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Le royaume disparu de Karnak nous aura légué bien plus que des pierres dressées. Il marque un tournant dans l'histoire de l'humanité. Ici a eu lieu une mutation décisive aux conséquences irréversibles. Aujourd'hui, elle résonne encore.
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Bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Sens Public, votre rendez-vous de débats, chroniques et reportages. Vous connaissez la promesse de l'émission Donner du sens à l'actualité, se mettre au service du public. Vous proposez des clés de compréhension, des mutations de notre société avec au sommaire de ce 24 septembre le premier débat de la primaire PS. Place publique, 4 candidats, une candidate sur la ligne de départ, des lignes de fracture sur l'alliance avec Jean-Luc Mélenchon, sur les conflits en Ukraine et au Proche-Orient, mais pas de grande différence sur l'économie et le social. Ce scrutin interne peut-il donner à son vainqueur un élan suffisant pour s'imposer ensuite dans la course à l'Elysée ? On en débat dans une minute. Et puis dans la seconde partie de ce sens public Zoom, sur les midterms, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis dans 40 jours. Les Américains votent et cet élu démocrate espère un tournant majeur.
Nous
sommes à un tournant ici aux Etats-Unis d'Amérique.
La
question est quelle direction allons-nous choisir ? Nous voulons faire avancer l'Amérique. Les extrémistes essaient de revenir en arrière.
se passerait-il en cas de victoire démocrate ? Donald Trump va-t-il contester les résultats ? Pourra-t-il continuer d'imposer ces réformes ? Est-ce un nouveau test pour l'une des plus vieilles démocraties au monde ? On en débat dans trois quarts d'heure. Et comme tous les soirs, j'attends vos réactions. Il vous suffit de scanner ce QR code. Je serai votre porte-parole auprès de nos invités. On commence avec la primaire socialiste. Gros plan sur une question stratégique. Faut-il s'allier avec les insoumis ? Céline Schmitt.
de trois heures de débat et un sujet qui a cristallisé les tensions.
on a un problème avec une formation politique avec son dirigeant, on en tire les conséquences. On ne dit pas un jour, plus jamais Jean-Luc Mélenchon. Comme ça a été fait au moment des élections municipales, après les propos au Roland antisémite, où c'était dit par le Parti socialiste, il n'y aura plus d'accord avec la France insoumise. Et au moment où ça a lieu, au moment des élections municipales, on regarde ailleurs.
Dès les premières minutes, Jérôme Gatchdéguen, un front républicain incluant les insoumis contre l'extrême droite, n'aurait selon lui aucune chance d'aboutir. Une ligne anti-LFI défendue également par Raphaël Glucksmann, candidat place publique.
faut... être net et clair et le dire maintenant. Il n'y aura pas aux présidentielles d'accord avec la France insoumise et il n'y en aura pas non plus aux législatives.
centre des critiques, Olivier Faure, cofondateur du nouveau Front populaire pour les législatives de 2024. Le défenseur de l'Union de la gauche maintient son cap et ce vœu pragmatique.
pose une question simple. Parce que contrairement à ce que vient de dire Jérôme, moi ça m'intéresse à un groupe parlementaire. Parce que si c'est pas un groupe parlementaire de gauche, c'est un groupe parlementaire d'extrême droite qui sera plus important. Et que ça, la vie des Français, elle va changer. Et que le danger pour moi, il est d'abord celui de l'extrême droite.
Une ligne défendue également par Emmanuel Morel, qui reconnaît tout de même un problème avec LFI.
face ? S'il y a les fascistes, si on n'est même pas capable de se rassembler à gauche et même d'aller au-delà, je suis désolé, mais je me pose des questions sur ce qui fait le sens de notre engagement.
à son camp divisé, Ségolène Royal joue le
trait d'union. La dynamique d'une présidentielle, ce n'est pas d'ostraciser telle ou telle partie. Plus vous faites d'obsessions sur LFI, plus vous les remettez au centre
du jeu. Les électeurs ont encore deux semaines pour trancher. Le premier tour aura lieu les 9 et 10 octobre prochains.
'ombre de Mélenchon, voilà le titre de notre débat, j'accueille Adrien Broche, bonsoir, bienvenue, vous êtes politologue, directeur des études politiques à l'Institut Via Voice et vous publiez Portrait moderne de la gauche française, c'est aux éditions de l'Aube, Sandrine Cassini, bonsoir, bienvenue, vous êtes journaliste au Monde en charge de la gauche, Frédéric Stavicki, bonsoir, bienvenue à vous aussi, professeur de sciences politiques à l'Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, chercheur au Centre européen de sociologie et de sciences politiques et vous publiez avec Igor Martinach, la fin des parties. Point d'interrogation, c'est aux presses universitaires de France et Christine O'Krent. Je suis ravi d'accueillir Christine O'Krent sur ce plateau. Bonsoir, Christine. Merci d'être là et d'être à mes côtés une fois par mois comme éditorialiste dans notre émission dans le sens public. Peut-être une question assez générale pour ce premier tour de table. Quel bilan, Adrien Broche, vous faites de ce premier débat de la primaire PS Place Publique ?
Moi, j'ai trouvé que c'était un débat relativement bien tenu d'abord, puisque les questions en fait... très inflammable et dont on pouvait s'attendre à ce qu'elle crée des scissions et des désaccords sont arrivés vraiment à la fin. Il y a eu plus de deux heures de débat, j'allais dire de débat d'idées, c'est peut-être le mot un petit peu fort en réalité, parce que les enjeux de fond ont été abordés sans énormément forcément de... d'idées neuves en tout cas qui ont été apportées, mais les différents candidats ont pu s'expliquer sur l'économique et le social avec relativement peu de différences. Ça reste un dénominateur commun à gauche, cet affect égalitaire qui malgré tout dans une primaire qui est celle de la gauche démocratique tend à tempérer les différences, donc assez peu de différences là-dessus. Plutôt de la tenue, il y avait évidemment des enjeux différents. Les enjeux étaient asymétriques selon les candidats, c'est le principe d'une primaire, les candidats qui bénéficiaient déjà. une forte notoriété dans l'opinion, c'était le cas évidemment de Ségolène Royal ou de Raphaël Glucksmann, et plutôt des problématiques de ne pas faire de faux pas, c'est plutôt ce qui a été réalisé du côté de Raphaël Glucksmann, et puis des candidats un peu plus en retrait, moins bien identifiés dans l'opinion, pour lesquels il fallait s'affirmer.
On y reviendra sur la stratégie des uns et des autres. Je rebondis sur le reportage d'ouverture de Céline Schmitt, cette ligne de fracture dont on parle autour de l'alliance avec Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis. Mais Sandrine Cassini, est-ce que ça vous a semblé finalement central dans ce débat
Écoutez... On pourrait dire que non parce que c'est arrivé à la fin. Et en fait, c'est très juste. C'est-à-dire que tous ces candidats-là sont plus ou moins d'accord sur le fond à quelques nuances près. Mais c'est des nuances qui ne sont pas irréconciliables. Et c'est la question stratégique qui les divise. Et ce que je trouve intéressant, c'est que c'est vrai que ça cristallise toutes leurs disputes, toutes les fractures. Et ça va sûrement irriguer la campagne. Alors que c'est une question qui se pose... bien en amont et qui repose un peu sur du vide parce qu'en fait, c'est l'élection présidentielle qui va conditionner les alliances. On le sait. Donc, en fait, il y a... Morel a dit hier que c'est un piège absurde. Et il a quand même un peu raison parce que tout ce qui est dit maintenant s'effondrera en fonction, sera remis en cause, sera rebattu en fonction du résultat à la présidentielle. On l'a vu en 2022, on le voit à chaque fois, on l'a vu aux législatives. Donc voilà, c'est eux-mêmes qui sont en train de créer des frictions qui... qui vont un peu les parasiter.
Est-ce que vous diriez que Jean-Luc Mélenchon, c'était un peu l'éléphant dans la pièce, qui est omniprésent, jamais trop cité, ou pas ?
À la fin, c'est évidemment le spectre est sorti de l'armoire, du placard, mais c'est Glenn Royal, qui par ailleurs, sur les positions qu'elle a adoptées hier, on pourrait y revenir sans doute, mais a bien résumé les choses à la fin. Je trouvais que l'extrait qui a été cité était assez pertinent. Vous êtes en train de fabriquer effectivement une centralité à Jean-Luc Mélenchon. Et quand on regarde ce débat, on apprend des choses, on constate la convergence sur beaucoup de points. Mais force est de constater qu'un électeur qui regarde ça, qui n'est pas forcément hyper convaincu et qui peut hésiter entre la candidature de Jean-Luc Mélenchon et puis un des candidats ou une des candidates présentes hier, il se dit mais au fond c'est quoi la différence avec au-delà du style ? éventuellement des sorties antisémites du chef Mélenchon, mais comme l'a rappelé Olivier Faure, 84 ou 85% des amendements sont votés au sein de l'Assemblée nationale. Donc au fond, c'est ça qui est un peu, on pourrait dire, un peu bizarre dans cette manière de focaliser sur un après très hypothétique, plutôt que de dire, écoutez, oui, là-dessus, effectivement, on n'est pas d'accord avec LFI sur la question de la dette. Bon, ça a été un peu effleuré sur la question de là, à ce moment-là, mais pour le... Je trouve que, quitte à parler et à se distinguer de la France insoumise, il vaudrait peut-être mieux le faire quand même sur le fond, plutôt que de se focaliser exclusivement là-dessus. Mais je parle là d'un point de vue de mon sentiment du débat, finalement, en me mettant un peu à la place de quelqu'un qui hésiterait. Bon, voilà.
Christine, c'est vrai que vous plongez dans l'actualité internationale depuis des années. Je vous ai obligé, je m'en excuse, à revoir ce débat. Quelle épreuve ! Et commencer
hier soir par la primaire. Oui, le débat de la primaire, qui était d'ailleurs bien tenu, comme ça a été dit. Du coup, on est un peu déçus, parce que voilà, on est quand même des spectateurs, des téléspectateurs. Et c'était très soft, il n'y avait pas vraiment de friction, sauf effectivement vers la fin. Mais il est dommage, en particulier, je suis d'accord avec vous, que sur les questions économiques, et cette idée quand même totalement farfelue... de Jean-Luc Mélenchon juste d'effacer la dette, comme si c'était... Que ça n'ait pas été au cœur
de
la discussion, parce que ça aurait permis probablement d'obliger Olivier Faure à être un peu plus précis. Mais on comprend bien que lui, ce qui l'obsède, ce sont les législatives. Et pas plus encore... Enfin, pas plus, mais autant. que leurs présidentielles.
D'ailleurs, ça sera peut-être un thème. Est-ce qu'on sait déjà quels thèmes seront abordés dans les prochains débats ou est-ce que c'est beaucoup trop tôt pour le dire le prochain ? Non, c'est
le 1er octobre sur France Télévisions. Et France Inter. Tout à fait, pardon. Et France Inter, non, je ne sais pas. Effectivement, il va falloir qu'ils renouvellent un peu le style, mais de fait, il y a tout un couloir, notamment les questions économiques et sociales ont été abordées de manière très superficielle. En réalité, il existe... Il existe des différences quand même. On est dans une situation économique très compliquée. Et effectivement, ça n'a été abordé que de manière très superficielle.
