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Bienvenue dans Personnage Principal, où l'on se sert de la fiction pour essayer d'expliquer la réalité, parce qu'on trouve que la réalité a dépassé la fiction. Cette saison 2 de Personnage Principal, c'est un peu la bande-annonce de l'élection présidentielle en fait. Et aujourd'hui, on reçoit un directeur de casting qui a annoncé vouloir participer lui-même à son casting. Voilà, mon acteur s'appelle Olivier Faure, il est premier secrétaire du Parti Socialiste, député de Seine-et-Marne. Bonjour Olivier Faure, êtes-vous bien installé pour commencer le film ou pas ? Go ! Allez, comme dans toutes les séries, on commence par votre, vous savez, origin story, on dit dans les séries. Vous, peu de gens le savent, mais vous êtes un népo baby, comme on dit, de la politique. Votre grand-père féministe Viet Minh et votre père, lui, avait un engagement à l'extrême droite et ça a donné un militant socialiste. Comment c'est possible
C'est une histoire effectivement assez étonnante. rien n'aurait dû me conduire là où je suis aujourd'hui. Je suis né dans une famille, je suis eurasien, ma mère est vietnamienne. Mon grand-père, Matanel, était donc ministre Viet Minh, donc il s'est battu contre la colonisation, il s'est battu pour que les Français partent. Il était à la fois francophile, il adorait la culture française, mais il considérait que son pays devait être un pays souverain et donc il n'acceptait pas que les ordres lui viennent de Paris. Et donc, effectivement, il a soutenu les Viet Minh. puis les Vietcong, même s'il est mort avant la chute de Saigon. Et du côté de mon père, c'était une famille qui était une famille maurassienne, donc d'extrême droite, très classique en réalité, l'extrême droite historique. Et dans le bureau chez mes grands-parents, il y avait un portrait dédicacé de Maurras. Je ne sais pas si mon arrière-grand-père l'avait connu, mais lui était à l'Action française. Et donc, il était dans... dans les ligues fascistes. Et donc, si mes deux grands-pères avaient dû se rencontrer un jour, ce qui n'est jamais arrivé, que se serait-il raconté ? Eux qui étaient opposés en tout. Et le miracle de cette histoire, c'est le miracle de l'amour. C'est mes parents qui se sont rencontrés en 1967 à Grenoble et qui ont finalement vécu toute leur vie ensemble avec ce côté très étrange d'origine totalement... Différente, divergente même, et qui pourtant a donné une union solide, des enfants et beaucoup d'amour. Voilà, et un père qui a été, a d'abord rompu avec l'extrême droite. Ça, il faut le dire, oui. Et d'ailleurs, j'étais, c'est d'ailleurs, c'était à la fin de sa vie, quand il est revenu à l'extrême droite, je lui disais, mais qu'est-ce que tu fous là, etc. Et je lui disais, mais moi, je suis resté fidèle au père qui m'a élevé,
parce
qu'il avait donc... Il a été à Occident dans ses années lycéennes. Groupuscule d'extrême droite, étudiant on va dire. Absolument. Alors lui, il était seulement lycéen, mais enfin il était dans les... dans les jeunesses d'extrême droite. Et puis, il a rencontré ma mère, il est parti comme coopérant à l'île de la Réunion. Il a rencontré la misère, il a rencontré aussi la différence, la créolisation, et ça l'a totalement bouleversé. Il est revenu là en étant un homme de gauche, il s'est engagé dans le syndicalisme. Pas très longtemps, parce qu'il était peu adapté au cadre collectif et ce n'était pas un homme ni de congrès, ni de résolution, etc. Il n'obéissait pas aux consignes, c'est ça ? Il avait plus de mal à être dans un cadre collectif et il était plutôt, pour ce qui a... Pour ce qui est de l'ordre de l'action immédiate, mon père a été l'homme le plus généreux que j'ai connu. Il était dans un quartier très populaire, essentiellement constitué d'ouvriers de chez Michelin. Et le week-end, c'est lui qui organisait la sortie de tous les enfants du quartier qui le voulaient. Et donc ça sonnait que le feuilleton après déjeuner était terminé. Tous les enfants du quartier appliquaient. Et lui-même allait chercher des vélos partout où il le pouvait. Il passait des annonces pour récupérer des vieux vélos. On les montait, on les démontait. Et tout le monde venait chercher un vélo. Et on partait ensemble dans les terrains vagues qui entouraient à l'époque. On peut être d'extrême
droite et généraux en fait.
Mais il n'était plus d'extrême droite. Il a même à un certain moment, il a même voté très à gauche. Il a voté pour Jukin. Donc il a basculé à gauche. Et puis parce qu'il était quand même l'homme de son époque. Et c'est d'ailleurs pour ça que moi, je ne renonce pas à parler, y compris à ceux qui votent à l'extrême droite et donc qui ont des profils proches du sien. Il a eu peur de ce que l'on a appelé, de ce que l'extrême droite appelle le grand remplacement. Non pas au sens où il avait peur... des musulmans, mais peur que le pays qu'il avait connu disparaisse et que demain, les paysages, la culture, tout ce qui avait façonné son existence, allait disparaître parce que désormais, on aurait des minarets et on serait obligé d'apprendre le Coran à l'école. Il était vieux et puis certainement influencé par tout ce qu'on entend tous les jours. Et c'est vrai que quand il n'y a pas une rentrée scolaire, on ne nous parle pas de la baïa, du voile, du foulard, de je ne sais quoi, du briquini pour l'été. Il y a un moment où forcément pour des gens qui... Ils peuvent se laisser influencer
aussi. Oui,
ils peuvent se laisser influencer. Puis il avait ce fonds qui devait rester aussi et la peur de se voir imposer un mode de vie qui n'était pas le sien. Si
on continue dans votre origin story, votre vie perso, on la connaît un petit peu parce que l'ancien ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, il avait tout déballé à l'époque sur France Inter. D'ailleurs, vous lui en avez un peu voulu. Vous avez quatre enfants, vous avez eu trois femmes différentes. Vous avez une vie hors boulot bien remplie. Est-ce que parfois vous avez négligé votre vraie famille au profit de votre famille politique ou pas
doute, parce que la vie politique est une vie très exigeante, très chronophage. Je ne vais pas tout mettre sur la vie politique, mais forcément, ce n'est pas sans conséquence. Et donc, continuer à faire attention aux siens, faire attention à ne pas aussi prendre de distance, ce n'est pas toujours simple.
Justement sur la vie politique, j'aimerais vous faire part d'une réplique impactante de ce début de campagne.
Écoutez, toutes celles et ceux qui ont déjà eu des enfants savent que... on peut réfléchir à comment on aimerait faire, mais que tant que le bébé n'est pas là, tant que vous n'avez pas accouché, tant que vous n'avez pas pris connaissance de ce bébé, de comment il va, physiquement, psychiquement, c'est difficile de projeter, et je le dis, même en campagne présidentielle, ce bébé sera ma priorité, tant qu'il aura besoin d'être sécurisé, mais je ne compte pas partir quatre mois, mais je reviendrai en pleine forme, plus déterminée de jamais, et pendant mon absence, il y a une équipe très soudée aussi qui fera le travail.
