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Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien. Depuis 2019, Codesource est un nouveau podcast d'actualité chaque soir de la semaine, du lundi au vendredi. Je suis ravi de vous retrouver pour une nouvelle saison. Il espère être le champion des sociodémocrates à la présidentielle 2027 au printemps. Raphaël Glucksmann a annoncé le 23 août être candidat. Pour ça, il devra gagner d'abord la primaire interne, organisée par le PS et par son propre parti, Place Publique. Ce sera mi-octobre, avec face à lui notamment la socialiste Ségolène Royal. Qui est Raphaël Glucksmann ? Pourquoi cet intellectuel, auteur d'essai et documentariste, s'est-il engagé en politique en 2018 ? Quelles sont ses valeurs ? Comment va-t-il faire campagne ? On fait le point dans Code Source aujourd'hui avec Julien Duffet du service politique du Parisien, l'un des journalistes.
Oui, je suis candidat à l'élection présidentielle. Vous savez, je ne prends pas cette décision à la légère, surtout pas dans le moment qu'on est en train de traverser.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Alors on va revenir sur cette annonce de candidature à la fin de ce podcast, mais d'abord on va raconter en résumé qui est Raphaël Glucksmann et comment il en est arrivé là politiquement. Julien, Raphaël Glucksmann est né le 15 octobre 1979 à Boulogne-Biancourt près de Paris. Fils unique, ses parents sont des intellectuels et son père est connu, on le voit souvent à la télé.
Oui, André Glucksmann, il fait partie de ce qu'on appelle la bande des nouveaux philosophes, avec d'autres comme Bernard-Henri Lévy ou Alain Fickelkraut qu'on connaît encore aujourd'hui. Et Les nouveaux philosophes, c'est à la fois un courant philosophique, mais aussi un phénomène médiatique. André Glucksmann, c'est un ancien militant révolutionnaire, maoïste, donc très à gauche, mais qui va se détacher de cette idéologie du marxisme, notamment pour avoir une critique très virulente des totalitarismes, notamment de l'Union soviétique. Il est très reconnaissable, André Glucksmann, à sa large chevelure brune, un peu au bol, on pourrait dire. Il va s'engager dans le débat public dans les années 70, ça va être une des figures médiatiques de ces nouveaux philosophes.
André Glucksmann vient d'une famille juive ashkenaz née en 1937. Il a échappé à la déportation pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est un intellectuel médiatique. La mère de Raphaël Glucksmann, elle, n'est pas connue du grand public. Françoise, elle travaille dans le cinéma. Elle est scripte et monteuse. Julien, quelle est l'ambiance à la maison dans leur appartement du 10e arrondissement de Paris ?
C'est un lieu assez particulier, c'est un appartement avec des livres partout, des photos sur les murs, et c'est surtout une sorte de ruche où défilent en permanence des intellectuels, évidemment, que ses parents reçoivent à dîner, mais aussi beaucoup de réfugiés du monde entier, des réfugiés des pays de l'Est, des opposants au régime communiste, des militants latino-américains, des femmes algériennes, ça va beaucoup marquer Raphaël Glucksmann. Il devait d'ailleurs souvent laisser son lit pour accueillir ses invités de passage. Et donc cette atmosphère à la fois cosmopolite, très intellectuelle, ça va évidemment marquer le jeune Glucksmann, et puis aussi sa relation avec ses parents, qui vont en fait le considérer très tôt comme un adulte. Et d'ailleurs il n'appelle pas ses parents papa et maman, mais il appelle son père Gluck et sa mère, qui s'appelle Françoise, il l'appelle Franfan.
Jusqu'à ses 15 ans, le jeune Raphaël Glucksmann ne lit que l'équipe, il est fan de football, mais il s'intéresse au reste de l'actualité à partir de 1994, le génocide rwandais. Ses parents ont CNN et il voit ce génocide presque en direct à la télévision. Très bon élève, il fait une classe préparatoire littéraire, Hippo Cagnes et Cagnes au lycée Henri IV à Paris, puis Sciences Po Paris. Julien, après ses études, Raphaël Guzman travaille d'abord près d'un an dans un journal en Algérie, puis il se lance dans un documentaire sur le Rwanda avec deux amis.
