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Bonsoir et bienvenue, nous revoilà déjà et nous sommes très heureux de vous accueillir dans votre club de 28, un club très sélect et ce soir encore fort bien fréquenté par des essayistes, éditorialistes et dessinateurs. Ce sont nos clubistes qui vont ausculter dans un instant l'actualité de cette rentrée. Au menu de ce soir, un nouveau pas franchi dans la guerre hybride que Moscou livre à l'Europe. L'Allemagne accuse directement la Russie d'avoir envoyé début août un drone chargé d'explosifs sur l'aéroport de Leipzig.
pense que c'est encore une erreur, une erreur, et elle, à mon avis, contraint à l'interesse du monde allemand.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Pourquoi Vladimir Poutine se fait-il aussi menaçant ? Veut-il tester les défenses de l'Union Européenne ? Et jusqu'où peut aller cette escalade ? On en débattra. Puis, partout à Tisse, nous recevrons l'autrice de BD, Katel. Elle publie le deuxième tome d'un roman graphique qui raconte la vie et la carrière de René Goscinny, un gaulois immortel, le génial inventeur, entre autres, du personnage d'Astérix. Et en fin d'émission... Nous allons remonter dans le temps avec l'indispensable Marie Bonisso. Salut Marie.
Salut Renaud, j'ai une devinette. Qu'est-ce qui vole et qui fait un bruit de tondeuse à gazon
Une tondeuse à gazon volante ?
Non, c'est un ULM. Ce drôle de coucou qui a connu son âge d'or dans les années 80.
Ça ressemble, c'est vrai. A tout à l'heure Marie. Voilà donc le programme du Club de 21 Nudes. C'est parti. Valérie Brochard, si je m'attendais. Eh
ben si, pourtant, je suis là. Je m'y attendais
un peu et ça me réjouit. Bienvenue Valérie. Merci beaucoup. Ravie de vous retrouver. Et Marjorie Adelson, bien sûr. Bonsoir Marjorie. Bienvenue à vous. Et voici nos invités de ce soir. Mais c'est Antoine Bueno que je crois reconnaître. Oui, Renaud
Delis. C'est
ça. Bienvenue à vous Antoine. Merci beaucoup. Toujours un plaisir de vous accueillir. Essayiste, bien sûr. Conseiller technique, développement durable et prospective au Sénat. Et je rappelle. plutôt j'alerte, sur la sortie très prochaine, dès la semaine prochaine, d'un nouvel essai aux éditions Talendier, dont vous êtes l'auteur, qui s'intitule « Guidance, comment la technologie promet le meilleur des mondes ». J'en salive d'avance. À vos côtés, Julie Graziani. Bonsoir, Julie, essayiste, bienvenue à vous. Et vos côtés, Nesrine Slaoui. Bonsoir, Nesrine, écrivaine, journaliste. Alors vous, vous avez un cycle de conférences qui commence bientôt. Au MK2, quai de Loire ? Exactement, à Paris. Je vous laisse
dire le titre.
Arrogante, trois leçons pour occuper l'espace. On va passer aux travaux pratiques dans un instant. Et puis je rappelle aussi le titre de votre essai, « Masculinisme, pourquoi un tel succès ? » paru aux éditions HALT. Et au pupitre, c'est notre ami Thibaut Soulcier. Salut Thibaut. Salut Renaud. Tout va bien ? Impec. Bienvenue Thibault, dessinateur bien sûr. Et parmi vos différents supports, vos dessins sont à retrouver chaque samedi dans la semaine de Soulcier. C'est sur Mediapart. Valérie, on va commencer tout de suite avec la première actualité de la semaine. Ce sont les mesures d'urgence annoncées ce matin par le gouvernement pour sauver l'agriculture.
Oui Renaud, reporté de quelques jours, le plan d'aide aux agriculteurs est finalement sorti ce matin. Vous venez de le dire, plus d'un milliard d'euros annoncés par une ministre de l'Agriculture convaincue d'apporter une réponse d'ampleur. la crise agricole écoutez
'annonce aujourd'hui au monde agricole le déploiement d'un plan à plus d'un milliard d'euros c'est une réponse forte un effort conséquent de solidarité. Deuxièmement, nous devons relancer la production agricole. Pour cela, j'annonce la mise en place d'un fonds de réarmement agricole.
La ministre de l'Agriculture nous annonce une mesure forte d'ampleur. Est-ce qu'elle est à la hauteur de la catastrophe que vit en ce moment le monde agricole ?
La catastrophe est extrêmement importante, mais à ma connaissance, elle n'a pas encore été précisément chiffrée. Très certainement, ce milliard ne permettra pas de compenser les pertes réellement subies. Moi, je soupçonne l'enveloppe d'un milliard, qui est quand même effectivement conséquente, d'avoir été déterminé en fonction des... capacité budgétaire, parce que là, on n'a pas encore de nouvelles lois de finances, on est encore sous l'empire de l'ancienne loi de finances, et donc le gouvernement a une marge de manœuvre, mais quand même assez réduite. Très étroite, on connaît les situations financières du pays. C'est-à-dire, voilà, c'est de couper des crédits de manière réglementaire à sa main, mais il y a un plafond à ça.
Oui, donc je poursuis votre réflexion avec vous, Julie et Graziani, finalement, est-ce que l'État peut faire plus ? Il va
nous dire, comme d'habitude, qu'il fait déjà beaucoup. Un élément qui peut mettre le doute, c'est l'accent mis, vous savez, sur cette sémantique de la mobilisation. Donc typiquement, le fonds de réarmement agricole, c'est des formules chocs. Ça donne l'impression que l'État s'empare du problème, le prend vraiment en main et va le gérer. Mais bien souvent, plus l'accent est mis sur les mots, et moins ensuite ça suit sur les budgets. Là, ce qu'on peut déjà deviner, c'est que sur le 1 milliard promis, qui est en valeur absolue, un chiffre considérable, bien sûr. Mais pour avoir des ordres de grandeur, la Confédération paysanne réclamait plutôt 2 milliards de soutien. Et la FNSA évalue la perte, c'est une évaluation, à 10 milliards. Et c'est vrai que les pertes de rendement région par région, on y rentre entre moins 30% et moins 80% dans certains cas, quand c'est le plus touché par les CHS. Bref, tout ça pour dire que sur le 1 milliard promis qui est important... On sait déjà qu'une partie figurait déjà dans d'autres lignes budgétaires et s'articulait en fait avec la loi d'urgence agricole de 2026. Donc il va y avoir de la superposition. Vous dites quoi ? Vous dites que c'est une annonce en trompe-l'œil finalement ? Il semblerait que sur le 1 milliard, mais on met encore des précautions, l'annonce date de ce matin, il n'y aurait que 500 millions de flux réellement nouveaux qui iraient dans la trésorerie des exploitations.
