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La
France a-t-elle un rôle à jouer dans le conflit au Moyen-Orient
?
Emmanuel Macron annonce déployer des troupes sur un site pétrolier en Arabie Saoudite.
'hui, c'est la discussion que nous avons finalisée avec les Saoudiens. Nous allons envoyer des moyens militaires, c'est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense, pour protéger ce site. Pas nous engager dans quelques conflits, mais protéger ce site. Pas d'aviation, des rafales ? verra l'évolution et selon les besoins.
Des soldats français en Arabie Saoudite, la décision fait réagir la classe politique.
troupes en Arabie Saoudite, c'est comme s'installer sur un champ de bataille. Si la base est attaquée, que ferons-nous ? Hors de question d'entrée en guerre. L'Assemblée doit donc se prononcer sur la question. Article 35 de la Constitution. Aujourd'hui, nous
considérons que ce n'est pas la bonne idée, ce n'est pas la bonne voie. Il ne faut pas envoyer de militaires. Non, il ne faut pas envoyer de militaires aujourd'hui dans cette zone de la planète.
troupes français seront chargées de défendre le port pétrolier de Yambou. Situé à l'ouest de l'Arabie saoudite, il est la principale porte de sortie du pétrole saoudien depuis le début de la guerre. Grâce à un oléoduc, il permet de contourner le détroit d'Hermouz.
En temps normal, nous expédions environ 5 millions de barils par jour depuis Yanbu, tout en approvisionnant les raffineries de l'Occident avec environ 2 millions de barils par jour.
Un point ultra stratégique et une cible toute trouvée pour les outils.
Les forces yéménites, avec l'aide de Dieu Tout-Puissant, ont mené deux opérations militaires d'envergure sur Riyad et sur Yambou à l'aide de plusieurs missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones. Les deux opérations ont atteint leurs objectifs avec succès.
Laisser le site sans défense, c'est donc risquer une nouvelle augmentation du prix du baril, déjà tiré à la hausse par le blocage du détroit d'Hormuz et de Babel Mendeb. La crise prend de l'ampleur et il y a urgence à agir. A New York, Emmanuel Macron en a fait sa mission, entretien à huis clos avec le président américain.
Il y a eu une très bonne discussion qui a permis d'aborder à la fois la crise au Trocher Moyen-Orient. Notre volonté est d'essayer de tout faire pour ouvrir Hormuz, permettre de libérer les volumes. On va continuer sur ces prochaines heures. L'objectif, c'est que dans les jours à venir, en effet, on ait des avancées. On continue même en dehors de New York ici. Ça peut accélérer certaines discussions, mais elles ont commencé avant et elles continuent en tout cas à jouer des résultats.
Des résultats vraiment ? C'est sans compter sur Donald Trump, plus imprévisible que jamais à la tribune de l'ONU.
J'ai une grande décision à prendre. Un accord sera-t-il trouvé avec l'Iran ? Ou est-ce que je dois annihiler la République islamique et je le ferai vite, sans leur laisser la chance de détruire encore et de tuer des gens et des pays ? Est-ce que je dois les envoyer en enfer sans aucune chance de survie et d'espoir pour les prochaines générations ? Je crois qu'on arrivera à un accord après les élections.
En attendant, Donald Trump est prêt à tout pour limiter la flambée des prix dans son pays. Dernière menace, couper les exportations de diesel américain dont l'Europe dépend à près de 50%.
n'est pas directement dépendant. Par contre, une telle décision, elle aura un impact et les prix monteront sur le diesel. Vous lui avez dit ? Donc elle est mauvaise, oui. Et je pense que tous les experts qu'il a autour de lui et tous les raffineurs américains ne peuvent lui dire que la même chose, cette décision serait mauvaise. Pas simplement pour le reste du monde, pour l'économie américaine aussi.
Si les efforts diplomatiques d'Emmanuel Macron n'aboutissent pas, le président n'exclut pas une baisse des taxes sur le carburant.
