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Paris accueille le premier sommet international consacré à l'espace pour ambition notamment de mieux réguler la course à l'espace qui s'intensifie. Vous le savez, cet événement s'ouvre en l'absence du chancelier allemand qui devait co-présider l'événement aux côtés d'Emmanuel Macron. Alors quels sont les enjeux ? On voit cela avec Demet Korkmaz dans 64 Echos. Bonsoir des maîtres. Frédéric Mertz est donc absent pour des raisons de politique intérieure. Mais ce n'est pas tout. SpaceX et Blue Origin, rien que ça non plus. Plutôt embêtant pour un sommet consacré à l'espace.
Alors SpaceX de Elon Musk et Blue Origin de Jeff Bezos ont décliné l'invitation, dit-on, sous la pression de Donald Trump. Preuve que ce dernier espace de coopération internationale subit... Aussi les assos de la géopolitique. Et puis il ne faut pas oublier que c'est aussi un espace de concurrence et de lutte industrielle. Alors ce que ne souhaite surtout pas Washington, c'est la possibilité de réguler le secteur spatial. Or c'est tout l'enjeu de ce sommet à Paris.
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Et pourquoi justement y a-t-il besoin de réguler ?
Alors vous savez que les grandes règles du droit spatial datent des années 60. Ces règles ont été conçues alors que seuls quelques États à l'époque maîtrisaient la technologie spatiale. Ce n'est plus du tout le cas. Aujourd'hui, des milliers de satellites sont déployés dans l'espace. Cela engendre des risques de collision. Qui coordonne les trajectoires ? Qui partage les données pour éviter ces collisions ? Qui est responsable en cas d'incident ? Sans parler des actes menaçants, Chine et Etats-Unis développent des satellites qui sont capables de s'approcher très très près d'autres satellites concurrents pour pouvoir les surveiller, éventuellement les détruire. Bref, c'est comme si on avait construit des autoroutes sans code de la route.
Et sur le plan technologique, quels sont les enjeux ?
Alors, il y en a plusieurs, mais je voudrais d'abord donner un chiffre. L'économie spatiale mondiale a dépassé les 500 milliards de dollars en 2025. Ce montant devrait doubler d'ici 2035 pour atteindre 1100 milliards de dollars. C'est gigantesque. Aujourd'hui, l'espace, ce n'est plus une confrontation États-Unis versus Russie. La Chine est devenue un acteur majeur. En Inde, plus de 400 entreprises développent à Bangalore des satellites haute précision. Et les Européens, eh bien, ils tentent de ne pas décrocher.
Et pour les Européens, dans cette féroce bataille des maîtres, quel est justement l'enjeu, le défi ?
pour les Européens, l'enjeu, c'est d'être en mesure d'assurer des vols habités à coût raisonnable. Jusqu'ici, ils se sont appuyés sur les États-Unis et la Russie pour envoyer leurs astronautes dans l'espace. Pour être rentable, l'Europe a aussi besoin de se doter de fusils. de fusées réutilisables, comme le fait déjà SpaceX avec le Falcon 9, comme le font les Chinois. MySpace, la filiale d'Ariane Group, qui développe une fusée réutilisable, ne prévoit son premier vol d'essai. qu'au deuxième semestre 2027. Et puis, il y a aussi la question des lancements de fusées. La demande devrait atteindre son pic en 2030 en raison de la très forte demande en satellite. Donald Trump a fixé l'objectif de 1000 lancements par an d'ici 2030. À côté, les Européens en prévoient une dizaine par an.
Merci beaucoup, Demet. Voilà pour ce chapitre consacré à l'espace et à ce sommet inédit à Paris.