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'abord, il faut expliquer à nos téléspectateurs pourquoi cette question a été posée tout à l'heure à Jean-Philippe Tanguy, car les signes de tension ou de désaccord entre Marine Le Pen et Jordan Bardella se sont multipliés ces derniers jours.
il semblerait qu'il y a un début de fissure au sommet du Rassemblement National. Alors, il y a cette scène racontée ce week-end par nos confrères de Libération. On est lundi, c'est le bureau exécutif du parti. Marine Le Pen annonce qu'elle veut inviter sa nièce, Marion Maréchal, à la rentrée parlementaire du RN au Touquet, qui se déroulera le week-end prochain. Et toujours selon Libération, Jordan Bardella aurait très mal réagi, quitté la pièce et lancé cette phrase, c'est elle ou moi, phrase qui n'a pas été confirmée. Alors, si elle est avérée, pourquoi cette réaction ? Je rappelle que le retour de Marion Maréchal n'est pas anodin. Les relations avec sa tante Marine Le Pen ont été extrêmement tendues par le passé. En 2022, Marion Maréchal avait soutenu la candidature d'Éric Zemmour. Et ça, beaucoup, dont probablement Jordan Bardella ne lui ont pas pardonné. Il se méfie. Et notre question, c'est est-ce qu'il verrait en elle potentiellement une concurrente à sa place de lieutenant, à sa place de numéro 2 ? Marion Maréchal, c'est une personnalité connue, qui est populaire auprès d'une partie de l'électorat d'extrême droite et donc qui dispose de son propre poids politique. Donc,
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cette annonce aurait suscité des tensions au point que, toujours d'après nos confrères de Libération, Jordan Bardella aurait quitté une réunion très en colère. Stéphane Vernet, tout va bien, nous dit donc Jean-Philippe Tanguy. Est-ce qu'on peut le croire
je ne sais pas. En fait, c'est les tensions entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. On nous en parle régulièrement. Ça fait partie du feuilleton. Quand les intéressés s'expriment sur la question, ils vous disent qu'il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre eux. C'est ce qu'a redit Jordan Bardella hier, d'ailleurs, qui avait soutien ineffectible, personnel et politique. Moi, je pense que, si vous voulez, une part de ce qui fuite est d'abord dû aux entourages des uns et des autres. Et il faut quand même vous rappeler qu'au sein du Rassemblement national, dans l'appareil, dans la machine, il y a un certain nombre de cadres qui étaient très proches de Marine Le Pen et qui ont eu très peur qu'elle soit inéligible. Ils craignaient que Jordan Bardella, candidat à la présidence de la République, ce soit synonyme de fin de carrière, entre guillemets, pour eux, ou d'un recul ou d'un repli. Donc, je pense qu'en fait, si vous voulez, vous avez les gens, y compris parmi ceux qui démentent les rumeurs, qui sont, à mon avis, les premiers à les alimenter. Voilà. Donc, il y a ce qui se dit publiquement et ce qui se passe en off. Après, juste pour revenir sur la question de... de Marion Maréchal. Marion Maréchal c'est la famille. C'est la nièce de Marine Le Pen, mais Marine Le Pen a élevé Marion Maréchal avec sa soeur. Elle s'appelle Marion parce que c'est le vrai prénom à l'état civil de Marine Le Pen. Le prénom à l'état civil de Marine Le Pen, c'est Marion. Elle s'appelle Marion Le Pen et c'est la marraine de Marion Maréchal. Et c'est pour ça que Marion Maréchal s'appelle Marion. Donc il y a eu des moments où vous avez des tensions sur la scène politique, etc. Et aujourd'hui, il se passe deux choses. D'abord, il y a les... Il y a le côté famille-clan chez Le Pen qui a toujours existé. Et en fait, c'est une famille qui passe son temps à se déchirer et à se rabibocher. Et là, je pense qu'on est à un moment de rapprochement entre les deux femmes. Et puis, je pense que Marine Le Pen, politiquement parlant, elle a besoin aussi de Marion Maréchal. Vous l'avez très bien dit. Elle est populaire, elle passe très bien auprès d'un certain électorat, etc. Et je pense qu'en fait, il y a... Il y a cette idée qu'elle peut être utile ou servir pendant la campagne. Que ça agace ! Et dans la perspective de la présidentielle, que ça agace Gendarme Bardella, ça ne m'étonne pas parce qu'il y a longtemps eu ce côté, cette rivalité entre les deux pousses, etc., qui se disputent la lumière. Que ça ne lui plaise pas sûrement. Est-ce qu'il a vraiment dit « c'est elle ou moi ? » Ça, je n'en sais rien. Et encore une fois, qu'il y ait des tensions à l'interne, sûrement. Après, ça ne les empêche pas d'afficher toujours, tout le temps, une unité de manière… de manière publique, on n'en est pas à un point de rupture. On
n'en est pas à un point de rupture. Si Jordan Bardella a bien dit cette phrase, c'est elle ou moi, vous ne pensez pas qu'il pourrait aller jusqu'au bout et la mettre ?