Oui, il va se plonger pendant des mois sur cette histoire terrible du génocide du Rwanda. En 1994, on se rappelle, en 100 jours, il y a 800 000 personnes qui sont en majorité, enfin en large majorité d'ailleurs des Tutsis, exterminés par l'autre communauté du pays qui sont les Hutus. Et ça va être une obsession pour Raphaël Glucksmann qui va se plonger dans tout ce qui s'écrit, se dit, mais aussi dans les auditions des parlementaires de l'époque sur le sujet. Et il va réussir finalement à se faire financer un documentaire par quelqu'un qui s'appelle Michel Hazanavicius, qu'on connaît bien puisque ça va être le réalisateur plus tard de films comme The Artist ou C-117. Et comme guide pour ce documentaire, il va avoir une réfugiée rwandaise qui va devenir son amie à partir de 20-22 ans, qui s'appelle Annick Kaïté-Sijozan. Et avec elle, il va retracer un peu l'histoire tragique de sa famille, de ses parents exterminés. Et il va aller dans les cimetières, dans les fosses communes, sur les traces des assassins de la famille de son amie.
Raphaël Guzman fait en 2004 un premier séjour en Ukraine, où il rencontre le futur président de Géorgie, Myraël Saakashvili, dont il va devenir l'un des conseils. pendant quelques années, à partir de 2008 jusqu'en 2013. 2008, c'était l'année où la Russie de Vladimir Poutine a attaqué militairement la Géorgie. À cette période, il rencontre sa première épouse, une femme politique géorgienne, Eka Zguladze, vice-ministre de l'Intérieur, avec qui il a un premier enfant. et dont il divorcera quelques années plus tard. Politiquement, Raphaël Glucksmann se cherche encore. En 2006, il a adhéré en France à un mouvement libéral économiquement.
Oui, ce sera de courte durée, mais effectivement, il va s'intéresser en 2006 à alternatives libérales. Donc c'est un tout petit mouvement politique qui n'a pas à prospérer, mais qui voulait notamment supprimer la sécurité sociale, la carte scolaire ou encore réduire drastiquement les impôts. Bon, il n'y a pas beaucoup d'informations là-dessus, sauf une vidéo où on le voit dans une réunion militante. Il parle beaucoup de politique étrangère et puis de sa déception vis-à-vis de la politique étrangère de la France, notamment de la France de Mitterrand. Là encore, il est très marqué par le Rwanda où il estime que... dans son film, que la France de Mitterrand a une responsabilité énorme dans le génocide. Et donc c'est un mouvement qu'il va fréquenter, mais pas très longtemps, et il ne sera pas notamment candidat aux législatives pour ce mouvement, ce qui avait été un temps envisagé.
Le président géorgien pour lequel il travaillait, Mireille Sakashvili, a perdu les élections en 2013. Raphaël Glucksmann rentre donc en France à ce moment-là, mais il part à nouveau en Europe de l'Est, en Ukraine, au moment de l'Euromaïda, les manifestations pro-ukrainiennes contre les ingérences de Moscou entre novembre 2013 et février 2014.
Et oui, et là il se rend compte du bouillonnement à la fois des militants ukrainiens, leur envie d'Europe et leur peur de la Russie de Vladimir Poutine. Ils se battent contre un accord d'association avec la Russie de Poutine et ça va évidemment beaucoup marquer Raphaël Guzman et ça va être une constante ensuite dans ces combats.
septembre 2015, une photographie choc fait le tour de la planète. Un petit garçon syrien de trois ans qui a fui la guerre en Syrie avec sa famille, mort noyé. Son corps repose près de l'eau, le visage dans le sable, le petit Alan Kurdi. Raphaël Glucksmann est à ce moment-là essayiste et documentariste. Il n'est pas encore un politique. Il appelle à un mouvement citoyen de solidarité avec les Syriens. Il le fait sur Facebook et aussi dans une tribune dans le journal Le Monde le 21 septembre.
Oui, cette tribune s'appelle « La France de l'accueil contre la France du repli ». On est en plein dans ce qu'on appelle la crise des réfugiés. En Allemagne, la chancelière de droite, Angela Merkel, ouvre sa porte à un million de réfugiés. Et lui, Graffel Glucksmann, il s'étonne qu'en France, on soit si timoré face à cette crise. Et sa tribune, elle va susciter des rassemblements un peu spontanés, notamment à Paris. Et pour la petite histoire, il va être poussé à prendre la parole en public. Ça se passera à Place de la République à Paris. contre sa volonté, puisque ce n'est pas quelqu'un qui aime s'exposer, mais c'est un ami de ses parents qu'il connaît depuis tout petit, le cinéaste Romain Goupil, qui va le convaincre à prendre la parole et à s'exposer, à exposer ses idées.
