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Bonsoir Monsieur le Président.
Bonsoir. Bonsoir Gilles. Bonsoir Caroline. Bonsoir Monsieur le Président. Bonsoir à tous les deux.
Monsieur le Président, vendredi dernier vous avez convoqué les responsables des grandes formations politiques pour alerter sur la menace russe. On a lu des informations publiées dans la presse étrangère qui mentionnent une attaque de drones russes par la mer qui pourrait viser l'Europe et en particulier le sud de la France. Est-ce que c'est un scénario qui vous semble aujourd'hui crédible ?
information, nous pouvons la démentir. La CIA n'a pas informé les services français d'une telle attaque. Et le ministre de la Défense italien a fait la même chose. Donc ça, je peux vous dire non. Par contre, oui, il y a une situation... qui monte en tension, qui est inquiétante pour, évidemment, l'Ukraine, qui est sous la guerre directe de la Russie depuis février 2022, et en fait depuis 2014, et pour nous, Européens, parce que ces dernières semaines tout particulièrement, les actes hostiles, un peu partout en Europe, se sont multipliés. Et en effet, j'ai réuni la semaine dernière les forces politiques. Pour les alerter sur l'évolution de cette menace, les conséquences pour nous dans notre pays et pour les alerter aussi sur l'évolution de la situation au Proche et Moyen-Orient et les conséquences directes pour la vie des Français et leur pouvoir d'achat. Et ça me semble être mon devoir.
Parlons
de
menaces précises. Est-ce qu'il est possible qu'il se passe en France ce qu'il s'est passé en Allemagne sur l'aéroport de Leipzig ? Est-ce que les Russes pourraient envoyer... en France, un drone armé contre un avion à Orly, à Roissy ou sur l'aéroport de Marseille-Marignane ? La réponse est oui.
Aujourd'hui, il faut être très clair. La Russie considère que l'Europe, c'est la profondeur stratégique de l'Ukraine. Que parce que les Européens aident les Ukrainiens, Et bien que les Ukrainiens sont en train en effet de viser des raffineries, des sites sensibles en Russie pour qu'ils arrêtent la guerre. Et bien que l'Europe peut être visée. Ça fait des années qu'on est attaqués. On est attaqués sur le plan informationnel, avec des fausses informations qui sont circulées. On a été attaqués sur le plan cyber. Durant ma première campagne, j'avais fait l'objet d'une attaque cyber qui a été attribuée par nos services à la Russie. Elles se sont intensifiées ces dernières années. Et ces dernières semaines, il y a eu l'attaque de Leipzig qui a été extrêmement grave parce qu'elle a raté. Mais aurait-elle réussi ? Il y aurait eu des morts sur le sol allemand. Donc c'est plus de la
guerre hybride, c'est de la guerre point.
Ce sont des actes hostiles. qui en effet peuvent tuer. Et donc, c'est pour ça qu'il y a une vraie menace et que la tension monte. Mais vous avez eu dans le même temps des drones dans l'espace aérien de plusieurs pays, les Danois, la Pologne, les Etats baltes, donc Lituanie, Estonie, Lettonie ont été aussi menacés par plusieurs intrusions. Mais pas la France.
C'est ça qu'on doit comprendre. Est-ce qu'il y a eu des attaques russes contre des installations stratégiques ou industrielles françaises ?
Sinon, vous l'auriez su, nous l'aurions rendu public. Donc aujourd'hui, il n'y a pas eu en France des attaques. du type de ce qui s'est passé à Leipzig. Mais quand vous me posez la question est-ce que ça peut arriver, ma réponse est oui.
Et donc un point de vocabulaire, si par malheur cette chose advenait, La Russie serait, selon le vocabulaire d'aujourd'hui, un adversaire ou est-ce que ça deviendrait un ennemi ?
Alors d'abord, nous, nous devons être lucides sur l'évolution de la menace. C'est ce qu'on fait, c'est l'information que j'ai partagée. Ensuite, et je vais répondre à votre question très précisément, ensuite nous devons nous préparer. On n'est pas inactifs, on n'est pas là juste pour dire il peut y avoir une menace. Donc c'est pour ça que depuis des mois, on a monté la posture. D'abord nous, depuis des années, on a mis en place ce qui s'appelle Viginum. pour lutter contre la désinformation et les manipulations. Ensuite, on a monté la posture, c'est-à-dire qu'on a mieux protégé des sites sensibles. Et là, face à l'évolution des derniers jours, on a donné des instructions. Et donc, jeudi dernier, la veille de cette réunion, à ma demande, le ministre de l'Intérieur a réuni l'ensemble des préfets de zone pour qu'il y ait beaucoup plus de vigilance. Nous avons tenu un conseil de défense. Et le Premier ministre est en train de le décliner, c'est-à-dire que région par région, tous les sites sensibles, les sites civils qui le justifient font l'objet de protections supplémentaires. Et on fait la même chose sur les sites militaires et les industriels de l'armée. Donc ça, c'est notre action. Après, sur les mots, je ne vais pas participer à l'escalade. Et tout ce que cherche la Russie, c'est que nous, nous soyons belliqueux dans les mots pour justifier leur mobilisation ou leur posture. Ce que je peux vous dire c'est que la Russie, elle multiplie les actes hostiles et parfois criminels à l'égard des pays européens.
le Président, est-ce que vous avez des informations sur une nouvelle mobilisation
russe ? Écoutez, il y a plusieurs informations qui ont été partagées par les services de renseignement européens, américains, avec aussi nos amis ukrainiens. Certains parlent
de 300 000 hommes supplémentaires.