Je ne sais pas si on en a encore à cette scène d'avant les années 2000, de la scission à l'époque du Front National entre maigretistes et le péniste. C'est un grand
classique de l'histoire du parti ? C'est un
grand classique. C'est un parti, nous, sur le plan constitutionnel, on analyse. Je mets à gros guillemets comme un parti bonapartiste, c'est-à-dire qu'il y a un chef qui, et les autres, exécutent derrière. Maintenant, je rebondis sur ce que vient de dire Stéphane, c'est qu'on fait revenir une Le Pen, et j'en dirai deux mots juste après, alors que Jordan Bardella, qui a 31 ans, et donc c'est vrai que ce n'est pas pour cette présidentielle ni pour la suivante. Il a l'avenir devant lui. Et il y a une partie des électeurs probablement un peu plus modérés, avec tout ce que ça signifie, que le RN récolte depuis 2017, qui sont plutôt en accord avec la ligne économique. Je ne sais pas s'il y a des libérales de Jordan Bardella. Et pour autant, faire revenir une Le Pen, ça peut effrayer ces électeurs qui ont été glanés depuis 2017. C'est la famille. D'autres diront, de toute façon, Marine Le Pen ne veut de toute façon pas gagner la présidentielle. Et enfin, on voit bien que c'est un parti attrape tout, pour la bonne et simple raison que s'il y avait au moins un allié sur le plan économique de Jordan Bardala, ça aurait bien été Marion Maréchal-Le Pen, qui est plus proche sur ce plan-là que Marine Le Pen. Donc on voit bien que c'est un petit peu un imboglio quand même.
Erwann Lecoeur, bonsoir, vous êtes sociologue, spécialiste de l'extrême droite. Ils incarnent aujourd'hui, Jordan Bardella et Marion Maréchal, deux lignes politiques différentes. Ou est-ce qu'il y a quand même une proximité idéologique et puis générationnelle
il y a une forte proximité à la fois générationnelle, idéologique, sur le fond. Elle est un peu plus proche des milieux catholiques, mais ils sont tous les deux des libéraux et très à droite. Dans l'histoire, ça vient d'être rappelé, de la scission entre Maigret et Le Pen, et avant cela, dans l'histoire des 15 tendances qui composent le Front National idéal de Jean-Marie Le Pen des années 80-90, Marion Maréchal. et Jordan Bardella sont du même côté. Ils sont du côté de Bruno Maigret, qui vient de la droite, ils sont du côté de cette tendance dans laquelle on peut aussi voir les hémoristes, une partie des hémoristes de ce grand rassemblement de la droite que Maigret avait théorisé, c'est le maigretisme des années 90, il avait théorisé déjà cela. Il faut prendre à la droite et pour, à un moment donné, peser 30%, et à ce moment-là, on sera capable d'arriver au pouvoir. Jean-Marie Le Pen l'avait fait échouer. Marine Le Pen, je le rappelle, avait créé avec Samuel Maréchal, le père de Marion, une tendance qui s'appelait Génération Le Pen, pour combattre Maigret, mordicule sur cette ligne-là. Elle est la ligne populaire, la ligne ni droite ni gauche français. Comment
vous expliquez au regard de cette histoire du parti ce qui se passe aujourd'hui, c'est-à-dire ce rapprochement entre Marine et Marion Maréchal Le Pen ? Peut-être au détriment de Jordan Bardella.
