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Et un de plus sur la liste, déjà fourni des candidats à la présidentielle à gauche. Fabien Roussel annonce ce soir officiellement sa candidature. Le secrétaire national du Parti communiste a devancé tout à l'heure les critiques que pourrait, devrait lui faire la France insoumise.
je suis candidat à l'élection présidentielle. C'est un choix largement réfléchi, mais aussi largement soutenu à 72% dans mon parti. Mais surtout, ça fait des années que je parcours la France. Je suis maire d'une commune du Nord, je connais la France de l'intérieur. Et je sais les souffrances et les espérances de changement de nos concitoyens. Mais un vrai changement qui va redonner du pouvoir d'achat, va respecter les travailleurs. Et c'est pour cela que j'ai fait ce choix-là, avec un programme, un projet de rupture pour notre pays.
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Bonsoir, vous êtes l'un de nos éditorialistes politiques avec Fabien Roussel. C'est donc une candidature de plus à gauche. Est-ce que c'est le signe que pour la gauche, le moment de l'unité, on n'y arrive pas
Non, on n'y arrive pas, il paraît impossible. En réalité, ce moment-là, il a été écarté à partir du moment où a été enterré, vous savez, le grand projet de possibilité d'une... Vaste primaire de la gauche non-mélenchoniste. Et puis finalement, on en a beaucoup parlé, mais les chefs à plumes n'ont pas réussi à s'entendre là-dessus. Chacun a plutôt avancé son terrain, disant qu'il avait ses idées à défendre. Et finalement, qu'est-ce qu'on a ? Une primaire qui sera réduite à place publique et au PS. Et puis des candidats comme ça qui se déclarent, donc Fabien Roussel ce soir, Marine Tondelier, peut-être d'autres à venir, peut-être même certains en embuscade, parce que qui sait si un François Hollande, par exemple, qu'est-ce qu'il décidera en décembre selon l'évolution de la primaire du PS ? se tiendra en octobre.
Alors pourquoi ? tant de candidats à gauche
? En réalité, ça tient à notre système politique, à la Ve République, parce que l'élection présidentielle, c'est le scrutin majeur, le scrutin suprême, comme on dit. C'est là où vous avez les médias qui sont autour de vous, qui vous mettent en valeur pendant quasiment un an, pendant l'année de la campagne. Donc il y a une visibilité maximale. Et un parti, s'il veut exister, il faut qu'il soit incarné par une candidature à la présidentielle. Donc quelque part, ça tient à cela. Il y a non seulement le fait d'être visible, mais également une candidature à la présidentielle. Après, ça vous... du poids, de peser, alors de peser si on réussit, évidemment, au moment où il faudra négocier avec le ou la gagnante les circonscriptions pour les élections législatives à suivre.
Cette profusion, Henri, de candidats à gauche, elle profite à qui ?
Alors, dans un premier temps, très clairement, elle profite au bloc central. Et à celui dans ce bloc-là, c'est-à-dire centre-droite, celui qui est le mieux placé actuellement dans les sondages, c'est Édouard Philippe. Donc c'est à lui que ça profite le plus. Pourquoi ? Parce que plus un Jean-Luc Mélenchon aura de rivalité à sa gauche, et notamment celle de Fabien Roussel, il faut se souvenir que... En 2017, le PC, alors à l'époque, c'était Pierre Laurent, ce n'était pas encore Fabien Roussel, c'était rangé derrière la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Donc évidemment, ça grignote et ça permet, ça grignote chez lui et ça peut favoriser une accession d'un Édouard Philippe au second tour.
oui, parce qu'il faut rappeler, vous le disiez, parce qu'on parlait de cette division, en 2022, la France Insoumise avait justement reproché vertement à Fabien Roussel une candidature en solitaire qui, selon LFI, fracturait le parti.
Le fait est que, oui, on peut le dire comme ça. Fabien Roussel, lui, il prétend qu'il a des idées à avancer, notamment ceux qui veulent, quand je parlais de volonté d'exister, parce que le PC est un parti en déclin qui paraît un peu inexorable. Là, l'idée, c'est d'essayer de récupérer de l'électorat ouvrier qui est passé au RN. Mais c'est d'autant plus paradoxal, ce manque d'unité, qu'on voit bien que, sondage après sondage, les électeurs de gauche, disons le peuple de gauche, lui, il demande cette unité. Parce qu'il n'a qu'une angoisse, c'est que ça favorise à la fin une victoire de l'extérieur. Et on voit bien, avec notamment ce qui s'est passé en Allemagne aujourd'hui, que c'est en effet un enjeu bien réel.