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Mercredi soir avait lieu le tout premier débat de la primaire des sociodémocrates. Pendant 3h20, les cinq candidats ont débattu sur LCI. Et si vous avez manqué ce grand rendez-vous, nous, on était devant notre télé mercredi soir. Je suis avec Emilio Mellet, grand reporter au service politique et société du journal L'Humanité. Tout à fait, salut Rachel. Ce débat, donc 3h20, c'était déjà bien long. Je le dis tout de suite, des débats aussi longs, ça n'existe pas à l'étranger. Mais ça a été plutôt pas mal vu, si on commence peut-être par ça.
Il y a eu, les chiffres sont tombés, 709 000 spectateurs de moyenne sur LCI, sur les 3h20, ce qui fait de LCI la troisième chaîne nationale hier soir, avec un pic d'audience qui est monté jusqu'à... un million de spectateurs. Un million, c'était la moyenne du débat du MEDEF, le premier vrai gros débat de la présidentielle. Vous savez, quand ils ont réuni tous les candidats... C'était un après-midi, pour le coup. Un après-midi, il y avait quasiment tout le monde. C'était un million. Donc, c'est quand même... Moi, j'avoue que je ne m'attendais pas à autant d'enthousiasme, je ne sais pas si d'enthousiasme, mais en tout cas, de visionnage pour cette... primaire dont on sait qu'a priori, elle n'aura pas un large,
un
aussi large éventail de participants que ça a pu l'être dans le PC chez
les socialistes. Après, il faudra voir si ça se confirme dans les prochains débats. Il y en aura deux autres, dont un sur France 2, donc sur une grande chaîne nationale. Le 1er octobre. Le 1er octobre. Le succès de ce type de primaire, il est quand même souvent indexé sur le succès d'audience des... des débats. Ça ne veut pas dire qu'il y aura 700 000 personnes qui vont aller voter, c'est une évidence, mais souvent, ça peut être un peu indexé en pourcentage sur ça. On verra bien le 9 et le 10 octobre, le jour du vote. Vous parlez du
dispositif quand même, parce que c'était un débat, mais en fait pas vraiment un débat. Au départ, disons que... Mais finalement, ça a été quand même un débat. Tout à fait. En fait, au départ, il ne devait y en avoir qu'un débat, c'était celui de France Télévisions, parce que les équipes de Raphaël Glucksmann ne voulaient pas les multiplier. Les autres candidats ont fait pression en disant que de toute façon, même si Glucksmann n'était pas là, eux-mêmes débattraient. Donc ce qui a contraint Raphaël Glucksmann à participer aux autres formats. Et celui-ci, ça devait être une succession de candidats au bout de tout. départ, si j'en crois les discussions qu'il y a pu y avoir avec LCI et les différentes équipes, ce qui a été refusé notamment par l'équipe de Ségolène Royal, et donc ça s'est transformé en question du public, des Français, c'est les fameux, là c'est les socialistes face aux Français, mais souvent les chaînes de télé aiment bien ce genre de dispositif. – Alors les
Français, cela dit, là, David Pujadas avait quand même précisé qu'a priori c'était des gens qui avaient plutôt envie d'aller voter. – Ce n'était pas un panel représentatif,
de toute façon c'est la question qu'ils posaient rituellement à chacun, est-ce que vous allez aller voter ? D'ailleurs, tous étaient prêts d
'aller voter, d'ailleurs.
Donc voilà comment ça s'est passé. Ils avaient choisi plusieurs thèmes. Mais ça a conduit in fine, de toute façon, à avoir des débats, notamment, mais ça on y reviendra, sur les questions, elle reste française, mais elle était surtout journaliste, de Marion Mourgue, du Parisien, sur les questions d'union.
Elle reste française, effectivement. Bon, moi, ce qui m'a quand même pas mal marqué mercredi soir, c'était que, bon... Ce n'est pas une grande surprise, il y a un relatif consensus sur les questions économiques et sociales au sein du Parti socialiste.
