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'est du racket, dit Pierre.
Non mais... Bon, moi j'avoue que je suis un peu... D'abord, je voulais vous remercier. Vous remercier de m'avoir invité, parce qu'en effet, vous l'avez dit, je suis candidate. Et vous le savez qu'il y a eu ce qui a été présenté comme le premier grand débat de la campagne qui s'est déroulée cet après-midi. On l'a vu cet après-midi au MEDEF. Absolument. Sur une chaîne concurrente. C 'était
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aussi
chez nous. Voilà, donc en fait, bien écoutez, il ne m'avait pas invité. En fait, je voudrais expliquer juste quelques secondes que ça va être comme ça, en fait, l'essentiel de la campagne. C'est-à-dire qu'en réalité, les principaux candidats vont avoir le temps, en effet, d'expliquer leur vision de la société, mais pendant des heures, en fait, sur toutes les antennes. Et les candidats, comme moi, vont avoir droit à quelques minutes, par-ci, par-là... Le problème, c'est que si vous prenez une minute à chaque fois pour
dire qu'on ne peut pas vous laisser la parole, on ne va pas y arriver, Nathalie Rto.
Vous savez, j'en profite aujourd'hui, je vais le dire, et puis ensuite... Je vais bien sûr défendre mes idées. Mais je suppose que je n'ai pas été invité parce que j'aurais fait un peu tâche. J'aurais fait sans doute tâche en dénonçant par exemple les 1 000 suppressions d'emplois, les 1 000 licenciements à Sodexo. J'aurais peut-être fait tâche en disant qu'il faut prendre sur les profits pour augmenter le SMIC. Il faut le monter au moins, à mon avis, à 2 200 euros net. Parce que là, on a commencé à discuter du travail que le travail devait payer. Eh bien, soyons sérieux. Soyons sérieux, pour moi 2200 euros net, on commence à vivre à peu près dignement, sans avoir la trouille du lendemain. Et puis je pense que j'aurais carrément gâché l'ambiance en expliquant que moi je pensais qu'en effet les grands groupes capitalistes, les grandes entreprises qui font l'économie, qui font l'économie, je dis bien, ces grands trusts, Total Energy, la BNP Paribas, ArcelorMittal, enfin ces grands groupes économiques qui pèsent sur la société, en fait il faut les exproprier. Et moi, ma conviction, c'est que les travailleurs les dirigent. Parce qu'en fait, ils seraient bien mieux dirigés en fonction des besoins de la population, en fonction de l'avenir de la planète. Donc voilà. J'entends,
j'entends Nathalie Arteau. Vous savez qu'on va parler de salaire tout à l'heure, on va parler de pas mal de propositions, etc. Mais là, sur l'héritage... Alors,
il y a quand même un lien. Parce que vous voyez, moi j'explique que je suis pour l'expropriation, je suis contre en fait, que les grands groupes... les grandes entreprises qui emploient des dizaines de milliers de salariés. Sodexo, c'est quelque chose comme 24 000, mais à l'échelle du monde, c'est 300 000 ou même peut-être plus. Je suis contre que ça appartienne à une famille, à une poignée d'individus. Je suis contre ça. Je suis pour abolir l'héritage.
Vous êtes contre le principe même d'héritage. Je
suis pour abolir l'héritage sur... ces grandes entreprises sur ce capital. Je suis d'accord avec ce qui a été dit, il ne faut pas tout mélanger. Quand on a des gens qui... qui doivent travailler pour vivre, qui travaillent toute leur vie, qui vont peut-être économiser, se saigner, s'endetter pour avoir une petite maison, la léguer à ses enfants. Eh bien, écoutez, moi, je trouve ça légitime, compréhensible. Voilà, je comprends. Là-dessus, vous ne taxez pas ? Non, je pense qu'il n'y a rien à taxer. Par contre, il y a quand même des dynasties capitalistes, excusez-moi, mais qui ne sont pas à 12 millions. D'ailleurs, je ne sais pas pourquoi la France Insoumise a parlé de 12 millions, parce qu'en réalité, c'est bien au-delà. On compte en milliards en réalité. On compte en milliards en dizaines et maintenant en centaines de milliards. C'est ça qu'il faut réaliser quand même. — Bon, donc j'ai bien... Attendez, il faut que la parole tourne. Et vous aurez à nouveau la parole ce soir. — Ça veut dire quand même qu'il y a un pouvoir. Ces gens-là ne sont pas seulement richissimes. Ils ont un pouvoir sur l'économie et sur nos vies, sur l'ensemble de la collectivité. — Et vous me dites là-dessus, sur ces héritages-là, pour vous,
c'est terminé. Je vous en entends de Farid. — Absolument.
