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Bonsoir Monsieur le Président.
Bonsoir. Bonsoir Gilles. Bonsoir Caroline. Bonsoir Monsieur le Président. Bonsoir à tous les deux.
Monsieur le Président, vendredi dernier vous avez convoqué les responsables des grandes formations politiques pour alerter sur la menace russe. On a lu des informations publiées dans la presse étrangère qui mentionnent une attaque de drones russes par la mer qui pourrait viser l'Europe et en particulier le sud de la France. Est-ce que c'est un scénario qui vous semble aujourd'hui crédible ?
information, nous pouvons la démentir. La CIA n'a pas informé les services français d'une telle attaque. Et le ministre de la Défense italien a fait la même chose. Donc ça, je peux vous dire non. Par contre, oui, il y a une situation... qui monte en tension, qui est inquiétante pour, évidemment, l'Ukraine, qui est sous la guerre directe de la Russie depuis février 2022, et en fait depuis 2014, et pour nous, Européens, parce que ces dernières semaines tout particulièrement, les actes hostiles, un peu partout en Europe, se sont multipliés. Et en effet, j'ai réuni la semaine dernière les forces politiques. Pour les alerter sur l'évolution de cette menace, les conséquences pour nous dans notre pays et pour les alerter aussi sur l'évolution de la situation au Proche et Moyen-Orient et les conséquences directes pour la vie des Français et leur pouvoir d'achat. Et ça me semble être mon devoir.
Parlons de menaces précises. Est-ce qu'il est possible qu'il se passe en France ce qu'il s'est passé en Allemagne sur l'aéroport de Leipzig ? Est-ce que les Russes pourraient envoyer... En France, un drone armé contre un avion à Orly, à Roissy ou sur l'aéroport de Marseille-Marignane ? La réponse est oui.
'hui, il faut être très clair. La Russie considère que l'Europe, c'est la profondeur stratégique de l'Ukraine. Que parce que les Européens aident les Ukrainiens... Et bien que les Ukrainiens sont en train en effet de viser des raffineries, des sites sensibles en Russie pour qu'ils arrêtent la guerre. Et bien que l'Europe peut être visée. Ça fait des années qu'on est attaqués. On est attaqués sur le plan informationnel, avec des fausses informations qui sont circulées. On a été attaqués sur le plan cyber. Durant ma première campagne, j'avais fait l'objet d'une attaque cyber qui a été attribuée par nos services à la Russie. Elles se sont intensifiées ces dernières années. Et ces dernières semaines, il y a eu l'attaque de Leipzig qui a été extrêmement grave parce qu'elle a raté. Mais aurait-elle réussi ? Il y aurait eu des morts sur le sol allemand. Donc c'est plus de la
guerre hybride, c'est de la guerre point.
Ce sont des actes hostiles. qui en effet peuvent tuer. Et donc c'est pour ça qu'il y a une vraie menace et que la tension monte. Mais vous avez eu dans le même temps des drones dans l'espace aérien de plusieurs pays, les Danois, la Pologne, les Etats baltes, donc Lituanie, Estonie, Lettonie ont été aussi menacés par plusieurs intrusions.
Mais pas la France, c'est ça qu'on doit comprendre, est-ce qu'il y a eu des attaques russes contre des installations stratégiques ou industrielles françaises ?
Sinon, vous l'auriez su, nous l'aurions rendu public. Donc aujourd'hui il n'y a pas eu en France des attaques. du type de ce qui s'est passé à Leipzig. Mais quand vous me posez la question, est-ce que ça peut arriver ? Ma réponse est oui.
Et donc un point de vocabulaire, si par malheur cette chose advenait, La Russie serait, selon le vocabulaire d'aujourd'hui, un adversaire ou est-ce que ça deviendrait un ennemi ?
Alors d'abord, nous, nous devons être lucides sur l'évolution de la menace. C'est ce qu'on fait, c'est l'information que j'ai partagée. Ensuite, et je vais répondre à votre question très précisément, ensuite nous devons nous préparer. On n'est pas inactifs, on n'est pas là juste pour dire il peut y avoir une menace. Donc c'est pour ça que depuis des mois, on a monté la posture. D'abord nous, depuis des années, on a mis en place ce qui s'appelle Viginum. pour lutter contre la désinformation et les manipulations. Ensuite, on a monté la posture, c'est-à-dire qu'on a mieux protégé des sites sensibles. Et là, face à l'évolution des derniers jours, on a donné des instructions. Et donc, jeudi dernier, la veille de cette réunion, à ma demande, le ministre de l'Intérieur a réuni l'ensemble des préfets de zone pour qu'il y ait beaucoup plus de vigilance. Nous avons tenu un conseil de défense. Et le Premier ministre est en train de le décliner, c'est-à-dire que région par région, tous les sites sensibles, les sites civils qui le justifient, font l'objet de protections supplémentaires. Et on fait la même chose sur les sites militaires et les industriels de l'armée. Donc ça, c'est notre action. Après, sur les mots, je ne vais pas participer à l'escalade. Et tout ce que cherche la Russie, c'est que nous, nous soyons belliqueux dans les mots pour justifier leur mobilisation ou leur posture. Ce que je peux vous dire, c'est que la Russie, elle multiplie les actes hostiles et parfois criminels à l'égard des pays européens.
le Président, est-ce que vous avez des informations sur une nouvelle mobilisation
russe ? Écoutez, il y a plusieurs informations qui ont été partagées par les services de renseignement européens, américains, avec aussi nos amis ukrainiens. Certains parlent
de 300 000 hommes supplémentaires.