Hormis sur la TVA sociale.
Hier soir, personne ne défendait la TVA sociale. Non,
mais ils ont évité les vrais sujets.
Mais ce qui est assez marquant quand même, c'est qu'au fond, même s'il y a eu des mesures de données ici ou là par certains candidats, il n'y a pas... une grande mesure un peu originale, un peu importante, où on peut se dire, tiens, là, la vie peut changer,
il peut se passer quelque chose. Comment il change la vie ? On attend un peu les réponses. Quand on se souvient du programme de François Mitterrand en 80, et ce qui a pu donner un big bang social sur les deux premières années. Je
veux dire, les 35 heures en 87, ça
drive la campagne. Il y a eu les propositions sous Jospin, et là, il n'y a pas de marqueur très identifiant au sein du Parti Socialiste. Je pense que c'est un vrai handicap. pour eux dans la campagne, peut-être qu'ils vont rectifier le tir sur les prochains. On a suivi, toi particulièrement, le projet du Parti Socialiste. Il manque quand même les trucs qui clignotent, qui soient extrêmement identifiants, concernants pour les gens, comme pouvait l'être la cinquième semaine de congés payés, ou effectivement, tu l'as dit, les 35 heures. Donc ça, c'est peut-être l'un des gros reproches qu'on peut faire aux socialistes. C'est un débat qui pouvait être parfois même un peu technique sur certaines propositions. Du coup, quand c'est technique, c'est parfois un peu inaudible. Et surtout, c'est assez peu concret.
c'est tout à fait vrai. Et puis, le débat s'est terminé sur la question sous-jacente de cette campagne primaire. C'est la question de l'alliance avec la France Insoumise. C'était effectivement posé par notre consoeur du Parisien Marion Mourgue. Et là, disons qu'il y avait un côté « ils en ont parlé ». Ça s'est vraiment transformé en plus. Le débat a explosé.
Je pense qu'on peut le dire comme ça.
Jusque là, on reviendra sur la petite partie internationale qui a... un peu défrayé la chronique, mais globalement, c'était quand même plutôt courtois jusque-là.
Oui, ça a été, mais on savait qu'à partir de ce moment-là, ça allait exploser. D'ailleurs, c'est même étonnant connaissant la mécanique médiatique qu'il n'ait pas mis dès le départ, parce que ça aurait pu être le choix qu'auraient fait d'autres médias. Ils l'ont mis à la fin, donc il y avait sûrement moins de spectateurs in fine qui les ont vus se taper dessus littéralement. Pas littéralement, mais... Non, mais verbalement. On vous rassure si vous n'avez pas vu les images. Ce n'était pas un réel pugilat. Mais suivez le deuxième, on ne sait jamais. Non, mais c'est le débat qui pourrit la vie interne du Parti Socialiste dans tous ses congrès, dans toutes ses primaires depuis quelques années. Savoir, oui ou non, s'allier avec la France Insoumise, les positions de chacun. sont connus dans le débat public depuis longtemps, mais ça fait partie peut-être des lignes de clivage les plus importantes au sein de cette famille politique. On a vu deux camps hier, on a vu un camp qui était incarné par Raphaël Glucksmann et Jérôme Gage, qui disent plus jamais les filles. Il dit qu'il y a trop d'ambiguïté de Jean-Luc Mélenchon sur les questions d'antisémitisme, que c'est un repoussoir dans l'électorat et que sans eux, en gros, le parti socialiste, le pôle socialiste se libérerait et pourrait attirer davantage de voix, qu'elle rebute en gros les voix centristes qui pourraient venir à eux. Voilà, ça, c'est leurs arguments. Et en face, un pôle qui va de Olivier Faure. Emmanuel Morel en passant par Ségolène Royal, qu'il ne faut pas fermer la porte. Il y a des nuances. Mais en gros, il ne faut pas fermer la porte parce qu'en fait, c'est l'extrême droite qui menace et que dire jamais, ça fait qu'on sera obligé de...
