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Elle s'est fait connaître par ses positions pro-Poutine. La chroniqueuse Xenia Fedorova, accusée de relayer la parole du Kremlin en France, préparerait son retour à l'antenne.
Xenia Fedorova pourra revenir très prochainement sur l'antenne de CNews pour livrer son analyse, son expertise en visio, à distance.
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Expulsée du territoire français cet été, l'ancienne patronne de la chaîne Ruchette Oudet n'arguerait-elle Paris ? Elle, qui continue de signer des articles dans l'hebdomadaire du JD News, propriété comme CNews, de Vincent Bolloré. Consternation du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barraud a interrogé ce matin.
suis très étonné et je dois dire assez affligé de voir que des grands groupes de médias, la liberté éditoriale est sacrée, mais de les voir ouvrir leur colonne ou leur studio à quelqu'un dont toutes les forces politiques de ce pays considèrent que nous avons eu raison. de l'expulser tant que les faits sont avérés.
Colère des autorités qui continuent d'assumer leurs décisions, dans l'arrêté d'expulsion fin juillet, l'État invoquait une menace à l'ordre public.
déployant ces narratifs, la chroniqueuse s'inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes.
se trouve aujourd'hui Xenia Fedorova ? La chroniqueuse aurait un temps postulé pour diriger la maison russe à Berlin. Un centre culturel accusé de servir les intérêts du Kremlin qui sera bientôt fermé.
La maison russe de Berlin va fermer, c'est un acte symbolique.
maisons russes, il en existe une quinzaine en Europe, dont une à Paris. Faut-il aussi fermer cette structure alors que les tentatives d'ingérence du Kremlin se multiplient en France ? Exemple, ces mains rouges peintes en 2024 sur le mémorial de la Shoah qui avait suscité l'indignation de l'opinion publique. Dans cette affaire, l'enquête établit rapidement que ce sont des opérations de déstabilisation russe. Quatre suspects bulgares sont jugés.
Nous savons tous évidemment que l'ombre de la Russie plane sur cette salle d'audience, mais malheureusement, ce n'est pas la Russie qui va être jugée, ce sont des simples exécutants qui n'avaient même pas conscience d'agir indirectement pour les intérêts de la Russie.
Sur les réseaux sociaux, la désinformation russe vise particulièrement les candidats à la présidentielle. Début août, un montage grossier généré par intelligence artificielle affirme que la journaliste Léa Salamé aurait soudoyé des confrères pour soutenir son compagnon Raphaël Glucksmann. E-mail fictif et interview trafiqué du cofondateur de Mediapart Edoui Plenel.
J'ai récemment reçu un courrier de madame Léa Salamé.
Un faux reportage attribué à la Russie.
Moi j'ai été informé par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale qu'il s'agissait d'une opération montée par un groupe parfaitement identifié, le groupe Storm 1516, qui appartient au service de renseignements militaires russes.
Storm 1516, des attaques du Kremlin bien connues des autorités françaises, à l'origine de plusieurs ingérences lors des élections européennes et législatives de 2020. Ces ingérences pourraient-elles prendre d'autres formes encore plus inquiétantes ?
n'est pas du tout exclu demain que nous ayons des opérations de sabotage sur le sol français, d'infrastructures qui, là, nous toucherons, nous, Françaises et Français, beaucoup plus directement et de manière beaucoup plus grave qu'en propageant des rumeurs qui, par ailleurs, sont amplifiées par... pas par les Français et pas par les Russes eux-mêmes.
juin dernier, un individu originaire de Biélorussie a été interpellé par le contre-espionnage alors qu'il filmait un prototype de drone dans une usine près de Toulouse.