En tout cas, c'est un scénario qui nous paraît crédible. Et il est clair qu'il y a eu plusieurs indices qui montrent que la Russie est en train de s'organiser pour faire cela. Et donc, ils attendaient leurs élections. Elles sont passées. Et donc aujourd'hui, il est clair que la Russie va le faire. Alors est-ce qu'elle va le rendre public elle-même ? Est-ce qu'ils vont faire un appel ? Ou est-ce qu'ils vont le faire sans le dire ?
parlez de mobilisation, on est bien d'accord. Vous parlez d'une mobilisation. C'est-à
-dire d'aller chercher des jeunes hommes pour les intégrer aux forces militaires, pour accroître l'effort de guerre. Et en effet, le scénario crédible aujourd'hui, qui est souvent partagé, est autour de 300 000 hommes. Mais pourquoi ? Il faut bien comprendre ce qui est en train de se passer. La Russie a dit en février 2022, on lance une opération spéciale. En trois semaines, on aura pris l'Ukraine. On est aujourd'hui plus de quatre ans et demi plus tard. Ce n'est pas le cas. Les Ukrainiens ont réussi à faire une contre-offensive remarquable. Et depuis l'automne 2022, donc ça fait maintenant quatre ans, le front est quasiment stabilisé. Il y a 1% de territoire, 1,5% qui a été pris en plus par les Russes. Cette guerre, elle a fait 1 million de morts au total. Cette guerre, elle a coûté à la Russie 1 200 000 hommes, c'est-à-dire tués et blessés. Et donc le signal qu'est en train d'envoyer aujourd'hui la Russie, c'est qu'on est prêt à faire encore plus de sacrifices pour prendre tout le Donbass. Elle a aujourd'hui dans le Donbass tout un oblast, c'est-à-dire une région, et 85% de l'autre. Mais pour le prendre, si elle avance au même rythme qu'elle le fait depuis 4 ans, il lui faudra un an et demi, deux ans. avec des pertes terribles et une Ukraine qui souffre. Et donc nous, sur ce terrain, quelle est notre responsabilité ? Aider l'Ukraine à résister, ce qu'on fait depuis le début. Malgré tous les aléas, rappelez-vous, il y a un an et demi, on disait les Américains sont en train d'abandonner l'Ukraine. L'Europe s'est mobilisée, ici même, nous avons lancé... Début 2015, la coalition des volontaires. Ici même, un an plus tard, au début de cette année, on a dit ce qu'on ferait pour les Ukrainiens en rembrayant avec les Américains. Et donc aujourd'hui, on leur apporte de l'aide concrète. Je vous le disais, j'ai vu il y a deux jours le président Zelensky. On a signé la fourniture de radars supplémentaires, de missiles supplémentaires. Et donc on continue d'être...
Vous parliez de la défense de l'Ukraine, la stratégie des Ukrainiens depuis quelques mois est de frapper, de détruire autant que possible les installations pétrolières russes, les raffineries. Est-ce que cela contribue à faire monter le prix des carburants chez nous en France ? C'est ce que disent
tous les experts. C'est factuel.
Donc vous dites au président Zelensky, trouve d'autres cibles ou continue puisque c'est dans son intérêt bien compris ?
La première explication de la montée des carburants, ce n'est pas ça. La première explication, on va y venir, je l'espère, c'est ce qui se passe Hormuz. Parce que ça, c'est 20%. Ce qui se passe aujourd'hui par ces attaques vient aggraver ce problème. Donc c'est factuel. Est-ce qu'on peut en raison dire à l'Ukraine, c'est de ta faute ? S'il est primonde, tu dois arrêter. n'est pas suffisant. Donc, qu'est-ce qu'on a proposé ? Et c'est exactement ce que j'ai discuté ce lundi avec et le président Trump et le président Zelensky. C'est un moratoire. C'est-à-dire, les Ukrainiens font ça pourquoi ? Parce que les Russes détruisent leurs capacités énergétiques. L'année dernière, l'Ukraine a vécu dans le froid, dans l'obscurité totale pendant des mois. Et les Russes sont en train de refaire pareil. Et donc, nous, ce qu'on propose, c'est le double moratoire. La Russie a dit non,
monsieur le président.
Attendez, c'est-à-dire... Vous arrêtez de taper les raffineries russes. Les russes s'engagent à ne pas taper votre système énergétique et vos infrastructures civiles. Et, deuxième moratoire, vous arrêtez les combats en mer noire, parce qu'on a des dizaines de millions de tonnes de céréales bloquées en mer noire, ce qui est terrible pour beaucoup de pays. Mais Caroline l'a dit. Les russes ont déjà dit non. Il y a eu une prise de parole du ministre des Affaires étrangères à la tribune des Nations Unies qui a dit qu'on ne veut pas cesser le feu. Parce que les Européens l'utiliseraient pour armer plus rapidement l'Ukraine. Ce n'est pas un cessez-le-feu qu'on propose. C'est d'arrêter de taper sur certaines catégories. Mais on ne dit pas qu'il y aura un cessez-le-feu sur le front. Donc ça, c'est quelque chose qu'on va continuer de pousser dans les prochains jours. Ça fait partie des actions diplomatiques la France a l'initiative et que nous continuerons d'avancer.
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