Préparer soit la victoire de la droite, soit la victoire de l'extrême droite.
Il y a ça et surtout préparer le renoncement à sa propre parole. Parce que face à l'extrême droite, les alliances... peuvent aller loin. C'est ce qu'a dit notamment Emmanuel Morel. En gros, ils se poseront des questions qui ne se posent jamais. Des alliances qui vont au-delà de la gauche. Mais ça a fini dans une discussion parfois inaudible entre Raphaël Glucksmann et
Olivier Faure. Il y a une séquence où Olivier Faure attaque vraiment très très fort Raphaël Glucksmann. très, très véhément, alors que jusque-là, vraiment, ça n'avait pas du tout été l'ambiance du débat. Moi, je trouve, je suis complètement d'accord avec ce que dit Emilio, je trouve que c'est vraiment la preuve, la manière dont ce débat s'est passé sur la fin, donc sur cette question des alliances, c'est la preuve que c'est un parti qui ne va pas bien. En fait, on parle beaucoup d'une primaire pugilat, d'une primaire machine à perdre. Moi, je ne crois pas que ce soit les primaires qui soient des machines à perdre. Je crois que les primaires, c'est mon avis. Je ne crois pas que ce soit les primaires qui soient des machines à perdre. Je ne crois pas non plus que ce soit des machines à gagner. Sauf qu'en fait, elles ne règlent pas les problèmes de partis qui ne règlent pas leurs problèmes.
C'est un débat de congrès, en fait, parfois. On a viré au débat de congrès et ils sont totalement matrixés par Jean-Luc Mélenchon. Ce n'est même pas par la France Insoumise, c'est la personne même de Jean-Luc Mélenchon qui fait débat, alors que personne aujourd'hui ne propose d'alliance. aux législatives, quoi qu'il arrive, même Olivier Faure, il dit, en gros, le seul cas, ce serait si Marine Le Pen arrive au pouvoir. Même ça, on leur parle. J'y crois assez peu. En tout cas, c'est comme ça qu'il pose les termes dans le débat. 'est intéressant parce que c'est aussi, Glucksmann et Gage assument en faire un point de clivage. Même Jérôme Gage, il en a parlé de tout le débat. Tout le débat, il y avait des petites références, il l'a même clôturé. Il l'a même clôturé en disant, à la fin des fins, la République c'est nous, en reprenant le fameux La République c'est moi de Jean-Luc Mélenchon, des perquisitions. Ce qui est le titre de son bouquin. Voilà, le titre de son bouquin, donc il y a son histoire personnelle, puisqu'il a accompagné au Parti Socialiste Jean-Luc Mélenchon avant une rupture. Donc voilà, il y a ces chargés de relationnels aussi entre eux. On ne veut pas psychologiser, mais ça compte, de fait. C'est même ce que lui a renvoyé Emmanuel Morel en disant que tu as été proche de Mélenchon et moi aussi. Et je trouve que c'était, pardon je te coupe,
intéressant parce que Morel, pour le coup, c'est quelqu'un qui a rejoint Jean-Luc Mélenchon à la France Insoumise à un moment, qui s'est allié avec la France Insoumise aux Européennes en 2019 et qui connu aussi une rupture avec Jean-Luc Mélenchon. Mais il semble avoir une relation avec Jean-Luc Mélenchon beaucoup plus... saine, si je puis dire, dans le discours qu'il tenait hier soir. Il disait oui, j'ai plein de problèmes avec Jean-Luc Mélenchon, c'est vrai. Par contre, entre Malier et Jean-Luc Mélenchon et la victoire de Marine Le Pen, mon choix, il est clair.
