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Hier, lors du débat du MEDEF, vous avez proposé de lier l'âge de départ à la retraite à l'espérance de vie. Concrètement, ça veut dire un départ à quel âge
Concrètement, c'est une mesure déjà qui est dans le Code du travail, qui avait été insérée dès 2003, au moment de cette réforme des retraites. Et c'est intelligent, parce que l'âge de la retraite, l'âge de départ à la retraite, doit dépendre du nombre d'années que l'on fait de l'espérance vie. 86 ans
pour les femmes, 80 ans pour les hommes, c'est l'espérance de vie, un chiffre de l'INSEE. Vous, président, les femmes partiront plus tard que les hommes
Non, je veux et je présenterai mon projet. Je pense que les grandes victimes du système actuel, ce sont les femmes. Sur les 60 000 Françaises et Français qui doivent attendre 67 ans pour que la décode soit annulée, les deux tiers sont des femmes. Pourquoi ? Parce qu'elles ont eu des enfants, parce qu'elles ont eu une carrière hachée. Et on ne dit jamais que les grandes victimes... de la réforme, en tout cas du régime actuel, ce sont les femmes.
Mais sur l'espérance de vie et cette réforme que vous proposez, il y a l'espérance de vie et il y a l'espérance de vie en bonne santé. Ce n'est pas la même chose. Laquelle prenez-vous en compte pour bien comprendre ce que vous voulez faire ?
En bonne santé, mais c'est très naturel. L'âge de la retraite, on l'a bien vu d'ailleurs, il y a 50 ans. Vous n'étiez pas très en forme et pourtant d'ailleurs la retraite était à 65 ans. Mais l'espérance de vie a progressé et lié les deux. C'est important, je vais vous dire pourquoi. C'est simplement pour qu'on sévit des psychodrames tous les 10 ans, tous les 15 ans, qu'on puisse bouger en fonction du nombre d'années dont on va pouvoir bénéficier des pensions. Ne
plus refaire des réformes
tous les 2-3 ans. Plus vous avez une espérance de vie en bonne santé... plus vous allez avoir évidemment des pensions qui vont vous être versées. Donc plus ça coûtera cher à la société. Donc il faut ajuster l'âge de départ à cette espérance. Mais l'âge de départ
c'est fondamental. Pour
moi c'est fondamental. Ça veut dire quel âge
précisément ? Puisqu'on connaît maintenant l'espérance de vie moyenne. Je
le dirai dans quelques semaines. Je
le
dirai dans quelques semaines. Quand précisément ? Ah dans quelques semaines. Donc vraiment au mois de septembre je le préciserai. Mais contrairement à beaucoup d'autres, j'assumerai. Le fait de repousser l'âge légal. Je vais vous dire pourquoi. Parce que ceux qui ne le font pas en disant « écoutez, moi je vais donner la liberté, ça sera simplement, je vais par exemple augmenter, je vais passer de 43 à 45 annuités. » Qu'est-ce qui se passe ? On rentre sur le marché du travail à 21-22 ans, vous ajoutez 43-44 ans, vous êtes déjà à plus de 65 ans. Et en plus, ils oublient de dire que quand on part à la retraite, sans qu'il y ait avant un âge légal, on paie un maximum de décadence. Après 64
ans, vous président, ce sera après la réforme qu'avait votée ? Elle sera
plus subtile que ça.
Plus subtil. Bon, patience. Hier, lors du débat du MEDEF, avec vous Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Attal, Marine Tondelier, Edouard Philippe, duquel vous êtes-vous senti le plus proche ?
'est difficile à dire parce qu'en réalité, hier, pendant le débat, il y avait finalement trois groupes. Il y avait un premier groupe composé de Mme Le Pen et de M. Mélenchon. On rase gratis, grosso modo, ils d'ailleurs regardaient sur les retraites. Ils veulent descendre l'âge de la retraite. Ce que nul autre pays européen n'a fait. Au contraire, tous les autres pays européens sont en train d'augmenter l'âge de départ à la retraite. Ce serait la ruine de la France. Donc un premier groupe, on rase gratis, il n'y a qu'à Faucon. Et puis il y avait le groupe des anciens premiers ministres. qui propose des choses qu'ils n'ont pas faites pendant qu'ils étaient... Avec qui
vous avez gouverné ?