Il n'empêche, Néstor Nislavik, on connaît la situation financière du pays, plus de 3600 milliards de dettes. Donc Sébastien Lecornu a annoncé d'ailleurs qu'il faudrait des gels ou des... de crédit pour aller chercher de l'argent pour secourir justement le monde agricole, 500 millions ou 1 milliard, peut-être plus dans les jours, les semaines qui viennent, ou aller chercher cet argent justement ?
Juste revenir sur l'effet d'annonce, c'est aussi 330 millions qui sont des dégrèvements fiscaux, c'est-à-dire que ce n'est pas forcément de l'aide directe de la part de l'État. Ce que je remarque surtout, c'est qu'on est toujours très forts en France, notamment au gouvernement, pour faire des effets post-pour la réparation, pour dire qu'il y a eu des dégâts, nous allons réparer, et très peu pour la prévention initiale. Quand on parle par exemple du fonds vert, je ne sais pas si... si vous le connaissez, mais c'est un fonds qui est dédié notamment pour que les territoires, les communes, les municipalités préparent justement les transitions écologiques, avec la rénovation des écoles par exemple, avec la meilleure gestion de l'eau. On sait que par exemple ce fonds vert a été réduit par 4, divisé par 4 en deux ans. Il a été
créé par Emmanuel Macron, c'est vrai. Oui, et qui a été créé
spécialement justement pour aider la gestion des feux de forêt, etc. Donc en fait il y a quelque chose d'un peu dissonant sur le fait de faire des grands effets, de grands chiffres pour dire nous allons aider les agriculteurs, et il faut les aider, là-dessus c'est important, mais en revanche on se rend compte que les politiques de long terme, les politiques de préparation... elles sont quasiment inexistantes.
Justement, Antoine Bueno, ça veut dire qu'il faut arrêter de naviguer à vue en quelque sorte, alors qu'on sait que le dérèglement climatique est une réalité, pour changer de modèle et avoir une vision plus à long terme ?
Mais ça, c'est une évidence que là, on est dans un plan vraiment d'urgence. Là où c'est, je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit, le serpent qui se mord la queue, c'est que malheureusement, on risque de couper des crédits dans les investissements d'avenir. Mais parce que du modèle agricole, comment changer ? Faut-il changer de modèle agricole pour en
rester au modèle agricole ?
Évidemment, il y a une nécessité d'adaptation de long terme qui passe au moins par trois choses. C'est d'abord les types de culture, parce que ce réchauffement climatique, il est là et on va devoir faire avec, quels que soient nos efforts de réduction des gaz à effet de serre, donc on va devoir changer. On dit, c'est une caricature, mais que les vignes sont en train de remonter vers le nord. C'est-à-dire que tout ce qui est aujourd'hui le bordelais, ça pourra être demain le nord de la France. Il y a les types de cultures, des nouvelles variétés aussi, qui seront plus résistantes, qui demanderont moins d'irrigation. Et puis des systèmes d'irrigation, de précision, dont la France est encore relativement peu dotée.
Un dernier rapport expliqué que les 9 milliards de lapas qui sont distribués, notamment à la France, le sont. Le rapport de la Cour des comptes, pardon, le sont mal. Est-ce qu'il faut changer cette manière de distribuer l'argent de la PAC ?
De la politique agricole commune.
La difficulté, c'est qu'est-ce qu'on appelle mal ? Parce qu'en fait, c'est extrêmement compliqué. Le citoyen lambda a du mal à s'y retrouver, l'exploitant également. Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que la PAC est davantage un système d'indemnisation, finalement, a posteriori, puisque c'est des subventions, finalement, qu'une véritable ligne de chiffre d'affaires. Et ce dont ont besoin les exploitations, c'est de faire du revenu pour préparer, justement, ces changements. ces adaptations qu'évoquait Antoine. Pour faire du revenu, il faut pouvoir renégocier les accords de vente à l'intérieur du pays lui-même. Donc ça, c'est toutes les lois égalimes, petit à petit. Mais c'est toujours des négociations très ardues qui sont systématiquement armées sur la table tous les ans. Et il faut gérer aussi la question du libre-échange. Et là, on revient sur le sujet du Mercosur.
Un dessin de Thibaut Soutier. Oui, les plans d'urgence agricole se succèdent en obéissant au proverbe Shadok. Plus ça rate, plus ça a de chances de réussir.
Merci Thibault. Valérie, c'est maintenant l'heure de votre duel de la semaine. Cette semaine, c'est un couple qui réapprend à vivre ensemble. Et ce n'est pas toujours facile.
Oui, à ma gauche, Marine Le Pen, candidate à l'Elysée, bien décidée à récupérer son programme, son parti. Et visiblement, quelques meubles que Jordan Bardella avait déjà commencé à déplacer avant la décision de la Cour d'appel en juillet dernier. À ma droite, c'est donc Jordan Bardella, président du Rassemblement National, futur Premier ministre annoncé en cas de victoire de Marine Le Pen. En mai dernier, il jurait la main sur le cœur. Regardez, il n'y a pas une feuille de papier à cigarette. entre nous. Mais trois mois plus tard, la feuille est devenue un programme électoral avec plusieurs intercalaires concernant les retraites. Par exemple, Marine Le Pen l'a confirmé la semaine dernière devant le MEDEF à Roland-Garros. Retour à 62 ans, voire 60 ans pour celles et ceux qui sont entrés sur le marché du travail avant 20 ans. Une mesure qu'elle a elle-même chiffrée. Elle coûtera la réforme que je propose
9 milliards d'euros en année pleine. Vous me direz, ah mon Dieu, c'est un déficit supplémentaire. C'est un choix de société. Mesdames et messieurs, assumons les choix de société. Moi, je les assume.