y a ça et surtout l'argument beaucoup mobilisé par à la fois Emmanuel Morel et Olivier Faure, c'est-à-dire parler tout le temps des insoumis, ça les met au centre. En gros, il dit que ça empêche les socialistes de dépasser le plafond de verre qui se fixe eux-mêmes. Ils tiennent eux-mêmes leur plafond de verre à bout de bras. ça les empêche d'avancer. C'est une analyse qui peut être entendue. Oui,
et puis il y a quand même des arguments. Alors bien sûr, Jérôme Gage et Raphaël Joufman barrent beaucoup d'une question de valeur. Et elle s'entend, il y a des questions très importantes qui se posent vis-à-vis de la France Insoumise et de Jean-Luc Pélenchon en particulier. Mais voilà, quand Raphaël Glucksmann dit « mais il n'y a pas trois blocs, nous il y a quatre blocs et nous sommes le quatrième bloc, nous pouvons survivre sans », parce que Olivier Faure, Emmanuel Morel et Ségolène Roy ont posé la seule vraie question qui se pose. C'est-à-dire s'il n'y a pas alliance à gauche, alors il va y avoir alliance au centre. Et ça, pour le coup, Raphaël Glucksmann dit que non. Il dit non, c'est moi qui vais gagner
tout seul.
Alors, s'il fait 30%, c'est possible, mais on en est quand même assez loin. Et je crois que c'est vraiment méconnaître comment fonctionne le mode de scrutin des élections législatives. Imaginons même qu'il fasse 15% tout seul. Mais ça veut dire qu'il y a peut-être 50 socialistes ou sociodémocrates au second tour. Pas plus, quoi. Il faut avoir bien ça en tête.
Non, et puis il y a un problème d'analyse, il y a quand même un problème d'analyse de la vie politique française telle qu'elle fonctionne depuis l'irruption du macronisme qui a fait imploser la bipartition de la vie politique française. Et puis la bipartition, ce n'est pas
que français non plus.
C'est ce que j'allais dire, on l'observe à l'échelle européenne, ailleurs dans le monde même, on peut aussi le dire, quand on voit les mouvements de ce qui se passe aux Etats-Unis. peut aussi rentrer dans cette grille d'analyse. Il y a de fait une tripartition. À peu près tous les analyses de la vie politique, les politologues, les sociologues s'accordent à dire qu'effectivement, il y a aujourd'hui trois blocs, quatre si on compte l'abstention, mais le quatrième, ce n'est pas les sociodémocrates.
Alors, ça ne veut pas dire que ça sera trois blocs pour toute la vie. Maintenant, c'est vrai que je serais assez surprise que d'ici la prochaine élection présidentielle, on ait une reconfiguration telle. de notre
vie politique. En fait, il faut comprendre pourquoi Raphaël Glucksmann dit ça aussi. Je pense que Raphaël Glucksmann, il a vu une chose qui se passait dans le bloc gauche, avec les aspirations unitaires, parce qu'il faut regarder ce qui se passe à la base, il y a des aspirations en termes de mesures, etc., qui font que, programmatiquement, d'un point de vue du projet, c'est aujourd'hui la gauche radicale qui domine cet espace politique. Et ça fait des années qu'ils échouent à reprendre la main, ils essayent, mais en l'occurrence, c'est aujourd'hui l'espace de la gauche radicale, la gauche du rupture, la gauche anticapitaliste, appelez-le comme vous voulez, qui monopolise les deux tiers de cet espace politique. Et ça, en fait, il n'arrive pas à le changer de l'intérieur. Donc il dit qu'il faut passer par l'extérieur. Et donc, pour lui, c'est une façon de ramener des électeurs du centre. On le voit d'ailleurs dans les quelques sondages, dans les nombreux sondages qui apparaissent. Lorsque est testé Édouard Philippe ou Gabriel Attal, on voit en fait que Jean-Luc Mélenchon, lui, dans les sondages ne bouge pas, c'est Gabriel Attal, c'est Raphaël Luxemann, lui, qui fluctue. Donc il va chercher une part de son électorat. Bien sûr. dans le centre. Et donc c'est ça qu'il essaie de jouer.