Non, j'ai gouverné pendant un an. J'ai gouverné pendant un an. J'étais un ministre d'opposition à Emmanuel Macron, un ministre de cohabitation. Je me suis opposé régulièrement sur l'Algérie, sur les visas, sur l'immigration. Donc j'étais anti-macroniste. Eux ont accompagné M. Macron depuis le départ. On a quand même constaté des convergences
avec Edouard Philippe hier. Lesquelles
?
Quand même, tous les deux, vous voulez travailler plus longtemps. Tous les deux, vous voulez moins de normes. Tous les deux, vous voulez baisser le coût du travail. Qu'est-ce qui vous empêche d'être unis ? Tout
le monde, franchement, sur ces points-là, à part Mme Tondelier, M. Mélenchon, même M. Gabriel, comment dirais-je, Raphaël Glucksmann, on était assez convergents. Ce qui nous empêche d'être unis, je vais vous le dire, vous savez si les sondages aujourd'hui... ont une dynamique pour M. Mélenchon, pour Mme Le Pen. C'est parce que les Français veulent une rupture. Et les Français n'auront pas une rupture. Édouard Philippe, ce n'est pas la
rupture ?
Mais non, parce qu'il ne parviendra pas. Je ne remets pas en cause ses qualités, mais il ne parviendra pas à se décontaminer de l'ère macron. Vous
incarnez davantage la rupture ?
Bien sûr, je l'incarnerai. Et ça s'est vu hier. Parce que moi, je ne propose pas seulement des réformes. Je propose... Vraiment de changer de système. Une rupture profonde.
On va revenir à Edouard Phil dans un instant parce qu'il les appels à la primaire se font de plus en plus entendre. Mais d'abord, je voudrais une petite précision puisqu'on parle du MEDEF. Le patron des patrons, Patrick Martin, propose d'augmenter la TVA pour faire baisser les cotisations sociales et ainsi remonter les salaires. Est-ce que vous êtes pour ? Est-ce que vous êtes contre ?
Moi, j'ai ma solution. Cette solution qui n'est pas celle-là précisément. La
TVA sociale pour le dire. Je
l'ai exposée grâce à des économies. Je considère qu'avant la 36e heure, les gens payent leur dû. à la société, c'est-à-dire des cotisations patronales et sociales. Mais à partir de cette durée-là, la 36e heure, plus personne, plus de cotisations sociales, ni pour l'employeur, ni pour le salarié.
En 2017, vous disiez que c'était intelligent, la TVA sociale. Mais plus tard, en 2024, au gouvernement, vous parliez de conditions strictes. Vous disiez, attention, perte de pouvoir d'achat. Donc, pour vous, la TVA sociale, c'est non. Que ce soit clair. Et
réfléchir, pourquoi pas. Le meilleur moyen, je pense qu'il faut qu'on parvienne à ne pas faire peser toutes les charges, notamment de solidarité, sur le travail. Et moi, je veux faire payer les importations. Donc ça, il faut y réfléchir. Mais pour le pouvoir d'achat, j'ai proposé une solution. Il faut accepter de travailler un peu plus. Et avec une demi-heure de plus par jour, on pourrait donner quasiment... deux mois de salaire de plus. Vous vous rendez compte pour chaque Français. Ça, c'est du pouvoir d'achat. Mais il faut lier le pouvoir d'achat au travail. Moi, je veux être le candidat du courage, de la vérité. Et je dis aux Français, c'est possible de gagner bien plus, mais il faut travailler un peu plus.
Je reviens à Edouard Philippe un instant. Des voix s'élèvent dans votre camp, Valérie Pécresse, Jean-François Copé. Ce matin, c'est Hervé Morin sur France Info Canal 16 qui lance un appel à une grande primaire de la droite et du centre. On va l'écouter.
