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Il est le plus jeune Premier ministre de l'histoire de la 5e République et à 37 ans, il aspire aujourd'hui à être son plus jeune président. Derrière la com, derrière les TikTok, on va essayer aujourd'hui dans ce nouveau rendez-vous politique de RTL de mieux cerner Gabriel Attal, candidat Renaissance. Bonjour Gabriel Attal.
Bonjour Marc-Olivier Fogiel.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Merci d'être là pour inaugurer ce rendez-vous. Bienvenue donc dans Les Aspirants, le podcast vidéo de RTL consacré à la présidentielle. Et le principe de ce podcast est assez simple. Pour démarrer, on va récupérer la première archive du candidat qui est là, derrière un micro RTL. Et moi je m'en souviens bien, parce que j'étais aussi derrière ce micro RTL. C'était le 11 juin 2017, premier tour des législatives. On est avec Olivier Mazerolle, Alain Duhamel, plein d'invités. On ne sait pas très bien qui en reçoit, puisque c'est les partis qui les envoient. Et on voit arriver un enfant. Gabriel Attal, vous vous en souvenez
? Je m'en souviens, c'était ma première radio. De votre vie ? De ma vie. C'était le soir des élections législatives en 2017. J'avais été envoyé sur une radio, en l'occurrence RTL, pour commenter ses résultats.
Et donc, un bon souvenir ? Parce que nous, quand on va écouter l'archive, puisqu'on commence comme ça... Je ne l'ai jamais réécouté. Vous allez voir, il y a des choses qui sont encore là aujourd'hui. Finalement, il y avait le physique juvénile. se fout un peu de vous quand vous êtes arrivé dans ce studio, mais ils ont envoyé le stagiaire. Mais en même temps, quand on vous écoute, il y a déjà un truc que vous avez aujourd'hui. Bonsoir Gabriel Attal, candidat à La République En Marche dans la dixième circonscription des Hauts-de-Seine. Vous l'avez dit, vous avez 28 ans, vous incarnez ce renouveau de la politique en fait.
je suis aujourd'hui candidat dans cette circonscription parce qu'Emmanuel Macron a souhaité donner sa chance à une nouvelle génération.
Vous êtes inscrit sur Internet ?
J'ai rempli mon dossier sur internet avec un CV, une lettre de motivation et des lettres de recommandations.
Et donc, ça a marché, comment ça se passe pour vous ce soir ? Est-ce que vous avez des premiers résultats dans cette dixième circonscription des Hauts-de-Seine ?
Oui, j'ai des premiers résultats, les dépouillements se poursuivent, mais je suis nettement en tête. Regardez la tête de Nicolas Doménac, de Liguet-Basdol, face à vous, à vos côtés. C'est une belle avance, mais... Alain Duhamel, ils n'en reviennent
pas. Vous entrez dans cette vie politique, d'ailleurs, vous avez fait quoi juste avant ? Alors, j
'ai fait plein de choses, j'ai travaillé à l'international, à la Villa Medi... ici, à Rome. J'ai travaillé dans un cabinet ministériel où j'étais conseiller. Je travaille aujourd'hui dans le privé chez Marisol Touraine. Et je suis aujourd'hui consultant. Je ne serai pas un député Godillot, je serai un député engagé pour la réussite d'Emmanuel Macron. Vous êtes déjà bien dans la ligne, en tout cas.
Ça prouve que vous apprenez vite. Quel regard vous avez sur le jeune Gabriel Attal qui... A déjà des éléments de langage.
D'abord sur la forme. Je n'aime pas beaucoup me réécouter. Donc forcément, c'était la première émission. Mais vous savez, quand vous êtes jeune candidat et que vous êtes tout d'un coup projeté sur une radio nationale, c'est quelque chose qui est assez impressionnant. Et c'est vrai que c'était quand même une soirée qui était extraordinaire. On était un certain nombre de candidats, de jeunes, qui n'étaient pas du tout destinés à devenir députés à ce moment-là. Et on se retrouve, parce qu'on soutenait le président de la République, en situation de devenir député.
Mais 7 ans après, vous êtes à Matignon.
Si votre question, c'est de savoir si on m'avait dit à cette époque-là, ce soir-là, que je me retrouverais quelques années plus tard, Premier ministre, j'y aurais pas cru une seule seconde. Mais de la même manière qu'un an avant cette émission, si on m'avait dit que je serais député l'année suivante, j'y aurais pas cru une seule seconde. Mais voyez ma question, est-ce
que derrière, objectivement, même si c'est fulgurant et que vous avez certainement un talent pour ça, c'est allé malgré tout trop vite quand on vous entend, vous êtes encore... A peine sorti des jupes de votre mère, si j'ose l'expression. Peut-être
pas exagérer quand même. Un peu quand même. J'avais quoi,
28... Bah ouais. Ouais, c'est
ça, 27, 28 ans. Ouais,
on va revenir à l'expérience professionnelle. Sept ans après à Matignon, est-ce qu'en même temps, c'est formidable, c'est que c'est possible, mais en même temps, est-ce que c'est pas vertiginé de se dire... il manque peut-être un peu de cuisson.
Mais c'est allé très vite, c'est vrai. Et quand j'ai été nommé Premier ministre et quelques jours après, je me suis retrouvé dans le Falcon de la République française pour aller dîner avec le chancelier allemand Olaf Scholz, c'est le moment où j'ai eu une forme de retour en arrière, où je me suis dit c'est quand même allé très très vite, c'est vrai. Maintenant, j'ai travaillé, on m'a confié des responsabilités. Manifestement, j'ai plutôt réussi dans les responsabilités qui m'ont été confiées, puisqu'on m'en a confié d'autres. à la fin,
vous vous dites que si on vous a... Est-ce qu'on se dit par moments que c'est vertigineux, malgré tout ? Bien sûr, c'est normal. Oui, mais est-ce que... C'est évident, mais je vais vous dire, quel que soit l'âge... Un truc de délégitimité, de se dire délégitimité.
Mais Marc-Olivier Fogel, quel que soit l'âge, en fait, je pense que quand vous êtes nommé dans ces fonctions, des fonctions de ministre, des fonctions de Premier ministre...
