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Fabien Roussel est candidat pour la deuxième fois candidat à la présidentielle. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que c'est une candidature de plus à gauche et peut-être pour rien
D'abord il y a une pluralité de candidats, c'est la démocratie et c'est tant mieux. Et puis surtout je ne pense pas que la gauche souffre d'un trop-plein de candidats, elle souffre d'un manque d'électeurs. Et le rôle de la candidature de Fabien Roussel c'est de faire en sorte que la gauche soit plus forte, pas de la fragiliser d'ailleurs. Il a pris un engagement hier qui est très clair et que je veux rééditer ici. Il ne s'agit pas pour nous de polémiquer avec quiconque à gauche et qu'on n'attende pas de nous qu'on tape sur les autres candidats de gauche. Nous, ce que nous voulons, c'est des propositions utiles pour les Français et notamment pour la France du travail. On va y revenir,
mais en 2022, Fabien Roussel n'avait fait que 2,28% des voix. Il n'est pas crédité beaucoup plus en ce moment dans les sondages d'opinion. Donc je repose ma question. Il incarne quoi Fabien Roussel ?
Donc, 2027 ne sera pas la réédition de 2022, je ne le souhaite pas. Et je pense que quand les Français regardent ce qui s'est passé depuis 2022, je ne suis pas persuadé qu'ils soient très heureux de l'État dans lequel la France se trouve. Ceux qui l'incarnent, c'est la France du travail. Ceux qui ont travaillé toute leur vie et doivent pouvoir bénéficier d'une pension de retraite correcte, contrairement à ce que le gouvernement s'apprête à faire en ponctionnant sur les pensions de retraite des Français. Ceux qui travaillent et doivent pouvoir vivre de leur travail avec un salaire convenable. Ceux qui sont privés de travail. et sont condamnés au chômage, nous voulons incarner la France du travail. Et nous voulons aussi, je le dis très clairement, nous attaquer à la fraude fiscale. Et le grand engagement pris par Fabien Roussel hier, et ce sera une grande thématique de campagne, c'est la lutte contre la fraude fiscale. Il n'est pas acceptable que chaque année, en France, on ait 100 milliards d'euros qui partent en fumée parce que des gens... Des très riches se débrouillent pour ne pas payer d'impôts. C'est une manière de poignarder la République et ce sera pour nous un engagement majeur dans cette campagne.
Vous parlez beaucoup effectivement du travail. Quand on regarde de près une enquête qui a été faite en mai dernier par l'IFOP, 48% des ouvriers votent désormais pour Marine Le Pen, 19% pour Jean-Luc Mélenchon et seulement 3% pour Fabien Roussel. Vous avez totalement perdu le monopole de la défense des classes populaires.
Vous parlez beaucoup des sondages. On a une campagne électorale. Je me refuse à l'idée que les sondages décident à la place des gens et en particulier à la place des
travailleurs. Nous allons
faire de cette question du travail le cœur de cette campagne électorale. Il est inacceptable qu'on ait... Tant de Français qui travaillent, qui se lèvent tôt, qui se couchent tard, qui font des efforts considérables et qui n'arrivent pas à vivre de leur travail. Donc, l'augmentation des salaires. Donc, par exemple, l'indexation des salaires sur les prix. Fabien Roussel fait cette proposition. C'est-à-dire qu'il n'est pas normal que le salaire des Français soit dévoré par l'explosion des prix. Je pense en particulier à l'explosion des prix des produits alimentaires. L'indexation des salaires sur les prix, c'est par exemple... L'une des propositions que Fabien Roussel fera dans cette campagne, ça se pratique en Belgique, je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas se pratiquer en France.
Vous voyez bien aussi qu'il y a quand même un embouteillage de candidatures à gauche. Est-ce que cette multiplication de candidatures, ce n'est pas en train de condamner finalement la possibilité de la gauche au second tour ?