En tout cas, c'est un scénario qui nous paraît crédible. Et il est clair qu'il y a eu plusieurs indices qui montrent que la Russie est en train de s'organiser pour faire cela. Et donc, ils attendaient leurs élections. Elles sont passées. Et donc aujourd'hui, il est clair que la Russie va le faire. Alors est-ce qu'elle va le rendre public elle-même ? Est-ce qu'ils vont faire un appel ? Ou est-ce qu'ils vont le faire sans le dire ?
parlez de mobilisation. On est bien d'accord. Vous parlez d'une mobilisation. C'est-à
-dire d'aller chercher des jeunes hommes pour les intégrer aux forces militaires pour accroître l'effort de guerre. Et en effet, le scénario crédible aujourd'hui, qui est souvent partagé, est autour de 300 000 hommes. Mais pourquoi ? Il faut bien comprendre ce qui est en train de se passer. La Russie a dit en février 2022, on lance une opération spéciale. En trois semaines, on aura pris l'Ukraine. On est aujourd'hui plus de quatre ans et demi plus tard. Ce n'est pas le cas. Les Ukrainiens ont réussi à faire une contre-offensive remarquable. Et depuis l'automne 2022, donc ça fait maintenant quatre ans, le front est quasiment stabilisé. Il y a 1% de territoire, 1,5% qui a été pris en plus par les Russes. Cette guerre, elle a fait 1 million de morts au total. Cette guerre, elle a coûté à la Russie 1 200 000 hommes, c'est-à-dire tués et blessés. Et donc le signal qu'est en train d'envoyer aujourd'hui la Russie, c'est qu'on est prêt à faire encore plus de sacrifices pour prendre tout le Donbass. Elle a aujourd'hui dans le Donbass tout un oblast, c'est-à-dire une région, et 85% de l'autre. Mais pour le prendre, si elle avance au même rythme qu'elle le fait depuis 4 ans, il lui faudra un an et demi, deux ans. avec des pertes terribles et une Ukraine qui souffre. Et donc nous, sur ce terrain, quelle est notre responsabilité ? Aider l'Ukraine à résister, ce qu'on fait depuis le début. Malgré tous les aléas, rappelez-vous, il y a un an et demi, on disait les Américains sont en train d'abandonner l'Ukraine. L'Europe s'est mobilisée. Ici même, nous avons lancé début 2015 la coalition des volontaires. Ici même, un an plus tard, au début de cette année, on a dit ce qu'on ferait pour les Ukrainiens en rembrayant avec les Américains. Et donc aujourd'hui, on leur apporte de l'aide concrète. Je vous le disais, j'ai vu il y a deux jours le président Zelensky. On a signé la fourniture de radars supplémentaires, de missiles supplémentaires. Et donc on continue d'être... Vous
parliez de la défense de l'Ukraine, la stratégie des Ukrainiens depuis quelques mois est de frapper, de détruire autant que possible les installations pétrolières russes, les raffineries. Est-ce que cela contribue à faire monter le prix des carburants chez nous en France ? C'est ce que
disent tous les experts. C'est factuel.
Donc vous dites au président Zelensky, trouve d'autres cibles ou continue puisque c'est dans son intérêt bien compris ?
La première explication de la montée des carburants, ce n'est pas ça. La première explication, on va y venir, je l'espère, c'est ce qui se passe Hormuz. Parce que ça, c'est 20%. Ce qui se passe aujourd'hui par ces attaques vient aggraver ce problème. Donc c'est factuel. Est-ce qu'on peut en raison dire à l'Ukraine, c'est de ta faute ? S'il est primonde, tu dois arrêter. n'est pas suffisant. Donc, qu'est-ce qu'on a proposé ? Et c'est exactement ce que j'ai discuté ce lundi avec et le président Trump et le président Zelensky. C'est un moratoire. C'est-à-dire, les Ukrainiens font ça pourquoi ? Parce que les Russes détruisent leurs capacités énergétiques. L'année dernière, l'Ukraine a vécu dans le froid, dans l'obscurité totale pendant des mois. Et les Russes sont en train de refaire pareil. Et donc, nous, ce qu'on propose, c'est le double moratoire. La Russie a dit non, monsieur le président. Attendez, c'est-à Vous arrêtez de taper les raffineries russes. Les russes s'engagent à ne pas taper votre système énergétique et vos infrastructures civiles. Et, deuxième moratoire, vous arrêtez les combats en mer noire, parce qu'on a des dizaines de millions de tonnes de céréales bloquées en mer noire, ce qui est terrible pour beaucoup de pays. Mais Caroline l'a dit. Les russes ont déjà dit non. Il y a eu une prise de parole du ministre des Affaires étrangères à la tribune des Nations Unies qui a dit qu'on ne veut pas cesser le feu. Parce que les Européens l'utiliseraient pour armer plus rapidement l'Ukraine. Ce n'est pas un cessez-le-feu qu'on propose. C'est d'arrêter de taper sur certaines catégories. Mais on ne dit pas qu'il y aura un cessez-le-feu sur le front. Donc ça, c'est quelque chose qu'on va continuer de pousser dans les prochains jours. Ça fait partie des actions diplomatiques dont la France a l'initiative et que nous continuerons d'avancer.
Et vous en avez dit un mot à l'instant, qui explique la flambée des prix des carburants, qui impacte la vie des Français très durement, c'est le blocage d'Hormuz et la situation de tension dans le détroit de Bab-el-Mandeb, en mer rouge. Est-ce qu'il faut s'attendre à des pénuries, monsieur le Président ?
On fait tout pour les éviter. D'abord, je vais ici dire qu'on est tous très conscients autour de cette table de ce que vivent nos compatriotes. C'est-à-dire de la montée des prix à la pompe, pour le carburant. Et donc c'est terrible pour beaucoup de familles, terrible pour beaucoup de nos compatriotes qui sont obligés d'utiliser leur voiture pour aller travailler, pour aller voir des proches. Je vois que certains sont obligés de renoncer à des choses de la vie les plus intimes. Et ils ont beaucoup monté ces dernières semaines. Et ils ont évidemment monté quand on prend depuis février le début de la guerre. Et il y a évidemment aussi ce qui va arriver pour le plein du fioul à la maison et le gaz cet hiver. Aujourd'hui, nous, nous voulons agir d'abord diplomatiquement, parce que la cause de tout ça, c'est la condition, ce sont les circonstances géopolitiques. Donc sur l'Ukraine, c'est cette proposition de moratoire, ce qu'on va continuer de faire, ça dépend pas que de nous. Ensuite, on a 20% du gaz, du diesel, du pétrole brut, des produits raffinés et du gaz qui sortent de cette région, c'est-à-dire du golfe Persique. Et donc le cœur de notre action, ça va être d'essayer de faire baisser la tension. pour que ça puisse ressortir le plus facilement possible.
