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Bonjour Agathe. Bonjour. Et bonjour Marine Tondelier. Bonjour
à vous deux. Bonjour Marine Tondelier.
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Présidente du parti, les écologistes. Patrick Bruel a donc annoncé hier qu'il annulait sa tournée. C'est bien,
maintenant c'est au tour de Jean-Luc Lai.
On attend les suivants. Vous répondez déjà à la question, mais vous dites, je rappelle qu'il est mis en examen pour 4 viols ou tentatives de viol visées par plusieurs dizaines de plaintes. Il renonce donc à tous ces concerts qui étaient prévus à partir de l'automne. Vous dites quoi, c'était la seule décision à prendre
? Bah évidemment, vous savez... On est quand même dans un pays où depuis des années... Il y a beaucoup d'affaires qui concernent beaucoup de personnes connues, dont on nous explique qu'il faut séparer les hommes des artistes, dont on explique qu'un tel est un monstre sacré, donc bon, vous comprenez, c'est normal qu'il ait pu déraper, limite, c'est pas si les femmes se jetaient sur lui. Et donc ça a été une violence extrême pour les femmes victimes de violences de ces personnes, mais aussi pour les femmes victimes de violences en général, qui, moi, me disaient encore, là, dans toutes les manifestations qu'on a fait pour la loi intégrale, je n'en ai pas raté une. Les femmes viennent me voir en disant, mais regardez, même Patrick Bruel. Il y a 30 femmes qui parlent. Et c'est des mères courageuses qui doivent annuler les concerts parce qu'ils ne prennent pas la décision. Et donc c'est un crachat au visage à chaque fois. Et ça envoie le signal aux femmes que le violence faite contre elles ne le compte pas. Ça envoie le signal aux potentiels agresseurs que... Ils pourront toujours s'en sortir s'ils sont puissants, et ça fait des années que ça continue. Et d'ailleurs, moi, la question que je pose, c'est, il fallait combien de femmes pour qu'il annule sa tournée ? Est-ce que si ça avait été 12, si ça avait été 25, là, c'est 30, on sait bien que c'est le moment où Flavie Flamand a parlé, qui a fait basculer, parce que la plupart des femmes, il y avait un truc d'emprise, quand même, de ne pas trigger. Il allait voir des maquilleuses, des techniciennes, des gens dont il savait qu'elles ne pourraient pas trop parler, elles auraient trop peur financièrement de perdre leur emploi, qu'on ne le croirait pas. Et donc, s'il n'y avait pas eu Flavie Flamand, ça aurait continué encore combien de temps ? Il aurait fallu combien de plaintes
? L'animatrice Fabi Fablan, dont l'avocate en effet était avec nous tout à l'heure sur France Info, vous parliez de crachats au visage. Vous reprenez le terme de victoire qu'on entend chez des maires, des figures du mouvement MeToo depuis hier. Victoire pour qui ? Pour quoi ? Pour toutes ces plaignantes et pour toute la société ?
Je pense qu'on part tellement loin sur ce sujet qu'on se réjouit de choses normales. Donc ce qu'il fait là... est normal. Donc on ne va pas lui désigner la légion d'honneur parce qu'après des mois à avoir des propos très blessants, lui et son avocate envers les victimes, il prend la seule décision qui s'imposait. Et il a fallu attendre 2026 pour qu'un artiste prenne cette décision et pour que la charge de la preuve s'inverse. Mais y compris sur ce plateau-là ou sur d'autres de manière encore plus virulente. Quand on disait « mais ce n'est pas possible qu'il continue sa tournée comme si de rien n'était », c'était nous qui étions en position défensive à devoir nous justifier. Et
je trouve ça insupportable. Et en même temps, Marine Dandelier, la justice ne lui avait pas interdit de se produire sur scène et il est toujours présumé innocent. La justice ne m'interdit pas de faire plein de choses et je ne les fais pas quand même. Certains avocats disent que c'est un bannissement total, une mort professionnelle de Patrick Bruel. Écoutez, Fanny Collin, son avocate, elle était sur France Inter ce matin. C'est son avocate.
