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Et j'accueille donc avec plaisir Michel Baladier, directeur général de la Fondation pour l'école. Bonjour Michel. Bonjour Richard, bonjour à tous les auditeurs. Alors... C'est la rentrée scolaire. Plusieurs parents ont rempli les demandes pour scolariser les enfants chez eux. C'est depuis une loi du 24 août 2021 un parcours du combattant et même on peut dire que cette loi qui est censée sécuriser le parcours scolaire est en fait directement... conçu pour empêcher cette scolarisation, puisque dans le bilan que le Sénat dressait, quatre ans après le vote de cette loi, il y avait cette phrase que j'ai trouvée admirable, « La loi du 24 août 2021 a permis une baisse des effectifs ». Ce qui était objectivement visé par cette loi, c'est que les parents ne puissent plus scolariser les enfants chez eux, alors que l'école est en plein effondrement, le classement PISA prouve qu'on n'apprend plus le français, On n'apprend plus les mathématiques, on n'apprend quasiment plus rien. Et évidemment, en parallèle, il y a l'explosion de l'insécurité. Non seulement une insécurité sexuelle avec toutes ces affaires périscolaires, mais une violence interne à l'école avec des enfants qui se battent. On parle toujours de la manière dont les professeurs sont agressés par un enfant de 8 ans encore, hier ou avant-hier. Mais les enfants entre eux sont violents. Donc on comprend la volonté des parents de ne pas scolariser leurs enfants dans des écoles. Et pourtant, l'État est contre.
effectivement, le premier bilan du Sénat permet de revenir sur cette loi liberticide. Je voudrais monter encore d'un cran, si vous voulez, avant de redescendre dans des choses plus concrètes et chiffrées. La loi de 2021, dite loi séparatisme, a pris cette disposition de limiter drastiquement l'instruction en famille. pour éviter officiellement le séparatisme, et quand le législateur a été très clair dans les commentaires qui ont été faits à droite et à gauche, pour éviter l'islamisation des esprits, donc pour permettre aux enfants des familles issues de l'immigration d'échapper à... Un endoctrinement précoce. Alors évidemment, ce discours a été dilué par d'autres commentateurs en disant que ça concerne toutes les familles, et les familles catholiques également, etc. La réalité, c'est qu'au départ, ce discours qui a ébranlé les défenseurs de la liberté scolaire. Parce qu'aujourd'hui, une partie des personnes qui sont favorables à la liberté scolaire, à la liberté du choix de l'école, se sentent paralysées dès lors qu'on leur dit « Ah oui, mais si les musulmans demandent à passer sous contrat, comment faire ? » Eh bien, à la Fondation pour l'école, nous répondons « La liberté ne se découpe pas en tranches. » Et si nous voulons que les familles évitent d'aller dans une direction idéologique donnée, eh bien, il faut commencer peut-être par maîtriser les frontières et puis ensuite s'occuper d'asseoir. les gens qui sont de cultures différentes de la culture française. Donc ce n'est pas en verrouillant, en cadenassant qu'on arrivera à quoi que ce soit. D'autant que, en termes d'effectifs, nous parlons de combien. Il y a un peu moins de 12 millions d'élèves scolarisés maintenant en France, puisque nous en perdons 160 000 parents d'enfants qui ne sont pas nés. Là, avant 2021, 72 000 élèves enfants faisaient l'école à la maison. Donc le chiffre est relativement marginal. Pour également rassurer les personnes qui s'inquièteraient de ce séparatisme, il faut rappeler que les 98-97% des familles de confession musulmanes mettent leurs enfants à l'école publique. Et donc, à partir de 5-6 ans, si les professeurs, les éducateurs s'occupent de transmettre l'amour de la France, apprendre une belle langue française, faire travailler les élèves et transmettre le roman national, l'assimilation serait peut-être de meilleure qualité. Donc, je voudrais tout de suite écarter cette affaire de séparatisme, parce que de fait, Cette autorisation de l'instruction en famille n'aurait jamais dû être durcie, qu'elle soit contrôlée, c'était le cas avant, et ça se passait bien, quand les parents ne sont pas en mesure d'instruire leurs enfants en famille, les services sociaux qui faisaient les inspections se permettaient de dire que ce n'était pas le meilleur environnement pour les enfants. Il y a une autre chose également que... Je n'ai trouvé nulle part. Il faut chercher pour trouver la réponse. C'est que l'instruction en famille à trois ans, obligatoire, sauf dérogation, a entraîné un surcoût pour l'éducation nationale. 800 classes ont été créées. pour accueillir ces enfants qui, préalablement, n'étaient pas scolarisés. Et donc, création de classe, ça fait 70 millions par an. C'est-à-dire que depuis la mise en place de cette loi, le ministère de l'Éducation nationale et le budget de l'État a été alourdi de plus de 350 millions. Alors que nous n'avons pas d'argent. Donc on arrache les enfants très tôt aux familles, alors que certaines souhaitent faire l'instruction aux familles. Je rappelle que la plupart des demandes reposent sur de bonnes raisons. c'est-à-dire l'éloignement de l'école, c'est-à-dire le caractère particulier de tel ou tel enfant, c'est-à-dire l'accompagnement d'un enfant qui était en longue maladie. Je rappelle également que certaines familles ont pris l'habitude de faire l'instruction en famille en étant expatriées, par exemple, et revenant en France et voyant le niveau d'enseignement, les questions de sécurité de certaines écoles de leur environnement, préfèrent garder les enfants à la maison, ce qui est leur droit le plus strict. ce droit leur a été dénié.
