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Bonsoir Bruno Retailleau. Bonsoir Darius Rochemin. Merci beaucoup d'être là, candidat à la présidence de la République. Première réaction à ces quelques mesures, je les résume à grand trait, le chèque de 100 euros pour les grands rouleurs étendus à 5,5 millions de Français, la prime carburant de 600 à 1 000 euros, ce bonus unique de 80 euros pour les infirmières libérales, tout ça annoncé par Sébastien Lecornu. Tout ça ne changera rien.
Dans la mesure où beaucoup de Français qui peinent sous le poids de la cherté de la vie vont continuer à devoir faire le plein d'essence. Une partie de ceux qui sont éligibles, d'ailleurs, ne le demanderont pas. Et parmi ceux qui sont éligibles, les chèques arriveront très tard. Et moi, je suis contre la politique du chèque. Je pense qu'on n'a plus d'argent. Il n'y a plus de sous dans les caisses. J'adorerais, vraiment, j'adorerais venir ici, devant vous, pour dire... Chers compatriotes, on va dépenser des milliards. Ces milliards, on ne les a plus. Ce que je propose, parce qu'on peut faire des choses et ne pas subir, c'est de restituer l'équivalent de 17 euros en suspendant justement les certificats d'économie d'énergie, parce que je pense que c'est plus juste. Tout le monde pourra justement précisément en bénéficier, tout le monde. Et puis ce n'est pas de l'argent magique. Ça ne va pas
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dans les caisses de l'État. Comment expliquer une telle surenchère diplomatique ? Sur notre antenne, elle répondait Amélie Carouer, Maud Brejon elle-même, porte-parole du gouvernement, dit « Tiens, il y a un million et demi de Français qui auraient droit et qui, parce que c'est compliqué, parce qu'ils ne savent pas qu'ils ont droit, ne vont même pas toucher leur chèque. » Donc on est dans un degré d'absurdité où le gouvernement lui-même admet qu'il y a un million et demi de Français qui n'y vont pas et pourtant on continue. Ça paraît fou, c'est une bureaucratie qui devient folle pour faire ça. C'est la bureaucratie, c'est la
tuyauterie. C'est la tuyauterie, c'est le chèque en bois, le chèque sans provision que nos enfants paieront demain. Et ça ne peut pas durer. Alors on peut encore une fois ne pas subir. Je pense d'ailleurs qu'au-delà de la question du carburant, il y a la question du travail qui ne paye plus. C'est parce que le travail paye de moins en moins que beaucoup de Français se retrouvent en difficulté. Si on était un peu plus riches, comment expliquer que... le niveau de vie des Français aujourd'hui soit inférieur à la moyenne du niveau de vie des Européens. C'est ce qui crée le problème.
On en reparlera avec Pascal Péry qui va longuement nous rejoindre pour parler de ça, notamment du décrochage à l'égard des Américains. Mais restons un instant sur ces mesures. Qui décide ça ? Parce que pour avoir ce degré, disons, de complexité mentale, pour dire, on va faire un chèque, on sait qu'il y a un demi-million de personnes, de gens qui ne vont pas, ça ne fait rien, on le fait quand même, c'est les inspecteurs des finances qui ont ce genre d'idée, dans le profond de l'État.
Je vais reprendre une plaisanterie d'Alan Bauer, que vous connaissez, parce que régulièrement, il est ici dans vos studios. Il a dit, voilà, il y a trois des trois qui sont bloqués. Il y a Hormuz, il y a Babel Mandeb, et puis il y a Bercy. Et celui-là, ce n'est pas le plus facile à débloquer. Donc voilà, c'est la technocratisation, c'est la bureaucratisation. Et malheureusement, c'est autre chose. C'est cette idée que désormais, l'argent magique agit toujours. Est-ce qu'il y a une caste ? Oui, en tout cas, il y a une bureaucratie, bien sûr. Il y a une bureaucratie d
'État. Est-ce que les inspecteurs des finances, en l'occurrence, beaucoup sont traduits ? Je ne veux pas généraliser, parce qu'il se trouve que j'en connais, qui ne sont pas dans le moule. Et il y en a quelques-uns qui sont candidats à la présidente de la République, sans faire erreur.
Quelques-uns qui sont, qui est d'ailleurs président de la République, qui vient de là, Emmanuel Macron. Mais justement, justement, pour nos compatriotes... Pour le prochain choix, il faudra peut-être faire attention à ne pas choisir toujours les mêmes profils. Vous savez, c'est très haut fonctionnaire. Parce qu'ils ont un moule, et c'est très difficile, quand on a été aussi bien moulé, si j'ose dire, dans ce moule, d'en sortir. C'est quoi le moule ? Qu'est-ce qu'ils ont ? Comment la tête se fait ? C'est la haute fonction publique. C'est cette haute fonction publique, souvent déconnectée, souvent déconnectée, qui n'a pas conscience. Enfin, ils ont quand même creusé une dette abyssale. Mais abyssale ! 3 500 milliards d'euros, c'est énorme. Et les déficits augmentent. Cette année, on sera de tous les pays d'Europe, le pays où le déficit sera le plus élevé. C'est ça aujourd'hui
le bilan désastreux. Avec Pascal Péry, on entrera dans le détail de la question des carburants, mais aussi on va parler des retraites dans un instant. D'abord, la situation où vous êtes entre deux grands candidats, en tout cas d'après les sondages, c'est Marine Le Pen et Edouard Philippe. Est-ce que vous êtes en étau ? Non, parce que je suis différent de l'un et de l'autre.
Et je porte un projet surtout singulier, qui n'a rien à voir avec le projet de Marine Le Pen. J'ai beaucoup de mal d'ailleurs. à savoir ce qu'est le projet de Marine Le Pen. Rien à voir vraiment ? Parce qu'il change, attendez, le Rassemblement national change d'avis sur quasiment tous les sujets. Et avec Edouard Philippe, oui j'ai une grosse différence. Lui veut faire des ajustements, il veut changer un petit peu. Moi je veux la rupture. Je considère que si on ne renverse pas la table, je considère que le système est à bout de souffle. Et qu'il faut avoir le courage de dire aux Français, eh bien, il y a une espérance. Aujourd'hui, ça va très mal, mais on va s'en sortir. La France, elle n'est pas
foutue. Vous êtes très sévère sur Edouard Philippe, des ajustements. C'est très sévère. C'est comme si, à vos yeux, il se jupéisait. Mais je vais vous
donner un exemple qui est fondamental sur l'immigration. Moi j'ai choisi précisément de réviser la constitution pour que ce soit le peuple français qui puisse par référendum choisir la politique migratoire. Parce qu'aujourd'hui c'est interdit. La Constitution interdit qu'on consulte le peuple français sur ce phénomène qui est l'un de ceux qui a le plus bouleversé la société française depuis
un demi-siècle. Marine Le Pen le conteste. Elle dit que notamment dans l'article 11, il y a mention des questions économiques et qu'on pourrait considérer que là, il y a une entrée. Et d'ailleurs, le groupe de Gaulle s'est assis sur ce genre de
propos. Je suis un provincial rural, donc je réponds d'abord à une question, puis ensuite je répondrai à l'autre question dans la question. Ce que je veux dire par là, c'est que lui dit non, non, il ne faut pas changer la Constitution. Donc on ne fait pas de référendum. Pas de référendum sur l'immigration, ça voudra dire qu'on laissera les juges en réalité faire la politique migratoire de la France. Il dit par exemple, moi je veux qu'il y ait une procédure du dernier mot. Parfois je suis choqué par des jurisprudences abusives du Conseil constitutionnel qui fait dire à la Constitution ce qu'elle n'a jamais dit. Je propose une procédure qui permettra demain au président de la République de consulter par référendum ou les représentants du peuple par le Congrès pour inverser cette jurisprudence. Donc soyons clairs, c'est d'abord un référendum sur le référendum, c'est ça ? Non, la différence par rapport à Mme Le Pen, c'est qu'elle propose un raccourci et dit « moi je change la constitution par l'article 11 ». « Moi je veux changer la constitution en respectant la constitution ».
