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vous Christophe Dansette, bonjour Christophe.
Bonjour Pauline. On
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
change tout à fait de région et de sujet. Vous nous emmenez dans un endroit magnifique à Saint-Paul-de-Vence, dans le sud de la France, à la fondation Mag. C'est là que le président Macron a invité les grands noms du cinéma mondial et le président sud-coréen, figurez-vous, pour un sommet baptisé Sommet Lumière. On parle cinéma. Pourquoi Lumière et pourquoi maintenant ?
que Lumière, évidemment, c'est le cinéma et parce que ce cinéma vit une crise paradoxale. Jamais nous n'avons regardé autant d'images, mais de moins en moins dans les salles de cinéma et pas forcément d'ailleurs des films. Et donc ce Davos du 7e art, comme il est déjà surnommé par la presse, est organisé pour réfléchir à son avenir sous la haulette du CNC, l'organisme français du cinéma. Plus de 200 représentants venus d'une soixantaine de pays sont attendus et le casting, il est impressionnant. Il y a les grands noms des studios américains, Disney, Universal, Sony, Netflix. Côté français, Canal+, Pathé, Gaumont, Beniawan, les exploitants de salles, mais aussi côté réseaux sociaux, il y a TikTok, mais il n'y a pas Meta ou Instagram, ni YouTube. En revanche... Il y a aussi un certain nombre d'acteurs et de réalisateurs qui sont présents, Georges Clooney, Costa Gavras ou bien les Iraniens, Jafar Panahi. Le sommet, il est co-organisé, vous le disiez, par la Corée du Sud. Et ce n'est pas un hasard parce que de Parasite à Squid Game, en passant par des webtoons ou des jeux vidéo, le pays est devenu l'une des premières puissances de l'image. Et comme la France, elle considère le cinéma comme une industrie stratégique. L'objectif est donc de travailler ensemble et c'est d'ailleurs tout le sens. d'une tribune publiée ces derniers jours par Emmanuel Macron dans le magazine Variety, qui appelle à une mobilisation multilatérale pour l'avenir du cinéma.
Et oui, tous ces acteurs viennent défendre leur place dans une industrie bouleversée.
Bouleversé par les plateformes, par les réseaux sociaux et désormais aussi par l'intelligence artificielle. En 2019, environ 8 milliards de billets de cinéma étaient vendus dans le monde. En 2025, on n'en compte plus que 5 milliards tout juste. Environ 3 milliards de billets ont donc disparu. Bien sûr, il y a eu le Covid en 2020, les salles de cinéma étaient fermées. Mais 5 ans plus tard, la fréquentation n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant pandémie. Entre temps, les habitudes, elles ont changé. Le public s'est installé devant Netflix. Puis devant TikTok ou encore YouTube. Dans 20 grands marchés étudiés par Digital Eye, une personne regarde désormais YouTube plus de 99 minutes par jour contre 93 minutes par Netflix. Un an plus tôt, la tendance a été inversée. Netflix était devant YouTube. Le cinéma n'a donc pas simplement des problèmes de salles. Il mène une bataille mondiale pour capter notre attention.
Pourtant, certains films continuent d'attirer massivement les spectateurs.
Oui, c'est vrai qu'il y a des exceptions. Des blockbusters qui résistent. Le dernier Spider-Man qui a dépassé les 2,4 milliards de dollars de recettes mondiales. L'Odyssée qui a franchi le milliard. Mais ces succès cachent une fragilisation du reste de la production, notamment des films indépendants et des œuvres au budget intermédiaire. En France, les investissements dans la production cinématographique ont chuté de près de 5% en 2025. Les apports des diffusés... ont shooté de 12%. Or le système français repose précisément sur cette solidarité des chaînes de télévision, Canal+, en tête, qui financent le cinéma en échange de droits de diffuser des films. Les plateformes étrangères de vidéo à la demande participent désormais elles aussi à cet effort. Elles ont investi plus de 76 millions d'euros dans le cinéma français en 2025. Mais les réseaux sociaux, les plateformes de partage vidéo contribuent beaucoup moins par rapport au poids qu'ils occupent désormais dans nos vies. C'est ce que dénoncent aujourd'hui dans le journal Le Monde plusieurs figures de la filière parmi lesquelles les patrons de MediaOne, de Gaumont ou encore de Pathé. Ils demandent notamment la suppression de l'abattement de 66 millions d'euros. de bénéficier ces plateformes pour le calcul de la taxe vidéo.
vous l'avez évoqué, l'un des autres grands bouleversements, c'est bien sûr l'intelligence artificielle.
Oui, qui peut représenter une promesse, mais aussi fortement une menace. L'IA peut réduire fortement le coût des effets spéciaux, accélérer des tournages, le doublage, la post-production. Le réalisateur du film diffusé sur Netflix sous la scène, Xavier Jans, estime qu'il aurait pu diviser par deux le coût et le temps consacré à certains effets visuels. IA peut aussi reproduire une voix, un visage ou un univers artistique sans l'autorisation de son créateur. Le sommet doit donc avancer sur trois principes, le consentement, la transparence et puis aussi la rémunération.
pour les bouleversements. Quelles autres annonces sont attendues pour ce sommet
Elles sont d'ordre financier principalement. Selon le journal Les Echos, la France devrait annoncer la création d'un fonds international d'un milliard d'euros. La moitié serait apportée par BPI France, l'autre par des investisseurs étrangers, en particulier sud-coréens. L'objectif serait de soutenir des productions indépendantes et des coproductions internationales. En France, Canal Plus avait déjà promis d'investir près d'un milliard d'euros dans le cinéma entre 2028 et 2032. Le sommet doit enfin déboucher sur plusieurs initiatives. La protection du patrimoine cinématographique, le soutien aux salles indépendantes dans les régions les plus fragiles et un programme international, et c'est un point très important, d'éducation aux images. L'enjeu, au fond, il est simple, c'est de continuer à financer des films, protéger ceux qui les créent et surtout à faire en sorte que ce cinéma trouve encore. son public.