On va essayer de se parler pas langue de bois, plus ou moins, quand on a franchi les étapes les unes derrière les autres, des fois en galérant, ce qui n'a pas été votre cas... On a plus de confort dans la fonction qui est la sienne. Est-ce que vous, de temps en temps, vous vous êtes dit, même comme vous parliez du Falcon, se pincer pour y croître ? C'est-à-dire, c'est moi qui dois prendre cette décision-là. Évidemment, mais dans
différentes fonctions qui ont été les miennes. Mais déjà, quand j'ai été nommé au gouvernement, secrétaire d'État à la jeunesse, à 29 ans... déjà à ce moment-là, et ce n'étaient pas des fonctions de Premier ministre, ce n'étaient pas les fonctions les plus importantes du gouvernement. Je devais être dernier dans l'ordre protocolaire, mais quand vous vous retrouvez au Conseil des ministres, quand vous êtes dans des réunions où vous avez des décisions à prendre qui sont des décisions... Même si encore une fois, moi, je m'occupais du service national universel, des colonies de vacances et des associations. Mais c'est évidemment vertigineux à chaque fois qu'on vous confie des
responsabilités qui sont de plus en plus importantes. Je reprends ma question sur la cuisson. Est-ce que vous ne vous dites pas de temps en temps, il me manque un peu de cuisson ? Là, dans l'archive, on va en passer une autre. Vous disiez que vous étiez consultant, que vous aviez été à la Villa Médicis. J'ai l'impression, moi, étudiant, remplissant mon CV et rajoutant des lignes pour faire un peu sérieux. Votre expérience professionnelle, à ce moment-là, c'est normal, vous avez 28 ans, elle est quasi nulle en vrai. Bien
sûr, et par ailleurs, j'ai ensuite une expérience politique, qui est aussi, enfin je veux dire, qui est une expérience. J'entends souvent parfois certains qui opposent l'expérience politique à une expérience professionnelle que peuvent avoir les Français. C'est évidemment pas la même chose, mais enfin, quand vous avez des mandats politiques, évidemment que vous travaillez. Vous passez votre temps à travailler, d'ailleurs. Vous avez rattrapé sur les 9 ans qui viennent de
se passer, avec les responsabilités qui ont été les vôtres, ce que vous dites, en gros, c'est que mon procès en illégitimité, moi qui me dis que je n'ai pas bossé, moi qui suis né avec une petite cuillère d'argent dans la bouche, etc. En fait, ces 9 années, c'est comme des années de chien, elles sont multipliées par 7. Quand
vous êtes jeune... Par définition, vous avez un CV, vous avez un parcours qui est moins important que des personnes qui sont plus âgées. Là, c'est statistique, c'est même mathématique, c'est tout ce que vous voulez, c'est physique. Maintenant, vous avez une personnalité qui est la vôtre et vous avez aussi des atouts, des qualités que d'autres peut-être n'ont pas. Par exemple ? Mais non, mais c'est une globalité. Je ne vais pas être là à vous dire. Non, je ne vais pas être là à vous faire l'analyse de ma personnalité. Je pense que je ne suis pas le mieux placé pour le faire. Dans vos atouts. Parce qu'on voit
bien ce qu'on peut vous reprocher. Par exemple, écoutez Philippe Cave-Rivière. Vous allez me dire, ça vous fait marrer. procès finalement en candidat avec des dents de lait.
Pour
Gabriel, l'école est finie. Gabi quitte l'école en cours d'année. Il n'a même pas passé son diplôme. Gabriel, c'est le premier élève qui devient directeur pendant son année scolaire. Il est doué. Bien sûr, doué. Gabriel Attal, vous êtes le Kids United de ce gouvernement. Vous êtes le Benjamin. Vous avez donc exactement 109 ans d'écart avec Jean-Yves Le Drian. Vous êtes le seul enfant à bosser le mercredi. Ce qui vous fait rater tous les semaines. ! Vous avez lu le Figaro avec Gabriel Attal ? Non. Il fait du skate en buvant du Pepsi Max. Donc voilà.
Donc
voilà, ça c'est les journées de Gabriel. Mais t'as quel âge Gabriel, enfin !
Ça vous fait marrer franchement. Ou alors vous en avez un peu marre de ce... Parce qu'il y a lui, mais il y a même les politiques. J'entendais Edouard Philippe, quand il parle de vous, il dit Gabriel. Quand il parle de Bruno Rotaillot, il dit Bruno Rotaillot. On vous renvoie... au jeune Gabriel, comme dirait Jean Castex.
Mais en fait, je me dis que ça veut dire que les gens n'ont pas grand-chose d'autre à me reprocher ou à critiquer. C'est la première chose que je me dis. Ensuite, en fait, je ne trouve pas ça très créatif au bout d'un moment. Et par ailleurs, c'est beaucoup moins le cas aujourd'hui. Il y a des séquences, la plupart, qui datent de maintenant, il y a plusieurs années. Vous avez confiance en vous pour
pouvoir... Là, on est plus dans un truc un peu perso, pas confiance sur les dossiers. Je pense bien que vous les bossez. Il faut avoir une sacrée confiance pour, à un moment donné, se dire, j'y vais.
Oui.
En fait, vous êtes très confiant en vous ou vous masquez un manque de confiance par une forme de détermination
Non, je pense que j'ai confiance. Mais en fait, je pense que quand on ne fait pas de politique, on ne se rend pas compte de ce qu'apportent et de ce que vous donne comme confiance les échanges que vous avez avec les gens. Sincèrement. Quand vous rencontrez des gens tous les jours qui vous disent... Je crois en vous. Je me retrouve dans ce que vous avez fait quand vous étiez ministre de l'Éducation nationale, ministre à Bercy, Premier ministre. Je considère que votre lecture du pays, ce que vous dites sur le pays... À
l'inverse, il y a des tas de gens qui vous disent, et c'est normal, ça vaut pour tout le monde. Pour toutes les politiques, vous en avez des gens qui les soutiennent. Vous vous accrochez aux gens qui vous disent, c'est super, vas-y. Vous pourriez vous dire, c'est tellement terrible ce que je dis sur moi que ça me fragilise. plus que ça me renforce. Je ne ferais pas de politique si j'étais comme ça. Je ne ferais pas de politique. Parce que par
définition, quel que soit votre mandat, je suis conseiller municipal dans ma commune depuis 12 ans, même pour un poste de conseiller municipal, d'élu local ou d'élu national, si vous vous attardez plus sur les critiques et que vous considérez qu'elles rendent rédhibitoire la possibilité de continuer à vous engager, il faut faire autre chose.
Mais ça a toujours été comme ça pour vous ? Petit, vous étiez... Vous vous aimiez ? Vous aviez confiance en vous ? Je pense que
comme beaucoup d'enfants et beaucoup de jeunes, je suis passé par plein de phases différentes. Racontez. Je suis passé par plein de phases différentes.
Racontez, je ne sais pas. Non,
mais il y a eu des phases. J'ai fait beaucoup de théâtre. Je pense que ça m'a aidé à prendre confiance en moi. Le théâtre ? Oui. On va regarder l
'archive sur le théâtre, parce que celle-là, elle est connue. Mais l'archive sur ça, ça vous a donné confiance en vous.
Gabriel a 9 ans et demi. Ici, il peut pratiquer sa passion en toute liberté, le théâtre, considéré comme n'importe quelle autre matière. Les pièces de Molière n'ont plus de secret pour lui et chaque année, il participe à un spectacle.