Deux éléments d'explication historique. D'abord, on l'oublie tout le temps, il s'agit d'un clan. D'abord et avant tout. C'est une entreprise familiale de spectacle politique. Le clan avant tout. Le clan Le Pen. D'abord et avant tout. Vous regardez les trois filles Le Pen, elles sont enfin réconciliées. Et donc Marion fait partie de cette équation. Qu'on le veuille ou pas, il y a un clan Le Pen, il y a une saga Le Pen, il y a quelque chose de l'ordre. du clanisme, je dirais, breton, que Jean-Marie Le Pen avait théorisé très, très tôt. Vraiment, il voulait un fils pour pouvoir continuer ce clan. Il a eu trois filles et les trois ont travaillé pour lui. Et c'est Marine qui, la Benjamin, qui prend le dessus. Donc ça, c'est le premier point. C'est-à-dire qu'elle sait, parce que son père le lui a expliqué, que les Français adorent Dallas à la sauce Le Pen. Et donc ça, ça agite les médias, ça fait parler énormément. Jordan Bardella, je le rappelle, est rentré par, entre guillemets, une sorte de promotion canapé. Il est rentré d'abord par la fille de Frédéric Chatillon, puis la fille de la sœur Le Pen, qui récemment vient de le trahir. Tout ça est une saga. Donc ça, c'est mon premier point d'explication. Le deuxième point d'explication, ces gens-là sont en train de se rendre compte qu'ils vont peut-être accéder au pouvoir, que tout... Les sondages les donnent gagnants. Donc, un, Marine Le Pen reprend les commandes du parti, du reste et de la présidentielle, parce que c'est elle qui veut accéder au pouvoir, parce que c'est quand même l'histoire de son père et pas de celui de Bardella. Premier point. Et deuxième chose, quand on va accéder au pouvoir, la grande question qui se pose, comme dans tous les partis politiques, comme dans toutes les familles recomposées ou autres, c'est qui ? qui est le plus proche de vous et votre pire ennemi, puisqu'il vous ressemble et qu'on peut le mettre à votre place. Donc, si Marion Maréchal peut remplacer Jordan Bardella, pour Jordan Bardella, elle est évidemment le principal problème. Et pas ceux qui sont à l'autre bout du prisme politique, qui ne sont pas un problème pour lui.
C'est probablement pas un hasard, Stéphane Vernet, si on a vu apparaître ce mot. ce week-end, celui de débardélisation du Rassemblement national. Qu'est-ce qu'il veut dire ce mot ? Et au-delà des mots, est-ce qu'on peut assister en ce moment à la fin du duo ? Est-ce que Jordan Bardella à Matignon, ce n'est plus du tout aussi sûr que ça si jamais Marine Le Pen accède dans huit mois à l'Élysée ?
Alors déjà, il faut que Marine Le Pen accède à l'Élysée, ce n'est pas fait. Donc après, on verra. Moi, je ne suis pas sûr que Jordan Bardella soit complètement écarté ou qu'il renonce, qu'il quitte le Rassemblement national. Vous savez, c'est Jean-Marie Le Pen qui avait eu une phrase comme ça en disant « le destin des dauphins, c'est de s'échouer ». Et donc, tous ceux avant Jordan Bardella, qui à un moment ont pensé qu'ils étaient… qui faisaient partie des étoiles montantes, qu'ils incarnaient quelque chose dans ce parti et qui ont pris leur indépendance, qui sont sortis de la machine, ils se sont tous crachés lamentablement. Ça a été le cas de Bruno Maigret, mais je ne sais pas, il y a Florian Philippot, on peut parler de Jean Messia, etc. Il y a plein de gens qui ont cru qu'ils allaient pouvoir exister.
Et il est dans une position similaire à tous ces prédécesseurs ? Moi, je pense qu'il n'a
aucun intérêt à claquer la porte, à dire « puisque c'est comme ça, je m'en vais, je vais vivre ma vie tout seul », etc. Jordan Bardella, jusqu'à maintenant, il existe au sein de la structure. S'il quitte la structure... Le risque pour lui, c'est de disparaître complètement. Je pense qu'il n'a aucun intérêt à le faire. Du coup, il est dans une phase où il va avaler des couleuvres. Il découvre la politique. C'est comme ça. Je pense qu'il le savait déjà. Là, il est en train de manger son pain noir. Il a intérêt. S'il veut rester dans la machine et pouvoir participer à la suite, il n'a pas intérêt à mettre sur la place publique des dissensions. Ou à essayer de créer une espèce de rupture ou un divorce. Après, il fera ce qu'il veut, mais je ne pense pas qu'il soit en position de force.