C'est une autre candidate à la présidentielle, Marine Tondelier, qui parle de son bébé, c'est la candidate des Verts. C'est la première fois qu'on entend ça d'une candidate. Est-ce qu'on avance selon vous sur ce sujet
'espère. En tout cas, ce que j'observe, c'est que personne ne lui a fait la remarque que quand on est une femme enceinte, on ne peut pas être candidat à l'élection présidentielle. Ce qui prouve que les idées évoluent et tant mieux. Et je dois dire que je lui reconnais aussi une formidable... Le dynamisme. Il faut quand même penser qu'elle est à 8 mois et demi de grossesse et qu'elle est encore dans les plateaux de télévision et de radio. Ce qui montre aussi sa force de conviction.
On va parler d'un film qu'on a du mal à comprendre. La primaire. Le scénario. Il change, il change souvent votre scénario. Je n'ai jamais vu un scénario autant à noter. Ah oui ?
Bon, je vais essayer d'être clair alors.
Vous allez me pitcher ce film incompréhensible. Mais avant, demandons à mon collègue de bureau, Pierre-Emmanuel Barré.
En tout cas, c'était une grosse semaine. Vous n'avez pas pu le rater, c'est l'événement de l'année. Tout le monde l'attendait. Olivier Faure est candidat à la primaire du PS et Place Publique ! y a des effets spéciaux ! On en a, mais alors strictement, rien à foutre. Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Philippe Brun, Jérôme Gage. C'est le pire casting depuis qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu.
êtes d'accord, c'est le pire casting
là ?
je ne vais pas lui dire que je suis d'accord avec lui. Je comprends qu'il ait envie de faire rire et que ce soit parfois une facilité aussi de s'essuyer les pieds sur les politiques. Et tout à l'heure, on m'a interrogé sur ce que c'est que la vie d'un homme ou d'une femme politique. C'est une vie qui est bourrée d'exigences et on ne le fait pas pour l'argent. En fait, à plusieurs reprises dans ma vie, on m'a proposé de faire des boulots très bien rémunérés.
Je
les ai refusés pour être justement au service. Du plus grand nombre. Dans le privé. Après, dans le privé. Et donc, je suis pour l'humour, je suis pour qu'on fasse y compris des politiques pour qu'ils ne se prennent pas trop au sérieux et qu'ils n'imaginent pas qu'ils soient sortis de la cuisse de Jupiter. Mais puisque le cas où on m'en est donné, je le dis aussi, la politique, c'est pas seulement, j'ai entendu du sport de combat, etc. Non, c'est d'abord porter des convictions. est d'accord avec moi, on ne l'est pas. Mais ce que je porte, je sais pourquoi je le porte. Je sais pourquoi je me bats et je sais aussi pour qui je me bats. Et donc que ça mérite aussi le respect.
Alors c'est quoi cette primaire ? Il faut nous expliquer parce qu'il y a des candidats importants qui ne vont pas y participer. Il y en a d'autres qui veulent participer mais les autres qui y participent ne veulent pas que les nouveaux participent. C'est un peu ça. Là j'ai parlé en une phrase de Mélenchon, de Glucksmann et de Ruffin. Alors c'est quoi cette primaire ? Et est-ce qu'il peut y avoir une primaire de la gauche sans tous les candidats de gauche ?
ce n'est plus une primaire de la gauche et de l'écologie. Moi, j'ai souhaité une primaire de toute la gauche et de l'écologie parce que je considère que nous avons un intérêt à mettre toutes les chances de notre côté en choisissant quelqu'un ait le soutien de toutes et tous et donc qui se donne une vraie chance d'être au deuxième tour. Ce choix-là, je l'ai proposé, il a été battu au moment d'un vote le 9 juillet et donc je me suis rangé à ce qu'a été un vote. Je suis un démocrate. Mais évidemment, mon point de départ à moi, c'était une primaire qui aille de rue fin. à Glucksmann, en passant par tous les autres, et qui permettent un choix qui soit... Pas de Mélenchon, dès le début. Mélenchon n'a jamais voulu être dans une primaire, il l'a dit lui-même, et il s'est lancé d'ailleurs avant même que la question nous soit posée. Mais donc, au moins, pour que ce bloc social, écologique, démocratique puisse avancer, je souhaitais qu'il puisse se rassembler. Ça n'a pas été souhaité, je n'ai pas été suivi, et donc, mis en minorité, je suis obligé de me plier à cet exercice. Mais quand on me demande, moi... Ce que j'aurais voulu, je répète ce que j'aurais voulu. Moi, je souhaitais une primaire qui réunisse toute cette gauche-là et qui permette aussi de réunir le plus grand nombre. Et donc, j'aurais souhaité d'autres tarifs aussi. Donc voilà. Maintenant, je prends la primaire telle qu'elle est. Elle dira quelque chose de la gauche parce que... Nous n'allons pas défendre les mêmes options dans cette primaire. Je ne suis pas Raphaël Glucksmann, je ne suis pas Jérôme Gage, je ne suis pas Ségolène Royal, je ne suis pas Philippe Brun, ils ne seront pas moi. Et donc, ça va permettre de donner nos sensibilités, de dire ce que nous portons, ce que nous croyons, peut-être aussi d'où nous venons et pourquoi nous faisons ce que nous faisons aujourd'hui. Et à partir de là, les gens choisiront. Et ça me semble être la seule formation politique qui, justement, accepte, y compris, d'ouvrir ce choix. aux Françaises et aux Français, puisque tout le monde peut venir voter.
Vous êtes directeur de casting à l'origine, mais là, vous êtes acteur. Moi, en tant que spectateur, je m'y perds un peu. Vous avez un peu créé la surprise, on ne vous attendait pas.
Je ne sais pas. Clint Eastwood, il est souvent réel et acteur. Vous êtes Clint
Eastwood, d'accord.
Non, mais en fait, il y a pas mal de réels qui sont aussi acteurs. Et il n'est pas anormal que, patron du PS depuis 8 ans, je considère que... Ce que j'ai porté mérite d'être défendu jusqu'au bout et de ne pas me retrouver dans une situation où je finirais par avaliser une ligne politique qui n'est pas celle que j'ai voulue pendant toutes ces années-là.
Comment exister face au blockbuster Jean-Luc Mélenchon à gauche ? C'est un peu un défi quand même pour vous.
