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Votre invité Benjamin Duhamel qui est donc sénateur écologiste de Paris. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter au lendemain de la déclaration de candidature de Raphaël Glucksmann qui va donc concourir à la primaire de la gauche sociale démocrate. Alors ces dernières semaines vous cheminiez, je pense que c'est le mot, à ses côtés sans le soutenir formellement, officiellement, d'où cette première question. Est-ce que vous avez décidé de passer le pas ? Est-ce que Raphaël Glucksmann sera votre candidat pour 2027 ?
Oui. sans hésitation, avec enthousiasme. Je suis convaincu que Raphaël Glucksmann est le candidat le mieux placé, à la fois pour réconcilier. les besoins de justice sociale, l'impératif écologique dont tout le monde parle, la démocratie, l'Europe, et qu'il peut gagner cette élection présidentielle. Et on a sacrément besoin d'optimisme, ça a été dit, on a besoin d'engagement, on a besoin de mobilisation. Et pour ma part, je ne me résigne pas à la défaite. Raphaël Glucksmann parlait de l'esprit de défaite. On connaît le bouquin de Marc Bloch. Mais c'est vrai que s'installe un peu dans notre pays l'idée qu'il y a une sorte d'évidence aujourd'hui à ce que le Rassemblement National gagne. Moi, je ne me résous pas à ce que la France soit sous tutelle de Trump, de Poutine, qu'on fasse de la France une sorte de Hongrie, de Orban. Il y a mieux à faire. Il y a plein de solutions dans notre pays. On peut gagner. Ça, c'est le
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discours. effectivement, du candidat que vous soutenez, qui a tendu la main aux écologistes. Je le cite, « Venez avec nous construire cette république écologique ». Enfin, Yannick Jadot, sauf erreur de ma part, votre parti, les écologistes, ils ont une candidate qui s'appelle Marine Tondelier. Qu'est-ce qu'il a de plus, Raphaël Glucksmann ? Quand on est écologiste, pourquoi soutenir Raphaël Glucksmann et pas la candidate désignée par un parti ?
Je le regrette, mais l'écologie politique pour cette élection présidentielle n'est pas en capacité de rassembler et de jouer la gagne. Raphaël Glucksmann l'est. Et puis surtout, vous l'avez dit, moi, ça... Ça fait plusieurs mois que je discute avec Raphaël Glucksmann, son engagement écolo, notamment pour sortir des énergies fossiles, parce qu'il nous faut à la fois traiter les traumatismes de cette société, adapter la société au dérèglement climatique, mais évidemment, il faut sortir des énergies fossiles, y compris qui font que les prix à la pompe restent
autour de 2 euros. Yannick Jadot, on vous entend, mais simplement, vos collègues et vos camarades écologistes... Quand on écoute leur discours, soit ils soutiennent la candidature autonome de Marine Tondelier, soit ils regardent du côté de Jean-Luc Mélenchon. On n'en entend pas beaucoup qui considèrent que Raphaël Glucksmann est le candidat de l'écologie politique.
Écoutez, j'espère que les électrices et les électeurs de l'écologie politique, au-delà des militants de l'écologie politique, vont rester fidèles à leur valeur. Parce que franchement, vous savez, moi j'ai été un des fondateurs avec José Bové, Eva Jolie, Danico de Bédid, d'Europe Ecologie. Il y avait Europe dedans. Ça ne vous a pas échappé. On ne va pas quand même, au nom d'un intérêt pour garder un groupe à l'Assemblée, pour se résigner à la défaite, choisir un nationaliste anti-européen. Quelqu'un qui a des indignations sélectives sur les dictatures, sur les peuples opprimés, entre des indignations sélectives sur le racisme et l'antisémitisme. Donc moi, je veux rappeler. aux militantes et aux militants écologistes, aux électeurs, que nos valeurs, c'est l'internationalisme, c'est l'Europe, c'est la démocratie. Et Raphaël Luceman porte l'idée d'une gauche démocratique. Et on a besoin de démocratie à tous les étages. Jean-Luc Mélenchon,
dont Monique Barbu, la ministre de l'Écologie, dit que c'est celui qui intègre le plus la question du climat dans ce programme. Ah mais c'est le baiser de la mort ! Pardon,
c'est le baiser de la mort ! Que Monique Barbu, dont le bilan est absolument catastrophique au ministère... finalement vente l'écologie de Jean-Luc Mélenchon, c'est le baiser de la mort. Donc moi je souhaite que Monique Barbu laisse l'écologie aux écologistes ou à Raphaël Glucksmann qui veut en faire un point central, qui veut le mettre. Alors moi je ne suis pas une caution dans cette campagne, je suis une garantie. La garantie que l'écologie, dans cette vision qui vise à la bonne nouvelle, vous savez, c'est que les solutions existent. Pour sortir des énergies fossiles, les solutions existent. Pour s'adapter aux dérèglements climatiques, les solutions existent. Et je veux être avec Raphaël Glussmann. pour justement aider les classes populaires et les classes moyennes à vivre cet épisode qui est un épisode profond de dramatisme, de traumatisme qui touche chacune et chacun personnellement. Yannick Jadot, juste avant de
parler du programme de Raphaël Glucksmann, vous dites la garantie, c'est le contrat de confiance Yannick Jadot. Non, mais vous allez quitter les écologistes ou pas ? Puisqu'à partir du moment où vous ne soutenez pas leur
candidat... pas échappé que Marine Tondelier elle-même ce week-end a dit voilà les écologistes sont face à trois options, garder une candidature écolo. Aller vers Raphaël Glussmann ou aller vers Jean-Luc Mélenchon ? Moi, je fais confiance à mon parti et j'espère qu'il sera fidèle à ses valeurs. Ça veut dire la social-écologie, ça veut dire ce rassemblement des forces écologistes, social-démocrates. On n'est pas pareil, mais le sujet, c'est pas... Dans le monde dans lequel on vit, le sujet ce n'est pas d'où l'on vient, c'est ce qu'on veut faire ensemble. Et ce que veut faire Raphaël Glucksmann, c'est justement de retrouver de la dynamique dans ce pays et on a la possibilité.