question d'un téléspectateur, la présence française ne sera-t-elle pas vue comme une agression par les Houthis et des ministres irakiennes pro-iraniennes
Il est certain que ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle pour les houtistes. Alors je rappelle à nos téléspectateurs que le mouvement houtiste n'est pas reconnu par la communauté internationale. C'est une milice armée qui opère au nord du Yémen. Donc à la limite... Qu'ils ne soient pas contents qu'on soit là, c'est secondaire, si vous voulez. C'est une décision qu'on prend de manière souveraine avec l'Arabie saoudite et en soutien du gouvernement yéménite que nous, nous soutenons et qui est situé plutôt au sud du pays. Mais vis
-à-vis de l'Iran
vis-à-vis de l'Iran, oui. Moi je pense qu'il y a un débat, si vous voulez, chez les observateurs sur ce qu'est le mouvement outiste. C'est un mouvement qui a des racines yéménites très anciennes, il s'inscrit dans la vieille tradition monarchique du Yémen, mais il a aussi une proximité très très forte avec l'Iran. Et donc la question c'est toujours, est-ce que les outils finalement font leur propre politique, est-ce qu'on peut les traiter entre guillemets indépendamment, ou alors est-ce qu'en fait c'est vraiment des gens dépendants de l'Iran et finalement les décisions qu'ils prennent se prennent à Téhéran. Malheureusement les bombardements actuels sur l'Arabie Saoudite montrent que... ils sont en fait aujourd'hui en relais de l'Iran. Parce que si je dézoome un petit peu sur tout ce qu'on a dit tout à l'heure, il y a deux choses quand même qu'il faut avoir en tête, c'est que même si M. Trump peut paraître un peu irrationnel, erratique, etc., il y a quand même une constante de la politique américaine depuis plusieurs mois, c'est vouloir faire chuter le régime iranien. Donc tous les problèmes que nous avons aujourd'hui sur le plan énergétique viennent aussi du fait qu'il y a ce blocus dans les Trois-Dormuz, des blocus opérés par les Iraniens, mais aussi blocus des Américains sur les exportations iraniennes. Et donc le problème que nous avons aujourd'hui, c'est que les Américains, en tout cas autour de M. Trump, l'idée c'est de maintenir cette pression sur l'Iran, quitte à ce que le marché mondial soit perturbé. Et donc je pense que moi, l'intervention de la France et des Anglais, parce qu'il ne faut pas oublier que plusieurs jours avant nous, les Anglais ont décidé de déployer des troupes en Arabie Saoudite, elle s'inscrit dans cette idée que si nous ne voulons pas prendre directement part aux opérations contre l'Iran, donc ça c'est clair qu'on ne va pas changer notre politique, on va quand même venir seconder. nos alliés du golfe et plus généralement la région en prenant en charge finalement un théâtre secondaire que les américains effectivement n'ont pas pour l'instant l'intention de prendre en charge c'est-à-dire la protection de l'arabie saoudite.
Oui, c'est le troisième Bérou, enfin là on voit qu'il y en a un troisième. Alors
derrière effectivement le Babel Mandeb, voilà. Même s'il faut rappeler à nos téléspectateurs que le Babel Mandeb c'est une chose mais ce qui est important pour l'Europe c'est surtout le canal de Suez qui peut nous permettre d'avoir ces exportations saoudiennes.
Est-ce qu'il y a le risque de devenir... En
fait, la notion de cobelligérance n'existe pas en droit international, mais vous pouvez effectivement être perçu comme étant belligérant. par les ennemis de l'Arabie saoudite, à la fois les houtistes, le régime iranien, mais aussi, et la question de ce téléspectateur est très informée, des milices irakiennes, pro-iraniennes, puisque ce sont elles qui ont tiré certains des drones, qui se sont abattues sur des sites en Arabie saoudite. Le président insiste sur le caractère défensif de l'opération, en parlant du déploiement de soldats, de radars et de systèmes défensifs. Mais, si vous voulez, il y a deux personnes... qui votent dans cette histoire. Vous, vous pouvez dire non, on est juste défensif, mais si la partie adverse considère cela comme étant une déclaration de guerre, ce que ça n'est pas, il faudra avoir, en gérer les conséquences. Donc il ne faut pas, si vous voulez, dire aux gens qu'il n'y a aucun risque. Il y a un risque. Envoyer des hommes et des femmes défendre ces sites. Maintenant, il y a un coût et il y a également un risque. à ne rien faire. Et ça a été dit par Mme Starron tout à l'heure. C'est-à-dire qu'il y a une telle tension sur le marché énergétique et l'approvisionnement en énergie fossile, même si on a une exposition moindre à cette zone, l'interconnexion des marchés, et c'est ce à quoi le président faisait référence face à Caroline Roux dans son interview, c'est que du fait de l'interconnexion, les prix peuvent se mettre, c'est déjà le cas, à galoper encore plus. Donc nous cherchons à stabiliser la situation sur place. ça n'est pas son risque. Une toute dernière chose... L'article 35 de la Constitution n'enjoint pas... Qui est invoqué par Jean-Luc Mélenchon. Oui, n'enjoint pas le président à consulter le Parlement. Il doit l'informer sous trois jours. Il n'y a pas de déclaration de guerre. Là, ça se fait dans le cadre de ce qu'on appelle une opération extérieure. Il ne devrait revenir vers le Parlement que si la dite opération dépasse quatre mois.
