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L'invité du 20h. Et pour inaugurer ce nouveau rendez-vous, le candidat Renaissance à l'élection présidentielle qui est avec nous ce soir. Bonsoir Gabriel Attal. Bonsoir Jean-Baptiste Marteau. Merci d'être notre invité à des côtés pour cet entretien. Nélène Latrouche, rédactrice en chef politique à France Télévisions, et Benjamin Duhamel qui nous présente notamment le dimanche. France Jeu sur France 2 et France Inter. On va parler école dans un instant car c'était la rentrée scolaire aujourd'hui. Mais d'abord peut-être une question d'actualité. Quand vous étiez ministre de l'éducation, vous aviez interdit la BAIA à l'école. Et aujourd'hui le Rassemblement National veut aller plus loin. interdire le voile dans l'espace public avec des contrôles et des amendes à la clé. Est-ce qu'il faut, sur un thème comme celui-là, laisser les Français décider et proposer par exemple un référendum ?
je suis en désaccord avec la proposition du Rassemblement national. Je considère qu'une femme... qui décide librement de porter le voile, a le droit de le faire et qu'elle ne menace pas la République. En revanche, je vous l'avais rappelé, ce pour quoi je me suis toujours engagé, c'est précisément pour protéger la capacité de nos jeunes, notamment des jeunes filles, à avoir un esprit libre qui leur permet de prendre cette décision. D'où le fait que j'ai fait respecter dans nos établissements scolaires la neutralité religieuse, qui date de la loi de 2004, en interdisant la baïa. D'où le fait que je me suis engagé aussi pour que des fillettes de 5, 6... sept ans ne puisse pas être contrainte à être voilée. Mais c'est une vraie différence que j'ai et qui est nette avec le Rassemblement national qui en réalité veut revenir sur un des principes fondamentaux de notre République qui est la laïcité et donc la liberté d'exercer un culte. Mais
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justement Gabriel Attal, sur la question de l'interdiction du voile, il y a la question du principe et il y a la question de la faisabilité puisqu'on a beaucoup opposé aux membres du Rassemblement national l'idée que si l'on interdisait le voile dans l'espace public, il fallait mettre un policier derrière chaque femme voilée. Quand vous proposez d'interdire le voile aux mineurs de moins de 15 ans, aux jeunes filles de moins de 15 ans, la même question de la faisabilité se pose. Est-ce que là, il n'y a pas une forme de contradiction à dire ? Je suis en désaccord avec le RN sur ce sujet, mais par contre, je continue de défendre cette proposition. Deux
choses. D'abord, le désaccord que j'ai avec le RN n'est pas un désaccord juridique, c'est un désaccord de choix de société. Moi, mon choix de société, c'est une société où des hommes, des femmes peuvent faire un choix libre. C'est pour ça que la question porte sur la faisabilité de la proposition que vous portez. Ensuite, sur la question de la faisabilité, d'abord, il y avait eu des débats à l'époque au moment de la loi sur le voile intégral qui a pu se mettre en place. Et deuxième chose, là, moi, je parle d'une mesure de protection des mineurs, de protection de l'enfance. Il ne s'agit pas, comme le propose le Rassemblement national pour toutes les femmes qui portent un voile, de mettre un policier derrière elles et d'aller leur mettre une amende. C'est pour des fillettes qui sont aujourd'hui contraintes à être voilées. Et l'éducation nationale, les structures sociales connaissent les familles et peuvent engager à ce moment-là, évidemment, un dialogue avec les familles.
Venons-en à cette rentrée aujourd'hui pour 11,6 millions d'élèves et des professeurs, évidemment. Vous dites que le métier d'enseignant a été simicardisé et vous promettez notamment 200 à 500 euros net de plus par mois. D'abord, ce serait à partir de quand ? Est-ce que ce serait en vigueur dès l'année 2027 si vous êtes élu ?