Adrien Broch, vous avez commencé à l'évoquer tout à l'heure. Celui qui a le plus à perdre, c'est celui qui était... Alors moi, je regarde à la gauche de l'écran derrière vous, c'est-à-dire Raphaël Glucksmann. Est-ce qu'il en voulait vraiment de ses primaires ? Il y va un peu contraint et forcé ? Oui,
exactement. Il y a le sentiment qui... qui va forcer d'abord à cette primaire, dont il se serait bien passé, à ce premier débat dont il se serait bien passé aussi, parce qu'il avait demandé que cette discussion soit réduite de trois à un seul débat, en l'occurrence sur le service public. Donc il y a effectivement ce sentiment qui dit aussi beaucoup de sa candidature politique et d'une forme de conviction qui, malgré tout, est amendée par la réalité des choses. C'est-à-dire une position de principe qui consiste à dire « je ne me mêlerai jamais à une primaire ». Et évidemment, de facto, il est contraint de le faire. pour des raisons de soutien, notamment du Parti socialiste. Et puis ensuite, le débat, il est bien contraint de s'y rendre parce que c'est là-bas, malgré tout, que ça se passe. Donc ça dit aussi, je trouve, quelque chose de cette articulation entre des positions de principe et puis un sentiment de réalité avec lequel il est forcé de composer mois après mois.
Avec un exercice qui n'est pas si simple, Frédéric Savicky, c'est-à-dire qu'il faut parler à qui ? Il faut parler d'abord à ceux qui, peut-être, vont voter ou alors il faut parler à tous les Français ?
Il faut essayer de faire les deux parce que de toute façon, vous voyez, cette émission, on commande ce débat. J'imagine que les spectateurs qui sont derrière nous ne sont pas forcément, a priori, tous des gens qui sont intéressés ou qui vont voter à la primaire. Donc c'est aussi celui ou celle qui sera désignée va devoir ensuite être confronté à accroître l'audience. Et on part quand même d'assez bas. Donc évidemment que c'est très, très important. Je pense que pour Raffaig Luxman... se joue aussi là, une forme de crédibilité, d'apparaître comme un homme d'État et non pas comme un stagiaire comme lui a envoyé Ségolène Royal, d'être capable de sortir uniquement des questions internationales pour savoir. Donc il a beaucoup insisté sur la République des travailleurs, ça m'a frappé comme expression. une espèce de gimmick, là, on parle aux travailleurs, au travail, etc. Donc voilà, il faut s'adresser. En même temps, on ne sait pas très bien qui va voter. Ce qui m'a frappé, moi, quand même, par rapport à ça, je trouve qu'ils ont fait assez peu de retape, si j'ose dire, à la fin, pour pousser les personnes, les spectateurs, les téléspectateurs. C'est ceux qui nous regardent. Hier, au débat, moi, je m'attendais qu'à la fin, chacun dit, écoutez, inscrivez-vous. Par exemple, on dit oui, 15 euros, mais si vous payez des impôts, ce n'est pas 15 euros, c'est 5 euros. C'est important pour la démocratie, ça va conférer une légitimité très forte. Nous avons l'intention après de créer un mouvement populaire. Enfin, il n'y avait pas de là-dessus. Peut-être que ça viendra, mais je ne sentais pas, on avait l'impression qu'ils allaient tous se dire, il ne faut peut-être pas qu'il y ait trop de gens qui s'inscrivent parce qu'on ne sait pas pour qui ils vont voter. Donc, on se contente de nos 50 ou 60 000 votants. identifié voilà donc ça c'est un point qui m'a quand même assez frappé je m'attendais à ce qui est un peu plus d'appel pour dire un peu mobilisateur quoi parce que c'était quand même ça l'objectif
alors justement on va se poser cette question là et on va rappeler les règles de cette primaire c'est le thème de la chronique de quentin calmé tout de suite Question centrale évidemment. Bonsoir Quentin. Qui est appelé
aux urnes pour cette primaire de la gauche ? On parle avec ce processus électoral de primaire semi-ouverte. Le nom officiel « Choisir 2027 » ou encore « Primaire socialiste et démocratique » concerne les militants d'UPS, les militants socialistes. Également ceux de place publique, le parti de Raphaël Glucksmann. Également la gauche républicaine et socialiste, le petit parti d'Emmanuel Morel. Et ainsi donc que les Français qui... qui auront cotisé à une association créée pour l'occasion baptisée Association de financement de la désignation de la candidature de la gauche socialiste et démocratique. L'adhésion qui coûte 15 euros, 10 euros pour les personnes qui ne payent pas l'impôt sur le revenu, les chômeurs, également les étudiants.
Peut-être que certains de nos téléspectateurs et téléspectatrices se posent cette question. Est-ce qu'il est encore temps ? Est-ce qu'on peut s'inscrire pour voter ? Tout à fait, vous
pouvez. Le 5 octobre, voilà la date limite d'adhésion pour voter au premier tour de la primaire. C'est lundi prochain. Pour rappel, le 9 et le 10 octobre se tient le premier tour de la primaire par vote électronique. Début du vote à 8h, le 9, fin le 10 à 20h. Ensuite, la prochaine date, c'est le 12 octobre. Ça, c'est la date limite pour s'inscrire. pour eh bien pouvoir voter au second tour et le second tour de cette primaire c'est 16 et 17
octobre alors on a commencé à évoquer les chiffres est ce qu'on a une idée du du nombre de votants du nombre d'inscrits eh
bien début septembre patrick menucci l'ancien député des bouches du rhône qui a été choisi pour présider la commission d'organisation de la primaire parlait de 50 000 votants ce sont les émissions de télé qui peuvent déclencher un mouvement pour intéresser les citoyens et faire monter ce chiffre à 100 000 disait le même patrick menucci aux parisiens le 14 septembre place publique le parti de rafael glucksmann a communiqué mardi parlant de 300 nouvelles adhésions quotidiennes ce qui pourrait permettre au parti d'atteindre bientôt les 20 000 militants avec 100 000 votants à cette primaire on se dit qu'on est quand même très loin des chiffres de la primaire de 2011 en 2011 2,8 millions de français s'étaient déplacés pour départager françois hollande et martine aubry au second tour de la primaire de la gauche 2 millions de votants également pour le second tour de la primaire entre benoît hamont et manuel valls et 4,4 millions quand même pour la primaire de la droite en 2016
merci beaucoup quentin pour pour toutes ces informations alors évidemment on va continuer de s'intéresser à cette potentielle faible participation est ce que vous y voyez un signe que je vais rester avec vous frérise avec qui parce que votre livre c'est la fin des parties pour l'interrogation c'est un signe de l'affaiblissement de ce parti en tout cas ? Oui,
au moins de ce parti-là. Évidemment, tout le problème du Parti socialiste, c'est que celui qui est favori pour l'instant, c'est quelqu'un qui n'est pas membre du parti, qui a une histoire très singulière, on va dire, qui n'est même pas liée à aucun autre parti de gauche. Et le problème du Parti socialiste depuis 2017, c'est que son leader n'a cessé d'être contesté, de perdre des soutiens en interne. d'être sur un siège éjectable, d'avoir passé son temps, en quelque sorte, d'essayer de préserver tant soit peu l'unité. Et donc, évidemment, n'apparaît pas comme un leader naturel et force est de constater qu'à côté de lui, ses challengers internes, pas plus. Donc, évidemment, là, on mesure bien, si on le compare avec le Parti socialiste de 2012. Alors, on ne va même pas remonter avant parce que ça serait, on pourrait dire, assez douloureux. du temps d'un Michel Rocard, d'un Lionel Jospin, d'un Fabius, d'un Chevènement. On pourrait multiplier Martine Aubry. Là, on est clairement dans un parti où il y a... Le Parti socialiste, c'était 30 députés en 2017 jusqu'en 2022. Après, c'était à peine plus, 60. Il n'y a plus, effectivement, de personnel politique suffisamment apte. Et ceux qui auraient pu, comme François Hollande... ou Cazeneuve se sont mis de côté. Donc voilà, il faut faire des primaires, malgré tout, mais des primaires sans avoir l'appareil. En 2012, c'est des milliers de militants, d'adhérents du parti qui tiennent les bureaux de vote. C'est comme ça que ça se passe. Donc là, déjà, on passe à un vote électronique. Bon, tant mieux, ça peut potentiellement permettre à plus de gens de voter. Mais en même temps, sans évidemment la capacité de relais que peut apporter un parti de 150 000. adhérents ou 120 000 adhérents sur le terrain. Et donc, on en est là, quoi. Et j'ajoute, d'ailleurs, une remarque un peu intéressante, c'est que les écologistes ont fait une primaire à l'élection présidentielle précédente. Ils avaient aussi appelé à voter de manière électronique. Bon, c'était pas 15 euros, mais il y a quand même eu 100 000 votants, donc, pour le parti écologiste, dont on moque souvent l'inorganisation, la faiblesse, etc. Donc, si c'est 100 000, ça sera, si j'ose dire, quand même pas très glorieux. Et ça sera, finalement... assez révélateur de ce qu'il faut bien appeler un effondrement de ce grand parti-là, tel qu'il a été. –
Christine, il y a toujours une question qu'on se pose avec la primaire, qu'elle soit de gauche ou de droite, est-ce que c'est une machine à perdre ? Qu'est-ce que vous répondez à cette question ?
C'est beaucoup moins drôle que du Fédo, mais on se dit que la primaire est ouverte, elle est fermée, parce que Fédo dit… Ouverte et fermée, pas ouverte ou fermée, ou entre-ouverte. Et en fait, quand on se replonge dans l'histoire de cet exercice, on s'aperçoit qu'après le renoncement douloureux de Jacques Delors, donc là, on est en 95, c'est une primaire fermée. Les adhérents, les chiffres varient, vous venez de le rappeler, c'est étonnant. En 1995, 79 000 adhérents, c'est fermé,
se
prononcent et Lionel Jospin écrase Henri Emmanuelli. Néanmoins, il perdra à la présidentielle face à Jacques Chirac. En 2006, c'est à nouveau fermé. Là, 180 000 personnes, donc un chiffre qui a doublé. Ségolène Royal bat Dominique Strauss-Kal et échoue devant Sarkozy. 2011, là, c'est ouvert à tous les citoyens et c'est le chiffre que Quentin mentionnait tout à l'heure, 2,8 millions. Et là, François Hollande, à la primaire, bat Martine Aubry et gagne la présidentielle. 2016 pour 2017, c'est ouvert. Mais ouvert à qui ? Aux adhérents. En tout cas, il y a 2 millions de personnes qui se mobilisent. Et Benoît Hamon bat Manuel Valls. Néanmoins, au premier tour des présidentielles, il fait 6,36 %. Et alors, en 2021, là, c'est le pompon, parce qu'il n'y a plus que 22 200 adhérents, c'est fermé, 22 200, et Anne Hidalgo, on s'en souvient, bah, Stéphane Le Foll... et ne récolte au premier tour de la présidentielle qu'1,74%. Donc, ce qui est très curieux dans cet exercice, c'est qu'au fond, le Parti socialiste n'a pas de doctrine. S'agissant des primaires, on pourrait penser que c'est un exercice qui pourrait devenir un rituel et puis voilà, au moins les citoyens s'y retrouveraient.
