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Salut tout le monde, salut Catherine. Salut Pablo, salut à toutes et à tous. On va commencer par parler du rassemblement national. Parce que moi j'ai été assez étonné qu'en cette rentrée politique pré-présidentielle, ils choisissent. Marine Le Pen choisit de mettre dans le débat la question de l'interdiction du port du foulard islamique dans l'espace public. Je me suis dit, tiens, une des questions qui les mettait en dehors du champ de la République, de l'arc républicain, qui est cette islamophobie qui est consubstantielle, en fait, à mon avis et à notre avis, à leur proposition politique, à leur projet politique. qu'ils avaient tendance un peu à mettre sous le boisseau, qu'ils avaient abandonné en 2022, ça a été rappelé dans leur programme en 2022, c'était Jordan Bardella qui me dit, on va enlever le voile, on va juste interdire le voile à l'université, et pas dans l'espace public, alors que c'était... C'était présent en 2012. Et bien là, hop, elle le remet sur le devant de la scène. Elle dit, quand elle et ses lieutenants, ah mais oui, alors c'est pas constitutionnel, mais on fera un référendum, et blablabla. Donc la question, c'est pourquoi est-ce qu'ils ont décidé au Rassemblement National de remettre ça au milieu, sachant, et ça participe pour moi de... A la fois c'est leur ADN, à la fois c'est ce qui, à mon avis, ont diabolisé pendant longtemps. Il n'y a aucun pays au monde où le foulard islamique est interdit. Et il n'y a que très très peu de partis, même d'extrême droite, qui le proposent à travers le monde. Et je crois qu'à part une extrême droite dans des pays scandinaves, il n'y a aucune extrême droite qui propose l'interdiction du voile islamique dans l'espace public. Et donc ils se mettent dans une position vraiment très très radicale d'extrême droite. Pourquoi est-ce qu'ils le font ? Après cette longue introduction, je t'ai posé baisseur.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Alors, moi, je vois plusieurs raisons. La première, qui est, je dirais, de tactique politique immédiate, la plus simple et la plus évidente, c'est que dans un moment où ils sont en train de repositionner un peu le Rassemblement national, elle donne un certain nombre de gages à son électorat populaire et traditionnel. et donc elle a réaffirmé sa position sur le départ à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont travaillé au moins six mois avant 20 ans, ce qui fait très peu de monde en vérité, mais symboliquement ce n'est pas rien, et 62 ans pour les autres, et avec un peu de capitalisation mais de façon assez marginale. Donc elle se remet sur sa position sur les retraits. Et on sait que ça avait été un marqueur, un facteur de dissension important avec les milieux patronaux. Et tous ceux qui lui disent que Marine Le Pen est une socialiste ou une gauchiste, etc. Genre Bruno Retailleau. Donc, elle revient sur ça. Elle le réaffirme, contrairement à ce que Jordan Bardella avait fait. Donc, elle repositionne. D'ailleurs, si on écoute le débrief qu'on avait fait en juillet, quand elle a été... qu'elle a dit qu'elle repartait, on s'était dit, toi et moi, que Marine Le Pen, elle allait repositionner le Rassemblement national, donc pas sur une position libérale de droite. d'union des droites, mais qu'elle n'allait pas prendre ce créneau-là parce que ce n'est pas ce qu'elle pense, ce n'est pas ce qui est l'ère du temps où on est plutôt dans davantage de la rupture. Et c'était le créneau de Jordan Bardella, donc elle se distingue, elle fait ce que... a toujours pensé qu'elle devait faire comme son papa, c'est-à-dire être un parti de rupture. Donc, elle le fait à propos de la retraite, mais elle le fait aussi sur le voile islamique. Et en fait, moi, je pense que la question du voile islamique n'est en fait pas la vraie question qu'elle pose. Le vrai sujet que Marine Le Pen a comme projet, comme programme et qui a été très détaillé en 2022, c'est la question de la constitution, du rapport aux organismes. aux institutions nationales et européennes. Et donc là, ce qu'elle engage. C'est qu'elle engage le bras de fer entre le peuple et les institutions, qu'elle engage, qu'elle amorce l'idée d'un référendum pour modifier la Constitution. Et elle le fait sur quelque chose qui parle aux Français. C'est-à-dire que ce n'est pas un débat éthéré sur la Constitution. Elle essaie de l'incarner, de le cristalliser autour de la question du voile. Je pense que… Tu as raison de dire que c'est vrai qu'on peut tout à fait d'extrême droite ne pas vouloir l'interdiction du voile. C'est le cas de la majorité de l'extrême droite mondiale. Et donc ce n'est pas son sujet premier. Son sujet premier, c'est la question des institutions qu'elle a décidé de remettre. et d'engager un bras de fer politique pour changer la constitution et dire fuck aux organismes conseil constitutionnel, cour européenne, droit de l'homme, etc.
