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Jean-Luc Mélenchon sera cet après-midi devant les patrons du MEDEF, le premier d'entre eux. Patrick Martin dénonce ce matin dans Le Parisien les théories fumeuses et dangereuses de l'effacement de la dette publique. C'est pourtant la proposition de Jean-Luc Mélenchon qui demande à la Banque Centrale Européenne de mettre au congélateur une partie de la dette française. Avec quel argument vous allez pouvoir essayer de convaincre les autres pays européens de voter ce gel de la dette ?
Alors ça sera demain, déjà le VDF, mais enfin ça c'est un détail. Tout simplement parce qu'on est dans un moment où la question de la dette va devenir effectivement problématique. Je dis ça parce que contrairement à ce qu'on nous dit depuis des années, vous savez François Bayrou qui nous disait que le FMI était aux portes, la faillite, etc. La dette française aujourd'hui elle est assumable. Les marchés prêtent facilement à la France parce que c'est un pays sûr, etc. Sauf que les taux d'intérêt remontent et qu'en même temps il va falloir beaucoup d'investissement. sur la question, notamment climatique, pour tous les pays européens. Donc se repose la question, en gros, de qui détient la dette. Et à travers cette image de congeler ou de brûler la dette, on parle de la dette Covid, vous savez, la dette qui a été prêtée directement aux États. par la Banque Centrale Européenne et qui nous permet effectivement de la gérer comme nous souhaitons, d'être pas soumis aux aléas du marché. Et je pense que pour l'avenir, se pose cette question, déjà arrêtons de dilapider cette dette Covid, savez-vous que 50 milliards d'euros par an sont enlevés de cette enveloppe qui représente aujourd'hui à peu près 600 milliards d'euros, qui est détenue par la Banque de France, et puis surtout à l'avenir, moi ce que je pose comme question, ce que je demande, c'est que la France s'adresse à ses partenaires européens, elle ne le fait pas, pour renouveler un achat de programme et de permettre... justement ces investissements.
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Ça veut dire que vous imaginez vraiment prendre demain votre bâton de pèlerin et aller tenter de convaincre l'Allemagne, les Pays-Bas de vous soutenir pour faire annuler une partie de la dette ?
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Oui, absolument. Si on gagne l'élection et que je suis ministre à Versy, je me vois très bien le faire. Et vous savez pourquoi ? Parce que de plus en plus de pays européens ont les mêmes problèmes que nous. Même l'Allemagne, figurez-vous. Depuis longtemps, on nous dit que l'Allemagne, c'est un pays sûr qui ne veut pas s'endetter. Aujourd'hui, elle s'endette parce qu'elle a besoin d'investir. Donc je pense que la réponse de dire, au lieu d'être soumis... Comme c'est la règle depuis les années 80 au marché, avec la pression que peuvent faire les marchés quelque part, prêtons-nous nous-mêmes la dette sur laquelle justement on pourra intervenir, en taux d'intérêt, en report, en annulation, voire en annulation, et bien je pense que plusieurs pays européens peuvent y être sensibles, mais la France ne le fait même pas.
Roland
Lesquieu aujourd'hui ne veut même pas le faire.
Mais quand on voit que le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la Grèce, la Grèce, l'Union Européenne lui a mis le couteau sous la gorge pour faire des réformes et réduire son déficit, ils n'ont pas demandé l'annulation de la dette, et aujourd'hui au nom de quoi la France pourrait s'exonérer ? de la dette.
Simplement, on lui a mis le couteau sous la gorge à l'époque et donc le pays s'est considérablement appauvri. Mais la question qui se pose aujourd'hui, c'est que vous avez remarqué qu'il y a une autre dette qui existe. plus fondamentale, c'est la dette écologique. Et chaque année, elle va nous coûter de plus en plus cher. Je lance aujourd'hui une commission, une mission d'information à l'Assemblée nationale pour savoir, par exemple, la canicule, les incendies, combien ça coûte. Chaque année, au fur et à mesure qu'on n'agit pas, et on n'agit pas, ça va coûter beaucoup plus d'argent qu'on pouvait le prévoir. Et donc ça, on ne va pas pouvoir se le payer sans, à un moment donné, de prêt, sans d'emprunt, etc. Donc se repose la question, je vous le dis, de est-ce que là-dessus on est soumis au marché dont les taux d'intérêt augmentent, donc là ça devient un problème, ou est-ce qu'on a des nouvelles règles ? Moi je pense que ce qui a été fait pendant le Covid pourrait être fait maintenant.