Ça, légalement, ce n'est pas possible. Expliquez bien votre propos. Si j'ai bien compris, vous dites que le Conseil constitutionnel serait déterminé au point même d'annuler un décret que signerait Mme Le Pen. Si Mme Le Pen dit… On va au référendum. D'après vous, le Conseil constitutionnel serait capable de dire « j'annule ». Non, j'ai peur qu
'on soit incompréhensible vis-à-vis des téléspectateurs très rapidement. Si demain, Madame Le Pen veut modifier la Constitution pour élargir la possibilité justement du référendum à la question migratoire, si elle veut le faire sans respecter la Constitution, eh bien le Conseil constitutionnel dira « c'est illégal ». Et vous savez ce qui se passera ? Vous aurez 30 000 maires. qui refuseront d'ouvrir les bureaux de vote. Pas autant, ça veut dire presque tous. Non, il y a 35 000 maires, mais la plupart des maires seront légalistes. Ils sont des élus qui sont loyaux, et donc il n'y aura pas de référendum. Donc je pense qu'on peut assumer une rupture, y compris en changeant les règles constitutionnelles, mais il faut d'abord respecter la constitution. C'est simplement ce que je veux dire pour dire qu'il faut être sérieux, il faut être professionnel, il ne faut pas être amateur.
surtout quand on veut renverser la table. Bruno Retailleau, à chacun sa croix, vous avez aussi la vôtre. Vous n'avez pas raté la moquerie à votre regard. C'est la croix de Lorraine, c'est mieux quand même. La moquerie de François Bayrou, parce que vous en prenez à Dorfilippe, à Marine Le Pen, vos deux... Non, je ne m'en prends pas. Non, attendez, je les respecte. Il y en a un qui a une proposition infaisable, et l'autre, c'est quoi votre... Sur le fond, sur le fond. Vous avez des
ajustements, ce n'est pas très flatteur. Et moi, je veux la rupture. Non, mais c'est sur le fond, je ne m'en prends pas à la femme qui est Mme Le Pen, ou à l'autre. qui est Edouard Philippe.
Voilà, je le respecte. Écoutez, François Bayrou, qui se moque de vous et de votre macronisme mal digéré. Écoutez.
Bruno Retailleau. Pour cet homme, de l'estime personnelle, il était membre du gouvernement et nous avons eu des relations excellentes. Mais chaque fois qu'il dit socialiste ou macroniste, on a l'impression qu'on lui arrache les amygdales. Et la distinction de sa personnalité, je crois son authenticité, sa générosité, en tout cas les valeurs qu'il porte ne méritent pas. qu'on se trouve dans cette situation de... qu'il alimente une division qui sans ça va nous conduire au pire.
Est
-ce que vous avez encore vos amygdales, Bruno Retailleau ? Je me suis fait opérer. Donc de ce point de vue-là, François Bayrou se trompe. Mais je veux lui donner raison. Il a raison, je n'ai jamais été macroniste depuis le premier jour. Je n'ai d'ailleurs jamais voté Emmanuel Macron. Ni en 2017, ni en 2022. Je ne le suis toujours pas. Et alors je n'ai jamais, mais au grand jamais, été socialiste. Et si je suis rentré au gouvernement, c'était précisément pour faire barrage à la gauche, mélanchonisé. Je suis ce que je suis, mais je suis sincère. Quand j'ai des convictions, on ne me les arrache pas comme ça. Je les tiens. Est-ce que vous regrettez ou d'avoir été au gouvernement ou de l'avoir quitté ? Ni l'un ni l'autre. Je suis rentré pour faire barrage à la gauche. J'estime que, par beaucoup de points de vue, j'ai un certain nombre de résultats. Mais quand ce n'était plus possible, en clair, quand je me suis aperçu que Sébastien Lecornu était, sans me le dire d'ailleurs, en train de marchander le soutien de M. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, en voulant d'ailleurs suspendre la réforme des retraites, c'était impossible pour moi de rester. Impossible. Et j'adorais, franchement, c'est un ministère qui est un très beau ministère à chaque fois que j'en parle. C'est avec émotion et c'est pour rendre hommage aux hommes et aux femmes de Beauvau, les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers, les préfets. Vraiment, vraiment. On a beaucoup de chance. C'est pour ça que je pense que la France n'est pas du tout fichue. Mais les convictions, c'est des convictions. Et je crois que vis-à-vis des Français, ce qui a beaucoup abîmé la politique depuis des années et des années, c'est des hommes
politiques qui retournent leur veste. Voilà. Bruno Retailleau, les sondages, regardons-les. Alors évidemment, on est très loin encore de l'élection présidentielle, mais il faut bien tabler sur quelque chose. Marine Le Pen, c'est le dernier sondage LCI pour la présidentielle premier tour. Hypothèse Philippe Attal au premier tour. Marine Le Pen, 33. Jean-Luc Mélenchon, 16. Edouard Philippe, 14,5. Monsieur Glucksmann, 11. Monsieur Attal, 8. Bruno Retailleau, 6. Est-ce que vous espérez encore changer cela ? Absolument, mais j'en suis persuadé. Absolument persuadé. Quel précédent vous avez ? Quel point de comparaison
? Des points de comparaison ? Un exemple. Franchement. Entre M. Juppé qui était donné gagnant, vous vous souvenez, c'est François Fillon qui a remporté la primaire. Je me souviens que c'était M. Balladur, PSONAM qui devait être élu, c'est M. Chirac qui l'a été, etc. Les exemples sont légions en réalité. Les suffrages, les sondages se trompent régulièrement à 8 mois des élections présidentielles. Peut-être que je veux préciser les choses. Pourquoi je ne crois pas en ma bonne étoile ? Simplement, je crois en la puissance de mon projet. Et je vois qu'il n'est porté par personne. Je pense que ce projet, ses idées, ses mesures, ses propositions, personne d'autre.
Parlons-en. Regardez, que vous le présentez ce soir en primeur. Merci beaucoup. C'est intéressant d'avoir ça, qu'on soit d'accord ou non avec vous. C'est un point de comparaison important sur ce qui est certainement le dossier principal, et on en parlera avec Pascal Péry dans un instant, concernant les retraites. Tant de candidats flageolent un peu sur le sujet. Vous dites, ben voilà, nous avons là un certain nombre de propositions concrètes. On va peut-être les afficher. C'est votre projet pour les retraites. Expliquez-le-nous, puisqu'il est extrêmement lisible, en tout cas faisable. et surtout convaincre Pascal Péry, qui est beaucoup plus dur que moi, comme vous le savez. Expliquez-nous votre projet, pas à pas, puisque pour la première fois, vous présentez cette idée avec ses âges minimaux. Je veux d'abord donner le sens de la réforme.