Alors oui, mais d'abord, je veux avoir un mot pour les millions d'élèves, de parents, de personnel de l'éducation nationale qui ont fait leur rentrée. Aujourd'hui, il y a des moments importants dans la vie d'un pays, et pour la France, la rentrée des classes, c'est toujours un moment très important, et ça dit beaucoup de l'importance de l'école pour notre République. Et vous le savez, pour moi, l'école, ce n'est pas un sujet de campagne présidentielle, c'est juste le cœur de mon engagement en politique. Je me suis engagé en politique sur ce sujet-là, comme député à la Commission de l'éducation, et la plupart des fonctions que j'ai exercées au gouvernement étaient tournées vers l'éducation. Donc il faut augmenter les problèmes. Oui, je considère que c'est un enjeu de reconnaissance, enjeu de dignité. et aussi la réponse à un phénomène de smicardisation du métier d'enseignant qu'on a connu
depuis plusieurs décennies. Oui,
bien sûr, je souhaite que ça puisse rentrer en vigueur tout de suite. C'est un engagement important, mais je pense qu'il est nécessaire, encore une fois, y compris pour des questions d'attractivité du métier. Et que demandez-vous en contrepartie ? Est-ce que les enseignants devront, par exemple, travailler plus ? Il n'y aura pas de contrepartie. En revanche, je m'engage aussi sur un sujet dont on parle trop peu dans le débat public, et pourtant dont me parlent tous les parents et toutes les familles. C'est la question des remplacements de professeurs qui sont absents. C'est, on le sait, un vrai problème dans nos systèmes éducatifs. Et donc, moi, j'ai annoncé que je souhaitais qu'on fasse davantage confiance aux établissements scolaires, qu'on leur donne davantage d'autonomie. Et je demanderais aux établissements scolaires de trouver à chaque fois une organisation pour qu'il y ait une forme de permanence pour assurer le remplacement des professeurs absents. Ça s'appelle une
contrepartie, puisqu'il faudra que les professeurs s'organisent pour qu'il y ait... moins d'absence pour précisément qu'il puisse être augmenté.
On ne va pas mettre une personne qui va contrôler derrière chaque enseignant s'il a remplacé un collègue. Donc il y aura une revalorisation pour tous les enseignants, je l'ai annoncé, 200 euros nets pour tous les enseignants et pour les milieux de carrière, ceux qui sont les plus en décalage par rapport aux autres pays, ça pourra aller jusqu'à 500 euros. Mais de la même manière, je demande, et je demanderai, en autonomie des établissements qu'il puisse y avoir cette organisation. On ne parle jamais dans le débat public de ce problème des remplacements. Moi je parle à des familles qui parfois ont un prof de maths ou de français qui est absent pendant 4, 5, 6 mois, ou des remplacements, ou des absences de courte durée qui ne sont pas remplacées. Il y a la question
effectivement des remplacements, il y a aussi la question de l'accompagnement des élèves par exemple en situation de handicap. Les AESH... Ces personnels, souvent des femmes précaires, mal payées, est-ce qu'elles seront aussi concernées par cette augmentation, par ces 200 à 500 euros supplémentaires ?
j'étais ministre de l'Éducation nationale, j'ai augmenté les AESH. Et là, c'était un enjeu de pure dignité. Je les ai augmentés de 100 euros nets par mois. évidemment qu'elles doivent voir leur rémunération progresser. Aussi parce qu'on doit pouvoir leur confier d'autres missions au sein de l'école pour faire davantage d'heures, puisque vous savez que leur rémunération, c'est aussi un problème de nombre d'heures qu'elles peuvent effectuer dans la semaine. Et par ailleurs, moi, ce que je souhaite, c'est qu'on puisse créer un vrai corps des AESH, donc des accompagnants d'élèves en situation de handicap, pour qu'il puisse y avoir des carrières, des promotions, peut-être d'autres prises de fonction, d'autres postes dans l'éducation nationale. Oui, la question de l'école inclusive, c'est un enjeu majeur. Et aujourd'hui, vous avez encore... souvent des enseignants qui sont dépassés parce qu'ils ne sont pas suffisamment accompagnés par des personnes formées pour accueillir ces élèves qui ont leur place à l'école de la République.
– Gabriel Attal, toutes ces mesures pour l'école, elles ont évidemment un coût, 2,5 milliards, c'est ce que vous aviez chiffré. Il faudra trouver des ressources importantes. Est-ce que vous serez le candidat qui va dire aux futures générations, ok, vous êtes prioritaire, mais donc il faudra peut-être davantage faire contribuer les retraités ?
