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C'est l'heure du 9h08 sur Sud Radio, c'est l'heure du débat du samedi, et j'accueille Lucas Planavergne, journaliste au GDD. Bonjour. Bonjour. Bonjour également à vous, Armory Buco, journaliste à Valeurs Actuelles. Bonjour. Bienvenue, ravi de vous retrouver tous les deux. Nous allons commenter deux sujets ce matin, si vous le permettez. Je vais vous demander de revenir sur les propos plutôt alarmistes, vous l'avez écouté, de Pierre Gattas tout à l'heure. dans le mur, si rien n'est fait pour soulager les entreprises, relancer la croissance et l'emploi, sommes-nous au seuil d'une crise de la dette ? Nous allons en parler, on va tenter d'y répondre avec vos commentaires. Mais tout d'abord, je voudrais vous faire réagir à cet accord signé à Birmingham entre Jordan Bardella et Nigel Farage, protocole d'accord à la vérité. Thomas Boucault, c'était... Thomas Boucault. C'est fou. Thomas Ranou, c'est la question du... jour de Sud Radio. Mais c'est ça, on revient
sur ce protocole d'accord. Alors, la question posée. Alors, la question, ce protocole d'accord signé par Jordan Bardella avec Niguel Farage, vous choque-t-il, pour l'instant, que vous êtes 56% à nous dire que oui ? Voilà. Alors, je vous lis peut-être quelques commentaires. Il y en a un qui nous dit, ça ne me choque pas, les migrants que nous interceptons, qui viennent d'Italie, sont renvoyés en Italie. C'est logique que ça marche aussi dans l'autre sens. Un autre nous dit avec une pointe d'ironie, quelle fin négociateur se barder là. L'un sourit sur la photo, l'autre pas du tout. En tout cas, continuez à réagir sur nos différents réseaux sociaux et appelez-nous au 0826 300 300.
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Merci Thomas. Armorie beaucoup là-dessus, vous avez vu cet échange, cet espèce de protocole d'accord. De quoi parlons-nous ? Nous ne sommes pas entre des chefs d'État ou des gouvernements. Non, c'est ça.
En fait, c'est dans l'éventualité où le Rassemblement National arriverait au pouvoir en 2027, et dans l'autre éventualité où le parti de Michael Farage arriverait au pouvoir en 2029. Deux ans plus tard. Deux ans plus tard, donc on est vraiment très loin. En fait, c'est avant tout, je pense, une démarche de l'ordre politique qui s'inscrit dans la campagne présidentielle où Jordan Bardella veut montrer que son parti, le Rassemblement National, n'est pas isolé sur le plan international, qu'on peut trouver des accords et surtout qu'il y a des pays à côté d'une autre qui sont alignés sur le plan migratoire. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point sur le fond, en fait, ça ne change pas grand-chose. On a déjà un protocole d'accord avec l'Angleterre, des accords, en fait, Ce qui se résume ainsi, c'est-à-dire que l'Angleterre nous verse des millions d'euros pour empêcher les migrants de partir vers l'Angleterre. C'est pour ça d'ailleurs. qu'il y a un stock de migrants, si je puis dire. Enfin, dans tous les cas, il y a une population de migrants énorme qui est stockée à Calais, parce qu'ils ne peuvent pas partir vers Angleterre, parce que la France, financée par l'Angleterre, les empêche de prendre la mer, notamment pour des raisons humanitaires, mais aussi, évidemment, pour des raisons régaliennes. Et donc, dans cet accord aussi, il y a le fait que si des migrants arrivent en Angleterre, les Anglais peuvent déjà nous les renvoyer. Donc, ça ne va pas changer grand-chose sur le fond, mais en tous les cas, rien de nouveau. et je pense surtout que c'est intelligent dans la mesure où ce qui est vrai c'est que pour en empêcher ces flux migratoires, il faut décourager les passeurs et les personnes qui veulent faire ces traversées. Et pour les décourager, non seulement il faut les empêcher de passer, mais s'ils y arrivent, leur dire, si vous y arrivez, vous serez quand même renvoyés en France.
Le découragement, Lucas Planavergne, on en parle depuis des décennies, je ne sais pas si vous étiez né à l'époque, il y avait déjà des problèmes de passeurs, de migrants, de clandestins. Vous avez l'impression que ces accords de papier qui sont en fait des sortes de politiques... fiction, ça raconte quelque chose ?