Oui, mais Jordan Bardella préfère raisonner en années cotisées et envisage même un pilier de capitalisation. Le 28 mai, il avait même lancé. L'âge de départ ne veut rien dire. Invité à réagir samedi dernier sur la réforme proposée par Marine Le Pen. Il a choisi d'esquiver au Rassemblement National. On partage les mêmes convictions mais pas forcément la même date de départ. Et puis, autre point de désaccord et non des moindres. Marine Le Pen porte depuis 2012 l'interdiction du voile dans les lieux publics. Lundi soir, elle précisait sur X que son référendum comprendra la pénalisation du voile islamiste dans l'espace public. Jean-Philippe Tanguy complétait la veille sur BFMTV en ajoutant que les femmes qui contreviendraient à l'interdiction auront une amende. Mais Jordan Bardella n'a jamais été très emballé par cette formule.
ne s'agit pas de mettre en place une police du vêtement. D'abord, ce sont les Français qui décideront ou pas d'une telle mesure par l'intermédiaire d'un référendum. Donc il n'y aura pas d'interdiction à proprement parler le lendemain matin de notre élection.
parti, même référendum, mais pas exactement la même garde-robe juridique. Globalement... Quelle hérène Marine Le Pen et Jordan Bardella défendent-ils ? Pour elle, une ligne plus étatiste, plus populaire, lui, pousse davantage vers la droite libérale et pro-entreprise. Et le départ, la semaine dernière, de François Durvy, conseiller économique libéral de Bardella, en désaccord avec la ligne de Marine Le Pen, a rendu cette fracture encore plus visible. Mais rassurez-vous, sur l'immigration et la sécurité, l'ossature politique reste commune. Jordan Bardella expliquait encore cet été que la nouvelle spécificité... Cité du RN, c'était deux expressions, deux chefs qui s'accordent. Alors, pour l'instant, ils s'accordent surtout sur le fait qu'il va falloir s'accorder. Mais Julie Graziani, est-ce que ça va finir par exploser ? Est-ce que ces dissensions peuvent même porter préjudice à la campagne de Marine Le Pen ? Non,
en réalité, moi, je l'analyse plutôt comme une tactique. Parce qu'aujourd'hui, le Rassemblement national, s'il se projette dans un second tour où il faut rassembler pour gagner, il va avoir besoin d'opérer la synthèse entre les deux composants traditionnels. qui font toujours gagner la droite, c'est l'alliance des classes populaires et des classes aisées, socioprofessionnelles, plus en ce compris les entrepreneurs qui eux oscillent un peu entre ces deux catégories en fonction de leur revenu et de leur patrimoine. Et c'est quand on crée cette alchimie que la droite gagne. Si bien que Marine Le Pen doit à la fois faire une ouverture en direction du libéralisme économique, pour le dire simplement, c'est Jordan Bardella qui est chargé de cette partie-là. Elle est tenue de rester dans sa ligne historique, sinon elle brûle son message. Et finalement, ce que ça veut dire, c'est que chaque segment électoral va entendre un petit peu ce qui lui convient. Le sous-texte là-dedans, c'est que ces deux marqueurs du voile d'un côté et de la réforme des retinences seront sans doute négociables une fois arrivés au pouvoir. Il y a une autre fracture qu'il faut résoudre, c'est la fracture générationnelle. Sur la question du voile, à mon avis, c'est complètement générationnel. Les jeunes générations aujourd'hui ne sont pas du tout choquées par le port du voile dans leur ensemble. Donc il faut aussi que... Non, mais que cette synthèse soit résolue pour pouvoir avoir le vote des jeunes.
Oui, sur ce sujet-là, d'ailleurs, cette semaine aussi, on a vu que les dirigeants du Rennes avaient bien du mal à expliciter comment ils écriraient éventuellement un texte de loi pour justement interdire tel ou tel voile pénalisé, que la question du référendum aussi n'est pas forcément constitutionnelle et légale. Est-ce qu'il n'y a pas, pour un parti qui se veut parti de gouvernement susceptible de gérer le pays dans 8 mois, le risque d'apparaître un peu comme amateur avec ces polémies ?
Moi, je pense que c'est vraiment une séquence qui est embarrassante pour eux. D'abord parce qu'ils ne l'ont pas, pour moi, décidé. M. Tanguy, quand il s'est retrouvé sur BFM justement à parler de ça, c'est une question qu'on lui a posée et on voit qu'il est un peu balbutiant. Il lance cette proposition-là dans le débat public. Évidemment, tout le monde s'en empare. La gauche, évidemment, dénonce cette mesure qui serait discriminante. Et eux, derrière, ils se retrouvent à devoir trouver une réponse qui soit un peu rassurante en disant que non, ce n'est pas une police des vêtements, etc. En revanche, là où ils ont gagné, pour moi, c'est extrêmement dommageable pour ce début d'année. années présidentielles, c'est qu'il rythme déjà le débat politique, il rythme déjà le débat médiatique en imposant encore une nouvelle fois un débat islamophobe dans les médias français où tout le monde doit se positionner. Et sur la question du voile précisément, Marine Le Pen l'avait mis dans son programme en 2022 pour la présidentielle, elle avait elle-même rétropédalé, rappelez-vous, elle avait rencontré une maman qui portait le foulard à Avignon et elle avait dit effectivement c'est plus complexe, c'est plus contextuel, de sorte que Bardella quand il avait à son tour mené la campagne législative, il avait retiré cette proposition. Donc on voit bien que eux... Ce n'est pas une proposition qu'ils revendiquent. En revanche, ça révèle à quel point le débat français est très perméable à cette question-là. Et c'est aussi à nous d'être vigilants là-dessus.
En tout cas, c'est vrai que ce couple n'a pas fini
d'en parler, de cette histoire de voile, Thibaut Soucier. Non, Marine Le Pen fait la synthèse. Alors, le voile, non, mais le baillon pour Jordane. Merci, Thibaut.
C'est l'heure de la une internationale. C'était hier à la une du China Daily, un quotidien anglophone publié en Chine. Xi Jinping réclame de nouvelles mesures pour sécuriser le Moyen-Orient contre les ingérences extérieures. En déplacement en Égypte, le numéro un chinois s'est dit prêt à assurer la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz en collaboration avec les pays de la région. Donald Trump n'a guère apprécié. Il a préféré proposer de donner son propre nom au Détroit. Alors du Kirghizistan à l'Inde, Xi Jinping poursuit une tournée de pays plutôt hostiles aux Etats-Unis avant d'être reçu fin septembre à Washington par Donald Trump. Le leader chinois est-il devenu, Antoine Bueno, plus influent aujourd'hui sur la scène internationale que le président américain ? Alors c
'est tout à fait possible. Et quoi qu'il en soit, on doit trouver la diplomatie chinoise remarquable. extrêmement subtile, surtout, c'est pas très compliqué, en regard du président américain de Donald Trump. Là, le jeu que la Chine est en train de jouer est quand même assez incroyable. Parce que la Chine est la première victime collatérale du conflit américain en Iran par le biais du pétrole. C'est le premier importateur de pétrole. Mais plutôt, comme l'aurait fait Trump, de s'opposer frontalement avec des rhodomontades. Aux Etats-Unis, la Chine préfère le faire en contournement, tous en subtilité, en faisant pression, en se faisant ami avec les principaux alliés des Américains.
