratégiques auxquels nous n'avons pas touché pour le moment. Ensuite, il y a le plan national. 15%, c'est le chiffre de ce matin. Des stations-service en France ont eu une difficulté sur au moins un carburant. Mais j'insiste, 9 sur 10 d'entre elles concernent le réseau Total Energy. Et ça s'explique assez bien. Total maintient ces plafonnements de prix. C'est une très bonne chose pour le consommateur. Ça amène un afflux de consommateurs, de Français dans ces stations. Et donc un réseau logistique qui est un peu sous tension. Mais c'est deux choses bien différentes. C'est très clair ce matin. Les nouvelles mesures... Je vais vous le dire, pardonnez. Mais moi, autrement, à l'heure où on se parle, il n'y a pas de risque de pénurie.
Voilà, à l'heure où on se parle, mais on n'écarte pas l'idée que ça puisse intervenir à terme.
Nous, on travaille à tous les scénarios.
Les mesures, on y revient. Vous l'avez déjà évoqué, mais là maintenant, on va s'y arrêter beaucoup plus longuement et concrètement. Réunion à Matignon autour de Sébastien Lecornu aujourd'hui. Vous travaillez à un nouveau dispositif d'aide à partir du 1er octobre pour les travailleurs, pour les Français travailleurs. Oui, c'est
une réunion qui se tiendra à 15h, dédiée à la question des prix. Et le Premier ministre nous a explicitement demandé, en fin de semaine dernière, de travailler à un nouveau paquet d'aides, à de nouvelles aides, à destination des Français qui travaillent. Et donc, vous nous confirmez la piste de l'aide grand rouleur, peut-être plus loin, plus forte ? Ça fait partie des pistes. La philosophie... restera la même, des aides ciblées à destination des Français qui travaillent, qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture tous les matins pour aller bosser. Mais ça peut passer par quoi ? Une augmentation de
l 'assiette, plus de
personnes
concernées
Vous le serez d'ici quelques heures ou quelques jours. Il nous reste encore un petit peu de travail. C'est normal, vous savez qu'il y a aussi un contexte budgétaire, on en parlera tout à l'heure, mais l'ensemble des aides déployées, c'est 1,4 milliard. d'euros depuis le début de l'année et donc on doit trouver ce juste équilibre entre être aux côtés des français ne laisser personne sur le carreau et en même temps avoir cette lucidité budgétaire parce que parce que parce que j'entends certains nous demander des mesures notamment la baisse de la TVA du rassemblement national qui coûterait près de 15 milliards d'euros au budget 15 milliards d'euros c'est plus que le budget de la justice pour que vos téléspectateurs aient une référence ça reviendrait à créer demain les impôts, de nouveaux impôts pour les Français. Dit autrement, moi, je ne veux pas prendre aux Français, leur donner quelque chose d'une main et leur reprendre de l
'autre. La question des taxes, il y a pas mal de questions de téléspectateurs sur ce sujet, donc on y reviendra au moment des questions des Français. J'insiste, est-ce que relever le plafond de cet être grand rouleur fait partie des pistes au moins sur la table ? Et l'argissement de l'assiette,
où relever le plafond ? Toutes les pistes sont sur la table, à condition que ça reste des aides ciblées et que ce soit
respectueux du cadre budgétaire. Mais vous avez un petit sujet, c'est qu'un Français sur deux n'a toujours pas demandé cette aide. Ils y ont le droit, ils n'y vont pas. Certains parlent d'une usine à gaz. Est-ce que c'est vraiment la réponse appropriée ?
Deux choses. Effectivement, grands rouleurs, 100 euros pour 3 millions de Français. Ils sont environ un sur deux à Nantes. à ne pas en avoir fait la demande. Donc moi, je le redis ce matin, le guichet est ouvert, vous pouvez vous connecter sur impôts.gouv ou vous tapez « être grand rouleur » sur Google et vous aurez directement la page d'accès. Ce n'est pas une usine à gaz, comme vous dites. Ce n'est pas moi qui le dis, il y a des Français interrogés qui parlent d'usine à gaz. De ce que vous reprenez, on a évidemment fait... Tous les essais, tous les tests, nous-mêmes, comme si on y avait droit, on a mis en place la plateforme la plus simple possible. Donc vraiment, c'est facilement accessible. Moi, je le dis, il y a 1,5 million de Français qui ont d'ores et déjà fait cette demande. 1,5 y ont droit plus, et donc je les invite à faire la demande ce matin.