Mais la BCE ce n'est pas une surcussale du gouvernement français, elle est indépendante. C'est un problème d'ailleurs. Les traités européens encadrent strictement le financement monétaire des États, on n'est donc pas dans une simple opération technique. Est-ce que vous demandez une modification des traités européens ?
Bien sûr, il faudrait modifier les traités européens pour le permettre plus vite. facilement, justement, et qu'on puisse revenir à des types de circuits du trésor, comme c'était la règle en France dans les années 70-80. Avant, ce n'était pas au marché. Sur les marchés sur lesquels on comptait, on comptait sur nous-mêmes. Ça a été complètement dérégulé de façon à pouvoir faire en sorte de faire bénéficier au marché. des prêts faits aux États, parce que ça leur rapporte beaucoup d'argent, je pense qu'il faut revenir là-dessus. Oui, ça veut dire qu'il faut réformer les traités européens, mais en attendant de réformer les traités européens, la Banque Centrale Européenne l'a fait pendant le Covid. Et moi, je pense que c'est une question politique, ce n'est pas une question technique. Si demain, tous les États européens, ou en tout cas les plus importants, disent à la BCE, écoutez, nous, on a besoin de cet argent. Monsieur Draghi l'estime que c'est 800 milliards d'euros d'investissement nécessaire. Vous voyez bien qu'on ne peut pas le payer sans un moment donné emprunt. Je pense qu'on peut y arriver.
Il y a aussi une question de confiance des marchés. La France, elle continue et elle doit continuer à emprunter chaque année. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que l'annulation d'une partie de la dette pourrait faire monter la prime de risque française et donc les taux auxquels nous empruntons ? Ça n'a aucun
rapport. Ça n'a aucun rapport. La prime de risque que vous appelez, c'est-à-dire les taux sur lesquels ils se font, par exemple, qui sont en train d'augmenter sur 10 ans, ils augmentent au niveau international pour des raisons qui sont tout autres. La France, aujourd'hui, par rapport à des investisseurs, donne confiance. Ce qui se passe, c'est que les taux d'intérêt augmentent et que bientôt la charge de la dette va effectivement... commencer réellement à nous coûter trop cher par rapport à nos possibilités. Et le fait que sur notre propre dette, comprenez, c'est nous qui possédons cette dette, on décide d'en annuler une partie, d'en reporter une autre, etc. Ce n'est pas ça qui va modifier l'attitude des marchés. Ça, je crois que c'est… Il ne faut pas dire ça. J'ai vu que M. Lecornu le disait, ce n'est pas bon pour le pays de dire ça.
Les chefs d'entreprise sont aussi extrêmement inquiets concernant l'absence éventuelle d'un budget 2027. Jean-Luc Mélenchon a d'ores et déjà dit qu'il le sent. Donc c'est la censure, quoi qu'il arrive, quoi que dise aujourd'hui Sébastien Lecornu ?
On sait ce qu'il dit, fiorez-vous, il y a un budget qui est arrivé en juillet, ça s'appelle le tirer à part, et qui nous dit qu'il y aura en gros 6 milliards d'économies, 6 à 8 sur la sécu, 6 milliards sur les collectivités et 6 milliards sur l'État. Avec des conséquences et que par exemple on ne pourra pas faire face avec ce budget. aux conséquences des incendies et aux matériels et aux besoins humains nécessaires pour y faire face. Bon, ce budget, on le connaît. Le gouvernement, une fois de plus, va tenter de passer par 49-3. Vous pouvez remarquer que ça fait des années qu'on ne le vote pas. Comprenez que dans ces cas-là, on est le droit de le censurer. C'est Bassin Lecornu,
il dit que non, il veut une discussion.
