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Pensez à covoiturer. La matinale de Radio Classique avec David Abiker.
8h10, c'est l'heure de l'éditorial avec Le Figaro et Guillaume Tabard. Guillaume Tabard, je vous salue en ce vendredi 4 septembre. Bienvenue dans ce studio. Anniversaire de la République. Exactement. Il y a un nouveau candidat à la primaire de la gauche. Il s'appelle Fabien Verdier. Il est ancien maire de Châteaudun. Ceci dit, c'est deux figures plus connues de la gauche dont vous voulez nous parler ce matin.
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Et oui, j'ai nommé... Vous l'avez dit avant la publicité, François Hollande et Ségolène Royal. Alors, on les connaît depuis longtemps, ces deux-là. Et chacun à sa manière, après 40 ans de vie politique, il tente une fois encore de briguer la présidence de la République. L'ancienne finaliste de 2007, contre Nicolas Sarkozy, cherche à effectuer son retour en se présentant à la primaire du PS. Et le vainqueur de 2012, contre Sarkozy également, espère se poser en recours en faisant le pari que la primaire ne donnera pas une légitimité suffisante à son vainqueur. Ils n'ont donc pas le même calendrier, mais je ne sais pas si vous avez remarqué, ces jours-ci, on a l'impression de n'entendre qu'à gauche. Alors
croyez-vous sincèrement qu'ils ont l'un ou l
'autre une chance de s'imposer ? Sincèrement, pas beaucoup. Pour Ségolène Royal, on voit mal quelles sont ses troupes. Et pour François Hollande, puisqu'il refuse de passer par la primaire, il faudrait vraiment qu'il arrive un accident politique aux vainqueurs de celle-ci, car même de mauvais sondages ne seront pas un motif suffisant de retrait.
Ceci dit, les troupes du PS, elles ne sont pas très nombreuses. Elles ne sont pas très
nombreuses non plus, on verra combien il y aura d'électeurs. Mais en tout cas, ces deux-là, qui formaient, on ne l'a pas oublié, un vrai couple durant 30 ans, ont trois points communs. Le premier, c'est de ne jamais renoncer à rien. et même de sembler totalement insensible et aux échecs et aux railleries. Vous me direz qu'en politique, c'est une force. Deuxième point commun, c'est d'être les seuls à gauche depuis 30 ans à avoir vécu une finale de la présidentielle. Et pour Londres, bien sûr, de l'avoir remportée. Or, on a beau dire, mais avoir recueilli sur son nom 17 millions de voix pour l'une, 18 millions de voix pour l'autre, ça compte. Et puis enfin, un troisième point commun qui découle d'ailleurs des deux autres, une capacité médiatique qui surpasse largement celle de toutes les autres figures de la gauche. Ce qui, en creux d'ailleurs, souligne la difficulté du PS de toutes ces dernières années à faire émerger des figures fortes, audibles ou crédibles.
Bah oui, parce que ça fait quand même pas mal d'années qu'ils sont dans le circuit l'un et l'autre. Alors sur le fond, Ségolène Royal et François Hollande incarnent-ils aussi une même sensibilité ? Eh bien non, et ce qui est drôle, c'est qu'il y a une sorte
de chasser-croiser entre eux. Car, souvenez-vous, l'art royal de la présidentielle de 2007, c'était l'ordre juste. Et les socialistes d'ailleurs la trouvaient à l'époque beaucoup trop. droitière. Et bien aujourd'hui, même Jean-Luc Mélenchon ne lui pose aucun problème. Hollande, d'une manière, c'est l'inverse. Il a commencé dans l'orthodoxie de l'appareil socialiste et aujourd'hui, quand on lit son livre, UNIR, il est sur une ligne assez réformiste, j'allais dire plus raisonnable que tout le monde à gauche, reconnaissant par exemple qu'il faudra bien reporter l'âge de la retraite. Alors, sans doute parce qu'il se dit Que Raphaël Glucksmann s'effondrera, que Gabriel Attal se retirera et que Jean-Luc Mélenchon résistera. Et qu'il pourra alors occuper tout l'espace du centre-gauche. C'est en tout cas son espoir. Pour revenir à notre duo, c'est comme aussi une différence entre eux. Ségolène Royal réagit toujours à l'instinct. François Hollande, lui, agit toujours par calcul.
Et l'un et l'autre, est-ce qu'ils pourraient se faire à la courte échelle ? Est-ce qu'ils sont encore complices ? Ou finalement, le temps les a éloignés ? Écoutez, ils sont lucides l'un sur l'autre,
on va dire.
Guillaume Tabard, l'éditorial avec le Figaro, à retrouver en vidéo sur lefigaro.fr, évidemment, dans votre application Radio Classique. Et Guillaume, à demain. À lundi plutôt. Oui, à lundi, oui. C'est vrai qu'on peut éventuellement ne pas travailler demain. Dans un instant, Camille Gallab, président de l'université Paris-Saclay, c'est mon invité. Son université est classée 13e dans le classement de Shanghai. Autrement dit, c'est le meilleur état. l'établissement français au niveau international. On en parle avec lui juste après la pause.