La question de Philippe Fedorova, qui a été expulsé de France, faisait-elle de la désinformation dans certains médias en tant qu'agent russe? En
tant qu'agent russe, je ne peux pas le dire, de la désinformation. Oui, si on entend effectivement désinformation par... déployer un narratif truffé de faits non vérifiés, non vérifiables auprès du grand public. Et ça, c'est un peu le mal du siècle, le mal de notre époque. Mais là, on a un fait avec cette chroniqueuse-là. qui est assez facile à montrer, comme si elle ne se cache pas. Ceux qui l'emploient d'ailleurs ne se cachent pas de la mettre en avant comme étant cette défenseuse d'un narratif pro-russe. Pourquoi ? Sous couvert de liberté d'expression, de pluralité des opinions dans le débat public. Et ce qui est très dangereux, c'est que là, on opère totalement à découvert. Comme s'il n'y avait pas finalement dans les démocraties de capacité de cibler véritablement, d'identifier, de nommer ce qu'était de la désinformation et quelqu'un qui en pratique, qui le pratique, qui en fait. Lorsqu'on a eu cet OQTF sur cette chroniqueuse, finalement on se dit ça y est. On a un État, on a une démocratie qui réagit avec toutes les critiques que cela a pu soulever. Mais finalement, il y a quand même une forme d'unanimité sur le personnage. Même du côté de la chaîne qui l'a employée, beaucoup de personnes étaient contre son... Le fait qu'elle fasse partie de ces chroniques-là. Donc, ça n'a pas suscité beaucoup d'émoi. La difficulté qu'ont les démocraties, France y compris, c'est finalement à interdire complètement. À faire en sorte que, si elle a une OQTF, qu'elle revienne, ça paraîtrait quand même... Mais
là, ce serait l'idée qu'elle puisse être à distance et pouvoir de nouveau s'exprimer, mais à distance dans les émissions.
Et puis, aujourd'hui, avec les médias numériques, vous pouvez faire à peu près ce que vous voulez. une procédure pour dire c'est de la désinformation, c'est de la propagande. Il y a le temps de l'enquête. Vous aurez eu suffisamment de temps pour délivrer votre message et finalement, ce n'est pas tant le message qui compte. C'est le signal que récupère ensuite... la Russie ou d'autres, pour dire que nos démocraties sont poreuses à la désinformation et n'ont pas les armes ou refusent de se doter des armes nécessaires pour y faire face et lutter contre ça. Les moments d'élection présidentielle, législative, en France et en Europe, sont des moments clés pour ces stratégies de manipulation de l'information. Parce qu'ils vont tester toutes nos limites. Ils vont voir jusqu'où ils peuvent aller. Là, on a eu un exemple avec Raphaël Glucksmann. il y en a d'autres, Gabriel Attal aussi a été ciblé, et il est certain que quotidiennement jusqu'à la présidentielle, on aura des faits, des petits faits, des faits majeurs aussi, qui vont impacter les débats d'opinion de cette élection. Donc là, il va y avoir un moment où il va falloir réagir de manière beaucoup plus forte et coordonnée. Tu penses que le mot c
'est coordonné ? Quand on écoute le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, qui sera l'invité de cet avou juste après nous, il dit « je suis très étonné, je dois dire assez affligé ». de voir que des grands groupes de médias, la liberté éditoriale est sacrée, mais de les voir ouvrir leur colonne ou leur studio à quelqu'un dont toutes les forces politiques de ce pays considèrent que nous avons eu raison de l'expulser tant les faits sont avérés. Est-ce que ça renvoie pas le ministre à son impuissance ?
