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France Inter, le 6-9.
Quentin Laffey, vous recevez ce matin la députée France Insoumise et vice-présidente de l'Assemblée Nationale. Bonjour
Clémence Guettet. Bonjour. Menace hybride, attaque russe, guerre au Moyen-Orient, prix qui explose hier aux 20h de TF1 et de France 2. Le président de la République a décrit une situation inquiétante, préoccupante. Est-ce que vous êtes, Clémence Guettet, aussi préoccupée qu'Emmanuel Macron aujourd'hui ?
Alors, je suis très préoccupée par la situation et notamment la situation en France. J'ai trouvé que le président, une nouvelle fois, était quand même très satisfait de lui-même. C'est-à-dire qu'il a assumé l'entièreté de son bilan qui conduit en partie à la situation économique qu'on connaît aujourd'hui. Il a rejeté la seule proposition qui permettrait réellement de contrôler les prix du carburant. J'imagine qu'on va en parler juste après. Il a menti en disant que les raffineurs, dont Total, ne faisaient pas de marge et de super profit en France. On va
revenir sur tout ça, mais sur les menaces quand même, objectifs. Il est très satisfait lui-même. Sur les menaces objectives, commençons par la menace russe par exemple, dont l'Europe est peut-être le premier objet aujourd'hui. Est-ce que vous êtes inquiète par cette menace russe concrètement là aussi ?
Alors je suis inquiète par la situation et notamment par le risque d'escalade de la situation. On a vu qu'il y a des mots prononcés de part et d'autre qui peuvent conduire à une augmentation de la menace. On a vu d'ailleurs aussi que le président de la République était prudent sur ce point, sur l'escalade dans les mots belliqueuses de la situation. Et nous, ça fait quatre ans maintenant qu'on dit... C'est les mots qui
peuvent augmenter la menace russe aujourd'hui ? C'est ça le problème ? C'est les mots qu'on emploie ? Ça
fait partie d'un climat, d'une ambiance qui conduisent à une escalade ensuite très concrète, qui ont déjà fait deux millions de victimes dans ce conflit, je le rappelle, entre les morts, entre les blessés, entre les personnes disparues. Donc, il y a une urgence à faire redescendre la pression et à proposer des solutions concrètes pour ça. Donc, par exemple, j'y viens... Le président de la République a proposé un double moratoire dans le conflit, notamment pour arrêter de frapper les infrastructures énergétiques, les infrastructures civiles, la zone de la mer Noire. Et donc il me semble que ça va dans le sens de ce que nous on prône depuis très longtemps, qui est une stratégie des petits pas pour concrètement arriver à débloquer la situation, puisqu'on le voit, le front n'évolue pas. quasiment, depuis 4 ans. Par contre, ce qui évolue, c'est le nombre de victimes de ce conflit. Donc il y a une urgence à la paix, on le redit, et on continuera de proposer des solutions dans ce sens. Je
voudrais revenir, Clémence Gaté, sur une déclaration proférée par Jean-Luc Mélenchon, mercredi en conférence de presse. Il explique, ce qui nous inquiète, c'est que personne n'a l'air de s'inquiéter de la raison pour laquelle la menace russe paraît plus grande aujourd'hui de la part de la Russie qu'elle ne l'était il y a quelque temps. Il faut peut-être se demander si ça n'a pas un rapport avec les tirs en profondeur que fait... fait l'Ukraine, la menace russe sur l'Europe, c'est donc la faute de l'Ukraine ?
Alors, je vous trouve un petit peu caricatural, parce que la suite de la déclaration que vous ne citez pas, évidemment, c'est que Jean-Luc Mélenchon rappelle que la Russie est l'agresseur initial, qui nous vaut aujourd'hui cette situation, que ce qu'il dit là n'excuse en rien la Russie et cette agression-là que nous avons dénoncée dès le premier jour, mais que concrètement c'est un état de la situation. Le président a convoqué les chefs de parti, y compris pour expliquer qu'il y avait bien des menaces de part et d'autre, et que notamment les frappes sur Moscou ne participaient pas. à cette désescalade dont je viens de vous parler juste avant.
