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RTL Matin, Céline Landreau. Et l'invité d'RTL Matin maintenant à 7h44. Bonjour François Ruffin. Bonjour. Député de la Somme, président de Debout et candidat à la présidentielle. Vous venez d'écouter François Langlais. Mieux payés nos dirigeants pour espérer être mieux gouvernés.
Moi, je suis un député au SMIC et je suis prêt à devenir un président de la République au SMIC parce que je considère que c'est de l'argent de poche. En fin de compte, il y a tout frais payé. Quand on est à l'Elysée, on ne paye pas ses factures de gaz. Quand on va à Brégançon, on ne s'arrête pas sur une aire d'autoroute pour faire le plein du péage. Ce n'est pas nous qui sortons notre carte bancaire. Donc, les 16 000 euros dont on parle, c'est de l'argent de poche. Donc, je suis prêt à très largement diminuer tout ça et dire qu'un président qui avait doublé son salaire, c'était Nicolas Sarkozy. Ça n'a pas donné d'exemple en maillette matière. ni de politique publique, ni en matière de lutte contre la corruption. Puisqu'au contraire, il est maintenant depuis multicandamé avec bracelet électronique et compagnie.
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Donc Sébastien Lecornu a raison de réfléchir à baisser les indemnités de ces ministres. En tout cas, je pense que l'exemple
doit venir d'en haut. Et quand on n'arrête pas de demander aux Français de faire des sacrifices, de se serrer la ceinture, ceux qui nous dirigent doivent être les premiers à montrer cet exemple-là.
Pour pouvoir toucher le SMIC à l'Elysée, il faudra être élu. François Ruffin, évidemment. Pour l'instant, vous souhaitez participer à la primaire socialiste, convaincu de pouvoir la remporter. Impossible de prendre la ligne de départ. On pensait que l'affaire a été tranchée. Hier, le PS a exposé à la presse les règles de cette primaire. Et puis dans la soirée, une lettre ouverte d'une centaine de responsables socialistes appelaient encore à les revoir, ces règles, pour vous permettre de finalement participer, comme Marine Tondelier d'ailleurs, ou l'homme d'affaires Mathieu Pigasse. Ça vire aux mauvais feuilletons, non ?
Écoutez, moi, je suis prêt à y aller. Normalement, il devait y avoir une grande primaire ouverte que je voulais de Poutou à Hollande. Et puis, ils ont eu peur. Ils ont eu peur que les partis socialistes, passe public, Raphaël Glucksmann, ils ont eu peur de perdre ça. Donc, ils se sont dit, on va se replier dans notre coin. Moi, je lis leur charte. Je dis, bon, j'ai rien contre ça. Pourquoi pas y aller ? Ça me fait marrer. Je suis prêt. à aller sur leur terrain, avec leurs règles, avec leur arbitre, et qu'est-ce qu'ils font ? Ils ferment la porte à triple tour, ils la blindent, ils mettent des mines derrière pour pas qu'on puisse rentrer. C'est pas de nique à bord. Bon, mais non, je le dis, moi je pense que ça ferait du bien. Ça ferait du bien à la démocratie, ça ferait du bien au pays que d'avoir un débat avec Raphaël Guzman sur comment on remet de l'argent dans le porte-monnaie des Français, comment on rapatrie de l'industrie dans notre pays, comment on fait pour que les logements payent moins cher dans les budgets. Je pense qu'avoir un grand débat public plutôt que de se... Vous savez, si aujourd'hui chacun avance dans son couloir, les communistes avec les communistes, les socialistes avec les socialistes, les écologistes avec les écologistes, les insoumis avec les insoumis, il n'y a pas d'espoir de victoire. Je suis là pour bousculer cette histoire-là. C'est l'an dernier, je suis allé à l'hommage aux Invalides à Lionel Jospin. C'était du temps du grand parti socialiste. Et pourtant, il a fait la gauche plurielle avec les communistes et avec les écologistes. Aujourd'hui, on a le petit parti socialiste. Il n'a
pas gagné la présidentielle.
Aujourd'hui, on a le petit parti socialiste qui dit non, on va faire ça tout seul dans notre coin. Ça ne peut pas marcher. Ça ne peut pas marcher comme ça. Et moi, je vois, je regrette que Raphaël Glucksmann ait peur, mais il n'a pas peur de moi, en fait. Il a peur des électeurs. Pourquoi ils font un suffrage censitaire ? Pourquoi ils mettent une barrière de 15 euros de droits de péage à l'entrée ? Pour avoir le moins de votants possible. Comme s'il y avait un risque que Raphaël Glucksmann soit trop populaire. Eh bien, il faut en plus qu'il n'y ait pas des ouvriers pour venir les déranger.
Si vous aviez pu y participer à cette primaire...
J'y suis prêt, toujours !
Oui, mais c'est dans un mois, exactement, le premier tour, donc le délai se réduit quand même chaque jour. Si vous pouvez y participer et si vous ne la gagnez pas, est-ce que vous allez vraiment pouvoir vous ranger derrière le vainqueur si c'est Raphaël Glucksmann ? Sacha Houllier, l'un de ses lieutenants, vous a interpellé sur X. Il dit... Tu es anticapitaliste, tu es souverainiste, tu es contre le nucléaire civil, tu es opposé à la régularisation des travailleurs étrangers. Comment peux-tu prétendre incarner la gauche sociale démocrate ? À le lire, il y a un monde entre vous.