'est un moment grave qui devrait tous nous interroger. Parce que nous avons des élus de la République qui se sont exprimés de manière indigne contre les lois de la République, comme des shérifs parfois en exprimant que Patrick Bourrel ne serait pas le bienvenu. Il y a un principe que nous devons tous respecter, c'est celui de la présomption d'innocence.
Cette mort professionnelle, ce bannissement, vous dites c'est le prix à payer ? Écoutez, un, c
'est son avocate, donc elle fait son travail. Mais vous, qu'est-ce que vous en pensez ? On sait d'où elle parle, et s'il y a une personne dans ce pays qui doit dire ça, c'est elle. Donc elle le dit et elle est payée pour. Qu'est-ce que vous en pensez ? Moi, j'ai toujours respecté la présumption d'innocence. Il va y avoir un procès. On sait qu'il y a beaucoup de plaintes qui font l'objet de prescriptions. On sait que les plaintes sur ces sujets-là, c'est très très dur d'aller jusqu'au bout judiciairement quand c'est une parole contre une autre. Mais quand il y en a entre 30 et 35 pour des faits de viol et d'agression sexuelle multiples, il n'y a aucune raison que 35 femmes qui ne se connaissaient pas aient à distance et par télépatie inventé cette histoire.
Est-ce que vous pensez qu'il faut aller jusqu'à arrêter de diffuser les chansons de Patrick Bruel ? -ce qu'il faut arrêter ? Est-ce qu'il faut le canceller ? Moi franchement, je vous dis, j'ai énormément écouté
Patrick Bruel, énormément, plus que de raison, et je n'y arrive plus. Parce que ça me renvoie à des choses auxquelles je n'ai pas envie de penser. Il y a un truc, on n'y arrive plus. Donc vous appelez les radios, il faudrait arrêter de diffuser ses chansons ? Mais chaque radio fait ce qui lui semble juste, mais moi j'en discutais, je crois que c'était à Avignon et puis au Festival de Cannes, ces sujets sont assez présents aussi dans le cinéma, de comment on fait, même pour des vieux films qui font partie du patrimoine cinématographique, est-ce qu'on le projette quand même, et on fait un débat après sur la chaîne, c'est des sujets qu'on doit se poser, parce que c'est violent pour les gens qui reçoivent ces œuvres et qui ont été victimes de cette personne ou d'autres personnes dans leur vie. respecte pas la présomption d'innocence ça c'est le travail de la justice mais en politique on a des valeurs et les principes à défendre moi je suis féministe et j'ai une présomption de croyance de la parole des femmes surtout quand elles sont 35 sans se connaître s'il ya une personne qui veut m'expliquer qu'elles ont inventé ça par télépathie en même temps qu'ils le fassent mais il ya peu de chances que ça me convainque
vous êtes féministe et vous êtes marie ton de lieux écologistes d'un parti qui s'appelle les écologistes après l'été qu'on vient de vivre qui je crois a vu à peu près tous les français pour ceux qui n'avaient pas encore pris conscience de l'ampleur du phénomène, se rendre compte des effets concrets, des sécheresses, des canicules, des incendies sur nos vies. Et pourtant, vous êtes à 3, 4, 5% dans les sondages. Comment vous l'expliquez
? Je veux bien qu'on se refasse tout le débat éternel des sondages. François Hollande était à 3% dans les sondages à ce moment précis de l'année avant de devenir président de la République. Il était à 3% plus longtemps auparavant. Les sondages, un, n'ont jamais fait les élections. Et deux, il ne faut pas confondre. Opinion publique, on voit bien que le sujet climat, il a remonté dans les préoccupations des Français. De toute façon, quand on parle de sécurité, quand on parle de pouvoir d'achat, il y a toujours l'écologie derrière. Et pour qui les gens vont voter à la présidentielle ? Vous savez bien qu'à ce stade de l'élection, ce qui compte dans les sondages, c'est la notoriété, le fait d'avoir été candidat plusieurs fois. Et c'est sûr que ce ne sont pas mes valeurs ajoutées à 40 ans, jeunes, femmes, écologistes du Pas-de-Calais, enceintes de 8 mois. Ce n'est pas ma valeur ajoutée.
