Chargement...
Chargement...
Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoz.
8h30 à l'écoute de Sud Radio, l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui Jacques, vous recevez Annie Gennevard, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire.
Annie Gennevard, bonjour.
Bonjour Jacques Cardoz.
Aucun mot pour les agriculteurs hier de la part du Premier ministre et des ministres, c'est un oubli
pas du tout. Je crois qu'il faut bien prendre la mesure de ce que le gouvernement vient d'annoncer pour les agriculteurs. Il se trouve que j'avais annoncé avant la réunion d'hier la prolongation du guichet GNR, donc l'aide pour le gasoil non routier qu'utilisent les agriculteurs, jusqu'à la fin de l'année. Donc l'annonce était faite.
Sur le GNR, précisément, un certain nombre d'agriculteurs réclament une augmentation. comme ça a été obtenu par les pêcheurs, de 15 centimes à 30 centimes. Est-ce que c'est envisageable ?
Alors, je viens d'annoncer il y a quelques jours un plan massif d'aide et de soutien aux agriculteurs dans très grande difficulté. Vous le savez, après l'été qu'ils ont passé, donc maintenant ce plan d'un milliard 3. Un milliard 3, c'est un plan très significatif et qui traduit vraiment le soutien du gouvernement. à nos agriculteurs. Mon souci maintenant, c'est qu'il soit déployé le plus vite possible pour que cet argent arrive sur le compte des agriculteurs.
On va en parler dans un instant. Fait nouveau ce matin sur Sud Radio, le président du syndicat des céréaliers de France a annoncé des chiffres catastrophiques pour les moissons, 6 milliards et demi de pertes pour le global, soit un coût de 900 euros par hectare. Les céréaliers vous demandent une aide de 450 euros par hectare. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Je leur réponds comme je le réponds à toutes les filières. Beaucoup ont souffert. Le maraîchage de plein champ a beaucoup souffert. Les betteraves, les producteurs de betteraves souffrent beaucoup. Les céréaliers également. Et donc, je reçois toutes ces filières. On regarde chacune d'entre elles pour évaluer la situation, pour voir ce que déclenchera l'assurance, parce que beaucoup sont assurés. Et il n'y a pas que l'argent de l'État, il y a aussi l'argent des assurances, il y a aussi l'implication des banques, il y a l'implication des collectivités territoriales. Donc on regarde la situation et on essaie d'apporter des aides au plus près des besoins.
Vous confirmez ces chiffres, 6 milliards et demi d'euros de pertes pour le global, c'est considérable et ça fait 4 années, ça suit une trajectoire qui est très mauvaise. Est-ce que vous confirmez ces chiffres
Il faut qu'on travaille avec eux, qu'on voit les choses. Moi, je n'ai aucune raison de ne pas faire confiance dans l'évaluation qu'ils font. Et c'est vrai, la situation des céréaliers, qui jusqu'alors était épargnée, est durement touchée par deux phénomènes. D'abord, la sécheresse qui a empêché les cultures de lever convenablement, et puis la canicule durable, et l'effondrement des cours mondiaux. Pour leur malheur, les prix ne sont pas fixés pays par pays. Ce sont des cours mondiaux et les cours se sont depuis plusieurs années maintenant très considérablement affaiblis. Donc on fera tout ce qu'on pura pour les épauler et surtout dans le plan d'un milliard 3 que je viens d'annoncer et auquel il faut ajouter encore une fois l'argent de l'assurant, l'argent des assurances, les efforts que feront les banques, les collectivités territoriales. Et ce qu'il faut, c'est leur donner les moyens de relancer la production. Qu'ils aient les moyens de semer, de planter, d'irriguer, de mettre des engrais.
Le président du syndicat des céréaliers nous disait que 10% environ des céréaliers sont touchés. Certains ne pourront pas se relever. C'est pour eux que vous pourriez envisager des aides ?
