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Longtemps, nous avons cru qu'il était invincible. Il faut dire que la vie allait très bien à François Patria. Il était la vie. Et toutes ces vies, tous ces chemins parcourus convergent dans cette collégiale aujourd'hui et vous en êtes les présences et les visages. Pour dire cela autour de son épouse, Elisabeth, de ses enfants, Grégory, Frédéric, Maï, de ses frères, de ses soeurs, de ses petits-enfants, de la famille et des amis. Oui, il était la vie. Il était la Bourgogne aussi, et vous l'avez parfaitement rappelé. Il est tombé sur un de ses chemins qui lui était si familier et qu'il aimait en parcourir. à vélo pour chasser. Et il est parti, au temps des vendanges. Il n'y a pas de hasard. Il disait lui-même qu'il était Bourgogne AOC, avec un père des époisses et une mère de Gevray-Chambertin. Il est vrai que François Patria était entre appellation et climat. un enfant de cette terre, et vous l'avez chacune et chacun dit, qu'il a tant arpenté, tant aimé, tant porté. Il en aimait la terre, il en aimait la nature, il en aimait le peuple. Et au fond, quand on se remémore, François, avec chacune des expressions, on le dit, c'est la fidélité, la passion, le sens du combat, la vie. La vie. C'est la vie sans choix, c'est la vie et toutes les vies en même temps. Vous l'avez dit aussi, pourquoi choisir quand on aime la vie ? Alors oui, il a été pendant des années Durand, vétérinaire et engagé politique. Il a été ce vétérinaire, comme il le disait lui-même, césarienne à gauche, pas de cassé à droite, qui avant même le début du jour était appelé... Et bottes et manches retroussées parcouraient de ferme en ferme, construisant à la fois cette connaissance, ce sens des hommes qu'il n'a jamais quitté et qu'il a accompagné durant tous ses combats. Et l'après-midi, l'engagé politique était là, repentant les marchés, les réunions publiques, mobilisant, sans trêve. Et quel parcours ! Engagé au Parti Socialiste dès 1974, devenant conseiller général dès 1976, son frère vient de redire tous les mandats réunis, mais oui, trois décennies au Conseil Général. Cette Côte d'Or qui lui met tant. Député 17 ans, sénateur 18 ans, président du Conseil Régional pendant 11 ans. Maire aussi, je n'oublie pas, pendant 12 années. Et ministre des PME puis de l'agriculture. Sa vie au service des Françaises et des Français n'était pas une vie de dossier, de choses qu'on accumule. Non, c'était une vie au service des femmes et des hommes qu'il aimait. Une vie de connaissance, de terrain, qui se jaugait au regard. qui se disait par l'engagement réel. Alors oui, il fut l'homme de plusieurs en même temps. Quand il a fallu, il y a plus d'un quart de siècle maintenant, essayer de réconcilier le combat qui n'est jamais totalement terminé, les écologistes les plus virulents et les chasseurs, Nel Jospin fit appel à lui. Et avec ce savoir-faire inouï, fait tout à la fois de courage, d'une connaissance intime des dossiers et d'une capacité à rassembler les femmes et les hommes, voilà François Patria qui montre que l'opposition est factice et qu'on peut réconcilier ces deux chemins puisque les deux conduisent à la même chose, aimer les ruralités. Et il aura durant ces décennies durant, avec beaucoup d'entre vous, bâti une action politique. pour cette France des ruralités, lui apportant des solutions concrètes, refusant les oppositions simplistes et le faisant avec une bienveillance républicaine. Ça a été aussi rappelé, il fit partie des quelques mitterrandos rocardiens. Il faut bien avouer, il ne constitue pas la majorité du genre. Mais c'était ça, enfin. une fidélité à des hommes, un attachement à des idées, alors pourquoi choisir encore ? Puisque c'était la vie et c'était son engagement. Et je dois dire que lorsque d'aucuns parlaient il y a un peu plus d'une décennie d'un nouveau monde politique, beaucoup furent surpris de voir ce sénateur qui avait déjà quelques décennies de vie politique en devenir le chante ou le porte-parole. Ce n'était pas tout à fait naturel, mais il l'a fait en même temps, parce qu'il était libre et tout à la fois fidèle. Parce que François Patria, c'était cet homme de conviction, de combat mené jusqu'au dernier sénatorial de 2020, où beaucoup lui prédisaient le pire, mais passant l'été, commune après commune, il allait convaincre chacun avec le même style, avec le même engagement. Alors comment ne pas dire ici tout ce que je lui dois, oui, comme ami