On est passé de 70 000 enfants scolarisés chez eux en 2021 à 30 000 en 2024-2025. Plus de la moitié
des demandes ont baissé. Pourquoi cela ? Parce qu'il est possible de demander une dérogation encore aujourd'hui.
C
'est un régime soumis
à autorisation. Il n'appelle pas ça une dérogation, c'est régime soumis à autorisation.
Vous êtes responsable de vos enfants, mais nous sommes quand même plus responsables que vous, aurait dit Coluche, et donc nous nous permettons de dire ce que vous avez le droit de faire ou pas, alors que vous restez pénalement responsable de vos enfants, bien évidemment. Et donc, les deux premières années de la mise en place de la loi séparatisme, plus de la moitié des demandes de dérogation ont été refusées. Avec des écueils et des écarts entre des rectorats, certains rectorats étaient plus coulants, d'autres refusaient systématiquement les dossiers. Aujourd'hui, la proportion des dérogations accordées avoisine les 77-78%. Mais le nombre de demandes s'est effondré parce que les parents... ont changé d'habitude finalement. Vous demandez une fois, on vous le refuse. Vous demandez l'année d'après, on vous le refuse. L'année d'après, vous ne demandez plus et vous mettez votre enfant à l'école et vous organisez votre vie différemment. Alors les enfants n'en meurent pas, me direz-vous. Oui, mais c'est une fois de plus une liberté de plus qui disparaît. Et ça, ce n'est pas normal. C'est un scandale absolu. Il faudrait que... un président élu, un prochain gouvernement revienne sur cette loi qui permettrait de redonner la liberté aux parents du choix de l'école ou du choix de la scolarisation de leurs enfants. Puisque je rappelle qu'en France, c'est la scolarisation qui est obligatoire. Et depuis 2021, l'instruction est obligatoire. Les parents ont la responsabilité, le devoir d'instruire leurs enfants. Les moyens sont laissés à leur disposition jusqu'à un certain âge. Nous sommes tous d'accord pour dire que la famille est une société imparfaite, mais ça reste la cellule de base de la société. donc, voilà ce que l'on peut dire sur cette affaire-là. Et je suis heureux de constater qu'un certain nombre de candidats déclarés ont intégré dans leur programme le fait de revenir sur cette disposition. Et on ne peut être que consterné de voir que des prétendants à l'élection suprême, qui ne franchiront probablement pas la sélection, proposent de scolariser les enfants encore plus tôt.
Oui, effectivement, on se souvient tous de Bruno Le Maire expliquant qu'il fallait scolariser les enfants à un an, en oubliant qu'à un an, on a encore besoin de couches. Et donc, peut-être, le personnel éducatif a autre chose à faire que mettre les mains dans le popo.
Je ne vous parle pas du coût financier qui, là, exploserait, puisqu'il faudrait prévoir deux personnes par classe, pour un nombre limité d'élèves, etc. Et donc, il faudrait mettre encore 100 millions de bus sur la table pour les classes qui seraient ouvertes. Mais ceci est complètement aberrant.