Je veux sauver le régime de retraite pour les retraités d'aujourd'hui, pour ne pas qu'ils soient appauvris aujourd'hui et demain, mais aussi pour les jeunes générations. Et pour le faire... J'ai deux âges très simples. Je vais accorder, articuler la liberté et la responsabilité. Par exemple, l'âge minimal de départ, évidemment, c'est 63 ans, mais j'ai pour la pénibilité... Pour les carrières longues, je les remettrai à la discussion dans les branches et avec les partenaires sociaux. Parce que quand on travaille avec un marteau-piqueur sur la voie publique, c'est pas pareil lorsqu'on travaille dans un bureau. Donc pénibilité et handicap, maladie, etc. Carrière longue. Deuxième
pilier,
63-65 ans. Attendez, 63 ans, je m'explique. C'est l'âge minimal de départ, sauf encore une fois pénibilité. Si vous voulez partir... parce que vous êtes libre, juste à 63 ans, à ce moment-là, vous aurez une décote de 7%. 7% par an. Et puis il y a un deuxième âge qui est 65 ans. Là, vous avez, même si vous n'avez pas toutes vos annuités, tous vos trimestres, vous pourrez partir en retraite avec un taux de retraite plein, enfin en tout cas une retraite pleine. Ça veut dire qu'en partant avant, vous êtes libre, mais votre retraite sera plus petite. Et à 65 ans, c'est important, vous partirez avec une retraite pleine. Ce n'est pas 67 ans. Pourquoi est-ce que... J'annule les 67 ans actuellement parce que ce sont les femmes, et notamment les mères de famille, qui doivent attendre souvent 67 ans parce qu'elles ont eu des carrières hachées. Et je réduis de deux ans, c'est possible, c'est un flux qui est de 60 000 personnes, et deux tiers encore une fois sont des femmes, à 65 ans. Ça c'est le premier pilier, et c'est le pilier de la répartition. Et enfin, pour terminer, je crée... Aussi, un lien qui a déjà été voté, inscrit dans le Code du travail, avec la loi Fillon de 2003, j'aurai une relation, un lien direct entre l'âge, les 65 ans, et l'espérance de vie. C'est-à-dire, je ne veux pas que tous les 10 ans, il y ait un psychodrame, plus il y aura d'espérance de vie, plus l'âge, le second pilier, si j'ose dire, bougera, les 65 ans
bougeront. Quel est votre espoir que les Français, en regardant cela, se disent « nous partirons un peu plus tard » puisque c'est ça le but ? C'est ça le but.
Je pense que ceux qui vendent, je chiffre justement, le premier pilier c'est pour sauver la retraite par répartition, d'où cette réforme avec ses deux âges et ce lien entre l'espérance vie et l'âge de départ. Et le deuxième pilier pour les jeunes, ce sera une retraite par capitalisation. C'est fondamental. pour les jeunes, mais aussi pour nos entreprises, si demain on ne veut pas que ce soit des fonds américains ou étrangers qui les rachètent. Ça c'est vraiment très très important pour moi.
Bruno, Edouard Philippe dit 67 ans, il fait le pas de dire c'est tellement essentiel qu'on doit donner ce signal-là. Votre réaction pense que ma
réforme, tourne. Et elle permet justement, parce que le déficit des retraites aujourd'hui, il est incroyable, c'est environ 40 milliards, certains même disent plus, certains disent moins, mais 40 milliards, mais les retraites c'est déjà un quart de la dépense publique. Ce qui veut dire que ceux qui n'assument pas de réforme ne pourront pas, je pense notamment au Rassemblement National, ne pourront pas préserver les retraites des anciens, mais ensuite mettront en faillite le régime par répartition. Très très clair. Mais encore une fois, mon système, 63 ans, un âge où on est libre, mais on sait que si on part dès cet âge-là, on aura une plus petite retraite. 65 ans, la retraite à taux plein, eh bien ça permet de pousser l'âge. C'est important l'âge. Parce que quand vous n'avez pas d'âge, je sais que certains ont proposé uniquement des trimestres, les annuités. Et ça c'est une fausse réforme. Pourquoi ? Parce que ça crée des retraités pauvres. Ça crée des retraités pauvres. Parce qu'ils sont obligés, ils ne le diront pas. d'avoir une décote des plus petites retraites. Par ailleurs, moi je veux plus de travail. Moi mon projet, vraiment, c'est pour les travailleurs. Et pour avoir plus de travail, il faut pousser l'âge à partir duquel on va quitter le travail. C'est une question de prospérité par rapport à tous les pays européens. Il y a trop peu de seniors qui sont en âge de travailler et qui ne travaillent pas.
Quelle économie, enfin quelle amélioration économique, financière, vous imaginez pour l'État à partir de cette réforme ? Est-ce que vous l'avez chiffrée ? C'est 40 milliards. Sur
5 ans cumulés, c'est environ 40 milliards. C'est 40 milliards, c'est important. Sachant que, et je complète, comme je veux encourager le travail, quelqu'un par exemple qui aura toutes ses annuités, mais qui aura 62 ans, eh bien ce que je fais, c'est que je supprime les cotisations retraite. la cotisation chômage, pour lui et l'employeur. Pour l'employeur, c'est un coût du travail réduit, et pour lui, ce sera 14-15% de salaire net supplémentaire.
Parlons économie. Pascal Péry va nous rejoindre. Les économies drastiques que l'État doit réaliser. Sur notre antenne, Marine Le Pen, il y a quelques jours, parlait de 125 milliards. Elle parlait en particulier des questions migratoires et elle va présenter dans quelques jours son plan pour les autres économies. Avec Pascal Péry. Bonsoir Pascal. Bonsoir. Bonsoir M. Retailleau. Bonsoir Pascal Péry. Commençons par là. Où allez-vous pouvoir tailler dans l'État ? Puisqu'on comprend bien que c'est la question essentielle. Le Premier ministre dit 54 milliards. mais en réalité ce n'est que ralentir la grande glissade. Vous voulez aller plus loin, Pascal Péry, combien faudrait-il trouver pour vraiment inverser la donne ?
Alors le déficit primaire en France, c'est-à-dire le déficit avant même qu'on ait payé les intérêts d'emprunt, c'est 150 milliards à peu de choses près. Quand on dit qu'on a un déficit de 5... points de PIB ça fait 30 x 5 et donc ça fait 150. J'en reviendrai après sur les retraites. En matière de recettes, est-ce que vous pensez-vous, puisque c'est vraiment le débat du jour, est-ce que vous pensez-vous que l'état peut se passer des recettes TVA sur les carburants ?
pense que l'État ne peut pas s'en passer. Je l'ai déjà dit. Je pense que c'est une politique qui créerait du déficit, financé par les générations futures, et qui créerait un double déficit d'ailleurs. Déficit budgétaire et déficit commercial. C'est-à-dire qu'on va subventionner les pétromonarchies. Donc ça n'est pas possible. Ça coûte aux environs de 15 milliards. Franchement, on est au bord d'une crise. Ce que je veux dire aux Français, c'est que le scénario à la grecque, demain, il peut arriver. Et si demain, le scénario grec arrive, sur les retraites par exemple, ce sera moins 400 ou moins 500 euros net par mois. Vous vous rendez compte
? Alors, par pension de retraite, vous voulez dire ? C'est ça ? C'est moins 400, mais c'est pour une retraite moyenne, une retraite médiane, à 1500 euros. Celui, dans le cas du scénario grec, pour dire les choses très clairement, celui qui a 1500 euros de retraite aujourd'hui, perdrait 400 euros.
Ce que je veux dire, c'est que je ne veux pas affoler les Français. Je veux dire que si on ne reprend pas les leviers, si on ne reprend pas le manche... Par nous-mêmes, ce sera l'extérieur, les marchés financiers qui nous imposeront une potion de cheval. Et je pense, pour répondre à votre question, le chiffre que vous avez énoncé il y a quelques instants, Pascal Péry, de 150 milliards, c'est exactement l'objectif cible sur 5 ans. économie que je souhaite faire et je suis
prêt à m'en expliquer. Alors parlons-en Bruno Retailleau et parlons-en exactement. J'aimerais, à l'idéal, il faudrait qu'on ait, comment dire, un grand tableau avec la créée, à l'ancienne, puisque vous disiez quoi ? Que vous étiez un rural, comme un provincial ? Oui, les
deux, les deux. Je suis pour une politique du bon sens, vous voyez. Un peu plus
de bon sens. Si le professeur Péry avait son ardoise et sa créée, où trouvez
-vous 150 milliards ? Oui, je vous demanderais. Pour simplifier les choses, quelles sont les deux premières mesures que vous prendriez en matière d'économie ? Avec un double objectif Bruno Retailleau qui est celui du rendement et celui du calendrier. C'est-à-dire qu'il faut que ça rapporte quelque chose et il faut que ça rapporte quelque chose rapidement.