Et du coup, Julie Graziani, comment ça va se passer ? Comment vous l'imaginez cette réunion à Washington fin septembre quand ils vont se rencontrer, les deux présidents chinois et américains ? Sans doute avec
la même aménité et subtilité et sans faire trop de vagues, mais parce que le plan de la Chine est vraiment à long terme et très étendu géographiquement. Ils ne sont pas à une réunion près, un conflit même qui durait 6 ou 7 mois. C'est fascinant de voir la façon dont la stratégie de remise en cause de l'Empire américain pour y substituer leur propre empire est déployée. Ça se pense vraiment en cinquantenaire. Leurs investissements aujourd'hui sont développés non pas sur le plan commercial mais aussi industriels, militaires dans quasiment tous les pays de la planète avec une focalisation sur l'Afrique mais aussi des stratégies de contournement qui sont très intelligentes. On peut en parler des droits de douane qui leur sont imposés en allant délocaliser leurs usines dans d'autres pays qui ne subissent pas ces droits de douane. Il y a vraiment une pensée derrière, un plan extrêmement concerté. Et c'est à ça qu'il faut prêter attention. Il faudrait être aussi intelligent et regarder aussi long terme. C
'est deux stratégies
concurrentes décryptées. Par Thibaut Sulcier. Et oui, si Xi Jinping place ses pions sur le plateau du jeu de go mondial et Trump dirait « il n'a aucune chance, je suis le roi du morpion
». Merci. Merci Thibaut. Valérie, une autre activité de la semaine, c'est un drone chargé d'explosifs qui a été envoyé début août sur l'aéroport. de Leipzig,
la
Russie, qui s'en prend désormais directement à l'Allemagne.
Oui, vous avez raison, Renaud. Et Berlin accuse Moscou d'avoir franchi un nouveau cap. Et Bruxelles, en totale solidarité avec l'Allemagne, prépare de nouvelles sanctions contre la Russie. Kaya Kalas, la chef de la diplomatie européenne, ne parle plus d'incidents, mais de terrorisme d'État.
Leipzig a l'attaque de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de l'Université de la République.
Nesrine, si l'Union Européenne assume un tel vocabulaire aussi puissant, aussi fort, est-ce qu'elle peut continuer à répondre essentiellement par des réponses économiques et des sanctions économiques
Alors les sanctions sont toujours utiles, mais là la question c'est surtout est-ce qu'on va arriver à se mettre d'accord à 27 pour formuler une seule voix ou est-ce qu'on va laisser Poutine nous attaquer individuellement un par un ? Et c'est d'ailleurs la peur de l'escalade avec la Russie, d'une guerre frontale, c'est toute la stratégie que met en place Poutine, c'est-à-dire ces guerres hybrides qui sont des cyberattaques, des attaques de drones, des sabotages, elles jouent justement sur cet entre-deux. En fait, on ne nous sanctionne pas tant que ça. Je vous parle du côté russe. On ne nous fait pas si peur que ça. Ils nous laissent agir. Et donc, du coup, on joue sur cette peur permanente de la guerre avec la Russie vraiment frontale. Et l'Europe doit à la fois avoir une position de fermeté, des sanctions, le gel des avoirs, l'interdiction de territoire. Mais ce n'est pas suffisant,
apparemment.
Je pense que ce n'est pas suffisant parce qu'il n'y a pas une voie commune. Je pense que c'est encore nationalisé et qu'il n'y a pas, en tout cas envers Poutine, un discours très frontal de on ne tolère pas sur le sol européen des attaques de cette sorte-là. Je pense qu'il n'y a pas aussi de sanctions financières assez conséquentes, qu'il y a encore des réseaux existants, des réseaux russes existants en Europe qui justement préparent ces attentats, qui les organisent et qui les mettent en place. Donc justement, je pense que c'est aussi une volonté d'être beaucoup plus ferme pour justement à la fois faire peur à Poutine et aussi, nous, il faut aussi, je pense... aussi mieux s'armer face à ces attaques-là. Les cyberattaques, il faut à un moment donné considérer que c'est aussi un mode d'attaque géopolitique et qu'il faut s'y préparer, qu'il faut armer nos services, qu'il faut trouver
une manière de lutter contre ces attaques. Certains trouvent encore, Antoine Bonneau, que c'est trop faible pour Nathalie Loiseau, par exemple, l'eurodéputée Renew, du Bloc central. Je la cite, l'Europe est en train d'inventer... La diplomatie du pet de lapin. Elle a raison. Je vous jure, c'est Nathalie Oiseau qui l'est.
C'est vrai, mais moi, je ne suis plus mesuré parce que dans cette affaire, il y a un cap qui a été franchi, mais pas par la Russie. Parce que ça fait en réalité des années que la Russie mène ces attaques-là. Le cap qui a été franchi, c'est que pour la première fois, l'Allemagne et l'Europe disent... publiquement, c'est eux. C'est la première fois que Moscou est désigné. Voilà, que Moscou est désigné comme un ennemi qui attaque et qui mène une opération terroriste militaire. Donc ça, du point de vue de la symbolique, c'est extrêmement important. Par-delà les mots, et c'est là que je vous rejoins complètement, tout ce qui a été dit, pour l'instant, la réaction est assez faible, alors qu'il y aurait des moyens de réagir. Par exemple, l'Allemagne pourrait donner certains de ces missiles qu'on appelle des Taurus, qui permettraient d'avoir une force de frappe, qui sont comparables à des missiles que les Français et les Anglais ont déjà... Les données à l'Ukraine, exactement. Donc rien que ça, ça serait une réaction plus importante. Ou d'arrêter plus de navires fantômes qui permettent à la Russie de s'approvisionner par-delà les sanctions.
Mais Julie Grenziani, est-ce que ce genre de provocation, d'agression de la part de l'admire Poutine à l'endroit de l'Allemagne, cette fois-ci, ou d'autres pays ont pu être visés récemment par ce type de guerre hybride, comme sur un autre plan plus tragique, évidemment, les bombardements de Kiev qui se multiplient, c'est-à-dire davantage de victimes civiles, ça ne traduit pas aussi ? l'affaiblissement de la position de Vladimir Poutine. Est-ce que, sur le plan militaire et politique, il n'est pas en posture finalement plus fragile qu'il ne veut bien l'avouer ? Est-ce que ce n'est pas une fuite en avant ?
il y a une forme d'état des lieux qui reste finalement assez stable, avec des hauts, avec des bas, mais c'est un marasme dont on n'arrive pas vraiment à...