Effectivement, c'est idiot. Cette autorisation de scolariser son enfant à domicile envisage plusieurs cas. L'état de santé de l'enfant ou son handicap, il est quasiment impossible qu'il aille à l'école. La pratique d'activités sportives ou artistiques intensives, la manière dont l'enfant a un talent qu'il doit épanouir et qui n'est pas compatible avec les horaires de l'école publique. famille en France, si vous passez votre temps à vous déplacer, ou l'éloignement géographique de tout éloignement scolaire public, et enfin l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif. Donc évidemment, si vous vous expliquez que vous avez peur que votre enfant n'apprenne pas le français, n'apprenne pas les mathématiques, apprenne une autre langue à force de fréquenter une classe extrêmement diversitaire ou se fasse raqueter, et bien ça ce n'est pas du tout des motifs valables aux yeux de l'administration qui par ailleurs reconnaît qu'effectivement, enfin elle ne le reconnaît pas, mais elle est obligée d'admettre qu'il y a un vrai problème éducatif, un vrai problème éducatif. problème d'ignorance, un vrai problème de sécurité. Mais le rapport explique qu'il y a quand même des lacunes dans la mise en œuvre de la réglementation. Les contrôles pédagogiques ne sont pas tous effectués parce qu'évidemment, une fois qu'on vous a autorisé à scolariser votre enfant chez vous, les inspecteurs débarquent et viennent vérifier que l'enfant sait véritablement le latin, le français, les mathématiques et la géographie, avec d'ailleurs souvent des inspecteurs qui sont moins compétents que les parents. Et il faut aussi qu'il y ait une enquête de la mairie sur l'état de santé, les conditions de la vie. de la vie de famille. Donc on se dit, c'est incroyable. En fait, non seulement on vous empêche de scolariser votre enfant, mais en plus on vous flique derrière.
parce que dans la logique de ceux qui ont été les initiateurs de cette loi et de ceux qui cherchent à l'appliquer aujourd'hui, tout ce qui sort du cadre de l'école publique est une anomalie. On tolère l'école privée sous contrat. en lui rappelant régulièrement que ces écoles ont une laisse, sont muselées, et donc régulièrement on tire sur la laisse pour leur dire que, attention, ils n'ont pas le droit de faire ceci, ils n'ont pas le droit de faire cela, ils contribuent au service public, et on fait tout ce que l'on peut pour interdire ou bloquer ou contrarier toutes les autres initiatives. Évidemment, les écoles libres hors contrat. qui sont parmi les plus inspectés de France, et l'instruction en famille qui est considérée comme quelque chose de totalement anormal, puisque une partie des penseurs qui sont derrière ces lois considèrent que l'enfant appartira l'État. On considère que l'enfant appartient à l'État. Il faut remonter toujours aux racines, à l'histoire, au temps long. Nous avons en face de nous le Pelletier de Saint-Fargeau, compagnon de combat de Robespierre à la Convention. Nous avons Karl Marx qui l'a écrit Expressis Verbis. Et donc ces gens-là le pensent sérieusement. Donc si l'enfant appartient à l'État, les parents sont les géniteurs, l'enfant est né, maintenant nous nous occupons de tout. Alors, nous avons besoin de votre argent pour financer tout ce que nous voulons mettre en place, donc vous êtes prié de payer vos impôts, et après, les enfants sont arrachés, et ils n'ont plus rien à faire chez vous, surtout pendant cette période de 3 ans à 12 ans, qui est une période importante où l'on peut façonner les enfants et les arracher, comme le disait Vincent Payon, ministre de l'Éducation nationale de M. Hollande. Les arrachés au
déterminisme, à tous les déterminismes, dont les déterminismes familiaux.