J'apporte quelque chose d'autre présentement
dans ce débat.
Vous avez un parti qui existait avant. Vous aussi. Bien sûr, mais pour qui la présidentielle a toujours été compliquée. Je vous rappelle que Yannick
Jadot, en 2016, a fini par désister de sa candidature pour soutenir un candidat socialiste qui a fait 6% des socialistes et nous réunit. Vous voyez, on ne peut pas... Étudier la vie politique française juste par le prime de sondage, c'est très faible. Il y a beaucoup de médias qui ont décidé de ne plus parler des sondages et je pense qu'ils ont raison. Le
mot
profit
me choque énormément pour ce dont on parle. Moi je ne suis pas un vautour, je ne suis pas une charoniarde, je vais vous parler d'écologie et je suis choquée qu'on a fait 5 minutes sur Patrice Bruel, ok, mais on arrive. sur l'écologie par le prisme des sondages à la présidentielle. Mais vous ne voulez pas qu'on parle de ce qui s'est passé cet été ? De comment on aurait pu l'empêcher ? De ce qu'on peut faire à partir de maintenant ?
Oui, mais peut-être que l'écologie politique, peut-être que l'écologie politique n'est pas bien traitée par les journalistes
politiques. Je vous le dis parce que moi, ça fait des années maintenant que je suis secrétaire nationale de ce parti et que quand je vois des journalistes politiques en leur disant le climat, la biodiversité, on me dit « Ah, mais nous, on n'est pas la rubrique planète, nous, on est journalistes politiques. » Alors, les sondages, Jean-Luc Mélenchon, nanana. Moi, je vais vous parler d'écologie. Et si ce matin, on passe... 10 minutes sur le sondage plutôt que parler du fond, vous aurez la démonstration de pourquoi les gens n'entendent pas nos propositions non plus. Pourtant, Marine Vaudelier, énormément de candidats parlent d'écologie en ce moment. Maintenant, c'est vous qui décidez pour la suite de l'émission. Beaucoup de candidats
parlent d'écologie. Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal, hier, a parlé aussi d'écologie. Vous n'êtes
plus
seule sur ce créneau-là, Jean-Luc Mélenchon. Madame Lambret, vous
suivez la politique depuis combien de temps ? A peu près autant que moi. Donc, on a des cycles. En 2019, quand je commençais à être un peu investie au niveau national, je ne faisais que des interviews où des journalistes politiques, vos prédécesseurs, me disaient « Madame Tondelier, il n'y a plus besoin de parti écologiste, tout le monde en fait. » 2019. Tout le monde était écolo. Ensuite, il y avait « bon, vous n'êtes pas un peu seul, vous êtes tellement nul qu'il n'y a que vous qui en parlez, vous n'avez convaincu personne. » Et puis là, maintenant, depuis… 15 jours, on me redit, Jean-Luc Mélenchon écolo, Glucksmann écolo, atta l'écolo, il a supprimé les commandes de Canadair, il a divisé le fonds vert par quatre. Soyons sérieux, cinq minutes. Aucun ne vous convainc. Dans un an, vous reviendrez voir en disant, alors l'écologie, qu'est-ce que vous faites ? Il n'y a personne qui en parle. Vous allez peut-être être obligé de faire
alliance avec Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann. Alliance sondage, on
a compris, on va en parler. Justement, lequel est le plus écolo ? Je peux terminer ma phrase et vous dire que... La politique, il y a les gens qui portent un programme écologiste, qui ont fait leur ADN et dont c'est l'histoire. C'est le cas de ma famille politique. Et il y a celles et ceux qui se mobilisent sur le sujet. en fonction de son importance dans les titres des médias et des sondages. C'est ce qui est en train de se passer en ce moment. Même Marine Le Pen, elle a dit oui, logique, finalement... Ils ne sont pas
sincères, ces candidats, si on vous écoute. C'est de l'opportunisme. Ils ont des choses dans leur programme,