Mais la question que je vous pose les Français, c'est, carburant, vous venez d'en parler, fuel domestique avec lequel ils vont se chauffer, et le gaz, et ce que vous dites ce soir aux Français qui vous regardent, il n'y aura pas de pénurie de fuel domestique et de gaz cette semaine, la semaine prochaine, jusqu'au printemps prochain.
Alors, cette semaine, la semaine prochaine, dans les semaines et les mois qui viennent, on a tout fait pour. Février, mars, avril prochain. C'est-à-dire, qu'est-ce qu'on a fait, et c'est le cœur de notre activité diplomatique ces dernières semaines en particulier, vous m'avez vu recevoir... prince héritier d'Arabie Saoudite, le premier ministre d'Irak, les dirigeants jordaniens, libanais qui sont dans cette région pour faire passer les tubes, j'ai vu également le président nigérien, beaucoup de nos fournisseurs pour sécuriser nos volumes. Donc je peux vous dire que d'ici à la fin de l'année, on s'est mis en situation d'avoir ce dont on a besoin en diesel, en gaz, en fuel. Donc ça, oui. Ça c'est 90 jours. Si la crise devait empirer ou durer, on va continuer d'agir pour ne pas être confronté à ces risques d'approvisionnement. Mais vous n'en êtes pas certain. Non, mais d'abord on s'est donné toutes les chances par notre action. Ensuite, on a des stocks. Et nous, on les a reconstitués en gaz. C'est-à-dire que là, on sera dans quelques semaines à 80% de nos stocks qui sont pleins. Ce qui est l'objectif qu'on s'est donné au niveau européen. Donc nous, Français, on a fait le travail. Et on a des stocks aussi de pétrole. Et donc, qu'est-ce qu'on va faire dans les prochaines semaines ? Continuer de sécuriser ces volumes. Faire le travail diplomatique et donc tout faire par une discussion avec les Iraniens, les hommes annés pour rouvrir ce détroit d'Hormuz. Regardez, les prix du diesel et de l'essence, ils étaient à 1,90 à la fin de l'été, enfin à la fin du mois d'août. Donc ils ont beaucoup monté parce qu'il y a eu des tensions. Donc on va essayer de rouvrir cette voie. Ensuite, vous l'avez dit, il y a plusieurs millions de barils qui circulaient à travers l'Arabie Saoudite et qui sortaient en mer rouge dans ce qu'on appelle le site de Yambou. Bon, il a été... très abîmé par une attaque des outils. Nous nous engageons pour le sécuriser.
Avec quels moyens
Et donc aujourd'hui, c'est la discussion que nous avons finalisée avec les Saoudiens, nous allons envoyer des moyens militaires, c'est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense, pour protéger ce site. Pas nous engager dans quelques conflits, mais protéger ce site. Pas d'aviation, des rafales ? verra l'évolution et selon les besoins. On en a dans la région. Mais en tout cas, on se met en situation de protéger ce site parce que sortait il y a quelques semaines de là, chaque jour, plus de 5 millions de barils. Bon, donc c'est pas négligeable. Donc ça, c'est le premier levier, notre action directe. Dès qu'on détend un de ces endroits... L'impact, il est immédiat sur le prix à la pompe. En deux jours, vous le voyez à la pompe. Ensuite, on essaie de diversifier les sorties. C'est ce qu'on fait à travers l'Irak, la Syrie. Ça prend un peu plus de temps, mais c'est un signal de marché. Et puis, qu'est-ce qu'on va faire ? On va utiliser nos stocks. Et donc, c'est pour ça que je vais réunir les pays du G7, comme vous savez, la France à la présidence, et qu'on va regarder pour, s'il y a besoin à ce moment-là, dans quelques jours, libérer des stocks à nouveau pour détendre le marché. Mais on a ces stocks, ils existent.
Monsieur le Président, est-ce que vous avez évoqué le sujet avec Donald Trump ? Oui. On a appris que Donald Trump a menacé de ne plus vendre son diesel aux étrangers pour le réserver aux Américains, pour faire baisser les prix du diesel aux Etats-Unis. La France, ça n'importe la moitié de son gasoil. Donc s'il met sa menace à exécution, là c'est catastrophique.
Alors d'abord la France, vous avez raison. En moyenne, on est entre 600 et 700 000 barils jour. On en raffine à peu près 60%. On en raffine 400 000 par jour chez nous, c'est une chance, et on en importe environ 300 000. On a quand même plus ou moins sécurisé ces volumes et nos grands fournisseurs, ce sont les Nigériens, ce sont justement les Saoudiens, c'est sur le marché mondial. Donc on n'est pas directement dépendant. Par contre, une telle décision, elle aura un impact et les prix monteront sur le diesel mondial. Vous lui avez dit ? Donc elle est mauvaise, oui. Et je pense que tous les experts qu'il a autour de lui et tous les raffineurs américains ne peuvent lui dire que la même chose, cette décision serait mauvaise. simplement pour le reste du monde. Pour l'économie américaine aussi. Mais
vous n'avez pas obtenu la garantie qu'il ne la prendra pas ?
Alors, on n'a jamais de garantie à cet égard.
Avec Donald Trump ?