Oh, voilà ma fille qui prend l'air. Elle ne me voit pas, elle soupire, elle lève les yeux au ciel. Papa travaillait dans le cinéma et il m'a dit que si on voulait être un acteur célèbre, il fallait commencer par le théâtre. L'année avant-dernière, j'ai fait le chat beauté. et j'étais le char. Et l'année dernière, j'ai fait le médecin volant et j'étais le médecin. Donc là,
vous y alliez parce que vous aviez confiance en vous ou pour vous donner confiance en vous ?
pense que j'avais confiance en moi pour y aller, mais ça m'a aidé à avoir encore plus confiance en moi. C'est pour ça que moi, j'aimerais que tous les jeunes fassent du théâtre. C'était dans mes projets quand j'étais ministre de l'Éducation nationale. Je crois qu'au Royaume-Uni, quasiment tous les élèves font du théâtre à un moment donné de leur scolarité. Ça aide évidemment pour prendre la parole en public, pour avoir confiance en soi, pour gérer son stress. Et oui, je pense que j'en ai fait plusieurs années, ça a contribué, peut-être là sur des éléments très physiques et psychologiques, mais à me donner confiance.
Aujourd'hui, par exemple, vous ne seriez pas le premier, plein de candidats, Emmanuel Macron l'avait fait, pour la campagne s'entraîne. Vous vous entraînez ? Vous avez des cours de théâtre, des cours de chant, des cours de je ne sais pas quoi ?
J'ai une professeure de chant qui m'aide sur la prise de parole, mais plus sur des éléments. Elle vous fait chanter ? Enfin, oui, un peu, mais par exemple, elle m'a appris avant une prise de parole importante. pour gérer aussi le stress, pour parler plus lentement, etc. Quelques exercices à faire de la résonance nasale, par exemple. Ah ouais
? Ça donne quoi
Vous savez, vous faites des vibrations qui passent beaucoup par les os de votre nez, ce qui permet de stimuler le nerf qui est l'un des plus grands nerfs du corps, le dixième nerf du système nerveux cérébral.
Bon élève, il a bien retenu. Qui
stimule lui-même votre système parasympathique, ça s'appelle comme ça, qui vous donne, on peut en faire un exercice ensemble si vous voulez. Allez-y. Donc vous fermez la bouche et vous Allez-y. Vous faites ça pendant 5 minutes avant une prise de parole. Et
je suis président de la République.
Vous n'êtes pas président de la République, mais en tout cas, ça détend. C'est des choses comme ça, en fait. Vous avez refait
votre nom.
J'ai refait ma dent ? Non, j'ai eu un... Mais si,
ça va, c'est flagrant pour... Vous aviez une dent qui chevauchait les autres. Depuis la campagne, vous ne l'avez plus. Oui,
oui, et puis j'ai eu un appareil dentaire, comme beaucoup de gens.
mais donc ça participe de quoi ? Vous vous êtes dit que pour être candidat à la présidentielle, vous ne l'auriez pas fait si vous n'étiez pas candidat à la présidentielle ? Si, je pense que
si. Oui, je pense que si, parce que ça s'empirait et que mon dentiste m'a dit que ça pouvait vraiment, vraiment s'empirer. Donc il y a un moment, il fallait le faire.
Et vous dites qu'aujourd'hui, vous êtes plus acceptable... pour les Français avec une dent qui... Je
ne crois pas parce que j'ai gravi les échelons et j'ai eu des manifestations de soutien des Français, y compris dans des sondages très hautes, à l'époque où j'avais une dent différente. Donc franchement, je ne crois pas du tout que ce soit ça. C'est
rare d'ailleurs dans votre génération d'avoir une dent différente parce que vous êtes une génération où les parents alignent les dents des enfants parce que c'est relativement simple à l'adolescence. Vous, ça n'a pas été le cas. Il faudrait demander à mes parents.
devaient considérer que ce n'était pas suffisamment différent pour ne pas le faire. En tout cas, ça n'a pas été un handicap pour vous. Non, je ne crois pas.
Vous disiez tout à l'heure la confiance au théâtre. Vous vous souvenez, quand vous avez commencé à avoir été ministre, sur RTL, on a interrogé vos profs, et notamment une prof d'histoire. Il y avait déjà le côté un peu bon élève de Gabriel Attal à l'école alsacienne.
l'ai eu qu'en première et terminale. C'est déjà un élève sérieux. qui travaillait beaucoup, qui était très ouvert, très attentif, qui ne faisait pas de bruit, qui observait, qui apprenait, qui engrangeait. Et je pense aussi que c'est une des raisons de son succès. Il était effectivement très concentré sur ce qu'il faisait. D'ailleurs, un jour, il est venu me voir à la fin du cours. Il m'a demandé, Madame Bella, qu'est-ce que vous pensez que mon travail est suffisant pour que je puisse accéder à Sciences Po ? Il ne faisait pas de bruit. Au fond, c'est sa méthode aujourd'hui. Je le reconnais complètement, compris dans sa manière d'être. Il n'a pas changé du tout.
petit côté quoi, bon élève, premier de la classe, Fayot dirait d'autres ?
Ce n'est pas n'importe quel prof qui parle, c'est Mme Bellac. Quand j'ai été nommé ministre de l'éducation nationale, dans ma passation de pouvoir, dans mon discours, j'ai dit que... Je pense que la plupart des Français se souviennent d'un prof qui a changé leur vie, en tout cas qui les a influencés dans un sens extrêmement important, etc.
En termes de personnalité, là on voit bien, et c'est pas du tout une critique, c'est aller voir la propre, savoir si tout a été bien fait, etc. Il y a le côté, le petit gars qui veut bien faire et qui veut réussir.
Oui, mais encore une fois, je pense que j'étais comme ça à la fin de mon lycée. C'est aussi le moment où je préparais la suite, je voulais rentrer à Sciences Po. Mais j'ai pas été comme ça, je pense, dans toute ma scolarité. Je pense que je suis passé par des... Je sais d'ailleurs que je suis passé par des phases et des moments différents.
peu punk.
Ouais, ça m'est arrivé, bien sûr. Ouais ?
Punk comment ? À boire des coups et à ne pas rentrer le soir à la maison ? Non, mais il y
avait, à l'époque où j'étais au lycée, il y a eu tout le phénomène des, ce qu'on appelait ça, les bébés rockeurs, les bébés brunes et tout ça, là. Voilà, exactement. Et donc, oui, moi, j'ai eu une période un peu punk, voire un peu gothique aussi. Gothique ? Ouais, ouais, j'ai eu une période. Ça se manifeste comment ? Il y avait des maquillages noirs qui coulent, les cheveux avec un espèce de gel un peu hirsute. J'ai encore des photos, mais je ne vais pas vous les donner.
De la drogue ? Comment ? De la drogue ?
Non.
Pourquoi
? Parce que j'ai traversé des choses dans ma famille avec mon père qui ont fait que... Je pense que j'ai été un peu vacciné contre ça.
en parle de votre père là, si vous voulez ? Oui, bien sûr. Parce que vous en parliez dans votre livre et notamment de ses addictions. Je vais vous montrer une archive de votre père quand il était à l'époque producteur de cinéma puisqu'il a eu plusieurs métiers, mais notamment producteur de cinéma. Regardez, on avait prévu de passer ça un peu plus tard, mais on va le passer maintenant puisqu'on parle de votre père qui s'exprime devant la caméra.
