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Radio J. Le forum Radio J. Frédéric Aziza. Radio J. Radio J.
Bonjour et bienvenue au forum Radio J dont vous êtes l'invité, François Bayrou, et dont vous ouvrez la 39e saison. Ça ne me rajeunit pas. Alors, avec au centre de cette rentrée 2026, les interrogations et les spéculations autour de la présidentielle. À huit mois du scrutin, François Bayrou, l'élection est-elle jouée ? La victoire de Marine Le Pen est-elle inéluctable ? Jean-Luc Mélenchon est-il un atout ou un handicap pour la gauche ? Écoutez, du bloc central auquel vous appartenez, un candidat issu du macronisme peut-il s'imposer ? Faut-il envisager une primaire pour éviter un second tour ? Mélenchon, Le Pen. Mais pour commencer, François Bayrou, un mot sur l'état du pays. La France va-t-elle mieux ? Ou moins bien qu'il y a un an, à peu près, quand vous avez quitté Matignon
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France est dans une situation plus difficile qu'il y a un an. Pourquoi ? Parce que simplement, le problème immense qu'elle a devant elle, c'est-à-dire le déséquilibre de ses finances publiques, ce problème immense s'est accru considérablement. fait qu'on ait reporté la réforme des retraites. a d'une certaine manière affaibli le pays parce qu'elle affaibli la conscience. C'est ce que vous expliquez d'ailleurs dans votre livre. Les consciences des Français. Et la situation internationale a continué à se dégrader considérablement, de sorte que nous sommes... devant, à la veille, à quelques longueurs, d'une crise comme on n'en a pas connue depuis très longtemps, peut-être qu'on n'en a jamais connue. Depuis la guerre ? guerre est en soi une crise. Du point de vue des finances publiques, on est sortis de la guerre avec des dettes, mais on avait des armes considérables pour supprimer ces dettes, les effacer ou les amoindrir. On avait deux armes. D'une part, le pays était dans une croissance jamais connue, puisque au moment où le général de Gaulle revient au pouvoir en 1958, la croissance est de 7% par an.
Et la démographie n'est pas au même niveau qu'aujourd'hui.
Et d'autre part, on a la dévaluation, quand de Gaulle arrive au pouvoir, c'est une dévaluation de 35%. 20% en juin, le gouvernement qui lui a passé le pouvoir, et lui a ajouté 17,5%. Et donc on est devant... avec des armes qu'on n'a pas, et une démographie qui faisait, Alfred Sauville a dit 100 fois, qui faisait la vitalité du pays. Et qui permettait de payer les retraites. Et qui garantissait qu'on pourrait payer les retraites pendant très longtemps, parce que le nombre de personnes qui cotisent par rapport au nombre de personnes pensionnées est sans commune mesure avec aujourd'hui. 4 hier,
1,3, 1,4 aujourd'hui.
C'est exactement ça.
Alors, dette, déficit, finance publique, emploi, pouvoir d'achat régalien, la France va-t-être de plus en plus mal dans tous ces domaines
la France est dans une situation. La France est une grande partie de l'Occident. Alors, pourquoi la France se singularise ? Elle s'est singularisée pendant longtemps en bien. Parce qu'elle avait une démographie qui faisait que nous avions une vitalité que les autres n'avaient pas et on nous regardait avec envie. Cet atout s'efface puisque la démographie baisse. Et puis notre principal handicap par rapport à tous les autres pays européens, c'est que nous n'arrivons pas à rétablir ou à établir l'équilibre. de nos finances publiques. Depuis 1981, la situation du pays s'est totalement dégradée et on se trouve avec des déficits croissants et des périodes pendant lesquelles ce déficit se creuse considérablement. On va
vous dire que c'est pendant la période de Macron.
Non, si on veut faire l'histoire de ces déficits... La croissance de la dette la plus importante, c'est Mitterrand. Il n'y avait rien
à voir avec celle d'aujourd'hui.
Nicolas Sarkozy. Et puis, le président de la République actuelle. Les trois. Hollande n'est resté que cinq ans, mais il a continué à creuser la dette. Et alors, chaque fois, il y a des explications. Oui, des crises. Parce que, par exemple... Mitterrand, il voulait réaliser les promesses électorales de l'alternance de 1981. Et puis Nicolas Sarkozy, il y a eu la crise des subprimes. Et puis cette fois-ci, on a eu la crise du Covid et toutes les crises qui ont suivi. Mais vous voyez bien, la question est, est-ce que la situation de la France est maîtrisée aujourd'hui ? Elle ne l'est pas. Est-ce qu'elle est maîtrisable ? Je ne suis pas sûr. tant que la conscience ne sera pas prise. On entend dans cette entrée dans la campagne présidentielle, on entend promesses dont
aucune d'entre elles... Justement, justement, justement. Je sais de quoi vous parlez. On va parler d'abord de la dette. Elle est chez vous une préoccupation depuis au moins 20 ans, peut-être même plus, 20, 30 ans. J
'ai vu venir l'iceberg. sur le Titanic, sur le pont du Titanic, il n'y a personne qui voit, qui voyait, et très peu de gens parmi les responsables aujourd'hui qui voient les conséquences directes de ce qui va se produire. Alors justement,
quand Jean-Luc Mélenchon affirme qu'il faut brûler la dette, avec d'ailleurs le soutien de Mathieu Picasse, que seraient selon vous les conséquences d'une annulation de la dette ? D'abord, annulation de la dette. Est-ce que c'est comme Édouard Philippe le dit, admettra la France, on interdit bancaire
? Annulation de la dette, ce n'est même pas imaginable. Ce que propose Mélenchon, ce qui n'a aucun sens à mes yeux, c'est annuler la part de la dette qui est portée par la Banque centrale européenne. Donc ça
représente 360 milliards de dettes, le tiers.