Je ferai des mesures à la fois sur la dépense sociale, parce que sur 1700 milliards, il y a 900 milliards de dépenses sociales, et il y a à peu près 500, quelques milliards, 550, 580 milliards de l'État. Justement, je m'attaque aux deux sur la dépense sociale. Je plafonne à 70% du SMIG l'ensemble des prestations sociales qu'un individu peut recevoir. Parce que je veux... que le travail paye plus que l'assistanat. Je fais une réforme de l'assurance chômage pour l'amener aux moyennes européennes, c'est à peu près 13 milliards. Je fais un certain nombre d'économies, que ce soit sur l'immigration, etc. C'est à peu près 10 milliards. Sur l'immigration précisée, c'est quoi ces 10 milliards ? Comment vous les obtenez ? C'est beaucoup de choses. C'est aussi bien l'hébergement d'urgence, c'est l'aide médicale d'État. Je remets en ordre les choses, je reprends la main, j'arrête les flux qui sont trop importants.
Est-ce que c'est une... Pardon de vous interrompre, parce qu'on joue beaucoup avec les chiffres. L'hébergement d'urgence, j'ai regardé, c'est un milliard. Non, non, c'est plus. Vous vous trompez. L'aide médicale d'État, c'est 1,2 milliard. Imaginons que vous avez gagné 50% dans les deux cas. Vous avez économisé 1
milliard. Non, non, vous vous trompez. C'est plus. L'hébergement d'urgence, c'est beaucoup plus. L'aide médicale d'État, vous avez raison. Mais ce que je pense, c'est que le coût de l'immigration est environ de... 35 à 40 milliards d'euros. Je veux réduire l'immigration légale et l'immigration illégale. Et je veux fermer, par exemple, je veux une carence pour qu'un immigré ne puisse pas toucher des aides sociales non contributives dès l'instant où il met le pied en France. Une carence de quoi ? De quelques mois,
quelques années
?
Puisque vous savez que le Premier ministre vous pose la question sur la durée de carence. Cinq ans. Le Conseil constitutionnel
a déjà dit non. Le Conseil constitutionnel a déjà dit non, c'est la raison pour laquelle c'est une mesure qui figurera dans le référendum. Et puis, je parlais de réforme de retraite, 40 milliards. Tout ça ne suffit pas. Il faut aussi s'attaquer à l'État. Je m'y attaque comment ? D'abord en réduisant le nombre d'agents publics, je ne les mets pas au chômage, mais sur le quinquennat, il va y avoir à peu près un peu moins de 700 000 qui vont partir en retraite. C'est un sur deux que je ne remplace pas, environ 300 000, à peu près 600 000 sur deux quinquennats. Attendez, vous voulez dire qu'il y aura 600 000 fonctionnaires en moins sur deux quinquennats ? Sur deux quinquennats, premier quinquennat autour de 300 000. Je pense que d'abord l'intelligence artificielle... peut en libérer des postes pour environ
150 000. C'est beaucoup. Je crois que la seule candidate, ou pas candidate, mais la seule voix qui va plus loin, c'est Sarah Knappou qui parle de 800 000. Vous vous dites 600 000.
Quel
est mon calcul
? D'abord, les Anglais, sur l'intelligence artificielle, ont fait un calcul sur 20 000, concrètement, sur 20 000 agents publics, et ils ont trouvé que l'économie pouvait être de 26 minutes, quasiment une demi-heure. Si vous rapportez ça, ça fait un peu plus de 350 000 postes, vous voyez. Un autre calcul, vous avez, Pascal Péry, une différence d'efficacité entre notre fonction publique et la moyenne des fonctions publiques européennes, et on a un écart de 8-10%. Et lui, à
quoi, ça ? Il y a 6 millions de
fonctionnaires. Admettons que sur un premier quinquennat, on fasse un effort de 5% d'efficacité, 5 fois 6, 3, 30, 300. Et je priorise ce qu'on appelle l'administration administrante. Pas les infirmières, pas les policiers. L'administration administrante, celle qui contrôle, la bureaucratie, etc. Vous tapez dans l'administration
de papier.
Par ailleurs, je réduis drastiquement les agences. Par ailleurs, je... Vous avez dit quoi drastiquement, précisé aussi ? Je pense qu'il faut les supprimer, que la règle ce sera la suppression et qu'il faudra que celle que l'on conserve puisse le justifier. Alors, il y a des opérateurs, il y a à peu près 1 200, 1 300, tout dépend. Il y a des autorités, par exemple, indépendantes. Il y en a une trentaine, je pense qu'on ne peut pas les supprimer toutes les 30. Je pense qu'on peut en supprimer une moitié. Est-ce que les Français sont
prêts à l'entendre ? Ce que vous venez de dire, il y a 5 millions de fonctionnaires en France, à peu près. 6 millions. 6 millions au total. Il y a 6 millions de personnes, ceux qui vous entendront dire ça, qui se diront, j'ai pas très envie de voter Bruno Rotaillot. Non, mais je veux m
'adresser aussi aux fonctionnaires, parce que j'étais président de département, de région, j'étais ministre. sans eux, je n'aurais rien pu faire. Simplement, on a fait un choix en France. On a choisi une fonction publique très nombreuse et appauvrie. La preuve, on va geler d'ailleurs le point d'adice. Écoutez, Emmanuel Macron, depuis 2017, il y a plus de 320 000. 320 000 fonctionnaires de plus. Donc vous voulez des
fonctionnaires moins nombreux mais mieux payés ? Des agents publics. Exactement.