C'est tout particulièrement pour ceux-là que nous avons déployé ce plan d'urgence. Parce que rien ne serait pire que d'arrêter de produire.
Alors ce plan d'aide, où en est-on exactement ? Combien d'éleveurs d'exploitation sont en difficulté aujourd'hui ? Est-ce que déjà vous revoyez vos chiffres à la hausse ? Vous avez dit entre 30 et 35 000 début septembre. Où en est-on aujourd'hui
Alors, j'ai pris la décision en accord avec le Premier ministre. de décider d'un plan global, mais d'un déploiement dans les territoires à la main des préfets, en lien avec les représentants des agriculteurs. Ça n'aurait aucun sens que la ministre dise, ben voilà, dans tel département, il faut faire comme ci, comme ça. Ce sont les forces locales qui connaissent le mieux les situations et qui ont la charge de déployer.
Et on en est où du calendrier actuellement ? Eh
bien, les choses se passent aussi rapidement que possible pour un certain nombre de dispositifs. Je vais vous le dire, je pense qu'il faut aller plus vite encore. Et c'est la raison pour laquelle je demande à mon administration d'être vraiment très réactive, notamment pour le déploiement des aides sur le GNR où il y a encore du retard. Et voilà, l'administration doit se mettre au diapason de l'urgence de la situation. Qu'est-ce que vous
souhaitez quand vous dites ça doit être plus rapide ? Quel est votre souhait à vous ?
Je pense que dès le début du mois d'octobre, ils doivent voir sur leur compte bancaire les premières aides arrivées.
Donc concrètement, dès le début du mois d'octobre, les premières aides doivent arriver ? C'est ce que j'ai
demandé aux préfets, c'est ce que j'ai demandé aux administrations territorialisées, c'est ce que j'ai demandé à la DGFIP, à la Direction Générale du... des finances publiques, avec mon collègue David Amiel, et nous y travaillons.
Parce que le problème est là, pour beaucoup, c'est un problème de trésorerie également.
'est un problème de trésorerie, c'est la question de pouvoir relancer la production. On a commencé les semis, donc il faut qu'ils aient des semences. Il faut qu'ils aient des engrais, il faut qu'ils aient de quoi faire leur récolte en 2027. C'est extrêmement important. Et puis au-delà de ça, Jacques Cardot, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ce qu'ils ont vécu les a durement éprouvés, bien sûr dans leur trésorerie, mais je dirais dans leur mental, dans leur moral. C'est une épreuve terrible pour eux-mêmes de voir le travail d'une année qui est perdue. Au point qu'ils s'interrogent sur le sens même de leur activité. Et c'est la raison pour laquelle la première chose que j'ai dite à tous les préfets de France, je leur ai dit, votre première préoccupation, c'est d'être attentif à l'état psychologique de la profession. J'ai mis en place une cellule sécheresse dans tous les départements, j'ai activé tous les dispositifs sentinelles. parce qu'il faut qu'on soit attentif aux signaux faibles de la souffrance qu'ils éprouvent, et de pouvoir les épauler. Rien ne serait pire que de les laisser à la solitude de leur épreuve.
À ce propos, je rebondis sur ce que vous nous avez dit, parce que ce matin, le président des céréaliers nous disait quelque chose à propos des normes, et qu'il demandait également pour le basculement, lorsqu'on veut passer au bio, que ça puisse aller plus vite, parce que vous le dites, un certain nombre aujourd'hui d'agriculteurs se posent des questions, s'interrogent sur le sens, et veulent peut-être basculer sur une... un autre type de production. Il prenait l'exemple de deux autres pays qui vont trois ou quatre fois plus vite que nous, un an ou quatre ans, je crois, au Brésil, et huit ans chez nous.
