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Bonsoir Marine Tondelier. Bonsoir. Chef des écologistes, candidate à l'élection présidentielle, merci de répondre à l'invitation de France Info. Début juillet, avant la troisième canicule, le sénateur de votre parti, Guillaume Gontard, affirmait qu'on pourrait atteindre les 10 000 morts. Estimation reprise sur plusieurs plateaux qui avait donné lieu à une bataille de chiffres et à cette vive réaction à l'Assemblée du Premier ministre Sébastien Lecornu.
'où sortez-vous ? Ce bilan de 10 000 morts sur lesquels vous et les vôtres, votre collègue président Gontard au Sénat, madame la députée Rousseau, un certain nombre sont allés sur les plateaux de télévision depuis trois jours en établissant un bilan humain qui est faux. C'est scandaleux, c'est indigne. Donc de grâce, madame la présidente, un peu de dignité et de responsabilité.
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Marine Tondelier, au-delà de cette polémique, est-ce que vous imputez, vous, toujours ce bilan à une impréparation du gouvernement ?
Déjà, j'entends les débats de chiffres. Moi, je ne me suis jamais hasardée à donner mon propre chiffre parce que je ne suis pas une agence sanitaire, une agence officielle. Il y a des spécialistes pour ça et on sait que les décomptes... prennent aussi du temps. Je pense qu'on aura un décompte exact autour de la fin d'année. Je veux vous dire aussi que dans le chiffre que vous citez qui sort aujourd'hui, c'est la surmortalité par rapport à d'habitude, mais on n'a pas encore démontré formellement, les gens qui sortent ce chiffre, que chaque mort en plus était liée à la canicule. Il y a peut-être eu d'autres causes pour x ou y raison, donc tout ça doit être analysé. Mais ce qui est sûr, et ça ce chiffre est officiel, c'est que depuis 2017, il y a eu près de... 11 700 personnes qui sont mortes lors d'un épisode de canicule. en France, que c'est beaucoup, que c'est énorme, et que le gouvernement ne semble pas prendre la mesure de la situation, puisque dans le même temps, ils ont fait baisser les budgets dédiés à l'écologie, ils ont pris des décisions de commander des canadaires, qu'ils ont annoncé à grands coups de communication, pour ensuite annuler certaines commandes. Ils avaient proposé l'installation d'une base aussi pour pouvoir accélérer le déploiement en Gironde, dans l'Islande, à Mont-de-Marsan, une base pour faire décoller les canadaires qu'ils ont. annulés qui auraient été bien efficace cet été, ils ont fait baisser les crédits pour que vous puissiez rénover vos logements, ils ont fait baisser le fonds vert qui aurait permis à plus de communes d'isoler leurs écoles, et donc on voit bien que alors que tout indique qu'on devrait accélérer notre préparation aux prochains étés, eux ont ralenti, ont fait les coupes et les efforts budgétaires sur ces budgets-là, c'est assez irresponsable.
Voilà, des coupes budgétaires, mais bon, que certains justifient par le contexte budgétaire. C'est une question de priorité, après tout. Pour vous, c'en est une, bien entendu. Vous proposez au Premier ministre Sébastien Lecornu de réunir, là dans quelques jours, quelques semaines, en tout cas à la rentrée, l'ensemble des forces politiques et parlementaires pour réfléchir à des réponses à la crise climatique, pour les intégrer, pourquoi pas, dans le budget 2027. Est-ce que ce sera aussi l'occasion de faire le bilan de cet été ? de trouver des mesures d'urgence à prendre pour éviter des morts l'été prochain, qu'on parle de climatisation ou d'autres.
