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13h, 14h, Europe 1 Info.
La suite de 13h32 sur Europe 1, c'est avec vous Clélie Mathias et vos deux chroniqueurs du jour, Jules Therès et Jean-Michel Salvatore. Et on continue de parler de la présidentielle, de la droite et du centre. Ce matin, c'est Bruno Retailleau. Le candidat des Républicains qui donne une longue interview au Figaro, avec en exclusivité, c'est en esquisse de programme, en tout cas quelques propositions, plutôt choc, parce qu'il veut revoir la constitution de 58, pour mieux dit-il lui redonner l'esprit voulu par le général de Gaulle, c'est la mère des batailles. Il y est revenu, écoutez, c'était sur RTL il y a quelques jours, en rendant hommage à Baladur.
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'ai de l'estime pour Edouard Balladur parce que c'est un des seuls premiers ministres à avoir contredit le Conseil constitutionnel. En 1993, quand le Conseil constitutionnel avait voulu imposer sa vision du droit d'asile, qui aurait fait d'ailleurs de la France le pays de recueil de tous les déboutés du droit d'asile de tous les pays européens, Edouard Balladur avait tapé du poing sur la table et avait révisé. la Constitution pour finalement infliger un camouflet au Conseil constitutionnel et laisser le constituant, c'est-à-dire les représentants du peuple, leur laisser le dernier mot.
-Michel Salvatore, finalement il s'attaque pas tellement à la Constitution mais à l'usage qui en est fait.
Ah si quand même, moi je trouve que c'est assez habile ce qu'il propose parce qu'en fait il arrive à renverser la table sans casser trop de vaisselle. Parce que finalement, il propose une révision constitutionnelle qui va assez loin, une révision qui va permettre d'organiser un référendum. sur des sujets de société, alors que pour l'instant, l'article 11 limite l'organisation des référendums à l'organisation des pouvoirs publics. Donc en principe, on ne peut pas interroger les Français sur les questions d'immigration, sur les questions de sécurité. Donc moi je trouve que ça c'est plutôt habile de dire on va élargir l'usage du référendum. La deuxième chose que je trouve assez intéressante, c'est qu'il reste quand même dans les traités européens, en disant on reste dans les traités européens, mais il y a quand même une clause qui veut que une loi ne peut pas contredire, l'Europe ne peut pas contredire une loi qui était votée par le peuple français. C'est la suprématie du droit français. Et donc ça c'est aussi assez intéressant. Et puis la troisième chose que je trouve intéressante, c'est aussi la possibilité que le peuple français, et le dernier mot, lorsque le conseil conditionnel prend une décision pour annuler une loi, le peuple français... avoir le dernier mot si on arrive à récolter je crois 500 000 signatures et pour permettre en fait de faire en sorte que les français lorsqu'ils veulent véritablement quelque chose est véritablement le dernier mot donc je trouve que je trouve que c'est assez malin et il échappe à l'écueil de l'année dernière quand il avait dit bon l'état de droit c'est pas sacré alors évidemment on voit bien pourquoi il le disait mais c'est vrai que c'était donné gauche et à l'extrême gauche, un angle d'attaque très efficace. Et là, il contourne l'obstacle d'une façon, moi je trouve, assez maligne.
Qu
'en
pensez
-vous ?