Justement Yannick Jadot, votre rôle dans cette campagne, est-ce que vous êtes celui qui va tenir la plume du programme écologiste de Raphaël Glucksmann ? Vous allez être le monsieur écologie, porte-parole dans cette campagne sur ce sujet ?
Incontestablement. J'espère que je vais intervenir sur l'écologie. Mais vous savez, l'écologie, ça touche à tout. Mais je veux être, je serai, à la fois celui qui va préparer les 100 premiers jours. Comment on met en place un état d'urgence écologique pour aider les pompiers, pour aider les populations vulnérables, mais évidemment pour adapter nos territoires ? Comment on lance un programme de rénovation des écoles ? Comment on met en place un million de voitures électriques en leasing social pour que les aides à domicile, pour que les infirmières, pour que toutes celles et tous ceux... qui ont d'énormes problèmes de pouvoir d'achat, bénéficient de la voiture électrique et gagnent du pouvoir d'achat. Et puis évidemment, comment on construit dans notre pays l'enjeu majeur ? La sortie des énergies fossiles. Comment on fait en sorte qu'on ne dépend pas du gaz russe ? Il ne vous a pas échappé que Jean-Luc Mélenchon veut réouvrir les vannes du gaz russe. Il ne veut pas simplement abandonner une révolution démocratique ukrainienne. Il veut financer Poutine dans
cette guerre. Donc ça, Yannick Jadot, c'est votre feuille de route, sortir des fossiles. va prendre un exemple concret, la question du nucléaire. Je suis assez prévisible, hélas. Je suis allé regarder le programme de Place Publique, celui de Raphaël Grossmann, page 17, il est écrit qu'il faut, je cite, « conforter la place du nucléaire en assurant la sûreté des centrales existantes et la construction à tant de nouvelles unités, donc favorable au nucléaire. » Ce qui m'a rappelé une autre déclaration, ouvrez les guillemets, « tournons la page du nucléaire pour aller dans le sens de l'histoire, la France doit regarder vers l'avenir plutôt que vers des solutions du passé. » Est-ce que vous savez qui a écrit ça ? J'aurais pu l'écrire. C'est vous, en février 2022, quand vous étiez candidat. Donc vous soutenez un candidat qui pense exactement l'inverse que vous sur un sujet aussi important que le nucléaire.
Alors, est-ce qu'on pense absolument l'inverse ? Non. Je pense que pour toutes celles et tous ceux qui voient l'enjeu, et même Dominique Seub pourrait le confirmer, j'en suis sûr, qui voient l'enjeu du dérèglement climatique, qui voient l'urgence à agir, ce n'est pas... des EPR qui seront potentiellement disponibles en 2000-2045, qui vont résoudre notre problème d'aujourd'hui. Là où il y a un consensus, c'est 1. Isoler les logements. Non, mais ce n'est pas ma question. Est-ce que oui ou non,
vous êtes favorable maintenant à ce qu'on construise de nouvelles centrales du fer ? Non, moi je n'y suis pas favorable. Donc Raphaël Glussman est favorable à ça.
Donc il va falloir qu'on trouve, c'est un débat. Oui, ce n'est pas minime comme débat. Non, ce n'est pas minime, c'est un débat essentiel. Où est-ce qu'on met l'argent public ? Quel est l'avenir de notre système énergétique ? Là où on a... un accord. C'est un, il faut sécuriser les centrales aujourd'hui. Il ne vous a pas échappé pendant la canicule, on a eu à un moment donné moins 20% de capacité d'électricité parce que quand il fait chaud, qu'il n'y a plus d'eau dans les cours d'eau ou que les cours d'eau sont trop chauds, on est obligé d'arrêter les réactions de Raphaël Luxemann. Et donc le monsieur écologique de Raphaël
Luxemann est en désaccord avec le programme de Raphaël Luxemann ?
Non, on va discuter, c'est un des points. Mais vous savez, on est quand même dans une drôle de situation. Quand on est chacun dans notre coin... Qu'on reste dans notre couloir avec des murs entre les différentes formations politiques. Qu'est-ce qu'on nous dit ? On nous dit que vous êtes incapables de faire des compromis. Et quand on veut faire des compromis, on dit « Ah, regardez, vous n'étiez pas d'accord ». Eh bien, nous allons trouver un compromis sur la sortie des énergies fossiles. L'urgence, c'est la sobriété, l'efficacité des réseaux, les énergies renouvelables. Et on va discuter du programme nucléaire. Mais reconnaissons que de toute façon, ce n'est pas avant 2040.
Donc, on a encore un peu de temps. Yannick Jadot, invité de France Inter, qui soutient donc fort. Raphaël Glucksmann et qui n'est pas d'accord avec lui sur le nucléaire. Merci Benjamin Duhamel, on se retrouve tout à l'heure à 8h20 pour le grand entretien.