Si vous comparez avec les Etats-Unis, c'est toujours la même mécanique aux Etats-Unis ? Ah non,
c'est encore plus embrouillé. Ah d'accord, c'est encore plus embrouillé. C'est infernal aux Etats-Unis, mais c'est à une autre échelle. Donc à l'échelle du pays ici, on pourrait penser quand même que le Parti socialiste aurait intérêt à... figer
ses règles
et à ritualiser pour au moins fidéliser ses adhérents.
– Alors votre avis là-dessus, primaire, parce que c'est un vieux débat, effectivement, je commence avec vous, Adrien Broch, il y a le contre-exemple de François Hollande, sinon c'est une machine à perdre. On n'est pas obligé de faire le lien entre la primaire et l'élan que c'est censé donner à celui ou celle qui l'en remporte.
Non, bien sûr. Et puis tout dépend effectivement des contextes qui sont toujours très particuliers. 2017 n'est pas l'élection à laquelle on va faire face l'année prochaine. Donc ça dépend aussi évidemment toujours des contextes. Ça dépend aussi beaucoup, en l'occurrence, parce que ce sera un candidat a priori ici de centre-gauche qui... On sortira de la capacité d'un autre candidat centriste à être fort dans les urnes. Tout ça va aussi dépendre des vases communicants de la manière dont l'offre politique va se formuler de la gauche dite démocratique, en réalité, au centre, voire au centre droit. Parce qu'effectivement, si Raphaël Glucksmann s'impose dans cette primaire et est le candidat qui représente le Parti Socialiste et Place Publique, il aura sûrement intérêt, lui, tactiquement, et c'est ce qu'il tente déjà de faire, d'aller chercher aussi des voies, ce qu'on appelle des macronistes déçus, issus plutôt du vivier social-démocrate en 2017, qui avaient fait la bascule. Ce qui est certain, en revanche, c'est que ça ne confère pas une légitimité d'ampleur au candidat qui sortira vainqueur de cette primaire. Donc je pense qu'il faut tenir ces éléments-là ensemble.
On entendait dans la chronique de Quentin que Patrick Menouchi espérait que les débats allaient activer une dynamique. Il y avait 700 000 téléspectateurs en moyenne hier soir sur LCI. qu'à 1 million. Double question, Sandrine Cassini. Est-ce qu'il y a des réactions internes EPS ? Est-ce qu'ils s'en réjouissent officiellement de ce chiffre ? Et puis est-ce que, d'après vous, ça peut effectivement créer une dynamique, c'est-à-dire inciter... certains de ceux qui regardaient le débat hier à s'inscrire.
– Écoutez, je pense que quand même, en toute fin d'émission, c'est vrai que Raphaël Glucksmann était très réticent, il n'en voulait pas, cette primaire, c'était la machine à perdre, il avait peur d'être la cible, et d'ailleurs ça l'a été un peu hier, mais maintenant ils ont... ils ont visiblement changé un peu d'optique et ils veulent en faire une dynamique parce qu'ils s'insprisent aussi des dernières élections et quand même ils ont constaté Benoît Hamon qui partait de rien, il sortait de la primaire lui-même propulsé. Donc comme quand même Raphaël Glucksmann n'est pas du tout aujourd'hui en position d'aller au second tour, il espère quand même... profiter de cet exercice auquel il est contraint pour se hisser, se donner un petit coup de boost après. Et faire ses
preuves. C
'est aussi un exercice qui pose un candidat. En interne au PS, il y avait un peu deux écoles. Il y avait l'école de gens qui avaient été autour d'Hidalgo, qui disaient effectivement pas trop de débats, donc on n'en fait qu'un, il faut le préserver parce que c'est la machine à perdre. Et puis d'autres qui m'ont dit. en fait, il faut que tu en baves, parce que la présidentielle, on en bave. C'est prendre des coups, c'est une épreuve, et autant les prendre tout de suite que dans six mois. Donc il y avait un peu ces deux écoles-là. Et là, maintenant, ils espèrent quand même avoir cette dynamique. Sur la primaire, juste pour revenir sur ce que disaient mes camarades, quand on parle avec François Hollande, qui est quand même sorti, qui est quand même l'exemple de la primaire réussie, etc., en fait, quand même... lui, mais aussi autour de lui, ils font quand même le constat. François Hollande, il raconte ça très bien. Il dit, de toute façon, après Sarkozy, on savait que le gagnant de la primaire serait le prochain président de la République. Parce qu'il y aurait l'alternance, en fait. L'alternance droite-gauche, après Sarkozy, elle était acquise. Donc la question, elle n'était que là. Si vous écoutez
les Sarkozy, s'ils disent à 15 jours près, l'histoire aurait été différente. Oui, mais
bon, il fallait avoir plus de chance sur le calendrier. En tout cas, ils étaient en meilleure position. Donc c'était l'alternance droite-gauche, c'était une autre époque. On n'était pas... Donc quand même, c'était acquis. Mais ça a créé quand même quelque chose, les frictions. qui se sont produites au sein de cette primaire ont quand même perduré après dans l'exercice du pouvoir. Elles ont laissé des traces et c'est aussi ça un petit peu qui a amené... Les frondeurs étaient dans la primaire. Voilà, qui a fait naître un peu les frondeurs. Donc il n'est pas complètement positif non plus. Lui, évidemment, il n'a pas voulu y aller, donc on peut dire qu'il avait tout intérêt à dire ça, mais même d'autres autour de lui qui étaient à cette époque ont le même récit que ça.
C'est vrai que par rapport à François Hollande et aux dix sociodémocrates qui ne sont pas allés à la primaire, ça pose aussi une question sur le périmètre et la lisibilité du périmètre de cette primaire, qui est une primaire en effet aux partis socialistes et à place publique, qu'on appelle parfois primaire de la social-démocratie, mais sans l'intégralité des sociodémocrates. J'ai cherché comment
nos confrères la nommaient, alors il y a un peu tout, n'importe quoi, mais en tout cas c'est compliqué. C'est assez
compliqué, donc j'imagine aussi pour les... nos concitoyens qui ne suivent pas l'actualité politique au jour le jour, ça fait beaucoup de paramètres à prendre en compte. C'est-à-dire, effectivement, est-ce que c'est de cette primaire-là que sortira le candidat du centre-gauche ou est-ce qu'il peut y avoir un outsider en dehors de la primaire ?
– Effectivement, c'est sans doute le pari de François Hollande. Tiens, il y a plusieurs absents, je ne vais pas tous les citer, mais notamment les deux principaux, selon nous, en tout cas, François Hollande, François Ruffin, qui ne sont pas présents dans cette primaire. Frédéric Savicky, est-ce que leur absence, elle ne la rend pas finalement moins décisible, moins cruciale ?
Probablement, il y a d'autres absences, c'est les écologistes quand même, parce que mine de rien, au cours de ces dernières années, même si le parti écologiste a pu, comme toujours, avoir des performances électorales en Dancy, c'est quand même aujourd'hui un groupe parlementaire de plus de 30 députés à l'Assemblée nationale, il y a des sénateurs, les écologistes participent à toutes les coalitions dans les villes, les régions qui sont gouvernées par les socialistes, et hier j'ai l'impression qu'on faisait comme si, j'allais dire… leur absence de la primaire allait automatiquement amener la majorité d'entre eux à se rallier aux vainqueurs. C'est vrai que de ce point de vue-là, c'est quand même très hypothétique, on va dire. C'est la même chose pour Clémentine Autain ou pour François Ruffin, compte tenu des relations avec LFI et Jean-Luc Mélenchon. Je ne sais pas très bien ce qu'il va faire. ça va être un peu compliqué, mais enfin, on s'est focalisé sur Mélenchon et sur LFI, mais on s'est quand même assez peu préoccupé d'envoyer des signaux. Moi, j'ai été frappé quand Raphaël Glucksmann, à un moment, évoque la puissance de l'État. Qu'est-ce qu'il va chercher le plan Mesmer de 1971 de construction des centrales nucléaires ? Est-ce que c'était clairement une prise de position en faveur du nucléaire, mais enfin, sachant qu'il a recruté, entre guillemets, Yannick Jadot comme son principal conseiller ? C'est une de ses principales prises. Je ne sais pas comment Jadot a dû prendre ça, mais c'est quand même très étrange. Je ne parle même pas, pour le coup, d'une partie des écologistes français. C'est vrai que ça, c'est quand même... Attention à
ce périmètre peut-être un peu trop restreint pour donner un élan suffisant à celui qui n'en porte pas. Soit on fait
un périmètre restreint et à ce moment-là, quand même, on s'adresse clairement aussi, on envoie des signaux aux autres en leur disant, bon, écoutez, on ne vous a pas invité à la table, mais au banquet final, vous serez présent et puis vous aurez tout ce qui... faut mais là j'avais plutôt l'impression que cette clôture aboutissait finalement effectivement à ne pas chercher à élargir alors
on a on a vu des extraits de ce débat dans notre sujet d'ouverture là on en a choisi deux pour parler de d'autres lignes de fracture sur les questions internationales ségolène royal notamment a provoqué l'indignation de plusieurs associations juives quand elle a dit ceci
y a une montée de l'antisémitisme qui est très inquiétante. Et cette montée de l'antisémitisme, elle est pas due à Israël, elle est due aux actuels dirigeants d'Israël. Mais c'est très difficile, en effet, pour eux de dire, de dénoncer ce que font les dirigeants d'Israël, parce qu'avec cette théorie de se dire « mais si on commence à les critiquer, on va nous affaiblir ». Moi, je crois qu'au contraire, il faudrait plus de voix israélienne et juive pour dire que ce qui se passe est absolument intolérable, parce que c'est ça aussi qui va freiner la montée de l'antisémitisme.
réaction immédiate sur le plateau lors du débat de Jérôme Gatch, de Raphaël Glucksmann. Et puis dans la foulée, Johan Hatton Harfi, le président du CRIF, le conseil représentatif des institutions juifs de France, il parle, je le cite, d'une trahison de l'idéal républicain. Est-ce que pour vous c'était le moment le plus tendu de ce débat ? Ah
oui, je pense qu'incontestablement sur le fond, c'était vraiment le dérapage, enfin moi qui regardais toute l'émission. Parce que les disputes avec LFI, on les connaît en réalité, elles sont d'ordre stratégique, elles ne touchent pas aux valeurs. Là, on était quand même sur quelque chose, je dois dire, d'assez surprenant, de beaucoup plus grave. On touchait vraiment à un tabou, au tabou très fort à gauche quand même. Ces reproches qu'on a fait à la France Insoumise ont carrément dérapé sur le plateau hier de LCI.
