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Edouard Balladur connaissait, avant de s'éteindre à 97 ans, l'ironie de la postérité. Le plus souvent, les Français ne retiennent que deux petites phrases de son parcours complexe et remarquable. Et ni l'une ni l'autre ne sont à son avantage. « Edouard et moi, nous sommes des amis de 30 ans », dit de lui Jacques Chirac en 1993, juste avant qu'Edouard Balladur ne le trahisse et se présente contre lui à la présidentielle. Je vous demande de vous arrêter, lâche deux ans plus tard, Edouard Balladur, le jour de sa défaite, en s'adressant à ses partisans. Son ton est alors si sec et pincé qu'il sera longtemps moqué et sa sortie jamais oubliée. La carrière d'Edouard Balladur est pourtant loin de se réduire à ces deux petites phrases. Il a vu le jour en 1929 à Izmir, dans la Turquie d'Atatürk, dans une famille arménienne, moins de 15 ans après le génocide. Ses parents et leurs six enfants s'installent à Marseille quand il a à peine six ans. Ses études sont exemplaires. Il finit l'ENA dans la botte, entre au Conseil d'État et devient le conseiller du président Pompidou. Édouard Balladur a alors 34 ans et sa carrière politique commence. Jacques Chirac fait du libéral Édouard Balladur son ministre de l'économie en 1986, puis son binôme dans la course vers la présidentielle. Edouard Balladur devient le premier ministre de François Mitterrand et Jacques Chirac, maire de Paris, prépare sa candidature. La défaite d'Edouard Balladur au premier tour du scrutin présidentiel en 1995 marque la fin de son parcours politique, même si la droite a toujours continué de le consulter. La classe politique française lui rend hommage et parle aujourd'hui de la perte d'un serviteur exigeant pour la France, d'un grand homme d'État et d'une référence.
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