Vous réfléchissez donc à un nouveau dispositif d'aide à partir du 1er octobre, mais jusqu'à quand ?
Là on a, ce que je peux vous dire en tout cas, c'est qu'on a prolongé par exemple les actes sectoriels à destination des entreprises jusqu'au 31 décembre. Pourquoi ? Parce qu'on anticipe une situation qui restera difficile, qui restera tendue pendant plusieurs semaines, plusieurs mois. Depuis le début de cette crise... On met en place des aides et on s'adapte en fonction d'une situation militaire, géopolitique, internationale qui évolue. On va donc évidemment continuer à procéder comme ça et on aura l'occasion de dire quels sont les détails exacts de ces nouveaux dispositifs. Reconduction aussi longtemps que nécessaire. Nous savons bien que les Français ont besoin de pouvoir se projeter, encore une fois, à horizon plusieurs semaines ou plusieurs mois, que la situation peut durer. encore un certain temps je ne sais pas vous dire combien et donc nous tout en étant encore une fois respectueux de la réalité budgétaire de ce pays parce qu'on doit aussi faire attention l'argent de l'état c'est l'argent du contribuable on ne laissera pas tomber les entreprises les plus en difficulté parce que derrière ce sont des emplois et on ne laissera pas tomber les français les plus précaires qui travaillent
pour les entreprises il pourrait y avoir des aides supplémentaires On
les a prolongés la semaine dernière, pour les pêcheurs, pour les agriculteurs, pour le BTP notamment. Ça faisait suite à des consultations avec les différentes filières. Ça doit leur permettre de continuer à travailler de manière soutenable. Vous savez, quand vous prenez un pêcheur, le prix du carburant, ça peut aller jusqu'à 20-25% d'une part de son chiffre d'affaires. Et donc, si on ne fait pas cet effort-là, c'est des bateaux qui ne vont plus en mer, c'est des emplois qui sont détruits, c'est des salaires qui ne sont pas versés. Oui, je voulais
savoir s'il y avait d'autres professions qui pourraient rentrer dans ce spectre-là.
Encore une fois, on ne ferme pas de porte a priori, mais on a, je crois, depuis le début de cette crise, travaillé avec l'ensemble des filières pour identifier quelles étaient les professions les plus en difficulté. Vous prenez les agriculteurs. qui ont vécu des mois extrêmement difficiles, bien au-delà de la crise du carburant. Vous avez vu les sécheresses, ce qui s'est passé dans les Landes, ce qui s'est passé en Gironde, notamment, ça a été le cas dans une grande partie de la France, des récoltes qui sont en berne. Certains agriculteurs ont vu le fruit d'une année de travail anéanti en quelques jours. Et donc, reconduire cette aide pour l'achat de gasoil non routier, c'était évidemment extrêmement important pour eux.
Il y a une musique qui monte, c'est l'appel à supprimer les certificats d'économie d'énergie. Elle pourrait représenter 10 à 20 centimes par litre en moins pour les rouleurs. J'explique pour nos téléspectateurs qui n'auraient pas encore saisi le sujet. C'est une obligation imposée par l'État à tous les fournisseurs d'énergie. Ils sont contraints de financer des aides aux particuliers, par exemple, pour réaliser des travaux d'économie d'énergie dans leurs bâtiments. Le coût de ces obligations est répercuté sur les prix finaux des fournisseurs. Ça permettrait d'alléger le portefeuille des usagers sans pour autant gréver le budget de l'État. Est-ce que c'est à l'étude ? Ce serait un non-sens.