Il veut une discussion, mais à chaque année, sa discussion, aussitôt que le Parlement décide des choses différentes de celles qu'il a proposées, ça fait quatre ans qu'on nous fait le coup du 49-3, on n'a pas le droit de voter le budget. parce que ce gouvernement est minoritaire. Parce que ce gouvernement est minoritaire et propose une mauvaise politique, on ne va pas nous... céder à une espèce de chantage qui est de dire, vous devez absolument voter notre budget. On
sait que le prochain chef d'État pourra faire voter un projet de loi de finances rectificative, une fois élu. Il pourra donc y mettre sa touche. Alors pourquoi alors ne pas voter un budget, même s'il est un complet, même s'il est imparfait ?
Parce que ce n'est pas un bon budget. Mais mieux vaut
un budget moyen que pas de budget du tout ?
Une année spéciale, c'est 15 milliards d'euros en plus ? Ce n'est pas un budget moyen, c'est un budget qui ne répond en rien aux besoins des Français. Par exemple, Il va éventuellement, je veux dire, pénaliser les retraités à 2000 euros par mois qui sont les nouveaux privilégiés selon le gouvernement. Et il ne touche pas aux dizaines de milliers des plus fortunés de nos concitoyens qui payent moitié moins d'impôts proportiellement à leur revenu, leur patrimoine, que la moyenne des Français. Vous trouvez ça normal ? Là, il y a des dizaines de milliards à récupérer. Par exemple, il ne va pas mettre l'argent nécessaire sur les questions de canicule et d'incendie. Tout ça ne tient pas la route. Et ne nous demandez pas opposition de voter sur un budget proposé par des minoritaires, qui est un mauvais budget.
Les patrons redoutent aussi un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. C'est en ce moment ce qui tient l'accord dans les sondages. Les deux font peur. Est-ce que ce n'est pas gênant pour vous d'être envoyé dos à dos avec Marine Le Pen ? Je ne suis pas
sûr, parce que le MEDEF ne représente pas tous les patrons. des rapports avec les PME, les TPE, qui considèrent qu'une politique de relance de l'économie qui va alimenter leur carnet de commande n'est finalement pas trop mauvais pour eux. Donc attention, on va parler des patrons en général. Et moi, je ne sais pas si le MEDEF redoute ce deuxième tour. Ce que je sais, moi, ce que je redoute, c'est la poursuite du macroniste qui a fait tant de mal au pays. Ça, ça ne va pas arriver. Et face à ça, je crois qu'une force de gauche... écologique, républicaine, sociale, vaut évidemment mieux que l'extrême droite. Ça devrait être ce que dit le patronat.
Ça, ça peut être Raphaël Guxman, qui est candidat depuis quelques jours.
Vous pensez que c'est une force de gauche écologique, sociale, républicaine ? Il dit
en tout cas que c'est une force de gauche écologique et sociale. Moi, j'ai pris l'impression que c'est le
prolongement du macronisme, mais pour l'instant, de toute façon, on va déjà attendre la primaire socialiste pour savoir quel candidat viendra de ce côté-là de la gauche. Jean-Luc Mélenchon est
au second tour dans les derniers sondages, mais il se fait systématiquement battre, et de loin, par Marine Le Pen. Il y a un plafond vert pour lui ?
Oui, comme le rassemblement. le national était vainqueur des élections de juillet 2024 sur les législatives, jusqu'à 19h55, on a eu les vrais résultats. Je ne crois pas à ces deuxièmes tours avec tel différentiel, et si on est au deuxième tour... Ce qui sera le cas, on va gagner cette élection.
Une toute dernière question. Le maire insoumis de Saint-Denis, Bali Bagayoko, est visé par une enquête du parquet national financier pour détournement de fonds publics. Il est soupçonné d'avoir cumulé un emploi fictif ou irrégulier à la RATP avec ses mandats électifs. Vous pointez une affaire politique. Vous dites notamment qu'il est visé parce qu'il est noir. Est-ce que vous avez des preuves de ce que vous avancez ?
Je n'ai pas exactement dit ça. Il cumule différents points négatifs. Mais vous avez dit qu'il était aussi attaqué parce qu'il est noir. C'est un maire d'une grande ville noire, issu des quartiers populaires de sa ville, insoumis. et en plus qui a pris la vie le socialiste. Voilà, c'est ces quatre éléments qui fait qu'aujourd'hui, et comme depuis son élection, on lui tape dessus à coup d'attaque raciste, à coup d'attaque discriminatoire. Mais vous dites que la justice
est raciste ?