Je suis d'accord avec ce que vient de dire Amoury, c'est-à-dire que sur le fond, d'abord sur le fond, pour Jordan Bardella, évidemment, c'est une manière de montrer qu'il n'est pas isolé sur la scène européenne, de montrer qu'il y a des accords et qu'il y a des parties alliées au Rassemblement National, y compris au Royaume-Uni. Maintenant, effectivement, ce protocole existe déjà. Il y a un protocole exceptionnel depuis un an qui d'ailleurs a été prolongé en juin dernier par le ministre Benjamin Haddad lui-même sur justement ces réadmissions de migrants qui ont tenté de rejoindre la Grande-Bretagne. Je suis d'accord avec ce que disait notre auditeur, ça semble assez normal puisque ces migrants rentrent d'abord sur le territoire français. Et d'ailleurs, je ne suis pas l'avocat de Jordan Bardella, mais c'est ce qu'il dit lui-même dans son discours hier, c'est que la France, si les migrants... n'entrent pas sur le territoire français, ils ne peuvent pas aller en Grande-Bretagne. Donc bien sûr qu'on a une responsabilité là-dedans. Mais y
compris si les personnes qui traversent la Manche... arrivent dans les eaux territoriales de la Grande-Bretagne, qui, faut-il le rappeler, sont-ils de l'Europe ? Ils
ont un problème, ça, quand même. Bien sûr, mais là, encore une fois, le protocole existe déjà. Benjamin Haddad disait lui-même en juin qu'il y a eu, sur 10 mois, 606 réadmissions en France, donc de migrants qui ont tenté de rejoindre le Royaume-Uni, et à l'inverse, 588 admissions légales au Royaume-Uni, car il y a une plateforme qui existe pour les migrants qui souhaiteraient légalement aller au Royaume-Uni, et donc ça a permis à ce solde. de là. Ce que ça montre aussi de la part de Benjamin Haddad, finalement, quand bien même Sébastien Lecornu, de son côté, dit que le gouvernement ne veut pas interférer dans la campagne présidentielle, ça montre qu'en réalité, le gouvernement fait campagne. Le gouvernement fait campagne, et ici, n'hésite pas une seconde à rentrer dans une querelle avec Jordan Bardella.
Amoribouco, parmi les réactions, je vous lis, celles sur X, de Gabriel Attal, candidat à l'élection présidentielle, sous les applaudissements de ses militants, Nigel Farage fait signe à Jordan Bardella. Bardella, un mémorandum qui prévoit de renvoyer en France tous les migrants, tous les migrants, tous interceptés dans la Manche. Soit Jordan Bardella ne comprend pas l'anglais, soit il est d'une faiblesse indigne. lorsqu'il s'agit de défendre les intérêts de la France, et je crois qu'il comprend l'anglais, dite complète avec humour Gabriel Attal. Ce qu'il dit, le candidat Gabriel Attal, patron de Renaissance, c'est au fond, quand il parle de défendre les intérêts de la France, de ne pas reprendre, si je puis dire, des personnes qui migrent, qui sont dans les eaux territoriales d'un pays qui est hors l'Union Européenne. Oui, mais la réalité des flux migratoires... C'est d'ailleurs sans propos, il est presque plus RN que le RN, défend les intérêts de la France. C'est tout le
problème aussi venant de quelqu'un qui a été ministre, et qui a eu de la Macronie, de les entendre parler de souveraineté, quand sur tous les sujets, la souveraineté a été bradée. Là, encore une fois, c'est quand même ironique.
En fait, j'ai l'impression que quand Jordan Bardi est là, d'une certaine manière, a du cœur, on dit qu'il n'a pas de tête, en disant qu'il ne défend pas les intérêts de la France. Mais la réalité, c'est que si vous laissez passer... les migrants et que vous les laissez accéder à l'Angleterre, ou vous dites à l'Angleterre, et bien maintenant qu'ils sont dans vos eaux, vous devez les récupérer, ça encourage les flux migratoires et ça va accroître le problème. Donc je pense qu'effectivement à court terme, Gabriel Attal a raison, la France n'a pas intérêt à rapatrier dans son pays des personnes en situation irrégulière qui en plus s'amassent le long des côtes et créent des problèmes de sécurité publique, mais d'un point de vue de long terme... Pour couper cette route migratoire, il faut évidemment empêcher que des migrants et donc des passeurs développent cette trajectoire.