C'est un défi. Et en même temps, moi, je ne me pose pas la question, en fait, tous les matins de savoir ce que fait Jean-Luc Mélenchon, ce qu'il a rêvé cette nuit, quels sont ses cauchemars, comment se passer sa journée. Le problème, c'est d'affirmer quelque chose de ce que nous sommes, nous, socialistes. Est-ce que nous avons encore quelque chose à raconter à ce pays ? Ou est-ce qu'au contraire, c'est terminé et que nous vivons comme... On vivrait d'un musée qui consacrerait les grandes conquêtes sociales, sociétales que nous avons obtenues pendant pratiquement un siècle. Et moi, je considère que notre mission n'est pas achevée, que bien sûr, la gauche radicale existe et elle a une... pleine légitimité, mais qu'à côté de la gauche radicale, il y a une gauche réformiste. Et jusqu'ici, l'histoire a montré que ce n'est pas la gauche radicale qui a fait avancer le pays, c'est la gauche réformiste. Il y a toujours eu une gauche radicale, ça a été le Parti communiste pendant longtemps. Et si vous avez aujourd'hui eu le Front populaire, c'est parce qu'il y a eu une gauche réformiste. S'ils avaient eu le 10 mai 80, c'est parce qu'il y avait une gauche réformiste. S'ils avaient eu la gauche poyelle, c'est parce qu'il y avait une gauche réformiste. Et donc, moi je crois à cette gauche, je crois qu'elle est... capable y compris de gagner une élection présidentielle. Et derrière, il faut par contre qu'elle fasse renaître une forme de confiance. Pourquoi le Parti Socialiste a été un parti qui a emmené des générations entières et pourquoi aujourd'hui ça n'est plus le cas ? Ma vision à moi, mon explication à moi, c'est que nous avons perdu la confiance. Que quand on a des gens qui arrivent au pouvoir et qui disent « on est la gauche », et à la fin du quinquennat, on se retrouve avec la déchéance de nationalité et le pacte de responsabilité, puis ensuite la loi El Khomri, forcément, pour les gens, c'est une trahison. Ils se disent « mais si ces gens-là disent blancs mais qu'ils font noir, comment est-ce qu'on peut encore leur faire confiance ? » Et quand la confiance est perdue. C'est très difficile de la retrouver. Dans votre vie personnelle, privée, quand vous avez un ami qui vous a trahi, il faut du temps pour que ça revienne. Dans les ménages, etc., tout ça existe. Le problème, c'est qu'il y a une histoire d'une relation déçue, d'une relation flétrie, parce qu'il y a eu le sentiment de trahison. Ce que je m'évertue à faire depuis 8 ans... Parfois avec difficulté parce que je ne suis pas tout seul et que je suis dans un parti démocratique où toutes les opinions s'expriment. Mais moi, j'ai essayé de faire en sorte que le PS se réancre à gauche, de faire en sorte qu'il puisse retrouver aussi la jeune génération, faire en sorte que nous puissions dire des choses aussi simples que ce que nous défendons pour l'international, c'est tout simplement le droit à ce que chaque vie compte. Faire en sorte que nous n'ayons pas d'un côté expression pour Odessa et une autre pour Gaza, qu'on soit capable de défendre l'international. partout où il est menacé. Et c'est comme ça qu'on arrive à restaurer la confiance. Alors, est-ce que j'ai réussi à le faire ? Certainement pas assez. Et sans doute, j'ai été aussi brouillé par les expressions diverses. Mais ce que je défends dans cette primaire, ce n'est plus seulement un parti, c'est ma conception, ce que je veux dire au pays, ce que je veux défendre. Je veux défendre une France vivante qui n'est ni la France éternelle de l'extrême droite, ni la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon qui laisse penser qu'il y a... Il y aurait deux France qui s'opposeraient. Moi, je veux défendre ce que la France est. Son identité, c'est d'être un pays qui a permis à des générations de gens en venant de tout le... de tous les coins du monde, de renforcer ce pays. C'est une nation citoyenne. C'est une nation aussi qui se confond avec une certaine idée d'un État social qui n'est pas simplement la liberté du renard dans le poulailler comme le défendent la droite et l'extrême droite. Et maintenant, les libertariens, ce courant américain qui s'exporte et qui vient jusque sur nos terres.
Vous parliez d'Odessa et de Gaza. Sur Gaza, aujourd'hui, pour beaucoup d'électeurs de gauche, vous ne représentez plus ou pas le parti qui pourrait prendre... des prises de position claires sur ce qui se passe au Proche-Orient et notamment en Palestine. Est-ce que ça, vous en avez conscience ou pas ? J'imagine que vous avez des sondages et que ça vous revient et que LFI a aussi capté une partie de ses électeurs.
Pour moi, ce n'est pas une question de capter qui que ce soit, c'est une question de est-ce qu'on se regarde dans une glace le soir ou le matin en se rasant ou même quand on ne se rase plus,
quand
on se lève les dents. Et donc, si je vous renvoie à ce que j'ai pu dire dès le 10 octobre, c'est-à-dire trois jours après l'attentat terroriste, du Hamas. Le 10 octobre, je suis dans l'hémicycle, Yael Brown-Pivet, il va nous parler d'un soutien inconditionnel à Israël et j'explique pourquoi notre soutien à nous ne peut pas être inconditionnel. Bien sûr, nous sommes au côté de la démocratie quand elle est visée par des terroristes et il n'y a rien qui vienne justifier le fait qu'on tue des femmes, des enfants, des vieillards. Mais j'explique aussi que je suis contre toute forme de vengeance aveugle, contre toute forme de punition collective et que, en réalité, Les assassins des accords d'Oslo, ils sont aussi bien au Hamas que chez Netanyahou. Et que ces gens-là ont tout fait pour que la paix soit impossible. Et que donc, ce qu'il faudra, évidemment, c'est continuer à défendre une solution à deux États. Je suis le temps d'une proposition de loi que j'ai voulu transpartisane, justement pour ne pas m'approprier le sujet. Avec une écologiste, avec un Sébahi, et avec un modem. Et à ce moment-là, j'ai le trou de mémoire, mais ça va me revenir.
On s'excuse pour lui. Désolé, monsieur le modem.
C'est affreux. C'est génial. Et donc, vous couperez. Surtout pas. Et donc, on a déposé ensemble une proposition de loi, justement pour interdire déjà le commerce avec les colonies en Cisjordanie, parce qu'il y a une forme... de tétanie, du monde politique, on ne fait rien. Donc on n'a pas suspendu l'accord d'association avec Israël. On continue à commercer avec des gens qui colonisent et qui colonisent encore plus pendant que Gaza se fait détruire. Et donc au moment où un génocide se perpétue sous nos yeux, tout le monde se tait. Alors par exemple, vous utilisez le mot
génocide. Mais
c
'est pas nouveau chez moi. Bien sûr, mais je le dis parce qu'il y a un débat quand même au sein du PS. Certains n'utilisent pas aussi facilement que vous le mot génocide. Oui,
mais je suis celui qui a fait... voté à l'Assemblée début 2022 la reconnaissance du génocide pour les Ouïghours, minorités musulmanes dans la province de Xinjiang en Chine. Et je ne vois pas comment... 'aurais pu dire qu'il y a un génocide pour les Ouïghours et ne pas dire qu'il y a un génocide aujourd'hui à Gaza. Il est sous nos yeux, il est documenté. Il faut le dire à
Raphaël Glucksmann qui n'a, je crois pas, la même position s'y appuie que vous.