mais ils se mobilisent sur le sujet quand il est rentable, politiquement. Vous me posiez tout à l'heure la question de pourquoi ça ne vous profite pas. La manière dont vous posez la question est pour moi un vrai sujet. Donc je le dis, on n'est arrivé là pas par hasard, on est arrivé là par une inaction politique sur le climat. qui coûte, les économistes le disent, cinq fois plus cher que d'agir, avec des économies de bout de chandelle qui ont mis les Français en danger. Donc un, on en est arrivé là pour ces raisons. Deux, on n'était pas préparé, pour ces raisons également. Et trois, la manière dont le débat tourne sur le sujet, entre trois semaines de polémique sur la clim, puis maintenant sur les mégabassines, je vais vous dire qu'on n'est pas prêt d'amener le débat politique sur les bons sujets, c'est-à-dire les propositions, ce que je me suis évertuée à faire tout l'été. On est le seul parti qui a sorti un plan d'adaptation et un plan fraîcheur dès le mois de juin. seuls partis qui avons sorti un plan de lutte contre les incendies et d'aide à la protection civile dès le mois de juillet. Et pourquoi ? Parce qu'on était prêts, parce qu'on travaille depuis longtemps. J'étais encore avec l'intersyndicale des pompiers vendredi. La semaine dernière, j'ai fait une proposition pour taxer les gros héritages et financer la transition. Et c'est de ça dont je viens vous parler. Pas des sondages, des débats internes qui n'intéressent personne et surtout pas les Français. Vous avez des propositions, effectivement,
vous le dites. Seulement pour gouverner, il ne faut pas être seul. Et en l'état, votre candidature... Excusez-moi Madame
Lambret, vous êtes la seule qui dit ça depuis plus d'un an, c'est moi. Personne ne gagnera seule. La différence, c'est que moi je le sais et je le dis. Peut-être que c'est le fait d'être une femme, peut-être que c'est le fait d'être écologiste.
Vous maintenez votre candidature en solitaire. Vous êtes pour l'Union
et vous êtes candidate. Je suis candidate pour slogan, pour l'écologie, ça normalement vous avez compris, et pour l'Union. Vous ne pouvez pas faire le procès aux écologistes. Mais vous êtes candidat de seul. Vous ne pouvez pas faire le procès aux écologistes. Depuis maintenant plus d'un an. De prôner une primaire de la gauche et des écologistes. De prôner un travail partenarial. Et même quand tous nos partenaires l'a éché d'un revers de main. L'EPS après un an de tergiversation. Qui trouvait que c'était une trop petite primaire. Mais ils en font une encore plus petite. Et celle-là l'est très bien. Donc nous, qu'est-ce qu'on a fait cet été ? On leur a réécrit à toutes et tous. A nos 16 partenaires. Certains ont très connu. D'autres un peu moins. Pour leur dire. Il n'y a plus de primaire, il n'y a toujours pas de solution. On va dans le mur pour la troisième fois en trois élections présidentielles collectivement. Mais qu'est-ce que vous faites aujourd'hui, Marine Tournelie ? Parce que tout ça, on l'a suivi. Nous avons écrit à tous nos partenaires, nous avons eu un certain nombre de réponses, nous échangeons avec les autres, nous rencontrons tout le monde dans les semaines qui viennent et nous ne lâcherons rien, ni sur l'écologie ni sur l'union. Parce que certains sont peut-être plus hauts que moi dans les sondages. Ils ont la différence d'avoir été candidats plusieurs fois à des élections nationales, d'avoir eu leur tête à la sortie de chaque école en France, d'avoir fait plein de débats nationaux, d'être beaucoup plus connus que moi. Ok, et peut-être d'avoir eu des... responsabilité nationale aussi, ce qui, dans le cœur des Français, peut convaincre en termes de crédibilité. Ce n'est pas ma valeur ajoutée. Mais je vois bien qu'ils ont beaucoup de certitudes, surtout en eux-mêmes, et que ça, dans ce genre de moment, c'est dangereux.