C'est une demande de réunion, justement, pour faire le bilan cet été et en tirer des conséquences très rapidement. Parce que, vous savez, le cerveau humain, c'est des nouvelles qui sont dures, c'est pour lui l'effondrement climatique, de la biodiversité, ces crises écologiques, c'est un vrai syndrome de l'autruche, c'est démontré par les neuroscientifiques. Quand on vit, on souffre, on se dit plus jamais ça, je ne prendrai plus jamais l'avion, je ne mange plus de viande, il faut qu'on change toute la société. Et puis à la rentrée, nos enfants vont reprendre le chemin de l'école, nous du travail, et puis il fera un peu moins chaud et tout le monde... envie de penser à autre chose et puis l'actualité politico-médiatique va faire que les sujets vont s'enchaîner et que l'été prochain on va tous nous on va rester réveillés toute l'année mais certains vont se réveiller en disant au fait Oui, on n'a pas pris les bonnes décisions, on n'a pas eu le temps de travailler cette année, il y avait d'autres urgences. Et donc, c'est important de se réunir tout de suite, pour se parler tout de suite et prendre les décisions tout de suite. Vous disiez que certains trouvaient que l'écologie, en gros, ça coûtait un peu trop cher. C'est vrai que l'écologie, ça a un coût. Mais l'écologie, ça n'a pas de prix. Et moi, je le dis, les maisons disparues, les vies qui ont été enlevées, les hectares de forêt qui se sont envolés, les récoltes agricoles qui ont brûlé sur pied, ça n'a pas de prix. le fait de pouvoir profiter d'un été dehors sans étouffer, ça n'a pas de prix. Et il faut dire aussi, en termes très matérialistes et budgétaires pour l'État, que l'inaction climatique coûte, c'est les économistes qui le disent, au moins cinq fois plus cher que l'action climatique. C'est-à-dire que quand vous coupez un euro dans le budget de l'État, ça vous en coûtera cinq. Ça vous en coûtera cinq parce que l'État va devoir payer des catastrophes naturelles. Il y a les assurances qui vont se mobiliser, il y a le coût pour la sécurité sociale, il y a l'impact sur la productivité aussi du travail. Et donc, ce ne sont pas des sujets sur lesquels on économise aussi facilement.
Et Marine Tourdelier, vous parliez d'un mot, d'en reparler l'été prochain et que ce serait peut-être trop tard avant cela. Il y a une campagne présidentielle, vous êtes candidate, vous pensez que vous allez réussir à imposer ces problématiques-là, celles du changement climatique et toutes ces conséquences ? Conséquence, dans une campagne présidentielle où, bien souvent, la priorité et les coups de projecteur sont mis ailleurs
Écoutez, moi j'ai fait un tour de France de plus de 30 étapes tout l'été. Je me suis déplacée aux quatre coins du territoire, dont des endroits où des incendies étaient en cours, dont des écoles surchauffées. C'était un sujet qui s'est vraiment invité de manière permanente dans ce tour de France. Et on voit bien à quel point les Français étaient paniqués pour eux, pour leurs enfants. Moi j'attends un enfant pour la rentrée. C'est un moment qui normalement est joyeux, enthousiasmant, évidemment qu'on se pose plein de questions tout le temps et qu'on a peur. Et ça, dans les sondages, on le voit. a augmenté de 15 points dans les préoccupations des Français pour devenir le deuxième sujet. La question c'est pour combien de temps ? Et puis la question c'est quelles propositions politiques on fait derrière ? Les gens ne vont pas dire « Ah bah tiens, comme il y a eu un incendie, j'ai eu peur et j'ai eu chaud, je vais voter écologiste ». La question c'est qu'il faut que nos propositions soient crédibles. On a sorti un plan d'adaptation en juillet, un plan sur les incendies en août, on a été le seul parti à le faire. Mais ces propositions, il faut qu'elles arrivent jusqu'aux Français. Et on voit bien qu'on est dans un système politico-médiatique où si vous insultez un de vos collègues ou vous lancez une polémique, vous êtes… immédiatement repris, quand vous faites des propositions concrètes de fond, c'est plus compliqué, c'est pas là-dessus que les médias vont tourner en boucle toute la journée, donc c'est un vrai défi dans cette campagne de ramener sur le fond et sur les solutions, c'est ce que je vais essayer de faire.
Merci à vous Marine Tondelet d'avoir pris le temps de répondre à l'invitation de France Info en cette période particulière et pour vous, merci d'avoir accepté l'invitation du 17-20.