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Ce qui est présenté comme le premier grand débat de la campagne présidentielle a donc été organisé par le MEDEF à Roland-Garros. C'est plus qu'un simple symbole, c'est l'aveu que le prochain président de la République sera à son service. Ça a été, ce débat, une avalanche de pensifs patronaux. Bien sûr, les patrons se sont présentés comme les forces vives de la nation, ceux qui avaient le courage d'investir, de créer des emplois, et comme si c'étaient eux qui créaient toutes les richesses avec leurs petites mains, comme si le monde du travail ne faisait pas en réalité tout le boulot. Et puis, sans complexe, ils nous ont joué le refrain qu'ils connaissent par cœur, celui d'être étranglé, étouffé par les impôts et les chars. alors même qu'ils devraient être couronnés comme les premiers assistés de la nation, puisqu'ils encaissent chaque année quelques 200 milliards d'euros. Mais tout au long de ces trois heures de débat, il n'y a pas eu un seul candidat pour... renvoyer le MEDEF dans ses cordes. A aucun moment il n'a été question des profits accumulés par le CAC 40 en augmentation de 40% sur les six derniers mois, malgré la crise, malgré la fermeture des détroits d'Hormuz, malgré la guerre. A aucun moment il n'a été dit que les fortunes du pays, les plus grandes fortunes, ont été multipliées par deux sur les dix dernières années et qui, pour dénoncer la responsabilité écrasante de ce grand patronat dans le chômage de masse, dans la précarité. Qui pour dire que non, non, ces grands patrons ne donnent pas de l'emploi, ils exploitent les travailleurs et que c'est en réalité au travers de cette exploitation que leur prospérité est faite et que leurs milliards et leurs fortunes se font sur la misère, sur les bas salaires, sur les conditions de travail qui reculent. Et puis qui aussi pour dénoncer la responsabilité de ce grand patronat, de cette course au profit, dans le réchauffement climatique, dans la concurrence effrénée à l'échelle. international qui débouche sur toutes les guerres que l'on voit aujourd'hui, eh bien il n'y a eu personne en fait. Aucun des sept candidats ne voulait se fâcher avec le MEDEF, en tout cas s'opposer. frontalement au MEDEF. Alors c'est évident du côté des candidats de droite et de Le Pen qui ont passé les trois heures à lui cirer les pompes, mais c'est vrai aussi du côté des candidats de la gauche qui se sont mis en quatre pour expliquer que leur politique allait être positive pour tout le monde, pour le patronat, qu'ils avaient des solutions à leur apporter. Et même Mélenchon, qui se donne une allure plus radicale, que finalement il fallait un pacte, un pacte qui permette de concilier les intérêts du patronat et les intérêts des travailleurs. Mais quand il a insisté pour dire qu'il fallait augmenter les salaires sans quoi le pays risquait la récession, eh bien l'assemblée patronale lui a ri au nez. Oui, ça a été une vague de ricanement, mais qui prouve justement l'arrogance et le mépris du patronat pour le monde du travail, pour le monde ouvrier. Cela montre justement qu'il n'y a pas de terrain d'entente possible entre les exploiteurs et entre les exploités. En fait, ces ricanements, c'était l'expression de la lutte de classe. Lutte de classe, il y a, et bien lutte de classe, il faut mener. Et c'est ce programme-là que je veux défendre à l'élection. présidentielle, c'est-à-dire représenter les intérêts du monde du travail contre ceux du grand patronat. Dire qu'il faut se défendre pied à pied contre toutes les attaques sur les salaires, les conditions de travail, sur nos droits au chômage, à la retraite, à la santé aussi. C'est défendre cette idée que oui, les travailleurs, ils font fonctionner la société. Ils peuvent la changer, ils peuvent l'organiser et ils devraient en fait postuler pour la diriger, cette société. Alors ce programme-là... Le MEDEF l'a bien compris, c'est la raison pour laquelle il ne m'a pas invité, mais ces idées-là, il faut les inviter dans toutes les discussions qu'on a entre travailleuses et travailleurs.
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