Est-ce que c'est un peu rétro-pédalé ce matin dans cette intervention ? C'est une bourde pour vous de la part de Ségolène Royal ?
ne sais pas si c'est une bourde, si c'est une stratégie, c'est dommageable, mais je rejoins ce qui a été dit, c'est-à-dire qu'en réalité, il y a des questions de valeur derrière les désaccords avec LFI, mais c'est vrai qu'ils sont souvent masqués maintenant par, on les résume à la question de l'alliance ou pas avec la France insoumise, davantage que d'aller sur le fond des sujets. Là, en l'occurrence, le verbatim de Ségolène Royal, il est en effet, sur le fond, très dommageable, parce que c'est vraiment la question de l'individu. réduit et assigné, en l'occurrence, à des faits qui lui sont extérieurs et pour lesquels il serait rendu comptable. Sur le fond, j'ai trouvé ça très perturbant et d'ailleurs, ça a été très rapidement soulevé, mais au moins, il y avait là une divergence de fond. Je ne sais pas si Ségolène Roy le pense vraiment, si c'est tactique ou pas. En l'occurrence, il y avait vraiment un débat là, ici, de fond. Peu importe
qu'elle le pense ou pas. Et alors,
je reviens à notre titre. Est-ce qu'il n'y a pas là l'ombre de Jean-Luc Mélenchon, finalement, qui pèse sur cette partie du débat, Frédéric Savicky
Je ne pense pas que ce soit forcément un lien direct. Quand on regarde les déclarations de Ségolène Royal au cours de ces dernières années, elle n'en est pas à sa première bourde ou en tout cas déclaration scandaleuse. On pourrait revenir quand même aussi sur ses prises de position. Ça s'est revenu hier aussi sur la responsabilité ou non de la Russie. On va parler de la Russie juste après. Je ne sais pas si sa stratégie... S'il y en a une, c'est justement une stratégie de rupture, de provocation, déjà en 2006, 2007, dans sa campagne primaire. Et puis ensuite, elle est un peu coutumière quand même aussi de ça. Alors peut-être qu'effectivement, dans sa tête, il s'agit d'envoyer des signaux à l'électorat, une partie d'électorat, évidemment, de Jean-Luc Mélenchon. Mais je pense qu'elle n'a pas mesuré totalement la bourde qu'elle faisait.
Non, mais c'est toute la porosité Mélenchon. Il est évident que l'antisémitisme, la manière très digne, d'ailleurs, de Jérôme Gage et Raphaël Glucksmann, faisant état de leurs propres racines personnelles, élargissent le débat. Alors que Ségolène Royal, au contraire, le rétrécit de façon... Mais ça, hélas, c'est du Mélenchon. C'est-à-dire cette espèce de... de facilité et de dérapage permanent, plus ou moins contrôlé. Dans le cas de Mélenchon, on a l'impression que c'est très contrôlé. Dans le cas de Ségolène-Royal, le dérapage... Ce n'est pas le premier, probablement pas le dernier, mais c'est particulièrement déplaisant.
Au cœur de ce dernier chapitre sur les questions internationales, une interrogation d'un de nos téléspectateurs qui nous écrit d'Agin. Le vainqueur de la primaire est-il assuré que les autres le suivront ? Ce n'était pas toujours le cas par le passé. Je veux bien vous entendre là-dessus, Adrien Broche, parce que est-ce que ce débat vous laisse entendre qu'il n'y aura pas de vraie cohésion ? Au contraire, vous vous êtes dit, après tout, ils sont peut-être complémentaires, ils vont pouvoir... Il
y a la question de l'engagement et des statuts, et ils ont répondu à la question à la fin du débat, effectivement, David Pujadas. leur a demandé, par peut-être la voix d'un téléspectateur, s
'ils s
'engageaient à respecter la victoire, je crois qu'ils ont tous répondu oui, Raphaël Glucksmann émettant une astérisque sur oui, mais pas forcément aux législatives dans le cas où effectivement il y aurait des alliances, c'est le seul bémol qui a été fait. Et puis après il y a la question de la réalité, on l'a vu en 2017, la réalité politique avait fait que Manuel Valls n'avait pas soutenu la victoire de Benoît Hamon. difficile en réalité
d'aujourd'hui de le savoir. D'anticiper, oui, effectivement. Alors l'autre thème clivant sur ces questions internationales, la guerre Russie-Ukraine, on écoute Raphaël Glucksmann réagir à la main tendue. Le mot est certainement trop fort, mais en tout cas, l'idée de Ségolène Royal qui dit Vladimir Poutine, il faut négocier avec lui. Écoutez Raphaël Glucksmann.
Il n'a aucune intention de négocier avec nous. Aucune. A aucun moment, il montre le premier signe de vouloir négocier avec les Européens. Et donc... Il nous considère comme ses adversaires. Lisez les textes des Russes, les services secrets russes, le SVR, les services extérieurs russes. Ils ont publié une doctrine pour expliquer que les États-Unis n'étaient plus leurs adversaires depuis que Donald Trump, tu m'étonnes, depuis que Donald Trump avait pris le pouvoir aux États-Unis, mais que désormais, l'adversaire, c'était quoi ? L'eurofascisme.
'est sans doute le thème sur lequel Raphaël Glucksmann est le plus fort, le plus cohérent. Il alerte l'Europe, il alerte la France, les Français depuis longtemps. Est-ce que pour autant, c'est un thème important dans une primaire interne ?
Je crois que, en tout cas, à gauche, pour les gens qui suivent le plus la politique, c'est un élément important de démarcation quand même avec LFI. Et donc, là, la position de Ségolène Royal, clairement, la ramène de ce côté-là. Je pense que c'est quand même un élément essentiel. Dans la campagne présidentielle elle-même, ça dépendra du contexte international, mais on sait que traditionnellement, les questions internationales, sauf quand elles impactent très directement à travers l'évolution des cours de pétrole, etc., ne sont pas forcément essentielles. Mais quand même, à ce stade, je pense que... Et puis, il ne faut pas oublier quand même qu'un président de la République, c'est quand même d'abord quelqu'un qui s'occupe de défense et d'affaires étrangères en France et que c'est aussi comme ça qu'on marque malgré tout. sa crédibilité. C'est pas pour rien d'ailleurs que souvent les candidats vont faire des voyages à l'étranger ou essayent de montrer qu'ils ne sont pas complètement coupés du monde extérieur. Donc ça, c'est quand même un atout potentiel pour Raphaël Glucksmann. Plus la situation de crise internationale dans laquelle on est va se poursuivre, et on ne voit pas tellement comment elle ne pourrait pas se poursuivre, plus d'une certaine façon il a quand même intérêt à essayer d'internationaliser ou de globaliser les... les problèmes et les questions. Donc, je pense que, voilà. Et puis, la question, on voit bien, en Allemagne, aux dernières élections, la question de l'aide apportée à l'Ukraine, c'est aussi une question intérieure. C'est une partie du budget, de la défense, qui augmente fortement, etc. Et donc, c'est une controverse. C'est ça, ça, potentiellement, ça peut devenir effectivement un élément... Ça prend dans les autres... Dans les autres élections en Europe, il n'y a pas de raison qu'en France, ça ne vienne pas aussi sur le tapis sous cet angle-là. Puisque ce n'est pas simplement de savoir si on va mourir pour Kif, c'est aussi de savoir si on continue d'augmenter fortement les dépenses militaires. Et ça, à gauche, c'est un truc très sensible. On voit bien les communistes là-dessus, qui sont sur une ligne de critique des dépenses militaires. Je pense que c'est important.
Christine, un mot là-dessus ? Est-ce que c'est pour vous un marqueur important pour les candidats et candidates à cette primaire ? Je crois
que cette fois-ci, oui. Je crois que l'an prochain, on peut craindre qu'aucune des guerres, aucun des conflits ouverts et singulièrement sur notre continent ne soit résolu. Et donc, je crois que là, les Français en ont parfaitement conscience et qu'ils en ont même peur. Pour certains d'entre eux, on entend ça beaucoup. Et je crois que la façon dont les candidats, c'est certainement un atout, effectivement, pour Glucksmann, dont on ne peut pas nier qu'au Parlement européen, où on en voit beaucoup de députés qui ne font rien. C'est d'ailleurs, je crois, Rachida Dati qui s'en est vantée dans son procès en disant, vous savez, au Parlement européen, je ne sais rien. Là, au moins, Glucksmann, lui, il a été très actif. Donc je crois que oui, cette fois-ci, ça peut peser fortement sur les choix des Français.
Effectivement, c'est important, mais en même temps, je pense que ça peut être aussi à double tranchant. Parce que dans l'opinion publique, à la fois peut-être qu'il y a cette peur, mais il y a aussi le sentiment, de manière justifiée ou pas, que c'est aussi ça qui fait augmenter le prix de la vie, surtout dans les classes populaires et les classes moyennes qui ont du mal à... Ou même,
on a assez donné à l'Ukraine.
On a assez donné à l'Ukraine, mais bien sûr, on l'entend, on l'entend, et c'est un argument qui peut... Le côté, on va encore donner plus, qui peut paraître un peu va-t'en-guerre. pour certains. peut nous paraître bien, mais aussi le desservir électoralement.
Votre avis là-dessus, Adrien ? Je rejoins ce qui a été dit. C'est évidemment, un, une conviction très forte pour lui. Je pense qu'on ne peut pas le soupçonner, que ce soit une manœuvre politique ou politicienne. Deux, il se trouve que c'est un sujet qui parle quand même beaucoup aux électeurs discentristes aujourd'hui. Dans toutes les enquêtes d'opinion, vous voyez les classements des sujets qui importent. Vous avez le pouvoir d'achat, la santé, etc. En général, les électeurs de ce qu'on appelle le bloc central. sont largement surreprésentés sur les questions internationales, le soutien à l'Ukraine. Donc ça permet aussi, et je ne dis pas qu'il le fait pour ça, parce que je crois que c'est un enjeu important pour lui de conviction intime, mais ça permet aussi d'arrimer dans le cas où effectivement il faudrait qu'il aille voir du côté de ses électeurs ex-macronistes déçus à ce sujet-là, qui est extrêmement important pour une partie des électeurs très attachés à l'idée européenne et aux questions internationales.
Le prochain débat, on l'a dit, c'est le 1er octobre sur France 2 et France Inter. Peut-être une forte audience peut-être. plus importante que celle du débat d'hier sur LCI. Frédéric Savicky, est-ce que les outsiders sont condamnés à la surenchère ? Qu'est-ce qu'on peut anticiper d'un deuxième débat
Les outsiders, ça dépend quels outsiders. C'est que le Royale n'est pas tout à fait dans la même position, si vous voulez, que Jérôme Gage ou Emmanuel Morel. Pour Emmanuel Morel, ce qui est important aussi, c'est justement de montrer son calme. On l'a vu hier, il n'était pas du tout dans la provocation. On dit que je suis un petit candidat, mais en fait, je suis parfaitement... J'ai autant d'idées que les autres. Pour Ségolène Royal, effectivement, c'est quand même... C'est l'éléphant dans la pièce, l'éléphant. Je provoque. C'est pour ça qu'il n'y a pas forcément une seule ligne. Je pense que sur le deuxième débat que vous évoquiez, le fait que ce soit sur une chaîne publique ouverte à grande audience et où des gens peuvent tomber sur le... débat, alors que penser à regarder un film ou une série, ça peut effectivement, mécaniquement, je dirais, amener quand même beaucoup plus de téléspectateurs. Et là, pour ce débat-là, on peut espérer quand même qu'après ce tour de chauffe, les candidats, sachant qu'ils ne seront plus regardés... Peut-être travaillent un petit peu mieux leur dossier. Dans certains cas, soient un petit peu plus clairs. Et puis abordent un peu plus de front des questions qui dérangent.
