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Sur Radio-J ce matin et notre invité au micro d'Eva Soto, c'est Jonathan Ayoun, auteur et réalisateur. Jonathan Ayoun, bonjour. Bonjour. Vous êtes donc documentariste et séiste, notamment avec Judith Cohen-Solal de La Main du Diable, comment l'extrême droite a voulu séduire les juifs de France, et du documentaire sur l'histoire de l'antisémitisme. Sur Arte, dimanche, le musée d'histoire du judaïsme organise une journée sur les juifs et la France. Vous y participez autour du débat sur le franco-judaïsme, le franco-judaïsme qui traverse actuellement... Une crise. Est-ce que cette crise s'explique seulement par l'antisémitisme ? Seulement, entre guillemets, bien sûr.
Essentiellement. La question de l'avenir des Juifs de France se pose régulièrement. On pourrait même dire de manière permanente depuis les années 60-70. Parfois pour des raisons liées à la question de la manière dont cette communauté peut se transformer, peut évoluer. parfois aussi par l'évolution de la société, qui ont amené des moments où se demandaient si les Juifs de France continueront à faire communauté de la même manière le lendemain, et parfois à cause de l'antisémitisme, en effet. Notamment
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depuis le 7 octobre, peut-être. Notamment
depuis le début des années 2000. Cette question-là, elle est quand même intégrée. A l'avis des juifs de France de se dire la question de son avenir et la question de l'avenir de ce destin collectif. La question concrète
du on part ou on reste.
Voilà la question du on part ou on reste et s'est installé depuis les années 2000, donc depuis cette montée de l'antisémitisme et s'est accéléré, accentué pour beaucoup au moment des attentats meurtriers des années 2010. Je pense par exemple à celui à Toulouse et bien sûr depuis le 7 octobre.
Alors le rapport aux religieux aussi a changé, il a évolué. On le voit dans les débats actuels, même si actuellement ce n'est pas les juifs qui sont directement nommés. Il y a le port des signes religieux avec tous ces débats sur le voile et sur le fait que le Rassemblement National veut... donner des amendes aux femmes qui seraient en voile dans la rue. Ce n'est pas nouveau, ça, au niveau du RN, ce type de positionnement. Mais désormais, ça devient plus concret.
faisait partie du programme. de la candidate à l'élection présidentielle d'extrême droite Marine Le Pen pour les deux dernières élections. Cela fait partie du programme politique de l'extrême droite depuis bien plus longtemps, de vouloir en effet faire en sorte que la police puisse arrêter dans la rue une femme qui porte un voile ou un homme qui porte une kippa. La nouveauté, c'est qu'après avoir dit qu'elle renonçait en prenant conscience que les libertés constitutionnelles étaient attaquées, en prenant conscience aussi de la gravité d'une telle proposition, Elle y avait renoncé aux dernières élections législatives européennes, une ou deux semaines avant l'élection. Là, elle revient avec cette proposition-là. qui cette fois-ci pour la première fois ne concerne que le voile, mais qui en réalité est une attaque à l'égard de toute manière d'exprimer une identité religieuse dans l'espace public. Donc de fait aussi une attaque contre les juifs, même si elle n'est pas directement inscrite là. Pourquoi
une attaque contre les juifs, même si elle n'est pas directement inscrite là ?
Parce que c'est une attaque à la laïcité. Au-delà d'être une atteinte de liberté constitutionnelle, aux valeurs de la République, c'est une atteinte à la laïcité, plus précisément sous prétexte de la défendre. La laïcité, ce n'est pas de, comme disait Briand, Aristide, ce n'est pas de mettre un pistolet sur la tempe des religions. Et cette proposition-là, c'est ce qu'elle vient dire. Elle vient criminaliser, être un danger pour la France, tout signe extérieur d'appartenance à une religion, tout signe ostentatoire, tel que c'est précisé pour eux. Seulement là, ils considèrent que c'est que le voile. Donc en plus, c'est une proposition discriminatoire qui n'a pas de possibilité de passer facilement. En tout cas, sinon, il faudrait... changer la constitution ou faire un référendum. Donc l'une des manières de le faire pourrait être à terme, s'ils avaient le pouvoir, de se dire, regardez, on ne peut pas le faire que pour le voile, on va le faire pour tous les signes religieux, là ça passera. Et donc, ça reviendra encore une fois à empêcher des juifs de porter la kippa dans la rue. Lui a lieu l'un des cadres historiques du Front National. Vous avez fait référence au livre que j'ai co-écrit avec Judith Cohen-Solal. le cadre de ce livre-là, on a rencontré Luallio. Il nous a dit, ben oui, on a dit, mais quand même, interdire le port de la kippa dans la rue, c'est d'une violence. Oh, écoutez, il faudra bien faire un effort. Donc on voit bien leur démarche, faire un effort. Vous, toute personne qui appartient à une minorité, doit faire un effort supplémentaire au reste des citoyens français pour pouvoir être accepté.