Donc je
le dis, personne ne gagnera seul. Moi, je le sais. D'autres font mine de ne pas le savoir, je pense qu'ils le savent aussi au fond d'eux. Et le jeu des écologistes et le jeu de la gauche ne peut pas être dans les semaines qui viennent. Qui va se rallier à qui ? Je vais vous dire qu'il ne faut exactement pas aborder comme ça. Parce que si dans les semaines qui viennent, le seul récit de la gauche sait quelle moitié de la gauche va tuer l'autre moitié de la gauche. En attendant des écologistes qui les aident à appuyer sur la gâchette, ça ne m'intéresse pas. Ce n'est pas forcément ça le sujet. Si, si, c'est le sujet. Moi aussi je peux vous poser une question que j'essayais de vous poser tout à l'heure. Ça veut dire qu'on ne parle pas à nos électeurs, qu'on ne parle qu'à nous-mêmes, qu'on est non-vinistes et qu'on veut juste désigner le roi du cimetière. Parlons des électeurs et des sujets qui les préoccupent, notamment
l'écologie. Exactement, on y revient. Parler des alliances, c'est aussi parler du fond. Et donc, j'imagine que votre critère, si vous devez faire alliance avec l'un ou l'autre de ces candidats dont on parle, Ce sera de savoir qui est le plus écolo. Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann qui est le plus écolo ?
Je ne suis pas la miss météo de l'écologie qui décerne les bons ni mauvais points. Vous avez vu la planification
écologique proposée par Jean-Luc Mélenchon, vous voyez le discours de Raphaël Glucksmann sur ce qu'il appelle sa cohérence écologique. Moi ce qui m'intéresse déjà ce n'est pas le discours, c'est les actes.
qui a un très beau programme sur papier glacé, mais dont nous n'avons aucune chance qu'il soit mis en œuvre, ça ne m'intéresse pas. C'est pour ça que le chemin de victoire, on y tient. Parce que si ce n'est pas nous qui gagnons, celles et ceux qui sont programmés pour gagner à notre place, ce sera l'inverse de l'écologie, l'inverse de la justice sociale et ce sera terrible. Vous parlez de Glucksmann et de
Glucksmann
? Non, je parle de la droite et de l'extrême droite. Vous savez, mes opposants, ce n'est pas Glucksmann et de Mélenchon, c'est la droite et l'extrême droite. Ce serait bien qu'on se repolarise bien. Et donc si eux gagnent, ce sera terrible pour notre pays et pour tous les gens qu'on était censés défendre, je ne nous le pardonnerai. jamais. C'est pour ça que votre candidature peut
contribuer. Dans le courrier qu'on a fait
pour pouvoir rencontrer tout le monde et leur dire sur quels termes, on a mis le programme au coeur des discussions. Mais l'écologie c'est pas juste l'environnement et quelques mesures sur le climat et quelques mesures pour les petits oiseaux. Si on veut faire d'écologie, il faut une Europe forte. Si on veut faire d'écologie, on ne peut pas dissocier la transition. environnementales et des transitions sociales. Donc vous voyez, tout ça, ça fait partie. On a listé une dizaine de sujets dont nous voulons discuter. On a commencé à le faire avec certains partenaires et ça continuera. Mais encore une fois, s'il y a un chemin de victoire possible pour notre camp, je peux vous dire que les écologistes en seront. Et on prendra les bonnes décisions parce qu'on les prendra ensemble. Vous dire laquelle, à quelle heure, je ne le sais pas. Vous ne savez pas non plus. Personne le sait. Et ceux qui font semblant de le savoir vous mentent.
Vous êtes mieux placé que nous pour
le savoir.
Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes et candidate à la présidentielle. pour parler de fond, comme vous l'avez compris. Le voici, le fond. On va le toucher, là, je pense. Voilà un peu ce qu'il sait quand même. Votre projet sur le fond, sur les retraites, vous plaidez pour un retour à la retraite à 62 ans, voire à 60 ans. Vous avez une autre proposition ? On
veut abroger la mesure d'âge sur les 64 ans, la mesure sur laquelle on a beaucoup manifesté. On revient mécaniquement à 62 en un trait de plume. Et on veut que celles et ceux qui ont eu des métiers pénibles, de nuit, etc., puissent partir à 60 ans. Ça se fait tout de suite. Après, ça prend un peu plus de temps parce que là, il faut une nouvelle mesure.
C'est ce que propose aussi le Rassemblement national. Alors, ça dépend que du Rassemblement
national, ils ne sont pas tous d'accord. Ça dépend Jordan Bardella, Marine Le Pen, leur conseiller économie a démissionné. On ne comprend plus rien. Je voulais vous parler de notre mesure.
Vous proposez aussi le SMIC à 2000 euros. C'est vrai. Brut. Comment vous financez tout cela ? Un recul sur la réforme des retraites d'un côté, de l'autre, un SMIC à 2000 euros. Expliquez-nous. Sur les retraites, c'est simple. Il faut
quand même dire qu'il y a un petit déficit sur le régime de retraite, mais qui équivaut à 2% des régimes de retraite. Et le comité d'orientation des retraites, qui suit un peu ça, dit que c'est stable jusqu'à 2030. Il n'y a aucune urgence sur les retraites à agir. Par contre, il y a 77 milliards d'exonérations, de cotisations. Il suffit qu'on en prenne 10%. Donc, dans toutes les exonérations sociales qui existent, on en supprime 10% et le régime des retraites est à l'équilibre. Donc, ça, c'est ma réponse pour les retraites. Pour le SMIC, ce n'est pas l'État qui paye, c'est les entreprises. Moi, ce que je veux commencer par vous dire, c'est qu'il y a 2,3 millions de travailleurs pauvres dans ce pays. 2,3 millions de personnes qui travaillent et que ce travail ne sort pas de la précarité, qui n'arrive pas à se loger. 53% d'entre eux n'arrivent pas à se nourrir correctement alors qu'ils travaillent. Et plein de chefs d'entreprise le savent, aimeraient bien les augmenter, mais n'en ont pas forcément les moyens. Nous, on veut, dès le début du mandat, proposer un SMIC à 2000 euros brut. Il y a des entreprises qui peuvent se le permettre.
D'autres que vous aiderez
? Et d'autres qu'on aidera. Je rappelle quand même qu'en Espagne, Pedro Sanchez, dans son premier mandat entre 2018 et 2023, il a augmenté le SMIC de 47%. Il partait pas du même niveau que nous. Mais quand vous augmentez le SMIC sur les bas salaires... En fait, c'est des personnes qui ont une forte propension à consommer. C'est-à-dire que 90% de cette augmentation de salaire va être consommée quasiment immédiatement. Ça booste la croissance, ça remplit les carnets de
commandes. Ça s'auto-finance d'après vous ? Ça dépend que les gens
consomment. S'ils n'achètent que du chinois sur Amazon, ce n'est pas pareil que s'ils vont au marché acheter à des petits producteurs ou au restaurant du coin. Mais en tout cas, ça relance les carnets de commandes. Deuxièmement, les TPE et les PME... Elles sont très négligées par ce gouvernement. Mais c'est comme pour les gens, il y a des ultra-riches et puis les autres. Pour les entreprises, il y a des très grands groupes. Total, 30 000 employés en France, ils payent zéro euro d'impôt sur les sociétés. Et puis les PME qui payent en moyenne. 21% d'impôts sur les sociétés par rapport à leur excédent brut d'exploitation. Les grands groupes, c'est 14%. Marie-Claude, les entreprises peuvent
se permettre d'affronter une telle hausse du coût du travail. Parce que mécaniquement, le coût du travail va augmenter. Est-ce que le risque, ce n'est pas que les entreprises embauchent moins ? Aujourd'hui, le risque, c'est 11 millions de Français pauvres. C'est ça le risque aujourd'hui.