Ce que je veux d'ailleurs, c'est qu'on abandonne, sauf pour les fonctions régaliennes, le statut. Parce que quand on embauche, évidemment un magistrat, un policier, on l'embauche, on le paye pour le temps de sa vie professionnelle, mais aussi pour le temps de sa retraite. Moi je veux qu'on embauche, en dehors de ces statuts qui correspondent précisément aux fonctions régaliennes, je veux qu'on embauche par le biais du contrat. Par exemple, qu'on calque le temps de travail public sur le temps de travail privé. Ce
qui va d'ailleurs au passage aggraver le système de retraite des fonctionnaires, puisque l'assiette de cotisation se réduira, mais ça on le sait. Je reviens sur les agences. Vous savez que la
Cour des comptes a rendu aujourd'hui, je crois, à l'Assemblée nationale, ces 30 milliards de subventions. Vous vous rendez compte ? 30 milliards. Ça n'est plus tenable. Donc la réforme que je propose pour la retraite, je souhaite qu'elle s'applique
privée-public. Mais c'est lié au fait qu'il n'y a pas de caisse de retraite des fonctionnaires d'État et que l'État est payeur en dernier recours. On revient sur les agences. Historiquement, les agences ont été créées pour exécuter une partie des fonctions de l'administration. Les fonctions ne disparaissent pas. Vous faites disparaître les fonctionnaires, mais les fonctions, elles sont toujours là. Qui les remplit ? Est-ce que ce sont des entreprises privées avec des contrats de droit public, des missions de services publics ? Ou est-ce que vous les réintégrez à l'administration
? Il y en a que je réintègre à l'administration. Il y en a par exemple les ARS que je veux, que l'ADEME par exemple. Les régions, et franchement, l'ADEME doit moins dépenser. Je suis sûr que les régions qui voient au plus près l'argent public au plus près du terrain seront beaucoup plus économes. Vous savez, on raille souvent l'ADEME avec cette opération de communication, plante ton slip. Plante ton slip dans la terre, pour voir si les petites bêtes peuvent arriver à le manger, à le déguster. Bref, tout ça n'a plus de sens. Il y a des autorités, le gendarme des télécommunications. quoi ça sert aujourd'hui ? Ça servait quand on a privatisé. Ça servait quand il fallait équilibrer la voie de l'État et celle des alternatives, des
opérateurs privés. Mais il y en a qui servent à quelque chose, la commission de régulation de l'énergie, l'art à faire, les chemins de fer. La régulation est
utile, non ? Oui, mais pas complètement, pas toujours. Je veux qu'on passe à la paille de fer les agences. Je veux qu'on passe à la paille de fer, d'autant qu'un certain nombre d'agences n'oblissent plus du tout à l'État. Et dans l'impuissance de l'État, il y a le problème constitutionnel, il y a le gouvernement des juges. que je veux en réalité réviser la constitution mais il ya toute cette bureaucratie l'état n'a plus la main de ce qu
'ils ont une rupture vous utilisez le mot de rupture tout à l'heure hier sur notre antenne il y avait le cas extrême de ravier mileil qui disait j'avais 19 ministères j'ai réduit à 8 ou 9 je ne sais plus on a il a diminué de moitié alors il a refondu etc il n'a pas licencié tout le monde mais est ce que dans on est dans cette logique là de rupture complète bien sûr Alain Mileï, qu'est
-ce que
vous
gardez dans l'esprit ? Moi je suis patriote et je pense que les pays, l'Argentine, quand Mileï arrive, il y avait 200% d'inflation. La dette était à 150-155%. Donc comparaison n'est pas raison. Simplement ce que je dis moi, c'est que notamment sur les normes, c'est pas de tronçonneuse dont je veux me saisir, c'est d'un bulldozer. bulle de zère. J'enlèverai de la Constitution le principe de précaution, qui était une bonne intuition, mais qui a conduit à un principe d'inaction et de blocage. Je veux une société française, entreprenante, qui ait de l'audace et de l'initiative. C'est le principe de responsabilité. Quand on fait une faute, on est puni, c'est normal. Deuxième chose, je veux, comme ont fait les Italiens, interdire... Les surtranspositions européennes, c'est quoi ? Les surtranspositions européennes, c'est l'Europe fixe une norme, et déjà l'Europe, croyez-moi, elle en fixe, et nous, on en rajoute. Les agriculteurs en crèvent, malheureusement. Et je veux, par exemple, que je sors des 35 heures, je veux que les 35 heures, le temps de travail soit appliqué dans l'entreprise. Vous revenez à 39 ? Non, ce sera plus simple que ça. aux entreprises ou aux branches de déterminer salariés, chefs d'entreprise, la bonne durée horaire. Avec un SMIC par branche également ? le modèle allemand ? Sur un modèle avec un SMIC par branche ? Non, on a un SMIC, ce n'est pas le problème principal. Moi, ce que je veux pour que le travail paye, c'est que je veux que dès la première heure, on ait moins de charge pour redonner du pouvoir d'achat aux salariés. Et je veux qu'à partir de la 36e heure, parce qu'il faut travailler un peu plus. Donc moi, je ne veux pas mentir aux Français. On ne s'en tirera pas si on ne met pas un peu plus de travail. dans la machine économique, d'où la réforme des retraites. Mais pareil, je veux que par exemple, avec une demi-heure de plus par jour, c'est mon bonus, eh bien un salarié puisse gagner. 'équivalent de quasiment deux mois de travail par an, avec 30 minutes de plus par jour de travail. Et pourquoi ? Je supprimerai les cotisations sociales à partir de la 36e heure pour le salarié et pour l'entreprise. Et l'entreprise, c'est génial. C'est moins 35% du coût du travail.
L'esprit de ce que vous proposez, Bruno Retailleau, certains pensent qu'il y a eu des embranchements que la France a ratés. François Fillon, vous étiez proche de lui, d'autres disent... C'est clair que
s'il avait été choisi, élu comme président de la République, on n'en serait pas là, je pense. Vous regrettez de ce point de vue-là François Fillon ? Je pense qu'il aurait fait une toute autre politique et qu'on n'en serait pas là. La France serait beaucoup plus forte aujourd'hui.
C'est vrai aussi pour Edouard Balladur, qui avait perdu face à Chirac
? Je ne peux pas vous dire parce que là c'est plus lointain. Donc moi j'ai beaucoup de respect pour Edouard Balladur. Vous savez que Edouard Balladur avait inversé, avait contredit le Conseil constitutionnel en 1993. Le Conseil constitutionnel lui avait fait une sorte de mauvaise manière sur le droit d'asile. Et Edouard Balladur avait du coup révisé la constitution en disant mais messieurs du Conseil constitutionnel, le pouvoir de décider, ce n'est pas vous des juges. C'est le peuple ou les représentants. Il avait convoqué un congrès, il avait carrément révisé la Constitution, justement pour contredire la jurisprudence du Conseil constitutionnel. Est-ce que là, vous avez,
si j'ose dire, pardon d'employer un terme qui peut paraître un peu cynique, mais une ouverture, c'est-à-dire, vous n'êtes pas très haut dans les sondages, mais... Si vraiment la crise est là, est-ce que vous pouvez être le monsieur disant il faut vraiment une rupture, il faut vraiment qu'on accepte l'heure des sacrifices ? Certains l'ont fait, Schröder en Allemagne l'a fait. Des efforts. Peut-être pas des sacrifices, mais des efforts.
Je ne demande pas des sacrifices. Est-ce que par exemple 30 minutes par jour en plus ? Avec deux mois de salaire en plus, est-ce que vraiment c'est du sang et des larmes ? Oui, 600 000 fonctionnaires de
moins, c'est un sacrifice. Vous travaillez beaucoup tous
les jours. Vous êtes très
gentil. Je vois beaucoup,
vous avez des plages à l'antenne, d'ailleurs j'espère que LCI... Tout le monde travaille beaucoup en LCI, regardez Pascal Péry. Ça vaudra pour vous, ma mesure vaudra pour vous. Vous êtes très aimable. Une cotisation salariale, deux mois en plus. Le
mot sacrifice, je l'assume, vous voyez, je suis plus religieux que Pascal Péry, on en parlera du pape tout à l'heure. Sacrifice, est-ce que oui ou non, vous admettez que... Si on veut vraiment remonter la pente, parce que la pente est vraiment très très raide, il faudra des sacrifices, des efforts.
Je reprends exactement le terme de Pascal Péry parce que c'est le juste terme. Aujourd'hui, on va à la catastrophe. La crise, elle arrive. On est en train de payer la dette française à 4,5%. On a pris quasiment un point un peu plus depuis quelques mois. Et on la paye plus cher que les Grecs. Pourquoi ? Parce que les marchés financiers font plus confiance à la Grèce. qu'à la France. Aujourd'hui, regardez ce qu'a dit l'INSEE, la croissance française en 2026, c'est trois fois moins que la moyenne européenne. Et que c'est la première fois, on est le seul pays européen qui voit le chômage augmenter. C'est maintenant les sacrifices.