C'est parce que l'Ukraine se défend et parce que la capitale ukrainienne elle-même est touchée particulièrement depuis l'été. Monsieur, vous
pouvez en penser ce que vous voulez, mais celles et ceux... Je
reprends simplement la citation de Louis Mélenchon. Non,
vous en reprenez une seule partie, comme d'habitude. Celles et ceux qui s'amusent à se faire frémir sur des plateaux de télévision et de radio en disant « Dès que l'un va plus loin, il faudrait que nous répliquions immédiatement, que nous envoyions des troupes, etc. » comme ça a pu être dit par le président de la République, nous disons « Non ! » Stop, stop, la guerre, ce sont des morts et des victimes. Et par ailleurs, celles et ceux qui s'amusent à faire ça sur des plateaux de télévision n'iront pas mourir au front en Ukraine. Donc stop,
désescalade et solutions
concrètes. J
'interroge simplement le droit de l'Ukraine justement à se défendre lorsque sa propre capitale est attaquée directement chaque jour et que le nombre de morts augmente constamment, notamment du côté civil ukrainien. C
'est une situation que nous n'avons jamais remise en question. Nous avons toujours dit très clairement que la Russie était l'agresseur. Par ailleurs, nous... Nous hébergeons des opposants au régime de Poutine. Nous avons toujours accepté, évidemment, la situation et le fait qu'il fallait aider l'Ukraine à se défendre parce que le pays a été envahi. Ce que nous disons, c'est que maintenant que le front n'évolue pas depuis 4 ans, il faut faire des pas pour que la situation retombe en pression. Et ces pas-là, ils sont très concrets. Donc, par exemple, aller vers une interdiction des missiles de moyenne et de longue portée, c'est une opération qui pourrait permettre, là aussi, de faire baisser un peu ces pas. de pression.
Sur la guerre au Moyen-Orient, cette fois-ci, Clémence Guettet, Emmanuel Macron a annoncé hier qu'il déploierait des moyens militaires, c'est-à-dire, je le cite, des soldats, des radars, des systèmes de défense, pour protéger le site de Yambou, une pièce capitale du réseau énergétique saoudien et mondial. Votre position sur cette décision
Alors, notre position, c'est que, la première des choses, c'est que si on est dans cette situation, pourquoi M. le Président veut envoyer des troupes dans cette zone-là ? C'est notamment pour avoir un impact sur la situation. intérieure et sur les prix des carburants puisque nous sommes totalement dépendants, en très grande partie dépendants, de ce qui se passe dans la zone et du fait que Hormuz bloquait l'approvisionnement en majorité bloqué, ça a une répercussion sur les prix. La première chose c'est que évidemment nous nous le disons, il y a des solutions simples quand même qu'on pourrait mettre en action au niveau national et notamment le blocage des prix et des marges parce que contrairement à ce qu'a dit le président puisqu'il a menti, oui les raffineurs font des marges en France et notamment Total fait des super profits qui Ce sont des super profits de profiteurs de guerre et de crise. La deuxième chose, c'est que nous nous sommes exprimés hier soir pour dire que l'envoi de troupes françaises dans une zone de guerre pouvait très rapidement... faire de nous des co-belligérants, et nous ne sommes pas les seuls à le dire, et que donc, à minima, il fallait une discussion devant le Parlement. Mais pardonnez-moi, pardonnez-moi, sur ce point précis. Non, non, non, je termine mon raisonnement. Le chef de l'État ne peut pas envoyer de troupes dans un conflit qui est aussi brûlant que celui qui a lieu au Proche et au Moyen-Orient en ce moment, sans qu'une discussion ait lieu devant le Parlement national. Mais
est-ce qu'il n'est pas indispensable, Clémence Guettet, tout de même, de protéger cet endroit stratégique qui convoie 5 millions de barils par jour, et surtout, qui... permet de contourner le détroit d'Hormuz, donc qui est absolument capital pour notre approvisionnement. Mais je crois que je
vous ai répondu sur ce point. Évidemment, il y a une tension sur les prix du carburant en France. Vous avez répondu, mais
donc il ne faudrait pas aller protéger ce lieu ?