J'ai jamais vu d'image de mon père. C'est vrai ? Non, non, jamais.
crois que c'est une très bonne décision parce que le magistrat a bien montré qu'on ne pouvait pas se servir de la justice et d'une décision judiciaire dans un but politique et a déclaré irrecevables les demandes qui lui étaient présentées sans examiner le fond. En cela, il me semble qu'il a parfaitement raison, qu'il n'est pas tombé dans le panneau qui était de permettre... L'utilisation d'un prêtoir à des fins rigoureusement et uniquement politiques, voire polémiques. Et en cela, je crois qu'il y a tout lieu de se féliciter en tant que juriste. J'ai tout lieu de me féliciter en tant que juriste de la décision qui a été rendue.
Là, ce n'était pas en tant que producteur, c'était en tant qu'avocat. Quand vous voyez votre père, vous vous dites que vous ne l'avez jamais revu en images
Non, je n'avais jamais vu d'images, en tout cas d'interviews de mon père. Je ne pense pas qu'il en ait fait beaucoup. Donc oui, c'est émouvant forcément. Puis c'est une époque, c'est 1984, je voyais, c'était 5 ans avant ma naissance. Donc par définition, une époque que je n'ai pas connue.
Et donc, vous me disiez que vous aviez grandi dans un milieu, puisqu'on parlait de drogue, qui vous a vacciné de ça. Parce que, aussi génial qu'était votre père, en même temps, il était dans tous les excès.
a eu une période dans sa vie qui a été une période d'addiction et d'excès. qui ne doit pas résumer sa vie, parce qu'il a eu une carrière, encore une fois, en tant qu'avocat. Ensuite, il a produit des films. Mais oui, il a eu une période de sa vie qui a duré quelques années.
Mais racontez-moi, vous, comment vous l'avez vécu. Parce que, forcément, la figure paternelle qui vacille, ça laisse des traces. Et peut-être, d'ailleurs, c'est ce qui vous pousse à prouver et à avancer. Peut-être réparer quelque chose ?
fait, je l'ai vécu avec un décalage et avec retard. C'est-à-dire ? J'étais très jeune quand ça se passait. Et évidemment, à cet âge-là, je ne me rendais pas compte, on ne comprenait pas avec mes sœurs que c'était la drogue le problème. On voyait que mon père était souvent absent. On savait qu'il allait en clinique pour se reposer. C'est comme ça que notre mère nous le disait. Donc, on allait le voir chaque semaine dans cette clinique. On voyait qu'il n'était pas dans un état normal, mais à ce moment-là, on ne réalisait pas, en tout cas, on ne disait pas que c'était un problème qui était lié à la drogue. Et ça, on l'a su après, à l'adolescence, quand on a grandi, et qu'à ce moment-là, on en a parlé non seulement avec ma mère, mais aussi avec mon père, parce qu'heureusement, mon père, il en est sorti de ça. Ça a duré encore une fois quelques années, et ensuite, il en a été guéri.
Quelle trace ça a laissé chez vous, ça, vous diriez ? Parce qu'un père génial, fragile, absent, forcément que ça laisse des traces. Quelle trace vous diriez que ça a laissé chez vous ?
Je ne sais pas si ça a forcément laissé des traces, mais je ne saurais pas faire le lien entre ça et des traits de ma personnalité aujourd'hui. Je ne suis pas le mieux placé pour le faire, probablement.
Vous étiez un garçon fragile par rapport à un foyer qui était instable.
Disons que mes parents ont divorcé. Le divorce au départ, ce n'est pas très bien passé, même si après, heureusement, les choses ont été plus simples. Mon père, effectivement, a eu des addictions à la drogue et au jeu, puisqu'il y a eu ça aussi, ce qui nous a... aussi fragilisé. Financièrement,
j'imagine.
Oui, financièrement. Et puis, quand vous avez des usuriers qui viennent chez vous pour demander, vous les entendez parler à votre père et lui demander de l'argent, le menacer, menacer sa famille, forcément, c'est quelque chose qui vous angoisse. Donc, oui, c'est sûr que ça m'a perturbé et probablement que ça a perturbé mes sœurs aussi à ce moment-là. Mais rétrospectivement, ce que je me dis aussi, c'est que ça a été un moment dans notre vie. Et en fait, pourquoi est-ce que j'ai beaucoup hésité à en parler ? de ça, parce que j'en parle dans mon livre. Parce que je ne voulais surtout pas que ça résume mon père dans les yeux des gens. Je ne voulais pas que les gens se disent, voilà, son père a été totalement absent. Il y a eu plusieurs années qui ont été très dures, mais j'ai eu la chance d'avoir un père qui était incroyablement aimant, qui était incroyablement présent, qui était très attentif, qui m'a toujours soutenu et toujours poussé dans mes projets. Et en ça, je considère que j'ai eu la chance d'avoir le père que j'ai eu.
tout cas, un père qui était ça et aussi fragile, et vous, vous l'avez beaucoup raconté, ça a été un combat politique, et même à un moment donné, ça a été un pilier de votre parcours, le harcèlement. Je n'ai jamais vraiment compris, et pourtant j'ai beaucoup lu des choses sur vous, je suis même venu à la conférence de presse de votre lancement de l'association Fondation, ce que vous aviez vécu exactement quand vous dites que vous avez été harcelé.
'abord, à l'époque, on ne parlait pas de harcèlement. Le mot n'existait pas dans un milieu scolaire. Le mot harcèlement scolaire, il vient beaucoup plus tard. On parlait de chamaillerie, on parlait d'intimidation. C'est chamaillerie,
c'est intimidation. Racontez-moi, mais réellement... En vrai, je ne pense pas que les gens aient très bien compris ce que vous avez subi. On comprend bien que ça a laissé des traces chez vous,
mais
c'était quoi
? C'est le tout début de ce qu'on appelle aujourd'hui le cyberharcèlement. Moi, quand j'étais au collège, au lycée, il n'y avait pas encore les réseaux sociaux. Par contre, il y avait des premiers sites internet. Il y avait notamment un site qui s'appelait Skyblog. Je ne sais pas si on pourrait dire que ce n'est pas l'ancêtre de Facebook. C'est un site où vous pouviez avoir une sorte de blog avec des photos que vous postiez. Et puis, les gens pouvaient mettre des commentaires, des commentaires anonymes. Vous choisissiez le nom que vous mettiez pour déposer votre commentaire. Et il y a un élève du lycée qui a créé des Skyblogs. L'idée, c'était de poster des photos d'élèves du lycée. et demander aux gens, aux autres élèves, de les noter sur le physique et de déposer des commentaires. Et 'ai été, à travers ce site et ce blog, oui, j'ai été victime d'injures homophobes. C'était quoi, petit
PD
y avait tout, Tarlouze, Pédale, sur mon orientation sexuelle supposée à l'époque, puisque moi-même, je n'étais pas encore...
Affirmé, clair avec soi-même.
Clair avec moi-même. Et puis, 'est allé assez loin, parce que la personne qui avait créé ces blogs avait aussi pour objectif de me couper de mes fréquentations et de mes amis. Et donc, il y avait une technique qui était de poster des photos de mes amis. et de mettre en dessous des commentaires, en mettant mon nom sur le dépôt des commentaires et en les insultant, pour me couper de mes amis et mes présentations. Ça m'est arrivé d'arriver le matin au collège, au lycée, et de me retrouver face à des amis qui ne voulaient pas me parler parce qu'ils me disaient que je les avais insultés la veille.
