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Bonjour Jean-Yves Gana.
Richard, comment allez-vous ? Ah merveille, merci, et vous-même ? Écoutez, très bien. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un sujet qu'on a évoqué tous les deux en privé, à savoir ma petite vie d'élu municipal et communautaire. Parfait. Voilà, parce que les auditeurs vont le voir, on a coutume et a raison de parler des élites qui gouvernent ce pays ou qui sévissent à Bruxelles. Et hélas, on disculpe peut-être un peu trop facilement les échelons locaux. Cette semaine, rien pourtant d'extraordinaire dans les conseils municipaux et communautaires auxquels j'ai assisté. Simplement des choses très symboliques. Voilà, donc une comédie en deux actes. Le premier acte, c'est donc au conseil municipal, où nous devions donner un avis sur l'agrandissement d'une ferme laitière. familial, d'une famille assez connue, de gros agriculteurs locaux qui veulent s'associer pour pouvoir avoir une exploitation plus grosse et ainsi passer de 150 à 300 vaches. Et donc, le conseil municipal devait donner un avis au préfet parce que depuis la loi du plomb promulguée en août 2025, qui a soupli les règles pour les grands élevages, un élevage peut compter jusqu'à 200 vaches laitières en se contentant d'une simple déclaration. Et donc, il fallait que le préfet donne son avis, les agriculteurs ont fait une déclaration, le préfet devait donner son avis, et nous, enfin, doit statuer, et nous, on devait donner notre avis. Alors, ce qui était intéressant, c'est que, vous le savez, à ce gré, la majorité, et donc une majorité centriste, qui, en réalité, mélange la chèvre et le chou. puisqu'on l'a vu à cette occasion, il y a un élu très à gauche qui a lu une déclaration assez solennelle et enflammée contre le modèle productiviste à l'occasion de cet avis que nous devions rendre. Il y avait beaucoup de vrais. Chaque agrandissement, c'est souvent des fermes voisines qui disparaissent. C'est un modèle agricole traditionnel qui s'amenuise au profit progressivement de fermes aux mille vaches, parce que là, on passe à 300, ce qui n'est pas énorme quand les gens sont plusieurs associés. mais la logique est une logique productiviste et d'agrandissement perpétuel. Donc voilà, l'élu plutôt de gauche a lu une déclaration, il a parlé notamment de la loi Duplon, de la réintroduction de certains pesticides, etc. Il a cité en exemple les députés de gauche, de la gauche locale, enfin la députée de la gauche locale qui a voté contre la loi Duplon. Et à l'inverse, une autre élue de la majorité lui a fait le discours de droite assez classique, voilà, venez donc avec moi sur le terrain voir ces gens qui travaillent, je trouve honteux ce que vous avez dit, vous les avez insultés. Vous savez, la polémique très classique où la raison n'a plus sa place, alors qu'en réalité, il y a peut-être un entre-deux entre le modèle bio qui est très bien et les fermes géantes. Et puis surtout, c'est ce que j'ai tenu à rappeler, là où il y avait de l'hypocrisie, c'est que de toute façon, ces grosses fermes, parce que là, 300 vaches, ce n'est pas une ferme géante, comme les petites exploitations bio sont amenées à disparaître, si l'on persévère dans cette voie du libre-échange généralisé, des taxes à tout va, des normes toujours plus