Non, c'est pas ce que je vous ai dit. Si il est
visé parce qu'il est noir, c'est que la justice est raciste.
Non, c'est pas ce que je vous ai dit. Je vous dis que la plainte qui a été faite aujourd'hui, qui est un montage, parce qu'en gros on l'accuse dans les années 2000 d'avoir été un élu local qui continue à travailler en même temps. Vous allez me dire quel élu local aujourd'hui ne travaille pas en même temps qu'une activité. d'élu qui ne peut pas faire vivre un élu. Mais quel est le rapport avec sa
couleur de peau ?
Moi, je pense que Balibagayoko est visé depuis qu'il est élu, notamment en fonction du fait qu'il est noir. Mais sur cette affaire
-là, parce que cette enquête, elle s'inscrit dans un cadre qui est beaucoup plus large, qui touche 200 élus. Ce sont des élus parisiens et franciens. Comment ça se fait que... Donc, Balibagayoko, il n'est pas le seul à être visé. Bien sûr, Balibagayoko, il y a eu ça.
Il y a eu soi-disant des incoïntances avec les narcotrafiquants totalement inventés. Il y a eu le fait qu'il s'était permis de dire que les fonctionnaires de la municipalité devraient appliquer son programme. Et tout ça est considéré... comme scandaleux, tout ça n'est pas considéré comme scandaleux quand vous êtes un maire macronistes ou de droite, bien comme il faut, dans une ville, ça, il n'y a pas de problème. Par contre, quand vous êtes le maire de la deuxième ville de l'île de France et que vous avez toutes les caractéristiques de Balibagayoko, y compris de son appartenance sociale et à Léfi… Mais je ne vois toujours pas le rapport avec sa couleur
de peau concernant cette affaire-là. Je vous expliquerai pourquoi quelqu'un… Concernant cette affaire-là. Ou alors, effectivement, il faut apporter des preuves, Récoquerel. Les
preuves, c'est peut-être qu'ils subissent des choses que les autres ne subissent pas. Donc expliquez-moi pourquoi ils subissent ces choses-là. Il
y a 200 autres élus qui sont visés dans cette affaire. C'est le
balibail dont on parle. Pour une affaire, je vous le rappelle, c'est le fait qu'il ait continué à occuper un emploi quand il était adjoint même dans les années 2000. L'enquête
donnera son... Ça
ne donnera rien. Le tout, c'est qu'on en parle maintenant et que, évidemment, ça affaiblisse un des soutiens de Jean-Luc Mélenchon. Tous les jours, on aura des coups comme ça.
Éric Coquerel défend ici une ligne politique clairement ancrée à gauche, davantage de redistribution, un renforcement des services publics et une remise en cause des choix économiques du gouvernement. Mais derrière ce discours se pose une question essentielle, jusqu'où peut-on augmenter la dépense publique et la fiscalité sans fragiliser davantage les finances de l'État ? Une interrogation qui rappelle les débats de Raymond Aron sur les limites de l'idéologie face aux réalités économiques. A l'inverse, la position de Coquerel repose sur l'idée que réduire les inégalités nécessite d'abord de faire davantage contribuer les plus hauts revenus et les grandes entreprises. Le débat dépasse donc la personne d'Éric Coquerel, faut-il privilégier la rigueur budgétaire, ou accepter davantage de dépenses publiques pour répondre aux urgences sociales ? Comme le rappelait Pierre Mendès France, gouverner implique aussi de confronter les convictions aux réalités.
Et si le véritable problème politique français venait directement de ces institutions ? Depuis 1958, la Ve République a apporté stabilité et efficacité. Mais aujourd'hui, concentration du pouvoir, crise démocratique et défiance des citoyens posent une question essentielle. La France a-t-elle besoin d'une sixième république ? Dans cet e-book découvre l'histoire, les failles et les grands débats autour de l'avenir institutionnel français. Clique sur le premier lien dans la description de la vidéo pour accéder au livre
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