Oui, et donc ça représente... 20% peut-être de la dette, resterait 80%. Mais si nous faisons ça, il faut comprendre, à la minute où la France donne le signal qu'elle ne respectera pas ses engagements, à ce moment-là, tous les prêteurs du monde cochent en face de la France en rouge, disant... mauvais emprunteur, ne respecte pas ses engagements. Et donc il y a deux conséquences. La première, c'est l'explosion des taux d'intérêt. On va y venir parce qu'il y a une chose à dire en ce moment sur les taux d'intérêt.
L'explosion
des taux d'intérêt. Et étape supplémentaire, plus personne ne nous prête. Or ! Or ! C'est la faillite ? C'est la faillite directe parce sommes un pays qui, hélas, a besoin d'emprunter pour payer les retraites et pour payer les salaires des fonctionnaires. Nous sommes le seul pays en Europe qui est en situation, comme on dit, de déficit primaire, c'est-à-dire qui, même si on lui a enlevé la charge de la dette, ne peut pas faire face à ses engagements, ne peut pas faire face au paiement de ses salariés. Et donc, c'est une situation... Vous dites interdit bancaire. C'est un peu plus que cela. C'est une situation chaos immédiat dans lequel les Français n'auront plus la garantie que l'État apporte pour les fonctionnaires ou pour les retraités. Cette
proposition de Jean-Luc Mélenchon, on parlera d'autres propositions de lui et d'autres. Ça dit quoi de ce début de campagne
ce qui... Vous avez, je suppose, vu le
débat au MEDEF, avec un certain nombre de candidats à la présidentielle, ça vous inscrit à quoi ?
Ce que ça dit, c'est quelque chose de très simple, que tout le monde prononce avec sa bouche, mais donc personne ne voit la portée. C'est que nous sommes, la France est prise dans l'étau d'une double menace. La menace de l'extrême gauche avec Alephi, avec Mélenchon, et la menace de l'extrême droite avec Marine Le Pen. Ces deux menaces sont, je pèse mes mots, sont mortelles pour notre pays. C'est-à-dire ? C'est-à-dire mortelles parce qu'à l'instant même, elles créent un chaos dont la France ne se relèvera pas. Qui va entraîner... Si l'un ou
l'autre arrive au pouvoir. Oui. Et
si les
deux sont
face à l'un, l'un arrive face à l'autre. Avec une gravité identique, la situation qui serait créée instantanément serait une situation où la France serait la cible immédiate de tous ceux qui, dans le monde... travail sur les questions de monnaie, sur les questions de finance, sur les questions de stabilité. Vous vous souviendrez peut-être des débuts de la crise grecque.
Oui. La Grèce qui s'est redressée depuis. Il
n'y a pas que la Grèce. L'Italie. La Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Suède. Donc depuis ils ont fait des réformes parce qu'on n'a pas fait la France. Mais ils ont fait le travail. très difficile de remettre l'équilibre dans leurs finances publiques. Pardonnez-moi de dire ça, je l'ai souvent dit, comme vous savez, je suis allé jusqu'à mettre en jeu la vie du gouvernement pour qu'on se rende compte de ce qui se passait. Mais trancher
votre avenir au gouvernement, votre présence au gouvernement. Oui, bien sûr.
La vie du gouvernement que je conduisais. On prononce des mots. Et personne ne se représente ce que ces mots veulent dire. Quels mots ? Eh bien, le fait que, par exemple, les taux d'intérêt explosent aujourd'hui. Alors justement, ça c'est la différence France-Allemagne. Voilà, j'adore parce que vous faites les réponses au même temps que les questions. Non, je vous pose des questions. Parce que je vous suis. Aujourd la France, rapport à l'Allemagne. la France rembourse des intérêts qui sont 30% supérieurs aux intérêts de l'Allemagne.
30%. Et donc, qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça implique ?
Eh bien, ça veut dire que lorsque vous avez à équiper le pays, lorsque des entreprises doivent équiper le... Le différentiel, ce qu'elles doivent payer à la fin du mois ou à la fin de l'année pour les entreprises françaises est beaucoup plus fort, beaucoup plus important que pour les entreprises allemandes. Et la même chose quand vous achetez une voiture, la même chose quand vous achetez un appartement ou construisez une maison. Autrement dit, ça n'est pas des chiffres abstraits, c'est les Français qui le paient. Alors, j'ai souvent donné cet exemple que je donne dans mon livre, « Alertes sur la France qui vient ». Cet exemple, il est très simple. L'année prochaine, la totalité de l'impôt sur le revenu que vous payez, vous, moi, tous ceux qui nous écoutent, tous leurs voisins, tous leurs concitoyens. Tous les foyers fiscaux français. Vous additionnez la totalité des chèques ou des virements ou des retenues qu'ils ont à la fin de l'année. Pour tous les foyers français, ça ne suffira pas à payer les intérêts de la dette.
pourtant, donc Mélenchon dit qu'il faut annuler la dette, d'autres considèrent que ce n'est pas un problème, qu'il faut peut-être augmenter les impôts, faire d'autres dépenses. Qu'est-ce que vous en pensez
? Tout ça est un immense mensonge. Les engagements qui sont pris aujourd'hui... Tout le monde propose avec une immense générosité de faire des dépenses nouvelles, des augmentations de crédit, des augmentations de salaire de l'État. Alors on va préciser les choses.
Édor Philippe, il entend augmenter de 20% le salaire des enseignants. Est-ce que c'est une bonne idée ? Est-ce que c'est faisable ? Ça coûterait 9 milliards par an à peu près ? Il propose aussi d'abaisser à 12 mois la durée de l'indemnisation chômage. Ce n'est pas du tout dans le même sens des moins de 50 ans. Est-ce que vous approuvez ces deux propositions ? Déjà les enseignants.