mois plus tard, le vendredi 13 novembre 2015, la France est attaquée. Attentats islamistes de Paris et Saint-Denis qui feront 132 morts et des centaines de blessés. Raphaël Glucksmann vient, lui, de perdre son père quelques heures plus tôt. Le samedi 14 novembre, l'essayiste est invité sur le plateau de France 2 pour une émission spéciale attentat. Et c'est pendant cette émission que lui et la journaliste Léa Salamé... ont un coup de foudre. Ils auront ensemble un garçon prénommé Gabriel. Raphaël Luxman publie donc des essais. Par exemple, en 2015, Génération gueule de bois, manuel de lutte contre les réacs. Et trois ans plus tard, en 2018, Les enfants du vide, de l'impasse individualiste au réveil citoyen. Un livre dans lequel il dénonce, je cite, les échecs du logiciel néolibéral et qui va se vendre à 80 000 exemplaires. Toujours en 2018, Raphaël Glucksmann crée son propre petit parti politique avec d'autres intellectuels, place publique. Et l'année suivante, Julien, le parti socialiste, fait appel à lui pour mener la liste PS aux élections européennes de 2019. Pourquoi ce choix ?
Parce que d'abord, ça ne se bouscule pas, il faut dire, au parti socialiste. Il faut se rappeler qu'on est quelques mois après l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. de la débâcle du PS à la présidentielle puis aux législatives. C'est un PS à l'agonie. Et le nouveau premier secrétaire du PS, qui s'appelle Olivier Faure, il a l'idée de faire appel à ce profil nouveau, un peu atypique. Raphaël Glucksmam va hésiter. Parce qu'en fait, il faut dire qu'il a créé son parti, place publique, son petit parti à l'époque, en réaction au quinquennat de François Hollande. Il avait alors dit texto que le PS était mort, mais il va se laisser convaincre parce que l'Europe, c'est l'histoire de sa vie. Et puis certains de ses lecteurs le pointaient aussi, lui disaient c'est bien de dénoncer, mais il faut aller sur le terrain maintenant. Et tout ça va l'aiguillonner et lui faire passer le pas. Il est comment dans cette campagne électorale ? Franchement, il n'est pas terrible et c'est lui-même qui le dit. C'est quelqu'un qui n'a pas les codes de la politique. Ce n'est pas un orateur né, on l'a dit. Et lui-même va reconnaître qu'il était un peu mauvais pendant cette campagne, un peu emprunté. Et puis, il y a quand même une image qui lui colle à la peau. C'est cette image d'intellectuel parisien, un peu déconnecté des RLT. Et puis, des phrases où il dit, par exemple, qu'il ne se passionne pas vraiment pour la mobilisation des retraites. Il a aussi une phrase qui va un peu le poursuivre, qui est en substance... Quand je vais à New York, je me sens mieux que quand je suis en Picardie, qui est assez honnête, puisqu'il reconnaît qu'il fait partie de cette élite mondialisée. Mais ça va évidemment le poursuivre, notamment pendant cette campagne.
Politiquement, c'est un échec. Sa liste réunit 6% des suffrages. En tant que tête de liste, il est, lui, élu député européen. Il est comment, en tant que député ? Il fait quoi ? Il parle de quel sujet au Parlement européen ?
Il va beaucoup s'investir sur plusieurs sujets. Les droits de l'homme. évidemment les affaires étrangères, le commerce international. Et en 2020, il est élu président d'une commission spéciale sur les ingérences étrangères. Donc là encore, on retrouve ce prisme de lutte contre les ingérences, notamment russes. Et puis, il poursuit ses combats pour l'Ukraine et aussi pour défendre les Ouïghours. Les Ouïghours, c'est une minorité qui est persécutée en Chine. Et ça va entraîner d'ailleurs le placement de Raphaël Glucksmann sur la liste noire de Pékin. Et autour de ce combat, notamment, il va développer sa communication sur Instagram. Il va avoir des centaines de milliers d'abonnés qui vont le suivre, notamment très jeunes. Et il va développer une communication assez novatrice avec des messages, à la fois des textes longs et puis des messages assez courts qui sont noirs sur fond jaune. Ça va participer de son identité politique.
Pour les européennes de juin 2024, il est une nouvelle fois tête de liste d'UPS et de places publiques. Pourquoi ?