Parce que d'ailleurs, certains en Russie réclament une nouvelle mobilisation générale de centaines de milliers de soldats. Oui, certainement, mais bon,
on dit souvent ça, mais finalement, le fait est que depuis 4 ou 5 ans, les choses restent assez sans... issues réelles. Ce qui nous manque sans doute au plan des 27, c'est une doctrine de la guerre hybride. Parce qu'au fond, la guerre hybride, c'est la guerre qui se poursuit quand on ne veut pas faire de déclaration de guerre. Et ce point, évidemment, n'est pas à l'heure du jour pour tout un tas d'excellentes raisons. Donc ça ne peut se faire que de manière larvée. Et finalement, la Russie excelle à ce jeu-là. On l'a vu, c'est d'ailleurs pas nouveau. C'est des méthodes qu'ils ont depuis bien, bien longtemps. Rappelez-vous du parapluie bulgare, des hirandelles du KGB. Enfin, ils sont vraiment... spécialiste de ça, et le tout doté d'une mauvaise foi quand même inébranlable. Parce que quand on voit la réaction de Vladimir Poutine, alors que l'Allemagne a été très prudente, elle ne fait l'annonce qu'un mois, après avoir pris le temps d'enquêter, il y a des éléments qui sont vraiment très sérieux et concordants. Donc oui, ce qu'il faudrait analyser, c'est jusqu'où on va et dans quelle mesure on a les moyens de riposter. Pas sur le même thème, parce que finalement, on est plus clair dans nos moyens d'agir.
Nesrin Slawi, ça veut dire que ce genre d'attaque, c'est une manière de ralentir le... de soutien européen à l'Ukraine, psychologiquement en tout cas ?
En tout cas, c'est une manière de le faire payer. C'est une manière de dire, je n'oublie pas que vous êtes aussi, en tant qu'allié de l'Ukraine, mes ennemis politiques. Mais pour l
'instant, de ce point de vue-là, ça ne marche pas. C'est-à-dire que l'Europe, au contraire, accentue plutôt. Non, parce que
justement, c'est la première fois, comme vous l'avez dit, c'est la première fois qu'on nomme directement la Russie, en tout cas Vladimir Poutine comme responsable direct. Et c'est aussi une manière, je pense, de retourner l'opinion public et de dire, attention, nous aussi, on a un moyen de pression sur vous, c'est de dire la réalité des moyens de pression qu'il existe contre l'Europe. Mais je trouve effectivement que la réponse européens, même si l'Allemagne a pour le coup nommé l'attaque, a pointé du doigt un coupable, je trouve que la réponse européenne, normalement, il devrait avoir une réaction assez immédiate, pas forcément belliqueuse et guerrière, mais une sanction immédiate. On
ne va pas employer les mêmes méthodes qu'eux finalement, donc il faut en trouver, qu'il soit éclair et on ne va pas envoyer des drones, non mais faire du terrorisme.
Ah, ah, je vois que notre ami Antoine Buenod est dubitatif. On en reparlera. Non,
Poutine
ne comprend
que l'intimidation et la
violence. Alors justement,
le dialogue poutinien analysé par Thibaut Soussier ? Oui, alors Poutine attaque l'Europe dans le dos et ce n'est pas une réponse faible qu'à l'Europe, c'est la bienveillance. Elle dit, c'est ok, Vladichou, tu fais une tempête émotionnelle.
Merci Thibaut. Marjorie, c'est maintenant l'heure de votre comeback de la semaine, puisque chaque semaine vous nous racontez l'histoire d'un grand retour. Ce soir, c'est le comeback d'une vieillerie plutôt fragile.
Une très très vieille dame, on va dire, âge 960 ans, plus ou moins quelques années, taille 70 mètres, nationalité française, même si elle serait née en Angleterre, état global fragile, très fragile, mais ça ne l'empêche pas de voyager. Cette semaine, la tapisserie de Bayeux est de retour. Un retour en Angleterre où elle aurait été fabriquée, mais surtout à la une des médias. La broderie, vous le savez, représente la conquête de l'Angleterre par Guillaume le conquérant, la bataille d'Astings, la défaite d'Astings. Emmanuel Macron avait promis de prêter cette tapisserie pour revivifier les liens. Entre Paris et Londres, c'est donc chose faite. Avant une ouverture au public le 10 septembre, elle a été inaugurée à Londres au British Museum ce mercredi. C'était une cérémonie en grande pompe. Emmanuel Macron et sa femme étaient présents. Vous le voyez en compagnie du roi Charles III et de la reine Camilla, mais aussi du Premier ministre britannique Andy Burnham. La dernière fois qu'un tissu a autant fait parler de lui, c'était la robe de Kate Middleton.
La robe de Kate Middleton, je comprends, mais la tapisserie de Bayeux, pourquoi fascine-t-elle autant ?
Parce qu'il y a eu plein de rebondissements. Souvenez-vous, il a d'abord eu la pétition avec ses presque 80 000 signataires. Il s'opposait à son transport en raison de sa grande fragilité. Un transport réalisé sous escorte policière dans un caisson anti-vibration. Sans oublier la garantie casse, plus de 900 millions d'euros à verser à la France en cas de dette. de cette vieille dame à presque 1000 ans. C'est ce qu'on appelle avoir... Une bonne mutuelle et pendant ce temps-là, la tapisserie de Bayeux, elle, a gagné son statut de vedette, d'objet pop. Le British Museum, lui, l'a bien compris et s'en donne à cœur joie, budget comme XXL et une arme qui n'a pas trop servi lors de la bataille d'Astings, l'humour. Vous le voyez, des figurants ont été déployés pour rejouer des scènes de la tapisserie comme si vous y étiez. Une vidéo parodie quand même était créée, s'inspirant du film La Nuit au musée. Alors, il y a une émettrice de télévision britannique. qui y joue une gardienne de musée et elle voit les personnages de la tapisserie prendre vie sous ses yeux. Regardez. ça s'annonce compliqué, beaucoup d'humour et d'autodérision. Donc, je rappelle que cette tapisserie représente quand même une défaite anglaise. Il faut
le rappeler. Alors, premier
constat, les Anglais n'ont pas l'air rancuniers. Deuxième constat, ça cartonne. 100 000 billets vendus en moins de 24 heures, ça fait 3 millions d'euros. Des files d'attente virtuelles aussi, vous savez, comme pour le concert de Céline Dion. À ce prix-là, c'est sûr, Renaud. Les relations France-Angleterre doivent être bien vigifiées.
Mais Marjorie, est-ce qu'il arrive souvent d'utiliser les œuvres d'art justement pour réchauffer ? En
tout cas, ce n'est pas la première fois en 1963. C'est la Joconde qui avait traversé l'Atlantique en bateau. Malraux et De Gaulle l'avaient prêté aux Etats-Unis pour apaiser les tensions là aussi entre les deux pays. La tapisserie de Bayeux, elle, rentrera en France le 1er septembre 2027 maximum. Julie Graziani, est-ce que c'est une opération diplomatique qu'on pourrait qualifier
de réussie ? Oui, mais c'est aussi une opération culturelle et plus largement, il me semble que ça s'inscrit dans cette longue tradition d'objets ou d'œuvres d'art, finalement, qui partagent une histoire commune entre deux pays. On aurait tendance à vouloir les privatiser, mais où qu'ils aient voyagé, où qu'ils fassent référence à des épisodes historiques dans lesquels chacun a vécu, a souffert ou s'est réjoui, il y a finalement comme ça beaucoup d'objets, au fond, qui peuvent être partagés entre les pays. Nesrine
Sloyeu, au final, ça profite autant à la France qu'à l'Angleterre ?