Mais alors, le chef de l'État décide de toute façon ce qu'il veut. Depuis quelques années, on s'est habitué à ce que la représentation nationale n'ait aucune information. Ça a été une nouveauté de la semaine dernière, les chefs de parti ont enfin eu des informations. Les Français, hier soir, ont eu quelques informations. Mais nous, ce que nous disons, c'est que l'article 35 de notre Constitution permet que normalement, les parlementaires puissent se prononcer quand on envoie des hommes, potentiellement dans des missions risquées, et potentiellement dans des missions qui feraient de nous des co-belligérants dans ce conflit. Refusons. Sur
le risque de pénurie, cette fois-ci Clémence Guettet, pénurie sur le pétrole, sur le gaz, Emmanuel Macron s'est voulu rassurant. Il aurait pris selon lui les décisions qu'il fallait prendre. Est-ce que vous lui accordez le point ? Tout va bien.
Les Français le disent d'ailleurs. Vraiment c'est flagrant. 30% de consommation en moins de carburant la semaine dernière. Pourquoi ? Pas parce que les gens tout d'un coup n'ont plus besoin de se déplacer. Ils sont toujours aussi dépendants de la voiture. Pourquoi ? Parce que l'aménagement du territoire a été fait de telle sorte que les lieux où l'on peut... vivent sont éloignés des centres urbains, éloignés des zones d'emploi. Donc les gens sont dépendants de la voiture et ils ne peuvent plus se permettre de faire le plein. Donc on est dans une situation où ils renoncent à aller faire des courses, à des loisirs, à des loisirs pour les enfants, à rendre visite à leurs proches, ils renoncent à des soins. On est dans une situation de privation extrêmement grave. Je rappelle qu'au moment où les gilets jaunes ont commencé à se mobiliser en 2018, c'était 1,40 environ le prix du litre. On n'est plus du tout dans la même mesure. Donc là, il y a un moment donné, moi je le trouve complètement déconnecté de ce que sont les enjeux des Français aujourd'hui. Il y a urgence à agir et il y a des solutions pour le faire. Un
mot Clémence Guettet, cette fois-ci sur la campagne présidentielle en France et sur la primaire socialiste. Est-ce que vous avez regardé le débat de mercredi ?
Oui, parce que sans doute je suis trop fan de politique, mais malheureusement... Trop fan de politique ! Malheureusement, parce que ça m'intéresse quand même, et puis parce qu'ils ont quand même passé la moitié du débat à parler de nous, donc évidemment je me sens un petit peu concernée, mais les Français n'ont pas regardé, eux. Voilà, ils ont un intérêt... 709
000 auditeurs, c'est 3 fois plus que... C'est
1% de la population française. Donc 1% de la population française. Donc de toute évidence, l'intérêt populaire pour cette primaire est relatif. Bon, les agents sont quand même positifs, mais... Mais ça c'est votre appréciation. 1% de la population française... Non, 3 fois plus par rapport à une
case habituelle, c'est objectif. Oui, oui, non mais d
'accord, mais 10 fois moins que les primaires précédentes. Donc si vous voulez, tout est relatif. Bon, comment expliquez-vous que la pomme du discours se loge
justement dans ces débats autour de la France. Mais parce qu'on
est au centre du jeu à gauche en France. que la gauche s'est recomposée autour d'une gauche radicale qui propose un projet de rupture avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon. D'ailleurs, on a des grands rendez-vous. On a le 11 octobre un meeting à Clermont-Ferrand, le 7 novembre une convention au Bourget. Et si les Français ont 15 euros à mettre dans une bonne cause pour changer véritablement la vie du pays, qu'ils participent à notre campagne sur Mélenchon2027.fr.
Merci Clémence Guettet d'être venu ce matin au micro d'Inter. Merci.
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