Oui, mais moi je l'ai toujours dit, y compris devant lui, y compris pendant la campagne des européennes. Pourquoi ? Parce que d'abord, la question qui nous est posée n'est pas d'avoir... a constaté ex poste, donc après-demain, après-après-après-demain, s'il y a eu génocide ou pas. Ce que nous disent en général les gens qui nous disent « mais enfin, c'est l'histoire qui dira », etc. Non, pas du tout. En 1948, la France a été dans cette convention, cet accord de 1948, et qui dit quoi ? Qui dit qu'on veut prévenir les génocides. C'est-à-dire qu'à partir de critères qui ont été fixés... bien, on considère qu'il y a une menace de génocide et qu'il faut l'arrêter. C'est trop facile de dire, au fond, l'histoire jugera, etc. On s'en fout, on regarde passer les trains, on regarde passer les bombes. Et puis, un jour, les historiens nous diront de quoi il s'agissait. Mais non, la prévention des génocides, c'est justement dire, avant que ce soit terminé complètement pour un peuple, c'est de dire, attention, il y a un génocide qui est en cours. Et donc, c'est maintenant qu'il faut l'interrompre.
Revenons à la politique. Est-ce responsable quand on est, je demande, responsable de gauche et qu'on voit arriver le mur de l'extrême droite devant soi de ne pas arriver à faire candidature commune à gauche ? Est-ce que c'est responsable ça
'est assez difficile de vous répondre que c'est responsable. Et encore une fois, je vous le répète, moi, j'ai souhaité réunir au moins le bloc qui était prêt à se réunir. Je vais jusqu'à Jean-Luc
Mélenchon.
Oui, j'ai bien compris, mais Jean-Luc Mélenchon n'a jamais voulu se réunir avec tout le monde. De toute façon, il ne voulait pas de primaire. Il considérait qu'il était candidat parce qu'il le valait bien. Tous les autres avaient fait le choix, avec moi, de dire, pour nous, il n'y a pas de candidat de droit divin, il n'y a pas de candidat naturel, et donc il faut un choix. Donc j'avais fait cet accord là. Il y avait une vérité
des sondages, vous aurez pu faire comme certains blocs, voilà, là ils partent tous un peu, je suis à la bataille, ils regardent laquelle personnalité est la mieux placée, et laquelle a été la mieux placée à l'élection précédente aussi.
enfin, Baladur aurait été président jusqu'en mars. Et Juppé, et puis Fillon, et puis tant d'autres, Lionel Jospin. On a tellement connu dans notre histoire des gens qui ont fait des scores. Enfin, Valérie Pécresse, quand elle est au lendemain de sa primaire, elle est à 18%. a fini à 4,5%. Éric Zemmour, il a été jusqu'à 17-18%, je crois qu'il est même monté au-dessus de 20%, je ne me souviens plus. Mais enfin, il a fini à 7%. Mais là, on peut imaginer qu'on connaît la
progression. On a déjà eu deux cas d'élection avec Jean-Luc Mélenchon, il y a eu cette progression quand même. On voit à peu près le même genre de courbe cette fois-ci. Est-ce que là, vous dites qu'il n'y avait pas une vérité autour de lui, qu'il fallait se ranger derrière lui
Moi, je ne me range pas derrière lui parce que j'ai des désaccords avec lui. Et on vient de dénoncer le double standard au plan international. Jean-Luc Mélenchon défend Gaza et il a raison. Mais en revanche, je comprends que sur l'Ukraine, c'est plus compliqué. Sur Taïwan, c'est carrément n'importe quoi. Et donc, moi, je suis en fait constant. Il n'y a pas deux poids, deux mesures chez moi. C'est la même règle pour tous. Il n'y a pas un moment où on défend un peuple parce que c'est un peuple qu'on considère comme étant un peuple opprimé. Puis à côté, on considère que là, non, ce n'est pas un problème. Parce qu'en Ukraine, on est déjà... à 2 millions de morts. Et donc, on pourrait considérer là aussi qu'il y a quelque chose à faire et ne pas laisser en permanence entendre qu'au fond... L'Ukraine, c'est un sujet où les responsabilités sont partagées. Et Jean-Luc Mélenchon le dit régulièrement. Donc, moi, je ne suis pas d'accord avec lui. Et président de la République, c'est notamment s'occuper des relations internationales. Et donc, je ne veux pas demain être en situation de dire que j'ai avalisé des positions qui ne sont pas les miennes. Donc, avec Jean-Luc Mélenchon, j'ai un désaccord sur la question européenne, sur la question du droit international, même si j'ai parfois des points de convergence. En
2022, par exemple, si Hidalgo et Roussel ne s'étaient pas présentés, Jean-Luc Mélenchon... Ce serait qualifié pour le second tour. Vous n'avez pas peur d'être le parti qui permettra la victoire de l'extrême droite. On vous fera le reproche.
Je ne vois pas très bien pourquoi dans un premier tour, on nous reprocherait déjà l'acteur du second tour. Si Jean-Luc Mélenchon se qualifie pour le second tour, moi j'ai toujours dit la même chose. Ma famille, c'est la gauche.
On vous fera le reproche d'un duel Édouard-Philippe ou bloc droite centrale. Et extrême droite. Parce que la dernière fois, c'est vrai que Fabien Roussel, même à lui seul, s'était retiré. Jean-Luc Mélenchon aurait été au second tour. Et Anne Dalgo, avec son score modeste, évidemment que ça aurait apporté des voix à Jean-Luc Mélenchon un peu aussi.
Oui, mais on peut aussi dire qu'on supprime les élections. On peut dire que désormais, en fait, sur la base des sondages, on considère qu'on doit tous s'aligner sur celui qui paraît être le mieux placé. Ça donne quoi ? Ça donne qu'en fait, on finit par avoir deux options et parfois deux options. qui ne sont même pas conformes à ce que l'on porte soi. Moi, je veux justement affirmer ce que nous sommes. Et je crois que dans les exemples que j'ai pu vous donner, j'ai à la fois témoigné de convergence et de divergence. Et donc, je défendrai à la fois les convergences parce que je suis un homme de gauche et que ma famille, c'est la gauche. Et donc, je n'ai aucune ambiguïté entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Mais je n'ai pas l'ombre d'une hésitation. C'est-à-dire clairement un
second tour entre les deux, vous appelez à monter Jean-Luc
Mélenchon. Mais bien sûr. Et j'espère que la réciproque soit vraie. Et je crois qu'elle serait vraie. Donc voilà, je ne veux pas... Et vous préféreriez
Edouard Philippe au pouvoir ou Jean-Luc Mélenchon
Je préfère moi toujours la gauche. Ma famille, c'est la gauche. Et si demain, Jean-Luc Mélenchon était appelé à gouverner ? faudrait qu'il trouve une majorité. La question ne lui est jamais posée. Mais enfin, il faudrait bien qu'à un moment, il accepte l'idée que tout seul, bien sûr qu'on court peut-être plus vite, mais on va beaucoup moins loin. Et donc, il serait amené à se poser des questions. Et donc, moi, ce que je dis, c'est que ma famille, c'est la gauche. Mais enfin, je ne suis pas prêt à avaliser n'importe quoi. Moi aussi, je peux être insoumis
aux insoumis. Bonne formule. Vous arrivez à la question d'après, vous voyez, vous êtes dans ma tête là, dans mes notes. Désolé. Non mais au contraire, vous pourriez être ministre de Jean-Luc Mélenchon, c'est ce que vous dites un peu, c'est-à-dire qu'il faudrait trouver une majorité, des accords, et donc vous pourriez être un ministre ou un premier ministre de Jean-Luc Mélenchon.