Alors oui, ce que je rencontre, c'est surtout qu'il n'y avait pas un grand fair-play de la part du Royaume-Uni pour le coup de se mettre en scène aussi comme ça devant les marches du musée. Ils sont plutôt sympathiques avec nous, les Anglais. Mais moi, ce que je trouve intéressant, c'est surtout l'intérêt du public des siècles plus tard et surtout cette manière-là de le remettre en scène sur les réseaux sociaux. Moi, je suis toujours un peu fascinée quand on remet la culture au bout du jour en la modernisant un petit peu. Donc, très intéressant.
Une autre tapisserie, c'est celle de Thibaut Soutier. Et oui, Macron a brodé un nouveau chapitre à la tapisserie de Bayeux. C'est Manu Premier qui tend la tapisserie aux Anglois. qui leur répondent « Moult thank you, majesté
». Merci à vous Thibault. Nous allons passer aux photos que vous avez choisies les uns et les autres. Une photo qui illustre un autre sujet d'actualité que vous vouliez aborder dans cette émission. On va commencer avec votre photo, Antoine Bueno. Que d'eau, que d'eau. Il s'agit d'une église inondée et d'un mariage dans cette église aux Philippines.
C'est peut-être un mariage emblématique du XXIe siècle. C'est un mariage du réchauffement climatique. Donc effectivement, ça se passe au nord de Manille, dans les Philippines. L'église a été, comme vous le voyez, inondée il y a un mètre d'eau. Ils n'ont pas voulu annuler leur mariage. Et on parlait d'adaptation en ce qui concerne l'agriculture au début de l'émission. L'adaptation va être globale. Voilà une preuve de résilience.
Merci Antoine. On va enchaîner avec votre photo, Julie Gradiani, je crois reconnaître George Clooney, en l'occurrence à la Mostra de Venise.
alors un peu un exemple type de cette bonne conscience satisfaite propre aux stars du showbiz. Donc Georges Clooney a opposé d'un côté ceux qui ont le plus de pouvoir et le plus d'argent. C'était une allusion à l'administration Trump et qui se font une spécialité d'agiter les peurs. A ça, il oppose les artistes, journalistes, écrivains, metteurs en scène, etc. Dont eux, la spécialité consiste à rapprocher les gens et à démontrer qu'on peut avoir de l'empathie pour son prochain. quand même très stéréotypé. Finalement, c'est un peu ce postulat qu'on retrouve souvent qui est irritant d'une supériorité morale et intellectuelle des professions du domaine de la culture, qui sont dotés d'une mission, celle de nous apprendre à être empathiques les uns vis-à-vis des autres. C'est assez commode comme posture parce que ça leur permet à eux-mêmes d'être tout à fait riches et puissants tout en restant du côté des dominés contre les dominants.
'ai envie de vous dire what else Julie, merci en tout cas à vous. Et on va finir avec votre photo Nesrine Slaoui, un hommage à une immense figure féministe américaine disparue cette semaine.
Oui Gloria Steinem qui s'est éteinte hier soir à New York, le 3 septembre à l'âge de 92 ans, grande figure du féminisme américain depuis les années 60. Je le rappelle pour ceux qui ne situent pas les années 60, aux Etats-Unis les femmes n'ont pas le droit de travailler sans l'autorisation de leur mari, pas le droit d'ouvrir un compte en banque et surtout pas le droit d'avorter puisqu'elle fera partie de ces américaines comme nous. Françaises également dans les années 70, qui ont avorté clandestinement et qui l'ont fait savoir comme une méthode de lutte. C'est une grande féministe qui a été connue notamment avec Kate Millett pour le mouvement, le Women's Libre, le mouvement de libération des femmes américaines, qui avait aussi une capacité, qu'on découvre encore aujourd'hui dans le mouvement féministe, à lier l'intime et le politique, à considérer que tout ce qui était dans la vie d'une femme, sa sexualité, sa vie de couple, était du politique et devait être pris en charge par les féministes. Elle a notamment choisi de ne jamais se marier pour rester indépendante économiquement. Et comme toutes les grandes figures du féminisme, évidemment, elle a ses contradictions, ses attaques. On lui reproche beaucoup de choses de ne pas avoir été assez radicale sur la question raciale, d'avoir aussi collaboré avec une agence du CIA dans les années 50. Mais la force des grandes figures, c'est qu'elles sont toujours présentes, même pour s'en critiquer.
Merci Nesrine Slaoui. Un dessin de notre ami Thibault Soucier qui a trait à la photo choisie par Julie Graziani. George Clooney a quand même son public,
n'est-ce pas ? Oui, il déclare Nick Trump, ce gros nul. Et moi, je trouve que Georges Cunet, il vit trop bien. Merci. Merci Thibaut
Soulcier. Allez, sortez la cervoise, faites retirer les sangliers. C'est l'heure d'accueillir notre invité de la semaine, l'autrice de bande dessinée Cattel. Elle publie le deuxième tome d'un superbe roman graphique en forme d'hommage à un génie de la BD trop tôt disparu qui aurait eu 100 ans cette année. René Goscinny, bonsoir, bienvenue à vous. René Goscinny, bien sûr, l'inventeur d'Astérix, d'Izno Goût, du petit Nicolas, le scénariste de Lucky Luke, bref, celui que vous qualifiez de Gaulois immortel, c'est ce que vous dites, donc en sous-titre de ce roman des Goscinny, qu'a-t-elle, donc c'est paru chez Grasset. Pourquoi les Goscinny, au pluriel dans le titre d'ailleurs ? C'est parce que vous le ressuscitez à travers le récit de sa fille Anne, Anne qui d'ailleurs n'a connu son père qu'enfant.