Augmenter le salaire des enseignants de 20%. rappelle, la masse salariale de l'éducation nationale, c'est 80 milliards. Donc, si l'on faisait le rapport qu
'il
donne, c'est 18 milliards. Bon, mais 18 milliards, on ne peut pas augmenter le salaire des enseignants seuls. que dès l'instant que vous augmentez le salaire des enseignants, seul le salaire des enseignants retraités est directement relié. Et les autres catégories qui appartiennent à
la
même gamme de la fonction publique, et tout ça est relié entre soi, les catégories médicales par exemple, ils vont dire pourquoi eux et pas nous
ça veut dire qu'il dit n'importe quoi,
Edor Philippe ? J'essaie de ne pas être insultant dans mes propos, même si quelquefois je suis un peu étonné. Vous avez l'air lucide. Voilà. Étonné, comme vous dites. Je ne veux pas utiliser des mots qui soient des mots choquants. Mais je vois très bien... Écoutez, Marine Le Pen, hier, a dit... Jeudi, jeudi. Je vais proposer, Marine Le Pen... Bon, l'émission est enregistrée vendredi, on ne va pas se cacher. Marine Le Pen, jeudi, a dit je vais proposer un projet de budget avec 125 milliards d'économies.
n'a pas compris tout à fait ce qu'elle voulait économiser. Vous êtes sur
votre chaise et vous vous dites, attends, elle doit savoir ce qu'elle dit, 125 milliards d'économies, qu'est-ce que ça représente ? Est-ce que c'est 125 milliards d'économies sur 5 ans ? Auquel cas, c'est évidemment 25 milliards par an. Vous
avez été à Matignon, vous avez demandé des économies, vous savez ce que c'est. J
'ai demandé 40 milliards et Marine Le Pen a censuré, enfin, a voté contre la confiance au gouvernement. Et donc,
vous lui dites quoi aujourd'hui ?
Bon, donc tout ça n'est pas possible. Mais si c'est 125 milliards, le budget de l'État, c'est à peu près 450 milliards. Vous voyez quelqu'un couper un tiers. Presque un tiers, en tout cas plus du quart du budget de l'État. Mais est-ce que 125 milliards d
'économies, ça serait la solution ? Mais on ne peut pas
faire 125 milliards d'économies comme ça. Ni
en un an, ni en cinq ans ?
Par exemple, je vois des débats, et vous aussi on les entend, dans lesquels on dit on va faire payer les retraités.
Alors ça c'est le socle commun qui dit ça. Tout
ceci n'a pas de sens si on ne présente pas un projet global pour le pays. Ce que j'avais fait. Je vous rappelle, j'avais proposé qu'on travaille un peu plus. Et ça n'était que le début
des efforts. Et le début des critiques contre vous, ce qui a conduit à votre départ de Matignon. Sur le fait de faire payer plus les retraités, a priori c'est acté par... par votre famille politique, enfin en tout cas par la Macronie, vous dites qu'il ne faut pas faire ça ?
Je ne dis pas ça. Je dis qu'on a là la conséquence directe du renoncement à la réforme des retraites. D'ailleurs poussé par le MEDEF. J'ai raconté cet épisode. En effet, le MEDEF a décidé de refuser L'évolution, ou en tout cas l'accord général qu'on avait trouvé avec des organisations syndicales réformistes accepter les 64 ans et parallèlement avoir une définition de la pénibilité qui permettait de prendre en compte ces travaux-là. C'est une faute
lourde du MEDEF et de Martin à l'époque
Je ne personnalise pas. Je pense que c'est toute l'organisation et des parties de l'organisation qui ont décidé qu'il ne fallait pas que cet accord ait lieu. Nous allons le payer pendant très longtemps. La responsabilité de ceux qui, à la fin de ce que nous avions appelé le conclave, ont abattu. L'accord qui était en train de se dessiner entre les syndicats réformistes et les pouvoirs publics et le patronat sur le fait que nous aurions désormais ce double mouvement. Oui à l'augmentation du temps de travail des actifs et parallèlement prise en compte de la pénibilité. Et dans le même temps, le fait qu'on retrouvait un équilibre qui allait conduire à quelque chose de très important l'esprit qui était le mien et celui du gouvernement, que je conduisais, quelque chose de très important qui était qu'on allait pouvoir confier aux organismes paritaires, aux syndicats et aux patronats, aux entreprises et aux syndicats, donc aux partenaires sociaux, allait leur confier la gestion du régime de retraite. Et ça
s'est pas fait.
occasion perdue. On était, je vous assure, à quelques millimètres de l'accord.
Alors il n'a pas lu eu ces accords. Les retraites, elles reviennent dans cette campagne. Ce débat, il revient dans la campagne. François Hollande. que vous connaissez bien. aidé à être élu en 2012, quelque part. Il publie un livre en avançant des propositions pas vraiment défendues jusqu'à présent par la gauche. Il parle de TVA social, mais surtout, sur les retraites, il avance l'idée d'une indexation de l'âge du départ à la retraite sur l'espérance de vie. D'ailleurs, comme Bruno Rotaillot. Qu'est-ce que vous en pensez ?
je pense que c'est une possibilité.
Mais comment vous le dites ? C'est une possibilité ? C'est-à-dire, il faut aller vers là, vers ça ?
Essayons de garder l'équilibre dans ce que nous disons. Donc, nous avons besoin. Mais ça ne peut se faire que dans le cadre d'une prise de conscience générale du pays. Un consensus ? Avec ce que nous appelons une union sacrée. Le fait que les grandes forces démocratiques disent que la situation est tellement grave qu'il faut qu'on s'y mette tous ensemble et qu'on accepte un certain nombre de principes. Dès l'instant qu'on fait ça. Alors, on peut bâtir, on peut écrire un plan global pour le pays. Et ce plan global, il doit comporter un chapitre d'économie très important. Il doit comporter un chapitre de rééquilibrage de la contribution des Français. De quelle manière ? Parce que ça, c'est important. Je vois qu'ici ou là, la TVA est mise en avant. La TVA sociale,
ça peut être une solution ou pas ? Ça peut être une partie du plan d'ensemble.