Merci beaucoup à toutes et à tous d'avoir participé à notre débat. Vos livres, Frédéric Savicky, la fin des parties aux presses universitaires de France. Adrien Broch, votre portrait moderne de la gauche française est aux éditions de l'Aube. Sandrine, évidemment, Castignon, on vous lit dans les colonnes du Monde. Et puis, je fais votre promo et je vais faire aussi la nôtre. On vous donne rendez-vous. Dimanche, toute la journée, ça commence à partir de midi, spéciale élection sénatoriale avec Tam Tranu, Alexandre Poussard, Steve Jourdain, tous nos envoyés spéciaux. On vous propose une journée spéciale jusqu'à 22h30 pour cette dernière élection avant la présidentielle. Je vous dis encore une fois merci et à bientôt sur Public Sénat. J'ouvre le second débat de ce sens public consacré au mid-terms, les élections de mi-mandat, 3 novembre prochain aux Etats-Unis. Quels sont les enjeux ? À quel point une victoire démocrate pourrait entraver l'action de Donald Trump ? Que fera le président en cas de lourde défaite ? On est à 40 jours du scrutin avec des sondages qui ne sont pas favorables à son camp. Jérôme Rabier. A 6 semaines des élections
cruciales de mi-mandat, Donald Trump est au plus bas dans les sondages. Seuls 32% des Américains approuvent son action, du jamais vu depuis son retour à la Maison-Blanche. Mais il reste persuadé que lui seul peut faire gagner ses élections.
Je vous demande donc de faire comme si j'étais sur le bulletin de vote. Je suis sur le bulletin de vote. Je suis sur le bulletin de vote. Une dernière fois. Parce que si nous perdons, vous allez perdre vos frontières, vos baisses d'impôts, votre sûreté et votre sécurité, votre richesse.
Pour tenter de rassembler sa base, Trump fait du Trump, il s'en prend aux médias qui répandraient des fake news et les expulsent ceux de la Maison-Blanche. Un juge a depuis annulé cette décision, mais qu'importe, le message est passé, il reste un président anti-establishment. En revanche, il est plus difficile de masquer les difficultés des Américains, y compris sa base électorale, qui souffre de l'inflation et du prix du baril de pétrole qui dépasse désormais fréquemment les 100 dollars.
avons des activités dans les clôtures et les chantiers, alors le prix du plein de carburant que nous mettons chaque jour a quasiment doublé. Ça fait vraiment une grosse différence.
Principale cause de cette flambée, la guerre en Iran déclenchée par Trump et qui s'éternise, un élément déterminant pour les Américains.
La classe moyenne ne peut plus respirer. Les répercussions de la guerre en Iran sont terribles et évidemment touchent au portefeuille les magas, l'électorat de cœur de Donald Trump. Ce même électorat est en train de se détourner de ce président. Donc pour répondre très clairement, oui, aujourd'hui les enjeux sont économiques.
Donald Trump promet que la guerre avec l'Iran n'est qu'une passade, qu'elle sera bientôt finie et qu'ensuite tout redeviendra rose, sans résultat concret.
'ailleurs
le prix du
pétrole
baissera dès que nous aurons gagné la guerre contre l'Iran qui est en cours en ce moment. Du résultat de ces mid-terms dépendra la marge de manœuvre du président américain pour ces deux dernières années. S'il perd la chambre des représentants et le Sénat, le bras de fer avec les démocrates promet d'être enragé et son action entravée.
on se demande si Donald Trump est devenu le boulet des Républicains. J'accueille Ludivine Gilly. Bonsoir, bienvenue. Vous êtes directrice de l'Observatoire Amérique du Nord à la Fondation Jean Jaurès. Vous publiez « Etats-Unis, le vote confisqué ». C'est aux éditions de l'Aube. Alexis Pichard, bonsoir. Bienvenue. Chercheur en civilisation américaine à l'Université Paris-Nanterre. Je cite votre livre « La présidence américaine, un tournant impérial ». Au frise, Gallagher Fenwick, bonsoir. Bonsoir. Vous vous retrouvez sur ce plateau, Gallagher, éditorialiste de politique internationale à LCI, ancien correspondant à Jérusalem et à Washington. Évidemment, Christine O'Krent est restée à mes côtés, éditorialiste pour sciences publiques. Je signale votre livre, mon Trump de A à Z, qui est publié aux éditions de Noël. On va redonner les bases, la date, 3 novembre, les élections de mi-mandat, avec un renouvellement de la totalité de la Chambre. des représentants, 435 sièges au total qui seront renouvelés. Et puis un tiers des sièges du Sénat. On va voir s'afficher cette infographie aussi. Là, voilà, 100 sièges au total, 35 renouvelés. Alors, question générale, tiens, là aussi. Ludivine Gilly, est-ce que c'est la chronique d'une défaite annoncée pour le camp de Donald Trump ou est-ce que je vais trop vite en besogne ?
allez trop vite en besogne. Effectivement, en fait, alors, les prévisions, c'est beaucoup plus facile pour le passé, surtout en tant qu'historienne, que pour l'avenir. Et comme toujours, on se retrouve avec des tendances, mais une histoire qui n'est tout de même pas écrite à l'avance. Est-ce que les Républicains vont se prendre une heure à clé, peut-être ? Mais en fait, vu le contexte qu'on a, vu ce qu'ils ont mis en œuvre pour limiter leur défaite, je pense aux entraves, aux droits de vote dont je parle dans mon ouvrage. Je pense aussi au charcutage électoral qu'ils ont mis en œuvre de manière historiquement brutale depuis l'année dernière. Ce sont des éléments qui ne leur garantissent pas de garder le contrôle, mais qui pourraient limiter les pertes.
La base MAGA des Républicains, Alexis Pichard, est-ce qu'elle est toujours aussi puissante ? Est-ce qu'elle est toujours aussi fidèle à Donald Trump ?
Elle est toujours relativement inoxydable au sens où, indépendamment des crises, de la guerre en Iran, de l'inflation, il bénéficie toujours d'une base extrêmement solide. qui est en partie désenchanté par justement ses promesses de ne pas entrer dans des guerres infinies. Et finalement, cette guerre en Iran qui dure de manière discontinue depuis le mois de février et qui pèse justement sur les dépenses contraintes, le carburant, la nourriture. Donc effectivement, il y a quelques désaffections de sa base, mais sa base reste malgré tout extrêmement solide. Et ce qui est assez exceptionnel au vu des crises qu'il traverse et de l'impopularité générale qu'il subit.
Alors personne n'a de boule de cristal. Vous non plus, Gallagher Fenwick. Certainement pas. Mais en revanche, on peut quand même se dire que médias, observateurs, peut-être adversaires politiques de Donald Trump, peut-être d'ailleurs surtout lors de sa première élection. l'ont souvent sous-estimé. Est-ce qu'il n'y a pas ce risque aussi ?
Bien sûr qu'il est là et c'est la raison pour laquelle je suis d'accord avec ce qui a été dit. Il faut toujours se méfier quand Trump fait partie de l'équation des prédictions et des prévisions qui ont prouvé leur capacité à se tromper de manière assez monumentale dans un passé pas si lointain. Vous avez également d'autres éléments je crois qui compliquent en fait la lecture qu'on peut faire du rapport de force. il y a des fractures au sein même des partis, ça vaut pour les démocrates, ça vaut pour les républicains, et puis mon sentiment, et ça n'engage évidemment que moi, c'est qu'il y a, pour avoir couvert déjà plusieurs élections de demi-mandat, qui sont, il faut le rappeler, même si tout le monde le sait, généralement perdu par le président en exercice. C'est assez classique, je crois, sur les 10 derniers ou quelque chose comme ça. Moi, j'ai souvenir de Bush qui l'emporte en 2002, parce qu'il y a un effet drapeau après le 11 septembre. Clinton, dans les années 90, parce qu'on est quand même dans un moment de croissance avec plein d'effets bénéfiques, etc. Mais je crois qu'il y a trois facteurs qui me marquent dans le rapport. que les Américains et les Américaines que je lis ou avec lesquelles je m'entretiens ont avec cette élection. La première, c'est le sentiment dans chaque camp que l'autre va tricher. Ils ont l'incertitude, les Républicains sont persuadés que les démocrates vont utiliser le vote par correspondance, etc. pour tricher. Et inversement, les démocrates disent, vous allez voir, Donald Trump va tout faire par les tribunaux, par ses pouvoirs exécutifs, etc. pour tromper les électeurs, tricher sur ce cas. L'autre sentiment, c'est... Tous les candidats vous diront toujours, c'est l'élection la plus importante de votre vie. Là, pour le coup, il y a un sentiment que c'est effectivement quelque chose d'assez existentiel. C'est ce que Donald Trump dit depuis cette convention farfelue dont il a exigé l'organisation, parce que ça n'existe pas normalement, post-élection de mi-mandat, et au centre duquel il a voulu se placer, avec un effet repoussoir ou attirant pour certains, etc. Et puis, il y a aussi une immense défiance, qui n'est pas entièrement nouvelle, mais qui s'est accrue. des électeurs par rapport à la démocratie. C'est-à-dire cette croyance, et j'en termine par là... que le gouvernement fédéral ou local ne peut pas ou tout simplement ne veut pas
impacter favorablement leur vie. – Christine, vous êtes souvent aux États-Unis, vous suivez ces campagnes depuis longtemps. Est-ce qu'elle se démarque de campagnes précédentes, cette campagne des midterms ? Est-ce que nous on a un prisme, souvent on est un peu biaisé dans notre façon de ressentir un processus électoral américain ? Comment vous qui le connaissez aussi bien, vous la percevez cette campagne
je crois que déjà, on méconnaît ce système qui n'a rien à voir avec le nôtre. Il y a un problème d'échelle, c'est un continent. Et ensuite, les élections sont au pouvoir des États et non pas au pouvoir fédéral. Et à partir de là, il y a un sondage qui est sorti ce matin de Shorenstein, qui est l'école média à Harvard, qui dit que deux tiers des Américains, deux tiers, ne comprennent rien au système électoral dans leur propre État. Donc, c'est dire le gallimatia, parce que d'un État à l'autre, les règles changent, les procédures de contrôle changent, et par rapport à cette toile de fond... Vous avez un président qui adore le chaos. Trump adore ça, il dit, le chaos, c'est génial, c'est une opportunité, on peut toujours faire des deals, etc. Et là, comme vient de le dire Gallagher, il s'émite en scène à son détriment, parce qu'apparemment, c'était pas plein du tout à Dallas à la mi-septembre, et il a eu ce cri, on l'entendait d'ailleurs au début, dans le rappel en image de ce thème, il disait... Votez comme si vous votiez pour moi. Comme si j'étais sur le bulletin. Et surtout trichez. il a dit ça. Il a dit, surtout trichez, n'hésitez pas à tricher. On est quand même...
Je vous interromps, Christine, parce que ce sont, on l'avait sélectionné, effectivement, Donald Trump qui dit clairement à ses partisans, allez-y, trichez. On l'écoute.