Là, vous le racontez avec la chemise et la veste de façon un peu structurée, mais c'était le petit garçon, il le vivait comment ?
Très mal, parce que d'abord, sur les questions d'orientation sexuelle, c'est toujours des questions extraordinairement sensibles quand vous êtes jeune, et tous les jeunes gays le savent, l'ont vécu, pour certains le vivent encore. Vous vous posez beaucoup de questions sur vous-même, vous avez peur d'être rejeté, vous avez peur de ne pas être accepté par votre famille, par vos amis. Mais vous pleuriez par exemple Je suis passé par des moments très durs et probablement que ça m'est arrivé d'en pleurer. Mais la chance que j'ai eue aussi, parce que c'est toujours important de dire qu'on a aussi parfois une chance dans ce type de situation et dans ce malheur, c'est d'abord que j'étais quand même entouré. Et notamment, j'avais des amis qui m'ont soutenu à ce moment-là, qui a eu une réaction de l'établissement et que ça s'est arrêté, en fait. Ce qui n'est pas le cas quand même pour beaucoup de jeunes qui sont victimes de harcèlement, qui se sentent tout seuls. pour lesquels ça ne s'arrête jamais, et certains vont jusqu'à se donner la mort parce qu'ils se disent qu'en fait, ça ne s'arrêtera jamais, ils sont tout seuls, ils sont dans un espèce de tunnel dans lequel il n'y a pas de fin.
Pourquoi vous ne le citez pas votre harcèleur ? Parce qu'il est connu, tout le monde sait qui c'est, c'est un avocat de Saint-Germain qui continue à vous prendre un parti, notamment sur vos diplômes de Sciences Po, que vous auriez, il a été condamné pour ça, mais que vous auriez manigancé, puisqu'en fait vous n'auriez pas dû être diplômé selon lui, et c'est un combat qui mène toujours. Pourquoi vous ne le nommez pas ? Je trouve que c'est même un peu en contradiction avec votre façon de lutter contre le harcèlement. Il faut dire les gens, il faut dire les choses, il faut dénoncer précisément. Là, vous allez me dire parce que je ne veux pas lui faire de la pub ou je ne sais pas quoi. Mais à un moment donné, un agresseur, ça se nomme, non ? D'abord, je
l'ai déjà nommé. Tout le monde sait, les médias en ont parlé. Et ensuite, vraiment, je pense que ce qu'il cherche à travers moi, c'est à ce qu'on parle de lui. Et ça, on le voit quand même depuis plusieurs années, puisqu'à peu près tout le temps, il passe son temps à poster des choses sur moi, à commenter des choses que je fais. Voilà, c'est dans une espèce d'obsession, mais une obsession, je pense qu'on parle de lui-même. Et donc, je n'ai pas envie de lui faire ce cadeau.
Pour avancer jusqu'à là, ce qu'on a posé, en fait, c'était donc un jeune homme ambitieux, un peu premier de la classe, mais avec un peu aussi des moments de fragilité, bien né. dans une école réputée et peut-être un peu trop jeune pour être président de la République. Mais justement, votre problème, c'est que les gens ne savent pas vraiment. Ils savent qui vous êtes. Certains aiment, certains vous caricaturent. Mais où vous voulez aller ? Qu'est-ce qu'il a dans le bit, Gabriel Attal ? C'est bien votre problème aujourd'hui ?
C'est pour ça qu'il y a une campagne. C'est pour ça qu'il y a une campagne et que je vais le montrer tout au long de cette campagne. Vous voyez bien que ça, c'est un sujet
pour vous, ça ?
Mais je pense que c'est un sujet pour tous les candidats. Plus ou moins. Plus ou moins, mais en tout cas pour tous les candidats. Et je ne pense pas être le seul candidat qui est à faire cette démonstration-là. Et je vais le faire pendant cette campagne. C'est à ça que ça sert. Ça tombe bien, c'est à ça que ça sert. Ce qui est sûr, c'est que ça ne fait que quelques années que je suis dans le système politique, que je suis dans le monde politique. Donc par définition, je suis moins identifié, moins... Ah si, vous êtes ultra identifié,
mais vous êtes identifié, bah... à travers l'ultra communication, on regarde un petit montage, vous êtes identifié, mais presque comme pas trop, autant un homme politique que quelqu'un de connu, sympa, cool sur les réseaux sociaux, qui joue avec les codes, mais beaucoup se disent, ou il est sympa ou il n'est pas sympa, mais en fait... Ils pensent quoi ? Et c'est ça votre difficulté plus que les autres.
C'est le rôle d'une campagne que de le faire en fait.
Oui, vous partez en tout cas avec un handicap de ce point de vue. C'est votre
perception
ça. Oui, regardons l'ultra communication déjà.
On applique le programme présidentiel pour lequel Emmanuel Macron a été... On ne vous arrachera pas un doute là-dessus ce matin. Non. Ce qui est sûr c'est que ce mouvement et les violences, elles ont libéré des actions, des paroles, des menaces fascistes dans le pays. Ne dis plus ! Il faut le dire. Regardez cette photo, c'est celle de votre chien Volta. Maintenant, toute la France le connaît. Vous avez le temps de le sortir ? Oui. De vous en occuper ? De le dresser ? Peut-être même encore un chiot ? Oui, je fais en sorte d'avoir le temps. Entre deux réunions, j'y passe. Il pense qu'en fait, on peut dire aux journalistes, on n'aime pas votre question, donc on la supprime. 'est pas inquiétant.
J'ai
fait mieux que ça, je lui ai fait un hug. Je suis aux Jeux Olympiques. A l'époque, j'étais encore Premier ministre. Là, on me dit qu'il y a Lady Gaga qui est dans les tribunes et qui aimerait... En tout cas, elle est OK pour te rencontrer. Je ne sais pas si elle voulait vous couper. Je suis candidat parce que... Il est candidat à l'élection présidentielle pour porter un nouvel espoir pour les Français. Il fait un grand meeting à Paris le 30 mai prochain. On peut rejoindre ses équipes de campagne sur atalpresident.fr.
sait que vous avez vu Lady Gaga, que vous avez un chien, etc. C'est super. Mais ça permet d'être ultra populaire et créer ce lien. Donc moi, je ne dénonce pas ça du tout. la contrepartie, ou en tout cas la revers du médaille, c'est qu'on ne sait pas trop ce que vous pensez, en fait.