Et le problème, c'est que les TPE et les PME sont très mal lotis par rapport aux grandes entreprises. pour rétablir de la justice sociale entre les travailleurs, mais aussi entre les employeurs. Et donc on a tout un plan d'aide, moi je serai la présidente des TPE et des PME, on a tout un plan d'aide pour elles, avec des aides directes pour les aider à financer cette hausse du SMIC, tant qu'il le faudra, avec un guichet unique d'accompagnement, avec des aides aussi pour les aider à faire la transition écologique, ce qui allège considérablement les factures, une fois qu'on est isolé, qu'on a changé son mode de consommation énergétique. Et donc ça c'est tout un plan qu'on a leur proposé, qu'on a proposé au MEDEF et qu'on continuera à porter.
Pour faire en sorte que vous puissiez, si vous arrivez au pouvoir, dans 8 mois, financer ce type de mesures, est-ce qu'il faut voter un budget à l'automne ?
Le problème, ce n'est pas est-ce qu'il faut voter en budget ou pas. Évidemment qu'il faut un budget pour ce pays. Moi, je suis conseillère régionale des Hauts-de-France, ça fait trois ans, là, qu'on ne peut pas voter le budget en fin d'année parce qu'on ne sait pas quelle dotation la région aura de l'État. Et ça devient complètement incontrôlable, cette histoire. Mais nous, on regarde ce qu'il y a dans le texte. Le texte, on ne l'a pas. Normalement, vous ne l'avez pas non plus. Vous vous dites que vous êtes en mémoire. En fait, c'est difficile de se prononcer sur un texte qu'il n'a pas. Mais compte tenu des dix précédents exercices de l'illégitimité de ce gouvernement, de qui le compose et de ce que j'ai entendu dans le débat politico-médiatique, je n'ai aucune raison d'être rassurée, aucune raison de penser qu'un seul écologiste le votera.
LFI et le PS ne cachent pas leurs intentions de censurer. Vous dites qu'on attend de voir. On a censuré tous les précédents. Franchement, il n'y a aucun suspense, non ? Vous dites ça pour ne pas être accusé des responsabilités de la part du gouvernement
? Non seulement on a censuré tous les précédents, on sait pourquoi et on sait comment, mais en plus, on a fini par s'abstenir sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Pourquoi ? Parce que le gouvernement s'était engagé sur un certain nombre de points. et notamment avait reculé sur le doublement des franchises médicales. Mesure hyper injuste, mauvaise pour le pouvoir de l'achat, mauvaise pour la santé. Mais on peut se permettre de censurer aujourd'hui il y a quelques mois de la
présidentielle ? Attendez, c'est ce qu'on nous a
dit l'automne dernier. On finit par, je ne sais même pas par quel miracle, par dire vous reculez sur les franchises médicales ? Ok. Il y avait d'autres critères. Ok, on s'abstient plutôt que voter contre. Et bien cet été, ils ont passé un décret, sans passer par le Parlement, pour augmenter de 40% les franchises médicales. C'est-à-dire que non seulement ce gouvernement est injuste, mais en plus ils n'ont aucune parole. Et je leur souhaite bien du courage pour convaincre un seul écologiste contre quoi que ce soit, puisqu'on sait qu'ils
ne tiennent pas leurs promesses. Marine, vous avez eu une parole qui a fait beaucoup réagir. Vous avez dit, souhaiter la désobéissance civile en cas de victoire du Rassemblement National en 2027. 'est-ce que c'est ? Est-ce que vous êtes fâchée avec la démocratie ? Attendez, ça suffit, les questions de ce genre. Je ne comprends pas ce débat. C'est vous qui l'avez dit. Excusez-moi,
quand, dans des moments d'histoire française, il y a eu des consignes politiques qui ont été passées, qui étaient extrêmement choquantes, qui étaient illégitimes. Heureusement qu'il y a des fonctionnaires qui ont dit « moi, je n'ai pas en oeuvre ». Mais là, vous faites référence à l