Exactement, familiaux, cultuels, civiques et religieux. Et donc, il faut partir d'une matrice vierge et seules les personnes formées correctement pourront le faire. Le titre du livre dans lequel il écrit cela est assez éloquent. Il s'intitule « La révolution n'est pas terminée ». Il s'agit de la révolution française, évidemment. Et donc, ces contrôles sont... la conséquence de la tolérance qui est accordée, et donc il y a une espèce d'inversion, ce sont les personnes qui théoriquement auraient la responsabilité, la liberté de prendre la bonne décision, qui sont montrées du doigt. Ça va même plus loin, puisque plusieurs familles ont proposé de faire des regroupements familiaux. 2021-2022, des associations très courageuses ont dit on va mettre en place des regroupements familiaux, donc on va créer une ambiance d'école. Un des reproches qui est peu évoqué, mais qui est une des critiques de l'instruction en famille et qui est justifiée en partie, je suis ancien chef d'établissement, je peux en parler, c'est le défaut de sociabilisation, et qui passe notamment par le fait que dans un élève qui est scolarisé dans une classe, apprend plus vite, apprend mieux, a un rythme de travail qui est plus dense, plus intense que lorsqu'il travaille tout seul chez lui. En théorie, vu l'apprentissage. Moi, j'ai dirigé une école libre hors contrat, donc les contraintes, les exigences étaient là, et donc quand vous maintenez un certain nombre d'exigences, il est clair que l'enfant apprend mieux, plus facilement, plus vite et de façon plus structurée s'il est dans une classe. Néanmoins, et donc on le voit quand on scolarisait des enfants qui venaient de l'instruction en famille, parce que la plupart des parents finissaient par inscrire leurs enfants dans une école. notamment quand vous arrivez au collège, c'est quand même plus simple pour l'apprentissage des disciplines qui deviennent un peu nombreuses. Eh bien, il y avait toujours un temps d'adaptation, parfois difficile, de la part des élèves qui venaient de l'instruction en famille, parce que leur rythme est beaucoup plus dense, beaucoup plus soutenu. Mais ce point-là est très peu évoqué, alors que pédagogiquement, il est intéressant, sachant que pour le reste... De fait, l'instruction en famille a des avantages énormes et respecte plus facilement cette notion de cellule de base de la société. L'instruction en famille ne veut pas dire enfermer les enfants dans un ghetto, les empêcher de regarder dehors en mettant des rideaux aux
fenêtres. Parce que généralement, en plus, tous ces enfants, à côté de ça, pratiquent une activité sportive, pratiquent une activité culturelle. Autrement dit, il y a une socialisation qui se fait d'une manière très naturelle pour la plupart de ces familles. Michel Valadier, vous disiez qu'il fallait qu'on revienne sur cette loi. Il y a plusieurs candidats qui espèrent pouvoir revenir sur cette loi. Pensez-vous que l'éducation nationale a un corps d'inspecteur ? capable d'admettre que l'éducation en dehors de l'école publique est une bonne éducation ? En 30 secondes.
Un corps d'inspecteur. Tous ceux
qui vont chez les parents, tous ceux qui vont dans les écoles privées, tous ceux qui vont dans les écoles privées hors contrat, sont-ils capables d'admettre qu'un modèle éducatif qui ne soit pas celui de l'instruction publique est un bon modèle éducatif ?
Je crains que la situation soit un peu plus dégradée encore, c'est-à-dire que les inspecteurs qui viennent visiter les écoles aujourd'hui et les familles appliquent des textes. Et donc, vous leur mettez un bon texte, c'est-à-dire une bonne liste de contrôles à effectuer, ils le feront. Vous leur mettez une liste intrusive, et bien ils appliquent la liste. Et c'est terrible. Pour reprendre l'exemple de l'inspection, parce que l'UEF, je n'ai pas de témoignage direct de l'instruction de famille, pardon, je n'ai pas de témoignage direct de parents, mais ça ne m'étonnerait pas que dans certaines familles, les inspecteurs viennent contester les mètres carrés, l'éclairage, les dispositions de la maison, etc. Donc ce sont des critères purement administratifs. Dans le domaine de l'inspection des écoles, si j'ai encore 15 secondes, Ils se désintéressent complètement des résultats scolaires, ils se désintéressent complètement de l'orientation des élèves, c'est-à-dire de la capacité des élèves d'aller dans un établissement sous contrat ou public après, à la sortie du primaire, du collège ou dans l'enseignement supérieur. Ça ne les intéresse pas, les résultats ne les intéressent pas. Ce qui les intéresse, c'est y a-t-il des temps importants où les élèves peuvent discuter entre eux d'un texte ? Et pourquoi ils disent ça ? Parce qu'ils ont un socle commun qui leur sert de référence et qui prévoit cela. Et si ça n'a pas lieu, ça veut dire que vous n'enseignez pas correctement. Les résultats ne nous intéressent pas. Ce qui nous intéresse, c'est que vous appliquez cette méthode.
Merci beaucoup Michel Valadier et nous reviendrons évidemment sur ce sujet passionnant de l'école.
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