C'est ça qu'il essaie de jouer. Face à ça, Ségolène Royal, finalement, elle a rappelé ce que c'était que le mitterrandisme, finalement, c'est-à-dire que pour arrêter... de se positionner uniquement vis-à-vis d'un adversaire de son propre camp, il faut plutôt l'embrasser et lui donner le baiser de la mort, d'une certaine manière. C'est plus difficile dans les faits que sur le papier, mais c'est la mythologie mitterrandienne des années 70. Ils ont préféré l'alliance avec le Parti communiste pour essayer de le dévitaliser, ce qui a plutôt marché à partir des années 80. C'est simple.
C'est rassembler son camp avant d'élargir. C'est la stratégie d'Olivier Fort, c'est ce qu'il répète. D'abord je rassemble mon camp et ensuite je m'adresse aux électeurs qui ne votent pas pour moi pour élargir ma base. Est-ce qu'on n'en viendrait
pas à ces cinq candidats différents ? Peut-être commencer par, je pense qu'on est d'accord là-dessus, sur la petite surprise d'hier soir, c'est-à-dire qu'on a trouvé que le plus à l'aise, le meilleur hier soir, le plus charismatique, c'était Emmanuel Morel.
Ça a dû leur faire bizarre d'avoir un mec de gauche sur le plateau. Je plaisante. Mais Emmanuel Moral, il a été assez limpide lorsqu'il s'est exprimé. C'est-à-dire que c'était des mesures qui étaient claires. Concrets. Concrets. Il a posé des questions de principe. C'était le moins connu de tous. C'est aussi celui qui a le moins de choses à
perdre.
Il a le moins d'enjeux. Il sait qu'il ne gagnera pas cette primaire. De toute façon, pour JRS, son parti d'exister, de peser dans cet espace-là. Je rappelle qu'il siège avec les communistes aujourd'hui dans le groupe GDR. Il y a les ultramarins, les communistes et Emmanuel Morel. Il a été bon parce qu'il a fait le match aussi avec Raphaël Glucksmann. C'est lui qui l'est allé beaucoup chercher. De manière
plus flotrée.
Voilà, de façon cordiale. Il lui a mis quelques tirs, mais ça jouait. Et sur le fond, c'est peut-être aujourd'hui celui qui porte une forme de radicalité la plus à assumer au sein de cet espace-là. En tout cas, sur les questions économiques. Sur les questions économiques, sur les questions de souveraineté, d'industrie. C'est le plus compatible avec la gauche radicale, en tout cas.
Jérôme Genge, lui... assez à l'aise aussi, mais complètement matrixé par Jean-Luc Mélenchon vraiment tout au long du débat, on l'a déjà dit.
Là, le sujet de Jérôme Gage, c'est moins de gagner cette primaire que d'essayer d'acter que les socialistes ne saluent plus avec la France insoumise. On voit aussi une dérive quand même de Jérôme Gage qui, on l'a vu sur les questions sociétales, commençait à quitter parfois un peu les rives de la gauche et ça a pour conséquence que parfois sur l'économie... Ça dérive aussi. Ça dérive, il prend... Je vais forcer un peu le trait, mais il me faisait penser un peu aux candidats du « en même temps ». C'est en même temps la rigueur budgétaire et l'amélioration des conditions matérielles de vie des gens. En fait, il passe son temps à essayer de ménager la chèvre et le chou. Pour quel résultat ?
Il promeut quand même une des rares mesures. Je ne dirais pas innovante, c'est une mesure qui existe. Une grosse mesure, c'est la grande sécu, c'est-à-dire que la sécu prenne toute la place et remplace les mutuelles de santé. Moi, je pense que ça fait partie des mesures qui, si elles étaient un peu mieux marketées, un peu mieux défendues, ça pourrait être un truc qui peut diriger le vote éventuellement. Il l'a défendu un petit peu mercredi soir, mais pas tant que ça. Ségolène Royal, qui était quand même très attendue après ses déclarations des derniers jours contre Raphaël Guzman, on attendait qu'elle puisse peut-être faire exploser le débat. Eh bien, elle a un peu explosé le débat, il faut bien le dire. C'est sans doute elle qui a... les positions parfois les plus hétérodoxes, notamment, par exemple, sur les carburants, par exemple, et puis surtout, moi, vraiment, Ségolène Royal, elle était soit brillante, soit... complètement complotistes dans ce débat. C'était quand même assez frappant.