'abord, moi je finance ces mesures, elles sont financées. J'ai fait le choix de présenter le cadrage budgétaire de mon projet dès le début de ma campagne. Il est disponible sur mon site ataleprésident.fr, chacun peut le consulter. Je vais financer ces mesures à travers deux choses. Un, dans les 10 ans qui viennent, il y aura plus d'un million et demi d'élèves en moins dans l'éducation nationale parce que la natalité a diminué. Face à ça, vous avez des gens qui disent que c'est une formidable opportunité pour faire des économies. Il y a moins d'élèves, donc on ferme des classes et donc ça fait des économies. Moi, je dis que c'est une formidable opportunité, au contraire, pour augmenter l'accompagnement de l'école. augmenter les professeurs, comme je viens de le dire, pour réduire le nombre d'élèves par classe. Ça, c'est la première chose. La baisse démographique va nous permettre de financer en partie ces mesures. Et la deuxième chose, des économies par ailleurs, notamment sur le social. On sait que c'est l'essentiel de nos dépenses publiques aujourd'hui. – Le social,
Gabriel Attal, c'est l'essentiel de nos dépenses, et dans cette dépense sociale, un quart de cette dépense à peu près, c'est les dépenses autour des retraites. D'où la question que vous a posée Jean-Baptiste, à laquelle vous n'avez pas tout à fait répondu, est-ce qu'il faut assumer, est-ce que le président Gabriel Attal assume de dire, il faudra faire davantage contribuer les retraités, avec, et c'est deux questions en une si j'ose dire, une question qui va se poser tout de suite là, dans les discussions budgétaires. Est-ce que pour dégager des ressources, il faudra ou non désindexer une partie des pensions des retraités les plus élevées ? Est-ce que vous serez favorable à cette mesure ?
D'abord, je refuse la tournure qui est en train de prendre le débat. où à écouter le débat public, on a l'impression que les retraités seraient des égoïstes qui veulent tout garder et les jeunes seraient des fumistes qui ne veulent pas bosser. Il y a déjà suffisamment de fractures en France pour qu'on rajoute une fracture générationnelle en opposant les générations les unes aux autres. Les retraités sont privilégiées
par rapport à la génération actuelle et par rapport aux actifs. Je vais y venir,
Benjamin Duhamel. Pourquoi ce débat ? l'a tous les ans. Tous les ans, vous avez ce débat qui revient sur le fait de savoir s'il faut désindexer certaines pensions de retraite, etc. Parce que le problème, c'est notre système. C'est notre système qui est à bout de souffle et qu'il faut changer. C'est pour ça que moi je m'engage, pour changer notre système de retraite. Pour qu'on ait un nouveau système, qu'on en bâtisse un nouveau qui nous permette d'éviter d'avoir ces débats. Chaque année de savoir si on désindexe particulièrement. On ne désindexe
pas cette année les pensions les plus épaises.
On va faire les choses avec méthode. Le gouvernement va présenter un budget. C'est dans quelques semaines. Les parlementaires, les forces politiques auront l'occasion de se prononcer par rapport à ce budget. On attend de voir la copie qui sera présentée par le gouvernement. J'attends de voir la copie qui sera présentée par le gouvernement, qui mène une action difficile. Je ne vais pas leur ajouter des difficultés en faisant des commentaires sur des mesures qui n'ont même pas encore été présentées.
Gabriel Attal, comme Edouard Philippe, vous avez été Premier ministre d'Emmanuel Macron. C'est vrai que c'est une expérience qui peut être un atout, qui peut aussi être un poids dans cette campagne. Comment défendre l'héritage d'un président qui est aujourd'hui contesté sans apparaître comme son simple héritier ? On regarde ce sujet de Cyril Adrien Salman et on en parle juste après.
Edouard Philippe, Gabriel Attal, deux candidats à la présidentielle, deux anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron comme pressés aujourd'hui de se démarquer de leur ancien chef.
Et effectivement, il y a une forme...
Probablement
d
'incompréhension entre nous. Tout le monde sait la nature des désaccords que j'ai pu avoir avec le président de la République. Des désaccords qui le conduisent jusqu'à demander, il y a quelques mois, le départ anticipé du chef de l'État. Il devrait, peut-être en prenant exemple sur des prédécesseurs, et notamment le général de Gaulle, essayer d'organiser un départ. Et en campagne cet été, Gabriel Attal accuse lui, le président de la République, d'avoir en quelque sorte bâclé sa réélection en 2022.
n'y a pas eu de campagne, il n'y a pas eu de projet. Beaucoup de Français ont été frustrés par cette élection.
Alors qu'en pensent les électeurs macronistes ? A Annecy, conquête du parti présidentiel lors des dernières municipales, la stratégie des deux candidats n'est pas validée.