Pour plusieurs raisons. D'abord, on l'a vu, il est désormais aguerri, il a trouvé sa place au Parlement européen, il a une légitimité incontestable. Et puis politiquement, c'est aussi quelqu'un qui fait l'unanimité au Parti Socialiste, où les divisions sont légions, et c'est notamment quelqu'un qui rassemble à la fois le patron du PS, Olivier Faure, mais aussi ses opposants internes, par exemple le maire de Rouen, Nicolas Maillard-Rossignol, ou alors la présidente d'Occitanie, Carole Delga.
Raphaël Glucksmann lance cette campagne le 8 octobre 2023. La veille, le 7 octobre, le Hamas a lancé une attaque terroriste de grande ampleur sur Israël. Plus de 1200 morts, un peu plus de 250 Israéliens pris en otages. Raphaël Glucksmann s'indigne que Alefi refuse de désigner le Hamas comme un mouvement terroriste. Et dans les jours et les mois qui suivent, les relations... se tendent entre lui et la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
Oui, Raphaël Gloussman va s'indigner parce qu'il ne comprend pas les réticences de LFI à qualifier le Hamas de terroriste. Il va même parler d'un gouffre moral entre lui et eux. Et inversement, les insoumis vont lui reprocher sa réticence à utiliser le mot génocide. Donc là, on est après la réplique d'Israël, ses bombardements sur Gaza qui font des dizaines de milliers de morts. Et lui... il ne veut pas utiliser le mot génocide, il préfère parler de carnage, et ça va lui être reproché par LFI, notamment une candidate de LFI, Rima Hassan, qui va devenir eurodéputée, qui est d'origine palestinienne, et qui l'accuse, je cite, de bégayer son soutien aux Palestiniens.
1er mai 2024, il est conspué, insulté pendant un déplacement à Saint-Etienne.
On est au cœur de la campagne des Européennes et Raphaël Glucksmann décide d'aller à Saint-Etienne au défilé du 1er mai. Tout se passe bien et puis tout à coup il est pris à partie par des manifestants. On lui jette des projectiles, de la peinture et il entend des cris, il entend « social traître », « PS salaud » et surtout il entend « sale sioniste ». Et là, il y a une sorte de déclic. Il quitte le cortège, il dénonce ses attaques et il dit qu'il a aperçu des drapeaux de LFI dans le cortège et chez ses manifestants. Et plus tard, sur le réseau X, il va être encore plus clair. Il va dire que ses attaques sont le résultat de mois de haine et de calomnie orchestrées par les insoumi. C'est vraiment un tournant, Saint-Etienne ? Oui, c'est un tournant parce qu'on sent qu'il est blessé parce qu'on le renvoie pour la première fois à une identité juive que lui n'a jamais considérée comme centrale, jamais mise en avant. Il a été élevé dans une famille athée et à ce moment-là, il dit qu'il a ressenti de la haine pour ce qu'il était.
Julien, par ailleurs, tu l'as dit, il n'est pas un tribunné. Sur la forme, dans ses discours, est-ce qu'il a progressé dans cette élection ?
Oui, il y a une progression évidente, notamment pendant ses meetings, par rapport à sa première campagne. Je dirais d'abord parce qu'il a beaucoup travaillé ses arguments, notamment comment il relie la souveraineté européenne à l'écologie, au fait d'être moins dépendant des hydrocarbures russes, de la technologie américaine. Tout ça, en fait, il le maîtrise très bien. très bien sur scène. Et puis sur la forme, il faut le dire aussi, il s'est beaucoup entraîné. Il a notamment un coach qui est un de ses amis et qui est comédien, un coach de théâtre. C'est assez étonnant, moi je l'ai vu à Lille où on voit ce coach de théâtre, on se demande un peu qui c'est, qui est debout au milieu de la foule assise, qui fixe Raphaël Glucksmann et qui lui fait des grands gestes pour l'inciter à ouvrir les bras, à regarder davantage. la foule, à avoir une certaine intonation. Donc c'est une sorte de prompteur vivant, on va dire, pour l'inciter à mieux transmettre ses idées sur scène. C'est quand même quelque chose que je n'avais jamais vu.