Cette discussion, finalement, elle fait écho à la discussion de tout à l'heure. C'est-à-dire qu'on mélange tout. Quand on parle, quand on dit les patrons... Les entreprises, les patrimoines, les riches, on ne sait plus de qui on parle en fait. En tout cas, on fait un lot, un lot commun, mais en fait ça n'a rien à voir. Votre situation à vous d'agricultrice n'a rien à voir avec en effet les transformateurs industriels qui ne vous payent pas le prix de votre viande. Ça n'a rien à voir avec les actionnaires de Carrefour, de Leclerc, enfin toute la grande distribution qui se gave. Voilà, tout le monde est en train de dire c'est du... il n'y a plus d'argent, etc. Mais ce n'est pas vrai. En même temps, dans cette situation-là, tout à l'heure, vous avez expliqué que ceux qui venaient manger à votre restaurant avaient un problème de pouvoir d'achat parce qu'ils doivent payer maintenant leur essence 2 euros, 2,20 euros s'ils roulent au gasoil. Donc vous voyez qu'il y a des... Et effectivement, Total Energy voit ses bénéfices exploser littéralement. Rendez-vous compte, les six premiers mois de cette année, il a... 10 milliards, 10 milliards de profits. Alors moi, quand j'entends qu'il n'y a plus d'argent, que l'économie est par terre, etc., un article, donc des échos, il n'y a pas si longtemps que ça, a expliqué que malgré les guerres, malgré les guerres, malgré la crise, la récession, le CAC 40, les grandes entreprises se portent bien, plus 40%. de profit. Donc, c'est de ça dont il faut parler. Parce que finalement, je pense que vous mélangez tout.
Je termine parce que, excusez
-moi, j'ai parlé au début et puis après je vous ai laissé. Non mais Nathalie
Arthaud, ça veut dire que pour vous, l'appel de Mélenchon qui est de dire, là en l'occurrence c'était plutôt des grosses boîtes, c'est de dire allez-y, augmentez, pour vous, elles peuvent le faire. Moi
ce que je vois, c'est qu'en réalité dans l'économie, il y a beaucoup d'argent qui est dégagé. Cet argent... Ces richesses, elles sont créées par qui ? Pas seulement par des petits patrons. Elles sont créées par des millions, des dizaines de millions de travailleuses et de travailleurs, par des ouvriers, par des aides-soignants, par des employés, par des techniciens, par des enseignants qui font tourner, par des infirmières, sans qui la société ne marcherait pas. Et c'est cet ensemble-là, ce que j'appelle moi le monde du travail, qui crée ces richesses, qui fait tourner la société. Et finalement... Comment vivent-ils ? Comment vit le monde du travail aujourd'hui ? Mais aujourd'hui, on n'y arrive pas. Vous parlez des difficultés, vous, en tant que petit entrepreneur, que petit chef d'entreprise. Mais attendez, vous êtes ouvrier, vous êtes à 1500 euros, vous avez deux gosses. Eh bien oui, vous sautez des repas et vous allez à l'épicerie solidaire de Farid. Et effectivement, vous comptez le moindre euro et vous comparez le cartable où je dois l'acheter, etc. Et mince, il a cassé. Voilà, c'est ça qui se passe. La réalité, c'est que c'est ça. Donc moi, je veux aussi qu'on se pose ces questions-là. Les travailleurs, ils vivent...
Les travailleurs dans
la société, ils vivent comment ? C'est eux qui créent les richesses. Il y aura toujours quelqu'un de plus riche que l'autre. Il faut
arrêter de toujours aller regarder chez l'autre. Qu'est-ce que vous proposez à toutes les personnes qui sont là ? Je ne suis pas en train de regarder chez l'autre. Je suis
en train de dire que les travailleuses et les travailleurs, quand ils vont au boulot, qu'ils se lèvent tôt... qui font les 3-8, qui font des horaires qui déglinguent leur santé, comme les agriculteurs, qui travaillent la nuit, parce qu'aujourd'hui on fabrique des bagnoles la nuit, il n'y avait aucune raison de faire, on en fait quand même. On sait pourtant que quand on travaille la nuit, trop d'années, on peut être davantage malade. Oui, mais regardez les
entreprises du CAC 40, vous proposez quoi à Nathalie, vous proposez quoi à un monsieur qui est dans son restaurant au taxi, là présentement dans le factuel. Je termine mon raisonnement. Oui, on a entendu votre raisonnement. Pardonnez-moi, Arlette Laguiller, on l'a entendue pendant 600 ans, et vous avez exactement le même. On le sait, le cheminement. Les riches, les riches, les patrons, les grands patrons. Mais là, vous en avez des patrons devant vous. Qu'est-ce que vous leur proposez là ? Moi, ce que je suis en train
de dire...