Je comprends parce qu'ils ont envie d'être élus et qu'ils n'ont pas envie de jouer que sur la continuité, mais moi, personnellement, j'aurais revoté pour lui.
Macron, il n'est pas très populaire, donc ce n'est pas la peine de prendre l'ambulance d'un type qui n'est pas populaire. Après ça, intellectuellement, je trouve que ce n'est pas 100% honnête.
Chez les fidèles du président, les attaques de ses anciens premiers ministres passent mal.
Ils sont tous les deux, à des degrés divers, comptables de son bilan, dans les aspects positifs comme dans les aspects négatifs. L'un et l'autre sont en position aujourd'hui d'être candidats à la présidence de la République grâce à Emmanuel Macron.
Comment Emmanuel Macron vit-il les critiques de ses anciens serviteurs ? Pour l'instant, silence à l'Elysée. Néhila Latrousse.
Gabriel Attal, d'un mot, est-ce que c'est un grand président ? Est-ce que ça a été un grand président, Emmanuel Macron a
été président de la République à un moment extraordinairement difficile pour notre pays. On se rappelle de la pandémie, on se rappelle des crises internationales qu'on a vécues et qu'on vit encore aujourd'hui. Et moi, je constate que notre pays a tenu face à ces crises. Donc c'est
un grand président pour vous
? Notre pays a tenu face à ces crises. C'est si difficile à dire que ça. Je vois très bien ce que vous cherchez à faire, Benjamin Duhamel et Néhila Latrousse. Moi, je vais vous dire... Je vois les sujets qui sont faits, les commentaires qui sont faits. Je ne vais pas prendre les Français pour des imbéciles en leur expliquant que je n'ai rien à voir avec les dix années qui viennent de s'écouler. J'ai été au gouvernement, je l'assume totalement. Je dis régulièrement qu'il y a des choses positives qui ont été faites. Ça devrait donc être une facilité déconcertante de reconnaître
qu'Emmanuel Macron a été un grand président quand on lui doit autant que vous lui devez.
Benjamin Duhamel, vous allez toujours chercher le mot que je n'aurais pas prononcé. Ce que je vous dis, c'est que j'assume les responsabilités qui ont été les miennes dans toutes les fonctions qui m'ont été confiées. crois que ce que les Français ont vu, c'est que j'ai toujours pris des décisions, j'ai toujours agi. J'ai toujours agi, parfois on a été en désaccord, certains ont pu être en désaccord avec l'orientation de certaines décisions que j'ai pu prendre, mais j'ai toujours agi. Aujourd'hui, je suis candidat à l'élection présidentielle après deux ans où je ne suis plus aux manettes. Je ne suis plus au gouvernement.
Ce
qui m'a aussi permis de prendre du recul, de réfléchir à ce qui a été réussi ces dernières années, mais aussi aux échecs des dernières années. Et pourquoi les échecs de ces dernières années ? Le plus grand échec ? Je crois que c'est d'avoir renoncé dès le début du premier quinquennat à ce qui est pour moi la mère des réformes, c'est la réforme institutionnelle. De la même manière que sur notre système social. Je vous disais tout à l'heure qu'on avait un système à bout de souffle et que ce n'est plus des paramètres. qu'il faut bouger, c'est le système qu'il faut changer. C'est vrai sur les retraites, c'est vrai sur le système social, c'est vrai aussi sur le système.
Quelle réforme institutionnelle par exemple ? La
proportionnelle, autre chose ? Moi je pense qu'il faut une autre présidence. qui associe davantage les Français, qui partage davantage le pouvoir. Un exemple, moi je souhaite qu'on puisse davantage partager le pouvoir avec les collectivités territoriales et les partenaires sociaux. Je l'ai dit par exemple pour les partenaires sociaux. Mais donc c'est changer la constitution ou c'est le
mode de président de Emmanuel Macron à changer ? Mais c'est
les deux. Et moi je veux qu'on ait la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958. Parce qu'on voit bien que notre système est à bout de souffle. C'est vrai sur nos institutions, c'est vrai sur la politique, c'est vrai sur le système social. Il faut un changement profond. Jusqu'à changer de constitution ? Oui, jusqu'à changer la constitution bien sûr. Il faut une sixième république. Je ne sais pas si c'est 6e République ou 5e République du 21e siècle. Non, la 6e République, aujourd'hui, c'est très connoté avec le projet de Jean-Luc Mélenchon, qui n'est pas du tout le mien. En tout cas, il faut une réforme constitutionnelle profonde pour mieux partager le pouvoir, pour retrouver l'autorité de l'État aussi, qui malheureusement, depuis deux ans, a la dissolution. objectivement a été affaibli et pour retrouver de l'efficacité dans les décisions publiques pour que ça change profondément et concrètement pour les Français.