Alors, je ne sais pas exactement ce que recouvrent ces chiffres. En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que ce que nous avons vécu cet été, ce que les agriculteurs ont subi, nous oblige à accélérer. la transition, les transitions climatiques et environnementales. C'est indispensable. Et là, il faut qu'on se mette autour de la table pour savoir quoi cultiver, où cultiver, comment cultiver. Il faut de l'eau. C'est l'objet de la loi d'urgence qu'on vient de voter.
Mais concrètement, ça veut dire aussi des mesures qui pourraient être prises pour accélérer ces transitions. Bien
sûr, il y a, après ce plan d'urgence d'un milliard trois, qui sera probablement d'ailleurs supérieur. Il faut un plan de relance. C'est à l'étude. Ça
pourrait donc être au-delà d'un milliard trois que vous aviez déjà tenté.
C'est possible. En tout cas, il faut dans la foulée un plan de relance pour donner des perspectives et de l'espoir au monde agricole qui en a infiniment besoin.
Alors, vous receviez hier, avec le Premier ministre, la coordination rurale qui prévient que les manifestations des agriculteurs reprendront dans les prochaines semaines pour exprimer la colère, la colère globale. Si ces derniers n'étaient pas écoutés, ils parlent d'une quatrième année de mobilisation. Est-ce que vous avez réussi à les apaiser et quelles sont leurs demandes ?
Écoutez, d'abord, avec le Premier ministre, nous recevons tous les syndicats. Nous avons bientôt achevé, le dernier syndicat sera reçu... aujourd'hui. Et bien sûr, on est à l'écoute. Hier, nous avons reçu la coordination rurale. Le dialogue a été tout à fait paisible et constructif. On a émis des hypothèses qu'on a partagées avec eux. S'agissant de leur proposition de creuser des réserves d'eau... Je les ai mis en garde, j'aurais dit ne faites pas ça, n'amenez pas les agriculteurs à se mettre en défaut avec la loi.
On précise, madame la ministre, qu'ils disent vouloir creuser pour constituer des réserves en eau et ils vont jusqu'à ce terme. Que ce soit légal ou pas, on va appeler tous les paysans français à creuser. Qu'est-ce que vous leur dites
? Je leur dis que cet été a révélé que la question du stockage de l'eau est devenue une évidence. C'est devenu une évidence, et de ce point de vue-là, tous nous l'ont dit, tous les syndicats nous l'ont dit, il faut pouvoir se préparer. La France irrigue très peu par rapport à d'autres pays, il faut qu'elle irrigue davantage, il faut qu'elle stocke au moment où l'eau est abondante, pas n'importe comment, de façon intelligente, appropriée à la situation hydrologique des territoires, mais il faut stocker de l'eau. Maintenant, je crois que la question est entendue. On vient de voter une loi d'urgence qui propose de doubler le stockage de l'eau agricole. Alors je dis aux agriculteurs de la coordination rurale, ne vous mettez pas en défaut vis-à-vis de la loi. C'est vous qui seriez convoqué ensuite au tribunal et condamné. C'est pas comme ça qu'il faut procéder. En revanche, il faut que tous les territoires qui disent on a besoin de stockage de l'eau, proposent des projets, travaillent avec les préfets à des projets. Comment ? Eh bien... il faut qu'ils se mettent ensemble, avec les chambres d'agriculture, avec les organisations de producteurs, avec les organisations syndicales, et dire, ben voilà, à tel endroit, c'est une réserve collinaire qui peut être appropriée, à tel endroit, c'est une réutilisation des eaux usées, à tel endroit, c'est une réhabilitation.
Il y a des solutions qu'on n'utilise pas aujourd'hui, parce que ce n'est pas la première fois que vous dites, on irrigue mal ou on irrigue peu, en tous les cas, en France.
Il y a
du travail à faire, on peut faire mieux.
Mais bien entendu, on peut faire mieux, tout en préservant le milieu naturel. Il faut que les projets émanent des territoires. On est en France un peu contradictoire. On veut laisser l'initiative au terrain et en même temps, quand on laisse l'initiative au terrain, on dit, mais l'État doit dire. Non, l'État ne peut pas dire à tel endroit il faudra faire ci, à tel endroit il faudra faire ça.