– Et enfin, Marc-Oilfogel, vous auriez pu passer des extraits du podcast « Réplique » que j'ai fait avec Alain Finkielkraut pendant une heure et demie pour parler d'école, d'éducation et de transmission. – Mais vous savez bien, c'est pas ça que les Français… – Vous auriez pu diffuser des extraits d'émissions où je parle des questions scolaires, où je parle des questions de sécurité, des questions d'immigration, des questions de fonds. – Vous pensez que ça, ça a impacté l'opinion, ça ? – Mais je pense qu'il y a les deux, les deux comptes. Est-ce que je vais m'excuser de communiquer ? – Mais c'est parce que je vous demande, c'est pas ça ma
vous vous dites que là, vous avez 10 mois maintenant, maintenant que vous êtes bien installé dans l'univers médiatique, à travers la communication, notamment, il va falloir montrer une forme de crédibilité que votre sujet, c'est peut-être à front renversé avec Edouard Philippe, d'une certaine manière. Lui, il doit montrer plutôt qu'il est sympa, et vous, que vous avez du fond.
ne sais pas, en fait. Je ne suis pas sûr que ce soit... Il y a beaucoup de gens qui disent que pour les autres candidats qui sont déclarés, ils ne savent pas ce qu'ils pensent. Ils ne connaissent pas leur programme. parce qu'ils ont déclaré une candidature, mais que pour l'instant, on ne sait absolument pas ce qu'ils veulent proposer pour les Français. Moi, on peut regarder les choses dans tous les sens. On peut me reprocher un certain nombre de choses. Personne ne peut me reprocher, d'ailleurs personne ne me reproche, de ne pas avoir agi dans les fonctions qui m'ont été données, de ne pas avoir pris des décisions, de ne pas avoir fait des choses de fond dans les ministères qui m'ont été confiées.
En gros, votre bilan plaide pour vous.
Encore une fois, il y a des gens qui ne sont pas d'accord avec ce que j'ai fait, à l'éducation nationale, à Bercy, à la jeunesse, Premier ministre, mais j'entends jamais personne me dire, vous n'avez rien fait, vous n'avez pas agi.
Et en vous détachant d'Emmanuel Macron, parce qu'un de vos sujets, ça va être de ne pas être héritier, en gros. Et vous avez... contre vous, peut-être, plus qu'Edouard Philippe, l'âge, puisque quand on a élu Emmanuel Macron, il avait à peu près votre âge, ce qui n'est pas le cas d'Edouard Philippe. Donc vous avez en gros à vous détacher de son bilan, d'une certaine manière, comme Edouard Philippe, et vous détacher de la forme, puisque certains diront, c'est un bébé Macron, c'est un Macron junior, c'est un Macron bis ou un Macron B.
savez, moi, je ne vais pas prendre les gens pour des imbéciles. Non,
mais voyez bien ce que je veux dire. Ce n'est pas des imbéciles. Au contraire, c'est forcément que les gens ont le souvenir d'il y a 10 ans de qui, pour qui ils ont voté, pour qui. Pour certains, ils sont déçus et pour qui, aujourd'hui, vous êtes associés.
Je ne vais pas faire croire aux gens que je n'ai rien à voir avec le président de la République. Les gens, ils m'ont connu parce que le président de la République m'a confié des missions et des fonctions importantes. Donc, l'enjeu, ce n'est pas celui-là, en fait. Bien sûr que j'ai été... Premier ministre ces dernières années, que j'ai été associé aux décisions qui ont été prises pour le pays. Maintenant, mon enjeu, c'est de montrer... pourquoi est-ce que je suis différent du président de la République, mais sans me définir d'ailleurs par rapport à lui. On est tous différents, on a chacun notre personnalité. Et donc, à l'occasion de cette campagne, mais je pense, vous savez que, indépendamment de la campagne, les Français l'ont vu, que j'avais ma propre personnalité, que j'étais singularisé. Vous
n'avez pas besoin aujourd'hui de vous singulariser davantage, plus que ça, ou en tout cas de prendre de la distance, on reparlera tout à l'heure de votre lien avec le président, mais vous n'avez pas l'impression qu'aujourd'hui, vous devez, avoir une chance, tuer le père, quoi.
En tout cas, non, ça serait tellement... entre guillemets opportuniste et prendre les français pour des idiots que
non je vais pas le faire comme ça sauf que vos adversaires ils vont forcément vous renvoyer et plutôt de façon assez légitime aux 9 ans que vous avez passé en fonction moi
je suis comptable de ce que j'ai fait ou pas fait bien fait ou mal fait dans les fonctions qui m'ont été confiées au moment où elles m'ont été confiées je suis comptable de ce qui s'est passé pour la jeunesse quand j'étais secrétaire d'état à la jeunesse Pour ce qui s'est passé pour les comptes publics pendant l'année où j'étais à Bercy. Ce qui s'est passé pour l'éducation nationale, quand j'étais ministre de l'éducation nationale. Et ce qui s'est passé pour le gouvernement, d'une manière générale, en tant que Premier
ministre. Vous dites, moi, je suis comptable de mon périmètre et je ne veux pas porter le bilan des autres.
Après, j'ai fait partie d'une équipe et d'un collectif. Et donc, j'assume ce qui a été réussi, ce qui n'a pas été réussi. C'est ce que vous mettrez en avant, c'est votre périmètre, évidemment. Mais il y a des choses que j'ai faites, et encore une fois, il y a des choses que j'ai mal faites, probablement. Il y a probablement des choses qu'on va me reprocher dans mon action ces dernières années, mais j'assume totalement. Vous savez, ce n'est pas non plus inutile, je pense, surtout que vous vous interrogez beaucoup sur mon âge. Ce n'est pas inutile pour une élection présidentielle d'avoir une expérience gouvernementale.
C'est ce qui vous différencie de Jordan Bardella ?
Notamment, ce n'est pas la seule différence entre nous, heureusement,
mais oui, c'est une vraie différence. En gros, lui est inexpérimenté là où vous avez de l'expérience. Est-ce que vous dites quoi
j'ai occupé des fonctions ministérielles importantes. J'ai été Premier ministre. Par ailleurs, j'ai commencé en tant qu'élu local. Ça fait 12 ans que je suis conseiller municipal dans ma commune, ce qui me donne aussi un ancrage et un lien avec le terrain et avec les Français très forts. C'est différent de lui qui, effectivement, n'a pas occupé de fonctions exécutives nulle part.
ça, c'est une différence majeure. C'est ça que vous pointerez quand on va vous associer tous les deux pour être les plus jeunes, en gros, dans la course à l'Élysée ? Non, parce que je pense que,
par ailleurs, il y a des différences de fond qui sont aussi très importantes entre le programme du Rassemblement national et le mien. On n'a absolument pas les mêmes valeurs et les mêmes priorités.
Gabriel Attal, on va maintenant s'intéresser justement à votre voix, avec une experte de la voix, de la communication, une sémiologue. Elle s'appelle Élodie Miels-Karek. Elle est experte en langage corporel, en communication non-verbale. Son dernier livre s'appelle « Ce que les gestes et les mots disent des autres ». Alors, ce que vos gestes et vos mots disent de vous, écoutez-la.