Ce n'est pas le sujet le plus sexy, disons-le, quand on ouvre une campagne présidentielle, mais je trouve que c'est le sujet le plus important de l'élection présidentielle parce que Jean-Michel l'a très bien expliqué. Aujourd'hui, on a un état de droit qui en effet n'est ni intangible ni sacré pour reprendre les mots de Bruno Rotaillot, mais qui bien souvent nous empêche d'avancer et de réformer ce pays. Bruno Rotaillot, il l'a vu de près quand il était au ministère de l'Intérieur avec un certain nombre de censures du Conseil constitutionnel et surtout l'impression qu'on ne peut rien changer. Donc sa proposition, je la trouve d'utilité publique. Je pense que tous les candidats à l'élection présidentielle devraient se prémunir de ce sujet-là, parce que c'est une question, non pas de changement de la Constitution, c'est une question d'hierarchie des pouvoirs. Aujourd'hui, on a le sentiment que l'exécutif n'a plus de pouvoir, que le législateur n'a plus de pouvoir, et que les Français, quoi qu'ils fassent, n'ont plus le pouvoir. Le pouvoir, il est où ? Il est... au Conseil constitutionnel, il est dans le droit international et dans le droit européen et dans les traités internationaux. Donc ça, il faut changer cette hiérarchie. Donc ce que propose Bruno Rotaillot, c'est extrêmement clair. C'est d'abord de dire, bon, le référendum, on va en effet le changer pour pouvoir le saisir sur tous les sujets, y compris des sujets qui ne traitent pas de l'économie et du social. Je vous rappelle quand même que le général de Gaulle a changé la méthode de scrutin avec l'article 11 et que le Conseil constitutionnel, à l'époque, n'avait rien dit. C'était le général de Gaulle. de Gaulle et c'était pas le même conseil constitutionnel parce que le problème de ces dernières années c'est qu'on voit que le conseil constitutionnel s'est arrogé un pouvoir qui n'était pas le sien qui n'était pas celui auquel avait théorisé à la fois le général de Gaulle et Michel Debray depuis Bien au-delà de 1993 et la loi Pasqua, mais depuis 1973 et le début du principe de constitutionnalité, le Conseil Continuel va piocher dans tous les textes et créer des jurisprudences. Un seul exemple pour ne pas être trop technique, parce que je vous dis, ce n'est pas le sujet le plus sexy, mais je pense que c'est le sujet le plus important. La loi Attal sur la justice des mineurs l'an dernier. Elle a été censurée, en tout cas grandement, et c'était une loi qui était plutôt timide, elle a été censurée en prenant trois textes, trois jurisprudences. Un de 1908 sur l'autorité pénale. un de 1912 sur la justice des enfants et l'ordonnance de 1945. Ça paraît être des textes qui sont très très loin de la réalité de notre jeunesse aujourd'hui en 2026 et particulièrement en 2027. Donc toute cette jurisprudence, il faut lui dire stop, il faut dire au Conseil constitutionnel qu'il ne peut plus s'arroger tous ces droits-là et qu'il faut faire avancer le pays avec des lois qui sont des lois en effet importantes. Le problème de Bruno Roteau qui va se poser, c'est qu'il lui faudra soit une majorité parlementaire, très large, parce que l'article ce référendum, il devra passer par l'article 89 de la Constitution, et donc obtenir trois cinquièmes du Congrès, donc le Sénat et l'Assemblée nationale.
question c'est aussi de savoir, bien sûr, avec ces propositions choc pour Bruno Retailleau, est-ce que vous pensez qu'il... Qu'il décollera un petit peu dans les sondages et dans cette campagne ? Est-ce que ça parlera ?
Ce n'est pas avec un sujet constitutionnel qu'on peut arriver à réveiller l'électeur, même si, comme le dit Jules, c'est un sujet très important. Tous les Français voient bien qu'on est enfermé dans une espèce d'impossibilisme, c'est-à-dire qu'on est complètement baïonnés par, comme il l'a très bien dit, la Commission européenne, le Conseil consuliel, le Conseil d'État, la Cour de cassation, etc. Donc pour sortir de ça, et pour faire en sorte que le peuple français retrouve sa souveraineté, il faut changer la Constitution. Quasiment tous les candidats de droite ou d'extrême droite ont ce projet-là. Marine Le Pen a aussi un projet, Edouard Philippe a aussi un projet. Mais ces projets-là sont beaucoup moins aboutis que celui de Bruno Retailleau. Mais c'est vrai que c'est absolument indispensable si on veut sortir de cette immobilisation.