C'est intéressant ce que tu dis parce que c'est précisément le terrain sur lequel ne voulait pas s'engager Jordan Bardella. Jordan Bardella, qui était le tenant de l'Union des droites. qui était effectivement libéral, mais lui, tout ce qu'il proposait s'inscrivait dans le strict cadre proposé par notre constitution, nos institutions, etc. Et d'ailleurs, cette semaine, il a été interrogé sur la question du voile. Il était très emmerdé dans sa réponse. C'est-à-dire qu'il a commencé à faire oui, c'est vrai, c'est compliqué, etc. Là où Sébastien Chenou...
Et on fera un référendum. Et on fera
un référendum, oui. Mais après de nombreuses péripéties, là où Chenou ou Jean-Philippe Tanguy, qui sont vraiment les lieutements de Marine Le Pen, eux... Et ils y vont. Ouais, ouais, bien sûr, c'est ce qu'on va faire. Ils font un tas d'or au bois islamique, etc. Je vais rajouter un point sur l'évolution. Ça a été noté par Patrick Cohen dans une de ses chroniques sur France Inter. C'est l'évolution de l'argumentaire sur l'interdiction du voile. Parce qu'effectivement, c'est une marotte de Marine Le Pen. En 2012, elle le proposait déjà. Mais en 2012, elle le faisait. on le rappelle Patrick Cohen, au nom de la laïcité. Et elle disait, voilà, pas de signe ostentatoire religieux dans l'espace public, c'est-à-dire qu'on étend finalement la loi dans des services publics, on l'étend à l'espace public. Et elle disait, on n'y avait pas de... Dans
le service public, c'est pour les agents, des agents. C'est pour les
agents, mais c'est pas pour les usagers. Voilà, mais elle, elle étend... à l'ensemble de la société, enfin, à l'ensemble de la statue. Et on lui avait dit, oui, mais dans ces cas-là, il y a d'autres sinosensibles, par exemple, les kippas. Et elle avait répondu, ben oui, les Juifs qui portent la kippa, ils devront faire un petit effort. C'est-à-dire qu'elle avait inclus d'autres religions dedans. Aujourd'hui, on est 10 ans, 15 ans après, pardon, son argumentaire, il a changé. Elle le fait au nom de la soumission des femmes que le foulard ou le voile implique. Et en cela... Au nom de la lutte contre l
'idéologie islamiste. Tout à fait. Parce qu'à une époque, elle avait un discours sur les femmes. C'est maintenant moins le discours sur les femmes que le discours contre l'islam politique, l'islamisme, etc. C'est plutôt ça le
cœur de son argumentation. Et là où je voulais revenir, c'est que hier, j'ai entendu un député qui s'appelle Nikolic, député RN, qui disait ça. Il débattait avec Priska Tevno, qui est une des lieutenant de Gabriel Attal. Et il lui disait, non mais attendez, vous vous moquez de moi, Gabriel Attal, il a dit que c'était un, que le foulard, c'était un objet de soumission des femmes. Ce à quoi, parce qu'il n'aurait plus de nom, mais il barrait les petites filles. Il disait, oui, bon, et alors, ça marche pour les petites filles, mais c'est aussi pour les femmes. Ce que je veux dire, c'est que la façon, l'angle en fait qu'elle prend. par la soumission des femmes et la question de l'islamisme, c'est quelque chose qui est aujourd'hui partagé. par un spectre politique plus large que strictement Rassemblement National. Puisque Gabriel Attal en parle, et qu'il est membre de Renaissance, puisque Bruno Retailleau en parle, puisque d'autres ministres, des gens du gouvernement, etc., en ont parlé dans des termes qui sont un peu similaires. Donc moi, je pense que l'évolution, c'est de se dire, effectivement, il y a 15 ans, ça me diabolisait, aujourd'hui... Je suis au centre, je veux dire, je veux même pouvoir trouver peut-être une majorité, avoir des voix, y compris qui peuvent venir de remessence et compagnie sur ce sujet-là.