Son corps ne se donne pas à voir, il se donne à entendre. Parce que c'est tout le niveau qu'on appelle paraverbal, c'est-à-dire tout ce qui concerne la voix, qui va être très incarné chez lui. Freud nous le disait, la voix... c'est le père intériorisé. La voix, c'est le père incorporé. Et on va voir que cette notion du père, elle n'est pas du tout étrangère à tout ce qui est lié aux dynamiques corporelles chez Gabriel Attal parce que c'est quelque chose qu'on retrouve à travers son corps. Oui, Gabriel Attal, c'est le bon élève. Il ne va pas beaucoup bouger. Il va souvent lire son texte. Les yeux ont tendance à balayer mécaniquement l'auditoire et il y a très peu de clignements de paupières. Un corps qui est plutôt en vigilance. À travers notre corps, on porte les traces de notre histoire. Et on porte les traces de ce qui nous a été transmis. Et parfois même, on porte les traces de nos parents. Chez Gabriel Attal, peu de mouvement, voire même une certaine rigidité corporelle. Lors de la passation de pouvoir avec Barnier, il évoque. cette droiture, valeur qui lui a été transmise par son père. Et on voit bien comment cette droiture, elle s'incarne à travers son corps. Enfin, c'est quand même un point qui est à noter. Parfois, certaines micro-expressions sont visibles. Et là, il a un énorme point en commun avec Emmanuel Macron. Il a le même rictus au niveau des lèvres, c'est-à-dire un sourire qui va remonter la plupart du temps de manière asymétrique. Ce rictus-là, il est… pas anodin. Le fait d'avoir un sourire qui remonte de manière asymétrique, c'est codifié comme étant du mépris. Mais de toute façon, c'est la plupart du temps totalement inconscient et très peu maîtrisable ni contrôlable.
Ça vous aspère
quoi ? Rien du tout. Ça ne me donne pas envie d'acheter son livre parce que je trouve que c'est d'une banalité affligeante. Et je pense que c'est vraiment le degré zéro de... de l'analyse je sais pas elle a dû regarder trois séquences et se dire qu'il fallait qu'elle dise quelque chose pour faire la promo de son bouquin j'en sais rien mais voilà franchement
le rictus n'importe qui
peut faire des analyses de ce niveau là je pense carrément bah oui c'est pas ça me parait pas très
élaboré quoi bon Le mépris, c'est un truc qui vous a été reproché, notamment dans cette séquence dont elle parle de passation de pouvoir. C'est quelque chose qui vous parle ou pas du tout ? Vous avez l'impression...
pense pas que c'était du mépris qui m'était reproché. C'était plus le côté arrogance. C'est pas trop éloigné. Mais non, c'est pas la même chose. Oui, j'ai déjà eu l'occasion de dire que cette passation de pouvoir, je l'avais raté. Parce que...
arrogance ?
Non, c'était vraiment de la maladresse. Parce qu'en fait, moi j'étais pas du tout... La plupart des premiers ministres, ou beaucoup de premiers ministres, quand ils quittent Matignon, se sont très frustrés, très en colère de partir. Moi, ce n'était pas mon cas parce que j'avais eu deux mois pour me préparer. Ça faisait deux mois que j'avais démissionné, que j'attendais mon successeur. Vous aviez même
impatient de partir, presque. Oui, à la fin, j
'avais envie de partir parce que je devais gérer les affaires courantes, c'est-à-dire que je ne pouvais plus faire grand-chose. Et donc, il y avait même une forme de soulagement quand j'ai su que j'étais enfin remplacé. Et en plus, je n'avais rien contre Michel Barnier. Donc, il n'y avait pas de frustration, pas de colère, contrairement à beaucoup de premiers ministres quand ils s'en vont. La seule frustration qu'il y avait... c'était de ne pas avoir pu aller au bout de tous les projets que j'avais lancés. Et donc j'ai eu envie dans cette passation, je me suis dit c'est un peu le dernier moment où je peux m'exprimer devant tous les Français en tant que Premier ministre, de leur dire voilà tous les chantiers qu'on avait lancés et qu'on n'avait pas pu mener à leur terme. Donc j'ai fait la liste de tous les chantiers, avec cette phrase qui était maladroite, de dire, c'est sur votre bureau, monsieur le Premier ministre, à mon successeur. Ce qu'il ne voulait pas dire, je vous donne des devoirs à faire, comme ça a pu être perçu, mais ce qu'il voulait dire, c'est à votre disposition, si vous avez envie de vous en saisir. Je vous le laisse. Vous en êtes rendu compte sur
l'instant ? On va voir quelques secondes de la passation. Après coup, est-ce que vous avez mis du temps à vous rendre compte que c'était malheureux, ou sur le moment, pas du tout ? Mais on va regarder un bout de la passation.
Être Premier ministre... C'est un honneur parce que cela permet d'agir. Mesdames et messieurs, huit mois, c'est court. C'est trop court. Et je ne le cache pas, il y a évidemment une frustration à quitter mes fonctions au bout de huit mois seulement. Mais il y a aussi le sentiment du devoir accompli dans le temps qui m'a été imparti. L'avenir nous appartient, je le sais. La France est belle. La France est forte. La France est grande. La France n'est pas n'importe quel pays. Françaises, Français, n'abandonnez jamais vos rêves de concorde. Ne renoncez jamais à votre désir d'unité. N'oubliez jamais votre vocation de grandeur. Tout est possible parce que nous sommes la France et que rien ne résiste au peuple français. Je vous remercie.
Messieurs, nous sommes dans un moment grave. Gabriel Attal l'a dit d'ailleurs à son tour tout à l'heure. J'aborde cette période, cette nouvelle page qui s'ouvre, cette nouvelle page avec beaucoup d'humilité. Peut-être la sagesse que donnent les cheveux blancs. J'ai dit un jour à Gabriel Attal... Formidable d'être le Benjamin, mais c'est un titre qu'on perd très vite.
Et moi, je l'ai
perdu il y a très longtemps, le titre de Benjamin.
ce moment-là, vous dites quoi quand il vous rattrape à la volée ? Vous dites, j'ai peut-être fait une connerie ou pas vraiment ? C'est qu'après que vous réalisez ?
Non, c'est plutôt après. Il est comme ça aussi Michel Barnier, indépendamment de mon discours. Je pense qu'il aurait fait des réflexions sur sa grande sagesse et son expérience incroyable.
mais il renvoie à ses cheveux blancs que vous n'aviez pas encore
'en avais déjà et j'en ai plus en plus c'est ce que je réponds d'ailleurs on l'entend pas bien
mais à quel moment vous dites finalement c'était pas si réussi de ça à ma sortie que je voulais Vous voulez faire passer un message et il est mal passé ce message. Non,
mais probablement pendant le discours, je me suis dit que c'est très long, etc. Et puis, oui. Et puis après, ensuite, je suis allé à mon nouveau bureau. Je me suis posé et en prenant du recul, je me suis dit que ce n'était pas totalement adapté.
vous pensez que ça a marqué les français ou que tout ça on vous sort ça et notamment ici de façon un peu caricaturale mais que les français sont très loin de ça ou alors puisque ce podcast il parle de l'image de la personnalité finalement c'est aussi un truc que vous allez devoir renverser dans la campagne personne ne
m'en parle sur le terrain
Pas forcément, mais de l'arrogance. Parce que ça rejoint le début, le jeune gars qui a réussi dans une école qui est des beaux quartiers, qui n'a pas beaucoup vécu et qui pourrait être arrogant. Et par ailleurs, qui est associé à un président qui aujourd'hui suscite de la défiance. C'est une problématique qu'il va falloir renverser. Est-ce que l'arrogance, elle fait partie des choses pour vous ? auquel vous réfléchissez.
