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En cette rentrée, il y a de la friture sur la ligne au Rassemblement National, ou plutôt sur les lignes, parce qu'en fait, deux chemins s'offrent au parti d'extrême droite pour accéder au pouvoir dans huit mois, soit rassurer pour rassembler, montrer qu'il est devenu un parti de gouvernement capable de gérer les affaires du pays, soit... renchérir de propositions radicales pour incarner une rupture totale au risque d'inquiéter une large france de l'opinion, eh bien Marine Le Pen visiblement a choisi cette deuxième voie, celle de la rupture et de la radicalité populiste, par exemple en s'accrochant à cette promesse jugée intenable, infaisable, d'interdire le port du voile dans l'espace public. On ne voit pas bien comment, avec quel texte, quelle méthode. Jordan Bardella, plus prudent, aurait souhaité limiter cette interdiction au bâtiment public. Elle, elle veut le faire partout, dans la rue, dans tout le pays, pour montrer aussi qu'elle est la patronne, que c'est elle qui a repris les commandes du parti. Même chose avec la façon dont Marine Le Pen revendique d'avoir viré François Durvie, cet homme d'affaires libéral qui avait rapproché le RN des milieux patronaux ces derniers mois et qu'elle a... Écartée, dit-elle en gros parce qu'il s'était trop rapproché de Jordan Bardella. Bref, elle reprend les commandes, impose sa ligne radicale au risque d'avoir demain du mal à se coltiner ce même réel si elle gagne l'élection présidentielle. Car il faudra là gérer par exemple la réforme des retraites qu'elle veut ramener à 60 ou 62 ans. Donc essayer de tenir ses promesses de campagne. Le réel, c'est quand on se cogne, disait le psychanalyste Jacques Lacan. Pour l'heure, Marine Le Pen a choisi de le prendre de face.
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