Le soir du dimanche 9 juin, Raphaël Glucksmann réalise un score honorable, près de 14% des suffrages exprimés. Troisième, juste derrière les macronistes, loin derrière le RN avec 31% pour Jordan Bardella. La liste PS Place Publique de Raphaël Glucksmann devance donc celle de LFI qui est juste sous les 10%. Julien, peu de temps après l'annonce du résultat, il reçoit un appel de sa compagne Léa Salamé. Emmanuel Macron va dissoudre l'Assemblée. Comment il réagit ?
Il réagit mal. C'est un peu les montagnes russes pour lui ce soir-là. On est à la Bellevillois, c'est une salle parisienne où il organise sa soirée électorale. Il vient de réaliser un score... Plus qu'honorable, pour lui, 14%, il dépasse surtout LFI, et pour lui c'est très important. Mais il a à peine le temps d'en profiter de cette euphorie de l'élection, parce que très vite tombe cette décision de dissoudre l'Assemblée. Et là, il va aussi se passer quelque chose d'important, c'est que ses partenaires socialistes, mais aussi les écologistes, puis LFI, vont se mettre tout de suite en mode législatif. Le nouveau Front populaire, qui est un peu la coalition de gauche, Pour les législatives, pour éviter une victoire du RN va se constituer avec LFI, avec le PS, les écologistes et les insoumis. Il va y participer, mais vraiment du bout des lèvres, du bout des doigts, il va signer ce nouveau Front Populaire. On sent en fait qu'il a été un peu mis sur la touche du fait de la faiblesse de son parti Place Publique.
Après cette séquence, il est plus
discret médiatiquement, c'est ça ? En dehors de Bruxelles et Strasbourg, où le Parlement européen siège, on le voit très peu. Il profite de ce mouvement pour structurer son mouvement politique place publique, puisqu'il s'est bien rendu compte que c'est son point faible par rapport à son élée socialiste, c'est un parti qui est trop faible. Et il va aussi multiplier les visites sur le terrain sans presse, sans journaliste, sous les radars, pour s'imprégner et parce qu'il commence déjà à réfléchir à la présidentielle et à un projet pour la présidentielle.
Bonsoir Raphaël Gluckman. Bonsoir.
Au mois de novembre 2025, le 18 novembre, la chaîne d'information LCI organise une émission politique autour de lui. Il échange avec un panel de Français, il débat avec Éric Zemmour et il n'est pas bon dans ce débat.
Non, ça va même virer au fiasco parce qu'il faut bien comprendre que c'est toute une émission qui a été organisée pour lui et autour de lui avec des invités, des Français, une sorte de panel invité auquel il doit répondre. Et face à ces Français, il va se faire bousculer, il écoute beaucoup. mais il apparaît brouillon. Quand il parle, il n'est pas concret.
Non, parce que là, c'est un mensonge. Non, mais vous n'êtes pas... Non, c'est un mensonge. Il n'aura pas le temps de parler de la France. Bien sûr que si. Et
face ensuite à Éric Zemmour, c'est à peine mieux, il est aussi très emprunté. Monsieur
Luxman, c'est indique, vous vous en moquez de ces gens que j'ai cités. Mais non, vous n'en avez rien à faire. Vous n'en avez rien à faire, mais ça se voit. Laissez-le répondre.
Je ne vous autorise pas à dire ça. Vous ne m'autorisez rien du tout. Laissez-le répondre.
Les critiques ne vont pas tarder, y compris et surtout d'ailleurs dans les rangs du Parti Socialiste pour dire que vraiment, il n'est pas prêt, il n'est pas préparé et ça va susciter des doutes.
Bonsoir Raphaël Glucksmann. Bonsoir Gilles Loulot.
Le mardi 26 mai, Raphaël Glucksmann est invité du 20h de TF1 et il déclare qu'il se donne trois mois pour décider s'il se présente ou pas à l'élection présidentielle. Je
me donne trois mois. Trois mois pour sionner le pays et proposer ce nouveau contrat patriotique. Trois mois pour réunir ma famille politique. Et à la fin, nous aurons une seule candidature, parce que notre responsabilité est immense. Deux jours plus tard, il
publie un livre intitulé « Nous avons encore envie » qu'il présente, je cite, comme un contrat patriotique. Ce n'est pas un programme. Il dit qu'il va préparer son programme après avoir écouté les Français. Julien, est-ce qu'on sait déjà en tout cas quelles sont les principales valeurs qu'il veut défendre dans cette élection ?
