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RT, RT le matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau. Et avec Marc-Olivier Fogiel à 8h16, à un mois de la primaire de la gauche, ils sont désormais 7 candidats déclarés sur la ligne de départ. Dans cette course qui s'accélère, Raphaël Glucksmann entend bien s'imposer comme l'homme capable de porter la gauche au second tour de la présidentielle. Il est votre invité ce matin, Marc-Olivier.
Et bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. D'abord, ce qui s'est passé dimanche en Allemagne, l'AFD qui a remporté une victoire historique en Saxe-Annal. Donc, première fois qu'un parti d'extrême droite arrive en tête d'un scrutin régional depuis la mort d'Adolf Hitler. C'est tout ce que vous combattez qui est en train de progresser en Europe, parti nationaliste, très critique de l'Union Européenne. Est-ce que vous, l'Européen convaincu, vous n'avez pas peur de vous faire ensevelir sous cette lame de fond en fait ?
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avez raison, c'est une lame de fond et je partage une inquiétude très profonde. Je pense que l'Europe est à un moment de bascule, que toutes nos démocraties sont menacées et que ce qui a été patiemment construit pendant 80 longues années, c'est-à-dire des démocraties libérales, un espace de paix sur le continent européen, tout cela est extrêmement fragile aujourd'hui. J'aimerais qu'on prenne la mesure du bouleversement qui a lieu.
Est-ce que ce n'est pas perdu d'avance ?
Non, rien n'est perdu d'avance. Par contre, ce qui est certain, c'est que la politique de l'autruche, mettre la tête dans le sable en espérant que ça passe, ça ne fonctionnera pas. En Allemagne, il y avait un tabou. Il y avait un tabou absolu sur le vote pour l'extrême droite. Et aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est que ce tabou a sauté. Et qu'il a sauté absolument partout en Europe. Nos démocraties sont menacées. Vous avez des partis d'extrême droite qui sont aujourd'hui contre les principes même de la démocratie libérale, mais qui sont aussi des alliés d'empires autoritaires qui menacent directement la sécurité des Européens, comme celui de Vladimir Poutine.
Mais est-ce que vous mettez dans ce sac-là que vous décrivez l'ERN qui a pris ses distances avec l'AFD, qui ne siège plus dans le même groupe au Parlement européen ? Est-ce que vous mettez l'ERN dans le même sac que l'AFD ?
Moi, je mets le RN dans le même sac que l'AFD, vous savez. Vous n'avez qu'à regarder ce qui s'est passé depuis une semaine. Quelles sont les déclarations du RN ? Si nous arrivons au pouvoir, nous coupons le robinet d'aide à l'Ukraine. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on sacrifie la sécurité des Européennes et des Européens. Ça veut dire qu'on donne la victoire à Vladimir Poutine. Vous avez vu qu'il y a une sorte de rétro-pédalage ? C'est l'identité politique. C'est leur vote au Parlement européen. C'est leur vote à l'Assemblée nationale. C'est une constante. Mais au-delà de ça, vous avez des liens extrêmement puissants avec l'ensemble de ces extrêmes droits européens. Et moi, ce que je vois au Parlement européen, c'est qu'ils votent la même chose sur absolument tous les sujets. Ils sont alliés. Donc bonnet blanc, bonnet blanc. Mais alerter sur les risques de bascule ne suffira pas. Moi, j'aimerais qu'on s'interroge sur pourquoi. Pourquoi aujourd'hui nos démocraties sont si faibles ? Et je vois une raison principale, c'est que pendant 80 longues années, ces démocraties ont connu la stabilité parce qu'elles avaient fait une promesse à leur classe moyenne et à leur classe populaire, qui était d'améliorer leurs conditions de vie par le travail. Cette promesse n'est plus tenue depuis 20 ans. Et depuis 20 ans, nous avons donc... Une explosion du populisme absolument partout, qui menace les bases mêmes de nos démocraties. Et si nous voulons faire face à cette vague, il faut répondre à la colère des travailleurs. Il faut faire en sorte que le travail fait à nouveau. Il faut faire en sorte qu'on redevienne des sociétés de travailleurs et qu'on réponde à cette colère des classes populaires et des classes moyennes. Est-ce que vous êtes
le mieux placé pour tenir ça ? Puisqu'à gauche, ces petits meurtres entre amis. J'entendais Olivier Faure hier. En gros, il vous décrit comme un candidat trop parisien, trop intellectuel, déconnecté des classes populaires. enfermé dans les questions internationales, et quand il met en avant ses origines populaires, sa mère vietnamienne, on voit bien qu'il vous vise, et il n'est pas le seul, vous le bobo parisien, fils de philosophe des beaux quartiers. Mais écoutez,
tout ça c'est de la caricature, et franchement c'est relancé, ce qui a fait perdre... toutes les dernières élections. La caricature, c'est ce que je dis ? Ou c'est ce qu'il fait ? C'est la politique des petites phrases. C'est vraiment pas au niveau des menaces qui pèsent sur nos démocraties. Moi, je mets des propositions sur la table. S'il veut les critiquer, qu'il les critique. Quand je dis qu'il faut taxer les méga-héritages, les 1% des héritages les plus gros, pas 99% des héritages, mais pour pouvoir financer la hausse des salaires, parce que nous sommes en train de devenir une héritocratie, c'est-à-dire une société de prix. et que les travailleurs se sentent légitimement lésés par les
évolutions. Pour que ça porte et que ça ne soit pas un vœu pieux. Vous nous dites ce matin sur RTL, il faut déjà que la gauche soit unie derrière vous. Hier, vous étiez place Vendôme pour la loi intégrale devant le ministère de la Justice à cette manifestation féministe. Vous avez été huée et une femme vous a pris à partie pour dire... Pas lui, il n'est pas de gauche. Il n'est pas la vraie gauche. Vous voyez bien que cette campagne dont vous faites l'objet, elle fonctionne dans le peuple de gauche.