Je me bats pour gagner et non pas pour rentrer dans un... narratif qui est le sien. Et donc, simplement, j'essaie d'être clair parce que je ne veux pas laisser penser qu'il n'y a pas de différence entre la gauche et la droite, qu'on est dans une situation où on serait dans un immense bloc central, etc. Ça n'est pas vrai. En tout cas, ça n'est pas mon cas. Mais ça ne veut pas dire pour autant que maintenant, je vais vous expliquer que derrière, je vais me battre pour Jean-Luc Mélenchon. Je me bats. pour affirmer ce que je crois. Et donc, je me bats pour que ce soit un socialiste qui soit au second tour de l'élection présidentielle, y compris parce que je pense que nous avons une capacité de rassemblement des Français dans un front républicain qui est bien plus large que ce que Jean-Luc Mélenchon peut réaliser.
C'est une vraie différence entre vous et Raphaël Glucksmann, qui pense qu'une alliance avec LFI, elle n'est plus possible. C'est devenu impossible.
Je ne sais pas, moi je l'ai vu soutenir la NUPES. Non mais après,
là récemment, et c'est une phrase, il a dit, j'ai le sentiment que là-dessus vous n'êtes pas sur la même position, on vous sent plus enclin évidemment si la gauche est au pouvoir ou si la gauche est en passe de gagner, de vous arranger quand même avec vos anciens camarades du nouveau front populaire.
Ça dépend, ça dépendrait, moi je ne sais pas du tout, moi je suis contre tous les dérapages qui... Touche toujours les limites d'antisémitisme avec Jean-Luc Mélenchon. Je ne suis pas d'accord pour dire que c'est le CRIF qui gouverne en France. Je ne suis pas d'accord pour dire que l'antisémitisme est résiduel. Je ne suis pas d'accord pour dire que... C'est les phrases qu'il a prononcées, ça ? Oui, bien sûr. Il a dit que l'antisémitisme est résiduel. Oui, absolument. Donc, tout ça, je ne suis pas d'accord. Et donc, je ne suis pas prêt à me jeter dans ses bras à n'importe quel prix. Mais je le dis aussi, je suis fondamentalement de gauche. Et je regarde... y compris parce que ça éclairera peut-être ceux qui s'imaginent qu'ils peuvent faire les uns sans les autres. l'Assemblée, nous votons socialistes à 80% en commun avec la France insoumise, à 84% avec les écologistes. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que demain, quel que soit l'homme de gauche qui l'emporte, si vous voulez mettre en place la taxe Zuckmann, Mais est-ce que, enfin moi je veux bien qu'on dise je suis de gauche, je ne veux pas parler avec une partie de la gauche, mais je ferai la taxe Zuckman. Mais avec qui ? Avec qui ? Est-ce qu'on la fera avec Gabriel Attal ? Est-ce qu'on la fera avec Edouard Philippe qui dit exactement l'intérêt ? Parce qu'ils disent au contraire chaque jour, il faudra rendre l'argent aux plus riches parce qu'on leur a trop pris. Mais dans ces cas-là, comment est-ce qu'on gouverne ? Et donc, plutôt que de raconter une histoire qui ne tient pas debout, j'essaye, moi, de ne pas prendre les gens pour les imbéciles. Et donc, je leur dis, effectivement, dans la vie politique, il y a des choix à faire. Et à un moment, il faut trouver des gens avec qui vous pouvez... permettre des choix, des transformations. Vous ne pouvez pas obtenir la transformation écologique à laquelle j'aspire si vous n'avez pas les écologistes. Et
vous n'avez pas peur de vous faire trahir par Raphaël Glucksmann, qu'on dit plus au centre, centre-gauche. C'est comme ça qu'on le présente. Est-ce que c'est vrai ou pas vrai ? En tout cas, il a des prises de position et de parole. Vous n'avez pas peur de vous faire trahir par Raphaël Glucksmann si vous le soutenez ? Si il gagne la primaire, vous le soutiendrez. Et si demain, il arrive au pouvoir ou alors s'il commence à passer des accords avec, par exemple, des responsables politiques de centre droit sur des sujets économiques, là, vous ne vous sentiriez pas trahi, franchement ?
Bien sûr, mais moi, je continuerai à porter, quelles que soient les majorités en place, je continuerai à porter... Ce que je crois. Donc, quand il n'y a pas de majorité, forcément, ce que j'étais amené à faire l'an passé, ma règle de vie, elle est simple. Quand je suis majoritaire, je déroule et je fais en sorte que mon programme s'applique. Si je suis minoritaire, j'essaie d'obtenir le plus possible et de défendre les gens qui m'ont... Et c'est comme ça qu'on a obtenu la suspension de la réforme des retraites, qu'on a obtenu le repas à un euro pour les étudiants, l'augmentation substantielle de la prime d'activité, qu'on a évité les horreurs avec les retraites qui étaient baissées, avec les gens qui rentraient dans l'impôt sur le revenu alors qu'ils ne le payent pas, avec toute une série de baisses des prestations. Tout ça, c'est ce qu'on a obtenu l'an passé. Mais parce que quand je suis minoritaire, j'essaie de négocier le maximum que je peux. Et si je n'obtiens rien bien, je censure. Eh bien, cette règle-là, elle vaut à toutes les époques. C'est-à-dire que moi, à chaque fois, j'essaye de faire en sorte de répondre aux gens qui m'ont fait confiance. Parce que les gens qui me font confiance, dans ma circonscription, dans ma ville, eh bien, c'est des gens qui sont des gens très modérés. J'habite dans une ville qui s'appelle Savigny-le-Temple. C'est pas une ville où les gens... Enfin, il n'y a pas de milliardaires. On serait bien en peine d'en trouver un seul. Et même... De multimillionnaire, je crains qu'on ne trouve pas davantage. Et même de millionnaire, je ne suis pas sûr qu'il y ait une seule maison dans cette ville qui coûte un million. Donc, voilà. Je sais pourquoi ils m'ont choisi. Et ils m'ont choisi pour que je les défende, pas pour que je fasse le clown et que d'un seul coup, je finisse par dire le contraire de ce que j'ai fait. Je vous disais tout à l'heure, la confiance, ça se mérite. Et donc, c'est difficile. C'est parfois difficile à expliquer. Je sais qu'on m'a beaucoup reproché d'avoir négocié avec le pouvoir en place. Mais j'avais déjà censuré Bernier. J'ai ensuite censuré Beyrouth. Je pouvais censurer le corps nu. On peut censurer tous les jours. Mais enfin, à un moment, il y a un problème, c'est qu'il faut quand même qu'il y ait des budgets qui tombent. Il faut payer les fonctionnaires. Il faut faire en sorte que le pays tourne. Il faut que les gens qui vivent de la commande publique, les entreprises qui vivent de la commande publique puissent continuer à tourner. Autrement, c'est la récession. Donc, j'ai pris cette responsabilité-là. Mais je l'ai fait à chaque fois sur mes bases, sur mes valeurs, sur mes principes, sur mes convictions. Et c'est ce que je fais à chaque fois.