Jamais. Par contre, je peux vous dire une chose, ce ne serait pas une bonne décision pour son pays et son économie. Maintenant, qu'est-ce que je vais lui proposer ? Justement, entre grands pays, entre grandes économies, ce qu'on appelle le G7, de nous mettre autour de la table, autour d'un écran, pour lui dire, au lieu de faire ça, si vous voulez baisser les prix pour chez vous comme pour chez nous, Peut-être devons-nous réfléchir à libérer ce qu'on appelle des stocks stratégiques, mais de manière coordonnée. Ça mettra un peu plus de volume sur le marché, ça le fera baisser. Et puis après, ce sur quoi j'essaie de l'engager, c'est de dire, il y a le conflit avec l'Iran, c'est une chose. Il y a les discussions sur le nucléaire iranien qu'il faut avoir parce qu'il en va de la sécurité mondiale, mais il faut essayer de mettre la question d'Hormuz à part. C'est ça que je plaide.
Mais revenons aux Français. Ils se demandent ce soir... Combien de temps ils vont payer le 100 plan 95, le gazole, à un prix record ? Ça n'est jamais arrivé ces 50-60 dernières années. Ça va durer semaines. Vous voyez la fin de ça pour les Français ? On verra.
Si on arrive, d'abord, je ne dis pas on verra, je me bats chaque jour. Et je suis, on est tous ensemble et je suis à leur côté. Et donc, moi, ma priorité, c'est vraiment de baisser les prix. Et donc, pour baisser les prix, on doit régler ces sujets. D'abord, éviter les sur-accidents. Pas d'interdiction d'export américaine, essayer de libérer des stocks et d'essayer de recréer de la fluidité à Hormuz, en mer rouge, etc. Mais ça
peut durer combien
de temps ? Donc si les choses s'améliorent dans les prochains jours... les prix baisseront vite. Regardez, avant qu'il y ait une tension accrue sur Hormuz et cet épisode en Arabie Saoudite, on avait des prix du diesel et du sans-plomb qui étaient à 1,96. Oui,
mais vous dites si, vous n
'avez pas prise totale sur les événements. Parce que moi, je mets le maximum de poids et je m'engage, mais ces décisions ne dépendent pas de nous, simplement. C'est pour ça que dans cette période, gouvernement agit pour pouvoir accompagner... et accompagner des filières économiques qui en ont le plus besoin, ou accompagner les Français qui roulent le plus pour un peu réduire leur fonction.
Certains ont d'autres options. Certains pays européens, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, la Belgique, ont décidé simplement, et on l'entend ça aussi dans le débat public, de baisser les taxes, de plafonner les prix. Pourquoi est-ce que c'est possible ailleurs et que ce n'est pas possible chez nous ? Parce que là, pour le coup, ça ne reposerait pas sur le résultat d'une diplomatie, mais sur des décisions.
D'abord, parce que je pense que notre intérêt, c'est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes. Parce que sinon, on ferait payer aux contribuables français les conséquences de la géopolitique. Il faut plutôt essayer de se mobiliser. La France a une grande diplomatie. On pèse et on est présent dans cette région. Donc on peut avoir des résultats. On a la présidence du G7. Donc il faut d'abord faire ça. Maintenant, le gouvernement ne reste pas les bras ballants. agit, il a raison et il accompagne. Mais
quand les autres dépensent des milliards, nous on a débloqué 450 millions avant-hier. Ce
n'est pas la même mesure. Parce
que leurs caisses à eux ne sont pas vides et nos caisses sont vides.
Mais ça fait des semaines que... Raison, moi j'entends le débat public. On dit, vous Français, vous avez beaucoup trop aidé les autres. Il n'y a pas une matinée où un chroniqueur ne fait pas un bilan en disant, c'est terrible avec ce président, regardez tout ce qu'ils ont dépensé. Non mais c'est factuel. C'est factuel, mais donc pendant le Covid, pendant la crise du gaz et des carburants entre 2022-2024, la France a beaucoup plus aidé que les voisins. Et donc les mêmes qui nous ont dit tout ça, on ne peut pas me suspecter de ne pas... ne jamais m'être engagé auprès des Français dans l'étendure, on l'a toujours fait. Mais les mêmes qui me disaient vous avez beaucoup trop aidé malheureux, là ils me disent vous n'aidez pas assez.
Mais vous le regrettez par exemple ça aujourd'hui quand on voit que les taux d'intérêt pour la France sont à 4,6% et qu'on emprunte plus cher que l'ensemble des pays de la zone euro. Est-ce que vous le regrettez ce quoi qu'il en coûte ?
Non, je ne regrette pas du tout le quoi qu'il en coûte. Et d'ailleurs je constate qu'au moment où on l'a fait, il n'y avait pas un responsable politique pour nous dire il faut baisser ceci ou cela. Pour nous dire n'aidez pas les restaurateurs, ne faites pas du chômage partiel, n'aidez pas ici ou là. Pas un. Qu'ensuite, quand on a aidé les Français, à juste titre, face à la crise de gaz ou des carburants, les partis d'opposition, y compris les responsables aujourd'hui engagés dans la campagne, nous disaient « si vous ne faites pas X centimes de plus, on vous censure, on fait tomber le gouvernement ». Pas un. Ce que je regrette, c'est que les réformes que j'avais engagées à côté pour améliorer les finances publiques, elles, ils ont bloqué.