Donc rupture d'égalité.
Donc rupture d'égalité. Dans tous les cas, cette proposition de loi est une rupture d'égalité, d'où le fait qu'elle demanderait par exemple une révision de la Constitution. On voit bien qu'il y a là quelque chose qui s'attaque à ce qui a constitué la France depuis la Révolution française, c'est-à-dire l'égalité. Et c'était un combat qui a été mené sur des décennies, notamment pour permettre aux Juifs de pouvoir porter la kippa dans la rue sans que cela soit... quelque chose à suspecter.
France, la dernière enquête de la CNCDH montre que désormais, ceux qui s'affichent comme proches de LFI sont au coude à coude pour ce qui est des clichés antisémites avec les sympathisants d'extrême droite. LFI, ERN, bonnet blanc et blanc bonnet
tout cas, ce qui est sûr, c'est que les préjugés antisémites ont la vie dure et il y a une dynamique au sein de l'extrême gauche. quant à l'adhésion à l'égard de l'antisémitisme, qui est extrêmement inquiétante, qui devrait mettre en responsabilité beaucoup de personnes de gauche pour remener ce combat-là, et accepter que ce combat-là ne se mène pas que contre l'adversaire politique, mais également contre des potentiels alliés. Mais c'est deux histoires complètement différentes. L'histoire de l'antisémitisme à l'extrême droite... et l'histoire de l'antisémitisme à l'extrême gauche. Donc il ne faudrait pas les mettre en miroir ou en équivalence, même si aujourd'hui, et il faut l'accepter, tous les deux sont traversés par des mêmes formes d'antisémitisme, les mutations de l'antisémitisme ont réussi à toucher... Plus ou moins de la même manière, certains des sympathisants d'un camp et de l'autre. Et je pense bien sûr par exemple à l'antisémitisme invariant antisioniste qui traverse les champs des familles politiques. Enfin, l'antisémitisme n'a pas une couleur politique, il faut l'accepter pour en comprendre l'imitation.
L'antisionisme, on associe aujourd'hui ça à l'extrême gauche. Est-ce que c'est historiquement associé uniquement à l'extrême gauche, ou c'est quelque chose qui s'est retrouvé aussi dans d'autres courants politiques qui affichaient un antisémitisme fort
oui, et ça dépend des années, et ça dépend des pays. En France, par exemple, dans les années 70, Ça a commencé à prendre une place à l'extrême gauche, c'est vrai, mais l'un des plus grands promoteurs de l'antisionisme avariant antisémite à ce moment-là en France était François Duprat, un leader d'extrême droite, celui qu'on appelle d'ailleurs l'inventeur du Front National.
Dernière question rapidement, il y a une réunion le 19 septembre à Nice contre l'antisémitisme avec la députée LFI Daniel Obono et le mouvement juif antisioniste de SEDEC, ça vous inspire quoi ?
c'est des gens qui ont l'habitude plutôt de se réunir pour nous expliquer que l'antisémitisme n'en est pas un. Notamment, je prends deux faits, parce que c'est quand même assez saisissant. L'affaire Léna Situation, Gisèle Journeau, dont on n'a pas le temps de définir, mais dont tout le monde a entendu parler, cet ostracisme de cet agent d'influenceur, Gisèle Journeau, Tzedek est venu expliquer que, en réalité, c'est une attaque contre Léna Situation que de venir pointer son comportement. Donc c'est une attaque
contre la personne qui rejette les Juifs, c'est ça ?
C'est ce qu'ils disent et c'est exactement ce qui s'est passé aussi cet été avec la Didier Barbara Butch à Grenoble où en fait ceux qui sont venus la pointer du doigt, la boycotter, lui reprocher son identité et pas simplement ses positions politiques. Cela a été documenté, vérifié, analysé, enquêté. Et bien pourtant, malgré ce travail-là, mené notamment à l'intérieur de médias de gauche, malgré tout cela, et bien ceux qui se réunissent donc pour lutter contre l'antisémitisme sont venus nous expliquer qu'il n'y avait aucun antisémitisme là-dedans, que c'était une instrumentalisation. Donc je ne vois pas trop la pertinence de cette réunion, même si normalement tout parti républicain doit se réunir pour faire des propositions pour lutter contre l'antisémitisme. On a envie de leur dire d'abord... Arrêtez de parler et écoutez ceux qui luttent véritablement.
Merci beaucoup Jonathan Ayoun. Jonathan Ayoun, je rappelle donc que vous serez dimanche au Musée d'art et d'histoire du judaïsme comme l'un des intervenants de cette journée sur les Juifs et la France. Bonne journée.
Merci Eva.
Merci.