Économiquement, vous vous sentez plus proche de place publique ou de la France a soumis économiquement sur les propositions économiques ? Je me sens proche de moi-même, en fait. Le PSI se situe où ? Nous, on veut comprendre, parce que franchement, on est un peu perdu quand même avec le paysage de la gauche. On sent bien que sur des sujets, l'Europe, sur l'international, il peut y avoir des points d'achoppement importants avec la France Insoumise, et plus peut-être de proximité avec Place Publique, mais économiquement, vous l'avez dit vous-même, il y a plus de 80% des textes que vous votez ensemble à l'Assemblée. Est-ce que vous êtes plus proche de LFI ou de Place Publique ?
Le PS.
Ne placez pas à chaque fois le débat sur LFI. Aujourd'hui, les deux personnalités qui sortent, c'est Glucksmann et Mélenchon, c'est pour ça. Je me permets juste de lire le journal. Je
ne sais pas, j'espère qu'on verra dans les débats, puisque pour l'instant, personne ne sait exactement ce que veut défendre Raphaël Glucksmann. Mais la campagne européenne que j'ai menée avec lui, j'étais en parfait accord avec lui. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de points de convergence aussi. Il y a aussi des points de divergence. Par exemple, moi, je considère que quand on commence à expliquer qu'on veut rapprocher le net du brut, eh bien, on tourne le dos à des années de combat parce que le brut, c'est le salaire différé. C'est tout ce qui permet de protéger les gens des accidents de l'existence. Et donc, dire qu'on va... payer les gens, en les augmenter avec leur propre salaire, puisque c'est leur retraite, c'est leur chômage, c'est leur assurance maladie, c'est toute la protection sociale. Je ne vois pas très bien comment nous pouvions adhérer à ce discours-là. Quand je vois le flou sur les retraites, je suis inquiet. Quand je vois François Hollande qui a 63 ans, mais là encore la confiance. On s'est battus pendant plusieurs mois dans la rue avec les gens. J'étais au milieu des manifestations. Les gens nous applaudissaient. Ils étaient heureux que nous soyions avec eux. Et là, on leur dit trois ans plus tard, attendez les amis, on a des filles avec vous, mais enfin maintenant, on passe aux choses sérieuses et donc on ne dit plus la même chose. Moi, je dis la même chose de bout en bout. Et donc, on verra ce que dit Raphaël. Mais moi, en tout cas, je me définis par rapport à ce que je crois. Et pardon, mais enfin, je prends l'exemple des retraites. Je ne suis pas d'accord avec Jean-Luc, je ne suis pas d'accord avec François Hollande. Pourquoi ? Parce que Jean-Luc Mélenchon, qu'est-ce qu'il fait ? Il dit, en fait, on va remettre la retraite à 60 ans. Mais c'est 80 milliards. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? La transformation écologique, on ne fait pas ? Le profit d'achat, on ne s'en occupe pas ? Il y a un moment où faire des choix aussi, on ne peut pas tout dire. Il y a un discours qui est très facile. Vous avez envie, vous êtes pharmacien, vous voulez plus, vous aurez plus. Vous êtes infirmière, vous voulez plus, vous en donne plus. Vous êtes garagiste, vous êtes camionneur. On peut faire toutes les catégories sociales et dire à chacun. Quoi qu'il en coûte. On va dire, effectivement, rien à foutre, quoi qu'il en coûte. Eh bien, moi, je crois qu'à un moment, il faut faire des choix. Et donc, 62 ans, ça permet, en fait, de ne pas se retrouver dans une situation où on ne sait pas financer. Et ensuite, il y a d'autres sujets à prendre en considération. Et moi, je considère qu'à... trois sujets essentiels dans les cinq années qui viennent. Je parle là des grandes odyssées industrielles que l'État doit soutenir. La première odyssée, c'est la transformation écologique, notamment la question énergétique. Comment est-ce qu'on met le paquet sur les renouvelables ? Comment est-ce qu'on fait pour que ce qui a été fait dans les années 70 pour le nucléaire, on le fasse désormais pour l'ensemble des énergies renouvelables ? Comment on devient les champions du renouvelable ? Le nucléaire, c'est une énergie de transition, mais l'énergie d'avenir, c'est les renouvelables. Et c'est là qu'est le marché. Le deuxième point, c'est la souveraineté alimentaire. Quelle est cette idée folle de penser qu'un pays pourrait être souverain alors même qu'il ne sait plus nourrir ses enfants ? Et que nous avons besoin d'importer du bout du monde pour une empreinte carbone qui est détestable ? qui est folle, et donc se retrouver dans une situation où nous n'arrivons même plus à nous nourrir nous-mêmes. Et puis, troisième point, c'est la souveraineté numérique. On ne peut pas être gouverné par les algorithmes de Musk. On ne peut pas accepter que désormais, notre information, notre pensée, soit guidée par des choix qui sont faits par un homme dont on sait qu'il est à l'extrême droite. Et même, d'ailleurs, il ne serait pas à l'extrême droite, ce serait la même chose. C'est que moi, je souhaite qu'effectivement, nous puissions être souverains et que nous puissions rester libres parce que... Au début du triptyque républicain, il y a cette idée de liberté. Non pas la liberté des libertariens américains qui considèrent que la liberté, c'est pas d'impôts, pas de contraintes, pas de règles, etc. Mais la liberté qui a franchi tout le monde, celle qui permet à chacun de pouvoir assumer son destin. Et c'est cette liberté-là, celle des révolutionnaires de 89, qu'il faut continuer à défendre.
Récemment, on a vu Raphaël Glucksmann se faire chahuter lors d'une manif de gauche. C'était Place Vendôme. Ça vous est arrivé aussi, vous, plusieurs fois. Quelquefois, j'ai un souvenir en 2018, par exemple, lors d'une manif de Cheminot. Vous arrivez encore à parler aux électeurs de gauche ou pas l'EPS et Place Publique
D'abord, moi, j'ai toujours... Enfin, en 2018, vous avez raison, on est un an après la défaite présidentielle. Je deviens premier secrétaire et la première manifestation où je me rends, il y a là des... bordé d'insultes, des gens qui jettent des canettes, etc. Et je vois un homme qui est devant moi et qui me hurle dessus avec couvert de badges, etc. Et qui me dit « social traître », etc. Et je lui dis « mais arrête de crier, viens me parler et on va s'expliquer ». Et il me dit « oui, Christophe Castaner, Richard Ferrand, Olivier Dussopt ». Ils me citent tous socialistes qui ont rejoint Emmanuel Macron. Et je lui dis, mais attends, deux choses. La première, c'est que tu parles à celui qui justement n'est pas parti. Donc celui qui est resté là avec toi. Et tu vas m'engueuler moi, alors que justement j'ai fait un choix. Peut-être, je ne sais pas s'il y a une question de courage, mais en cause d'une question de conviction. Pourquoi c'est à moi que tu reproches ce que d'autres ont fait ? La deuxième chose, c'est que tu te bats aujourd'hui dans la rue. pour des acquis, des conquis, qui sont ceux à la fois du mouvement ouvrier et aussi des socialistes qui ont permis que ces conquêtes du monde ouvrier puissent rentrer dans la loi. Et donc, pour ces deux raisons-là, tu devrais arrêter de me siffler et tu devrais au contraire te réjouir du fait que je sois là pour te renforcer parce qu'ensemble, effectivement, on a plus de force que chacun de notre côté. Mais c'est pas
terrible quand on est un leader socialiste de voir que dans une MADIF de gauche, maintenant on n'est plus forcément le bienvenu.