Alors ça renvoie surtout les médias de Bolloré à leur impudence. Ça veut dire que le problème là, c'est même plus tellement Federova parce qu'effectivement, elle ne peut plus mettre le pied sur le sol français. Mais si on ne lui allume pas le micro et si on ne lui envoie pas un lien... elle n'apparaîtra pas non plus sur les écrans des Français. Donc ça veut dire qu'il y a des rédacteurs en chef ou des patrons de presse qui considèrent qu'une décision de l'État français, et ce n'est pas rien, c'est plus qu'une OQTF, c'est une décision d'expulsion du territoire caractérisée parce qu'elle menaçait la sécurité nationale, et tout ça c'est dans le texte, donc c'est pas une vue de l'esprit, c'est pas une formule simplement médiatique, c'est que vraiment il y a une décision de l'État français et il y a en face... un groupe médiatique qui décide de faire fi de cette décision et de dire que cette personne qui a été considérée comme une menace à la sécurité nationale, c'est pas grave, on va quand même lui donner l'antenne. Et le problème, il est là maintenant. Et donc effectivement, l'impuissance, elle n'est pas face même aux Russes, elle est face au relais russe volontaire ou involontaire, mais le problème, c'est les médias de boulot réunis. Et comment vous la
qualifiez-vous, Xenia Fedorova ? Est-ce que vous dites oui, c'est un agent du Kremlin
C'est un agent d'influence du Kremlin. Elle ne fait pas du renseignement, elle ne fait pas de l'espionnage. C'est un agent provocateur. Vraiment, oui, c'est un agent provocateur, elle fait de la provocation. Et puis pendant qu'on s'occupe de Federova, on ne s'occupe pas aussi d'autres sujets, éventuellement d'autres individus qui sont sur le sol français. Ça peut être aussi une espèce de grande opération d'exception, si j'ose dire. Une opération de diversion de la part des Russes. Moi, ce qui m'ennuie plus, je ne sais pas si Federova menace l'ordre public, elle menace la santé mentale publique, oui. Parce que moi, je m'en rends compte dans mon petit village, en province, dans les bistrots de mon village. pas de géopolitique on parle de géopolitique et j'entends des énormités parce que les gens vivent dans des bulles informationnelles qui sont fermées ils sont alimentés par effectivement des médias qui biberonnent à la propagande de de moscou et ça c'est ça c'est extrêmement grave et effectivement c'est bien de désigner d'attribuer et éventuellement de punir mais comment punir parce que elle menace l'ordre elle menacer l'ordre public en france mais elle va menacer l'ordre public hors de la france C'est ce que disait Véronica. C'est-à-dire qu'elle va avoir un lien Zoom qui va lui permettre de communiquer de la même manière, mais dans un pays d'Union européenne. Parce qu'apparemment, en Italie, elle serait sur le sol italien. Il
y a un moyen d'agir ou pas ? Sur la Rome. De contacter les autorités italiennes ? C'est un moyen de
coopération de justice entre, justement, la justice française et la justice italienne.
On parlait des mesures et de à quel moment est-ce que l'Europe peut être dissuasive vis-à-vis de l'admire Poutine ou d'autres d'ailleurs. C'est uniquement en agissant en solidarité. C'est-à-dire que lorsque le chancelier... Allemands déclarent cette tentative d'attentat. Ils le qualifient. On passe à un niveau supérieur. Les autres chefs d'État, les parlementaires européens, tout le monde va proclamer une forme de solidarité en disant, oui, c'est pas bien, on a monté d'un cran, quand même, là, on va un peu loin. Mais ensuite, à partir du moment où... Berlin décide de fermer la maison russe à Berlin, pourquoi pas ? C'est une idée parmi d'autres. C'est un idée espion, vraiment ? Celui-là, je ne sais pas. On dit que beaucoup de maisons culturelles étrangères sont des sources d'informations. Y compris à Paris, il y en a une aussi. Il y en a partout. Mais pas que de la Russie. D'autres puissances étrangères ont également pignon sur rue là-dessus. Mais dans ces cas-là, une des mesures, par exemple, pourrait être que tous les pays de l'Union européenne, décident de fermer les leurs. Ce n'est pas très important, ce n'est pas une mesure qui va fragiliser Moscou, mais c'est un message de solidarité et d'unité. Vous parliez de l'article 5 tout à l'heure. Cet article 5 de l'OTAN, il est intéressant, mais il n'est pas dissuasif en lui-même puisqu'il n'y a pas d'automaticité. Vous attaquez l'Estonie, ce n'est pas pour autant qu'il y aura automatiquement une réponse de l'OTAN. C'est d'ailleurs un sujet de discussion actuellement. Donc, c'est la solidarité entre les États, répétée à chaque fois qu'il y aura une ingérence, un sabotage, une action attribuée à la Russie. C'est si, finalement, l'Union européenne elle-même est solidaire avec ses membres, qu'on enverra progressivement, mais assez rapidement quand même, un message de Vladimir Poutine. Vous attaquez l'un des nôtres, nous répliquons tous.