Je n'irai pas jusque-là, mais c'est vrai qu'elle est un peu difficile à suivre. On a du mal à voir la structure de son propos, notamment sur les questions internationales. On a l'impression que la vie est facile pour Ségolène Royal. Un petit côté de la diplomatie pour les nuls. Sur le conflit russo-ukrainien sur l'invasion de l'Ukraine, elle nous dit que si j'avais été présidente, ça ne serait pas arrivé. Pourquoi ? Parce que les casques bleus auraient été envoyés. Or, au Conseil de sécurité de l'ONU, ils siègent la Russie. La Russie a un droit de veto. a un droit de veto dont elle aurait utilisé. Il n'y aurait pas eu de casques bleus envoyés. sur la frontière avec la Biélorussie et avec la Russie. Et puis, il y a eu le moment de cristallisation sur le conflit israélo-palestinien. Il y a deux choses. La première, c'est une... Une maladresse. Moi, je le dis comme ça. Moi, j'irai plus
loin. Moi, je trouve que c'était limite antisémite.
En tout cas, elle dit qu'elle ne l'a pas dit comme ça. Mais ça a été entendu comme les juifs doivent... se distancier de Netanyahou et des gouvernants israéliens. Ce qui ressemble un peu
à, il y a dix ans, les musulmans doivent se désolidariser de Daesh, ce qui était tout à fait islamophobe il y a dix ans.
Jérôme Gage et Raphaël Glucksmann, notamment, lui, sont tombés dessus pour recadrer son propos. Elle l'a rectifié ce matin, après un entretien chez Apolline de Malherbe sur BFM. Elle a fait un tweet en disant qu'elle ne s'adressait pas aux Juifs, mais en fait aux Juifs. israéliens qui devaient prendre la parole et qu'elle ne voulait pas essentialiser les personnes de confession juive. Donc la clarification a été faite. Et puis il y a eu quand même le moment génocide. –
Oui, parce qu'elle était très mal embarquée dans ce débat. Et je pense que c'est aussi là qu'on voit que c'est une vraie politique. – Olivier Faurel en sandwich en fait. – Elle arrive à... à retourner le truc, parce qu'effectivement, le sujet du génocide est amené par Olivier Faure, on va y venir, de manière assez maligne, je trouve, c'est-à-dire qu'il part du génocide des Ouïghours, contre lequel Raphaël Glucksmann s'est beaucoup battu, c'est même l'une de ses images de Marc, et il dit, mais pourquoi du coup ne pas parler de génocide sur Gaza, en disant, mais les mots ont un poids, et on ne peut pas dire qu'il est tort là-dessus.
Et il a fait la même chose juste avant avec Jérôme Gatch qui lui aussi se refuse à utiliser le mot génocide en parlant de la convention. de 48, sur la prévention des génocides, et qu'en fait, on ne qualifie pas un génocide une fois qu'il est arrivé, mais qu'on essaie au contraire de prévenir, et que c'est en cela que le mot est utile, c'est parce que le qualifier permet ensuite d'engager du poids diplomatique dans la balance. Et donc, il faut dire que Olivier Faure, il a été malin sur plein d'aspects, il s'est placé un peu aussi en surplomb, mais il a essayé de la jouer parfois... Un
peu au-dessus de la mêlée. – Oui, avant le débat sur LFC dont on a parlé tout à l'heure, jusque-là, Olivier Faure, effectivement, il était plutôt en mode… Je résume un peu ce qui vient de se passer, d'une certaine manière. – Il dit « je ne suis pas l'arbitre des élégances », mais un peu quand même. – Un peu quand même.
Mais pareil, après, sur les propositions très concrètes, ça manque encore de concrètes.