D'un mot encore, et nous allons parler de ce qu'évoquait Pierre Gattas sur la crise qui nous pend au nez. Lucas Planaverne, je ne sais pas ce que vous avez lu Libération ce matin. C'est tous les matins Libération. c'est un point d'ironie il y a ce grand dossier sur Jordan Bardella sa vie privée désormais mais il y a aussi un article assez intéressant intitulé avec Marine Le Pen une osmose qui retombe comme un soufflé et qui détaille de façon très factuelle peut-être les premier flottement entre ce couple qui se présente à l'élection présidentielle. Vous avez écho aussi de, on va dire, de première, non pas de dissension, mais de quelque chose, de courant d'air entre eux.
Non mais il y a un contexte, déjà il y a un contexte politique particulier, je pense que tout le monde peut comprendre, y compris sans être journaliste, de Marine Le Pen, dont on ignorait si elle serait candidate ou pas, et qui finalement l'est. Jordan Bardella, qui sans doute a longtemps cru que ce serait lui le candidat du Rassemblement National, donc là-dedans, quand bien même ils ont une relation personnelle depuis de longues années, il y a évidemment des questions d'ego qui rentrent en compte. Maintenant, sur le fond et sur les lignes, on sait... depuis plusieurs mois déjà, qu'il y a des nuances entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, qu'il y a même des nuances au sein du Rassemblement National. Personnellement, je vois ça aussi comme le fait que la preuve que le Rassemblement National est un parti qui a grandi, qui est aujourd'hui un gros parti. Si vous voulez, quand vous êtes un petit parti avec très peu d'élus, évidemment, il y a une ligne et tout le monde marche dans le même sens. Quand vous avez beaucoup plus de députés, beaucoup plus d'élus, évidemment, il y a des nuances qui commencent à émerger. Je pense que c'est des nuances qui... qui sont encore plus grosses quand on se l'écarte jusqu'à Éric Ciotti, leur allié par exemple, notamment sur la question de l'économie dont on va parler. Maintenant, je ne pense pas qu'il y ait une rupture, comme voudraient le faire croire les adversaires du Rassemblement National. C'est pas
rupture, ça dit des courandaires grosso modo. Amorimoukou là-dessus, rapidement, parce qu'on va parler de l'économie.
Ce qui est sûr, c'est qu'en fait, il y a une deuxième figure qui émerge au Rassemblement National. Pour la première fois, ce n'est pas une figure en plus issue de la famille du clan Le Pen, qui a effectivement d'autres visions, parfois des nuances. Et je pense que l'élève est en train de dépasser le maître, puisque Jordan Bardella est devenu une véritable rockstar. C'est comme ça, en tout cas, sur le terrain, on voit qu'il est vraiment parfois pris en photo comme si c'était une rockstar. Et je pense qu'il y a un rapport de force qui s'installe forcément, puisqu'il est en train d'émerger au sein du Rassemblement National. Et que forcément, ça va être de plus en plus entendu. Il n'est pas forcément le même que Marine Le Pen. Ça
va être compliqué. Allez, avec vous, tous les deux, Lucas Planavergne, du JDD, comme dit Pierre Gattaz, est-ce que la France... est en train d'aller dans le mur, à vos yeux.
Ça dépend de quel sujet on parle. Évidemment, on parle de finances publiques, d'économies, et oui, tous les signaux sont au rouge. D'ailleurs, hier, on parlait à cette antenne, j'écoutais d'un sondage récent sur le pessimisme des Français en cette nouvelle année. C'est un sentiment qui est le même depuis plusieurs années, mais en tout cas, là, et notamment sur la crise économique, il y a un fort pessimisme. Je resterai optimiste sur un point, justement, c'est que c'est la question de la dette des finances publiques, du mal à s'imprégner dans la tête des Français. Aujourd'hui, semble, en tout cas selon les enquêtes d'opinion, selon tout ce qu'on entend, même dans la rue nous journalistes, quand on va discuter avec les gens, ça y est, ça a pris. Aujourd'hui, c'est un sujet qui est devenu majeur. L'économie, tout ce que ça englobe, mais la dette, les finances publiques, la dépense publique, sont devenus des sujets majeurs qui vont... pour sûr être primordiaux dans la campagne présidentielle. Donc au moins on va en parler. Chaque politique va devoir se placer, donner des solutions concrètes.