supprimer les certificats d'économie d'énergie serait un non-sens. C'est une contribution des énergéticiens, effectivement, qui sert à aider des Français, des Français, pas l'État, des Français à faire cette transition énergétique. Très concrètement, c'est environ 100 000 véhicules électriques dont l'achat est aidé chaque année. C'est près de 200 000 aides à l'achat de pompes à chaleur chaque année. Et donc c'est ce qui permet... concrètement d'accompagner les français pour être de moins en moins dépendant du pétrole et du gaz et ça fonctionne on regarde les ventes de véhicules électriques en août 38% sur le marché du neuf 38% je veux pas caricaturer c
'était moins de 20% il y a un an sans vouloir caricaturer Maude Bréjean la situation mais par exemple dans un reportage de 7 à 8 hier il y avait cette infirmière libérale qui dit qu'elle va arrêter certains de ses soins il y a des personnes âgées qu'elle ne va plus soigner parce que c'est trop loin et ça lui coûte trop cher Sa logique n'est pas nécessairement celle de l'achat à terme d'une pompe à chaleur ou encore d'une voiture électrique. Son moment, il est
là. Mais le fond du problème, et quand on est en responsabilité politique, on doit aussi avoir cette vision de long terme. Le fond du problème, c'est la sortie des énergies fossiles. Aujourd'hui, 60% de l'énergie qu'on consomme en France, c'est du gaz, c'est du fuel, c'est du carburant. Ça représente plus de 60 milliards d'import par an. Et donc, on doit... impérativement maintenir les politiques qui permettent aux français d'en sortir progressivement sans quoi les français resteront dépendants attachés aux prix fixés par d'autres, aux décisions de Donald Trump, à ce qui se passe au Moyen-Orient, au gaz qu'on importe depuis les Etats-Unis, l'Algérie, notamment hier, la Russie. On a vu les crises énergétiques qui s'enchaînaient. Et je vais vous dire, il y aura d'autres crises énergétiques dans les années à venir. Si on ne fait pas ce travail-là de sortie progressive des énergies, on restera dépendants. Et à la fin, c'est les Français, les Français
les plus précaires qui en paient le prix. Il faut que je vous soumette une autre piste chez nos voisins. Allemand cette fois, l'Allemagne veut une taxe européenne sur les super profits records des groupes pétroliers pour compenser justement la hausse des prix de l'énergie. On y réfléchit nous en
France ? On n'a jamais fermé la porte à une réflexion et à un travail. à l'échelle européenne. Donc vous dites oui ? Vous allez lancer de telles réflexions ? Le Premier ministre l'avait d'ailleurs dit il y a quelques mois, lors d'une question au gouvernement, me semble-t-il. C'est évidemment une action qui ne peut se faire à l'échelle franco-française. Maintenant, si à l'échelle européenne, on est en capacité de mettre en place un dispositif qui permet de taxer des super profits, s'il y en a, et il faudra le démontrer, nous n'y sommes pas opposés par principe. Donc c'est une réflexion qui pourrait être lancée avec les voisins allemands et d'autres par exemple ?
Le gaz, puisqu'on parle d'énergie, et là il y a un nouveau mur qui arrive, on en parle assez peu encore, mais la prix de référence augmentera de 6,3% au 1er octobre. La facture moyenne de gaz d'un ménage français va grimper de 120 euros. Est-ce que vous travaillez ? A des aides sur ce point.
Oui, là je dois aussi rappeler que c'est directement dû à ce qui se passe au Moyen-Orient. 20% du gaz du GNL, du gaz liquéfié, transitait hier par le détroit d'Ormousse, 20% au niveau mondial. Donc ça impacte directement les prix. D'abord, encore une fois, on sécurise nos stocks pour l'hiver, c'est important de le dire, pour éviter tout risque d'approvisionnement aux Françaises et aux Français qui nous écoutent. On a renouvelé, et je l'avais annoncé d'ailleurs sur ce plateau ici même, le chèque énergie pour le projet de loi de finances 2027. Et là, de nouvelles aides éventuellement ? Et on travaille encore une fois à une logique globale sur l'ensemble de l'hiver, mais ce chèque énergie, entre 150 et 277 euros, versé à plus de 4 millions de Français. en 2027 permettra notamment d
'alléger cette facture. Et est-ce que sur ce point, il faut s'attendre à des grandes annonces ? Est-ce qu'un rendez-vous va être fixé pour annoncer aux Français toute une liste de mesures ? Pour passer l'hiver en
somme. Je ne sais pas si les Français attendent des grands rendez-vous. Les Français attendent qu'on les aide au quotidien. On a déjà annoncé des mesures pour les entreprises, les sectorielles. Et on annoncera dans les jours à venir encore une fois celles qui concernent les particuliers. Et puis nous y reviendrons en fonction d'une situation qui évolue.