Je ne le pense pas. D'ailleurs, pour le coup, si vous êtes si attaché au sondage, ce n'est pas ce que montrent les sondages, puisque un certain nombre de sondages disent qu'un candidat de gauche pourrait être au second tour. Mais le tout, ce n'est pas uniquement d'être au second tour de l'élection présidentielle. gagner l'élection présidentielle, c'est d'éviter la victoire de l'extrême droite. Et pour ça, on a besoin d'une gauche qui s'adresse à de larges couches de la population, qui soit majoritaire. Et puis vous savez, dans la Ve République, il n'y a jamais eu de victoire de la gauche avec un candidat unique au premier tour. Il y a eu un candidat unique en 1974 et la gauche a perdu. Il y a eu une pluralité de candidats en 1981, la gauche a gagné. Donc si... La solution miracle, c'était un candidat unique, ça serait ce qu'il faut. Et là, vous voyez
quand même qu'il y a une multiplication. Il n'y a pas plus de candidats que d'habitude. Il y aura un candidat de la social-démocratie, il y aura une candidate écologie si Marine Tondelier va jusqu'au bout. Il y a François Ruffin qui est également là, Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon. Ça fait beaucoup. En 2022, Fabien Roussel ne s'était pas retiré. Jean-Luc Mélenchon a échoué au second tour, pour se qualifier au second tour, à 400 000 voix près. Fabien Roussel, il en a obtenu 800 000. Il n'a jamais regretté, Fabien Roussel, de ne pas s'être tiré. Et combien d
'abstention, Madame Bouillaguet ? 10 millions de Français qui se sont abstenus. Mais là, quand même, on sait que Jean-Luc Mélenchon n'a pas pardonné à Fabien Roussel. Est-ce que Fabien
Roussel a regretté un moment de ne pas s'être tiré ? Ne
psychologisez pas les choses. 10 millions de Français se sont abstenus en 2022. Comment on fait en sorte que des millions de travailleurs qui, une fois de plus... souffrent, n'arrivent pas à vivre de leur travail, retrouvent le chemin des urnes et se disent que la solution est à gauche. C'est ça le rôle de la candidature de Fabien Roussel, c'est ce pourquoi il est candidat. Et une fois de plus, j'aimerais qu'on puisse parler des propositions sur... le travail sur la lutte contre l'évasion fiscale, qui sont les grands sujets que Fabien Roussel abordera.
Mais pour terminer sur ce sujet, ça veut dire que Fabien Roussel ira, quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, jusqu'au bout de sa candidature ?
Ça veut dire que quand on est candidat, on est candidat jusqu'au bout. Je ne doute pas du fait qu'il obtiendra sans difficulté les 500 parrainages nécessaires pour être candidat. Évidemment, il sera sur la ligne de départ. Sur la ligne
de barre, mais est-ce qu'il sera sur la ligne d'arrivée ? C'est-à-dire que s'il voit à un moment Jean-Luc Mélenchon le mieux placé et de loin à gauche, il ne se retirera pas ?
Madame Bouillaguet, une fois de plus, on peut faire toute l'interview là-dessus. Ce n'est pas d'être au second tour, c'est de gagner le second tour. Et pour l'instant, il n'y a pas de candidat de gauche qui est donné gagnant au second tour. Et c'est ce à quoi il faut remédier dans les semaines et les mois qui viennent.
Et c'est ça peut-être le problème pour Jean-Luc Mélenchon ? Je ne suis pas là une fois de plus pour commenter la candidature de Jean-Luc
Mélenchon. Je suis là pour faire les propositions de Fabien Roussel, les présenter, les développer, les argumenter.
Et en revanche, en cas de duel, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, vous, vous voteriez pour qui ? Nous
avons toujours dit que face à l'extrême droite... nous ne permettrons jamais la victoire de l'extrême droite. Nous avons toujours pris nos responsabilités et nous continuerons à le faire. Mais le sujet, c'est de faire baisser l'extrême droite. Et pour faire baisser l'extrême droite, il nous faut faire des propositions qui redonnent de l'espoir aux classes populaires. C'est ce que Fabien Roussel va faire dans cette campagne. Est-ce que ça veut dire que
vous assumez d'une certaine manière de marcher sur les plates-bandes du Rassemblement national en parlant de sécurité, en parlant de lutte contre l'immigration ? de fraude fiscale comme vous le faites ce matin ?