Ce midi, quand on déjeunait ensemble, on a vu une vidéo de Jonas Haddad, qui est porte-parole LR, vice-président de la région Normandie. Ce n'est pas le clampin du coin, le sous-fifre, qui passe par hasard sur le plateau de DFM. Et il dit à Pauline de Madère, nous, on est prêt à accueillir des Chinois. Mais pas des Ouïghours. Pourquoi pas des Ouïghours ? Parce qu'elles portent le voile. Donc, ce que je veux dire, c'est que pour les LR, c'est les Chinois, mais pas les Ouïghours. C'est intéressant comme point de vue. Et j'ai entendu également une interview d'Edouard Philippe où on lui demande comment vous réagissez quand il y a une femme qui porte le voile ? Il a répondu, bon, je dois vous dire que bon, moi, je n'aime pas. Edouard Philippe, candidat à l'élection présidentielle. Monsieur n'aime pas. Non, mais franchement, je veux dire, c'est que quand tu dis « moi, je suis d'accord avec toi », un, ça a évolué par rapport à 2012. Et je pense même à Gabriel Attal. Moi, la seule chose dont je me souviens de Gabriel Attal, de son action, mais vraiment la seule, c'est sa campagne contre la Bayard. Je ne sais pas ce qu'il a fait d'autre de sa vie, ce garçon. Mais en tout cas, il s'est opposé à la Bayard à l'école. Je pense qu'elle tient quelque chose qui la positionne comme étant, elle rappelle. au demeurant que c'est bien elle, l'origine,
l
'original et la copie, c'est les autres. Et par ailleurs, je tiens mon explication, qui est, ça lui permet de reparler avec une catégorie populaire, des catégories populaires qui peuvent adhérer à ce discours et remettre pour la question du peuple contre les institutions françaises et
européennes. Toi, je pense que tu as tout à fait raison sur la question des institutions. Institutions, pour le coup. Contre lesquels aujourd'hui, quand même, les Gabriel Attal, Retailleau et tout, parfois ils les remettent un peu en question, mais globalement, ils ne les apprendent pas frontalement, si ce qui me permet, comme le fait le Rassemblement National et Marine Le Pen. Je dis ça, j'ai plein d'exemples qui me viennent dans la tête où ils remettent en question énormément d'institutions. Ils ne se gratent pas. Ils ne se gratent pas exactement les dates droits et pas intangibles. Mais effectivement, ça montre vraiment cette espèce de continuité abominable entre les différentes propositions, dont celles qui sont actuellement au pouvoir. C'est
elle qui organisent des lois. C'est autour de son, de ses idées, qu'ils se positionnent. Comme ils pensent que la meilleure idée du monde, c'est d'aller récupérer les électeurs du RN, ils disent ce qu'ils pensent devoir dire pour cela.
Après, il y a une autre question, c'est la question de la rivalité, de la dualité avec Jardin de Bardella. Vraiment, l'idée selon laquelle Jordan Bardella avait retiré cette idée du programme du Rassemblement national est importante. Cette semaine, on a vu fleurir plein d'éditorialistes, de commentaires sur le fait qu'il y a du grabuge dans la cuisine du Rassemblement national. J'ai écouté sur France Culture un historien de l'extrême droite. rappelait que, bon, la question des seconds au Front National et au Rassemblement National... Qu'elle n'ose pas en vocation à s'échouer. À s'échouer, voilà. Ça, c'est une phrase de Jean-Marie Le Pen. Et c'est vrai que quand on regarde, dans l'histoire récente, que ce soit les Maigrets ou les Philippots, en fait, qu'à un moment, tout le monde attendait qu'ils prennent la place du chef ou de la chef. finalement, ils se sont échoués. Jean-Marie Le Pen disait aussi au Rassemblement National, il n'y a qu'un numéro, c'est le numéro un. Et cette question, et donc cet historien, de rappeler, Olivier Dard, il s'appelle, de rappeler que la question du leader... au sein des structures d'extrême droite, que ce soit des lits, que ce soit des partis politiques, est très importante. C'est-à-dire que les partis et les lits sont structurés de cette manière-là. C'est descendant. Il n'y a pas de démocratie, il y a des mouvements, etc. Mais à la fin, le pouvoir va au chef. C'est comme ça que c'est structuré. Et aujourd'hui, Marine Le Pen, voilà, elle fait... la démonstration que c'est son clan et que c'est elle qui décide et que, ok, d'accord, l'autre, il voulait la retraite, peut-être, à discuter avec le Médet, tout ça, c'est fou. Genre, il le voit, etc. Paf, on le remet. C'est-à-dire qu'elle démontre que c'est elle, la chef, que c'est elle qui organise, comme tu dis, les débats, genre, au sein de son parti qui donne la ligne et qui organise les débats de la rentrée politique. Donc, c'est vraiment des actes, à mon avis, qui... qui peuvent rassurer dans une certaine mesure le magma des militants sympathisants de l'extrême droite en disant « Ah, c'est bon, on a un chef en fait. » Enfin, une chef en l'occurrence, Marine Le Pen, tu vois.