Et juste pour revenir, le débat dérive sur la question du génocide à Gaza. Et du coup, Ségolène Royal en profite pour dire à Raphaël Glucksmann, si les mots ont un sens, il faut dire qu'il y a un génocide à Gaza. Et là, c'est vrai qu'il y a eu un petit chaos technique de quelques secondes de Raphaël Glucksmann. qui n'en a en moins pas démordu. Il n'a pas utilisé le mot, mais j'ai une petite idée que le débat va revenir.
Alors que sur les mesures à mettre en place, en réalité, il n'y avait pas forcément des accords entre eux sur mettre fin à l'accord d'association entre l'Union européenne et l'Israël. Si on enlève ce sujet
-là, qui n'est pas tout à fait un petit sujet. Ce n'est pas un petit sujet, mais sur les sanctions
à prendre envers Israël, le gouvernement israélien. Sur la suspension de l'accord d'association. Sur la non-importation des produits issus des colonies. Même si
sur la suspension de l'accord d'association... Gage c'est moins clair, il dit il faut mettre ça dans la balance, il dit pas tout à fait, il faut le suspendre.
Mais voilà, en gros il se retrouve, c'est sur la qualification de ce qui se passe à Gaza, qu'il y a un
gros
désaccord.
Et donc on a parlé d'Olivier Fort qui effectivement a eu quelques bonnes séquences, mais je trouve peut-être pas assez, mais bon il faudra voir la suite, même si on sent qu'il y a eu un effort pour... Pour parler clair, quand même, j'ai trouvé, Olivier Faure, il a quand même un petit défaut, c'est que parfois on ne comprend pas toujours très bien ce qu'il... Il peut faire des tunnels
où il perd un peu les gens. Et là, j'ai
trouvé qu'il y avait quand même un effort de fait, de clarté.
Sur la forme, mais encore une fois, sur le fond, il y a une attente quand même de concret.
Il a parlé de la sécurité sociale et alimentaire, c'est bien, mais on reste un peu sur sa fin. Et puis donc, il y a quand même un favori à cette primaire. même s'il a beaucoup pris de coups hier soir, je ne suis pas sûr qu'il ne soit pas encore favori, évidemment, après ce premier débat, c'est Raphaël Glucksmann. Ça a été compliqué pour lui, probablement. Mais on s'attendait à ce que ce soit compliqué. Est-ce que ça a été plus compliqué que prévu ?
Non, parce qu'en fait, il prend quand même des coups depuis qu'il est rentré dans la primaire. Il faut se rappeler, d'où le point de départ. C'est Olivier Faure qui enferme Raphaël Glucksmann dans un coin sur la primaire à 15 euros, tuer un bourgeois qui ne parle pas aux gens. Vous ne savez pas pour
croire que c'était un pugilat.
En fait, il se laisse nasser Raphaël Glucksmann. Et en fait, le débat a continué. Il a été extrêmement ciblé par Ségolène Royal avant le débat. Elle l'a qualifié de stagiaire, etc. Donc on pouvait s'attendre à ce que ça soit quand même la tonalité du débat, ce qui n'a pas été le cas tout du long, mais il n'a pas fait preuve non plus d'un charisme et d'une éloquence. On ne s'est pas dit dans un débat
avec Édouard Philippe, Gabriel Attal
et Marine Le Pen, c'est une assurance touriste. En fait, le truc, c'est que Raphaël Grussmann, il se pose en sauveur de la démocratie. Il veut faire le match avec Donald Trump, avec Milley, avec Netanyahou, avec Poutine et avec Xi Jinping. À la lumière de ce débat, je ne me dis pas, tiens, Raphaël Glucksmann, il va pouvoir mener le bras de fer. Il est déjà mis en difficulté par Ségolène Royal et Olivier Faure assez régulièrement dans le débat. Il se laisse enfermer par des gens qui ont la rhétorique politique.
pense à un moment notamment, alors évidemment, il est encore moins à l'aise quand il n'est pas sur ses sujets, c'est-à-dire sur les sujets économiques et sociaux, etc. J'ai le souvenir d'un moment au début du débat où il se fait... donner la leçon sur des questions de protection sociale par un spécialiste, Jérôme Gage, ou le body language de Raphaël Glucksmann à ce moment-là. C'est terrible, mais c'est vraiment le body language d'un stagiaire qui acquiesce à ce qu'il se dit. C'est arrivé à plusieurs moments, je trouve, dans le débat. C'est vrai qu'il est à l'aise sur les questions internationales. Et même sur la question d'Israël.