Moi, je suis contre toutes ces formes d'exclusion. Je ne trouve pas normal qu'on puisse huer Raphaël Glucksmann quand il vient sur une manifestation sur le féminisme. Je ne pense pas qu'il ait à un quelconque moment été pris en flagrant délit de renoncer à ses droits pour les femmes et notamment cette loi intégrale. qui vient maintenant à l'Assemblée, je pense qu'il la soutient du plus profond de lui-même. Et donc c'est un mauvais procès qui lui est fait. Et donc on peut ne pas aimer Raphaël Glucksmann. C'est une évidence qu'on n'est pas tous faits du même bois. Mais on ne peut pas non plus à chaque fois considérer que parce qu'on n'est pas identique, alors on mérite la lapidation. Parce que dans ces cas-là, on ne va réussir à rien. Vous avez tout à l'heure parlé de réunir la gauche, mais enfin, la gauche... toute mouillée, elle pèse pour l'instant 32%. Donc il faut quand même qu'on se réveille un peu en se disant que ce n'est pas en considérant que chacun est l'ennemi de l'autre qu'on va réussir quelque chose. Et c'est valable pour Mélenchon comme c'est valable pour Glucksmann. C'est qu'il y a quand même un problème. C'est que vous voulez changer quelque chose ou pas ? Si vous voulez changer quelque chose, alors réfléchissez un instant au fait que vous ne pouvez pas en permanence rejouer les gauches irréconciliables.
vous donne le nom de personnalité politique et vous me dites si elle est dans le camp des méchants ou des gentils. Voilà, nous on est dans les films ou dans les séries. Les indiens et les cow-boys. Exactement, même si dans la filmographie les méchants c'était gentil et l'inverse. Oui, moi je suis avec
les
indiens. Oui, moi aussi. Marine Le Pen, méchante ou gentille ? Je commence facile. Ah oui, je
commence facile. Bon, méchante. Edouard Philippe. Méchant.
Attal. Méchant. Macron.
Méchant. François Hollande. Il était dans le camp des gentils, j'ai peur qu'il ne dérive. Donc ancien gentil qui va voir les méchants pour vous. Je trouve que son idée de désormais être le candidat du centre, et le centre, moi je ne sais pas, je ne l'ai jamais vraiment trouvé. Donc c'est un déport. Quand il commence à dire lui-même qu'il est maintenant favorable à la TVA sociale qu'il a condamné il y a 14 ans quand c'était François Fillon qui la proposait, je considère qu'il faut faire attention parce qu'il y a des frontières qu'il ne faut pas franchir. Jean-Luc Mélenchon. Mais je l'aime bien malheureusement. Le lapsus qui tue. Non, je l'aime bien parce que humainement, on a des rapports très... Le jeu, il
est gentil ou méchant
? Oui, d'accord. J'espère qu'il va rester gentil.
Voilà, c'est pas mal. Vous êtes franc ? Dans les films, il faut vraiment décrire bien, les typer. C'est comme ça, c'est la fiction. Même si là, on est un peu dans la réalité. Dans le résumé d'un film, on doit rapidement comprendre l'intrigue. Vous, OPS, on a du mal à comprendre parfois votre programme. Citez-moi au moins une idée neuve. pour changer la France dans votre programme. Une, là, regardez. Vous avez, je pense, beaucoup d'auditeurs et de, je ne sais pas si on peut dire, de spectateurs de podcasts qui nous regardent, qui nous écoutent. Allez-y, profitez-en. Une seule pour
l'instant, mais je vais faire du teasing. Dans quelques jours, sort un livre qui s'appelle « La loi du plus juste ». Sous-entendu, face à la loi du plus fort, qui est un livre dans lequel j'exprime ma vision. Et donc, s'il y en a qui sont curieux, ils pourront aller l'acheter et peut-être s'apercevoir qu'il n'y a pas qu'une seule idée. Mais j'en donne une. Votre idée, c'est d'acheter votre livre, en fait, c'est ça ? Non, non, c'est pas ça l'idée. L'idée, c'est de dire qu'une, c'est réducteur. Mais j'en prends une. Moi, je considère, par exemple, qu'il n'est pas normal... qu'on puisse considérer que capital et travail ne sont pas placés au même endroit. Et donc, il faut à la fois rétablir la fiscalité du capital au même niveau que celle du travail, mais surtout, quand une entreprise verse des dividendes, elle doit verser l'équivalent à ses salariés. Oui,
on aimerait bien. Oui, mais enfin, on
en est loin. Et qu'est-ce qui le justifie ? Voilà. Et donc cette idée-là, elle est une idée assez simple, parce que quand l'argent existe, pourquoi est-ce qu'il part vers la rente et pourquoi est-ce qu'il ne part pas vers le travail ? Et donc, comme je ne suis pas trop gourmand, je ne dis pas qu'on va tout prendre, je dis qu'on va prendre simplement kiff-kiff pour chacun. Et ça me paraît être simplement la justice, parce qu'il y a des gens qui ont... Pris des risques, c'est beaucoup dire. En général, les gens qui placent prennent des risques mesurés parce qu'ils ont des portefeuilles d'action. On prend quelques risques à un endroit, mais on se garantit ailleurs. Mais quand on gagne de l'argent simplement en plaçant de l'argent, admettons qu'il faille encore qu'il y ait des gens qui placent de l'argent parce qu'on en a besoin, donc il faut qu'on rémunère leur placement. En même temps, il faut dire qu'il y a des gens qui triment derrière pour que ça marche. Et donc, je souhaite que les gens qui triment, ils touchent au moins autant que ceux qui ont. Placer de l'argent.
êtes d'accord quand on dit qu'à LFI, on a plus bossé qu'OPS ou pas ? C'est souvent un truc qu'on dit souvent. Vous l'avez entendu ça ou pas ? Oui, j'entends. On dit souvent, LFI, ils ont bossé, ça fait des années, avec l'Institut de la Boétie, qui a leur think tank de pensée. On bosse, voilà, et on n'est plus dans les guéguerres politiciennes. On propose des choses. Est-ce que vous avez bossé et qu'est-ce que vous avez foutu pendant cinq ans
Même
pendant dix ans.