Voilà, en fait, c'est mon héroïne, c'est Anne. Anne, la fille unique de René Goscinny. Là, c'est le tome 2 qui raconte toute la vie incroyable et romanesque de son père et de toute la famille en réalité. Et c'est à travers les yeux de sa fille Anne que je peux raconter à la fois ce grand artiste, ce scénariste de génie et puis aussi l'histoire de l'homme intime qu'elle me raconte, qu'elle m'a apporté sur un plateau, toutes les histoires que personne ne sait, ne connaît ou on découvre. un homme sensible anxieux très présent dans sa famille et donc je trouvais ça très beau ce rapport entre cet homme public incroyablement talentueux connu et puis cet homme dans la vie privée très secret
alors pour ce qui est de l'homme public et de la carrière et c'est vrai que ce deuxième tome commence en 1959 il ya notamment notamment pas seulement dans ce deuxième tome le phénomène astérix absolument fascinant par sa dimension l'invention d'astérix et le succès rapide, qui part d'ailleurs d'une idée qui est survenue presque à l'improviste sur un balcon, c'est ça, l'invention d'Astérix ?
C'est ça, c'est qu'en fait Goscinny a toujours travaillé en duo, en binôme avec des grands dessinateurs, là c'est avec Uderzo qu'il a créé Astérix, un peu par hasard parce que c'était pour le magazine Pilote, on lui avait demandé de trouver une idée pour aller vite, créer une histoire pour les jeunes. Et il avait d'abord pensé au roman de Renard, mais malheureusement ça avait déjà été fait. Et puis ils ont tous les deux cherché sur leur balcon en buvant un pastis. une idée qui remonterait dans notre histoire, les hommes préhistoriques, puis ils sont remontés un petit peu, tiens, la Gaule, tiens, la Gaule, c'est intéressant. Et puis, notre ancêtre, le Gaulois, Vercingétorix, et en fouillant un peu, ils se rendent compte qu'il y a tous ces noms en X qui les a amusés, et puis tous ces noms en Hommes pour les Romains. Petit à petit, l'idée a germé et ils ont créé ce personnage ensemble. Et le premier personnage d'ailleurs qui a été créé sur Astérix, c'était un grand bonhomme fort, comme on avait l'habitude avec les héros de bande dessinée, qui étaient des super héros. Et l'invention géniale de Goscinny, c'est de se dire, on va faire un contre-héros, un petit bonhomme, pas très fort, plutôt malingre et très rusé. Et puis c'est Uderzo qui insistait quand même pour que quelqu'un de fort, de puissant, assiste un petit peu Astérix. C'est de là qu'est né Obélix.
400 millions d'albums vendus.
Même plus de 500 millions aujourd'hui.
Plus de 500 millions. Marjorie.
Vous avez travaillé, on le disait, avec la fille de Gossini. Comment vous avez fait pour récolter de la matière concrète ? Est-ce que vous vous êtes appuyé sur des interviews filmées, des albums de photos famille ? Comment est-ce que vous avez préparé tout ça ?
bien là, c'est le tome 2, donc, je disais. Et depuis le début, les Goscinny, Anne Goscinny, son mari et Marduchatnet, qui ont l'Institut Goscinny, m'ont donné tout le matériel nécessaire, c'est-à-dire tous les interviews qu'ils avaient collectées de René Goscinny depuis toujours. Donc j'avais des tonnes d'interviews sur papier que j'ai analysées, que comme un couturier, j'ai découpées, remises en place de façon assez chronologique et aussi thématique. Et puis, en parallèle, j'ai eu une sorte de coup de foot d'amitié avec Anne. Ça fait qu'on s'est vus beaucoup, on a passé beaucoup de vacances ensemble et elle m'a raconté petit à petit toute sa vie. J'ai pris des notes, ce qui fait que j'avais la voix de Goscinny d'un côté et j'avais la voix d'Anne de l'autre. Et moi, j'ai fait chef d'orchestre de toutes ces paroles.
alors, ce qu'on découvre dans toute cette histoire, je prends la page 172. Vous faites dire à René Goscinny, le rire peut nous sauver, sinon il n'y a pas de guérison possible. C'est-à-dire que déjà à l'époque, dans les années 70, face au flot d'informations très difficiles, très rudes, il avait déjà cette... cette sensation que le rire pouvait sauver. Il précisera même, faire rire est un métier sérieux.
c'est son humour. Depuis tout petit, l'idée de René Goscinny, c'était de devenir clown, de faire rire. Il s'était rendu compte que pour lui, c'était une force de pouvoir faire rire ses camarades. Il était quand même petit, pas très fort, il n'était pas bagarreur. Et donc le rire, le dessin aussi, il dessinait beaucoup petit. Anne m'a fourni tous ces dessins que j'ai pu mettre dans le tome 1. Eh bien, c'était sa manière de s'exprimer, de trouver un public. Et d'ailleurs, il disait que quand on était petit, le rire pouvait être une défense. Ce qui était son cas. Et plus tard, il pouvait devenir une arme. Ce qui était son cas aussi. Il s'en est vraiment servi pour exprimer beaucoup d'idées.
Et Goscinny, à la carrière foisonnante, aux œuvres et au succès incroyable, c'est aussi ce qu'on peut appeler un découvreur de talent. C'est-à-dire qu'il a découvert des Gottlieb, Cabu, très jeunes, notamment à travers le journal Pilote.
C'est ça. Alors non seulement c'est un scénariste de génie qui a inventé quand même, on a parlé d'Astérix et Obélix, mais il y a Lucky Luke qui l'a développé avec Maurice. Il y a Isnogood qui l'a créé. Il y a le petit Nicolas avec Sampe. Et en plus, il a été éditeur du journal Pilote qui a découvert... de multiples talents de bande dessinée, en fait, dans les années 60. C'était une sorte de laboratoire expérimental où il s'est beaucoup ouvert, en fait, et il a permis aux gens de découvrir, et aux jeunes et aux moins jeunes aussi, c'est donc des niveaux d'âge différents, des bandes dessinées totalement différentes de ce qu'on avait l'habitude de voir pour les enfants, c'est-à-dire de la science-fiction, de l'héroïque fantaisie, du polar, enfin, toutes sortes de choses qu'on n'avait pas forcément l'habitude en France de voir. Et donc, il a élevé, en fait, la bande dessinée au rang d'art majeur. puisque c'est devenu le 9e art dans les années 60.
Merci, Cattel. Vous le qualifiez même de Balzac, le Balzac de la bande dessinée. Merci à vous, en tout cas, pour être venu partager avec nous ce deuxième tome du roman des Goscinni, un gaulois immortel aux éditions Grasset, sur le plateau du Club de 20 minutes. On a évoqué Astérix, Lucky Luke, le petit Nicolas. Is No Good, vous le disiez. Is No Good, c'est une oeuvre impérissable qui continue, bien sûr, de planer sur le débat
public, n'est-ce pas, Thibault Soulcier ? Oui, et de faire des émules, puisque pour 2017, on est déjà à 40... qui se déclarent candidat pour devenir calife à la place du calife.