– Bruno Retailleau, on va en parler après une courte interruption. Effectivement, est-ce qu'il y a un décrochage de la France ? Les chiffres que vous donnez, ceux que Pascal Péry donnera, sont extrêmement impressionnants sur le décrochage de la France et de l'Europe par rapport aux États-Unis d'Amérique. On reviendra à votre projet sur les retraites, vous avez présenté ici en primeur. et Pascal Péry entrera dans le détail. On parlera aussi de la suite des événements, y compris d'ailleurs de la prochaine visite du pape Léon. A tout de suite. – Bonsoir, heureux bonsoir, nous sommes toujours avec vous Bruno Retailleau, merci beaucoup candidat à la présidence de la République avec Pascal Péry, merci beaucoup. Le système des retraites, vous l'avez présenté en primeur sur notre antenne, on va vous questionner avec Pascal Péry, votre projet pour les retraites, le décrochage de la France et de l'Europe par rapport aux Etats-Unis, la question de l'immigration et vos projets en la matière, on parlera aussi de la visite du pape dans quelques instants. D'abord le projet de Bruno Retailleau pour les retraites, regardez le tableau qu'il illustre et on aura tout de suite d'abord votre réaction Pascal Péry avec… Trois paliers, l'âge minimal de départ à 63 ans, sauf pénibilité ou maladie, la liberté de départ avec retraite, mais partielle, entre 63 et 65 ans, l'âge de départ avec retraite pleine à 65 ans. C'est très lisible, qu'on soit pour ou contre le projet. Votre avis ? Oui,
alors l'âge de 65 ans est très significatif, puisque c'est l'âge du taux plein. On passe donc de 67 à 65. Donc il y a un gain pour les retraités. Vous évoquez également... Un gain notamment pour les femmes, qui sont les victimes du système actuel. Alors vous proposez également, c'est le deuxième tableau d'Arius, un pilier par répartition, un pilier par capitalisation. Il y a beaucoup de gens aujourd'hui favorables au principe de la capitalisation parce qu'au fond, sur une vie de travail, les revenus du capital sont de l'ordre de 4% par an. Les fonctionnaires ont ce régime d'ailleurs. Et les fonctionnaires ont ce régime, la pré-fonds, y compris dans les collectivités locales. Comment le financez-vous ? Le financez-vous à cotisation constante ? On explique. Il y a une partie de la cotisation de la répartition qui passerait sur la capitalisation. Comment faites-vous ? Je le fais de
façon très simple, puisque je baisse, grâce à des économies, je baisse les taux de cotisation salarial et patronal de 5,25%. Moitié-moitié, salaire, côté salarié et côté entreprise. Ce qui me permet de baisser... d'ajouter 0,5% de cotisation pour justement cette capitalisation. Du côté du salarié, ce sera une obligation, puisque c'est un régime bien entendu universel, obligatoire, et 0,5% du côté du salarié, 0,5% du côté de l'entreprise. Première chose. Deuxième chose, je le finance aussi. avec tout ce que le salarié pourra toucher, notamment des fruits de la croissance de l'entreprise. Participation, intéressement, épargne retraite. Et d'ailleurs, j'annule qu'on appelle le forfait social. Le forfait social, c'est 20%. Quand un chef d'entreprise veut donner, pour la participation, notamment extra-légale, l'intéressement, etc., des sommes pour que le salarié puisse profiter de la croissance de l'entreprise, l'état taxe. Moi je suis gaulliste, je veux justement encourager à la fois cette participation, cet intéressement, et j'irai même plus loin, dans quelques jours, je le révélerai, l'actionnariat salarié. Je veux que les Français deviennent propriétaires aussi bien de leurs logements qu'ils deviennent propriétaires de leurs entreprises. Et par leur entreprise, je dirais comment je le fais. Non, non, dans les grandes entreprises. Dans les grandes entreprises. Oui, c'est Total chez Air France. Oui, mais la réalité, ce n'est pas Total, ce n'est pas Air France. La réalité, vous savez très bien, c'est les PME, etc., les petites, moyennes entreprises. Est
-ce qu'on peut réconcilier les Français avec la bourse ? Je crois quand on fait des comparaisons internationales, les Américains jouent beaucoup en bourse, les Français beaucoup moins. Tradition de l'argent sale dans la tradition française. On ne joue pas en bourse. J'ajouterai aussi des possibilités, par exemple,
qu'il y ait des versements volontaires, individuels. Par exemple, qui ont des assurances, notamment des assurances vie. Mais ce qui est important, c'est que ce pilier-là de la capitalisation, ce n'est pas pour aujourd'hui, ce n'est pas pour les retraités d'aujourd
'hui. J'allais vous poser la question. Comment vous imaginez à terme l'équilibre ? Quelle sera la géographie des pensions de nos enfants ? Je veux
que dans un premier temps, ça représente à peu près un quart. 25 à 30% des retraites des jeunes qui rentrent sur le marché du travail et qui partiront demain en retraite. Je pense qu'en consolidant, comme je l'ai fait, le régime par répartition, qui est un régime de solidarité et le régime de capitalisation, on offre à nos jeunes enfin une perspective. Je dois dire qu'aujourd'hui, seuls les gens qui sont riches, à part les fonctionnaires... qui ont leur régime à eux de capitalisation. Seuls les gens qui ont un peu d'argent bénéficient justement des taux de rendement qui sont bien supérieurs aux taux de rendement que peut offrir un système par répartition. Ils sont environ de 4%. 4 fois. C'est 4 fois. C'est ça. permet aux travailleurs modestes de bénéficier de ces taux de rendement. Et je permets aussi de constituer une sorte de capital, de fonds pour la France, qui permettra justement à nos entreprises de trouver des ressources financières plutôt que d'aller les chercher chez des fonds américains. Donc c'est positif aussi, non seulement pour l'économie française, mais aussi pour la vie des entreprises, pour la souveraineté.
Parlons de cette force magique qui s'appelle la croissance. Tout vient de là. Le manque de croissance, c'est évidemment le mal des mâles. Il y a quelque chose comme un débat de pauvres quand on est à se demander s'il faut frapper davantage les retraités, davantage les fonctionnaires, etc. On va tout de suite vous donner la parole parce qu'il y a un chiffre que j'aimerais que vous donniez, Pascal Péry. Mais d'abord, écoutez, Javier Mileï sur notre antenne qui disait, et a-t-il raison ? C'est la question qu'on vous posera. L'Europe est en train de couler par rapport en particulier aux États-Unis.
comprends qu'on ne l'estime pas en Europe parce que la position de l'Europe n'est pas très pratique, parce que l'Europe est gênée par la vérité. Elle est en train de couler. Et lorsqu'on a créé l'Union européenne en termes de PIB, ils étaient à peu près au même niveau que les Etats-Unis. Mais maintenant, les Etats-Unis les ont dépassés
de loin.
Bruno Retailleau, est-ce qu'il a raison ? C'est terrible ce que dit ici Javier Millet. Est-ce que les chiffres, et je vous pose la même question, lui donnent raison ? Les chiffres lui
donnent raison. Il y a un double décrochage même. Il y a un décrochage de l'Europe par rapport aux Etats-Unis. Et dans l'Europe, il y a un décrochage de la France par rapport à l'Europe. En termes de taux de croissance, le nôtre sera trois fois moindre cette année que la moyenne européenne. Le niveau de vie, le niveau de vie des Françaises et des Français, on est désormais passé en dessous. du niveau de vie moyen des Européens. Donc ça, c'est très, très concret. Alors, il y a des solutions, il y a des propositions, justement, pour qu'on puisse relancer cette
mécanique. Parlons-en d'abord sur le constat, quand on regarde cette courbe, elle est terrifiante, où on voit, alors ça c'est la croissance par les pays, mais où on voit que les États-Unis sont montés. pendant que l'Europe, elle, baissait, et la France
baissait. Oui, surtout le PIB par tête, qui est extrêmement significatif, parce que ça monte. Le niveau de vie,
c
'est ce dont je parlais.