réforme des retraites ? Bien sûr,
parce que les pays dont vous parlez... Quelle est la grande différence avec la France ? C'est que ce sont des pays qui, pour l'Allemagne, il y a 25 ans, ont fait les grandes réformes sociales pour que leur modèle s'adapte au vieillissement, qui, quand on parle de l'Espagne ou de l'Italie, ont fait en 2010 leurs réformes sociales. Nous, nous ne les avons pas faites suffisamment. Je le prends pour moi, je n'ai pas réussi à convaincre les forces politiques. Oui, c'est ça, ça fait 10 ans que vous êtes de responsabilité. Bien sûr, mais je me suis présenté en 2022 avec une réforme des retraites. J'ai été élu sur celle-ci, je n'ai pas réussi à la faire parce que je n'ai pas convaincu. Donc je ne me défausse pas de mes responsabilités. Mais ce que je veux vous dire... Juste ce que je veux vous dire ici, c'est qu'aujourd'hui, la réponse du gouvernement, elle est proportionnée. -ce qu'on peut faire plus ? Oui. Bien sûr qu'on ne laissera pas les Français tomber. Le gouvernement sera à leur côté. Mais il faut le faire en regardant aussi l'évolution des prix. Donc aujourd'hui, le gouvernement a dit, on aide peu plus de 5 millions des grands rouleurs français. Et puis on aide les filières. Je crois que le gouvernement, c'est bien. Ensuite, ceux qui disent qu'il faudrait baisser les taxes, sur un mois, baisser 20 centimes, c'est un milliard d'euros. Ces taxes-là, elles servent à quoi ? Elles servent à financer des dépenses de l'État. Elles servent à financer des dépenses des collectivités locales, c'est-à-dire
de vos
régions. Non, non, non, non, non. Dans le budget, notre déficit accroît la dette. Mais aujourd'hui, ces taxes-là, elles financent des dépenses concrètes de l'État, des régions, des départements et des communes et de la sécurité sociale. Et donc, ce que je vous dis, c'est que quand on a beaucoup aidé les Français en 2022, et je ne le regrette pas, nos taux d'intérêt étaient quasiment nuls. Aujourd'hui, vous avez une montée des taux d'intérêt partout dans le monde. Pas que la France, partout dans le monde. Mais plus que chez nous qu'ailleurs. Parce que nous sommes plus exposés. Parce que nous sommes moins vertueux, parce que nous avons moins économisé. Oui, mais donc ne m'incitez pas à être encore davantage. Peut-être que vous
dépensez à mauvais escient. C'est cela que les Français vous disent.
Je ne crois pas. Non,
mais ce que je vous dis, je ne
crois pas. Et je défends ça. Je vais aller au bout du raisonnement sur les taux. Mais ce que je veux bien vous faire comprendre, c'est que les dépenses qu'on a faites sur ces dix dernières années, ça a été un tiers pour protéger les Français des crises, à peu près, Covid et énergie. Ça a été un tiers pour préparer la France à l'avenir, c'est-à-dire baisser les impôts. Ça a été doubler le budget des armées. Ça a été faire de l'attractivité, financer nos innovations, notre recherche, l'intelligence artificielle. Et ça a été un tiers parce qu'on n'a pas assez réformé le modèle social. Je ne regrette rien des deux premiers tiers. Je regrette de ne pas avoir été assez efficace et rapide sur le dernier. Mais après, c'est simple. J'entends beaucoup les oppositions. On peut faire demain 3% de déficit en France. Revenez au budget des armées comme il était au début de mes 10 ans, vous avez 30 milliards de moins. C'est pas ça qui explique les
1 400 milliards de dettes supplémentaires en 10 ans, monsieur le Président. Non, mais soyons très concrets,
ça fait un point de moins de déficit. Revenez sur les baisses d'impôts sur les ménages, remettez la taxe d'habitation, remettez les impôts sur le revenu supprimé et la redevance télé, ça fait un autre point de moins. Revenez sur ce qu'on a fait sur l'hôpital et les grands services publics, ça fait même encore plus d'un point. Donc c'est très simple de faire les choses. Donc ce que je veux vous dire, c'est que ne caricaturons pas ce que nous avons fait collectivement. Nos services publics, nos armées, notre recherche le méritait et la protection des Français le méritait. On ne s'est pas assez vite réformé parce qu'il n'y a pas eu de consensus. Revenons un instant à l'économie et au carburant. Aujourd'hui, qui vous disent de manière démagogique... baissons les taxes parce qu'ils veulent même pas essayer de baisser les prix moi je leur dis d'abord essayons de baisser les prix c'est mon boulot c'est notre action internationale mais baisser les taxes ne peut se faire que si vous m'expliquez comment vous baissez les dépenses sinon c'est de la démagogie et ces baisses de taxes vous les payez immédiatement mais vous parlez de Marine Le Pen qui propose de baisser la TVA de 20 à 50 je dis juste que si vous ne savez pas dire comment vous les financez au même moment Ça veut dire que la conséquence, et vous le voyez bien, les taux d'intérêt montent partout dans le monde. C'est une crise mondiale. Hier, les taux d'intérêt ont monté. C'est surtout les États-Unis qui tirent ces taux. Ils sont plus hauts que nous. Et donc, si vous êtes dans la démagogie budgétaire, vous le payez au carré. Et donc, ceux qui proposent de baisser des taxes sans le financer, ils vous feront payer tout de suite le coût dans vos crédits de consommation, vos crédits automobiles. ou vos emprunts. Ils disent qu'ils entendent
le désespoir des Français.
Je l'entends aussi, vous savez, nul n'a le monopole de cette écoute. La seule question, c'est est-ce que vous agissez en responsabilité, ce que j'ai toujours essayé de faire, en étant aux côtés de nos compatriotes, et vous l'aviez dit vous-même, on les a beaucoup aidés durant ces 10 ans. Je n'ai jamais laissé les Français de côté. Est-ce qu'on le fait en responsabilité ou est-ce qu'on le fait en démagogie ? La grande différence avec ce qu'on a pu connaître par le passé... comme au moment de la crise des gilets jaunes, c'est qu'aujourd'hui, la hausse que nous vivons et que nous avons vécue durant ces derniers mois, elle n'est pas due à une décision gouvernementale ou à une hausse des taxes. Elle est due. à des conditions géopolitiques. Je veux d'abord peser sur celle-ci.