Alors ça se dessine progressivement dans ce livre. D'abord, ce livre, c'est une sorte de déclaration d'amour à la France, parce qu'on connaît évidemment ses engagements pour l'Europe, pour l'international, mais il est un peu attendu là-dessus. Donc il va dire qu'il est très attaché à la France, à l'école de la République, qu'il veut parler à la France des pavillons, qu'il veut renouer avec les travailleurs. Il propose aux Français un nouveau contrat social. et fiscale, un nouveau contrat patriotique. Et dans son projet, il dit aussi qu'il veut ne pas avoir de tabou sur la sécurité ou alors sur l'immigration, qu'il veut renvoyer une convention citoyenne. Donc on sent en fait qu'il affine son positionnement politique qui est à gauche, certes, mais qui n'est pas dans une gauche radicale, qui est plus dans une gauche sociale-démocrate classique.
samedi 27 juin, près du Mans, dans la Sarthe, à Coulennes, il participe à un événement politique avec des figures socialistes, notamment l'ancien président François Hollande ou encore l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. Il y a des prises de parole à la tribune devant 400 sympathisants malgré la canicule étouffante. Julien, toi tu es sur place pour le Parisien. Qu'est-ce qui te marque ce jour-là concernant Raphaël Glucksmann ?
Ce qui me marque, c'est qu'on a trois possibles candidats pour la présidentielle. qui se revendiquent tous les trois d'une social-démocratie, d'une gauche réformiste, on va dire. Et on sent très fort qu'il y a de la rivalité entre ces trois-là. Et Raphaël Glucksmann, il est aussi un peu gêné d'apparaître aux côtés de François Hollande et Bernard Cazeneuve. Peut-être qu'il les trouve un peu as-been, pas assez modernes. Et il va d'ailleurs tout faire pour ne pas figurer seul avec les deux autres sur une photo. Il va insister pour que la photo soit plus collective. On sent que ça le gêne.
Julien, à ce moment-là, Raphaël Glucksmann est en désaccord avec le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, sur l'organisation d'une primaire pour désigner le candidat qui sera soutenu par le PS. Sur quel point précisément ?
Pas vraiment fan de la primaire. Il aurait préféré avoir le soutien du Parti Socialiste compte tenu de son avance dans les sondages, de son positionnement. Mais bon, il y a eu tout un débat. Le patron du PS, Olivier Faure, plaidait pour une primaire. Et donc finalement, elle est organisée, mais à des conditions très particulières sur lesquelles a notamment incité Raphaël Glucksmann. C'est-à-dire que c'est une primaire dite fermée, qui n'est ouverte qu'aux adhérents de place publique du Parti Socialiste. Et de ceux qui se reconnaissent dans cette famille politique, mais moyennant une participation financière, ce sera sans doute 15 euros et 10 euros pour les plus modestes. Donc c'est quand même un prix qui n'est pas anodin et qui, selon la plupart des observateurs aux partis socialistes, va favoriser Raphaël Guzman dans cette primaire.
Parce que ?
Parce qu'il a peur, Raphaël Guzman, de l'entrisme, c'est-à-dire que des électeurs, par exemple des insoumis, s'emparent de la primaire pour l'éjecter, par exemple. Il veut maîtriser les choses.
Julien ? Où est-ce qu'il en est en termes d'organisation, de finances ou encore d'équipe de campagne ?
Alors sur les finances, il multiplie les levées de fonds pour financer sa pré-campagne. Il a donc, on l'a dit, un parti qui a 10 000 membres, qui est encore jeune, qui est structuré mais qui a une équipe restreinte à sa tête. Il a une équipe rapprochée dans laquelle il y a par exemple Aurélie Laluc, c'est une économiste qui est elle aussi eurodéputée et avec laquelle il a fondé Place Publique. Sacha Houllier, qui est un ancien macroniste, qui est spécialiste de la carte électorale. Longtemps, il y a eu Aurélien Rousseau, qui a des problèmes de santé, mais qui est donc lui aussi député et ancien directeur de cabinet d'Elisabeth Borne, qui a quitté l'exécutif au moment de la loi immigration, car il n'était pas d'accord avec ça. Il est soutenu par, on l'a dit, plusieurs figures OPS. Et chez les écologistes, tout dernièrement, Yannick Jadot, qui vient de lui apporter son soutien et qui sera notamment son référent sur l'écologie.
