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Dites-vous aujourd'hui que geler la dette est une opération sans aucun risque, aucune inconnue.
C'est plus qu'une opération sans aucun risque, c'est une opération... qui porte des opportunités dans une situation particulièrement claire, c'est qu'on est face aujourd'hui à un certain nombre de grands défis qui sont devant nous. Je pense en particulier, on l'a vu cet été, au défi de la transition écologique. Et donc on va avoir besoin d'investissements qui sont des investissements massifs si on veut être en capacité de faire face à ces défis. Et pour avoir ces investissements massifs, je pense qu'une mesure qui consiste à dire que la part de la dette qui est détenue aujourd'hui par la Banque Centrale Européenne, travailler sur une congélation, une annulation, ça nous permet justement de nous libérer des marges de manoeuvre pour
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pouvoir affronter ces défis. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que ça pourrait affoler les marchés ? Parce qu'il y a des gens qui nous prêtent de l'argent, il y a une part de la dette qui est privée, avec des taux d'intérêt qui sont déjà très élevés. Aujourd'hui on emprunte à 4%. Si ça s'affole tout ça... –
Précisément, c'est l'inverse. Ce que je trouve assez extraordinaire, c'est que depuis que le débat s'est ouvert sur ce sujet, j'entends y compris des gens comme M. Lecornu, qui est Premier ministre, pardonnez-moi, mais raconter absolument n'importe quoi. Quand M. Lecornu dit « si on prend la proposition de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise, il y a des prêteurs qui vont être floués », c'est ce que disait aussi M. Attal, soit il n'a pas compris de quoi on est en train de parler, soit il ment volontairement pour apeurer… Mais reconnaissez que
pour les gens qui nous prêtent de l'argent,
l'idée
qu'on puisse en annuler une partie, même si c'est celle détenue par la BCE, ça peut affoler quand même. Vous
reconnaissez donc qu'on parle bien de la part de la dette qui est détenue par la Banque Centrale Européenne. Voilà, donc des potentiels investisseurs dans les marchés financiers qui détenaient de la dette. Eux, ils ont déjà été remboursés au moment du rachat de la dette par la Banque Centrale Européenne. On ne parle pas de quelques milliards, on parle de 600 milliards d'euros. Bien sûr, c'est conséquent, évidemment. Mais donc c'est une dette qu'on se doit à nous-mêmes en quelque sorte. Et comme on se la doit à nous-mêmes, c'est absolument mensonger de dire que ça pourrait conduire à ce que les investisseurs ne soient pas remboursés.
On se la doit à nous-mêmes dans un système européen basé sur l'euro, basé sur une certaine confiance dans cette monnaie. Donc c'est pas nous, on n'est pas isolés.
Personne ne dit qu'on est isolés. Et ce que nous avons dit depuis... le premier jour. Alors là aussi, c'est la deuxième objection absolument mensongère qui nous a été réfutée. C'est oui, mais vous voulez faire ça tout seul. Mais nous, on n'a jamais dit qu'on voulait faire ça tout seul. Pas une décision purement française, uniquement française. Comment vous allez convaincre les autres pays européens ? Mais précisément parce que je vous le disais à l'instant, on est tous confrontés en Europe aux mêmes difficultés. C'est qu'on a en face de nous un mur d'investissement qui est indispensable si on veut nous adapter aux changements climatiques pour prendre cet exemple.