Et pourtant, il l'a fait quand même ces derniers jours sur la question du voile, sur la question de l'Ukraine. Il a fait entendre une petite musique légèrement différente à celle de Marine Le Pen. Ça reste toléré, ça ? Oui, vous savez,
l'extrême droite, c'est comme l'extrême gauche. On fonctionne sous un mode trotkiste. C'est-à-dire, pour exister, il faut créer sa tendance, éventuellement. menacé de faire Sissian. C'est ce qu'avait fait Maigret, c'est ce que Golnisch avait menacé de faire avec les cathos traditionnalistes, c'est ce qu'avaient fait avant lui Stierbois et d'autres. Le numéro 2 au Front National, je disais toujours, s'il y a une malédiction, toutes les années en 8, il y en a un qui meurt ou qui doit partir. Là, Jordan Bardella, il est redevenu le numéro 2, le plan B, comme Bardella. Et je le sais assez bien dit, s'il devait quitter le parti, il ne serait plus grand-chose, pour être très clair. Bien que beaucoup de gens... dans les sphères autour de lui, milieu médiatique, milieu économique, lui avait déjà vendu le fait qu'il serait le candidat, le président, et qu'il serait bien plus fort qu'elle à tout point de vue. Donc, il est très, très, très poussé par des gens à cliver, à créer quelque chose d'autre. On peut penser à Durvie, M. Sterrin, Bolloré, tout un tas d'autres, des grands patrons, qui peuvent éventuellement lui dire « on préfère toi » à Marine, qui vraiment nous fait peur et nous embête. Mais néanmoins, comme ça vient d'être dit, il aurait tout à perdre à cela. Et donc, il doit ravaler son dégoût un petit peu de ce qui vient de se passer. Et surtout, dans ce que vous vous posiez comme question, en fait, elle ne va pas le mettre dehors. Elle est bien plus maligne que ça. Elle va saboter tous les gens qui ont été mis en place par Bardella depuis des années, partout. Elle va les remplacer par ses hommes à elle, parce qu'elle en a un certain nombre. Et elle va voir comme son père l'avait fait avant elle. qui est dans la fidélité et qui ne l'est pas. Et Bardella va se retrouver seul et donc il ne pourra rien faire d'autre que être le prince consort. Quelque part, il jouera le rôle avec une princesse et avec Marine.
Jordan Bardella cornerisé, qui va essayer de voir dans quelle mesure il peut conserver une forme de liberté d'expression et une possibilité d'exprimer des opinions différentes. Il ne peut pas quitter le parti, vous nous disiez. Et Marine Le Pen, est-ce que, dans une certaine mesure, il n'y a pas aussi quand même un rapport de force qui est peut-être moins déséquilibré que ça, dans le sens où Marine Le Pen aurait quand même besoin de Jordan Bardella ? Il faut rappeler qu'il est extrêmement populaire, qu'il faisait même mieux qu'elle dans certains sondages à l'époque où il était encore vu comme un possible plan A. Est-ce qu'on peut dire qu'elle a aussi besoin de lui, aujourd'hui, Marine Le Pen, pour faire cette campagne ?
par exemple, sur ces deux derniers jours, c'est Jordan Bardella qui s'est déplacé à l'étranger. Le déplacement avait pour objectif assez assumé de faire évoluer la perception du parti. Après, Jordan Bardella s'est retrouvé pris dans les polémiques sur l'immigration, sur l'Ukraine. Et puis, il n'a pas toujours les alliés qu'il voudrait. Là, on le voit sur ces images. Au Royaume-Uni, vendredi, il est accueilli en vedette. Il signe avec Nigel Farage cet accord sur la Manche. Mais l'accord se retourne immédiatement contre lui. En France, on en a parlé. Et en Italie, le lendemain, l'objectif de Jordan Bardella, ce serait de se rapprocher de Giorgia Meloni. Parce que pour lui, la première ministre italienne... Elle incarne un modèle d'une extrême droite qui est arrivé au pouvoir, qui est devenu crédible à l'échelle européenne. Le problème, c'est qu'il n'a toujours pas accès directement à son parti, Fratelli d'Italia, ni au Parlement européen. Il ne siège pas avec elle. Et ce week-end encore. Aucune rencontre avec ses responsables. Donc officiellement, il reste fidèle à Matteo Salvini. Mais Salvini, on le sait, il est aujourd'hui affaibli en Italie.