Mais il ne faut jamais oublier une chose avec la TVA. C'est que c'est les consommateurs qui la paient. C'est-à-dire... Ceux parmi les Français qui consacrent le plus de leurs revenus à la consommation de tous les jours... – Hollande dit TVA social,
mais on baisse la TVA sur les produits de première nécessité. – Oui,
oui. J'adore parce que tout le monde s'ingénie à trouver des formules qui permettront de dire on va faire un sacrifice, mais vous allez voir ce sacrifice, on va l'effacer de notre côté. Moi je crois la situation du pays est telle, et on le verra, ce que je dis. n'est pas une imagination, une spéculation, ce n'est même pas une hypothèse. Avec certitude, et ceux qui vous écoutent s'en souviendront, avec certitude, nous allons rencontrer ce tsunami-là.
Le tsunami au niveau politique, au niveau économique, au niveau financier ? D'abord
au niveau financier. Et forcément au niveau politique. Mais si on ne fait pas quoi ? Et on ne peut pas en sortir si les forces responsables du pays, celles qui savent qu'on ne peut pas promettre n'importe quoi, et quand on promet n'importe quoi, on va à la catastrophe générale. C'est
souvent le cas dans une campagne présidentielle.
Oui, Churchill disait, on ne ment jamais autant qu'après la chasse et avant une élection.
Mitterrand disait, il faut laisser du temps au temps.
laisser du temps en temps, c'est vrai, mais la situation dans laquelle nous sommes, peut-être en partie à cause de lui aussi, cette situation fait que nous n'avons plus le
temps. Les 39 heures, les 5 semaines...
Je vais essayer de vous dire comme je sens. Je ne sais pas si la crise maximale viendra avant les élections
ou
après les élections. Ces temps-ci, si je scrute bien les choses, le risque de voir la crise avant les élections, c'est accru. Accru parce que, par exemple, avant les
élections, il y a le budget. Vous dites qu'il faut agir vite. Qu'est-ce que vous attendez du budget ? Est-ce que le modem pourrait ne pas voter le budget ?
Non, on n'est pas des irresponsables.
Et
puis le budget doit être discuté. lorsque j'ai pris la responsabilité du gouvernement et fait adopter un budget, car nous avons fait adopter les deux budgets, de l'État et de la Sécurité sociale, le déficit était à près de 6% du PIB. 6% du PIB, ça veut dire des sommes considérables. qu'on compare toujours aux produits intérieurs bruts, c'est pour ça que ça fait des pourcentages assez bas. Mais si on le comparait réellement au budget de l'État, alors on serait à 12% de déficit. Et donc budget 2027 Donc, lorsque je l'ai pris, c'était à près de 6, 5,8. Nous l'avons ramené. Ce n'est pas facile de trouver d'autres exemples de gouvernements qui ont fait ça. Nous avons pris à 5,8 et ramené à 5,20. Et aujourd'hui,
c'est au-delà de 5.
Et l'engagement qui était le nôtre était de respecter la trajectoire à laquelle nous nous étions engagés auprès de nos alliés européens. Avec des mesures que vous avez reconnu qui ont été
rejetées.
Auprès de nos alliés européens pour trouver pour cette année 4,6. En réalité, on va être à 5. 5,2, 5,3, 5,4. Oui. Et donc tout ceci... Et nous l'avons fait. Nous avons baissé le déficit de presque... 1% du produit intérieur but, c'est-à-dire de sommes considérables. si on renonce, alors le signal serait très mauvais pour le pays. J'espère que le gouvernement ne renoncera pas.
Alors, la présidentielle. Vous avez parlé d'une consultation en delà de la droite, de Retailleau... Vous me
permettez de vous expliquer cette idée, parce qu'elle n'est pas souvent bien comprise.
Ce que je voulais vous dire, c'est que votre ami, en tout cas vous l'avez lancé en politique, Hervé Morin propose une primaire, de la droite et du centre.
Quand on dit de la droite et du centre, c'est de la droite. Et dans l'idée de Morin, c'est ça. Voilà. Et moi, l'idée que j'ai, que je vais développer devant vous, est différente. Il faut comprendre une chose. L'élection présidentielle a changé de nature. 'élection présidentielle, c'était formidable parce que ça permettait à tout le monde de défendre ses idées au premier tour. Et au deuxième tour, on se retrouvait devant le choix décisif. Or, cette perspective est finie. Parce que, dans la situation où nous sommes, avec la progression de Mélenchon, qui est très profonde et réelle, très dangereuse...
Au passage, il fait une bonne campagne, Mélenchon, ou pas ?
Très bonne campagne, oui. Il a une bonne campagne, il a une stratégie qui est une stratégie dangereuse à mes yeux pour le pays.
Mais il impose ses termes.
Parce que les deux extrêmes ont une stratégie semblable. Ils cherchent à diviser le pays et ils cherchent des boucs émissaires. Permettez qu'on s'arrête une seconde à cette idée, précisément chez vous, sur cette radio. Jamais je n'ai vu ça de ma vie politique qui est déjà conséquente. Aujourd'hui, il y a des catégories entières de Français qui ont peur. Il y a des Juifs qui ont peur.
qui envisagent de quitter la France.