Elles vont se faire ces réunions très vite parce qu'il y a urgence. On le voit avec ces sécheresses. Elles
sont permanentes. Elles sont permanentes dans les territoires avec des services déconcentrés de l'État.
Et souvent les gens nous disent, les interlocuteurs, pardon de vous couper, madame. mais nous disent que ça n'avance pas assez vite.
pour que ça avance, il faut des projets. Les engagements financiers sont là. Ils ne demandent qu'à être déployés. Le Premier ministre a doublé le fonds hydraulique qui permet d'amorcer le financement de projets de stockage. Ça fait deux ans que nous finançons, que nous co-finançons des projets de stockage. Donc voilà, il y a un appel à projets, il faut y répondre.
Alors, le plan d'urgence, vous nous l'avez annoncé ce matin, il pourrait être supérieur au 1,3 milliards. Je rappelle que la FNSEA a dit précisément que le compte n'y est pas et que la coordination rurale dit qu'on est loin des pertes. De combien pourrait être cette réévaluation ? Tout
ça se discute au fur et à mesure où nous remontent les données du terrain. Ce que je veux dire... pour dissiper peut-être un malentendu. Des pertes, il y en a, elles sont importantes. L'État ne peut pas compenser toutes les pertes de production, et je crois d'ailleurs que c'est un message qui est entendu par les agriculteurs. C'est comme quand une entreprise perd un marché, elle ne va pas voir l'État pour dire « vous devez compenser la perte d'un marché ». La perte de production, c'est une réalité, évidemment. elle ne doit pas décourager les agriculteurs de continuer leur activité et de relancer la production. C'est la raison pour laquelle on allège les charges, on aide pour financer les engrais, on prend en charge une partie des cotisations sociales, on met à la main des territoires un fonds de réarmement pour acheter des semences. Parce qu'il y a des agriculteurs qui n'ont pas de quoi acheter des semences, qui n'ont pas acheté des engrais. C'est du concret. Mais l'État ne pourra pas faire comme si la saison de production avait été normale.
Combler toutes les pertes en tous les cas. Annie Gennevard sur les assurances. On sait que 9 éleveurs sur 10 ne sont pas assurés, que 8 agriculteurs sur 10 ne sont pas assurés. Faut-il rendre l'assurance obligatoire pour certaines filières ?
C'est une question en tout cas qui doit être débattue. Et du reste, au niveau... Moi je me pose la question, parce que vous voyez quand les assureurs me disent que les agriculteurs sont passés à côté de 2 à 3 milliards d'indemnisation assurantielle, je me dis c'est du gâci. donc, je leur ai dit aussi, pourquoi est-ce que vous n'arrivez pas à vendre vos produits d'assurance ? L'État prend en charge 70% de la cotisation d'assurance. 70%. Donc, il faut identifier les freins à l'assurance, mais l'assurance, c'est la meilleure façon de dérisquer l'activité agricole et les aléas climatiques. Vous ne seriez pas contre le fait de
la rendre obligatoire en tous les cas ?
celles qui font perdre aux agriculteurs beaucoup de revenus. La question mérite d'être posée. Aujourd'hui, 8 agriculteurs sur 10 ne sont pas assurés.
Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture, est notre invitée. Dans la deuxième partie de cet entretien, une auditrice nous appellera pour nous parler du fait d'acheter français à bas prix. Elle a du mal. On parlera aussi du match, un peu de politique, du match Attal-Philippe. Et puis, dans vos 3 minutes pour convaincre, Madame la ministre, vous avez choisi d'aborder la question de la prochaine PAC en jeu majeur à venir. Dans quelques secondes, à tout de suite.
Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoz.