Mais il y a un monde, surtout avec Sacha Houllier, il n'y a pas de doute, qui a appris le mensonge auprès d'Emmanuel Macron. Donc ça, ce n'est qu'un ramassis de mensonges. Est-ce qu'il faut que
vous n'êtes pas anticapitaliste ?
Je suis pour que dans les entreprises, il n'y ait pas tout le pouvoir au capital, mais qu'il y ait du pouvoir pour les salariés et qu'il y ait du pouvoir aussi pour les ONG, pour un certain nombre d'élus locaux. Le seul but des firmes, ça ne soit pas de faire du profit et de le redistribuer en dividende à leurs actionnaires. Mais vous savez, il me semble que ça, normalement, c'est partagé par les socialistes. Je veux dire, moi je me sens un héritier honnête, honorable de Léon Blum ou de Jean Jaurès. Voilà, je suis dans cette tradition, je suis dans cette tradition qui considère qu'en effet tout le pouvoir ne doit pas aller à l'argent.
A défaut d'avoir des relations apaisées actuellement avec les socialistes, vous en avez avec Dominique de Villepin. Vous avez débattu ensemble vous vous reniflez, ce sont vos mots. Qu'est-ce que vous sentez chez Dominique de Villepin ?
D'abord, dire peut-être que ça fait du bien. Ça fait du bien, il y a là deux hommes libres. Oui, l'un qui vient de la droite, l'autre qui est de gauche, mais qui débattent avec respect, avec honnêteté, qui se demandent qu'est-ce qu'on peut faire pour relever les défis du pays, le défi productif, pas de grand pays, sans grande industrie, sans une agriculture qui assure notre autonomie, le défi démographique, parce qu'il y a de plus en plus de personnes âgées dont il faut s'occuper. C'est
un ticket, on doit imaginer ça ?
D'abord dire qu'on en est loin. On en est loin. Vous savez, je disais, c'est un premier rendez-vous Tinder. Bon, c'est pas à ce moment-là qu'on présente le PAX. Parfois, ça va vite. Peut-être que ça va vite, mais pas pour avoir des enfants, pas pour s'installer, pas pour prévoir un avenir ensemble. Donc, en revanche, dire qu'il y a là un échange sur le diagnostic, sur les points communs qu'il peut y avoir à l'horizon et sur la nécessité qu'il y a de faire dérailler. Le train de l'histoire, le train de la fatalité, un train qui amène Marine Le Pen à l'Elysée. Il y a
quand même des divergences énormes, votre rapport à l'argent, la question du climat.
Mais bien sûr qu'il y a des divergences. Maintenant, vous savez, dans mon parcours, je suis venu ici dans ce studio pour présenter un film que j'avais fait avec Bruno Bonnel, qui était un député macroniste, chef d'entreprise, ainsi de suite. Et pourtant, nous avons travaillé ensemble sur les métiers du lien d'assistante maternelle, d'accompagnante d'enfants en situation de handicap, d'auxiliaire de vie. J'ai fait un autre film avec Sarah Salman, une députée qui tenait des propos à l'antenne contre les salariés, ainsi de suite. Je l'ai remise dans le monde du travail, quelque part, et je l'ai réinsérée. Et finalement, elle tient des propos qui sont aujourd'hui plutôt de gauche. Donc moi, je ne suis pas quelqu'un qui suis figé, qui me dit, tiens, vous savez quand on me parle de périmètre, on me dit le périmètre politique. J'ai l'impression d'être dans un enclos aux eaux et que je ne devrais pas en sortir. Mais non, si on laisse faire le jeu tel qui se produit, évidemment, on court au pire. Et je pense qu'il y a des républicains dans ce pays qui ont envie... qu'on change de chemin, et non pas pour faire du bricolage, non pas pour faire du ravaudage, et c'est quelque chose que je partage avec Dominique de Villepin, c'est que l'heure aujourd'hui est venue d'une grande remise à plat.
Alors l'enclos, vous en sortez pour faire campagne. Vous avez fait beaucoup d'auto-stop cet été. Vous en avez tiré des vidéos qu'on peut voir sur votre chaîne YouTube. On vous voit attendre beaucoup au bord de la route, échanger parfois avec ceux qui acceptent de vous laisser monter. Vous en avez retiré quoi
Vous savez, c'est des discussions. En tout cas, s'il s'agissait pour moi de casser le mur. Vous savez, quand vous faites campagne, vous êtes entouré par des gens qui pensent comme vous. Non, je ne voulais pas ça. Je voulais rencontrer les Français presque au hasard. Et qu'est-ce que j'en ai retiré ? Un grand temps de rupture dans la vie des Français, ce sont les ruptures affectives. Le moment où, finalement, il y a un divorce, il y a une séparation, et derrière, c'est un choc sentimental, mais c'est aussi un choc financier, ça peut être un choc de la pauvreté, c'est un choc sur le logement. Et je pense que c'est un moment où la société doit agir, où il doit y avoir, en gros, la sécurité sociale, prévu après-guerre, une lutte contre les risques de maladie, de vieillesse. Vous voulez une
lutte contre la détresse affective ? Non,
ce n'est pas la détresse affective. c'est qu'à ce moment-là, il doit y avoir une intervention publique pour se demander comment on fait pour que la femme, comment on fait pour que les enfants ne chutent pas dans la pauvreté. Et l'autre sujet qui était endémique, c'est la question du handicap. Le handicap ne doit pas être synonyme de pauvreté, il doit y avoir la possibilité de cumuler les revenus du travail et la loi de la situation. Et on retrouve tous ces
échanges évidemment sur votre chaîne YouTube. François Ruffin, vous restez avec nous.