contraignantes, etc. Et là, je crois que j'ai jeté un petit blanc puisque j'ai dit à ces élus de la majorité, donc de plutôt à gauche et de plutôt à droite, enfin centre-gauche, centre-droite, on ne sait plus très bien. La réalité, si vous voulez envoyer un vœu et un signal au préfet, peut-être vaudrait-il mieux lui dire, vu qu'il est le représentant de l'État, que pour sauver l'agriculture, ce qu'il nous faut. c'est d'en finir avec ces traités de libre-échange, avec toutes ces normes, avec toutes ces charges, etc. Parlons des vraies causes, plutôt que de s'écharper sur une famille qui cherche à doubler son troupeau. Et ceci, c'est assez symbolique, puisque je crois que la plupart de nos assemblées en France, quels que soient les échelons, sont pleines comme ça de faux débats, sont pleines d'engueulades de façade entre gens de gauche et gens de droite, etc., qui refusent de parler des vrais sujets. Et quand on fait ça, en fait, on n'a rien dit. Une fois qu'on a passé 30 minutes à s'échapper sur ces sujets-là, on n'a rien dit, on n'a pas désigné les vrais coupables. Et puis surtout, on rend un avis au préfet qui, de toute façon, s'en fiche totalement, mais ça, c'est une autre question. On a eu un autre symbole comme ça de cette espèce de mélange des genres au sein d'une même majorité, c'est au conseil communautaire. Donc la communauté de communes, je le rappelle, Segrès en Anjou Bleu, c'est déjà la réunion de 15 communes. Le conseil communautaire, c'est la réunion de Segrès en Anjou Bleu avec d'autres communes pour des communes qui parfois sont séparées de plus de 40 kilomètres. Donc on doit gérer sur cette énorme... zones, les déchets, un certain nombre de choses, et notamment des règlements sur les éoliennes. Alors c'était très amusant puisque... On a présenté un projet pour assouplir la possibilité de mettre des éoliennes le long des départementales peu fréquentées. Et personne n'est intervenu. Je me suis permis de prendre la parole en disant que tout de même, les éoliennes étaient un sujet largement documenté, qui faisait débat notamment sur leurs bénéfices écologiques. Vous savez, c'est le thème à la mode. Et j'ai rappelé notamment les... les terres rares, les problèmes des oiseaux qui se prennent dans les pales, la pollution visuelle, le béton qu'on coule dans le sol, la difficulté qu'il y a à recycler les éoliennes au bout de 20 ou 30 ans, etc. Et j'ai dit que nous voterions contre. Nous sommes deux élus dans ce conseil communautaire, à la communauté de communes. Et à ma grande surprise, personne d'autre n'a voté contre à part un autre élu d'une autre minorité. Et tout le monde a voté pour, ou alors c'est abstenu. Et j'ai discuté avec mon voisin, je lui ai dit écoutez, vous êtes dans la majorité, pourquoi vous abstenez-vous ? Et il m'a répondu cette phrase absurde, il m'a dit je suis résolument contre les éoliennes, mais je me dois d'être solidaire avec la majorité. Et là on a une autre incarnation dans nos...
Pardonnez-moi Jean-Hude, est-ce que... Comme c'est vous qui aviez pris la parole contre les éoliennes, les autres se sont dit, c'est atroce, je vais être obligé de voter comme quelqu'un qui est à droite, et même très à droite, et donc je préfère piétiner mes convictions et piétiner le bon sens plutôt que de voter comme Jean-Edgana ?