pour la France. Depuis 12 ans, nous ne nous sommes jamais quittés. Il fut de tous les combats et arrivant ministre, comme beaucoup depuis l'ont vécu, derrière le banc il y avait François Patria. Il était là. Et il soutenait, il encourageait, parfois il corrigeait. On se retournait et il était là. Alors quelques mois plus tard, lorsque le 6 avril 2016, ce mouvement En Marche, vu comme étrange par beaucoup de monde, se créait à Amiens, aux côtés de Richard, Gérard, Christophe, Jean-Jacques, Corinne, Parisa, Stéphane, Alexis ou Julien et tant d'autres. Il était là. Il a souvent raconté lui-même cette anecdote que prenant sa voiture de Bourgogne pour rejoindre Amiens, il allait d'abord à la cathédrale pour y mettre un cierge. Un socialiste qui croit à la Providence. Il reconnaîtrait avec moi que ça dit aussi beaucoup de choses. Et il ne lâche jamais. Jamais le combat. Et je me souviens, comme si c'était hier, il y a bientôt dix ans maintenant, de ce jour de l'automne 2016, où l'appelant, comme nous le faisions souvent un samedi soir, un peu tard, je lui demande, par une question rituelle, comment tu sens les choses ? Et d'avoir au bout du fil un François Patria qui me répond, je suis en train de mourir. C'était l'accident entre le stade. Et la maison. Brant le bas de combat, tout le monde se mobilisa, François l'invincible avança. Et il n'a jamais cessé ce combat. Il le fut de toutes ses campagnes, celle de 2017 comme celle de 2022, réunissant les trois François, comme il aimait à le dire, sur ses terres. Et chacun se souvient ici aussi. de celui qui devint le président du groupe au Sénat durant toutes ces années, accueillant les collègues, construisant le collectif, étant aussi pour beaucoup des collaboratrices et des collaborateurs du groupe un mentor, et de Paris à la Bourgogne, il en laisse beaucoup, je le sais, orphelins. Je n'oublie aucune de nos visites, aucun de ces moments. jusqu'en février dernier aux Ursulines, où il était toujours le même, joyeux, fidèle. Multipliant les histoires et ne cédant jamais rien, il a mené durant toutes ces années toutes les campagnes. Il l'a fait comme vous le connaissez, avec ce même engagement, ce même goût des autres, ce même sens des autres. Il l'a fait en doutant chaque matin, mais en repartant avec la même vigueur chaque soir. Et il l'a fait... Avec bienveillance et fidélité. La bienveillance, son frère l'a rappelé. Je continue à croire qu'elle est ce que nos compatriotes attendent de la vie politique. Cette bienveillance, il l'a incarnée durant toutes ces années. Et avec fidélité, à chaque fois que je me suis retourné, François était là. Et il l'a toujours été pour tous ses amis. Fidèle. Et il ne pensait pas, comme parfois les temps le dictent, qu'on passe pour intelligent en mettant des mais après le oui, ou qu'on tempère ses engagements pour paraître plus audible ou plus acceptable. Non, il était fidèle tout entier. Respecté de ceux qui ne partageaient pas ses idées, acceptant toujours la controverse, mais fidèle tout entier. Ne comptant pas ses heures. Et oui, dans des temps où beaucoup pensent que l'inventaire vaut mieux que d'assumer bravement, il assumait bravement. Là où beaucoup pensent que l'esprit de défaite a déjà gagné, lui, il se battait. C'est ça, Fonfon. Et c'est ce que vous avez connu, chacune et chacun. dans le combat politique national, local et dans toutes les missions qu'il a exercées. On se retournait et il était là. C'est vrai de sa famille, c'est vrai de ses amis, c'est vrai de la Bourgogne, c'est vrai de nous tous. Il est de ses présences d'ailleurs qu'on ne vérifie pas, parce qu'on les sait bienveillantes, inquestionnables. Alors pourquoi devrait-on s'habituer à ce qui ne soit plus là ? Alors je me souviens de son regard bleu qui disait, oui, la douceur et la détermination, ensemble, de ce teint toujours allé qui rappelait ses chasses, ses sorties de vélo, ses parties de golf. Et de cette voix toujours à la cavalcade. comme dans un souffle, qui ne se terminait pas et qui n'aimait pas finir. D'ailleurs, François Patria n'aimait pas terminer. Il ne savait pas rentrer, il ne savait pas finir. Je me souviens de ce cœur qui va. Et je le revois, s'indigner, parler de la Bourgogne, de la chasse, du vélo, de Grand Cru, de politique, de ses amis. Et de tout le reste, de la vie, en somme. Fanfan, c'était la vie. Alors merci Fanfan. Après le temps des témoignages...
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