Annie Gennevar, ministre de l'Agriculture, est notre invitée sur Sud Radio ce matin. Dans quelques secondes, vous réagirez à la question d'un auditeur sur la cherté de notre alimentation, puis au match que se livrent Gabriel Attal et Edouard Philippe dans le hashtag de Benjamin Glez. Mais tout d'abord, Madame la Ministre, dans vos trois minutes pour convaincre, vous souhaitez aborder la question de la prochaine et de la négociation de la prochaine PAC. Pourquoi elle est essentielle ?
Elle est essentielle parce que d'abord, C'est une politique utile, utile aux Français. Elle garantit du revenu pour les agriculteurs, elle les aide dans leur investissement, dans la transition climatique et environnementale. Et c'est ce qui permet d'apporter dans l'assiette de chaque Français une alimentation de qualité.
Ils peuvent espérer plus ?
Alors, il faut déjà espérer autant. Et notre combat, mon premier combat, celui du Premier ministre, du Président de la République, c'est de faire en sorte que cette politique agricole... commune, demeure. C'est la première politique de l'Union Européenne. Vous savez, il est de bon ton souvent de critiquer l'Union Européenne. Mais la politique agricole, c'est une politique fondamentale si nous voulons conserver en Europe de la production alimentaire et de la souveraineté alimentaire. Parce que sinon, nous serons dépendants.
Alors, il y a le budget que vous pourriez obtenir, mais ensuite il y a la répartition. Actuellement dans l'agriculture, on a un peu le sentiment qu'il y a deux poids, deux mesures. Aujourd'hui les gros sont les plus gros bénéficiaires, vous allez me dire c'est mathématique, mais ce n'est pas forcément ceux qui proportionnellement en ont le plus besoin.
D'abord, je pense que ce n'est pas exact, mais je voudrais vous parler de la prochaine PAC, puisque là on est en train de négocier la PAC. qui va courir de 2028 à 2034. C'est un enjeu fondamental. Et moi, je veux dire que, aussi bien le président de la République que le Premier ministre, on dit que pas un euro ne manquera à la politique agricole commune en France. C'est quand même 45 milliards ! sur la période.
Mais
les négociations, elles se conduisent en ce moment, chaque mois je suis à Bruxelles, chaque mois je parle de la PAC, et de la nécessité de conserver un budget, parce que c'est un budget qui est essentiel pour produire de l'alimentation et de la souveraineté alimentaire en France.
Est-ce que vous avez bon espoir d'obtenir ce que vous souhaitez ?
Écoutez, en tout cas, je me bats avec acharnement, et je pense que nous sommes nombreux en Europe. Mais il y a aussi des pays qui voudraient diminuer cette PAC, qui voudraient la rendre moins commune,
qui voudraient
diminuer la politique agricole commune. C'est par exemple la déclaration de l'Allemagne, c'est un danger majeur pour notre agriculture. Donc moi je veux que ça demeure une priorité. qu'elle demeure commune, parce que si elle n'est pas commune, ça veut dire que les pays de l'Union Européenne vont être en compétition les uns avec les autres, et ça, ça n'est pas possible. Et puis, je pense qu'on demande beaucoup à nos agriculteurs. On leur demande de produire, on leur demande d'investir, on leur demande de renouveler leurs pratiques, de renouveler les générations. Si on ne les épaule pas, avec les épisodes comme celui que nous venons de connaître cet été, on va achever de les décourager. Donc le combat du moment... C'est la politique agricole commune et c'est un enjeu capital de l'Union Européenne.
Alors Annie Gennevard, pour nos auditeurs, il y a aussi la question évidemment de ce qu'il y a dans notre assiette. On va écouter ce que Cynthia a à vous dire.