Regardez ce tableau, qu'on comprenne bien, c'est vraiment à l'échelle de nos vies. Dans les années 80, la France et les Etats-Unis, il y avait une espèce d'égalité, des conditions, on parle du PIB moyen par habitant, et ce décrochage terrible depuis les années, notamment 2010, où on est dans deux mondes différents. Ce tableau-là est terriblement accusatoire.
au sortir de la deuxième guerre mondiale. Il fallait 15 ans pour doubler un nouveau de vie. Aujourd'hui, il en faut 80. Vous vous rendez compte ? L'appauvrissement. Et pourquoi est-ce qu'on s'est appauvris ? On s'est appauvris parce qu'on nous a dit, surtout la gauche, travaillez moins et vous verrez heureux. Retraite à 60 ans, les 35 heures. On nous a dit, il n'y a pas de problème. Ou plutôt, dès qu'il y a un problème qui se pose, il y a de l'argent public. C'est de l'argent magique. Et aujourd'hui, on est au bout du bout. Donc moi, je pense qu'on peut... L'argent public s'appelle la dette. Ça s'appelle exactement la dette. Ça s'appelle nos impôts. Ça s'appelle à la fois nos impôts, l
'impôt des contribuables, et ça s'appelle la dette. Mais Bruno Retailleau, depuis une quarantaine d'années, 45 ans, à peu de choses près, la France maintient un niveau de confort social. Elle ne le fait pas par la croissance, ce qui était le cas d'ailleurs au passage du Front populaire. Le Front populaire a distribué des avantages, mais c'était adossé à la production. On le fait aujourd'hui avec la dette. Comment on sort de cette logique-là ? Comment on retrouve la croissance ? Vous voulez qu'on évoque un chiffre ? Il y a un chiffre assez symbolique. Il faudrait 2% de croissance pour se maintenir à peu près à niveau. Et il faudrait un peu plus de 2% de croissance pour recommencer à créer des emplois. Donc il faut déverrouiller. En réalité, le modèle s'attaquait à tout ce qui est récessif et Dieu sait qu'il y a beaucoup
de choses. La croissance, vous êtes un économiste, contredisez-moi si je dis faux, la croissance potentielle de demain, c'est l'offre de travail. Et la productivité et la compétitivité. Et la quantité de capital. L'offre de travail, absolument, c'est à la fois mieux former nos jeunes, et c'est la catastrophe. Il faut changer notre système scolaire. J'ai des propositions, et notamment pour revaloriser toute la filière de l'intelligence manuelle, toute la filière professionnelle que je veux confier aux régions et non pas à l'éducation nationale. Mais il faut plus de travail. Moi, tout mon projet, si j'avais une phrase pour mon projet... C'est que moi je veux être le président de ceux qui mettent leur réveil de bonheur pour se lever, pour aller travailler le matin. C'est ça mon projet. Et c'est en mettant plus de travail, un peu plus de travail, qu'on arrivera à plus de prospérité collective. Et puis du côté notamment de la compétitivité, il faut s'attaquer, il faut réduire justement la mauvaise graisse de l'État, il faut réduire la dépense sociale avec tous les dérapages, pas seulement la fraude, mais les dérives. Et il faut faire en sorte qu'on ait là encore plus d'ingéniosité et qu'on investisse dans la robotisation aussi, il faut qu'on investisse dans le capital des entreprises. pour qu'on déverrouille les normes et les impôts. C'est ce qui donnera du
souffle aux entreprises. Bruno Retailleau, dans cette émission, vous aviez marqué les esprits alors que vous découvriez, vous commenciez au ministère en disant que l'immigration n'est pas une chance pour la France. C'est resté comme une de vos marques de fabrique. Pascal Péry signe un livre qui va apparaître sur l'immigration. Vous avez fait des calculs très précis, Pascal Péry, sur ce que coûte et rapporte l'immigration. Question en fonction de ça
à Bruno Retailleau. Sur le coût de l'immigration, il y a des réponses dans cet ouvrage. de Pierre Danon, je crois que c'est Pierre, c'est ça, Pierre Danon, qui est chef d'entreprise, proche de François Fillon, qui dit... Si vous avez repris ces chiffres, ce sont les miens. Bon, bah écoutez, oui, qui dit en substance c'est 30 milliards d'euros. Puis vous avez des organismes qui disent, grosso modo, il n'y a pas de coût de l'immigration parce que la contribution des immigrés égale à peu près... Non, c'est faux. Non, mais ça se discute. Je ne veux pas avoir un débat. Alors justement,
mais qu'est-ce que vous dites dans
votre livre ? Alors moi, je fais d'abord une étude démographique parce que je pense que tout part de la démographie. On a un taux de fécondité de 1,50. Vous ne voulez pas me dire
si l'immigration coûte plus
qu'elle nous rapporte ? Je pense que la réalité est entre vos chiffres. Vous
êtes
bon
intervieweur, Bruno Rotaillot.
On exige de moi des réponses nettes, claires, rapides. Allez-y, attaquez, attaquez, ne vous laissez pas faire.
Je vous enverrai le bouquin, comme ça vous aurez des... A-t-on besoin de l'immigration, Pascal Péry ? Taux de fécondité 1,56 enfants par femme. C'est-à-dire qu'on est bien en dessous du seuil de renouvellement. Ce qui veut dire que dans 20 ans, Bruno Rotaillot, il va nous manquer des actifs. C'est-à-dire... des gens en âge de travailler. On rentre dans une société marquée par le vieillissement, c'est-à-dire que la part des plus de 65 ans sera surabondante par rapport à la part des moins de 25 ans. Comment faites-vous, sans immigration, pour faire travailler les gens, aujourd'hui, pour faire travailler la société française, sachant que les coûts sociaux vont augmenter avec le vieillissement ?
y a une erreur que beaucoup font. Ils considèrent qu'il faut ouvrir toute grande les vannes. pour pouvoir accueillir des travailleurs. C'est pas ma question. Et en réalité, non mais c'est ma réponse, comme dirait l'autre. Et en réalité, plutôt que de faire venir des travailleurs, on fabrique des chômeurs. On a aujourd'hui quasiment 300 000 immigrés qui sont venus en situation légale, qui ont respecté nos lois, nos frontières, et qui sont au chômage. Donc il y a un vrai problème. On voit bien que ça ne règle rien. Deuxième élément de réponse, certes, la natalité s'est effondrée depuis Hollande et Macron. Parce qu'ils ont démembré la politique familiale. Ce n'est pas leur faute, vous exagérez. Regardez autour de nous, partout. Oui, mais il y a une inflexion très très nette avec François Hollande quand il baisse le quotient familial, quand il revient sur l'universalité des allocations familiales, etc. Vous le rattribuez beaucoup, franchement. Ce n'est pas François Hollande
et Emmanuel Macron qui ont fait baisser le désir d'avoir des enfants. Les politiques
familiales,
ça compte. Si
la politique familiale ne compte pas, on abandonne tout alors. On abandonne la politique aussi.
Vous prenez le cas de Orban, parce que moi j'ai regardé ça de très près. Oui, je connais l'exemple. Vous connaissez l'exemple. À partir du troisième gosse, on est exonéré d'impôt sur le revenu. Et puis il y a une prime sur les deux premiers. Ça a eu un effet sur deux ans. Et puis de nouveau... La natalité s'est effondrée. Est-ce que ce n'est pas très psychologique ? On ne fait pas des enfants pour
avoir des allocations familiales. Il y a deux choses. Il y a une part de psychologie. Et quand on distille cette idée que demain, c'est la fin du monde. Soit ce sera la guerre avec la Russie, soit ce sera l'apocalypse climatique. Évidemment, ça n'incite pas à faire des enfants. Mais observez bien les chiffres. Les Français, vous avez dit, un peu moins d'1,6 enfants par femme, d'autres fécondités. Et pour autant, le désir d'enfant est de 2,4. Vous ne me démentez pas. Donc les Français veulent plus d'enfants que ce qu'ils n'ont. Pourquoi ? Tout simplement parce que la crise du logement fait qu'aujourd'hui, les jeunes couples ont perdu l'équivalent à salaire constant de pratiquement deux chambres, la surface de deux chambres d'enfants.
Donc
moi, ce que je veux faire, c'est un revenu familial, 240 euros. Premier enfant, deuxième enfant, je le double au troisième enfant. C'est quasiment 1000 euros par enfant. Ce que je veux faire aussi, c'est que quand un jeune couple veut acquérir un appartement, une maison qui veut agrandir parce qu'il y a un enfant... Je déduis sur les taux d'intérêt au premier enfant 50%, c'est-à-dire qu'il y a une déduction fiscale de 50% de ce que représente le coût des taux d'intérêt payés. Au deuxième enfant 75% et au troisième enfant ça veut dire 100%. C'est l'équivalent pratiquement de 8 annuités. Et je relance complètement le logement là aussi parce que je pense que le logement a un problème. J'achète votre
explication, monsieur le candidat, mais j'ai un problème immédiat. C'est qu'aujourd'hui, le taux de secondité, c'est 1,56 enfants par femme et que dans 20 ans... Il va me manquer du monde. Il me manque déjà du monde. À partir de 2030, il me faudrait 100 000 actifs de plus dans la société française.