Levez
la main droite, s'il vous plaît. Je jure au
plus
grand président de l'histoire des Etats-Unis
nous
aime tellement qu'il peut à peine respirer que j'irai voter avec ma famille, mes amis. Je le ferai quoi qu'il arrive. Je me fiche de savoir si je suis inscrit ou non. Je vais essayer de tricher comme jamais ils le font. Il n'y a jamais eu de plus grand tricheur. Je m'en fiche. Je vais aller chercher mes amis, ma famille et nous allons voter le 3 novembre.
tricher, Ludivine. J'ai un peu mal à la démocratie américaine en entendant ça. Oui,
c'est pas nouveau, venant de Donald Trump. Il parle de fraude et de vol d'élection. Depuis avant même la première élection, il en parlait dès les élections primaires en 2015, en disant si je perds, c'est la fraude. Et donc, d'un côté, il agite ses arguments en disant que s'il perd, c'est que l'élection a été volée. D'un autre côté, il appelle à tricher. Et un autre paradoxe aussi. c'est que l'une de ses cibles depuis un certain temps déjà, c'est le vote par correspondance. En disant, le vote par correspondance est un vecteur de fraude majeure et c'est comme ça que les démocrates auraient gagné en 2020. Donald Trump a voté par correspondance en 2017, en 2018, en 2020, et il a voté deux fois par correspondance en 2026. Et ça ne l'empêche pas de voter par correspondance. Il vote par correspondance le matin et ça ne l'empêche pas ensuite de dire l'après-midi que ça devrait être interdit parce que c'est une fraude. Donc finalement, c'est une grande mise en scène tout le temps. Mais pour rebondir sur ce que Gallagher disait tout à l'heure, ça pose un problème parce que ces accusations répétées de fraude de la part de Donald Trump, mais reprises en boucle par son parti depuis des années, elles réussissent parce qu'aujourd Une majorité des Républicains n'ont pas confiance dans le système, c'est une chose. Une majorité des Républicains pense que l'élection de 2020 a été volée.
Encore aujourd'hui, oui.
Mais on a même des démocrates aujourd'hui, en nombre non négligeable, qui pensent que le vote par correspondance est vecteur de fraude électorale. Donc ça veut dire que même les démocrates commencent à douter de la sincérité du scrutin.
Christine, dans la logorée, dans les mots employés par Donald Trump, il ya souvent des menaces il agite un certain nombre de menaces mais
il n'arrête pas il fait que ça d'abord il faut savoir que donald trump ne peut pas perdre Il n'a jamais rien perdu. Il n'a jamais fait aucune faillite. Toutes les femmes lui tombent dans les bras. Il gagne tous ses deals. Tout ça est faux, bien évidemment, mais on est presque... Comment dire ? On est tellement habitués, maintenant, à cette forme de logoré. On l'a entendu encore à la tribune des Nations unies il y a deux jours. Donc... Dans ce climat préélectoral, avec quand même des primaires, nous parlions de la primaire socialiste tout à l'heure, là vous avez des primaires pour chaque poste électif, dans chaque état, dans plusieurs cantons des Etats-Unis. Donc la chambre des représentants, un tiers du Sénat. Et par rapport à cela, moi ce que j'entends beaucoup, c'est la montée des craintes. des craintes que Donald Trump et son administration, et notamment Stephen Miller, qui est le numéro 2, le secrétaire général adjoint, si vous voulez, de la Maison-Blanche, qui est un fou furieux qu'on a vu à l'œuvre, notamment imposant des quotas pour les forces anti-immigration, etc. Donc, il y a plusieurs... pérille plusieurs menaces sur ces élections. Ludivine en a dit quelques-unes. Le vote par correspondance le plus cocasse qui dit à Donald Trump le 15 août de l'année dernière fait attention parce que c'est le vote par correspondance qui t'a fait perdre en 2020. C'est un certain Vladimir Poutine. Vous vous souvenez, il se rencontre à Anchorage, le tapis rouge, etc. Et Donald Trump raconte à un journaliste de la radio Fox News dans l'avion du retour, il dit, ah ben oui, mais mon ami Vladimir m'a dit, oui, c'est à cause du vote par correspondance. En Russie, on vote aussi par correspondance, on a vu le résultat, c'est admirable, les élections transparentes. Donc, le vote par correspondance, tous les États ne le pratiquent pas. Mais la Poste est en fait une institution fédérale
et
donc c'est par l'intermédiaire de la Poste, pour aller vite, que Donald Trump a essayé de frapper. Mais la Cour suprême, il y a quelques jours, lui a dit non, ça... Pas possible, c'est trop court, les délais... Et d'ailleurs, les motivations des différents juges, y compris le juge conservateur qui a fait la bascule pour bloquer cette histoire, tout est ambigu. Mais en tout cas, le vote par correspondance dans certains États aura lieu. Ça, c'est une première menace. Le redécoupage électoral. Chaque parti, les démocrates comme les républicains, charcutent la carte en principe tous les 10 ans à chaque recensement. Là, ça a été fait sans recensement au milieu. Et c'est terrible parce que nous qui allons aux Etats-Unis, maintenant vous avez l'adresse postale de quelqu'un, vous pouvez à peu près dire pour qui il vote. tellement les concentrations partisanes ont été retravaillées. Le plus dangereux, et ce que j'entends beaucoup ces derniers jours, c'est la menace de manifestations plus ou moins gonflées, plus ou moins provoquées, qui permettraient... ... L'intervention de forces de l'ordre, il s'agit de la garde fédérale, il l'a fait notamment à Los Angeles, c'était l'été dernier, l'été 25. où, là, il y avait des manifestations à l'échelle de Los Angeles mineures et qui ont été gonflées, et du coup, en voie de la garde nationale et même en voie de l'armée, ce qui est en principe interdit par la Constitution. Donc, ce qu'on entend beaucoup, c'est est-ce qu'il risque d'y avoir des manifestations de ce genre ? Et puis, bien évidemment, la contestation en justice, qu'aux Etats-Unis, voilà, on va tout de suite en justice, et là aussi, c'est... horriblement complexe, parce que si des sièges sont contestés, c'est pas à la justice de décider si tel ou tel a gagné ou perdu. C'est in fine, tantôt à la Chambre des représentants, tantôt au Sénat lui-même, de dire si ce candidat a été ou non convenablement élu. Donc, en principe, le congrès actuel siège jusqu'au 3 janvier prochain.
Ah, il pourrait faciliter... La nouvelle chambre, le
nouveau Sénat,
en
principe, s'installe, mais il pourrait y avoir des sièges rives. D'accord,
très intéressant. Il y a aussi, je crois avoir vu ça, Galera Fenwick... La mobilisation de l'ICE, la police de l'immigration. Alors on en revient un peu à ce que vous évoquiez. Pourquoi contrôler les listes électorales, c'est ça ? Et quel usage Donald Trump pourrait en faire après ? Intimider.
Et Mme O'Krent a fait référence à Stephen Miller, c'est un peu son bébé. Avec ce chiffre, il visait 3 000 personnes arrêtées par jour. Pour arriver, Donald Trump adore les grands chiffrerons au million à l'année. Donc des gens qui sont inscrits sur les
listes. et qui ne devrait pas y être. Je ne sais
pas si vous imaginez quand vous êtes né à l'étranger, vous êtes naturalisé américain relativement fraîchement. Un copain vous amène et là, vous avez des types avec le visage masqué, voiture banalisée. Et des gens qui vous disent, c'est quand même bizarre ce qui se passe à côté du bureau de vote. Et a priori, ça se déroulera dans des circonscriptions, madame l'a très bien expliqué, où on sait qu'on vote démocrate. Ça va intimider les gens, ça va faire baisser le taux de participation et le nombre de voix pour le ou la candidate démocrate selon la circonscription. Donc c'est une manœuvre d'intimidation. Et puis après, vous pouvez échafauder. tout un tas de scénarios, selon votre bon vouloir, parce que Donald Trump franchit tellement de Rubicon, et la question que vous posiez sur le fait qu'il assume pleinement d'enjoindre la foule à tricher... dit à la fois l'assaut contre le réel, mais aussi l'assaut contre le droit et la manière dont cela abîme la démocratie aux États-Unis. Vous avez un juge qui vient juste de donner une décision favorable, vous savez, aux trois médias qui ont été bannis de la Maison-Blanche. La Maison-Blanche vient de refuser de mettre à exécution cet ordre judiciaire. Ça n'est pas rien. Quand on y réfléchit, on peut se dire, bon, c'est cosmétique, ils n'ont pas eu l'annonce, je ne sais pas quoi, etc. Donc tous ces petits signaux mettent cette démocratie. sous tension, l'exploitation par l'exécutif de ces gigantesques pouvoirs, et dans ces élections de mi-mandat, et j'en termine par là, ce qui se joue aussi, c'est dans cette idée, cette perspective d'un éventuel renouvellement des majorités, avec peut-être démocrates à la Chambre et au Sénat, c'est le fait d'explorer à nouveau ce qu'un congrès dans une démocratie américaine qui fonctionne correctement peut faire. et ne peut pas faire en termes de freins. en termes d'empêchement, en termes d'enquête, en termes de convocation. C'est pour ça qu'il disait ça pose aussi une
question sur le fonctionnement de la démocratie américaine. À 100%. Et ce sera passionnant de le scruter. Alors, puisqu'on est dans ce chapitre sur les menaces ou la triche, Benoît, qui nous écrit de Compiègne, revient sur cette promesse d'offrir 5000 dollars aux électeurs. Il nous dit, est-ce que ça améliore les chances des Républicains ? S
'ils gagnent. Oui, s'ils gagnent, évidemment. Oui, il faut
bien qu'il y ait quelque chose. J'ai vu ça, d'abord, un peu comme tout le monde aussi, c'est comment hostile. Et c'est légal, enfin bon, quelle forme ça pourrait prendre ? C'est toujours compliqué parce qu'on se retrouve à commenter sérieusement des propositions de Donald Trump qui ne le sont peut-être pas, mais bon.
C'est parfaitement incantatoire et c'est parfaitement illégal dans ce système politique américain de donner de l'argent. C'est presque du chantage. C'est acheter des voix, donc c'est dur de commenter une... une aberration aussi évidente et surtout aussi ostentatoire. C'est Donald Trump, on l'a dit tout à l'heure, c'est quelqu'un qui est dans le grandiloquent, dans l'abus, et il en joue quand il incite ses électeurs à tricher. Il n'a pas peur d'être ridicule et d'être dans l'exagération permanente, en se disant que peut-être ça va convaincre notamment sa base, qui c'est un petit peu, comme on l'a dit tout à l'heure, un petit peu... détourner de lui, peut-être d'être à nouveau très proche de ce qu'il promet, en sachant que le coût aussi de ce que ça représente, c'est considérable, sachant que la dette américaine a des niveaux records sur Donald Trump, le coût pour l'État fédéral serait phénoménal en tous les cas.
Alors on va se projeter sur ce qui peut se passer à partir du 4 novembre, les différents scénarios ou scénarii, c'est le thème de la chronique de Quentin Calmet, tout de suite. Sous-titrage ST' 501 Et pour bien comprendre ce qui se joue le 3 novembre, c'est le jour du vote, il faut partir de la composition actuelle, Quentin, de ce congrès américain.