'élection du Rassemblement national. Oui, à l'extrême droite au pouvoir. Et vous dites déjà « on va désobéir ». Attendez,
à un parti qui expliquait hier qu'il allait verbaliser les femmes qui porteraient le voile sur l'espace public. Mais excusez-moi, la laïcité, c'est une loi de 1905, ce n'est pas une police du vêtement, la laïcité. C'est une neutralité du service public par rapport à la religion. Déjà, ils sont à côté. Parce que eux sont dans le harcèlement des musulmans. Qu'est-ce que vous ferez concrètement ? J'espère bien qu'il y a des policiers qui, si cette mesure, fait l'objet de consignes politiques précises parce que le Rassemblement national sera arrivé au pouvoir, j'espère bien qu'il y ait des policiers qui diront « mais je ne verbalise pas une femme parce qu'elle porte le voile sur l'espace public ». Donc c'est ça concrètement quand vous parlez de désobéissance civile ? sujet, ils l'ont rappelé des dizaines de fois. Ça suffit, en fait. Ils ont un programme qui n'est pas républicain. Ils ont un programme qui met en danger notre démocratie et qui met en danger des personnes très précises, stigmatisées. Mais donc, parce que vous ferez concrètement,
ça veut dire quoi, désobéir ? Ça dépend
qui vous êtes. Mais les politiques, ils ont des manières politiques de désobéir, des fonctionnaires de manière fonctionnariale. Et j'espère bien qu'un maximum le fera. Après, je vous dis ça, moi, je suis allue dans une ville, Rassemblement National, depuis maintenant 12 ans. Donc, je sais aussi, et je l'ai précisé dans la même interview, qu'il y aura bien peu de monde pour le faire. Parce qu'il y a un concept qui s'appelle le confort des charentaises, qui a une grosse prise en France, c'est qu'à un moment... Les vestes se retournent très très vite, même ceux qui n'auront pas voté RN à un moment, ils ont leurs enfants, leurs problèmes, leur boulot, leur maison, ils ne veulent pas trop de problèmes. Et donc les gens qui s'opposeront seront bien plus nombreux. Et vous voyez bien que la stratégie
de respectabilité du Rassemblement national, elle fonctionne. Est-ce que vous ne faites pas le jeu du RN ? Vous vous rappelez eux-mêmes la stratégie de la cravate à l'Assemblée nationale. Vous voyez bien que ça fonctionne. Est-ce que vous ne faites pas leur jeu et vous ne leur permettez pas de dire, voyez, d'autres ne respecteront pas le résultat des jeux, d'autres ne sont pas républicains, c'est nous les républicains. Je vous
parle de leur stratégie. Oui, mais excusez-moi, ici on est là pour faire de la politique et pour faire avancer le débat politico-médiatique. Vous me dites, regardez, ça marche, ils ont mis une cravate, donc c'est bon. Et vous, vous avez pas de cravate. Ils sont données favoris et Marine Le Pen est données gagnantes
dans toutes les configurations. Ce n'est pas moi qui le dis.
Mais donc mon travail, c'est d'expliquer que ce n'est pas une alternance comme les autres. Et je vous rappelle que la fois dernière, en me mobilisant fortement pendant un mois, j'ai fait en sorte, avec d'autres, que Jordan Bernan ne soit pas Premier ministre. Je me rappelle pourquoi, je me rappelle comment et je vais continuer. Donc vous voyez, je suis en sorte de 8 mois, je peux accoucher. D'un moment à l'autre, c'est prévu pour septembre. Et jusqu'à ce que je puisse le faire, je continuerai à le faire parce que c'est vital pour plein de personnes dans ce pays à qui j'adresse mes pensées. Parce que franchement, devant leur télé, ils doivent frair le matin en se disant « qu'est-ce qu'ils n'ont pas compris ? ». Pour nous
expliquer votre stratégie d'alliance, parce que ça, ce n'était pas très clair.
Merci Marine Taudelier. Une alliance gagnante, c'est clair. Merci à vous de nous avoir suivis sur France Info.
Merci Marine Taudelier.