Bien sûr. Alors on va parler des retraites également. Il y a deux informations qui sont sorties ces dernières heures. Information du monde. Le gouvernement envisagerait de geler les pensions de base pour les retraités touchant au monde. moins 2034 euros par mois. Selon l'avant-projet de loi de financement de la Sécu, les retraités percevant entre 1260 et 2034 par mois verraient leur pension de régime s'accroître à un rythme moins soutenu que celui de l'inflation. Est-ce que vous nous confirmez cette information ? Non, je
ne confirme pas les informations de vos confrères et le projet de loi de finances sera présenté en bonne et due forme en Conseil des ministres début octobre. D'ici là, on continue à travailler et toutes les options sont possibles. La question de fond. La question de fond, c'est celle de la répartition de l'effort entre les retraités, les entreprises, le secteur public, l'État, évidemment. Les retraités ne supporteront pas le gros de l'effort. Cette petite musique consistant à faire croire aux retraités qu'ils seraient les vaches à lait au fond du budget 2027 est complètement fausse. Il y a 54 milliards d'euros d'efforts dans ce budget. Le gros de ces efforts sera supporté par l'État. Une fois qu'on s'est dit ça, il y a bien sûr une réflexion à mener. Et elle sera menée au Parlement sur comment est-ce qu'on partage cet effort, comment est-ce que le partage de cet effort est rendu le plus juste possible.
Mais concernant les retraités, il y a cette autre information. Envisagez-vous d'abaisser à 3 000 euros le plafond de l'abattement fiscal dans les retraités, tout en gelant, sous-indexant certaines pensions ? Ce serait 1,4 milliard selon les chiffres qui sont sortis à la clé. Et je ne le
confirme pas non plus. Ce que je peux vous dire, c'est qu'on... Mais vous l'écarter,
cette piste, c'est complètement faux. Ça n'existera pas ou c'est juste que vous n'êtes pas en mesure de le confirmer ce matin ? Le Premier ministre
a dit dans son interview à vos confrères du Figaro la semaine dernière que l'effort demandé aux retraités serait inférieur à 6 milliards. L'augmentation du budget des retraites l'année prochaine, sans action de notre part, si on ne décidait rien, c'est 12 milliards du fait de la réindexation et des nouveaux retraités qui entrent dans le système. que c'est un volume important. Une fois qu'on s'est dit ça, on proposera une répartition de l'effort, encore une fois, qui ne concernera pas uniquement les retraités. Il faut arrêter de donner le sentiment que le gouvernement voudrait taper sur les retraités, qui concernera l'ensemble des forces vives de ce pays, à commencer par l'État, parce que l'État supportera le gros de l'effort, et puis on en discutera au Parlement. On va passer des semaines à l'Assemblée nationale et au Sénat, avec des députés, des sénateurs, qui amenderont ce budget, et on prendra tout le temps qu'il faudra.
un coup d'œil au contre-budget du Rassemblement national qui prévoit, je regarde mes notes, c'est un nettoyage qu'on n'a pas vu depuis 1958 des finances publiques, c'est ce qu'a dit Jordan Bardella.
On verra ce qui se passe au Parlement. Moi j'ai souvenir que l'année dernière le Rassemblement national en 24 heures a voté 34 milliards d'euros d'impôts supplémentaires à l'Assemblée. 34 milliards d'euros en une nuit environ. de travail à l'Assemblée. Il y a les présentations contre budget et ensuite ce qu'on met dans les actes. Quand on propose d'abaisser le départ en retraite à 60 ou 62 ans, ça se finance. Je ne sais pas bien comment c'est mis en place dans le budget de M. Bardella, mais ça ne me semble pas très sérieux. Est-ce que vous
êtes prêts à des concessions en direction du Parti Socialiste, avec qui vous avez pu discuter lors des précédents budgets, ou même à des concessions vis-à-vis du RN ? Je m'explique. Dans le Figaro, il y a un proche de la candidate Marine Le Pen qui a vu des appels du pied dans le plan mis sur la table par Sébastien Lecornu. Délai de carence avant que les étrangers touchent les allocations non contributives, économie sur les énergies renouvelables, négociation de la contribution de la France au budget et de l'Union européenne. Le Monde a écrit un pas de deux entre Sébastien Lecornu et le Rassemblement national.