Vous parliez à l'instant des Français. Ces dix derniers jours, leur consommation de carburant a baissé, s'est effondré plutôt, de 30%. Si demain, des pans entiers de l'économie, le BTP, les infirmières à domicile, les aides à domicile, les artisans, les agriculteurs... Son faillite plonge à cause du coût des carburants. Est-ce que vous ferez, malgré tout, malgré ce que vous venez de dire, un geste ? Quitte à vider un peu plus les caisses, parce qu'il y aurait alors
urgence absolue. Je n'aime pas qu'on dise un geste, ça donne le sentiment qu'il y aurait quelqu'un avec sa carte. Il ne s'agit pas de dire le mot. Non, mais il faut agir. Est-ce que vous
iriez
plus loin ? Bien sûr, le gouvernement sera à côté des Français. d'abord de nos compatriotes et de l'économie, et agira... Par quel moyen ? Des baisses de taxes ? Et donc on ne va pas laisser les prix s'envoler. Par quel moyen ? Et donc on a plusieurs moyens. D'abord, il y a un premier moyen que vous n'avez pas évoqué depuis tout à l'heure, quand on parle des plafonnements chez les voisins. Nous, on a un opérateur qui est Total Energy. Et donc on a obtenu de cet opérateur qui plafonne les prix. Donc cet acteur, et c'est une chance pour les Français, c'est le fruit de notre histoire économique, industrielle, il plafonne les prix. Donc vous avez de l'essence qui a un 99 plafonné et un diesel à 2,15 plafonné dans les stations qui dépendent du réseau de Total. Donc on a déjà ça. C
'est tout ce qu'on demande à Total ou on peut lui demander plus ?
Mais déjà continuons à lui demander ça. de manière constante et le maximum d'efforts. Pourquoi justement qu'il fasse sur les Français de la
marge ? Juste, monsieur le président, un ordre de grandeur. Ce qu'a fait Total en limitant le prix du gazole et de l'essence sans plomb, lui a coûté, c'est le PDG de Total qui le dit, monsieur Pouyanné, à peu près 300 millions d'euros ces cinq derniers mois. C'est beaucoup d'argent. Ces six derniers mois... Total a réalisé un bénéfice net de 10 milliards d'euros. Et donc, peut-on, doit-on au nom de l'équité et de l'effort partagé, demander à Total, certes groupe glorieux, vous venez de le dire, de
donner plus ? Ce débat viendra, et il vient chaque année, et il est légitime au moment du budget. Mais ce que je dis juste, c'est que si nous n'avions pas Total en France... On n'aurait même pas ce plafonnement.
Mais vous ne répondez pas tout à fait à la question. Je vous dis déjà juste ça.
Donc ensuite, on va regarder... au niveau européen et mondial, comme on l'avait fait d'ailleurs au moment de la crise énergétique, les marges excessives. Mais ce que je dis, c'est que nous, déjà en France, ce qu'on fait et qui me semble beaucoup plus pragmatique et pertinent, c'est qu'au lieu de s'empresser à aller taxer, on dit ne faites pas de gras sur nous. Ces milliards que le groupe fait à l'international, il le fait parce qu'il produit, que les prix montent, donc il gagne plus d'argent, parce qu'il... Il fait chaque jour de l'achat, de la vente, donc il fait aussi de la marge là-dessus, et il raffine, et donc les raffineurs font beaucoup de marge. Et donc nous ce qu'on dit c'est, vous êtes français, patriotes, ils sont patriotes, ils font pas de marge chez nous. Et donc ce débat est légitime, il viendra, je l'écarte pas, mais je dis de manière pragmatique... Si on taxait, on n'aurait pas des prix plus bas à la pompe. Là, par le plafond mis en place, on a des prix plus bas. Donc ça, c'est la première action. Ensuite, si les prix devaient continuer à monter, évidemment... Au-delà de 3 euros par exemple ? Mais non, mais n'allez pas. On est à 2,20 en moyenne en France sur l'essence et à 2,40 sur le diesel. C'est très dur déjà pour nos compatriotes. Il ne faut pas en plus les mettre dans des scénarios cauchemardesses. Donc voilà, il faut... La situation est grave, on est à leur côté. Comme vous le dites, on a beaucoup de nos compatriotes qui renoncent à des transports, renoncent à aller voir des proches, des membres de leur famille, parce qu'ils n'arrivent plus à boucler le mois. Mais donc là, il faut être à leur côté. Vous avez parlé
des Gilets jaunes, vous avez cité les Gilets jaunes. Vous
parliez d'une première piste, quelle serait la deuxième ? Après, aucune piste n'est terminée, le gouvernement met tout sur la table. Et s'il faut aller plus loin ? Et y compris ouvrir des chantiers comme celui que vous avez ouvert, il n'y a pas de tabou. On ne laissera pas les prix s'envoler pour les Français. Et donc le gouvernement est à la manœuvre. J'ai eu le Premier ministre tout à l'heure sur ce sujet. Et en fonction de l'évolution, il prendra toutes les dispositions. Jusque-y, y compris baisser les taxes, chose que vous n'avez pas faite jusqu'à présent ? Je pense qu'en fonction de l'évolution, il ne faut rien exclure. Je ne vais pas vous dire ce soir, on ne le fera jamais. Ce que je vous dis, c'est que ce n'est pas la décision la plus vertueuse. Et on ne l'avait d'ailleurs pas fait. entre 2022 et 2024, parce que cette décision, au-delà d'être très coûteuse, elle n'est pas ciblée. C'est-à-dire que quand vous baissez les taxes, vous aidez tout le monde, y compris les gros rouleurs qui auraient les moyens de se payer le plein. Et donc c'est plus intelligent d'aider les gens qui en ont le plus besoin. Bon, maintenant, rien n'est fermé. Le gouvernement fera tout ce qu'il faut et accompagnera, et donc on sera pragmatiques. Parce qu'il faut
éviter la colère.
Et on essaiera de continuer aussi les choses intelligentes. C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui des Français qui, quand même, ces dernières années, ont beaucoup changé leur pratique. Et donc ils ont changé leur contrat d'électricité. Je vous le dis aussi parce qu'on parle de l'hiver. Aujourd'hui, on a 85% des Français qui se sont mis dans des tarifs réguliers, des tarifs longs. Donc ils ne vont pas être impactés comme à l'hiver 22 sur leurs tarifs d'électricité jusqu'à la fin de cette année. On a des Français qui ont changé leurs habitudes. Et donc par exemple, qui ont beaucoup plus acheté des véhicules électriques. Quand j'ai été élu, il y avait quasiment 1% de véhicules électriques qui étaient achetés. Aujourd'hui, on est à plus de 45%. Donc tout ça, c'est des choses intelligentes qu'on a su faire tous ensemble. Et donc ça, il faut le continuer.