C'est ce que Mme Merkel a dit en disant qu'on accepte des centaines de milliers aux millions de Syrières.
Et c'est comme cela que vous avez vu ce qui s'est passé le week-end dernier dans deux régions. À Berlin, l'extrême-gauche a gagné. Et dans une autre région de l'ex-RDA, c'est l'extrême-droite qui a gagné. Mais soyons honnêtes aussi,
Bruno Rotaillot, le patronat allemand, parfois avec beaucoup d'hypocrisie, mais le dit, ça nous a amené des salaires un peu moins chers. et ça nous a amené de la main d'oeuvre et des gens qui payent des cotisations de retraite.
Moi je ne veux pas qu'on utilise une sorte d'armée de réserve, pour reprendre une expression bien connue, pour faire baisser les salaires en France. Je veux que le salaire net, moi, soit plus élevé. Par ailleurs, comment expliquez-vous qu'il y a 300 000 étrangers en situation régulière qui sont au chômage ? Donc ça ne règle pas tout. Par ailleurs Pascal Péry, l'IA, l'intelligence artificielle. Vous ne savez pas, ni moi d'ailleurs, quel sera le choc, quel sera le nombre d'emplois qui seront détruits. Mais on sait qu'en termes de productivité, en termes de remplacement, il y aura des conséquences. Donc bien malin celui qui aujourd'hui peut dire qu'il n'y aura pas de souci. Je pense qu'avec l'intelligence artificielle, on est au début d'une révolution dont on ne soupçonne pas les conséquences. Bruno
Retailleau, quand Eric Zemmour dit « quand je serai à l'EHPAD » Ce sont des robots qui s'occupent de moi plutôt qu'un immigré, ça me dira très bien, réaction
? C'est terrible, ce n'est pas une différence programmatique, ce n'est pas une différence même sur la question de l'immigration, c'est beaucoup plus que ça. Je pense qu'il veut défendre la civilisation. Et moi, je ne veux pas la civilisation des robots. Je veux une civilisation humaine. Et dans les EHPAD, je ne veux pas confier nos parents, nos grands-parents à des machines. Je pense que ce qui reste à un être humain, au soir de sa vie, c'est un lien, le lien humain, la main qui serre une autre main, un regard qui s'adresse à un autre regard. Ça vous a choqué, les propos d'Éric Zemmour ? Bien sûr, ça m'a choqué. Bien sûr, ça m'a choqué. Je pense que... Ça fait la transition peut-être avec la fameuse encyclique du pape. Je pense que l'IA est un formidable défi, mais la machine ne doit jamais nous dominer. On doit rester une civilisation humaine. Est-ce que ça n'est pas réactionnaire
? Vous avez entendu tout à l'heure le président Trump qui disait « moi je suis heureux que l'intelligence artificielle arrive ». Il appelle ça maintenant la superintelligence, parce que dit-il, c'est contre tous les antiprogressistes qui s'inquiètent, y compris le pape Léon.
Non, le pape Léon, je pense qu'il ne l'a pas lu d'ailleurs. L'inquiétude vient de la maîtrise de l'outil. Voilà un outil qui va bouleverser beaucoup de choses. Vous avez vu cet été. Il y a deux modèles d'intelligence artificielle, l'un d'OpenAI, Chagipiti, et l'autre d'Entropique, qui a Claude par ailleurs, qui ont échappé de leur environnement et qui ont, comment dirais-je, en se sauvant, en s'échappant, qui ont diligenté une attaque sur une entreprise. C'est donc pas rassurant. Ce que je veux dire, c'est qu'en soi, la technologie n'est ni bonne ni mauvaise, simplement, il faut parfois la réguler, et tout dépend de l'usage que l'on en fera. Moi, je pense que ce... Ce sont de fabuleuses opportunités. Et malheureusement, je trouve que l'Europe est en train de passer à côté de quelque chose comme un grand champion, Mistral. Je parlais l'autre jour avec son créateur Arthur Mensch. Il y a un certain nombre de pistes. Il faut qu'on s'en saisisse aujourd'hui. Parce que demain, on va devenir un protectorat industriel de la Chine et un protectorat numérique des États-Unis.
Ce n'est pas possible, donc réagissons. La visite du pape Léon, ce sera évidemment le grand événement de cette fin de semaine. Nous le courirons abondamment ici à LCI et à TF1. Il y a un début de controverse, c'est beaucoup de dire, mais enfin il y a une discussion sur est-ce qu'on assiste à la messe quand on est président de la République ? Est-ce qu'on communie à la messe quand on est président de la République ? Emmanuel Macron ne sera pas, si j'ai bien compris, à la messe. Vous, président de la République, est-ce que vous y seriez ? J'y serais,
oui. Je ne communierai pas. Je ferai comme le général de Gaulle. Je pense que le général de Gaulle, C'est un croyant très fervent. En tout cas, l'arrêt qu'il observait quand il assistait à une cérémonie religieuse, c'est de ne jamais communier quand il représentait la France. Ça n'avait pas empêché de faire une petite chapelle, d'ailleurs, dans un étage à l'Élysée. Il a revendiqué d'ailleurs sa foi à plusieurs reprises. Vous
pourriez restaurer, si vous étiez à l'Elysée, la chapelle ? Je crois qu'elle a été supprimée par François Hollande, si ma mémoire est bonne. Peut-être, peut-être. Non, non, non. Ou avant, je ne sais plus. Non, non,
pas du tout. Je serai président de la République et je n'aurai pas besoin, comment dirais-je, de restaurer une chapelle à l'Elysée. Non, je pense que, en tout cas, cette visite est très attendue. Pas seulement par nos compatriotes qui sont par ailleurs catholiques. Je pense que tous les Français, je veux dire, en tout cas une grande partie, pour les Français, c'est un événement. Regardez d'ailleurs ce qui s'est passé au... moment de l'incendie de Notre-Dame de Paris. Est-ce que vous croyez que les catholiques ont été émus par cet incendie ? Non. Cette communion, cette émotion, elle était partagée. Tout simplement parce que notre culture, notre civilisation est de marque judéo-chrétienne. Malraux avait une très belle phrase. Gaulliste, grand gaulliste. Malraux avait dit un jour, une civilisation, c'est ce qui s'agrège autour d'une religion. Eh bien, notre culture, notre civilisation, c'est agrégé. autour du christianisme, qu'on le veuille ou non, c'est un fait historique. Il faut le reconnaître en tant que tel et que sans le christianisme, la France d'aujourd'hui ne
serait pas vraiment la France. Ça veut dire, pardon, que pour vous, la France est d'abord chrétienne. Vous savez que c'est de fait une sorte de débat dans la société. Ceux qui considèrent que maintenant, elle est chrétienne, mais tout autant musulmane, tout autant juive. Et ceux qui disent non, il y a une sorte de primauté de la religion chrétienne.
Non, je reprendrai les trois sources vraiment de notre civilisation, de notre culture, de la France, aussi bien à Jérusalem, à Rome. et en Grèce. Donc nos racines sont judéo-chrétiennes. Et d'ailleurs, j'ai souhaité, dans la révision constitutionnelle, inscrire, rappeler ce qui devrait aller sans dire, mais ce qui ne va plus de soi. Je ne veux pas que la France soit un pays sans mémoire. Je ne veux pas que la France soit le pays du grand effacement de sa propre culture, de ses propres valeurs. Mais la France est laïque. Voilà, la France est laïque et moi j'y tiens. Merci Bruno Rotaillot.