En l'occurrence, vous mélangez absolument tout. Je n'ai jamais dit que notre objectif était de lutter contre l'immigration. Jamais de la vie, moi j'assume. Non, mais vous avez un discours sur l'immigration. Je suis favorable à l'accueil de ceux qui cherchent un asile chez nous. Il faut le faire de manière respectueuse, il faut le faire avec une intégration à la clé. Ça n'a rien à voir avec la lutte contre la fraude fiscale. La lutte contre la fraude fiscale, c'est de la lutte contre la délinquance en col blanc. Par exemple, c'est une proposition que fait Fabien Roussel, et je voudrais la dire ici, c'est... Et travaux d'intérêt général systématique pour toute personne qui a été prise les mains dans le pot de confiture. Aujourd'hui, un fraudeur fiscal négocie son amende. Vous vous rendez compte, on est dans un pays où quand quelqu'un est pris la main dans le sac parce qu'il a fait de la fraude fiscale, il négocie son amende. C'est absurde. Nous disons travaux d'intérêt général, travaux forcés, dans des services publics. Ce qui permettra aux gens qui font de la fraude fiscale de voir les conséquences de leurs actes. Parce qu'effectivement... Si nos services publics, l'hôpital, l'école sont en difficulté, c'est parce qu'on n'a pas suffisamment de moyens pour les financer. Et la fraude fiscale, c'est 100 milliards d'euros qui précisément manquent à nos services publics. Et donc, c'est une proposition très concrète faite par Fabien Roussel.
En cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle, Marine Tondelier notamment, ou Mathilde Panot également, appellent déjà à une désobéissance civile. Est-ce que vous faites pareil ?
Évidemment qu'il y aura besoin de résister. Simplement, moi je ne me fais pas à l'idée que la victoire de l'extrême droite serait inéluctable. On est à 8 mois d'élection présidentielle. Ça veut dire quoi ? Résister
jusqu'où ? Remettre en cause finalement un parti qui a été élu démocratiquement ? C'est comment ?
Quand un parti politique a été élu, on n'a plus le droit de manifester ? Le droit de manifester est un droit constitutionnel. Le droit de grève est un droit constitutionnel. Et donc tous ces droits, je l'espère, ne disparaîtront pas si l'extrême droite gagnait l'élection présidentielle. Et donc évidemment qu'il continuera à y avoir des mobilisations, des associations qui s'exprimeront, qui se battront et nous serons à leur côté.
Un dernier mot encore. Hier, lors des régionales en Allemagne, l'AFD accède au pouvoir pour la première fois en Saxanal dans l'Est du pays. Ça traduit quoi ? pour vous cette poussée de l'extrême droite ? Ça
traduit deux choses en tout cas en Allemagne. La première, c'est un gouvernement national qui associe la droite et le centre-gauche et tout ça conduit comme souvent à un désastre absolu. Et puis deuxièmement, la réunification allemande n'a manifestement pas tenu ses promesses en Allemagne de l'Est. Sinon, il n'y aurait pas autant d'habitants d'Allemagne de l'Est qui aujourd'hui exprimeraient une forme de nostalgie vis-à-vis du passé puisque beaucoup de gens ont dit que l'extrême droite a fait... Là-bas, campagne sur une forme de nostalgie. C
'est un signal pour la France ? Est-ce que vous pouvez vous comparer l'AFD, le Rassemblement national, même si le Rassemblement national a pris ses distances avec l'AFD ? En tout cas,
ce qui est sûr, c'est qu'en Allemagne comme en France, il faut être capable de résister à l'extrême droite. Il faut que la gauche soit capable de s'adresser aux classes populaires, à la classe travailleuse. Et c'est ce que nous voulons faire avec la campagne de Fabien Roussel.
Mais juste, vous mettez sur le même plan l'AFD et le Rassemblement national ?
cas, c'est l'extrême droite. Là-bas, comme ici, il faut la combattre.
Merci beaucoup Yann Broussa. Bonne journée à vous.