Et donc
aussi, on doit continuer le plan d'électrification, l'accompagnement, la mobilisation du parc électrique. Donc c'est un ensemble de mesures pragmatiques.
Encaisser ce choc. Vendredi, vous avez appelé les Français à rester unis, ce sont les mots que vous avez utilisés. Est-ce que dans ce climat-là que vous décrivez ce soir, est-ce que vous craignez, vous avez évoqué les Gilets jaunes, une forme de colère sociale, est-ce que c'est ça que vous voulez à tout prix éviter
? Non, ce que je veux d'abord, moi je veux régler nos problèmes pour que la vie soit meilleure. Ensuite, dans ce contexte, c'est normal qu'il y ait de la colère, parce que quand ça va mal, les gens se retrouvent confrontés à une vie impossible et donc, en effet, sont en colère. Ils sont mal dans leur vie, parce qu'ils n'arrivent pas à boucler la fin du mois, parce que même s'ils arrivent à faire le plein, ça retombe sur les courses, etc. Donc, face à ça, la réponse pour moi, elle est surtout d'améliorer les choses. Ensuite, il y a des mouvements sociaux qui émergent. Il y en a face auxquels le gouvernement apporte une réponse, et à juste titre, qui est de les accompagner, c'est des réponses sectorielles que j'évoquais. Ensuite, je vois des voix qui s'élèvent pour rappeler à un mouvement social généralisé. Je pense que ça ne nous aiderait pas collectivement. Parce qu'un mouvement social peut se faire pour demander à un gouvernement de changer quelque chose, une décision qu'il vient de prendre. Quand il y a un mouvement social, parce que vous passez une réforme des retraites pour vous dire revenez en arrière, on peut le comprendre, on peut être en désaccord. Mais le mouvement social a un débouché qui est dans la main de ce face à qui il manifeste. Quand il y avait des taxes carburants qui avaient d'ailleurs été votées avant ma première élection mais qui impactaient. Le coup de la vie, les Français sont sortis sur les ronds-points, on dit vous devez nous écouter, faites pas ça. Si là il y a un mouvement, on va pas faire un mouvement contre la guerre qui est lancée par la Russie en Ukraine et Hormuz. En tout cas, dans ces cas-là, je peux y participer parce que moi aussi je suis contre ces guerres. Donc je ne pense pas que ce soit une action utile. A l'inverse, on doit rester unis. Et donc je pense que ce qui est important, c'est d'avoir de la solidarité entre nous, dans ce moment, d'avoir des forces politiques qui soient le plus responsables possible, c'est-à-dire être le moins possible dans la démagogie, qui consiste à dire, sortez, allez attaquer ce gouvernement, parce que ce n'est pas ce gouvernement qui vous a mis dans cette situation, et essayer de prendre toutes les décisions qu'on peut, responsables, pour protéger les Français qui sont en difficulté. pour continuer à préparer le pays à l'avenir, parce que je considère une priorité, il ne faut pas oublier ça, et pour que ces conflits trouvent une issue. Et donc moi, c'est là-dessus que je continue de me concentrer. Et mon rôle, c'est d'être... sur l'Ukraine, sur Hormuz pour essayer de régler les problèmes et la cause première de
ce qu'on vit. Les Français précisément, votre gouvernement prépare un budget qui va demander aux Français 54 milliards d'euros d'efforts supplémentaires, les APL, les retraités, d'autres encore, les arrêts maladie. Est-ce que c'est juste ?
D'abord, c'est juste d'avoir un budget qui tient les objectifs. C'est-à-dire le gouvernement... Ça, c'est nécessaire.
La question est plutôt est-ce que c'est juste ?
Non, c'est juste aussi. Parce que si le gouvernement laissait filer le déficit, ce ne serait pas juste. Parce qu'il accroîtrait le report qu'on fait sur les générations suivantes ou même sur leurs successeurs. Donc la priorité du moment, à mes yeux, c'est la stabilité financière et la stabilité politique. Donc le gouvernement a raison de faire un budget solide. Et le Premier ministre en a présenté les équilibres. Il a raison. Est-ce que c'est un budget qui est excessif, qui est un budget d'austérité ? Non, c'est un budget de responsabilité. Et donc les axes qu'il a définis me paraissent justes parce qu'ils demandent des contributions proportionnées à peu près à tout le monde. au système social, aux collectivités locales, à l'État, et aux différentes catégories, un peu aux entreprises, un peu aux ménages. Et c'est de préserver au maximum ceux qui sont les plus fragiles. Donc oui, je pense que c'est responsable et juste. Et donc le gouvernement aura à présenter... 1er octobre, ce budget, et ensuite il fera son chemin parlementaire. Il
fera son chemin parlementaire qui ne sera pas forcément évident. Juste pour aller très vite, est-ce que vous excluez ce qu'on a pu lire ici ou là, ou entendre ici ou là, une dissolution
pense que ce ne serait pas bon pour le pays. La première n'a pas été extraordinaire non plus, elle a été catastrophique. La première,
elle a été faite en conscience, c'est ma responsabilité, et je la prends. après deux ans de majorité relative, et des partis politiques qui disaient haut et fort, on fera tomber le gouvernement en septembre. Et deux ans durant lesquels, je n'avais pas réussi à convaincre les uns et les autres de faire une coalition, et on était à une majorité relative. – Mais c'était le purgatoire, là, c'est un peu l'enfer. – Non, non, mais donc, j'ai remis le pouvoir aux Français. Je leur ai dit, cette situation me paraît trop fragile, elle n'est pas souhaitable. Vous m'avez donné les clés il y a deux ans, Je vous redemande de voter pour un Parlement. Les Français ont fait leur choix. Vous pouvez l'aimer, pas l'aimer. C'est le choix des Français. Ce n'est pas de jugement. La France est en
situation totalement instable et très coûteuse. Notamment pour les finances publiques.