mardi 18 août, le Parisien révèle que Raphaël Glucksmann va se déclarer candidat le dimanche 23 août dans le 20h de TF1. Un article que tu signes avec Benoît D'Aragon, spécialiste média au Parisien, qui annonce que Léa Salamé ne va pas revenir après les vacances d'été à la présentation du 20h de France 2. Elle avait annoncé qu'elle se retirerait de l'antenne si Raphaël Glucksmann était candidat. Julien, on en revient donc au début de cet épisode de Code Source. Le 23 août, Raphaël Glucksmann est l'invité du... 20h de TF1, est-ce qu'il est convaincant ou
pas ? Sur la forme, on le sent tendu. On sent qu'il a beaucoup préparé cette intervention importante, ce passage obligé. Et sur le fond, il dit qu'il veut relever la France. C'est d'ailleurs un premier slogan qu'on retrouve sur son site de campagne qu'il vient de lancer, qui est baptisé Glux 2027. Donc là, un clin d'œil à son père qu'on appelait Glux. Il présente aussi de premières mesures programmatiques, une augmentation des salaires des travailleurs financiers. financée par une taxation des plus gros héritages et puis un grand plan de sauvetage de l'école publique en cinq ans. Et sur la stratégie politique, il répète qu'il n'y aura plus jamais d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon.
Si je gagne cette primaire, eh bien il n'y aura plus jamais d'accord
avec Jean-Luc Mélenchon. Il se présente donc à la primaire organisée par l'EPS et Place Publique mi-octobre. Qu'est-ce qu'il va faire maintenant ? Quels sont ses prochains rendez-vous ?
Alors il a déjà prévu un premier déplacement, ce sera La Rochelle sur le thème de l'écologie, il sera accompagné donc de Yannick Jadot, l'ancien candidat à la présidentielle. Il va visiter notamment un site d'éoliennes et puis très vite il va rentrer dans la campagne de la primaire. Il aura à débattre, il y a des débats télévisés qui sont déjà en préparation avec les candidats déjà déclarés. Alors ces candidats, c'est Ségolène Royal, l'ancienne candidate à la présidentielle, qui allait au deuxième tour de la présidentielle en 2007. Il y a un député. qui est beaucoup moins connu, qui s'appelle Philippe Brun, qui est un spécialiste du budget. Et puis, il y a un candidat dont on attend qu'il se déclare, c'est le patron du PS, Olivier Faure. Vous vous rappelez, celui qui est allé chercher Raphaël Glucksmann, mais qui veut incarner une autre ligne, plus à gauche, on va dire, et puis d'union de la gauche et des écologistes, et dont la candidature est attendue, sans doute, dans les jours qui viennent, après le campus d'été des socialistes à Blois.
Politiquement, les différents instituts de sondage montrent qu'aujourd'hui, la gauche dans son... ensemble représente environ 30% des intentions de vote. Il y a en résumé aujourd'hui un tiers à gauche, un tiers au centre, dont le centre droit, et un gros tiers à l'extrême droite. Lui, il est donc hostile à une alliance, quelle qu'elle soit, avec LFI. Comment est-ce qu'il compte gagner cette élection ?
C'est toute la question parce que, évidemment, LFI en ce moment est en grande dynamique dans les sondages, alors que lui, il est entre 8 et 12%. C'est pour ça que sa stratégie commence à esquisser, c'est d'aller vers le centre, c'est-à-dire de séduire les déçus du macronisme. Pour ça, il veut susciter de l'enthousiasme. Il dit souvent qu'à gauche, les débats le dépriment, qu'il y a un esprit de défaite général. Et donc, c'est à quoi il va s'employer. Ça va être difficile parce qu'il y a des haies à passer, on l'a dit la primaire. Il y a aussi un François Hollande qui n'attend qu'une chose, c'est qu'il trébuche pour se présenter en candidat de recours à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine. Donc en fait ce qu'il commence c'est une sorte de marathon mais c'est aussi un parcours de haies et ça va être difficile pour Raphaël Gouzman.
Merci Julien Dufay. Cet épisode de Codesource a été produit par Judith Perret. Réalisation Julien Moncouquiole. Codesource est le podcast quotidien d'actualité du Parisien. Si vous aimez Codesource, n'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode. On vous invite aussi à écouter Crime Story, le podcast fait divers du Parisien. Crime Story présenté par Claudia Prolongeau et Damien Delsony, avec en ce moment une série exceptionnelle sur l'affaire Epstein en six épisodes. Jeffrey Epstein, un pédocriminels passés entre les mailles du filet, une série disponible sur toutes les plateformes.