Et qui envisagent même de quitter la France. Qui considèrent que leur avenir n'est plus en France. donc, aujourd'hui, des catégories entières ont peur. Des juifs ont peur de ce qui pourrait se produire avec l'élection de Mélenchon. Ils voient se multiplier les propos. à peine déguisés d'antisémitisme. – De la part de Mélenchon et de LFI. – De la part de Mélenchon et de LFI. Et symétriquement, y a des Français parfaitement intégrés
qui ont des
origines qui viennent de l'autre côté de la Méditerranée ou qui sont de religions musulmanes, qui ont peur. de ce qui pourrait se passer avec l'élection du Rassemblement National. Et ça vous fait dire quoi, ça ? ce sentiment de peur de Français qui sont nos concitoyens et nos compatriotes, et qui disent, mais, de gens intégrés et absolument participants à la communauté nationale, qui ont peur pour eux, pour leurs parents, pour leurs enfants, et qui disent « mais on pourrait même s'en aller ». Ceci est un désastre complet et symétrique. Je dis des personnes d'origine juive d'un côté, des personnes d'origine... De l'autre côté de la Méditerranée ou de la religion musulmane. Ce sont des gens qui sont non seulement estimables, mais indispensables au pays, les deux sensibilités. Et ils ont peur au point d'envisager de quitter le pays et de voter pour l'autre extrême pour éviter le premier extrême. Parce que
vous dites, je le dis parce que je suis sur Radio-G, ce que je dois vous dire ici, parce qu'on entend des critiques, ainsi de suite. On considère ici Radio-J, on dit à Radio-J, on clame ici Radio-J que tous les racistes sont à combattre de la même manière. Que ce soit le racisme anti-musulman, anti-noir, anti-juif ou l'homophobie. Et permettez
-moi d'ajouter, les racismes sont mortels pour notre pays. Parce que la division de la société française que nous sommes en train de vivre sur des questions d'origine, de religion, de couleur de peau, de culture. C'est la fin de la France parce que la raison de la France, c'est de faire vivre ensemble ses citoyens.
Mais alors justement, l'antisémitisme, puisque vous en parlez, c'est de nouveau un mâle français ou c'est une valeur de la gauche de la gauche, à savoir LFI, depuis le programme du 7 octobre
Alors vous dites une valeur, c'est horrible. Non, mais entre guillemets. C'est hélas un choix.
Politique, stratégique ? Tactique. De Mélenchon
? De même que de l'autre côté... L'invocation perpétuelle de l'immigration comme le mal du pays et comme le bouc émissaire où on va aller chercher les ressources qu'on n'a pas ailleurs. J'ai démontré dans mon livre en étudiant précisément que c'était absurde, que sur les dizaines de milliards évoqués, on ne les trouvera pas là. Et parce que notre pays a besoin de ceux qui l'ont rejoint, qui se sont intégrés et qui travaillent. La question, c'est qu'il y en a qui ne travaillent pas. Parce qu'on les empêche parfois de travailler ou souvent de travailler. Et donc, moi, je pense que cette question est intimement liée à la question de l'intégration dans la société. Oui, ce n'est pas un problème d'immigration, c'est un problème d'intégration. Il y a les deux. C'est la question que je vous pose. On ne peut pas laisser... par laxisme. La France, comme un moulin dans les portes, soit ouverte. Vous voyez bien qu'aujourd'hui, on a besoin de maîtriser les mouvements de population. Sans ça, vous savez bien ce qui va se produire. Et ça va être terrible. Et on a maintenant des outils pour le faire. Il y a des outils européens, il y a des outils... technologique qu'il faut absolument utiliser. Donc un, maîtriser. Mais pour intégrer, il faut trois choses. y a un, le travail. Or, il se trouve qu'une partie de ceux-là, on les empêche de travailler, c'est-à-dire qu'ils sont à la charge de la communauté nationale. De ceux-là, c'est-à-dire ? C'est-à-dire des... des immigrés qui ont passé des années en France, 'on bloque, qui coûtent des milliards à la collectivité. et qu'on interdit de travailler alors qu'on devrait les obliger à travailler. Alors je sais ce qu'on va vous
répondre, après ce que vous avez dit. Vous renvoyez dos à dos Marine Le Pen et Mélenchon, l'antisémitisme du côté de Mélenchon, et le thème choisi de l'immigration du côté de Marine Le Pen. Mais ce qu'on remarque depuis le 7 octobre, c'est que pratiquement 80-90% des actes anti-religieux concernent les juifs. Et on a tué des juifs en France depuis l'analyse. parce qu'ils sont des juifs. C'est ça qui pose problème.
Ce n'est pas un problème. C'est drame et une tâche sur la nation. 'est un drame et une offense à l'idée même de ce que nous sommes ensemble. C'est le pire de ce qu'un pays comme le nôtre. Alors l'antisémitisme, il n'est pas d'aujourd'hui. Bien sûr. Mais il a changé de camp. On l'a vécu. Mais il a changé. La Shoah, on sait ce que c'est. Le pétainisme, on sait ce que
c'est.
Et donc, vous voyez bien... Le double effort que personne n'envisage, 'est l'effort pour que l'on fasse la régulation des circulations
et
qu'en même temps, lorsque des personnes sont sur notre sol depuis longtemps, on ait une stratégie obligatoire pour qu'ils puissent travailler dans un pays qui manque de travail, qui parle la langue et ne la parle pas assez et qu'ils sachent quels sont les principes à respecter. Par exemple, le principe de la France, est que, chez nous, ce n'est pas la religion qui fait la loi. Et je dis ça alors que je suis un croyant.
Est-ce que ça veut dire qu'il faut régulariser tous les immigrés qui sont en France depuis... Tous, non.
Il faut regarder de près ces personnes, ces jeunes. On les connaît bien quand on est dans une municipalité. On loue pour eux des hôtels entiers dont l'État paie la charge. Et ça coûte pour chacun. des dizaines de milliers d'euros par an payés par l'État. on les empêche de travailler alors qu'on devrait les obliger à travailler.
Alors on avance.