Alors, moi, ce que je trouve, ça c'est absolument incontestable historiquement. Ce que je me demandais, c'était comment elle allait jouer, comment ils allaient la jouer. Pour que, quand même, l'enjeu qu'ils ont là, ce n'est pas juste de conforter leur socle, qui est déjà très éveillé, parce qu'en même, il est entre 30 et 35 % selon les sondages actuellement. Mais ce n'est pas ça l'objectif qu'ils ont de façon très, très claire. C'est la panquette du pouvoir. Et d'une certaine manière, Marine Le Pen a la même question que les autres. C'est au second tour, il faut faire 50 %. Donc, il faut... élargir sa base de rassemblement. Et moi, je pensais que Jordan Bardella pouvait être une carte pour marquer des points dans un certain nombre d'endroits où il a de l'avance sur elle, alors dans la jeunesse assurément, mais aussi dans les milieux économiques, chez les LR et les bourgeois de l'Ouest parisien et des grandes villes. Donc... Il était quand même un atout dans son jeu. Le truc, c'est que pour qu'il soit un atout, il faut qu'il ait un peu de marge de manœuvre. Il faut qu'il ait une couleur. S'il est complètement sans saveur et qu'il est juste son décalque, ça ne va pas être intéressant. Il ne va pas participer à l'élargissement. C'était un tout petit peu, je pense, l'objectif qu'elle avait avec Eric Ciotti en faisant une OPA sur Eric Ciotti et ses petits camarades. C'était de donner un peu plus de surface. à cette extrême droite qui ne peut pas gagner seule autour de Marine Le Pen et de l'histoire du Rassemblement national. Ceci étant, il y a aussi une question, je veux dire, elle veut sans doute bien qu'il existe un petit peu en faisant des selfies pour TikTok. Il ne faut pas que ça aille trop loin parce que ça, on le sait. En effet, la latitude pour exprimer un désaccord. Il n'est pas très grand pour le Rassemblement national. Parce que l'enjeu de Philippot, ce n'était pas tellement qu'il prenne la place parce qu'elle venait d'arriver et qu'elle s'en conseillait. C'est que dès l'instant où il a marqué une distance avec elle, notamment sur le fait qu'elle ait renoncé à demander la sortie de l'Europe, Philippot, il ne pouvait que rester. C'est-à-dire qu'en fait, il y a des sujets sur lesquels l'écart est possible et puis des sujets sur lesquels l'écart n'est pas possible. Et je pense que la question des retraites... Au-delà de la question des retraites, c'est-à-dire en fait, au fond, à qui nous nous adressons, quel est notre électorat, quel est donc notre socle politique. Je pense que c'est ça le désaccord qu'il y a entre Marine Le Pen et Bardella et qui était incarné aussi par le conseiller économique de Bardella. Voilà, le conseil économique de Bardella, qui est en fait le bras droit de ce terrain, qui est l'autre milliardaire de l'extrême droite à Fauté de Bolloré, qui est celui qui est hyper actif avec ses grands banquets, comment ça s'appelle ? Le
canon français. Le
canon français, voilà, ce travail sur l'imaginaire. français, traditionnel, etc., et qui est vraiment un idéologue traditionnaliste très important. Et son bras droit, donc, était le conseiller de Jean-Dane Bardella. Lui, il a été viré. Parce qu'il ne peut pas y avoir sur des sujets aussi importants de dissonance entre d'autres. Je crois que Bardella, il va comprendre que ou bien il la boucle ou bien il dégage.
Sur ces bonnes paroles, on vous dit à la semaine prochaine. Ciao, ciao