Non, il y a deux femmes qui m'ont interpellé en disant vous n'êtes pas la vraie gauche. Très bien. majorité des femmes qui étaient présentes... Eh bien, toutes celles avec lesquelles j'ai eu des interactions m'ont remercié d'être là et m'ont remercié aussi d'avoir porté le combat sur, par exemple, la question du viol au Parlement européen, sur la définition du viol, sur les politiques qu'il faut mener pour mettre fin aux violences sexistes et sexuelles, sur le modèle espagnol que je tente de généraliser à l'échelle européenne. Ce modèle qui permet de briser une société patriarcale et de mener enfin une politique efficace contre les violences. Certes, mais je voyais les images. Dans un mois, c'est la... Je ne fais pas tout le monde à gauche, je vais vous le dire. Pourquoi ? Parce que si vous êtes insoumise aujourd'hui, si vous êtes insoumis, vous ne voulez pas que la famille sociale-démocrate, la famille socialiste, la famille démocrate, la famille de cette gauche qui est viscéralement attachée à la République et à l'Europe, vous ne voulez pas la voir émerger pour une raison simple, c'est que vous pensez avoir l'hégémonie sur la gauche. Moi j'ai un message simple, cette hégémonie. a pris fin, c'est terminé,
on arrête. Franchement, on est à un mois de cette primaire socialiste. Hier, je vous voyais sur cette place, vous étiez chacun à un bout de la place. Les gens qui allaient vous affronter dans un mois. Il n'y a pas un minimum d'union, on est d'accord ? Si jamais ce n'est pas vous qui remportez la primaire, vous allez soutenir, c'est le principe, le gagnant. On est d'accord ? Moi, quand je participe à un processus,
j'en respecte les règles. C'est aussi simple que ça, mais je compte bien la gagner. D'accord, mais donc vous allez soutenir le gagnant. Et surtout, je vais vous dire une chose. Moi, ce que j'espère, ce que je veux, ce pour quoi je vais me mobiliser, c'est que cette primaire solde tous les comptes. Qu'on définisse enfin une ligne cohérente et claire, qu'on refonde une gauche capable de gouverner ce pays, capable de mettre fin à dix années d'injustice et d'impasse macronisme, et capable surtout de prendre en charge le gouvernement de la France sur une ligne claire. Et donc, je pense que cette primaire, c'est le grand moment de la refondation. les auditeurs, ceux qui se sentent abandonnés par la gauche, ceux qui se sentent frustrés par l'état de la gauche aujourd'hui, par ces bisbis, par ces guéguerres. Olivier Faure autrement dit, mais je les appelle à s'inscrire, à adhérer. Ce scrutin, c'est votre opportunité de changer les choses. Vous avez les clés, prenez-les. Il y a un grand moment de vos fondations. Il y a des milliers et des milliers de personnes qui adhèrent en ce moment même. Si ce n'est pas vous,
et je ne vous le souhaite pas, vous soutiendrez un candidat qui sera élu. Si lui, il a moins de distance avec LFI que vous, puisque vous, c'était une ligne rouge, vous soutiendrez donc un candidat qui, lui, s'allier avec LFI.