'est étonnant, John Christopher Roland. Normalement, on a... Alors déjà, c'est étonnant, on n'a pas l'habitude d'avoir des tickets dans des candidatures à la présidentielle. Là, normalement, c'est Marine Le Pen qui devrait prendre en charge les questions internationales et le futur Premier ministre plutôt les questions intérieures. Là, on a l'impression d'une situation à front renversée. Oui,
alors c'est vrai que le dernier ticket qui s'était malheureusement échoué lamentablement, c'était de faire main d'essence. en 1969, ça n'a pas été retenté dans le futur. Là, je ne sais pas, il y a deux hypothèses. Je ne sais pas quelle est la part d'amateurisme, si vous voulez, de Jordan Bardella. On voit que finalement, il n'a pas forcément toujours d'ossature. On a l'impression entre le texte, qu'il avait quand même sans doute préparé avant avec Nigel Farage, et le moment où il prononce la phrase et au moment de signer, on a l'impression qu'il est à peu près comme un lapin dans les phares d'une voiture et qu'il ne s'attendait pas. Peut-être comprend-il mal l'anglais, ce qui n'est pas en soi une tare. Et de l'autre, c'est est-ce qu'il y a une part finalement d'humiliation de la part de Marine Le Pen qui essaie vraiment de le mettre à l'épreuve ? En tout cas, il y a une chose qui est certaine, c'est qu'il n'y a pas au Rassemblement National de président du parti, c'est Marine Le Pen, c'est une Le Pen qui dirige le parti et qui est candidate. Donc je crois que pour rejoindre ce qu'a dit Stéphane tout à l'heure, ça va être une très très longue campagne pour Jordan Bardella, parce qu'il va falloir effectivement qu'il avale son chapeau. du long terme.
C'est vrai que cette polémique et cet accord signé avec Nigel Paresch, selon lequel la France s'engagerait demain, si les deux étaient au pouvoir, à récupérer les migrants interceptés, y compris dans les eaux britanniques, c'était, vous le voyez comme un faux pas, Stéphane Lerner, de la part de Bardella. Toute la classe politique presque lui est tombée dessus.
Non, mais parce qu'il y a plusieurs choses. D'abord, Jordan Bardella s'engage, engage la France, etc. Alors qu'il faudrait déjà, je veux dire, il n'est pas encore Premier ministre. Marine Le Pen n'a pas été élue présidente de la République. En plus, si vous voulez, donc déjà, je trouve ça curieux. Ensuite, dire, en fait, son discours, c'est quoi ? C'est-à-dire, on peut récupérer les gens qui essayent de traverser la Manche, y compris ceux qui sont dans les eaux territoriales. puisque nous, quand on sera au pouvoir, de toute façon, il n'y aura plus d'immigrés en situation illégale, irrégulière en France. Je ne sais pas ce qu'il imagine, mais il est complètement déconnecté avec la réalité. C'est-à-dire que le simple fait que le Rassemblement national accède au pouvoir ferait qu'il n'y ait plus un seul candidat à l'immigration clandestine. en Europe, en France ou à destination de la Grande-Bretagne, ça n'a aucun sens. D'abord, il y a plein de réactions sur le côté inhumain du discours, etc. Mais il y a aussi le fait que c'est absolument inapplicable. Et puis surtout, je me demande comment les électeurs du RN, qui sont très anti-immigration, vont prendre ce type de promesses. Parce que qu'est-ce que ça veut dire en fait ? Si la France doit récupérer ou s'engage à récupérer tous les migrants qui traversent la Manche, etc., y compris ceux qui sont déjà en Angleterre, ça va à l'encontre de tout le discours et de toutes les promesses abracadamantesques qui sont formulées par le Rassemblement National. Ça veut dire bien plus de clandestins et de migrants en France. Je trouve ça très curieux. Ça n'a aucun sens, si ce n'est... Il y a une autre façon de voir les choses. On peut se dire aussi qu'en ce moment, cette semaine, on a assisté à une espèce d'offensive, peut-être pas coordonnée des gens du Rassemblement national, pour faire une espèce de course à l'échalote, de faire des promesses comme ça, sans queue ni tête, juste pour... Juste pour provoquer, juste pour attirer l'attention sur eux, faire parler d'eux en ce début de rentrée pour se mettre sous la lumière des projecteurs. De
ce point de vue-là, c'est réussi. On a
eu le voile avec le Rassemblement national. On a eu Louis Aliot qui dit qu'il va couper, eux et lui, ils couperont les subsides à l'Ukraine, etc. Jordan Bardella avec Nigel Farage. On a l'impression que ça se demande. Soit ils font exprès, soit ils ne sont pas du tout coordonnés et donc complètement désorganisés. Je ne sais pas. En tout cas, le résultat est là. Ils font parler d'eux.