On les empêche d'avancer, on les fait jouer au foot. Et ça, c'est pas le sujet. On est devant un pays qui refuse de voir, et c'est le cas sur la plupart des sujets, qui refuse de voir la réalité qui est là. Alors
la réalité de la présidentielle, donc la consultation que vous appelez de vos voeux. Comment vous l'envisagez ? D'abord, pourquoi et rapidement ? Je viens rapidement
à la question. Premièrement... Jamais le danger n'a été aussi grand. Quel danger ? Deuxième, on a parlé de danger financier, du danger planétaire et du danger politique.
Le danger politique, on précise les choses, c'est quoi ? Le danger politique, c'est un deuxième tour,
extrême contre extrême. Mélenchon Le Pen. Mélenchon Le Pen, ce que j'appelle le pire contre le pire. Et donc, ça c'est un danger qui ne s'était jamais présenté en France. Ce qui fait que le premier tour, si on y va, si tous ceux qui refusent les extrêmes, ils vont disperser, on aura le deuxième tour, le pire contre le pire. On aura Mélenchon contre Le Pen au deuxième tour. – Et vous faites quoi, d'ailleurs, entre le
second tour et le pire contre le pire ? – Je
ne vote pour aucun pire. Je ne peux pas accepter cette idée-là. – Alors on avance. Donc qu'est-ce que vous proposez pour essayer d'éviter ce pire
contre le pire, comme vous dites ?
On va ralentir un peu pour éviter qu'on ne se laisse entraîner. L'obligation dans laquelle nous sommes, tous les républicains et tous les démocrates qui veulent éviter les extrêmes, ça devrait être de faire que se dégagent de tous ces courants. qui, au fond, sont parfois opposés, mais parfois aussi ont des principes
communs. Mais on précise les choses. De quel courant vous parlez ? Non, mais je suis désolé, mais il faut préciser les choses. Est-ce qu'on parle... Tous ceux, pour
moi, depuis les socialistes qui refusent l'alliance avec Mélenchon... Dans Cazenave-Land, par exemple ? Jusque... Glucksmann ? Oui, Bernard Cazeneuve, jusque aux gaullistes qui affirmeront clairement que jamais ils ne franchiront. Ceux-là ont en commun quelque chose.
Et
en commun, ils ont la volonté d'éviter le pire pour la France. Et donc, ce sont des républicains, ce sont des démocrates et ce sont des réformistes. Ils devraient... faire en sorte que se dégage dans les mois qui viennent une candidature. Vous voyez qu'aujourd'hui, les sondages, c'est plutôt à l'effondrement qu'à la progression. – Y compris dans votre
camp, Edouard Philippe, Olivier Réatel. – Oui, mais vous
voyez bien, pas besoin d'insister sur ce sujet. Aucun ne se détache et les deux baissent. – Les deux baissent,
Attal Philippe. – Oui, deux,
et puis d'autres. – Pierre Retailleau. – Et d'autres, encore une fois, j'ai cité des noms, Cazeneuve, Glucksmann, et puis... dans le camp des gaullistes et des gaullistes sociaux, il y a aussi des personnalités qui pensent ça. – Xavier
Bertrand.
Et donc, si nous sommes responsables, et on a le temps, puisque l'élection présidentielle, en réalité, c'est en février que ça commence à se jouer. – C'est comme ça, c'est en
janvier que vous avez rejoint. – Février. – 22 février. – Emmanuel Macron, et ça a changé le cours de la campagne, quelque part.
Donc, on a le temps. si on est responsable. Toutes ces personnalités-là, dont vous avez vu que je refuse de dire du mal, même si parfois je... – On va poser des questions précises. – Je pourrais un peu... – François Hollande, vous n'avez pas
mis dans ce... – C'est
à lui de dire où il est, ce qu'il est. Pour l'instant, il articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient. – Il va paraître comme un recours, il peut être un recours
ou
pas
?
C'est la question qui se pose aujourd'hui. Vous, vous faites votre travail de journaliste politique. Permettez-moi de dire qu'il y a aussi un regard de citoyen. Il y a des gens qui ne font pas de commentaires sur les choses. Ils ne se réveillent pas tous les matins en disant qui. Ce qu'ils voient, c'est une situation de risque qui les désespère. Où rien ne se dégage. des milliers de propositions sont faites tous les jours, dont aucune n'est viable,
en
fait, en réalité. Bon, alors on a le droit de réfléchir un peu ensemble, et je dis que notre obligation devrait être, sur ce grand espace démocratique, et républicain, et réformiste, de dire « faudra qu'un jour on ait un seul candidat ». Comment le choisir ? Eh bien, je dis tout simplement qu'on devrait faire une compétition loyale entre ces prétendants. Et il y en a plein qui attendent de sortir, comme vous savez. Et puis après, on regarde qui sont les meilleurs, puis on fait un vote par Internet, par hypothèse, à la fin du mois de janvier. Et on désigne en deux tours celui qui sera chargé. d'éviter à la France le drame qui se profile. – Et vous avez des contacts avec les uns et les autres déjà ? – Alors il ne sera pas chargé seulement, il ne serait pas chargé seulement d'éviter le drame qui se profile. serait chargé de prendre en compte la diversité des opinions qui l'ont choisi. – Donc notamment dans leur programme. – Et de faire en sorte qu'on puisse trouver un chemin qui puisse être pendant cinq ans soutenu par une majorité nouvelle, pluraliste. mais qui aura une colonne vertébrale et une volonté puisqu'il y aura une élection présidentielle. Pas tout à fait comme en Allemagne. Vous voyez bien, il n'y a plus un parti aujourd'hui, il n'y a plus un clan aujourd'hui qui peut prendre le pouvoir. La situation du pays est telle qu'on a besoin de cette responsabilité-là. Alors laissez-moi vous poser quelques
petites questions. Edouard Philippe, j'ai l'impression qu'il ne vous donne pas envie. C'est vrai ou pas ?