Oui, c'est son sujet, mais il n'écrase pas non plus le débat de ses propositions. En fait, comme il pense à peu près à la même chose, Ségolène Royal, mise à part, même sur la question du non-survol par des avions du territoire ukrainien, il a été repris de voler par Jérôme Gage sur ce qu'on appelle une no-fly zone, c'est-à-dire s'organiser pour faire comme lorsqu'il y avait le conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran. pour protéger l'espace aérien des Émirats arabes unis. qu'on a un accord de défense. Un accord de défense où des avions occidentaux sont allés survoler pour éviter que ça ne dégénère sur un territoire qui n'était pas... dans la guerre, dans le conflit, il a dit, il faut faire la même chose en Ukraine. Sauf qu'en fait, concrètement, il n'explique pas comment ça doit se passer. Jérôme Gage dit, mais c'est-à-dire qu'on envoie des avions français, on envoie des rafales, ou alors ça joue avec des missiles anti-aériens. Comment ça se passe
? Là, il ne met pas de concret. En fait, il pose
beaucoup de grands
principes,
Raphaël Buxmann.
Même Morel met plus de concret sur la question russo-ukrainienne, par exemple.
moi, je trouve encore un cran en dessous sur, une fois qu'on a posé ses principes, qu'est-ce qu'on fait concrètement ? Quand on met les mains dans la mécanique, le cambouis, parce qu'il faut aussi de la technicité et de la précision. Et là, pour l'instant, avec Luxman, c'est encore trop timide.
Ce qui me marque beaucoup quand même... pour faire un point d'étape aussi sur cette primaire-là qui rentre dans le dur, puisqu'il y aura deux autres débats avant le vote du premier tour les 9 et 10 octobre, c'est que, en fait, quand on discute avec des soutiens de Raphaël Guzman et des vrais soutiens de Raphaël Guzman, en fait, on lit très très vite entre les lignes qu'il le trouve. Pas très bon, en fait. Je l'ai vu encore hier en voyant des supporters et des gros supporters de Raphaël Glucksmann. On me dit qu'il s'améliore. Quand on vous dit « il s'améliore », ça veut dire que ce n'est pas encore assez bon. Peut-être que ça va changer. La campagne ne fait que commencer. Et il va la gagner, cette primaire. Je n'imagine pas d'autres résultats toujours encore à cette date, pour être honnête. Attention
au
pronostic. Oui, je le dis. À cette date-là, il va gagner, je pense. Mais voilà, ça reste insuffisant. Et comme tu le dis, s'il se fait... bolossé par Emmanuel Morel, Jérôme Guedj et Ségolène Royal, qu'est-ce que ça va être après ? Il aura l'expérience de ces débats-là, et ce n'est pas rien, ce n'est pas anodin. Une vraie bonne primaire, c'est aussi une primaire qui challenge le grand favori. Il est trop challengé, le favori.
En tout cas, il n'y a pas assez de répondants.
Est-ce qu'on a fait le tour sur ce premier débat de la primaire, Emilio ? A
priori, oui. On vous donnera rendez
-vous peut-être pour les prochains débats. Et on aura d'autres choses à vous dire sur cette primaire qui nous tient en
haleine. C'est ça. D'ici là, vous pourrez retrouver un portrait de Ségolène Royal sur le site internet. Ségolène Royal, certains présentent comme la surprise, l'ovni de cette primaire. On
a hâte de lire ça. A très bientôt sur la chaîne de l'Humanité. Salut.
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