Je pense qu'il faut arrêter de culpabiliser les Français. Les Français, ils ont fait un choix à l'été 2024. Moi, j'ai pris mes responsabilités, je leur ai donné. Qu'est-ce qu'il y a de plus démocratique que ça ? Ils ont fait leur choix, ils ont pris leur responsabilité. Les forces politiques qui en sont sorties n'ont pas voulu faire une coalition totalement majoritaire. Mais il y a une coalition qui s'est dessinée, d'ailleurs, où ceux qui ne voulaient pas travailler ensemble avant juillet, ils sont venus, le centre et la droite, bon, et se sont mis ensemble et ont une majorité relative à nouveau. Donc, c'est la situation qu'ont choisie les Français, et après, c'est le choix des forces politiques. Moi, j'aurais préféré que les forces politiques, comme là aussi chez beaucoup de nos voisins, fassent une grande coalition majoritaire, ça aurait été plus stable. Mais je ne suis pas les forces politiques du pays. Maintenant, on en est là, là où je pense que c'était souhaitable. de demander aux Français de clarifier, à 3 ans des échéances prochaines, donc à l'été 24, je pense que ce serait mauvais aujourd'hui de faire une dissolution. Parce qu'aujourd'hui nous sommes à 8 mois d'une présidentielle. Et donc si on faisait une dissolution aujourd'hui, on ajouterait à la guerre, au problème de pouvoir d'achat et à un budget à passer, l'instabilité politique, on bloquerait... le prochain président, la prochaine présidente, la possibilité de faire cette dissolution et de se reconstruire de majorité. Donc ça n'est pas souhaitable. Mais tout ça implique quoi ? Que l'esprit de responsabilité soit partagé par toutes les forces politiques. Et avec
le recul, justement. Et donc
que l'ensemble des forces politiques se disent en ce début octobre, notre priorité, ça doit être que le gouvernement puisse aider nos compatriotes, qu'ils puissent aider... Les communes et les régions qui ont été frappées par les incendies et une sécheresse record, on n'en a pas parlé, mais on a eu les plus grands incendies depuis la Deuxième Guerre mondiale, l'une des plus grandes sécheresses qui puisse aider nos agriculteurs. Tout ça, s'il n'y a pas de budget, on ne peut pas le faire.
On va se projeter sur la prochaine présidentielle. Quand vous voyez qu'il y a une majorité de Français qui se dit prêt pour voter pour une candidate ou un candidat qui veut renverser la table, j'imagine que vous regardez les sondages de temps en temps, M. le Président ? Ça vous arrive quand vous voyez que certaines dans certaines projections, Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, ou les deux d'ailleurs sont présents au second tour, est-ce que vous dites qu'à ce moment-là vous devez peut-être prendre position à la veille de cette présidentielle
Mon devoir aujourd'hui c'est d'agir d'abord. C'est ce que je fais face à la crise qu'on vit. Ensuite, mon devoir, c'est d'éclairer les Français, les forces politiques et de leur faire partager la complexité du réel que je connais. Je pense que c'est très important parce qu'il y a des femmes, des hommes qui aspirent aux plus grandes responsabilités. Ils ne peuvent pas s'affranchir du réel. C'est pour ça que c'est important parce que ça évite la démagogie facile. Et ensuite... Vous prendrez
position
ou pas ? On verra le chemin. Je ne vais pas dire aujourd'hui ce que je vais faire sur ce sujet dans la dernière ligne droite parce que nous ne sommes pas dans la dernière ligne droite.
Est-ce que vous interdisez, a priori, de soutenir un candidat qui serait le meilleur ou le moins mauvais, ou qui, à vos yeux, serait le plus vertueux pour les prochaines années en France ? Je ferai en
responsabilité, en fonction de l'évolution de notre situation géopolitique, financière et politique, ce que je dois faire. Mais voyez bien que... La situation est grave. C'est pour ça que nous sommes là. C'est pour ça que j'ai réuni les forces politiques il y a huit jours. Ce que je veux vous faire comprendre, c'est qu'il y a la guerre en Europe et que la menace s'accroît sur notre pays. Il y a la guerre au Proche-Orient et on en paye aujourd'hui, nous, qui ne sommes pour rien. On était contre le début de cette guerre. On en paye, comme toutes les économies, les conséquences dans la vie de nos compatriotes. Donc mon premier devoir, c'est d'agir. Ce n'est pas aujourd'hui d'être engagé dans le débat politique. Et je pense que les Français n'attendent pas ça de moi. A raison. Donc moi, je suis dans l'action. Je dois me tenir à une place qui est celle que les Français m'ont donnée, qui est de défendre les intérêts de notre pays à l'international, qui est de demander davantage aussi à l'Europe. Nous n'avons pas eu le temps d'en parler, mais l'échelon européen est aussi un échelon qui doit nous permettre, si on débloque des règles, de produire plus vite et davantage et moins cher nos carburants. Et donc là aussi, je mène une action. Et d'agir pour continuer de protéger et de préparer l'avenir du pays. Et je le ferai jusqu'au bout. Et c'est cette action qui est attendue de moi. Et le devoir qui est le mien, c'est de défendre les intérêts de la nation aujourd'hui et demain. Pas d'être dans la vie politique. C'est très bien qu'il y ait des débats chaque jour, que vous, vous les animiez, que les Français puissent faire un choix en conscience. Ils n'attendent pas de moi que je m'y engage maintenant. Merci, monsieur
le président de la République, d'avoir répondu à nos questions. Merci beaucoup, Caroline. Merci,
Gilles. Merci, monsieur le président. Merci beaucoup.
Très bonne soirée à vous et très bonne
soirée à tous. Merci à vous. Et demain, nous accueillons... le pape, et c'est aussi un moment important de la vie de la nation. Merci.
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