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Emmanuel Macron appelle l'Europe à développer ses propres vols habités, comprenés vers l'espace. Le président français s'exprimait au deuxième et dernier jour du sommet international sur l'espace à Paris, le tout premier du genre. Coup de projecteur ce soir, non pas sur l'Europe, mais sur la place des pays africains dans cette course effrénée à l'espace. Et c'est avec Demet Kortmaz dans 64 Écos. Bonsoir Demet. Plusieurs délégations sont présentes depuis hier à ce sommet international sur l'espace.
Oui, et d'ailleurs vous savez que les liens entre l'espace et l'Afrique remontent en réalité à des millénaires. Le plus vieux site d'astronomie connu à ce jour se trouve en Égypte, à plus de 1000 km au sud des pyramides de Gizeh, sur le site de Napta Playa. Sa construction remonte à 7000 ans. Avant Jésus-Christ, ce cercle de pierres servait à suivre le solstice d'été et à l'arrivée de la saison annuelle de la mousson. C'est la toute première tentative de l'humanité d'établir un lien avec les cieux. Et c'est d'ailleurs l'Égypte qui lancera en 1998 le premier satellite africain, le Nilesat.
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Voilà pour ce rappel historique. Aujourd'hui, Demet, il existe combien de programmes spatiaux sur le continent ?
Alors aujourd'hui, une vingtaine de pays développent des programmes spatiaux. Le total des budgets à l'échelle du continent représente 800 millions de dollars. C'est quasiment un triplement du volume depuis 2018. Cela s'explique notamment par la multiplication des programmes. Aujourd'hui, ces pays africains ont réussi à mettre sur orbite 69 satellites. Plus de 120 satellites supplémentaires sont en cours d'élaboration pour des lancements prévus d'ici 2018. Aux côtés, vous savez, des pays historiques comme l'Égypte, l'Afrique du Sud, le Nigeria ou encore l'Algérie ou le Maroc, de nouveaux acteurs émergent comme le Gabon, le Sénégal ou encore la Côte d'Ivoire.
Et quels sont les enjeux, les défis qui se posent aujourd'hui à ces pays africains ?
Alors tout dépend des pays. Aujourd'hui, pour le Sénégal, qui a acquis la technologie de la construction d'un satellite grâce à son partenariat avec l'Université de Montpellier, l'objectif est de construire localement ce que font déjà. par exemple les ingénieurs kenyans depuis la conception et la construction du satellite Taifa 1 en 2023. Mais la fabrication et les tests sont encore... externalisées, d'où la nécessité de chapeauter tous ces programmes. Et d'ailleurs, depuis avril 2025, le continent s'est doté d'une nouvelle agence spatiale dont le siège se trouve au Caire.
Et quelle est sa mission
Alors, la SAF est chargée de coordonner la vingtaine de ses programmes nationaux. Elle a aussi pour mission de partager les données. Ça, c'est très important pour la prévention des catastrophes naturelles, pour suivre la déforestation, pour sécuriser les corridors. ou encore améliorer la connectivité. Elle est aussi chargée de mutualiser les expertises et de former les futurs ingénieurs aux technologies de pointe. La vraie question aujourd'hui, c'est ne pas savoir si l'Afrique fait la course ou pas à l'espace. Elle l'a fait déjà. La véritable question est de savoir avec quel degré d'autonomie, alors que l'essentiel des infrastructures sont encore contrôlées à l'extérieur du continent.
Merci beaucoup, Démeth, pour ce point. Et je précise que Thomas Pesquet, l'astronaute, réagira. Tout à l'heure, dans quelques minutes, à ce sommet, on verra ce qu'il en attend. Avant de refermer cette première partie, une pensée pour Christophe Glez, le journaliste français spécialiste du football, est toujours en détention en Algérie.