Peut-être y a-t-il eu de cela, même si en réalité, quand on s'éloigne de la presse parisienne ou angevine d'Angers Centre, la diabolisation fonctionne un peu moins bien. Peut-être était-ce du fait d'avoir peur d'être assimilé à Jean-Hudgana, à l'extrême droite, etc. Mais je crois que sinon, c'était juste l'esprit moutonnier. J'appartiens à une majorité, je ne peux pas voter avec la minorité, quand bien même ça contrevient à mes convictions. Et je crois qu'avec ces deux exemples-là, on a vraiment, vous voyez, un exemple des petits arrangements, des convictions sur lesquelles on s'assoit, etc., pour des considérations qui n'ont... En fait, il n'y aurait rien eu de grave, je veux dire, dans un hémicycle, on peut voter contre. Et tout ça est aussi le symbole de milliers d'heures, de pages, on a des dizaines et des dizaines de pages de résolutions, de dossiers, etc., qui... qui font que la bonne volonté des élus, qui pour beaucoup n'y comprennent absolument rien, soyons clairs, la bonne volonté des élus se retrouve diluée et anesthésiée par un sentiment d'inefficacité. Parce qu'en fait, c'est un peu le sentiment qu'on a quand on siège, qu'on soit dans la majorité et dans la minorité. Je terminerai là-dessus. C'est un sentiment d'inefficacité parce que, de toute façon, les dossiers sont très longs, sont très compliqués. Tout est traité par des techniciens en amont et en aval. Et donc, on a l'impression d'être dans une chambre d'enregistrement. Heureusement, la vie d'élu, ce n'est pas seulement les hémicycles, même s'il y a des choses à faire et des petites victoires parfois. C'est également un contact, c'est également une légitimité pour aller au contact avec les gens. Vous voyez, cette semaine, j'ai été contacté par une dame. qui vit dans un HLM, dont le voisin occupe illégalement un appartement, donc un loyer modéré, alors que la moyenne d'attente, c'est entre deux ans et cinq ans pour obtenir un logement social. Et voilà, cette dame se bat contre le bailleur social pour faire expulser des voisins qui commettent des nuisances et qui n'ont pas à être là. Et j'avoue que j'ai trouvé ça beaucoup plus gratifiant d'aller la rencontrer avec... d'être conseillé par un avocat pour pouvoir lui écrire une lettre, etc., pour pouvoir l'aider face au bailleur social, la défendre, la défendre vraiment d'une manière concrète, plutôt que parfois passer des heures en hémicycle où on ne se sent pas forcément utile.
Vous le disiez tout à l'heure, en fait, le préfet va décider et la commune ou la communauté de communes rend un avis purement consultatif.
à fait. Mais il y a beaucoup de choses qui sont purement consultatives en réalité, puisque c'est pareil, on passe beaucoup de temps dans des commissions. Dans les commissions, dans la minorité, on peut discuter, donner son avis librement, mais en réalité, tout cela est remâché après par un bureau municipal, puis par des techniciens. Donc en fait, on passe beaucoup de temps à donner notre avis. Et je crois qu'à bien des égards, on confirme l'adage qui dit que la dictature, c'est ferme ta gueule et la démocratie, c'est cause toujours, tu m'intéresses.
Ces avis consultatifs, en fait, sont pour la plupart des élus une manière de se faire valoir, d'expliquer quelles sont les positions qu'ils ont prises, quels sont les discours qu'ils ont tenus, alors qu'en fait, une fois de plus, ça n'a aucun intérêt dans la réelle prise de décision.
Disons que si la politique n'avait pas été aussi écornée, bafouée, etc., et que les gens suivaient plus la politique, ceux-ci participeraient au débat d'idées. Et donc, le fait de prendre position, même quand on n'a pas forcément beaucoup de possibilités décisionnelles, du moins, ça alimenterait un débat public, ça permettrait à l'opinion publique de se positionner, de se mettre en colère ou autre. Mais il est clair que là, quand on rend des avis purement consultatifs dans un pays dans lequel, de toute façon, les gens ne croient plus dans le système, ne croient plus en leurs élus, eh bien, ceux-là se perdent dans les méandres. Donc, c'est un petit peu dommage.
'est un petit peu dommage. Jean-Luc Gana, ça fait combien de temps que vous êtes élu
fait depuis mars dernier. Ce n'est que le début, puisque en réalité, depuis mars, dans la plupart des hémicycles, on n'a fait que des installations, on a voté pour que les gens prennent des postes dans tel et tel endroit. On va vraiment attaquer le sujet à partir de septembre. On a commencé un petit peu, mais les vrais sujets et les vrais débats vont progressivement s'installer. J'en suis assez content. On va voir si on peut se rendre utile autant qu'on le souhaiterait auprès de nos concitoyens.
Eh bien, merci beaucoup Jean-Hôte Gana, et à bientôt évidemment sur Radio Courtoisie, pas forcément pour parler systématiquement de ce gré en Anjou Bleu, mais aussi pour parler de cette vie de conseiller municipal qui est le premier échelon de la démocratie.
Merci beaucoup, au revoir Richard.
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