Pardonnez-moi, j'ai pas envie. Ah, vous n'avez pas envie ? C'est pas un concours de beauté. Oui, mais c'est important de savoir. C'est pas un concours de beauté. Si vous me dites, est-ce que pour l'instant, il y a une partie de l'offre politique qui vous convient ? La réponse est, pas tout à fait, pas vraiment. Plutôt non. Donc ni Attal, ni Philippe, ni Retailleau. – Mais oui, mais c'est important quand même. – Non, vous ne pouvez pas poser les questions comme ça, parce que perpétuellement, ça invite au dérapage de ceux que vous invitez. Moi, je vous propose simplement, non, est-ce que l'offre politique convient aujourd'hui ? À mes yeux, pour l'instant, non.
– Alors vous avez poussé le nom de Thierry Breton. Vous l'avez toujours en tête ou pas ? – C'est-à-dire,
les journalistes m'ont interrogé pour dire, est-ce qu'il y a d'autres profils ? Parce qu'on n'en voyait pas. Et moi, je sais qu'il y en a d'autres. Et par exemple, le profil de Thierry Breton, qui pour l'instant n'a pas présenté de candidature, est un profil exceptionnel par son expérience. Est un profil exceptionnel par le fait qu'il a touché à tous les domaines qu'un président de la République va devoir envisager. Il a été dans l'économie. manière très importante. Il a été dans la diplomatie européenne, il a été à Bruxelles, numéro 2, et il a marqué son passage à Bruxelles. Il a été chef d'entreprise. Par la résistance à Trump et à Poutine, c'est extrêmement important aujourd'hui avec ce que nous allons vivre. Et c'est l'homme en France qui s'est le plus intéressé au numérique depuis 40 ans. Et à l'intelligence artificielle, allant même jusqu'à construire un leader mondial de l'intelligence artificielle. Donc il a des atouts. Il n'est pas le seul. Christian Lagarde, c'est possible ou pas Je ne suis pas sûr que ce soit le... On a besoin des mains dans le cambouis. Mais il y aura beaucoup de profils qui se présenteraient si nous lancions cette confrontation loyale avec des gens qui ne passeront pas leur temps à s'envoyer des pics les uns les autres, mais qui essaieront de faire avancer leur projet. Sinon, c'est un second tour, Le Pen-Mélenchon assuré. C'est ce qui se profile aujourd'hui dans les sondages. Alors on avance. Je ne crois pas du tout, vous aviez posé la question tout à l'heure, je ne crois pas du tout que l'élection présidentielle soit jouée. Mais je crois que nous sommes devant un risque comme le pays n'en a pas connu depuis des décennies. Alors on avance sur les
propositions. L'une des principales artisanes de la campagne de Mélenchon, la députée insoumise Clémence Guettet, publie un livre dans lequel elle plaide pour revaloriser l'amitié. Face à la famille traditionnelle, pour elle, la famille traditionnelle serait pétainiste et la relance de la fécondité d'extrême droite, tandis que l'amitié serait anticapitaliste. Le tout autour d'une thèse simple. Il faut attribuer, comme à la famille, des droits aux amis en matière de congés et d'avantages. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
nombre de bêtises qu'on peut entendre dans une période comme celle-ci est de bêtises offensantes. Parce que croire que la famille est une valeur d'extrême droite... prétendre ça, même oser l'insinuer, c'est dingue. 'est dingue et grave. Notamment dans la jeunesse. Et pourtant, excusez-moi, je vais donner raison sur un point. Je pense que le mal de notre temps, c'est la solitude. Comme vous savez, j'ai construit dans ma vie des plans anti-solitude. Je pense que le fait qu'on ait des gens condamnés par les institutions être étrangers les uns aux autres, c'est un drame. Alors qu'il puisse y avoir demain des... incitations à ce que des personnes vivent ensemble dans un cadre qui serait un cadre de colocation ou de vie partagée. Avec les mêmes
avantages que les familles. En tout cas qu'on fasse des incitations,
ça ne me choque pas. Mais vous voyez bien ce que ça veut dire. Tout le monde croit qu'il y a de l'argent qu'il suffit de le prendre et de le distribuer. Et je vous dis, ceci est un mensonge. Impossible à
démentir. Est-ce que les milliardaires sont nuisibles et est-ce qu'il faut les interdire comme le propose Manon Aubry et les filles ? C'est
exactement le même genre de bêtises que je dénonçais à l'instant. Il n'y a pas de vie économique s'il n'y a pas d'investisseurs. Et donc le fait qu'on fasse la chasse aux investisseurs. Vous savez, j'ai étudié dans mon livre, vous l'avez lu, j'ai étudié dans mon livre les situations des Pays-Bas et de la France. On ne peut pas dire que les Pays-Bas sont un pays intellectuellement en avant sur la France ou le contraire. Tout ça, c'est la même civilisation. Si l'on prend le produit intérieur par habitant, les Pays-Bas ont un produit intérieur de 30% supérieur à celui de la France. Vous vous rendez compte ? Si les familles avaient 30% de revenus en plus, et si l'État avait 30% de revenus en plus, on ne parlerait plus de dette, on ne parlerait pas de déficit. Qu'est-ce qui a fait la fortune des Pays-Bas ? À mon sens, deux choix. Premièrement, un pays pro-entreprise. Décider à favoriser les entreprises qui mettent leur siège social aux Pays-Bas. Et deuxièmement, un pays pro-travail. On travaille plus. On travaille plus longtemps, on travaille mieux, et en même temps on accueille les entreprises. Et donc dire, les milliardaires sont des nuisibles, moi je ne connais pas de milliardaires, ce n'est pas mon monde, je dis que nous avons besoin de cela pour investir. Et pour faire marcher l'économie. Et pour, plus que ça, pour que dans l'esprit de ceux qui s'intéressent à la réussite matérielle, il y ait des exemples à montrer. pour qu'ils se disent « moi aussi je peux y arriver ». Et vous voyez que c'est un renversement complet de cette obsession française qui consiste à poursuivre ceux qui réussissent. Et entendez-moi bien, je ne dis pas que la réussite soit toujours matérielle. Il y a des réussites intellectuelles, il y a des réussites de chercheurs, il y a des réussites spirituelles même. Et j'en tiens autant compte. Mais je ne veux pas faire la chasse à aucune de ces réussites-là. On arrive