En effet,
les travailleurs qui créent toutes ces richesses-là, ils ne créent pas seulement leurs salaires, aussi payent des impôts. Eux aussi, ils ont des contraintes, etc. Ils ne payent pas que ça. Ils payent aussi les profits. C'est eux qui les dégagent, les profits. Ces profits qui finissent accumulés à un sommet. Parce qu'en réalité, l'argent va en effet à l'argent. Et l'argent, il est pompé par les plus gros. Et il est pompé non seulement sur les travailleurs, les salariés, mais il est pompé aussi sur les petits patrons, sur les petites entreprises. Moi, j'entends que certains sont pris à la gorge. Mais pour un travailleur, vivre dignement aujourd'hui... Ça ne peut pas se faire avec moins de 2200 euros net. – Ah mon Dieu,
attendez, il faut que ça tourne. – Mais moi,
j'en ai rien à faire de salaire médian ou pas. De combien on a besoin ? Il faut qu'on regarde nos besoins. On a fait la liste de tout ce qu'on avait à payer, nos besoins. Eh bien, je propose… que l'argent qui est créé par les travailleurs, il aille au salaire, il aille aux emplois, il aille aux conditions de travail, il permette aux petits patronats, parce que les petits patronats, beaucoup travaillent, sont dans... Amandio,
attendez, il faut qu'il dialogue Nathalie Arthaud, c'est pas un meeting, pas encore ici, mais... Amandio. Non, pas un
meeting, mais moi je termine, voilà, parce que là, la parole elle circule, ok, bon ben je tenais quand même à... Amandio, Amandio. Elle ne tournerait pas sans les travailleuses et les travailleurs immigrés. Elle ne tournerait pas. Aucune usine, aucun hôpital, aucun restaurant ne pourrait tourner. Mais ça saurait si c'était l'immigration de travail. Regardez les chiffres sur l'immigration précisément aujourd'hui qu'on reçoit. Que ces femmes et ces hommes qui viennent et eux, ils n'attendent pas l'héritage. Eux, ils viennent. Ils savent qu'ils ne pourront que se retrousser les manches et que bosser dur. Mais Madame Arthaud, contrairement à vous, mes deux parents sont venus dans ce pays justement pour travailler. Pour travailler, ma mère était
femme de ménage. On n'en est plus là, Madame. Aujourd'hui, on n'arrive plus à donner du travail.
Dans les boulots les plus durs et les plus mal payés, et ça vous savez très bien. Regardez tous
les
abattoirs. Je ne sais pas si vous connaissez les abattoirs. Pardon, Madame Arthaud, excusez-moi une seconde, je vous interromps. Vous citez des chiffres, mais qui se basent quand même sur des données, notamment de l'OCDE, qui datent d'il y a presque 20 ans souvent. Non
mais madame, par exemple, ça ne date pas d'il y a 20 ans. Quand on dit par exemple qu'aujourd'hui on va faire un sujet spécial d'immigration, ce n'est pas le sujet. Non, ce n'est pas le sujet. On m'attaque là-dessus. Je ne peux pas laisser dire tout et n'importe quoi. J
'entends beaucoup de choses qui me font bondir et je ne peux pas laisser dire tout et n'importe quoi. Aujourd'hui, il
faut savoir qu'un immigré en France reçoit deux fois plus d'aides sociales qu'un non-immigré. que pour les immigrés africains, c'est trois fois plus. C'est les chiffres de l'INSEE. Attendez, juste une chose. Non, non, attendez, attendez, attendez, on va se mettre d'accord. On
va se mettre d'accord. Effectivement, ce n'est pas le sujet de la soirée. Et ne vous inquiétez pas, la campagne est longue. Il reste 6 mois de campagne. Et on fera un forum là-dessus. On ne veut pas toucher à ça et on va dire
aux Français, aux retraités français. Il y a un pacte social, justement, qu'on cotisait toute leur vie. Vous allez toucher moins de retraite. On était partis, on avait
commencé cette discussion sur l'indemnité des chômeurs et sur les arrêts maladie. Et je reste, pardon...
30 secondes. La société, elle marche sur la tête et ça, c'est de la responsabilité de ceux qui la dirigent. Et ceux qui la dirigent, ce n'est pas seulement ceux qui sont à la tête de l'État, c'est ceux qui sont aussi à la tête de ces très grandes entreprises qui ont... Effectivement, mais oui, je suis désolée, mais ceux qui concentrent des dizaines, des centaines de milliards, les fameux investisseurs dont vous avez parlé. Écoutez, il y a un truc qui m'a frappé dans l'actualité ces derniers jours. Il y a eu une annonce, un super investissement pour la France, 6 milliards. D'investissement par l'Arabie Saoudite pour faire quoi ? Pour faire un parc d'attractions, un Disneyland bis. Écoutez, on a passé tout l'été où les gens ont souffert d'habiter dans des bouilloires thermiques. C'est terminé, Nathalie Arthaud. Et on a besoin d'investir où ? D'investir là ? Je vais me faire gronder, Nathalie Arthaud. En débit du bon sens. Merci. Et ça, c'est parce que justement, il n'y a que le profit. Merci, merci, merci, merci. Merci à
toutes et à tous.