Vous avez l'impression, Amaury, que les politiques, on les a vues au MEDEF, à l'AREF, donnent leurs solutions aujourd'hui ? Franchement.
Non, moi je pense qu'il y a un gros problème. C'est qu'il y a de moins en moins de marge de manœuvre, puisqu'on voit que les taux de prélèvement sont déjà énormes, que le coût de l'emprunt est extrêmement élevé et va continuer à augmenter. Et à côté de ça, vous avez effectivement une campagne présidentielle où les candidats veulent quand même avoir un projet enthousiaste, ne veulent pas se couper d'une partie de l'électorat, je pense notamment aux retraités, en abordant peut-être de manière frontale le problème des retraites. Et donc, on va pour moi avoir un gros problème, c'est qu'on va avoir une espèce de campagne sous tutelle avec un décalage très profond entre des promesses qui ne vont pour... Beaucoup d'entre elles ne pourraient pas être retenues parce que la situation économique de la France ne le permet pas. En 2017, on a eu un candidat qui était François Fillon qui avait réussi. à avoir un positionnement clair et qui était en passe de gagné. Mais là, je ne vois pas de candidat dans le paysage, dans la campagne actuelle, qui peut clairement se positionner là-dessus et qui prend l'avantage. Il y
en
a, mais
ils ne sont pas en position pour le moment de l'emporter.
Exactement. Et surtout, je pense déjà qu'ils ne sont pas en position de gagné, mais en plus, ils se positionnent là-dessus. C'est quand même un sujet qui ne fait pas du tout rêver, de dire aux Français, écoutez, pendant les cinq ans à venir, on va réduire les dépenses. et on va se serrer la ceinture, ça ne fait pas rêver. Ce n'est pas quelque chose qui est prometteur sur le plan.
Et ce sera, j'imagine, dans les mois qui viennent, les huit mois qui viennent, au cœur de vos publications respectives. Je rappelle le journal du dimanche avec vous, Lucas Planavergne et Amoriboucault, les valeurs actuelles. On a beaucoup parlé de VA cette semaine avec Charles Sapin à France Inter. Ça se conclut qu'il va produire sa chronique.
Alors, effectivement, la direction du groupe a maintenu son soutien. pour des raisons qui me paraissent tout à fait évidentes. Parce que déjà, Charles Sapin est un journaliste excellent qui est passé par de très bonnes rédactions. Et donc, évidemment, je pense que le service public se doit d'être pluraliste, surtout dans cette campagne présidentielle. Et donc, la direction a maintenu coûte que coûte cette décision contre l'avis de certains salariés.
Vous allez traiter, Lucas, le sujet dans le journal du dimanche ? On
l'a traité, on va continuer de le traiter. J'y vois quand même, si on peut être optimiste parfois, j'y vois quand même un changement majeur. malgré le petit théâtre antifasciste des syndicats de Radio France. On y était habitué. Finalement, il n'y a rien de très étonnant là-dedans. Ce qui, par contre, change aujourd'hui, c'est la réaction de la direction de Sybille Veil qui a maintenu Charles Sapin malgré le préavis de guerre. Pour le moment du moins. Au moins, ce sujet de pluralisme semble être en passe de se régler.
Allez, nous concluons. C'est
rapidement. Pour conclure sur ce sujet, ce qui est assez terrible, c'est qu'on a l'impression que le pire ennemi du service public, c'est parfois le service public lui-même, c'est-à-dire les forces en présence. Et que finalement, quand même la direction dans le service public veut faire des changements positifs pour faire entendre d'autres voix, on se rend compte que c'est une... une machine un peu rouillée, et que c'est très compliqué, et qu'en fait, il faut peut-être revoir complètement le système du service public.
Merci à tous les deux, Amoribuco, journaliste Valeurs Actuelles, Lucas Planavergne, journaliste au JDD. C'était le débat du samedi. Dans un instant, Pierre Chasseret, nous allons parler du radar qui a fait scandale sur le périphérique parisien.