pratiquement à la fin de l'émission. Deux, trois questions. Toujours et les filles, on parle donc chez eux d'interdiction des milliardaires, nuisible, de la remise en cause de la famille, de l'abrogation. du délit d'apologie du terrorisme. Il y a aussi ces attaques et ces menaces contre les journalistes qu'ils considèrent comme hostiles et comme par hasard souvent des journalistes juifs accusés d'être des sionistes génocidaires. Vous l'avez noté. Cela dit quoi de ce parti, de son candidat et de son idéologie ? Et cela dit quoi des pratiques d'un État qui serait dirigé par Mélenchon
Le danger pour la France, c'est que... la recherche perpétuelle de la radicalité devienne une recherche perpétuelle de la violence. n'est pas d'aujourd'hui. Il y a ça dans le peuple français, dans son histoire. Et donc, la mise en valeur perpétuelle de ce qu'il y a de plus violent, de plus méprisant, de plus hostile, de plus... de la chasse des uns contre les autres et des autres contre les uns, ça c'est mon ennemi personnel. Et ça conduit à quoi ? Je donne ma vie depuis des décennies à l'idée que ce dont nous avons besoin dans un pays comme le nôtre, c'est de réconciliation. ceux qui passent leur temps à faire la chasse, ceux-là sont contre le pays. Et donc, il n'y a aucune période de la vie du pays dans laquelle... ce drame ait été profitable. En cas de victoire de Marine Le
Pen, Mathilde Panot et LFI annoncent que les insoumis résisteront de toutes les manières qu'il faut. Certains voient dans cette stratégie de LFI une stratégie séditieuse. Écoutez
-moi bien. Quel que soit l'extrême qui gagnerait, vous verrez. que des mouvements violents, certains diront sédicieux, se mettront en place. C'est inéluctable. La violence attire la violence. Qui tire l'épée périra par l'épée. Qui tire la haine sera chassé par la haine. Et donc ? le plus important. C'est pour ça que je suis un homme du centre et que je défendrai le centre dans cette élection comme ce qu'il faut à tout prix construire, à tout prix aider, à tout prix promouvoir. Parce qu'on a besoin d'espaces qui soient des espaces où règne plus la tolérance, la compréhension réciproque et au fond, la paix civile pour construire un pays. Paix et volonté. S'il y a les deux, on a une chance de s'en sortir. Deux questions d'actualité
pour conclure. Sur l'affaire du périscolaire à Paris, Anne Hidalgo et son ex-premier adjoint Patrick Bloch sont visés par trois plaintes pour non assistance à personnes en danger qui ont été déposées fin août. Est-ce qu'ils doivent rendre des comptes
'est extraordinaire, cette affaire, ce drame. Vous qui avez été déstabilisé par l'affaire Betara. Oui. Alors qu'à l'époque, on ne parlait pas du périscolaire. Alors que j'étais totalement étranger, comme vous savez. Comme vous savez, à cette affaire, mais c'était une affaire manipulation menée par LFI de manière très efficace et qui m'a beaucoup heurté, c'est vrai. Mais à Paris, au périscolaire, vous vous rendez compte ? Il y a des atteintes sexuelles présumées dans le périscolaire et dans des crèches. Des enfants de 3 ans. L'abjection de ces comportements. Avec des personnes qui ont été recrutées pour s'occuper d'enfants. Mais comment ça a pu se multiplier à Paris de cette manière-là ? Ils devront rendre des comptes, et je suis persuadé que plaintes, les enquêtes, les instructions, devront s'interroger sur les réseaux qui ont permis cela.
Dernière question. Trois ans après le meurtre du jeune Thomas Perrotto à Crépole, il y a un revirement judiciaire qui pourrait désormais donner lieu à un procès portant sur la question... du racisme anti-blanc. Ça vous parle le racisme anti-blanc ou pas
J'ai fait devant vous pendant presque une demi-heure, le compte-rendu de ce que je vois monter. C'est la première fois de ma vie que je vois les questions de peau, les questions d'origine, les questions de couleur de peau, les questions de religion revenir lancinante comme un... comme une obsession non-dite. Et je dis qu'il n'y a pas pire pour un pays. Je ne connais aucun pays dans le monde qui se soit sorti de ça. Ce que les États-Unis vivent aujourd'hui, c'est ce cheminement souterrain qui existait sur ces questions-là depuis longtemps. Et donc, oui, je pense que le pire est là et qu'il faut le combattre. Le racisme anti
-blanc,
ça existe ? Forcément. Non, parce que vous savez qu'il y a un débat là-dessus, en tout cas une polémique. Vous ne voyez pas la question. La question c'est que tout d'un coup, je suis quelqu'un par exemple qui ne voit pas la couleur de peau. C'est comme ça. Mais je vois que désormais ça revient comme les insultes murmurées à voix basse. qui porte non pas sur ce que quelqu'un fait, mais sur ce qu'il est,
sur son origine, sur ses
parents, sur sa naissance, sur sa religion. Et ça devient, pour le pays qui est le nôtre et pour la nation qui est le nôtre, C'est une maladie mortelle.
Merci en tout cas François Bayrou d'avoir répondu à notre invitation à la première émission de la saison présidentielle 26-27. Bonne fin d'après-midi sur Radio-J et à dimanche prochain. Merci.