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de vous engager.
matinale de Radio Classique avec David Abiker.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.
Et Guillaume Tabard pour l'éditorial avec Le Figaro. Guillaume, bonjour. Bonjour David. Alors qui le sait ? Peu de gens. Une élection nationale a lieu en France ce week-end. sénatoriales. Discrète mais importante, pourquoi parle-t-on si peu de ce scrutin ?
Malheureusement pour le Sénat, ça n'est pas nouveau. Les sénatoriales ont toujours été le parent pauvre des élections françaises. Alors ça tient à trois raisons. D'abord son mode de scrutin, puisque tous les sénateurs ne sont pas élus au suffrage universel direct, comme les députés, les maires, le président de la République bien sûr, ou même les conseillers départementaux ou régionaux, mais par un collège de grands électeurs désignés parmi les conseillers municipaux. Le Sénat est renouvelé par moitié, ce qui atténue fortement les vagues politiques nationales. Et puis enfin, le rôle du Sénat, il faut le dire, est assez mal connu. Ce qu'on retient, c'est que sur la plupart des lois, l'Assemblée a le dernier mot. Et donc, on en déduit que la Chambre haute ne sert finalement pas à grand chose. Mais à tort, car le Sénat joue un rôle d'équilibre, voire de... contre-pouvoirs précieux quand la majorité sont absolues à l'Assemblée. Ce qui, c'est vrai, n'est plus le cas depuis la réélection d'Emmanuel Macron.
Alors, s'il n'y a pas de vagues aussi spectaculaires que lors des renouvellements de l'Assemblée nationale, faut-il quand même s'attendre dimanche à des mouvements politiques significatifs au Sénat ?
Trois tendances devraient sortir des urnes des grands électeurs. 1. LR devrait se tasser. Mais resté est de loin le groupe dominant, disposant toujours d'une majorité absolue avec ses alliés centristes. Et dans une semaine, Gérard Larcher sera tranquillement réélu à la présidence du Sénat. Deux, le groupe macroniste, qui était déjà faible, devrait nettement baisser, voire carrément disparaître. Une preuve que le macronisme aura... totalement échoué à se doter d'une implantation territoriale. Et enfin, trois, et c'est quand même ça qui sera le plus remarqué, le Rassemblement National, avec ses alliés de l'UDR, dépassera les dix élus et pourra donc former un groupe. Et c'est vrai que parmi les points faibles de la représentativité du Sénat, il y avait le fait que le premier parti de France, qui plus est... archi-dominant dans la ruralité, n'ait pas eu jusqu'à présent d'existence institutionnelle dans la Chambre, pourtant censée représenter les territoires.
Alors, dans l'hypothèse, je dis bien dans l'hypothèse d'une victoire de Marine Le Pen, cela signifie donc qu'elle serait archi-minoritaire au Sénat, malgré ce groupe de 10 qui est possible. Ce serait un problème pour elle
? Elle serait effectivement minoritaire au Sénat, mais... comme Emmanuel Macron l'était, comme l'était aussi un certain Charles de Gaulle, et comme François Mitterrand aussi l'était, même si ce n'était pas de manière aussi flagrante. Alors vous voyez, un Sénat dans l'opposition, c'est finalement une tradition. Mais s'il y a un domaine pour lequel l'approbation des sénateurs est indispensable pour un président de la République, c'est pour... réviser la Constitution. Or, pour épérer certaines ruptures radicales, par exemple sur l'immigration, Marine Le Pen veut commencer son mandat par réviser justement la Constitution. Et c'est bien parce qu'elle n'aura pas de majorité au Sénat qu'elle veut passer par l'article 11, c'est-à-dire consulter directement les Français par référendum. Mais là, ça l'exposera à un bras de fer compliqué avec le Conseil constitutionnel. Parmi les candidats, Bruno Rotaillot aussi fait de la révision de la Constitution le point de départ de son éventuelle action. Mais lui, contrairement à Marine Le Pen, il aurait une majorité au Sénat. Bref, vous le voyez, en cas d'alternance radicale à la présidentielle, tout le monde... et pas uniquement les constitutionnalistes, s'intéressera à ce qui se passe au Sénat. D'où finalement l'importance du vote de ce dimanche.
Guillaume Tabard pour l'éditorial avec Le Figaro. Je vous dis à demain à 8h10 pour l'éditorial. Radio Classique, il est 8h15, l'invité de la matinale. Alors que le gouvernement se démène pour boucler un budget impossible et qu'il redoute les effets politiques de la hausse des prix du gasoil, je reçois le prix Nobel d'économie Jean Tirole. Il publie Économie du désordre mondial avec Karine... van der Straten.