Là, je vais faire de la publicité. Il y a un autre livre qui est sorti qui s'appelle Le projet socialiste et qui reprend tout le travail qui a été engagé pendant des années dans les groupes parlementaires. Sous l'égide ensuite de Chloé Rydel, on a... auditionner tout ce que la terre compte de syndicalistes, d'intellectuels, d'experts et d'élus pour pouvoir définir un projet. Et donc, ce projet, il est à la fois en vente libre pour ceux qui veulent l'avoir en papier et puis il est même disponible gratuitement sur le site. Donc, en fait, c'est une erreur de penser que nous n'avons pas travaillé. Bien sûr que nous travaillons. Vous pensez que, en fait, moi, c'est quelque chose. Et d'ailleurs, je ne ferais le reproche à aucun parti politique. Chaque semaine au Parlement, nous avons l'obligation de défendre la position. L'obligation. Il n'y a pas de parti qui flâne et qui dise au fond, je ne sais pas quoi penser de tel ou tel sujet. Et quand c'est pendant dix ans que vous êtes dans l'opposition, vous avez à peu près valié tous les sujets. Et sur tous les sujets, vous avez donné une position. Et c'est valable pour la majorité comme pour l'opposition. Et donc il faut arrêter avec ces espèces de légendes urbaines qu'on répand un peu partout. Des gens peut-être qui communiquent mieux, mais ce n'est pas la communication qui fait le fond.
Raphaël Glucksmann ne répond pas à mes messages pour être interviewé. Vous pouvez lui dire de répondre à moi. Vous pouvez lui dire. Je lui dirai, oui, bien sûr. C'est de le faire passer. Je suis passé. Sans attacher de presse. Lui en direct. Mais il a tort. Oui, je pense. Surtout que j'ai entendu qu'il n'y a pas eu avec nous. Apparemment, il fuirait les débats. J'ai lu ça. C'est vrai, il a peur des débats et des plateaux télé ou pas ? avez lu ou pas ça ? Je l'ai
lu. Je l'ai su aussi. Il dit quoi de ça, lui ? Je ne veux pas l'accabler. C'est vrai que... Au départ, il voulait un seul débat qui se fasse au lendemain de la clôture des inscriptions pour le vote. Bon, c'est-à-dire le vote sans conséquences. Ce n'est pas terrible. Donc tous les autres candidats ont dit que ce n'est pas possible. Donc il y aura en fait trois échanges. Le premier sur LCI qui sera un échange face aux Français où on n'aura normalement pas la possibilité de s'interpeller. Un deuxième débat qui sera sur un débat sur France Télévisions et France Inter qui sera donc un débat... plus classique, et un troisième débat, là aussi plus classique, sur BFM. Et donc j'espère qu'à ce moment-là, chacun aura le loisir de comprendre ce qui nous distingue et ce qui nous rassemble.
On termine souvent par cette question ici, c'est un peu la tradition. Dans quelle série sommes-nous, selon vous, ou dans quel film ? Là, le monde qui nous entoure ou le monde politique. Selon vous, on est dans quel film ou dans quelle série
'hésite entre deux. Allez-y. La théâtre chrono ? Oui, pourquoi ? Parce que c'est l'idée du chronomètre qui file
et
la catastrophe au bout. Et donc, est-ce qu'on aura la capacité à arrêter ou pas ? Et puis un film, dans le look-up. Oui, ça vous n'êtes pas le premier à nous le dire. Oui, mais enfin c'est quand même une évidence. En fait, on sait. En fait, ce n'est pas comme si la science était aveugle, comme si on n'avait pas été informé, comme si on ne savait pas qu'il allait un jour se produire l'incendie de Somos, etc. La forêt de Fontainebleau qui crame. Tout ça, c'est déjà raconté depuis des années et des années. Vous vous rendez compte que le rapport Meadows, il date de 72. Vous n'étiez pas né. Non. Et moi, à peine. J'avais moins de 10 ans. Et donc, moi, j'étais tout petit, petit. Et donc, pour vous dire que ce rapport, pour la première fois, indique que nous sommes en fait en train de détruire nous-mêmes notre planète et que nous ne pourrons pas assumer un développement continu tel que nous le connaissons. Il y a même à l'époque un commissaire européen, le commissaire à l'agriculture, qui est le premier commissaire de l'agriculture d'ailleurs dans l'histoire de l'Europe, socialiste, qui lit ce rapport et qui est bouleversé. Et donc, il s'appelle Sickold, et donc il écrit au président de la commission, et lui ça ne va plus. Ça ne va plus, il faut qu'on change. Il est pourtant le responsable de la politique agricole. Donc il y a toute une partie agricole qui est posée par ce constat. Et là, il est totalement bouleversé. Et donc, il écrit. Cette lettre fait beaucoup de bruit. Et malheureusement, en fait, il n'est pas entendu. Il n'est pas entendu. Et en France, vous avez Raymond Barre, Richard Destin, Georges Marchais, qui, pour des raisons différentes, lui tape dessus en disant qu'il faut évidemment continuer avec le productivisme parce que c'est la seule façon pour les uns de s'enrichir, pour les autres de considérer qu'il y a quelque chose à partager. Et donc, cette lettre est restée lettre morte. Et malheureusement, nous sommes plus de 50 ans après et nous en sommes toujours au même point. Pas tout à fait, mais enfin... Quand on voit que le gouvernement actuel a réussi, même en pleine canicule, je ne parle même pas de la division par 3 du fond vert, mais c'était déjà le cas avant même que la canicule ne commence. Mais même pendant la canicule, ils arrivent encore à diminuer de 20% ce qui reste. On se dit, waouh, quand même. En fait, là, c'est vraiment non-look-up. Vous savez, les scientifiques vous disent, mais on décrédibilise les scientifiques et puis ensuite, on regarde ailleurs.
Avant de se quitter, peut-être deux, trois infos pratiques sur la primaire. C'est quand ? Qui a le droit de voter ? Ça coûte combien
Alors, c'est quand ? C'est le premier tour, c'est les 9 et 10 octobre. Donc c'est un vote électronique. Donc on s'inscrit notamment sur le site du PS. Mais enfin, il y a trois possibilités. Soit on rentre au PS, soit on rentre à place publique, soit on dit qu'on ne veut être ni chez l'un ni chez l'autre. Mais donc on verse 10 euros et
on
devient...
Certains avaient dit que c'est une manière d'enlever les électeurs les plus modestes et que ça arrangerait. Raphaël Luxemann, c'est ce qui est... Oui, il y
a deux tarifs, 10 et 15 euros, donc ceux qui ne peuvent pas mettre 15, il y a 10. Et donc, moi j'appelle le plus grand nombre malgré tout à venir, parce que ce n'est pas indifférent de savoir qui va représenter la gauche réformiste. Et donc, pour celles et ceux qui peuvent s'offrir ce luxe, venez, venez... y compris dire quel est votre point de vue. C'est au fond le seul moment dans la campagne pré-présidentielle où vous aurez un parti qui vous offre ce choix-là. Alors venez de dire ce qu'est votre conception de la gauche.
Olivier Faure, patron du PS et aussi candidat à cette primaire, député aussi. Bonne chance parce que cette année, elle s'annonce longue, musclée et avec plein de remboursement.