Vous savez, le Rassemblement National a tenté de censurer Sébastien Lecornu et notre gouvernement à de multiples reprises depuis la nomination du Premier ministre il y a un an et notamment lors du dernier budget. Nous, on va travailler et discuter avec tous les parlementaires et avec tous les députés qui composent l'Assemblée Nationale parce que ce n'est pas à l'État, ce n'est pas au gouvernement, pardon, de trier les parlementaires. Et puis ensuite, on verra ce que les uns et les autres proposent au Parlement. Moi, je dis une chose simple. les Français n'ont pas intérêt à ce que ce pays soit privé d'un budget pendant 7 ou 8 mois d'ici à la présidentielle 2027. Les partis politiques n'y ont pas intérêt, les candidats à la présidentielle n'y ont pas intérêt. Je vous renvoie vers le dernier rapport de l'Inspection générale des finances. Une loi spéciale, c'est un déficit autour de 6% et 15 milliards d'euros de coûts pour l'État. C'est absolument colossal. Dans un moment où on vit une crise internationale, où les taux sont extraordinairement élevés, je crois que chacun doit faire preuve d'un peu de responsabilité. On
prend les questions de Français, Maude Bréjon ? Allez, on les regarde, je les découvre en grande partie avec vous. Je crois qu'il y a Adèle, voilà c'est Adèle de Rouen, c'est juste ici. Nos voisins baissent les taxes sur le carburant, qu'attendez-vous pour faire d'eux-mêmes ?
Nous Adèle, on a fait le choix d'aide ciblée, d'aide ciblée à destination des entreprises, d'aide ciblée à destination des Français. Quand vous baissez les taxes, d'une part vous touchez tout le monde, des gens très aisés comme les plus précaires, nous on préfère aider davantage les plus précaires, et puis ensuite ça coûte. énormément d'argent, c'est plusieurs milliards d'euros. Et ce que vous dépensez aujourd'hui, vous devrez d'une manière ou d'une autre le rattraper demain. Donc ceux qui vous disent qu'on pourrait baisser les taxes sans que ça n'ait aucun impact sur des hausses d'impôts demain vous mentent.
Une question de Jérôme, c'est ça ? C'est Jérôme, oui, qui est à Corbeil. Bonjour à vous Jérôme, merci pour vos questions. Alors je ne roule pas assez pour avoir l'aide gros rouleurs et pourtant je dépense de plus en plus pour faire mon plein. Allez-vous étendre cette aide ?
'est possible, ce n'est pas décidé à l'heure où on se parle, on aura l'occasion. de l'annoncer encore une fois dans les heures ou dans les jours à venir. Ce qui est certain, c'est que de plus en plus de Français font face à de grandes difficultés, même s'ils roulent un peu moins que les grands rouleurs que l'on ciblait initialement. Donc toutes les options sont sur la table et on comprend bien sûr ce type de situation.
On va prendre une autre question encore, je la découvre avec vous celle-ci. Michel Strasbourg, je refuse de percevoir les aides grands rouleurs car je ne veux pas le faire payer à mes enfants. Comment me convaincre ?
Si vous êtes éligible à cette aide grand rouleur, c'est que vous faites de toute évidence face à de réelles difficultés parce que les prix du carburant sont très hauts, que vous ne gagnez pas beaucoup et que vous roulez plusieurs dizaines de kilomètres par jour. On a calibré cette aide de manière à ce que son coût soit supportable pour le budget de l'État et donc si vous y avez droit, moi je vous incite vraiment à la demander.
Bonjour Christophe Barbier. Bonjour Amélie, bonjour Maud
Bréjon. Vous soutenez
Edouard Philippe pour la présidentielle ? Edouard le flemmard, disent les réseaux sociaux, depuis qu'il a vanté l'idée que, comme aux Etats-Unis, un délai entre l'élection du président et sa prise de fonction pourrait être utile à la préparation. C'est repris notamment, ça l'était ce week-end, par le Rassemblement national. Alors que répondre à cette viralité
D'abord, Edouard Philippe a déjà répondu sur le fond. Moi, ce qui me frappe dans cette polémique qui circule sur les réseaux sociaux, c'est ce qu'elle dit. au fond, du débat politique aujourd'hui, de notre incapacité à avoir des débats sérieux, de fond, et de cette tendance qu'ont certains partis, et essentiellement les partis populistes, à prendre une information, l'isoler, la détourner, et à en faire un élément extrêmement simpliste et extrêmement viral. Il faut contrer ça ? Je crois que ça fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal au débat politique.