La protection du port pétrolier de Yambou est-elle une opération particulièrement risquée pour l'armée française ?
Toute opération sur un champ de bataille est risquée, par définition. C'est un champ de bataille à ciel ouvert, il y a des attaques régulières. Il ne faut pas oublier que l'Arabie saoudite et les outils ont été en guerre vraiment longtemps. Et qu'on a à tort considéré que les outils étaient terminés après 15 mois de frappes américaines et israéliennes sur la plupart de leurs bases en se disant que le problème est à peu près réglé, ce n'était pas le cas. Ils ont cette capacité encore. Donc oui, c'est un risque évident. L'armée française, conjointement avec l'armée saoudienne, va tout faire pour éviter ça. C'est-à-dire qu'encore une fois, comme le disait Gallagher à l'instant, c'est une position défensive. Il faut rappeler juste que ce n'est pas la première fois au Moyen-Orient. Récemment, les forces françaises ont intercepté des drones iraniens qui se dirigeaient vers Israël. Au moment des frappes iraniennes de la guerre du 28 février, comme on l'appelle, les forces françaises stationnées au Moyen-Orient ont appuyé les forces américaines et israéliennes dans la région pour intercepter. des drones, des missiles, pardon, qui passaient au-dessus. En tout cas, en faisant du guidage, des autres choses. Donc, ce n'est pas une première absolue. En revanche, le déploiement en Arabie Saoudite, il y a des bases françaises au Moyen-Orient, si vous voulez. Ce n'est pas tout d'un coup un corps expéditionnaire français qui va partir au Moyen-Orient, en Arabie Saoudite, avec des milliers d'hommes. Mais c'est intéressant, ce
message, on est en train de dire qu'on peut hausser le ton. Oui, bien sûr, c'est ce qui se passe. Tout à coup, une intervention armée, envoyer des troupes, c'est possible. C'est possible. Ça s'adresse
à beaucoup de monde.
Ça montre
que la France, elle est capable... militaires et politiques, ce dont on doute souvent, finalement de passer à l'action. Alors non pas de faire une déclaration de guerre, ce qui n'aurait aucun sens, mais d'aller protéger les nœuds stratégiques qui sont nos intérêts, nos intérêts premiers et vitaux. Et ça, c'est une démonstration de force et de puissance qui, à mon avis, risque de raisonner bien au-delà du Moyen-Orient.
Et jusqu'où ? Juste pour dire très rapidement, par rapport à ce que disait Luc Amanger il y a quelques minutes, que nous avons perdu un soldat à Erbil, qui a été tué par un drone Shahed, envoyé, c'était l'adjudant-chef Arnaud Frion, en mars de cette année, sur la base de Malakara à Erbil, dans le Kurdistan irakien. Cette menace est réelle, et tristement, nous avons déjà eu à en subir les conséquences. Ensuite, votre question, jusqu'où est-ce que ça peut aller ?
En fait, ce message, Joséphine disait, ce message dépasse... le Moyen-Orient, dépasse la région, donc ça peut s'adresser à qui ? Est-ce que ça s'adresse aussi à la Russie ?
Oui, oui, bien sûr, je pense qu'il y a une interconnexion entre les différents théâtres par rapport à la Russie, et ça a été dit par Joséphine Staron à l'instant, nous sommes en train d'indiquer que notre histoire de coalition des volontaires, c'est pas que des mots, nous sommes capables de déployer des soldats, et j'ajouterais à la capacité, il y a quelque chose de plus important en ce moment, et qui manque. dans cette zone, c'est la volonté. Parce que c'est ça qu'il n'y a pas du côté de Donald Trump. Il y a des moyens qui sont certes diminués, mais ce qui manque surtout, c'est la volonté. Nous, nous avons moins de moyens, mais nous avons la volonté. Nous ne sommes pas que des parleurs, nous sommes des faiseurs fiables et forts, mais avec des limites. Et ça, je pense que dans cette région du Golfe, qui est en pleine diversification de ces alliances, etc., il ne s'agit pas de remplacer l'assurance vie américaine, mais de trouver une complémentaire française et européenne.
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