La situation actuelle, c'est une machine à perdre exceptionnelle. Personne ne se détache. Personne ne peut revendiquer d'avoir une espèce d'élan populaire absolument considérable qui fait que, en quelque sorte, le match est plié.
Il faudrait une grande primaire. Qu'est-ce que vous lui répondez? Partir aussi nombreux? Vous êtes 5 dans l'espace du Bloc central. C'est beaucoup. C'est l'assurance de la défaite.
Écoutez, d'abord, Hervé Morin est un ami. Ensuite, je n'ai jamais dit non par principe à la primaire. Jamais. Ce que j'ai dit seulement, c'est qu'entre ceux qui ne veulent pas de la primaire, par exemple, Édouard Philippe... La peur de la primaire
pour vous ?
Je ne sais pas, il faut lui demander, vous lui poserez la question. Vous le pensez, vous ? Entre ceux... Je ne pense rien, je ne suis pas dans sa tête. Je suis bien assez à faire avec cette campagne. Entre ceux qui veulent ou pas la primaire et ceux qui, voulant la primaire, veulent... Des périmètres différents. Certains veulent Mme Knafo, d'autres pas Mme Knafo, d'autres que ça aille jusqu'à moi ou avant moi, peu importe. Mais quand vous dites pas
opposition de principe, vous avez entendu Gabriel Attal, il ne l'écarte plus, on sent qu'il va faire des propositions. Vous dites chiche, je suis prêt à aller à la compétition interne. Je
ne veux pas m'embourber. Je ne veux pas m'embourber dans des polémiques, justement, que je trouve politiciennes. Ça, c'est une affaire de tambouille. S'il y a une primaire... Je l'affronterai. Vous savez, depuis un an, j'ai affronté à deux reprises le suffrage interne de nos adhérents. J'ai peur d'aucune compétition. Simplement, aujourd'hui, je n'y crois pas parce que je vous en ai exposé des raisons. Mais s'il y en a une,
vous irez. Vous l'avez dit ce matin. Mais
je ne refuse aucune compétition.
Vous avez eu des mots très forts sur la France insoumise. Bruno Retailleau, parti de collabos avec les ennemis de la France, avez-vous dit. Ces gens préfèrent pactiser avec les islamistes plutôt que de protéger les Français. Les mots sont lourds de sens. Bruno Retailleau, est-ce que pour vous, c'est un parti qui doit être traduit dans les tribunaux ou même interdit
? En tout cas, certains de ses membres sont déjà devant les tribunaux. D'ailleurs, j'ai entendu que M. Delogu, qui s'en était pris à des policiers, a fait 8 heures de garde à vue. Vous savez qu'un autre, le fondateur de la jeune gare, qui est impliqué dans le meurtre de Quentin de Ranc à Lyon, a des comptes aussi à rendre à la justice.
Donc il faudrait l'interdire, la France nationale ?
Je me souviens du plaidoyer, justement, d'un grand avocat, Malka, passionnément antisémite. Oui, c'est malheureusement un parti qui propage l'antisémitisme, sous le masque de l'antisionisme, quand M. Mélenchon se gargarise avec des mots mettant... en cause les noms à consonance juive. Personne ne se révolte. Souvenez-vous, Jean-Marie Le Pen en 1989, il avait fait la même chose avec des journalistes qui avaient des noms à consonance juive. Donc vous maintenez
vos propos, ils auront l'occasion les insoumis de vous répondre, bien évidemment. Et
je les précise même, parce que quand Mme Rima Hassan veut qu'on enlève... les protections antiterroristes, notamment contre l'islamisme, sur le délit d'apologie pour l'islamisme, je pense que oui, elles préfèrent la protection des islamistes à la protection des Français.
Et ils vous répondront. Merci. Merci Bruno Retailleau d'avoir été des nôtres sur France 2 dans les cas de vérité. merci à tous les deux. Merci également à Frédéric Chevalier pour la traduction en langue des signes.