Exactement. Le Parlement américain, le congrès bicaméral, deux chambres, comme en France, avec une chambre des représentants, l'équivalent en France de l'Assemblée nationale, qui va être renouvelée entièrement, et le Sénat, qui lui, est renouvelé par tiers tous les deux ans. Commençons par The United States House of Representatives, la chambre des représentants, composée de 435 élus. Elle compte à l'heure actuelle 218 républicains contre 214 démocrates. Trois postes sont vacants, mais donc le camp de Donald Trump dispose d'une majorité courte mais nette. Si on regarde le Sénat américain, qui lui est composé de 100 sénateurs, deux pour chacun des 50 États fédérés, les républicains sont là aussi plus nombreux. 53 sénateurs contre 45 démocrates, également 10. deux indépendants qu'on mentionne. Une chambre des représentants et un Sénat favorable ont permis depuis janvier 2025 à Donald Trump d'aller vite, rapidement mettre en œuvre ses réformes, aussi sa réorganisation de l'administration fédérale, de renforcer sa politique migratoire, de continuer à nommer des juges conservateurs dans les juridictions fédérales.
Alors les sondages, on reste prudent évidemment, mais ils indiquent que les démocrates pourraient reprendre la chambre des représentants. Avec quelles conséquences pour Donald Trump ?
Si Trump
perd
le contrôle de la Chambre des représentants, cela pourrait signifier davantage de commissions d'enquête parlementaires pour interroger, par exemple, les liens financiers de la famille Trump avec les prises de décisions de la Maison-Blanche. L'administration Trump serait même en train déjà de recruter des avocats pour se préparer à de telles investigations dans les prochaines semaines. Autre carte que pourraient jouer les opposants à Trump, le budget. Les démocrates auront un levier pour forcer les négociations avec... l'administration Trump en faisant planer comme ça le danger d'un fameux shutdown quand l'administration n'a plus de budget faute de vote du Congrès. Écoutez Frédéric Sandreto, elle est enseignante en civilisation américaine à Sciences Po.
y aura certainement un développement des enquêtes parlementaires par rapport au président et aussi certainement une relance de l'impeachment, de la procédure de destitution qui ont été lancées contre le président. Ça reste une pression politique, j'ai envie de dire, mineure. Par contre, s'il y a les deux chambres, là, ça devient beaucoup plus préoccupant pour le président américain.
Effectivement, des conséquences encore plus lourdes si les Républicains perdent également le Sénat. Les démocrates
auraient alors le pouvoir de bloquer les nominations à des postes clés comme celle de juges à la Cour suprême qui se font avec l'accord du Sénat. Le contrôle des deux chambres du Parlement, les opposants pourraient faire voter des lois auxquelles Donald Trump pourrait s'opposer avec un veto à la fin. Mais au-delà de ces considérations institutionnelles, ces élections de... Elles sont aussi un test politique avant la présidentielle de 2028. Une défaite dans les deux chambres du Parlement pourrait envoyer un signal au corps républicain à encourager les courants alternatifs à Donald Trump. Même chose pour les démocrates qui pourraient servir d'une victoire comme rampe de lancement pour les prochaines élections.
Merci beaucoup, Quentin. Alors, on se projette. Alors, évidemment, ce n'est pas le même cas de figure si l'une des chambres des représentants seule ou si la chambre des représentants et le Sénat, on vient de le comprendre, sont perdues par les... par les Républicains. Est-ce que ça entraverait, Ludivine Gilly, tant que ça, l'action de Donald Trump ? Parce qu'il n'a pas fait voter tant de lois depuis qu'il est revenu à la maison.
Non, effectivement. Et c'est effectivement, quand on compare l'activité parlementaire du 119e congrès à l'activité des précédents congrès, on voit qu'il a été... très très peu actifs, notamment parce que la majorité dont disposent les Républicains, elle existe, mais elle est extrêmement mince. Et ça, c'est vrai à la fois à la Chambre et au Sénat. En revanche, on n'a pas eu un congrès qui a joué son rôle de contre-pouvoir, c'est-à-dire le rôle institutionnel qui lui est réservé par la Constitution. Et ça, si la majorité change à la fois à la Chambre et au Sénat, ça freinerait tout de même les ardeurs d'une administration Trump. Je pense qu'il faut souligner deux aspects. D'une part, l'État a tout de même besoin d'un budget pour fonctionner et ça, c'est le rôle du Congrès. Donc ça peut mettre des bâtons dans les roues d'une administration. Et l'autre point qui a été mentionné brièvement, là, c'est en regardant à plus long terme, si les démocrates reprenaient le Sénat. ils empêcheraient la confirmation de nouveaux juges fédéraux. On ne parle pas de juges à la Cour suprême nécessairement, mais il y a à peu près 800 juges fédéraux aux Etats-Unis. Depuis un an et demi, ils constituent le rempart principal avec la société civile à l'action de l'administration Trump. Donald Trump en a nommé et fait confirmer une cinquantaine à ce stade. Il est un peu en retard avec le rythme de George Bush Jr. Et aujourd'hui, aux États-Unis, on a à peu près moitié de juges fédéraux nommés par des présidents démocrates et moitié de juges fédéraux nommés par des présidents républicains. Ça, c'est un impact à moyen et long terme. d'une défaite aux élections de mi-mandat, pour lesquelles, par ailleurs, l'impact restera tout de même assez moderne.
Sur l'hypothèse de commission d'enquête parlementaire, Gallagher Fenwick, il y a cette information que nous donnait Quentin Calmet, qui est quand même intéressante. Est-ce qu'effectivement, le camp Trump se prépare, c'est-à-dire engage des avocats, imagine des commissions d'enquête parlementaires ? Oui, ça a été très bien dit par Quentin
Calmet, parce que c'est la famille qui sera visée. Maintenant, il faut, j'allais dire... tempérer un peu peut-être les ardeurs pour plusieurs raisons. D'abord, si les Républicains retiennent une majorité au Sénat, c'est une énorme victoire pour Donald Trump. Donc je ne sais pas si les démocrates prendront les deux chambres. Ensuite, une des raisons pour lesquelles, et c'est vrai, il a très peu fait légiférer, il ne faut pas oublier le Big Beautiful Bill, qui était quand même un passage au forceps et qui a eu un impact qui se fait encore ressentir aujourd'hui important, c'est aussi du fait de la conception que Donald Trump a, et on en a entendu un exemple lors de son meeting à Dallas, de la démocratie américaine. Le Congrès, j'essaie d'utiliser un langage poli. Il n'a pas énormément de respect pour la conception très unitaire de la manière de conduire les affaires de la nation. Sur les affaires de corruption, c'est la première des priorités des démocrates. C'est de convoquer, donc Jared, Steve, Donald Junior, Eric, toute la clique. pour qu'il réponde de l'enrichissement et qu'il y ait des comptes qui soient rendus sur ce qui est pleinement assumé par cette administration, c'est le conflit d'intérêts permanent entre la diplomatie, les affaires familiales, les affaires de l'Etat, et tout ça aggloméré dans un gloubli-glouba, pleinement assumé, avec un dernier scandale. On est déjà passé à autre chose. Un fils qui se fait payer une partie de son mariage par un oligarque russe dans le monde précédent, celui qui s'est tristement éteint sous nos yeux. Mais ça aurait fait un scandale. Oui, qui durerait encore. Oui. Et une dernière chose qu'il faut garder à l'esprit et qui n'a pas été dite encore, c'est qu'il faut, en cas de victoire, regarder la marge de cette victoire. Parce qu'il y a des histoires de majorité qualifiée ou non. Par exemple, les gens évoquent la possibilité de destitution. Je rappelle que ça a été tenté deux fois et ça a échoué. C'est la Chambre qui le déclenche, le Sénat qui juge l'autorité du patron de la Cour suprême. Donc il y a toutes ces choses-là, effectivement, qui sont en
jeu également. On va parler du camp démocrate dans un instant, parce qu'il y a aussi beaucoup d'enjeux sur la stratégie des démocrates dans les prochains mois et les prochaines années, en fonction des résultats de ces élections de mi-mandat. Mais quand même un dernier mot sur Donald Trump. la famille, cette confusion, Christine Ockrent, entre ses intérêts personnels et la marge de l'État, et les commissions d'enquête. Parce que jusqu'à présent, vous allez peut-être me démentir, mais j'ai l'impression qu'il s'est nourri des commissions d'enquête. Ça n'a jamais vraiment fragilisé ou affaibli,
des commissions
contre lui.
Il y a eu des commissions d'enquête pendant le premier mandat. Mais le second mandat... Je crois que c'est Eric, le deuxième fils, qui est un peu mieux organisé que Don Junior, l'aîné. Donc, c'est Eric qu'on envoie dans les monarchies du Golfe, avec des sacoches, en quelque sorte, pour prendre l'argent. Et je crois que c'est Eric qui a dit, avec une certaine ingénuité, il a dit, au fond, pendant le premier mandat, on... on n'a rien fait, on n'a pas pris assez,
on nous a rien dit.
Donc là,
on prend. C'est ça qu'il le formule un tout petit peu différemment. Plus élégamment. Il dit, pendant le premier mandat, nous avons été raisonnables, on nous a accusés de corruption. Donc parce qu'on sait qu'on va être accusés de corruption, quoi qu'on fasse,
autant y aller. Donc c'est totalement assumé. Le Financial Times, qui n'est pas une feuille de chou, a chiffré. C'était le mois dernier, donc en un mois... 1,4 milliard. Voilà, 1,4 milliard de dollars, sans compter le nombre de conseils d'administration où les deux fils et le gendre sont... Deux gendres sont placés et à chaque fois, voilà, les caisses se remplissent. Mais ça va dépendre beaucoup aussi, même si le Parti républicain garde la majorité au Sénat. de l'identité des nouveaux sénateurs républicains ou de ceux qui sont reconduits, et donc de leur proximité ou non avec la famille. Et là, on commence à voir, et c'est fort intéressant, des interrogations des candidats républicains. Est-ce que j'ai vraiment intérêt à coller à ce point
à
Donald Trump ? Et ça, c'est en train de bouger.
Effectivement. Dernier mot là-dessus. Ensuite, on parle des démocrates avec Cipichard. Il y a le camp non-MAGA, parce qu'il y a encore au sein des républicains des non-MAGA. Il y en a trois. Bon, d'accord. C'était l'objet de ma question. Est-ce qu'il va ressortir ? Ou est-ce qu'il peut profiter de ce scrutin ?
Ce qui est compliqué, c'est que la base MAGA, elle noyote ceux qui font les élections. C'est-à-dire que les primaires, aux primaires républicaines, ce sont justement ces électeurs les plus... hardcore, les plus radicaux qui vont voter pour les candidats. Et donc ces candidats ont tout intérêt à être le plus proche de Trump possible parce que sinon... ils n'ont aucune chance de passer ce premier barrage, alors même qu'à l'échelle peut-être plus nationale, ou à l'échelle des États en particulier, ils n'auront peut-être moins de chances de s'ouvrir parce qu'ils ont une politique qui est trop radicale. Donc en fait, ils doivent être à chaque fois sur une ligne de crête, être extrêmement radicales lorsque c'est la primaire, et ensuite s'ouvrir et être plus modérés lorsqu'ils font qu'on fasse un candidat ou une candidate démocrate. Mais pour l'instant, c'est toujours la sphère maga qui est faiseuse de roi, parce que Trump est toujours quelqu'un qui est extrêmement puissant parmi les républiques.