Je pense que quand on a été dans cette majorité ces dernières années, on est déjà tous, entre guillemets, on a déjà tous un peu ce procès-là et cette image-là, bien sûr. C'est tout sauf moi, en fait. C'est toujours très... Ça peut toujours être un peu agaçant quand vous avez le sentiment d'avoir une image qui ne correspond pas du tout à qui vous êtes. J'en sais quelque chose. Forcément, c'est sûr que c'est quelque chose qui vous agace. Vous dites
que c'est tout sauf moi. Si on prend dans l'autre sens, vous dites que je ne suis pas du tout arrogant. Vous vous décririez comme humble
? Oui, plutôt. Même si, encore une fois, quand on est candidat à l'élection présidentielle, quand on s'engage en politique, forcément, on a confiance en soi. Mais oui, et puis par ailleurs, jamais, jamais dans le mépris des autres. Jamais. Moi, je suis, au contraire, toujours très... Dans la caricature. Admiratif de plein de gens, en fait, qui ont des parcours tellement différents et qui n'ont rien à voir les uns avec les autres, sans porter jamais aucun jugement sur eux.
Dans vos différences que vous avez mises en avant, un peu contraint et forcé aussi, parce que de toute façon, d'autres l'auraient fait pour vous, c'est votre sexualité, votre homosexualité. Et puis le truc s'est un peu renversé puisque... Et finalement, certains vous ont reproché d'en faire trop par rapport à ça. Donc où est la bonne distance par rapport à ça ? J'en sais rien. Moi-même. Aujourd'hui, c'est indifférent dans la campagne. Vous avez percé ce truc-là parce qu'il a fallu le faire. Et maintenant, il n'y a plus de sujet là-dessus pour vous
je ne me suis jamais caché. En tout cas, dans mes fonctions, depuis que je fais de la politique, je n'ai jamais cherché à cacher mon orientation sexuelle. Je n'ai pas cherché non plus à la porter en étendard. Je me suis toujours dit, si certains en parlent, ils en parleront. Mais je me bats aussi pour qu'à la fin, ça soit quelque chose qui soit vu comme normal par tout le monde. Et donc, j'ai toujours ce truc de me dire, plus on en parle comme quelque chose d'extraordinaire, plus on contribue à donner l'impression que c'est quelque chose d'extraordinaire, c'est-à-dire de pas normal, alors que ça devrait être banal. Après... Je me suis rendu compte quand même. à quelques reprises où j'en ai parlé, que ça avait un impact sur des gens. Positif ? Positif, sur des gens qui n'arrivaient pas eux-mêmes, notamment à l'assumer vis-à-vis de leur famille et de leurs amis. La première fois que j'en ai vraiment parlé, c'est quand j'étais ministre de l'Éducation nationale et que j'ai fait cette émission 7 à 8 avec Audrey Crespo Marat, où je racontais mon coming out, quand mon père est mort, etc.
Vous racontiez que votre père était sur son lit d'hôpital, que vous vous reprochiez de ne pas lui avoir cordi et que peut-être le temps était compté, il fallait le faire. Qu'en fait, ça s'est très bien passé. Il vous a donné un rendez-vous à déjeuner. Et finalement, ce déjeuner n'a jamais eu lieu puisqu'il est mort entre temps, en fait.
Absolument. Donc, c'est le premier moment où j'en ai parlé vraiment. Et j'ai eu des centaines, peut-être des milliers de messages de gens qui m'ont dit, vous ne pouvez pas imaginer à quel point ça m'a aidé que vous en parliez. Parce que je n'avais pas le déclic, je n'osais pas en parler à ma famille. Parfois, c'est des personnes qui n'étaient pas des jeunes. Je n'osais pas en parler à mes amis, à mes collègues. Et donc, je me suis dit quand même. On a aussi une responsabilité quand même de faire bouger les mentalités, de faire bouger les choses, d'aider les gens à travers notre histoire et notre personnalité. C'est
devenu une forme de responsabilité.
Et donc après, quand j'ai été nommé Premier ministre quelques mois plus tard, j'ai décidé d'en parler dans ma déclaration de politique générale. On va le regarder, ça. Être Français en 2024, c'est, dans un pays qu'il y a dix ans seulement, se déchirait encore sur le mariage pour tous, pouvoir être Premier ministre en assumant ouvertement son homosexualité. De tout cela... Je vois la preuve que notre pays bouge. La preuve que les mentalités évoluent.
D'un coup, ça devenait un sens politique.
parce qu'il y avait un message politique derrière. C'est un message que je continue à porter et que je porterai dans cette campagne. Il y a plein de problèmes en France. On a plein de raisons d'être inquiets, de douter parfois. Mais il y a tellement plus de raisons d'avoir confiance en nous. Le message à travers ça, c'était de dire qu'il y a un peu plus de dix ans, la France se déchirait sur la question du mariage pour tous. On avait l'impression qu'il y avait cette intolérance dans le pays, etc. Aujourd'hui, un... Premier ministre était nommé en étant ouvertement homosexuel et que ça passait totalement. Le message, c'était qu'on est beaucoup plus ouvert que ce qu'on veut bien penser et qu'il y a beaucoup de chemin qui a été parcouru depuis.
Si vous êtes à l'Élysée, votre compagnon, quelle place il aura puisqu'il occupe des hautes fonctions à la Commission européenne ? Non, mais c'est des questions qui se posent pour les couples hétéros. Ça peut se poser pour un couple gay. Et la question de la femme, est-ce qu'elle se met entre parenthèses ? Quelle est sa fonction de première dame ? Vous voyez votre compagnon se mettre entre parenthèses de ses fonctions européennes ?
Ça, on verra. Et par ailleurs, ce n'est pas à moi de répondre à cette question. C'est une question qui devra lui être posée à lui. Mais est-ce que vous en parlez ? Par définition, on parle de beaucoup de choses, mais je ne vais pas rentrer dans ce... Mais
vous parlez de ça, forcément.
Forcément, mais je pense qu'il y a un temps pour... Et sur un plan
politique, parce qu'il représente la France, la Commission européenne, il est vice-président, est-ce que vous pourriez lui porter préjudice
Encore une fois, je pense que cette campagne, elle démarre et on aura, je pense, toute occasion de nous exprimer sur ce sujet-là.
Donc c'est un sujet, en fait. Donc c'est un sujet. Je
ne crois pas que ce soit un enjeu majeur.
Non, c'est un enjeu forcément personnel plus que majeur. Pour terminer, on va écouter trois chansons et laquelle illustre le mieux votre campagne et l'état d'esprit dans lequel vous êtes à quelques mois de la présidentielle. Jonathan ou Sinatra, My Way
pense Sinatra. Parce que je fais à ma manière, je trace ma route, donc ça me parle bien. Après, j'ai aussi l'enthousiasme de Queen et probablement la... La tranquillité et l'apaisement de Joyce.
coche les trois cases.
Je peux me retrouver dans les trois.
Bonne route.
Merci beaucoup.