Merci Thibault Soucier. On va maintenant remonter dans le temps en fouillant les archives oubliées de la télévision française avec vous, Marie Bonisso. Bonsoir Marie. Bienvenue à vous. Et ce soir, on va remonter au tout début des années 80 pour célébrer l'anniversaire du premier envol médiatique d'une petite machine. Légère. Oui,
les ULM, ULM comme ultra léger, motorisé. Au début des années 80 en France, absolument personne ne sait ce que c'est un ULM, sauf quelques siphonnées du ciel qui sont au quai pour s'envoler avec une petite aile de deltaplane. un moteur de tondeuse à gazon et des lunettes de piscine. Or, le 3 septembre 1982, 76 de ces coucous ont fait le pari absolument fou de traverser la Manche. Londres, Paris, en ULM, même l'organisateur a peur.
y a évidemment un risque. Le risque, c'est évidemment pour un de ces appareils, c'est d'aller à l'eau. On va faire un briefing au pilote, il faut qu'ils apprennent à savoir sortir de leur machine si ça se passe, il ne faut pas qu'ils paniquent. Ils vont avoir une combinaison de survie, ils vont avoir une maille ouest, et puis un petit peu de chance du bon lieu.
souvent quand on parle du bon Dieu, c'est qu'on est fébrile. Mais prière exaucée, à la surprise générale ce jour-là, il fait beau et absolument personne n'est tombé dans l'eau. Même cette ULM sponsorisée par Antenne 2 sur laquelle je n'aurais pas à parier au décollage. Mais tout se passe, le Cap Griné dans le Pas-de-Calais, sans encombre, avant que quelques-uns aillent se vacher, comme on dit, discrètement, dans un champ. Et même carrément, paraît-il, dans le jardin d'un ministre de François Mitterrand, un certain Claude Chesson, qui avait, figurez-vous, un grand jardin à la Selle Saint-Cloud. sur lequel il a vu atterrir un ULM dans un élégant bruit de tondeuse en fin de vie. Quant à notre pilote d'antenne 2, on ne lui fait toujours pas confiance pour arriver jusqu'à Paris.
On a viré le Cap Griné, il y avait beaucoup de monde, c'était très beau. Qu'est
-ce que vous tenez à la main
? J'ai eu un petit ennui à l'atterrissage, j'ai fait un atterrissage un peu dur, j'ai cassé ma roulette de nez, mais on va réparer.
On ne s'inquiète pas. K1K, roulis roulant. Après trois jours de vol, 59 de ces ULM se sont enfin posés au bois de Boulogne devant des dizaines de milliers de badauds plus ou moins séduits.
Ça vous donne envie d'en faire ? Non.
Ça paraît bizarre, ça paraît pas fait pour voler. Et puis finalement, ça décor.
Je trouve que c'est l'avenir, il n'y a pas de doute. Vous savez qu'il n'y a aucune femme qui participe à cette course. Justement,
je me
l'ai
demandé s'il y avait une femme.
Non. Il n
'y en a pas. C'est dommage. Parce que ça viendra certainement avec les femmes sportives de maintenant. On les aime les femmes sportives. Mais j'ai vérifié, on va attendre encore un peu, madame. Aujourd'hui, sur à peu près 15 000 pilotes du LM, il y a... 3% de femmes, voilà, ça ne décolle pas, pas encore. Donc bon anniversaire, merci à ce sport d'hommes et de tondeuses et de gazon. 44 ans d'atterrissage approximatif, ça se fête. Je vous dis un dernier mot quand même de notre pilote d'Antenne 2. Sachez qu'il a fini lui son périple carrément sur le plateau du journal télévisé. Avec ou sans petite roulette, l'histoire ne le dit pas.
Bravo et merci Marie. Et bravo aussi pour vos effets spéciaux. C'est toujours assez fascinant. Et c'est l'heure de retrouver les pertinentes théories d'Aurore Vincenti. Ce soir, cette gastronome qui est aussi diététicienne ne nous rappelle qu'en théorie, le gras, ce n'est pas bon pour la santé. Mais enfin, ça, c'est en théorie.
théorie, il faut manger moins gras. C'est même écrit sur les paquets de biscuits. Arros sur les lipides. Avec eux, déferle le cholestérol, le surpoids et les maladies cardiovasculaires. Mais ça, c'est en théorie. Parce qu'en pratique, c'est beaucoup plus complexe que ça. Notre organisme a un grand besoin de gras. Nos cellules pour fonctionner, notre cerveau pour penser. La part recommandée des lipides dans l'apport énergétique est de 35 à 40%, ce qui n'est franchement pas négligeable. D'autre part, comme souvent, ce n'est pas tant une question de quantité que de qualité. Il y a des graisses vraiment pas top top, comme celle des frites, dont il ne faut pas abuser. Oui, je sais, c'est très bon les frites. Et il y a d'excellentes graisses, dites insaturées, comme l'huile d'olive, sur une belle tomate avec quelques pignons de pain, de l'ail et cette ciboulette. Bah, hété, sort de ce corps. Oui, c'est le fameux régime méditerranéen qui sent bon le sable chaud. Alors, qu'est-ce qui a contribué à diaboliser le gras ? Au début des années 60, aux Etats-Unis émergent des recommandations médicales qui ciblent des populations à risque cardiovasculaire et leur déconseillent les graisses saturées. Très vite, ce message est simplifié, étendu à l'ensemble de la population états-unienne et récupéré par l'industrie commerciale. Manger moins gras devient à la fin des années 70 une norme de santé publique. On sait même aujourd'hui que la Sugar Research Foundation, un lobby du sucre, en a profité pour financer en 1965 une revue de littérature biaisée afin de minimiser le mauvais rôle du sucre et désigner les graisses comme coupables. Alors petit pot de beurre, quand te dédiaboliseras-tu ? Graisse et sucre se refilent la patate chaude puisque ces derniers temps, c'est plutôt le sucre qui en a gros sur la dite patate et le gras qui se refait une santé. Et puis, je ne peux pas vous quitter sans rappeler que le gras, essentiel pour la santé, c'est aussi le goût. Et que manger, c'est aussi un plaisir. Alors maintenant qu'on a dit ça, je m'en retourne beurer ma biscotte.
Merci Aurore Vincentie, je vais me refaire une tartoche de sandou, moi. Un dernier dessin de
notre ami Thibaut Soulcier. Bon week-end, profitez-en pour manger gras, ça rend intelligent. Merci Thibaut,
merci à tous les amis. On se retrouve demain à la même heure, 20h05 sur Arte, pour 28 minutes samedi et son club international. Comme toujours, on va se quitter en musique avec un clin d'œil à notre invité de la semaine qui est venu nous raconter tout à l'heure l'extraordinaire carrière de René Gossini. Le créateur de Lucky Luke, entre autres, raison de plus pour écouter l'inusable Joe Dassin, les Daltonnes.
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