On est d'accord ? Non, c'est très clair dans les règles de la primaire. Il n'y a pas d'alliance possible avec la France insoumise. C'est aussi simple que ça. Et donc, moi, je respecterai les règles tant que les règles sont respectées. C'est aussi simple que ça. Donc ça, c'est un avertissement à Olivier Faure. Mais c'est plus que cela. Vous savez, les militants socialistes ont voté. C'était pendant la Coupe du Monde, vous l'avez peut-être oublié. Non, je me souviens bien. Vous convenez que c'est un peu plus flou. Oui, mais ils ont tranché. Vous rappelez les règles au premier secrétaire. Mais à la fin, on ne peut pas s'asseoir sur le vote des militants. La caractéristique de notre espace politique, c'est d'être un espace démocratique. Moi, je vois bien. On explique que les autres espaces, à l'extrême droite, chez Mélenchon, tout ça, c'est carré. Mais oui, mais c'est normal, personne ne vote. Il n'y a pas de choix. Nous, nous respectons le vote des militants. Sur cette primaire, vous
êtes interpellé par François Ruffin. Il dit qu'il en a marre d'être pris pour une bille, en gros. Il dit qu'Olivier Faure dit qu'il est favorable à la primaire de Ruffin à Glucksmann. Ce cirque dure depuis maintenant un an et demi. J'ai poliment acquiescé, accepté que mon nom serve de caution parce que je souhaiterais sincèrement l'unité et le débordement via une grande primaire de Poutou à Hollande. Mais il dit que vous avez peur de lui. Est-ce que vous, qui faites partie des partis organisateurs, il faut donc que les partis organisateurs valident, vous acceptez François Ruffin dans la première ? Je vais vous répondre très
simple, on a un point commun. C'est que nos deux noms ont été utilisés de la même manière. La primaire de Ruffin et Glucksmann, moi j'ai toujours dit que j'étais contre, j'ai le privilège de la constance. Je pense qu'il faut, au contraire, qu'on ait une famille socialiste et social-démocrate qui soit unie avec un candidat sur une ligne claire. Et de toute façon, je vais y revenir. Les militants socialistes, ils avaient deux choix. Le choix proposé par Olivier Faure, qui était celle de cette grande primaire que M. Ruffin appelle de Poutou à Hollande, et qui est une sorte de primaire fourre-tout, où on ne sait pas quelle est la ligne idéologique. Et ils avaient le choix d'une primaire entre le parti socialiste, place publique, sur la base de ce que nous avons déjà construit aux Européennes, et qui a levé l'espoir de millions de Français et des Français. Les militants socialistes ont tranché. On ne change pas les règles en cours de jeu. Vous m'avez interrogé, moi je respecterai les règles, même si je la perds. Mais par contre, ce que j'attends, c'est que tout le monde respecte les règles. Et quand on est premier secrétaire du Parti Socialiste, la première des choses qu'on doit faire, c'est respecter le vote de ses propres militants. François
Ruffin qui sera demain l'invité de Céline Andro. Pour terminer, François Hollande, qui lui ne participe pas à la primaire, mais qui attend que vous vous plantiez pour rendre votre place. Je n'ose
imaginer qu'il y ait un président de la République. Je n'ose l'imaginer. Vous voyez bien, il est en campagne, vous avez vendu le reportage dans l'huit heures. Je pense qu'il sera avec nous. Je pense que nous allons... Vous voyez bien qu'il attend que vous plantiez pour prendre la place. Je pense que beaucoup de gens attendent que je me plante. Et si vous voulez, ça fait même des années que beaucoup de gens attendent que je me plante. La bulle sondagière. Mais on ne comprend pas pourquoi ils parlent aux Françaises et aux Françaises. Mais je vais vous dire, il y a une chose très simple. C'est que moi, je parle aux Françaises et aux Françaises. Je leur parle de l'éducation. Vous avez le classement PISA qui va sortir. Notre école publique est en crise. Eh bien, il faut la relever. Je parle, moi, du salaire des Françaises et des Françaises. Je parle de la justice fiscale, je parle de la démocratie, je parle de la perspective européenne de la France, je parle de la nécessité de mener de grands projets d'innovation. Moi, c'est de ça dont je parle. Et c'est pour ça que ça fonctionne. Si on arrêtait de parler de process interne, si on arrêtait de parler de tambouille, peut-être que les Françaises et les Français nous écouteraient à nouveau. Et donc moi, je compte bien faire campagne sur des sujets qui concernent les Françaises et les Français. Oui,
non, simplement oui, non. Est-ce que François Hollande est trop à droite pour vous, comme il est trop à droite d'Olivier Faure ?
Oui, non ? Est-ce qu'il est trop à droite pour vous ? François Hollande fera la campagne du candidat qui sera désigné pour gagner l'élection. Mais moi, je vais rassembler, j'ai besoin de tout le monde. Je vais vous dire pourquoi j'ai besoin de tout le monde. C'est simple, parce que moi, mon objectif, c'est que nous gagnons la présidentielle. Et je suis convaincu qu'une majorité de Françaises et de Français ne veut pas la continuité des dix années de macronisme, ne veut pas d'un ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron au pouvoir, ne veut pas se poser la question en permanence de savoir, après avoir été ministre pendant dix ans, où sera Gérald Delmarin ? Est-ce qu'il sera... au ministère des Affaires étrangères ou au Premier ministre, et qu'ils ne veulent pas non plus la bascule de la France dans le camp des poutinistes, des Trumpistes, incarnés par Marine Le Pen. J'en suis convaincu, notre responsabilité est immense, et moi je pense que nous allons la gagner. C
'est clair, merci Raphaël Glucksmann d'être venu ce matin, Céline Soury, puisqu'on lui a mis une minute de retard.