– Gabriel Attal, vous êtes désormais, on va dire, 5 dans l'espace de la droite et du centre, aujourd'hui candidat Édouard Philippe, vous Bruno Retailleau, je cite David Lissner ou même Xavier Bertrand qui est quasiment candidat, aujourd'hui on voit qu'Édouard Philippe est en tête dans les sondages, très bien. Est-ce que vous dites juste simplement ce soir, au bout du compte, il n'y aura qu'un seul candidat entre lui et moi sur les lignes de départ, quoi qu'il arrive
Moi, ce que j'ai dit dès le départ, c'est qu'évidemment, face au risque d'un deuxième tour entre LFI et le RN, il faudra un rassemblement, début d'année 2027. Je l'ai toujours dit et j'ai pris des initiatives pour que ce rassemblement puisse avoir lieu. Un rassemblement,
pardon, pour
qu'on comprenne bien,
ça veut dire
un
seul candidat.
Bien sûr, mais ce que je considère, c'est que ça n'est pas suffisant. Ce n'est pas juste être contre les extrêmes. qui nous permettra de battre les extrêmes. Les Français, ils en ont marre de voter pour faire barrage, déjà au deuxième tour. Mais alors si vous leur expliquez que le sens de votre candidature au premier tour, c'est juste de faire barrage aux extrêmes. Donc aujourd'hui, on est dans un temps où chacun doit présenter sa vision, son projet pour le pays. La mienne, elle est connue, ça fait trois mois que je suis en campagne. Je veux que les Français se disent avec certitude que leurs enfants et leurs petits-enfants auront une meilleure vie que la leur. Pour ça, il faut qu'on redevienne la première puissance d'Europe en dix ans. Et je termine par là, Benjamin Duhamel. Pour ça, il faut qu'on réussisse sur quatre chantiers capitaux. école, salaire, frontière, IA, et qu'on résorbe deux dettes, la dette publique et la dette climatique. Voilà mon projet. Que chacun présente son projet. Vous expliquez précisément que
ce qu'on est arrivé au temps des confrontations idéologiques, y compris donc avec vos concurrents du dit bloc central. Vous êtes de plus en plus désinhibé, si j'ose dire, quant aux critiques que vous adressez à votre principal concurrent, Edouard Philippe, qui est en l'état encore devant vous dans les sondages. Vous l'avez encore accusé il y a quelques jours de porter, je cite, des idées d'il y a 20 ans. Est-ce que s'en prendre à lui de cette manière, ça ne dénote pas d'une forme de fébrilité, Gabriel Attal ?
J'avais le même projet qu'Edouard Philippe. Je serais au premier rang de son meeting en train de le soutenir. Mais ça veut dire quoi, un projet politique qui date d'il y a 20 ans ? On n'a pas le même projet. Je vais vous dire, j'ai beaucoup de respect, d'amitié pour Edouard Philippe. On a gouverné ensemble, il a beaucoup de talent, beaucoup de sérieux. Mais on n'a pas le même projet. n'a pas le même projet sur le fond. On parlait tout à l'heure de la question des retraites. Moi, je considère que si le débat sur les retraites dans l'élection présidentielle de 2027 se résume au fait de savoir s'il faut passer l'âge de départ à 64, 65, 66 ou 67 ans, on aura tout perdu parce que ça, c'est le débat d'il y a 20 ans. Et aujourd'hui, le sujet, c'est plus seulement l'âge du départ, c'est notre système. Encore une fois, je vous parle de fond, là. Moi, je ne parle que de fond. Je ne suis pas d'accord non plus. On n'a pas le même projet d'un point de vue politique. Moi, je considère que l'enjeu de cette élection, ce n'est pas de recréer l'UMP d'il y a 20 ans avec ceux d'il y a 20 ans, mais c'est au contraire de rassembler très largement des Français qui font le même constat, c'est que notre pays est attaqué. Il est attaqué indirectement par la Russie aujourd'hui, attaqué industriellement par la Chine, attaqué moralement par les États-Unis et par le dérèglement climatique. C'est beaucoup plus large que recréer l'UMP d'il y a 20 ans. On doit associer bien plus largement des Français à ce projet.