Bonjour Madame Gennevard, Cynthia de Narbonne. Ma question est la suivante. Je suis maman de trois enfants et j'aimerais pouvoir acheter de bons produits chez nos agriculteurs, mais c'est hors de prix. Que proposez-vous pour rendre accessibles les produits de notre terroir ? Merci à vous pour votre réponse.
bonjour Cynthia, d'abord je voudrais vous dire que vous êtes maman de trois enfants, vous avez envie qu'il puisse avoir une alimentation de qualité et je voudrais vous en féliciter, vous en remercier parce que c'est précisément ce que peut produire notre agriculture. L'agriculture française est de grande qualité. Il faut qu'elle puisse effectivement être rémunérée à un juste prix.
Alors comment
on fait ? Et donc, là c'est toute une chaîne qui doit se mobiliser pour ça. Et dès le début de la crise, j'ai dit à la grande distribution, faites effort pour mettre en avant les produits français. Ils ne le font pas. Ils ne le font pas. Je ne serai pas aussi catégorique que vous. En tout cas, ils doivent le faire parce que le jour où nos producteurs seront... trop fragilisés pour produire, c'est eux qui seront en difficulté pour vendre. Donc mettre en avant les produits français et les mettre en vente à un juste prix. Et c'est ça qu'il faut travailler.
Allez Genevar, on vient d'apprendre que la consommation de bio reprenait des couleurs en 2025. Les chiffres sont bons ?
chiffres sont bons. D'ailleurs, aujourd'hui, c'est la journée européenne du bio. Et en vous quittant, je vais rejoindre les producteurs de bio. C'est une très bonne nouvelle. C'est une très bonne nouvelle parce que c'est une part importante de la politique que je conduis et que je soutiens. On a besoin d'une production diversifiée. Et le bio reprend des couleurs. C'est une bonne nouvelle et c'est à encourager.
Allez, on passe à la politique avec
vous, Benjamin Glaze. Oui, on en parle sur les réseaux sociaux. Edouard Philippe et Gabriel Attal qui règlent leurs comptes depuis quelques jours. Ils s'envoient chacun au retour des pics. La dernière en date, elle nous vient du maire du Havre. Alors que Gabriel Attal se vante d'être meilleur que lui en campagne politique. Et bien, Edouard Philippe lui répond dans un livre publié aujourd'hui par deux journalistes. Je le cite. Amusant, mais aussi très très immature. Il parle de Gabriel Attal. Dire « Je suis meilleur en campagne que lui », ça veut dire quoi ? Il a gagné quelle campagne ? Et il répond lui-même « Trois campagnes législatives, dont les hautes scènes, avec l'étiquette macroniste ». Voilà pour cette citation. Au rang des petites piques, on avait aussi celle-ci de Gabriel Attal ce week-end. Il parlait bien d'Edouard Philippe.
'il y a une chose qui m'interpelle aujourd'hui, ou qui me déçoit, c'est que pour beaucoup, la campagne semble ne pas avoir démarré. Beaucoup cherchent à endormir cette campagne. pour gérer une avance sondagière, en se disant finalement, plus la campagne démarre tardivement, plus je peux gérer une avance que j'ai aujourd'hui. Moi, je cherche à réveiller cette campagne en mettant surtout des idées dans le débat. Sur la question des sondages, si on se replonge il y a un an, il n'y avait pas de match possible dans le bloc central. Le sentiment qui était donné, c'est qu'il y avait un seul candidat naturel, en avance, légitime, qui était par ailleurs candidat depuis plusieurs années. Aujourd'hui, ça n'est plus le cas. Aujourd 'hui, il n'y a plus de favoris.
Il faut arrêter les enfantillages ou pas, Annie Gennevar
? Je crois, moi j'ai connu ces épisodes dans ma famille politique. Et je vois bien que pour l'emporter, il faut davantage attaquer l'autre que de faire valoir ses propres atouts. J'invite chacun, moi je ne suis pas l'arbitre des élégances entre Edouard Philippe et Gabriel Attal, mais que chacun se rappelle quand même l'enjeu. le fondamental devant lequel est notre pays, c'est-à-dire d'éviter un deuxième tour que nous ne voulons pas. Donc que chacun, pour l'intérêt de la France, évite ce scénario catastrophe, chacun. Dans le bloc central dit, nous ne voulons surtout pas d'un deuxième tour Mélenchon-Le Pen, mais il faut pour ça s'en donner les moyens et s'attaquer l'un à l'autre.