Il nous reste une dizaine de minutes. Comme promis, on s'intéresse au camp démocrate. Zoom d'abord sur un candidat démocrate dans le Michigan. Il s'appelle Abdoul El Saïed. Il est médecin, épidémiologiste, musulman. Il fait campagne notamment sur le pouvoir d'achat. Écoutez.
me présente parce que ça ne devrait pas être si difficile. Dans le pays le plus riche et le plus puissant du monde, ça ne devrait pas être si difficile de remplir son caddie, de rembourser son prêt immobilier ou de consulter un médecin. Vous devriez pouvoir payer vos impôts et savoir que cet argent sera dépensé pour vous et vos enfants plutôt que pour larguer des bombes sur d'autres gens et leurs enfants.
Allez, on commence, Gennard Fenwick, avec vous. Pourquoi il est important, ce candidat ?
Parce qu'il y a une vraie question qui se pose à la fois à gauche et à droite de l'échiquier, c'est est-ce que la fracture qu'il représente, elle est horizontale ou verticale ? C'est-à-dire, est-ce qu'Abdoul al-Sayed marque un parti qui se scinde en deux avec une aile très à gauche et une aile dont on va dire qu'elle est plus modérée, mais en assistant en même temps à une redéfinition de ce qu'est la modération ?
Est
-ce que c'est vraiment modéré, comme Kamala Harris, de continuer d'envoyer des bombes pendant son mandat à Israël pour commettre la génocide à Gaza ? C'est aussi ça. Et il incarne le lien qui est fait entre la fin du mois... et le rôle que les États-Unis doivent jouer dans le monde. Et c'est ça, l'extrait que vous venez de passer à l'instant. Ou alors, est-ce que cette fracture, elle est horizontale ? C'est-à-dire, est-ce qu'on assiste à un détachement entre l'élite, ses rails, et la base ? Typiquement, Zohran Mamdani, le maire de New York, il a reçu le soutien de Donald Trump avant de recevoir celui de Hakeem Jeffries et Chuck Schumel, respectivement patron des minorités démocrates au Sénat et à la Chambre. – Attendez, le soutien de Donald Trump ? Bien sûr, Donald Trump a reçu avec tous les honneurs Zoran Mamdani à la Maison Blanche. Après son élection ? Oui, parce qu'il voit en lui le fils qu'il aurait adoré avoir, un showman, quelqu'un de très charismatique, etc. Alors c'est un adversaire
politique ?
Oui, mais c'est un adversaire politique pour quelqu'un, si vous voulez, qui vit sa meilleure vie et qui a priori... Donc vous nous dites quoi ? Que
cette partie des candidats ou des élus démocrates, elle n'est pas forcément adoubée ? par le Parti démocrate lui-même. Elle est totalement
rejetée. Et c'est pour ça que le rapprochement entre Kamala Harris et Abdoul el-Sayed, il est potentiellement délicat et dangereux pour Abdoul el-Sayed. Parce que le choix, comme le disait Alexis Pichard, c'est soit on fait du chimiquement pur, soit on essaye d'élargir. Le génie. Donald Trump, flair qu'il caractérise, quand il a choisi J.D. Vance, c'est de comprendre que les gens ne veulent plus un élargissement et une modération. Ce qu'il faut, c'est consolider un sol. Quand vous modélisez votre électorat sous la forme d'une maison, votre sol est haut, mais votre plafond est bas. Et donc, plutôt que d'aller chercher vers le plafond qui, de toute façon, est bas,
vous
consolidez le sol. C'est-à-dire que vous faites du chimiquement pur. Donc, est-ce que Abdoul El-Sayed... Un peu comme Ocasio-Cortez va dire, bon, le wokisme à cette dérive, etc. Ou alors est-ce qu'au contraire, il continue de faire ce qui lui a permis de l'emporter à une candidate qui avait des dizaines de millions de dollars pour elle, à la fois du lobby pro-israélien, à la fois du Serra et du parti, et lui était seul contre tous, et il l'a emporté. Donc il l'a emporté aux primaires, on est bien d'accord. Dans la primaire démocrate, dans un État. Et ça, c'est un immense pari du Paris démocrate, qui est le Michigan, qui est un État. Donc c'est un peu comme si au poker, vous mettiez quand même beaucoup de jetons sur une carte sur laquelle vous n'avez pas de certitude. C'est
très intéressant, parce qu'il y a une question d'antagonisation, le mot n'est pas très joli, mais de la société ou des électeurs américains. Est-ce que c'est aussi ça ? C'est-à-dire un parti républicain qui devient maga, même si Donald Trump est peut-être un peu fragilisé, et un parti démocrate qui deviendrait un peu moins centriste, si je comprends bien.
Oui, mais il y a aussi une autre façon de voir les choses. C'est qu faisant une campagne telle que celle que l'a faite Abdul El Sayen, ce qu'il essaie de faire, c'est de renouer avec l'ancienne base du Parti démocrate qui a quitté le Parti démocrate. Et là où je lui dis que ça peut être paradoxal, c'est qu'en fait, qui on a dans la base Maga aujourd'hui ? On a notamment d'anciens démocrates, des gens qui se désintéressaient de la politique, des gens qui pensaient que les hommes, femmes politiques ne leur parlent plus. Et donc le pari d'Abdoul el-Sayed de toute cette frange-là, c'est de dire qu'on reconsolide une base, mais on va... En fait, on rebat les cartes.
Pour aller dans votre sens, pardon, juste une toute petite anecdote. Quand j'ai suivi la campagne de 2016 et que je me suis rendu dans des états pivots, le nombre de fois, j'ai arrêté de les compter, où les gens me disaient j'hésite entre Bernie Sanders et Donald Trump. Donc vous avez totalement raison. Et ne pas oublier que le Parti démocrate, le CERA et le DNC, le comité organisateur, a piqué... l'élection à Bernie Sanders. Il y avait un scandale où Donna Brazile, l'organisatrice, donnait les questions du débat. par avance à Hillary Clinton pour favoriser... Les démocrates n'ont pas oublié ça. Et donc, ces gens-là, Abdoulaye Saïd, etc., sont en train de dire à l'establishment du Parti démocrate, on s'est tenu sagement, laissez le sérail, vous avez tout perdu, maintenant c'est à nous.
Je simplifie, volontairement, j'assume, le gauche du Parti démocrate est-elle en train de l'emporter ou potentiellement peut-elle sortir renforcée de ces élections de mi-mandat ?
C'est compliqué. Et je pense que vous avez énoncé une partie de la réponse en disant que... aux Etats-Unis comme en France, on a ce climat de conflictualisation et de polarisation extrême qui favorise de fait ces positions plus dures. Il reste à savoir si les Etats-Unis sont une nation qui tend plutôt vers la droite ou qui tend plutôt vers la gauche. Pour l'instant, on a eu l'impression plutôt que c'était plutôt vers la droite. Donc c'est très dur de faire des spéculations. Mais il semblerait en tous les cas que ces midterms favorisent nettement les démocrates. Parce que si on prend le cas du Michigan, par exemple, on a justement l'opposante qui est... et qui a pris ses distances vis-à-vis de Trump, justement pour se centraliser, se gauchiser en quelque sorte, notamment en rejetant sa politique économique, sa politique étrangère et sa politique migratoire, avec beaucoup de soupçons qui étaient portés sur l'ice. Donc peut-être que ça dépendra des États, et que cette agglomération des États fera une tendance nationale. Et c'est très
générationnel aussi, au sein du Parti démocrate, avec les caciques qui sont tous très anciens, et là depuis toujours. Et puis, effectivement, une jeune génération qui veut reconquérir, comme l'a dit Ludivine, en fait, l'électorat de la classe moyenne inférieure, qui est celle qui souffre le plus de l'inflation et du prix de l'essence. Et en fait, ce sera à nouveau the economy stupid.
'était la phrase de Bill Clinton.
C'était la phrase de Carville, qui était le conseiller de Clinton.
Et la présidentielle, la campagne pour la présidentielle commence le 4 novembre. Et Donald Trump sera un canard boiteux. ce qui va être très intéressant, c'est que c'est là que les gens vont le regarder parce qu'ils vont vouloir se positionner. Donc il faudra surveiller les Marco Rubio, les J.D. Vance, les paroles, les prises de position. S'il commence à se
détacher de Donald Trump. En principe. Pour se préparer à la présidentielle. Un dernier mot, il faut toujours parler d'argent quand on parle d'une campagne. Surtout avec Donald Trump. Oui, évidemment. Regardez, c'est l'agence Alimpact qui suit les dépenses de publicité politique. C'est intéressant. Dépenses prévues d'ici au 3 novembre. 888 millions de dollars pour les Républicains. 666, c'est des chiffres ronds, pour les Démocrates. Est-ce que c'est inhabituel Alexis Pichard pour des élections de mi-mandat ? Déferlement d'argent.
Tendanciellement, on a une augmentation des dépenses de campagne qui s'explique notamment par plusieurs décisions de justice de la Cour fédérale qui ont déplafonné les dépenses de campagne. Et jusqu'à récemment, il y a encore une décision de justice, je crois que c'était cette année, qui a en quelque sorte contourné justement tous les systèmes d'organisation au sein des partis des sommes reçues. Donc ça veut dire qu'il n'y a plus de plafonnement et en plus il n'y a plus d'organisation de ces dépenses. Donc en gros, les plus gros milliardaires peuvent donner leur argent à qui ils le souhaitent. aux candidats qu'ils souhaitent. Et
surtout les milliardaires de la tech qui ont créé un fonds spécial pour soutenir les candidats favorables à l'accélération de l'intelligence artificielle. Plutôt
trumpiste. Ludivine Gillis, si je reviens au camp républicain... C'est Donald Trump qui paye ? Les Républicains voudraient qu'il paye plus ? Comment ça ? Donald Trump
a une très grosse cagnotte. Selon les dernières informations, c'est de l'ordre de 400 millions. C'est ce qu'on appelle des super PAC. des groupes qui reçoivent les contributions financières, mais Donald Trump aime beaucoup sa cagnotte.
Il a
du mal à se séparer de ses millions, ce qui fait que les républicains, de manière globale, ont beaucoup plus d'argent que les démocrates à dépenser. En revanche, Donald Trump ne voulant pas, jusqu'à présent, contribuer énormément, les Républicains ont commencé à se plaindre et à lui demander de contribuer, ce qu'il a fait récemment au Texas. où il y a des petites tensions. Ça fait des décennies que le Parti démocrate essaie de remporter une élection dans l'ensemble de l'État. Ils n'en ont pas gagné depuis 1994 à l'échelle de l'État. Donc ils essaient. Donald Trump a commencé à aider.
Merci beaucoup. ... ... ... ...
'était Sens Public avec la Banque Postale, la banque pour avoir un temps d'avance sur le développement de votre territoire. La Banque Postale, citoyenne.
Eux, ce sont les petits jeunes du haut qui veulent toujours tout savoir.
De quelle origine ? Mon artisan bouché, quel plaisir d'y revenir. Venez faire la fête chez votre artisan bouché.
tribunal déclare M. Noé coupable de trafic de stupéfiants qu'il commettra dans 14 ans et le condamne à 9 ans d'emprisonnement.
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...
Est-ce que je garderais mon cerveau
Franchement, non. Si j'avais le choix, je t'assure que je voudrais d'un truc plus tranquille, plus pépère. Un philo cognitif, c'est très simple. C'est un peu comme des racines, des lianes qui partent un peu dans tous les sens.
TDAH, HPI, neurodivergence, troubles du spectre autiste.
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