Précision pour les téléspectateurs, vous dites ça parce qu'il a proposé de créer une grande confédération, un nouveau parti éventuellement, ce qui vous a fait penser à l'UMP qui existait au début des années 2000. Simplement, vous nous dites, Edouard Philippe et moi n'avons pas... totalement les mêmes idées. Vous partagez des choses en commun, mais pas totalement les mêmes idées. Comment expliquez-vous que des membres de votre parti de Renaissance, on ne va pas tous les citer, mais ils étaient quelques-uns ce week-end aux côtés de l'ancien Premier ministre Edouard Philippe, comment vous expliquez que, n'ayant pas les mêmes idées, ils préfèrent choisir ce candidat et pas le candidat de leur propre parti ? Il
a la trousse. Je ne peux pas être devant vous et vous dire qu'il faut un changement profond pour le pays, et en même temps vous dire que je vais faire, on prend les mêmes et on recommence. Moi, je ne vais pas dépenser de l'énergie, du temps. à chercher à collectionner des ralliements de personnes qui ont été au gouvernement ces 10 ou ces 20 dernières années. Ce n'est pas ça mon sujet. Est-ce que c'est déloyal d
'être dans votre parti et de soutenir le candidat d'un autre parti
? Je vais vous dire, le sujet aujourd'hui, ce n'est pas de collectionner des ralliements pour faire joli et pour dire j'ai tant de ministres avec moi, etc. Non, le vrai sujet aujourd'hui, c'est qu'est-ce que vous proposez aux Français. Et moi, je préfère consacrer mon temps. Plutôt qu'aller chercher des gens qui ont été ministres ces dernières années ou ces 20 dernières années, je préfère, vous savez quoi, parler sur le fond et travailler sur le fond avec des personnes. qui n'ont même pas été dans la Macronie, qui n'ont pas été au gouvernement, qui pour certains n'ont même pas été en politique. Vous aviez, Jean-Baptiste Marteau, hier, Michel-Edouard Leclerc, sur votre plateau. Il l'a dit, il ne fait pas de politique, il ne soutient pas de candidats à la présidentielle, mais vous avez noté que j'avais été avec lui à Landerneau cet été, parce que précisément, c'est intéressant de travailler, d'échanger avec lui sur la question des salaires, pour que le pouvoir d'achat des Français s'améliore. Et vous n'avez pas soutenu pour autant hier soir. Bien sûr, mais de la même manière, Jean-Louis Borloo qui fait le constat. d'un système qui est à bout de souffle, qu'il faut changer du sol au plafond. Évidemment que j'échange avec lui, ça ne veut pas dire que je suis là dans une quête de ralliement. Thierry Breton qui a mis sur la table l'enjeu de la règle d'or pour le budget et pour les déficits. Ils sont très nombreux à s'engager. Juste un mot pour finir,
Gabriel Attal. Vous vous fixez quelle échéance pour rattraper Edouard Philippe, pour vous imposer comme le candidat naturel ? Ce serait quoi ? Ce serait fin novembre, Noël, janvier ? C'est quoi l'échéance que vous vous
fixez ? Est-ce que vous vous souvenez ? y a dix ans tout pile, à ce moment-là, qui était en tête dans les sondages. Qui devait gagner l'élection présidentielle il y a 10 ans, jour pour jour ? Alain
Juppé.
Alain Juppé. Il n'a même pas été candidat à la fin. Il y a, en 2002, qui devait gagner l'élection présidentielle ? À ce moment-là, on était sur ce plateau. C'est Lionel Jospin qui n'a pas été au deuxième tour. Et je pourrais multiplier les exemples. Et en
1995, vous pourriez parler de Jacques Chirac, Édouard Valadieu. Je
pourrais citer toutes les élections présidentielles. Mais je vais vous dire, c'est tant mieux. Donc on verra. C'est tant mieux parce que ça montre qu'une campagne, ça sert à quelque chose. Et surtout, ça montre... qu'à la fin, c'est les Français qui décident.
Gabriel Attal, merci d'avoir inauguré ce nouveau rendez-vous face au 20h, France 2027, l'invité du 20h. Merci Nella et Benjamin, on vous retrouvera très régulièrement.