Et derrière Bruno Retailleau, c'est votre choix ? Moi,
vous savez quelle est ma famille politique, ce sont les Républicains, les Républicains ont un candidat. Je dis simplement que... Que vous soutenez
du coup,
pour être clair. Dont j'ai dit qu'il était notre candidat et que je le reconnais comme tel. Mais je dis aussi, il faut... il faudra, le moment venu, se donner les moyens d'éviter ce duel dont nous ne voulons pas.
Comment ? Parce que le PS a pris de l'avance, ils sont en plan dans leur primaire, la France Insoumise et RN, ils ont leurs candidats, le bloc central et la droite sont
divisés. Comment les départager ? Il y a une double question. Il y a une question de temporalité. Jusqu'où il faut aller dans le temps pour ne pas aller trop loin et rendre les choses irrémédiables ? Ça, c'est la première chose. Autrement dit, il faudra, le moment venu, Je le crois, j'en suis persuadée, un seul candidat. Et ça, il ne faut pas que le choix arrive trop tard, parce que ça ne marchera pas. Les gens n'y croiront pas. Primaire, pas primaire ? Pourquoi pas primaire ? Et la deuxième condition, c'est qu'ils ne se soient pas étripés au point de ne plus pouvoir se rassembler. Là, on a plutôt le
sentiment que Gabriel Attal ne veut pas lâcher l'affaire, si vous me permettez l'expression. Mais personne
ne veut lâcher l'affaire à ce stade. Personne ne veut lâcher l'affaire parce que chacun joue sa carte. Et c'est le jeu démocratique. La démocratie, c'est aussi une compétition. Mais une compétition qui doit être... A quel moment il
faudra arrêter les comptes ?
Moi, je pense que certains disent... Je vois que la date ne cesse pas d'être reportée. On disait novembre, ensuite on a dit janvier, certaines voix parlent de février. C'est bien tard. Moi, j'ai vu que des choix tardifs emportaient toujours des campagnes qui n'aboutissent pas comme on le souhaiterait.
La division créera un problème et le risque de ne pas être au second droit.
Il faut... La démocratie se nourrit du débat. C'est normal. et que chacun fasse valoir ses atouts, c'est normal. Mais tout ce qui va du côté de l'attaque personnelle, de la mise en cause, laisse forcément des traces et empêche le rassemblement. Et alors
il parle que de sondage, ça va jouer finalement sur les sondages ?
C'est très compliqué de les partager. Vous savez, pour avoir fait quand même un certain nombre de campagnes électorales et de les avoir souvent remportées, je sais trop bien qu'une campagne c'est d'abord une dynamique. Soit vous prenez la vague, soit vous prenez le toboggan. Donc, il y a des moments où vous sentez que la dynamique est de votre côté.
Et là
? Vous sentez
le
toboggan ? Non, je ne sens pas le toboggan pour aucun d'entre eux. Je pense que ça, pour le coup, c'est trop tôt pour le dire. Et puis, les Français, je l'espère, vont s'intéresser au programme que proposent les candidats.
On verra ça dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, les prochains mois. Et vous reviendrez bien entendu. Merci infiniment à Annie Gennevard d'avoir été notre invitée ce matin. Très belle journée consacrée au bio aujourd'hui et à vos prochains rendez-vous dans le monde agricole.
Les affirmations chiffrées ou factuelles des personnalités identifiées sont confrontées aux sources officielles, aux fact-checkeurs et à la presse de référence. Vérification automatique : consultez les sources.
Transcription automatique (Whisper + diarisation) — des erreurs d'attribution ou de transcription sont possibles. Vérifiez toujours avec la vidéo source horodatée.