Le RN veut... Se concentrer sur Edouard Philippe, elle l'a redit Marine Le Pen sur LCI la semaine dernière, elle veut l'affronter au second tour. On apprend dans Le Parisien ce matin qu'au mois de juin, une réunion a été dédiée pour cibler Edouard Philippe. Qu'est-ce que ça vous dit de cette adversité ?
Je crois que quand on fait de la politique, on ne choisit pas ses adversaires d'abord. Et je le dis plutôt pour nous que pour le Rassemblement National. Nous aujourd'hui, et quand je dis nous, c'est la droite et le centre, pas uniquement Edouard Philippe. On a de toute évidence deux principaux adversaires. le rassemblement national d'une part la france insoumise d'autre part et donc on se bat d'une part pour le rassemblement c'est extrêmement important on a aujourd'hui trop de candidats et un risque réel de ne pas être au second tour au rassemblement sur un projet pour éviter aux françaises et aux français ce risque mortifère d'un second tour entre le RN et LFI.
Au nom de ce rassemblement, dites-vous oui ce matin à la proposition que François Bayrou a répétée hier en établissant un calendrier, une grande primaire de ce qu'il appelle le fleuve central.
pense que François Bayrou fait parler d'une bonne intention. Cette intention, c'est de vouloir rassembler. Et moi, je la partage. Je pense qu'il faut rassembler dans un espace politique cohérent. Nous, on estime que cet espace politique, c'est celui de la droite et du centre. Pourquoi ? Parce que c'est celui dans lequel on gouverne.
Une primaire pour un seul candidat, ça apparaît logique. Depuis
deux ans maintenant, on ne gouverne pas avec les socialistes, ça ne nous aura pas échappé. Et donc, cette alliance qui irait du centre jusqu'aux Républicains, qui permettrait encore une fois de rassembler autour d'un candidat commun, et moi je pense que ce candidat c'est Édouard Philippe, nous permettra, je pense, de rassembler aussi les Français et d'être présents au second tour. Aujourd'hui... Moi, je regarde, pardon, je suis peut-être un petit peu simple, mais je regarde les chiffres. Edouard Philippe est de très loin le mieux placé, de très loin. Et il agrège autour de lui des forces qui viennent de la droite, des forces qui viennent du centre, des élus locaux qui n'étaient pas nécessairement affiliés à un parti politique. Si j'ai fait le choix de le rejoindre, c'est parce que j'ai la conviction qu'il a cette capacité, encore une fois. autour de valeurs claires, autour d'un projet clair, à rassembler, pas uniquement les partis politiques, mais les Françaises et les Français. Et il faut le rappeler, une élection présidentielle, ce n'est pas une affaire de partis politiques. C'est d'abord un homme, un projet et un peuple.
Maud Bréjon, en toute transparence, en vous interrogeant sur Edouard Philippe, on voit à quel point vous êtes engagé à ses côtés, presque porte-parole un peu de sa campagne. Est-ce que ça ne contrevient pas aux demandes du Premier ministre Sébastien Lecornu de dire si vous êtes dans ce travail de soutien à ce point d'un candidat ?
Je ne crois pas, d'abord il y a des règles, et ces règles je les respecte. Et ensuite j'ai fait un choix, qui est un choix que j'assume parfaitement devant vous et devant qui me le demande, c'est de travailler avec Edouard Philippe parce qu'il est le candidat le plus à même de rassembler et de nous éviter, je le redis, un second tour entre la France Insoumise et le Rassemblement National. Parce que je crois au projet qu'il porte, à la personne qu'il est, et parce que ce qui se joue... en 2027, n'est pas une affaire de petite politique. Ce n'est pas une affaire de parti. Ce n'est pas ce qu'on appelle de la poloche entre journalistes et responsables politiques. C'est l'avenir du pays. C'est absolument majeur ce qui va se jouer en avril 2027. Et donc, je crois qu'encore une fois, tout en respectant les règles, on doit aussi pouvoir s'engager parce qu'il en va de l'intérêt et de l'avenir du pays. Merci beaucoup, Maud Bréjean. Merci à vous.
Merci, Christophe Barbier. On se retrouve demain. Peut-être bientôt, je pense qu'on a encore pas mal de choses à se dire.